Fidèle auditeur des podcasts de Blueprint et, auparavant, de Radio Kawa, je tiens à exprimer ma profonde déception suite au dernier épisode. J'ai constaté avec regret une véritable dérive racialiste à travers le choix de votre dernière invitée. Sous couvert d'un antiracisme de façade, son discours repose en réalité sur une idéologie profondément segmentante.
Organiser des réunions en non-mixité d'où les Blancs sont exclus, ou utiliser des concepts comme l'« afro-féminisme » et l'« afro-gameuse », procède de la même logique de repli racialiste que celle de l'extrême droite lorsqu'elle parle de « blanche-féministe » avec le collectif d’extrême droite némésis. Dans une société qui semble avoir complètement oublié l'universalisme républicain, ce réductionnisme est alarmant. Cette militante prétend combattre le racisme, mais elle en nie certaines formes, notamment le racisme anti-blanc. Pourtant, la réalité nous montre que des individus se font agresser ou insulter uniquement en raison de cette couleur de peau. Ce n'est pas une simple « discrimination », c'est du racisme. Je tiens à préciser que je ne suis pas blanc… Le racisme est une horreur absolue, une connerie universelle, quelle que soit la victime qu'il frappe, même s'il est évident que ses expressions et son ampleur varient à travers le monde. Le racisme anti blanc est beaucoup moins important que le racisme anti noir qui est très présent au Maghreb par exemple.
De plus, entendre affirmer comme elle l'a fait récemment aux côtés de Jean-Luc Mélenchon que le racisme en France serait « systémique » est une contre-vérité flagrante. La France dispose de lois républicaines strictes qui condamnent fermement toute forme de racisme et de discrimination, ce qui en fait l'un des pays les plus protecteurs au monde à ce sujet. Confondre les préjugés individuels avec un système étatique est une erreur intellectuelle. Prétendre avoir subi un « racisme systémique » simplement parce qu'une commission au Sénat où elle est allée était majoritairement composée de personnes blanches relève du délire idéologique.
En adoptant une vision ethno-culturelle de la société, ces militants rejoignent paradoxalement la grille de lecture de l'extrême droite. C'est précisément pour cela que je suis scandalisé de voir une telle personne invitée sur votre antenne. Je tiens à préciser que je suis un homme ancré très à gauche depuis des décennies, encarté au Parti communiste français (PCF) depuis environ 15 ans. C'est justement en tant que militant de gauche que je refuse ce discours victimaire et victimo-centré, qui désigne l'homme blanc comme le responsable de tous les maux de l'humanité. Ce logiciel oublie totalement la lutte des classes. À travers l'histoire, toutes les communautés de la Terre ont été exploitées par une ultra-minorité de dominants, qu'ils soient blancs, noirs ou autres. 99% des blancs ont vécu sous régime féodal. L'esclavage et la traite négrière ont existé en Afrique et dans le monde arabo-musulman bien avant l'implication de l'Occident. Réduire les rapports de force à la seule couleur de peau est une régression historique. Revenons au jeu vidéo et au réel. Inviter une telle personnalité pour parler de « diversité et inclusion » est une faute. Si votre objectif est de faire progresser l'extrême droite en lui offrant son meilleur carburant, vous êtes sur la bonne voie.