🎙️ RADIO ALYS Les enfants-livres du 32 octobre Archives de 2026 retrouvées à l’Académie de la Fleur d’Or de Limoilou, en octobre 2050. En octobre 2050, une jeune archiviste nommée Alys redécouvre l'enregistrement singulier d'une rencontre insolite tenue le 32 octobre 2026 dans un pub de Québec. Cet événement rassemble quatre figures excentriques, soit un physicien intersidéral, une grande juriste, une pêcheuse-chasseuse et un poète, qui décident de confier la vie à deux enfants-livres plutôt qu'à de simples concepts numériques. Plutôt que de monopoliser ces idées à des fins personnelles ou mercantiles, le groupe choisit de les libérer dans un réseau humain naturel et physique. Les livres voyagent ainsi de main en main à travers la communauté, semblables à une garderie ambulante favorisant les connexions authentiques et le hasard. Cette démarche illustre l'idée fondamentale que les pensées ne constituent pas une propriété privée, mais plutôt des possibilités devant être partagées pour s'épanouir pleinement. Bon jeu ! Allô les anciens ! Ici Alys. Douze ans, toutes mes dents, pis encore assez de questions pour faire sauter les plombs de l’Université. Aujourd’hui, j’ai trouvé une drôle d’affaire dans les archives. Deux livres emballés. Des billes. Quatre grandes personnes. Un pub à Québec. Pis une date qui n’existait pas. Le 32 octobre 2026. Dans l’enregistrement, un monsieur déclare : « Nous sommes le 32 octobre. Moi, en tout cas, je sais pas pour toi. Moi, je suis le 32. » J’avais jamais entendu quelqu’un être une date. Mais en 2026, les gens pouvaient être de gauche, de droite, en ligne, hors ligne, en couple, en crise et même en vacances. Alors pourquoi pas être le 32 ? Autour de la table, il y avait une Grande Juriste de l’Univers, un Physicien Intersidéral, une Grande Pêcheuse-Chasseuse et un Grand Poète qui pouvait être tout ce que vous vouliez. Ça faisait un drôle de conseil d’administration. Personne n’administrait rien. Ils avaient décidé de mettre deux enfants au monde. Pas des vrais bébés ! Deux enfants-livres. Un à pois. Un à rayures. Parce qu’une idée, voyez-vous, c’est un enfant qui n’a pas encore trouvé tous ses parents. Ça naît dans une tête, mais ça peut pas grandir tout seul là-dedans. Ça lui prend des mains, des bras, des oreilles, des garderies, des écoles et des gens qui lui disent : « Viens donc jouer avec nos idées à nous autres ! » Le problème, en 2026, c’est que tout le monde voulait avoir des idées, mais pas grand monde voulait les laisser partir. MON idée ! MON livre ! MON enfant ! Alors qu’une idée, c’est pas une propriété. C’est une possibilité qui cherche des parents d’accueil. (Le Physicien intersideral qui transporte le livre vers les Bee Low) Ce soir-là, pour son anniversaire, la Grande Pêcheuse-Chasseuse choisit un des deux enfants-livres. Elle a pigé le premier a bulles L’autre fut confié au Physicien Intersidéral. Mission : Faire voyager l’enfant présent livre qu’elle n’a pas choisit, jusqu’à elle, en passant par une fameuse boucle des Bellow. Mais pas par Amazon, Facebook ou les autoroutes des algorithmes ! Par les réseaux naturels. De main en main. De café en café. De hasard en hasard. Un genre de garderie ambulante pour idées en liberté. Chaque personne devait pouvoir lui offrir un petit bout de son monde avant de le laisser repartir. Et si le livre revenait finalement à la Pêcheuse-Chasseuse, il aurait grandi. Pas grossi. Grandi de tout le monde qu’il aurait rencontré. « C’est essentiellement une rencontre de connexion et de sécurité. » C’était la Grande Juriste. La liberté sans sécurité, ça peut devenir une jungle. La sécurité sans liberté, une prison avec des coussins. Faut les deux pour faire une bonne garderie d’univers. Puis le Grand Poète s’est mis à parler de violon, de physique quantique et de géocaching, comme dans Geo Cacher des billes et des GO dans les clubs meds de l’univers et du réseau des Hotels de Hilbert que nous étudions à l’académie de la fleur d’or de Limoilou entre deux sorties de Zorro et de tirs à la carabine a plomb sur la rivere a merde pas loin de la, Au dela de l’étang et de l’île de Gilligan J’ai demandé à mon professeur ce que ça voulait dire. Il m’a répondu : « Ça dépend de qui tient le violon et de comment les billes sont cachés ou pitchées. » Je crois qu’il ne le savait pas non plus. [UNE BILLE TOMBE DANS UN VERRE. TING ! Un detecteur a B******t est créé] Puis cette phrase mystérieuse : « Et le reste du temps, nous le donnons aux Bellos. » « Below ! Below ! Below ! » On aurait dit qu’ils cherchaient des abeilles cachées en dessous du monde. En tout cas, ils avaient compris quelque chose. Une idée ne devient pas plus vivante parce qu’elle voyage plus vite. Elle devient vivante quand elle rencontre une autre vie. En 2026, les humains avaient des milliards de connexions. Pis parfois plus personne à la maison. Alors cette petite gang avait décidé de construire un réseau qui ne se branchait pas. Un réseau qui se touchait. Qui pouvait se tromper de rue, manquer son autobus, prendre un café, perdre une bille, retrouver un ami. Une symphonicité de mains propres. Des mains assez ouvertes pour laisser repartir ce qu’elles ont reçu. À l’Académie de la Fleur d’Or, nous avons retenu quatre droits fondamentaux des idées-enfants : * Le droit de naître, même ridicules. * Le droit d’être accueillies, même incomprises. * Le droit de se transformer, même contre les attentes de leurs parents. * Le droit de repartir, même quand on les aime beaucoup. Parce qu’on n’élève pas les enfants pour qu’ils nous appartiennent. On les accompagne pour qu’ils puissent nous surprendre. En 2026, on cherchait des abonnés. Il fallait peut-être chercher des compagnons. On cherchait des influenceurs. Il fallait peut-être chercher des parents d’accueil. On voulait que les idées grandissent en santé et pas juste devenir des idées virales qui active l’énergie du Like. Il fallait peut-être simplement qu’elles deviennent fertiles. Et c’est peut-être là que commence la symphonicité. Quand personne ne possède la chanson. Quand chacun y ajoute un bout de sa vie. Quand le cadeau qu’on offre n’est plus seulement ce qu’il contient, mais tout ce qui pourrait lui arriver. [UNE BILLE ROULE. UNE AUTRE LUI RÉPOND.] Ici Alys, Radio Alys. La fréquence des gens Bizzarts. Aux dernières nouvelles, le deuxième enfant-livre voyage toujours quelque part entre deux mains. Et si vous le trouvez, ne le gardez pas juste pour vous. Faites-lui rencontrer quelqu’un. Parce qu’un enfant qui voyage peut découvrir un monde. Mais un monde qui accueille un enfant peut découvrir son avenir. [VOIX LOINTAINES DU PUB] « Below… Below… Below… » « Bon jeu ! » Fin de la transmission. La morale du 32 octobre Nous ne sommes pas propriétaires des idées qui naissent en nous. Nous sommes les parents des mondes qui cherchent à naître entre nous. Procès-verbal du 32 octobre 2026 Archives retrouvées en octobre 2050 à l’Académie de la Fleur d’Or de Limoilou. Lieu : Pub Galaway, Québec Occasion : Anniversaire de la Grande Pêcheuse-Chasseuse et lancement du voyage des deux enfants-livres. Objet : Créer des boucles de rencontres naturelles, sans dépendre des réseaux numériques. Les quatre personnages du procès-verbal 1. Le Physicien Intersidéral Gardien des trajectoires improbables. Chargé de faire voyager le deuxième enfant-livre de main en main, jusqu’aux Bellow, sans raccourci algorithmique. 2. La Grande Juriste de l’Univers Présentée explicitement dans l’enregistrement. Elle définit la rencontre par deux principes fondamentaux : la connexion et la sécurité. Elle rappelle aussi l’importance de prendre du temps pour soi. 3. La Grande Pêcheuse-Chasseuse Invitée d’honneur du 32 octobre. Elle choisit le premier des deux enfants-livres. L’autre doit voyager vers elle, sans qu’elle puisse prévoir son itinéraire ni ses rencontres. 4. La Personne Qui Peut Être Tout Ce Que Vous Voulez Personnage à identité ouverte, possiblement celui que l’archive interpelle comme le « grand poète ». Il représente le droit de ne pas être réduit à un seul rôle, ni à une définition définitive. Fin du procès-verbal. Début de l’expérience. Ici Alys, Radio Alys. La fréquence des gens Bizzarts. P.-S. : Le physicien est prié de ne pas téléporter le livre. Ce serait tricher. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit radioalys.substack.com