La dame du CDI

Nathanael

Le gamberge pro max arrive enfin avec un podcast ! Le scroll ne suffisait plus. Ici, on décortique les sujets queer, psycho et socio avec nuance et intensité. Pensées longues, émotions vraies, et questions qui dérangent. Overthinkers et débats bienvenus.

  1. 23 sept.

    SEPTEMBRE JAUNE : Je pensais ne JAMAIS dépasser cet âge

    Septembre est le mois de la prévention du su1c1de. 🟡 Et pourtant, j’ai énormément hésité à faire cet épisode. Depuis quelque temps, on voit circuler une tendance où l’on affiche son âge actuel en expliquant qu’on est heureux de ne pas être « resté·e à 13 ans ». Une manière de parler de pensées suicidaires passées, mais qui m’a aussi beaucoup questionné : où se situe la frontière entre témoigner de sa souffrance et la transformer en esthétique ? J’ai moi-même longtemps pensé que ces pensées ne disparaîtraient jamais. J’ai fait beaucoup de thérapie, traversé des périodes très sombres, et aujourd’hui je suis profondément heureux d’être encore là. Dans cet épisode, je parle donc de suicide, de santé mentale, de ce sentiment de ne jamais pouvoir sortir de sa souffrance, mais aussi de la manière dont les personnes LGBTQIA+ sont davantage exposées aux pensées suicidaires, notamment à cause des discriminations, du rejet et des violences. Et surtout, j’essaie de comprendre une chose : comment raconter le suicide sans le romantiser, tout en laissant une place à l’espoir ? 📚 Références Ilan H. Meyer — Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations (2003) Santé publique France — données sur la santé mentale et le risque suicidaire des minorités sexuelles Josh Silver — Fruit Fly Hanya Yanagihara — A Little Life David Foenkinos — Vers la beauté Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous vous inquiétez pour quelqu’un : 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24 et 7j/7. Et surtout : ne confondez pas ce que vous ressentez aujourd’hui avec ce que vous ressentirez toute votre vie. Moi, je pensais que ça ne partirait jamais. Et pourtant, c’est parti. 🫂

  2. 18 sept.

    PREMIÈRE FOIS : QUI DÉCIDE DE CE QUI COMPTE ? Virginité, sexe et construction sociale

    On parle de « perdre sa virginité » comme s’il s’agissait d’un événement biologique. Comme si notre corps pouvait nous dire précisément : avant, tu étais vierge. Après, tu ne l’es plus. Mais… qui a décidé de cette frontière ? Parce que la virginité n’est pas un état médical. L’OMS rappelle qu’il n’existe aucun examen permettant de prouver qu’une personne a eu ou non un rapport sexuel, et que l’apparence de l’hymen ne permet pas de le déterminer. La virginité est avant tout une construction sociale, culturelle et religieuse. (Organisation mondiale de la santé⁠) Alors pourquoi cette idée a-t-elle pris autant d’importance ? Pourquoi la virginité féminine a-t-elle été associée au mariage, à la réputation, à l’honneur familial ou à la filiation ? Et pourquoi la « première fois » est-elle devenue un moment censé marquer notre passage à l’âge adulte ? Je parlerai notamment de Michel Bozon, sociologue à l’INED, qui montre comment le premier rapport sexuel est un « passage attendu », dont la signification évolue avec les normes sociales et la transformation du mariage. (INED⁠) On verra aussi la théorie des « scripts sexuels » de John Gagnon et William Simon : l’idée que nous n’apprenons pas seulement à avoir des relations sexuelles, mais aussi ce qu’une « vraie » première fois est censée être. Et surtout, je parlerai de Laura Carpenter, sociologue américaine qui a interrogé des jeunes adultes sur leur première expérience sexuelle. Elle montre que la virginité peut être vécue comme un cadeau, un stigmate, ou simplement une étape de la vie. Mais alors, que se passe-t-il quand notre sexualité ne correspond pas au scénario traditionnel ? Que signifie « perdre sa virginité » lorsqu’on est gay, lesbienne, bi ou queer ? Et pourquoi peut-on parfois avoir plusieurs « premières fois » : première relation, première expérience avec une personne du même sexe, première fois où l’on se sent réellement désiré·e… On parlera donc de virginité, de normes de genre, de sexualité, de pression sociale et de construction du désir. Parce qu’au fond, une question traverse tout l’épisode : Est-ce que ma première fois a réellement changé quelque chose en moi… ou est-ce que j’ai appris que je devais considérer qu’elle avait changé quelque chose ? 📚 Références Sociologie & sexualité • Michel Bozon — « Premier rapport sexuel, première relation : des passages attendus » (2008) ; travaux de l’INED sur l’entrée dans la sexualité. (INED⁠) • John H. Gagnon & William Simon — Sexual Conduct (1973) et « Sexual Scripts: Permanence and Change » (1986) : théorie des scripts sexuels. • Laura M. Carpenter — Virginity Lost: An Intimate Portrait of First Sexual Experiences (2005) : virginité comme cadeau, stigmate ou processus. Virginité & médecine • Organisation mondiale de la Santé — Eliminating virginity testing (2018) : absence de fondement scientifique des « tests de virginité ». (Organisation mondiale de la santé⁠) • Loi française n°2021-1109 du 24 août 2021 : interdiction des certificats de virginité par les professionnels de santé. (Légifrance⁠) 🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  3. 16 sept.

    EFFÉMINÉ : LIBERTÉ OU PRISON ? Quand la masculinité devient une monnaie dans le désir gay

    Être gay, c’est être libre d’être soi-même. 🌈 Enfin… en théorie. Parce qu’une fois qu’on a quitté les normes hétérosexuelles, est-ce qu’on échappe vraiment aux normes de genre ? Et surtout : pourquoi la masculinité est-elle autant valorisée dans la communauté gay ? Pourquoi voit-on autant de « Masc4Masc », « no fem », « straight acting », « pas de folle » sur les applications de rencontre ? Est-ce simplement une question de goûts et de préférences ? Ou est-ce que nos désirs sont aussi façonnés par la société dans laquelle on grandit ? Et puis il y a un paradoxe qui m’interroge particulièrement : comment peut-on dénoncer la follophobie et la discrimination des hommes efféminés tout en reproduisant soi-même certaines hiérarchies entre les masculinités ? Pourquoi certains hommes efféminés recherchent-ils exclusivement des hommes très masculins ? Et pourquoi peut-on parfois crier à la follophobie dès qu’un homme masculin nous rejette, alors qu’on peut soi-même refuser catégoriquement les hommes qui nous ressemblent ? Attention : il ne s’agit évidemment pas de dire que tous les hommes efféminés sont hypocrites, ni qu’être attiré par les hommes masculins est problématique. Le désir ne se commande pas. Mais nos préférences ne naissent pas non plus dans le vide. Mais à quel moment est-ce qu’on devient réellement soi-même ? Et à quel moment est-ce qu’on devient simplement la personne qu’on pense devoir être pour être aimé ? Parce qu’au fond, une question traverse tout l’épisode : Est-ce que j’aime vraiment ce que j’aime… ou est-ce que j’ai aussi appris à aimer ce que la société m’a appris à trouver désirable ? Et si la masculinité était devenue une forme de capital dans le marché amoureux gay ? 📚 Références Sociologie & psychologie sociale • Pierre Bourdieu — La Distinction (1979) et Le Sens pratique (1980) : goûts, distinction sociale, capitaux et hiérarchies symboliques. • Raewyn Connell — Masculinities (1995) : masculinités plurielles et concept de masculinité hégémonique. • Erving Goffman — La Mise en scène de la vie quotidienne (1956-1959) : présentation de soi, rôles sociaux et adaptation du comportement selon les contextes. • Ilan H. Meyer — “Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations” (2003) : Minority Stress Model et conséquences psychologiques de la stigmatisation. Genre, sexualité & pensée queer • Judith Butler — Gender Trouble (1990) : performativité du genre et remise en question d’une conception naturelle et fixe du masculin et du féminin. • R. W. Connell & James W. Messerschmidt — “Hegemonic Masculinity: Rethinking the Concept” (2005) : actualisation et approfondissement du concept de masculinité hégémonique. Désir & construction sociale • René Girard — Mensonge romantique et vérité romanesque (1961) : théorie du désir mimétique et idée que nos désirs peuvent être structurés par les désirs et modèles des autres. • Michel Foucault — Histoire de la sexualité, tome 1 : La Volonté de savoir (1976) : sexualité, normes, pouvoir et production sociale des catégories sexuelles. • Michael Kimmel — Guyland (2008) : socialisation masculine, normes de virilité et pression exercée entre hommes. L’objectif de cet épisode n’est pas de dire aux hommes gays qui ils doivent désirer. On a tous le droit d’avoir nos préférences. Mais on peut aussi se demander d’où viennent ces préférences, pourquoi certaines caractéristiques sont davantage valorisées que d’autres, et ce que nous reproduisons parfois sans le vouloir. Parce qu’il y a peut-être une différence entre être libre d’être masculin… et être obligé de l’être pour être aimé. 🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  4. 25 août

    DIEU DÉTESTE-T-IL LES QUEERS? Ce que disent vraiment les religions

    Est-ce qu’on peut être queer et croyant·e ? 🌈 Peut-on aimer quelqu’un du même sexe, être trans, non-binaire, queer… et continuer à croire, prier, méditer, aller à l’église ou avoir une spiritualité ? Et surtout : que se passe-t-il lorsque notre identité semble entrer en contradiction avec notre foi ? Pour beaucoup de personnes queer, la religion est bien plus qu’une croyance : c’est une famille, une culture, des souvenirs, une communauté. Mais elle peut aussi devenir une source de rejet, de culpabilité ou de honte. Alors faut-il choisir entre être queer et croyant·e ? Dans cet épisode, je croise religion, sociologie, psychologie et pensée queer pour essayer de comprendre ce conflit identitaire. On parlera notamment de Durkheim et de la fonction sociale de la religion, de Tajfel et Turner et de l’identité sociale, de Goffman et du stigmate, du Minority Stress Model d’Ilan Meyer, mais aussi de Judith Butler, James Baldwin et Audre Lorde. On s’intéressera au christianisme et à la théologie queer, mais aussi au bouddhisme, en évitant les raccourcis sur une tradition qui varie énormément selon les écoles et les cultures. Et puis il y a Rābiʿa al-ʿAdawiyya, mystique soufie du VIIIᵉ siècle, à qui la tradition attribue une histoire magnifique : elle aurait parcouru Bassora avec une torche et un seau d’eau, voulant brûler le Paradis et éteindre l’Enfer. Pourquoi ? Pour que les humains cessent d’aimer Dieu uniquement par peur du châtiment ou désir de récompense. Et qu’ils puissent aimer Dieu… simplement pour Dieu. Une histoire qui pose finalement une question très queer : que reste-t-il de notre foi lorsqu’on enlève la peur, la honte et le besoin de validation ? 📚 Références Sociologie & psychologie • Émile Durkheim — Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912) : religion, collectif et appartenance. • Henri Tajfel & John Turner — An Integrative Theory of Intergroup Conflict (1979) : théorie de l’identité sociale et appartenance aux groupes. • Erving Goffman — Stigma (1963) : stigmate, dissimulation et gestion de son identité. • Ilan H. Meyer — “Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations” (2003) : Minority Stress Model et effets de la stigmatisation sur les personnes LGBTQ+. Pensée queer & littérature • Judith Butler — Gender Trouble (1990) : normes de genre et construction sociale des identités. • James Baldwin — Go Tell It on the Mountain (1953) : religion, désir, culpabilité et identité. • Audre Lorde — Sister Outsider (1984) : identité, sexualité, féminisme et rapports de pouvoir. • Ocean Vuong — On Earth We’re Briefly Gorgeous (2019) : identité queer, famille, héritage et transmission. Religion & spiritualité • Ray Buckner — “Buddhism and Sexuality”, Routledge Encyclopedia of Philosophy (2023) : diversité des traditions bouddhistes et rapports à la sexualité. • Margaret Smith — Rabi’a the Mystic and Her Fellow-Saints in Islam (1928) : l’une des études classiques sur Rābiʿa al-ʿAdawiyya. • Farīd al-Dīn ʿAṭṭār — Tadhkirat al-Awliyāʾ : source majeure des récits hagiographiques autour de Rābiʿa, notamment l’histoire de la torche et du seau d’eau. • Pew Research Center — Religion and Spirituality among LGBT Americans (2025) : données récentes sur religion, spiritualité et personnes LGBT aux États-Unis. J’ai volontairement laissé de côté l’islam, le judaïsme, la Santería, le Candomblé, l’hindouisme, les traditions autochtones et d’autres spiritualités : ce sont des sujets suffisamment vastes pour mériter chacun un épisode. 🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau Et vous : peut-on être queer et croyant·e ? 🌈

  5. 14 août

    EP27 : obsédés par les muscles

    Pourquoi sommes-nous devenus obsédés par notre corps ? C’est une question que je me pose de plus en plus. Pourquoi avons-nous autant de mal à être en paix avec notre apparence ? Pourquoi avons-nous l’impression qu’il faut toujours être plus musclé, plus sec, plus mince ou plus beau ? Pourquoi notre corps semble-t-il être devenu un projet permanent plutôt qu’un simple endroit où vivre ? La musculation. Les réseaux sociaux. Les troubles alimentaires. La bigorexie. L’image de soi. Les standards de beauté. Les applications de rencontre. L’estime de soi. Pourquoi est-il devenu si difficile d’habiter son corps sans vouloir constamment le modifier ? Et surtout : Est-ce que prendre soin de son corps est vraiment la même chose que vouloir le transformer à tout prix ? Dans cet épisode, j’essaie de comprendre comment la psychologie, la sociologie, les réseaux sociaux et mon expérience personnelle peuvent nous aider à repenser notre rapport au corps. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes exposés chaque jour à des centaines de physiques idéalisés. On compare notre corps à des personnes soigneusement sélectionnées, entraînées, parfois retouchées, parfois sous produits dopants. Et sans même nous en rendre compte, notre définition du « corps normal » change. Mais cette pression n’est pas vécue de la même manière par tout le monde. Les recherches montrent notamment que les hommes gays présentent, en moyenne, un risque plus élevé d’insatisfaction corporelle, de troubles du comportement alimentaire et de dysmorphie musculaire que les hommes hétérosexuels. On va parler de la place qu’occupe aujourd’hui l’apparence dans nos vies, de la musculation, des réseaux sociaux, des standards de beauté, des troubles alimentaires, de la bigorexie, mais aussi de ce que la salle m’a réellement apporté. Et si le problème n’était pas la musculation… Mais la relation que nous entretenons avec notre corps ? Dans cet épisode, je parle : • De mon propre parcours avec la musculation • De mes troubles du comportement alimentaire et de mon rapport à l’alimentation • De la différence entre prendre soin de son corps et chercher à réparer une insatisfaction permanente • De l’influence d’Instagram, TikTok et des applications de rencontre sur notre image corporelle • De l’évolution des standards de beauté masculins • De la bigorexie et de la dysmorphie musculaire • De la place particulière qu’occupe le corps dans la communauté gay • De ce que la salle m’a apporté : confiance, discipline, rencontres et santé • De la thérapie et de la manière dont elle m’aide à reconstruire mon estime de moi • D’une question essentielle : et si notre corps devait être le véhicule de notre vie plutôt que notre projet de vie ? Des références culturelles et scientifiques qui traversent cet épisode : • Les travaux de Thomas F. Cash sur l’image corporelle • Les recherches de Viren Swami sur les standards de beauté et l’insatisfaction corporelle • Les travaux de Roberto Olivardia sur la dysmorphie musculaire • Les méta-analyses de Jason M. Nagata et de ses collaborateurs sur les troubles alimentaires chez les hommes et les minorités sexuelles • Les recherches de J. Kevin Thompson sur l’influence des médias et la comparaison sociale • Les travaux de la psychologue Brené Brown sur la honte et la vulnérabilité Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Thomas F. Cash — Body Image: A Handbook of Science, Practice, and Prevention • Roberto Olivardia — Recherches sur la dysmorphie musculaire • Jason M. Nagata et al. — Études sur les troubles alimentaires chez les hommes et les minorités sexuelles • J. Kevin Thompson et al. — Sociocultural Theory of Body Image • Viren Swami — The Psychology of Physical Attraction • American Psychiatric Association — DSM-5-TR (dysmorphie corporelle) 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  6. 23 juil.

    EP26 : travail et LGBT

    Pourquoi le travail est-il devenu le centre de nos vies ? C’est une question que je me pose de plus en plus. Pourquoi avons-nous autant de mal à nous arrêter ? Pourquoi culpabilise-t-on lorsqu’on ne produit rien ? Pourquoi notre métier semble-t-il être devenu la première chose qui nous définit ? La réussite. La productivité. L’ambition. Le burn-out. La passion. Le capitalisme. Le repos. La performance. Pourquoi avons-nous autant de difficultés à exister en dehors de notre travail ? Et surtout : Est-ce que le travail est simplement un moyen de gagner sa vie ? Ou est-il devenu la principale façon de mesurer notre valeur en tant qu’êtres humains ? Dans cet épisode, j’essaie de comprendre comment la philosophie, la sociologie, l’histoire et mon expérience personnelle peuvent nous aider à repenser notre rapport au travail. Parce qu’aujourd’hui, on ne nous demande plus seulement de travailler. On nous demande d’être passionnés. D’être performants. D’être disponibles. D’optimiser chaque minute de notre journée. Et lorsque l’on ne produit plus, on finit parfois par avoir l’impression de ne plus être assez. Mais cette pression n’est pas vécue de la même manière par tout le monde. Car pour de nombreuses personnes LGBTQIA+, le travail est aussi un lieu où il faut parfois cacher une partie de soi, choisir ce que l’on dit, ce que l’on tait, et composer avec des discriminations encore bien réelles. On va parler de la place du travail dans nos sociétés, de la quête permanente de productivité, de la difficulté à se reposer, de l’aliénation, du sens que l’on donne à nos carrières, mais aussi des discriminations que vivent encore les personnes queer dans le monde professionnel. Et si le problème n’était pas le travail lui-même… Mais la place que nous avons décidé de lui donner dans nos vies ? Dans cet épisode, je parle : • De mon propre rapport au travail et de la difficulté à décrocher • De l’origine (souvent débattue) du mot « travail » et du mythe du tripalium • De la manière dont notre métier est devenu une partie de notre identité • De la culture de la performance et de l’hyperproductivité • De la culpabilité liée au repos et au fait de « ne rien faire » • Des réflexions de Hannah Arendt sur le travail, l’œuvre et l’action • De l’aliénation du travail chez Karl Marx • De la manière dont les réseaux sociaux renforcent notre rapport à la productivité • Du vécu des personnes LGBTQIA+ dans le monde professionnel • Du coming out au travail et de la charge mentale qu’il peut représenter • Des discriminations, des micro-agressions et du rainbow washing Des références culturelles et intellectuelles qui traversent cet épisode : • La Condition de l’homme moderne de Hannah Arendt • Les écrits de Karl Marx sur l’aliénation du travail • Le Droit à la paresse de Paul Lafargue • Bullshit Jobs de David Graeber • Les recherches d’Irving Goffman sur l’identité et la présentation de soi • Les travaux de l’Organisation internationale du Travail sur les discriminations envers les personnes LGBTQIA+ • Les études de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) sur les discriminations LGBTIQ • Les recherches sur le stress minoritaire d’Ilan H. Meyer Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Hannah Arendt — La Condition de l’homme moderne • Karl Marx — Manuscrits de 1844 • Paul Lafargue — Le Droit à la paresse • David Graeber — Bullshit Jobs • Ilan H. Meyer — Minority Stress and Mental Health in Gay Men • Organisation internationale du Travail (OIT) — Inclusion of LGBTIQ+ Persons in the World of Work • Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) — LGBTIQ Equality at a Crossroads • Eurofound — Working life experiences of LGBT people and initiatives to tackle discrimination 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  7. 21 juil.

    EP25 : être seul

    Pourquoi est-ce qu’on a autant peur d’être seuls aujourd’hui ? J’ai commencé à me poser cette question en réalisant un truc simple : je ne supportais plus le silence. Le vrai silence. Pas de musique. Pas de notifications. Pas d’écran. Pas de conversation pour remplir le vide. Et dès que ce moment arrivait… je fuyais. Un téléphone. Une vidéo. Un message. N’importe quoi pour éviter de rester seul avec moi-même. Dans cet épisode, je parle de notre incapacité moderne à être seuls. De cette génération constamment stimulée, constamment distraite, constamment connectée… mais parfois profondément déconnectée d’elle-même. Je parle aussi de la manière dont on utilise parfois les autres comme distraction émotionnelle. Du besoin d’attention. Du besoin d’être choisi. Du besoin de se sentir aimé pour se sentir exister. Parce qu’au fond, beaucoup de relations aujourd’hui ne naissent pas forcément de l’amour. Mais de la peur du vide. De la peur du silence. De la peur de se retrouver face à soi-même. Et moi le premier. Dans cet épisode, on parle : • De notre dépendance à la stimulation constante • Du rapport au silence et à la solitude • De l’addiction aux écrans et aux notifications • Du besoin d’attention et de validation • De la difficulté à rester seul avec ses pensées • Des relations construites sur le manque plutôt que sur l’amour • De la peur d’être oublié ou non choisi • Du lien entre solitude et identité • De l’idée d’apprendre à être seul avant de chercher à être aimé • De la différence entre être seul et se sentir abandonné • Du fait d’utiliser parfois les autres comme anesthésie émotionnelle • De la difficulté à se rencontrer soi-même dans une époque qui nous distrait en permanence Références évoquées : • Maya Angelou • La phrase : “Fais attention quand une personne nue te propose une chemise.” • Le concept de validation émotionnelle • Les mécanismes modernes de distraction et de surstimulation • Le rapport générationnel aux écrans, au bruit et à l’attention Parce qu’au fond… le problème n’est peut-être pas d’être seuls. Mais de ne plus savoir quoi faire quand on l’est. 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau #podcast #societe #generation #solitude #developpementpersonnel #reflexion #mentalhealth

  8. 17 juil.

    EP24 : les kinks

    Pourquoi les cultures kink sont-elles si souvent invisibilisées dans les communautés queer ? Quand on parle des identités LGBTQ+, on parle souvent de droits, de visibilité, de représentation. Mais on parle moins des espaces où beaucoup de personnes queer ont appris à être libres. Les clubs. Les scènes leather. Les backrooms. Les cabarets érotiques. Les cultures fetish. Les nuits queer où le désir devenait parfois une forme de survie. Parce que pendant longtemps, les personnes queer ont dû inventer leurs propres espaces. Des lieux où le corps, le désir et l’identité pouvaient enfin exister sans surveillance permanente. Et pourtant, aujourd’hui encore, les cultures kink restent souvent vues comme quelque chose de honteux, de “trop”, ou d’incompatible avec une image respectable des personnes LGBTQ+. Dans cet épisode, je parle du lien entre cultures queer et cultures kink. De la manière dont certaines sexualités deviennent “acceptables” tandis que d’autres restent marginalisées. Mais aussi de ce que ces espaces ont permis : du lien, du consentement, de la solidarité, de la créativité et parfois simplement… de la liberté. Parce qu’on peut célébrer ces héritages sans réduire toute l’identité queer à la sexualité. Et parce qu’effacer ces cultures-là, ce serait aussi effacer une partie de notre histoire. Dans cet épisode, on parle : • De l’histoire des cultures kink dans les communautés queer • De la culture leather et BDSM • Du lien entre désir, honte et normes sociales • De la notion de respectabilité dans les communautés LGBTQ+ • De la manière dont certaines identités queer ont été invisibilisées pour rendre les autres “acceptables” • De consentement et de liberté • Du rapport entre sexualité, art et performance • De la façon dont les communautés queer ont créé leurs propres espaces de survie • De la différence entre célébrer ces cultures et réduire l’identité queer à elles • De la place du désir dans notre mémoire collective Œuvres et références évoquées : • Le show Fantasma Circus Erotica • Le film Jim Queen • Paris Is Burning • Pose • Cruising • O Fantasma • The Velvet Rage • Thinking Sex de Gayle Rubin • Histoire de la sexualité de Michel Foucault • Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu • Johnny, est-ce que tu m’aimerais si j’avais une plus grosse b*te ? de Brontez Purnell Alexandre Gaulm Parce qu’au fond, nos désirs ne sont pas toute notre identité. Mais ils font partie de notre histoire. 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau #sociologie #culture #podcast #queer #lgbt #gay

Notes et avis

4,6
sur 5
34 notes

À propos

Le gamberge pro max arrive enfin avec un podcast ! Le scroll ne suffisait plus. Ici, on décortique les sujets queer, psycho et socio avec nuance et intensité. Pensées longues, émotions vraies, et questions qui dérangent. Overthinkers et débats bienvenus.

Vous aimeriez peut‑être aussi