C'est Alain qui m'a dit

Eric Perez

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût. À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. cestalainquimadit.substack.com

  1. -6 j

    Le Vide qui Crée

    On porte des choses qui ont fait leur temps. Et on appelle ça de la fidélité. L’énergie ne vient pas de ce qu’on ajoute. Elle vient de ce qu’on accepte de poser. Lâcher n’est pas renoncer. C’est faire de la place pour ce qui cherche à arriver. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « On ne transforme pas, on laisse revenir. » Pas d’effort. Pas de méthode. Pas de nouveau carburant. Juste l’espace pour que quelque chose revienne. C’est une de ces petites phrases dont Alain a le secret, qui peuvent retourner une conviction sans prévenir. Ce qu’on maintient en vie sans le savoir Il y a des choses qu’on porte depuis si longtemps qu’on ne les voit plus. Pas parce qu’elles sont invisibles. Parce qu’on vit tellement avec qu’on ne se pose pas la question. Il y a cette relation qui a changé de nature depuis longtemps. On le sait. Mais on reste. Par habitude. Par peur de ce que l’absence produirait. Par fidélité à ce qu’elle a été plutôt qu’à ce qu’elle est aujourd’hui. Il y a ce projet sous perfusion. On y a mis du temps, de l’argent, de l’espoir. L’arrêter ressemblerait à un aveu. Alors on cherche le prochain angle, la prochaine version, la prochaine raison d’y croire encore. Et pendant ce temps, il occupe toute la place sans rien produire. Il y a ce rôle qu’on joue encore. Celui qu’on s’est construit à un moment de sa vie et qui ne correspond plus à qui on est devenu. On le sait. Mais le changer demanderait d’expliquer, de justifier, peut-être de décevoir. Alors on continue à l’incarner. Et on s’étonne de se sentir à l’étroit. Ce rôle-là est peut-être le plus difficile à lâcher. Parce qu’il ne ressemble pas à un fardeau. Il ressemble à une identité. On ne sait plus très bien où il finit et quand il a commencé. On le joue depuis si longtemps qu’il fait partie de nous. Et donc, on ne le remet pas en question. On vit avec. Jusqu’au jour où on réalise que le rôle a été écrit pour quelqu’un qu’on n’est plus tout à fait. Chacune de ces choses prend de la place. Elle n’est pas neutre. Elle occupe un espace qui ne peut pas être occupé par autre chose. Et tant qu’elle est là, ce qui cherche à arriver ne trouve nulle part où se poser. Ce que j’ai compris sur moi Pendant longtemps, j’ai porté l’image d’un roc. Quelqu’un de solide. Quelqu’un qui tient. Qui ne doute pas, ou du moins qui ne le montre pas. C’était une identité construite pour avancer, pour rassurer, pour exister d’une certaine façon dans le regard des autres. Et un jour j’ai réalisé que cette image me coûtait plus qu’elle ne me donnait. Pas parce que je n’étais pas moi, j’étais moi mais pas complètement, pas en totalité. J’avais bâti une carapace, et une carapace ça protège. Mais ça enferme aussi. J’ai lâché ça. Pas d’un coup. Pas avec une grande déclaration. Doucement. J’ai accepté de montrer mes doutes. J’ai accepté de dire que je ne savais pas. J’ai accepté que mes émotions se voient. Ce qui m’a surpris, c’est ce que les autres ont ressenti. Pas du tout ce que je craignais. Pas de la déception. Plutôt quelque chose qui ressemble à du soulagement. Comme si ma solidité affichée leur demandait, sans que je le sache, de jouer un rôle eux aussi. Et le jour où j’ai lâché ça, ils ont pu poser quelque chose aussi. Et dans cet espace libéré, quelque chose de différent est arrivé. Une énergie plus tranquille. Plus durable. Plus écologique pour mon corps et mon esprit. Ce n’était pas une transformation. C’était un retour à quelque chose de plus juste. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Ce que le vivant sait depuis toujours Chaque automne, les arbres lâchent leurs feuilles. On dit qu’ils les perdent. Ce n’est pas exact. L’arbre ne perd pas ses feuilles. Il les lâche. Il fabrique, à la base de chaque feuille, une couche de cellules qui coupe progressivement l’alimentation. C’est un acte délibéré. Une décision biologique. L’arbre choisit de ne plus nourrir ce qui ne lui est plus utile pour concentrer son énergie sur ce qui va lui permettre de survivre l’hiver et de refleurir au printemps. Sans ce lâcher, pas de printemps. Et nous, on fait l’inverse. On continue à nourrir ce qui ne produit plus. On maintient sous perfusion des projets, des rôles, des versions de nous-mêmes qui ont fait leur temps. On appelle ça de la persévérance. Le vivant appelle ça du gaspillage. L’énergie naît de la soustraction. Pas de l’accumulation. C’est une loi. Elle s’applique aux arbres. Elle s’applique à nous. La différence entre lâcher et abandonner Il y a deux façons de lâcher quelque chose. Et elles ne viennent pas du même endroit. Il y a le lâcher par épuisement. Celui qui arrive quand on n’a plus le choix. Un burnout. Une nuit noire de l’âme. Un moment où tout ce qu’on avait construit s’effondre d’un coup ou s’effrite lentement jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à soutenir. Beaucoup de personnes que je connais ont traversé ça. Et c’est souvent là, dans ce moment qu’ils n’avaient pas choisi, qu’ils ont trouvé quelque chose de vrai. Quelque chose qu’ils n’auraient peut-être pas trouvé autrement. Ce lâcher-là libère. Il transforme même. Mais à quel prix. Combien d’heures perdues à se battre contre des chimères. Combien d’énergie dépensée à retenir ce qui aurait pu être lâché bien avant. Et il y a le lâcher par lucidité. Celui qui arrive avant l’effondrement. Quand on voit clairement que ce qu’on porte n’a plus de sens à être porté. Quand on choisit de faire de la place avant d’y être contraint. Ce lâcher-là demande quelque chose de particulier. Pas du courage au sens héroïque. Une honnêteté envers soi-même. La capacité de regarder ce qu’on maintient en vie et de se demander vraiment, pas pour la forme, vraiment, si c’est encore juste. Les deux peuvent mener au même résultat. Mais l’un coûte énormément. L’autre demande juste d’être lucide assez tôt (oui je sais ce n’est pas évident). On ne transforme pas, on laisse revenir. Je crois qu’accepter ce retour est l’acte le plus difficile à vivre. Parce qu’il demande de faire confiance à un processus qu’on ne contrôle pas. De tolérer le vide sans le remplir immédiatement. D’accepter que ce qui va revenir ne ressemblera peut-être pas à ce qu’on avait. Et que c’est exactement pour ça que ça fonctionne. Allez. Prends une grande inspiration avec moi, et demande-toi : En ce moment, je suis pleinement vivant ou j’ai peur du vide ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’on porte quelque chose de trop, mais où on n’arrive pas encore à voir quoi. Il ne va pas te dire quoi lâcher. Il va t’aider à voir ce que tu portes. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  2. 1 juin

    Se taire

    Le silence fait peur. Alors on parle. Et on passe à côté de ce qui cherchait à arriver. Se taire n’est pas ne rien faire. C’est faire quelque chose de plus difficile. Ce que tu cherches n’arrive pas dans le bruit. Il arrive dans un silence assumé. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « La justesse ne se trouve pas à la croisée des chemins mais dans le silence que tu acceptes enfin de ne plus remplir. » C’est une de ces phrases qui n’ont pas besoin d’explication. Elle arrive et elle fait son travail toute seule. Ce qu’on fait du silence On nous a appris que le silence est un problème. Dans une conversation, c’est une gêne à combler. Dans une réunion, c’est un signe que quelque chose ne va pas. Dans notre tête, c’est un espace dangereux qu’il vaut mieux remplir avant que quelque chose d’inconfortable n’y prenne place. Alors on parle. On répond avant d’avoir vraiment entendu. On enchaîne avant d’avoir vraiment digéré. On remplit les blancs parce que les blancs ressemblent à du vide, et que le vide, on ne sait plus quoi en faire. Mais ce qu’on appelle vide n’est pas un vide. C’est un espace pour recevoir. Ce que j’ai appris en marchant Chaque matin je marche. Pas pour réfléchir. Pas pour résoudre. Juste pour marcher. Et c’est précisément là, dans ce moment où je n’alimente rien, où je ne produis rien, où je n’attends rien, que les choses arrivent. Une clarté sur une décision que je retardais. Une phrase qui cherchait ses mots depuis des jours. Une évidence que l’agenda avait réussi à tenir à distance. Je n’ai rien fait pour les provoquer. J’ai juste arrêté de remplir l’espace où elles pouvaient arriver. Ce qui est étrange, c’est que ces moments-là ne ressemblent pas à une révélation. Il n’y a pas de lumière soudaine. Pas de grand frisson. C’est plus discret que ça. Une pensée qui se pose tranquillement. Une certitude qui arrive sans s’annoncer. Comme si elle avait toujours été là, et qu’elle attendait juste que je cesse de faire du bruit pour se montrer. Le silence de la marche n’est pas un silence de vacances. Ce n’est pas un silence de repos. C’est un silence actif. Un silence qui reçoit. Ce que j’ai appris en accompagnant Il y a un autre silence que je pratique. Différent. Plus difficile. C’est le silence de l’accompagnement. Parfois, quand j’accompagne quelqu’un, l’information arrive. Je la sens, je la vois, je sais ce qui serait juste de dire. Et je me tais. Pas parce que je n’ai rien à dire. Parce que la personne en face n’a pas encore fini d’arriver à ce qu’elle cherche. Et si je parle maintenant, je lui vole ce dernier pas. Ce dernier pas qui est le sien, pas le mien. Alors je laisse. Je laisse la phrase aller jusqu’au bout. Je laisse le silence s’installer après. Parfois plusieurs secondes. Parfois plus. Et dans ce silence, quelque chose se passe. Pas chez moi. Chez l’autre. Une pensée qui va plus loin que ce qu’elle venait de dire. Une émotion qui remonte. Une vérité qui n’aurait pas eu la place d’exister si j’avais parlé trop vite. Et ensuite je laisse venir les mots, les miens, depuis cet endroit-là. Pas depuis ma tête qui a déjà la réponse. Depuis quelque chose de plus lent, de plus juste. Les mots qui arrivent depuis ce silence-là ne ressemblent pas à ceux que j’aurais dits si je n’avais pas attendu. Ils sont différents. Plus précis. Moins brillants peut-être. Mais plus vrais. Ce silence-là demande quelque chose de particulier. Pas du savoir. Pas de la technique. Une forme de confiance. La confiance que ce qui doit arriver arrivera, si on lui laisse la place. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : Ce que le vivant sait depuis toujours En 2013, des chercheurs de l’Université de Rochester ont découvert quelque chose d’inattendu sur le cerveau. Le jour, il produit. Il traite, il décide, il analyse. Mais pendant ce temps, il accumule des déchets. Des protéines mal repliées, des toxines, des résidus de toute cette activité. Et ces déchets, il ne peut pas les évacuer pendant qu’il travaille. Les canaux qui permettent ce nettoyage sont trop petits, trop fragiles. Ils ne s’ouvrent que la nuit. Que dans le silence. Que dans l’immobilité du sommeil. Si ce silence n’a pas lieu, les toxines s’accumulent. Les décisions deviennent floues. La clarté disparaît. Pas par manque d’information. Par manque de silence pour traiter ce qui est déjà là. Le vivant a besoin de silence pour se régénérer. Pas comme récompense après l’effort. Pas comme pause entre deux productions. Comme condition de tout le reste. On a construit des vies sans silence. Des journées sans blanc. Des nuits trop courtes. Des matins où l’écran s’allume avant que le cerveau ait fini son nettoyage. Et on se demande pourquoi les idées ne viennent plus, pourquoi les décisions coûtent autant, pourquoi on avance sans vraiment savoir où on va. Ce n’est pas un manque de méthode. C’est un manque de silence. La différence entre se taire et se retenir Il y a deux façons de ne pas parler. Et elles ne produisent pas la même chose. Se retenir, c’est avoir quelque chose à dire et le bloquer. C’est tendu. C’est inconfortable. L’énergie est là mais elle n’a nulle part où aller. On sent la pression de ce qu’on n’a pas dit. On reste dans sa tête, à tourner autour de ce qu’on aurait voulu exprimer. Ce silence-là épuise autant que la parole. Parfois plus. Se taire, c’est autre chose. C’est choisir de laisser de la place. Pour l’autre. Pour ce qui cherche à arriver. Pour les mots qui ne sont pas encore prêts. Ce silence-là n’est pas vide. Il est plein d’une attention que la parole ne peut pas tenir. La différence entre les deux ne s’entend pas. Elle se ressent. Quelqu’un qui se retient remplit le silence d’une tension invisible. Quelqu’un qui se tait vraiment crée quelque chose d’autre. Un espace. Et dans cet espace, les gens se détendent. Ils vont plus loin. Ils disent ce qu’ils n’auraient pas dit si on les avait pressés de conclure. La justesse se trouve dans le silence qu’on accepte enfin de ne plus remplir. Ce mot, accepter, est important. Ce n’est pas un effort. C’est un consentement. On accepte de ne pas savoir immédiatement. On accepte de ne pas avoir la réponse tout de suite. On accepte que quelque chose de plus juste que ce qu’on aurait dit puisse encore arriver. Et souvent, c’est là que ça arrive. Bon. Avant de me taire et de te laisser profiter du silence, j’ai une question pour toi. Est-ce que tu donnes assez de place au silence dans ta vie ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où on sent qu’il y a quelque chose à entendre, mais où le bruit est encore trop fort. Il ne va pas te dire quoi faire. Il va t’aider à voir ce que tu évites d’écouter. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  3. 25 mai

    Revenir à soi

    Le vivant sait comment on devient vivant. Nous, on a oublié. On ne tire pas son énergie de ce qu’on accumule. On la tire de ce qu’on accepte de lâcher. La saison 2 commence ici. Depuis un endroit différent. Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Tu n’es pas en retard sur ta vie. Tu es juste en fuite devant le seul homme qui peut la vivre. » J’ai lu cette phrase trois fois. La première fois, je l’ai trouvée belle. La deuxième fois, je l’ai trouvée juste. La troisième fois, c’est maintenant. LA SAISON 2 COMMENCE AUJOURD’HUI Et elle commence depuis un endroit différent. Pas parce que la saison 1 était fausse. Elle était vraie. Elle était même nécessaire. Mais quelque chose a changé en moi depuis. Pas une révélation. Pas une crise. Plutôt une évidence qui s’est posée doucement, comme ces choses qui étaient déjà là et qu’on finit par voir un matin sans savoir pourquoi ce matin-là plutôt qu’un autre. Je me suis rendu compte que je parlais aux dirigeants, aux bâtisseurs, à ceux qui courent vite. Et que pendant ce temps, il y avait quelqu’un d’autre qui écoutait. Quelqu’un qui n’avait pas de titre particulier, pas de chiffre d’affaires à défendre, pas d’équipe à diriger. Juste cette voix intérieure, discrète et tenace, qui murmurait qu’il y avait autre chose. Juste une sensation d’être à l’étroit dans sa propre vie. C’est à cette personne que je veux parler maintenant. Peut-être que c’est toi. Peut-être que ça l’a toujours été. Le vivant ne tire pas son énergie de l’accumulation. Il la tire du renoncement. J’ai lâché ce que la saison 1 était pour que quelque chose de plus juste puisse arriver. Ce renoncement ce n’est pas une perte. C’est le premier mouvement de cette saison. C’est en vivant qu’on devient vivant. C’est depuis cette conviction que je veux continuer ce podcast. Pas pour t’apporter une méthode de plus. Pour qu’on retrouve ensemble ce que tu sais déjà, et que le bruit de ta vie t’empêche d’entendre. CE QUE J’AI COMPRIS ET VÉCU La phrase d’Alain parle d’une fuite, oui, une fuite. Et ce qu’elle pointe avec précision, c’est que cette fuite a souvent l’apparence du mouvement. Tu avances. Tu construis. Tu te projettes vers une version future de toi qui sera enfin à la hauteur, enfin libre, enfin juste. Toujours à dix ans de toi. Toujours hors d’atteinte. Ce n’est pas de l’ambition. C’est un report de vie déguisé en projet de vie. Et pendant ce temps, la seule personne qui pourrait vraiment tenir le gouvernail, tu passes devant elle sans t’arrêter. Sans même la reconnaître. Parce que tu l’as quittée depuis si longtemps qu’elle te ressemble à peine. Parce que la vie que tu mènes ne lui a pas laissé beaucoup de place. Parce qu’elle est silencieuse, et que le silence, dans une vie qui tourne à plein régime, n’a aucune chance d’être entendu. Le vivant ne fonctionne pas comme ça. Une cellule ne produit pas d’énergie en accumulant. Elle en produit en lâchant. À deux moments précis de son cycle, elle expire. Elle rejette. Et c’est précisément dans cet acte de renoncement que l’énergie se libère. Et ce n’est pas un effet secondaire. C’est le mécanisme central. Ce n’est pas une métaphore. C’est une loi du vivant. Une loi vieille de deux milliards d’années. Qui ne s’est jamais démentie. Et qui s’applique à chaque cellule de ton corps en ce moment même, pendant que tu écoutes ces mots. Et cette loi, on l’a oubliée. On accumule des outils, des méthodes, des projets, des versions améliorées de nous-mêmes. On retient. On porte. On s’épuise à maintenir en vie des choses qui ont fait leur temps, des rôles qu’on joue encore par habitude, des combats qu’on mène par peur de ce que le silence produirait si on s’arrêtait. Et on appelle ça avancer. Le vivant appelle ça s’étouffer. Je connais cette fuite de l’intérieur. Pendant des années, j’ai confondu le mouvement avec la vie. J’accélérais parce que ralentir ressemblait à renoncer. Je construisais parce que m’arrêter ressemblait à échouer. Je portais des projets qui avaient fait leur temps, des postures qui ne me ressemblaient plus, une version de moi construite pour les autres et que je continuais d’habiter par habitude . Et je me racontais que c’était ça, avancer. Que la fatigue était normale. Que l’essoufflement était le prix à payer. Que les gens qui s’arrêtaient manquaient simplement de discipline. Et un jour, tout s’est arrêté sans que je le choisisse. Ce que j’avais bâti s’est défait. Et dans ce silence que je n’avais pas demandé, j’ai rencontré quelqu’un que j’avais fui pendant des années. Moi. Pas la version que j’avais construite pour les autres. Pas le rôle que je jouais avec conviction. Quelqu’un de plus simple, de plus tranquille, et étrangement, de plus juste. Quelqu’un qui n’avait rien à prouver. Qui n’avait plus besoin de courir pour exister. Ce n’était pas une transformation. C’était un retour. Merci de lire C’est Alain qui m’a dit ! Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici : CE QUE CETTE SAISON VA ÊTRE Chaque épisode de cette saison sera un mouvement. Pas une leçon. Pas une méthode. Un mouvement que tu reconnaîtras parce que tu l’as déjà vécu, ou parce que tu l’évites depuis longtemps. Le vivant traverse huit mouvements pour produire de l’énergie. Huit. Pas un de plus, pas un de moins. Et chacun est nécessaire. On ne saute pas une étape. On ne court pas plus vite pour compenser. Le vivant prend le temps qu’il faut. Il ne négocie pas avec son propre rythme. Nous allons traverser ces mouvements ensemble. Accueillir ce qui est vraiment là. Se taire, vraiment, sans rien produire. Lâcher ce qui n’est plus nous. Franchir ce seuil intérieur qu’on repousse depuis trop longtemps. Incarner ce qu’on est devenu quand on arrête de jouer un rôle. Rencontrer le monde sans se défendre. Intégrer ce que la vie nous renvoie quand on accepte de l’entendre. Et revenir à soi, plus tranquille, plus juste, prêt pour le prochain tour. Pas dans l’ordre d’un programme. Selon ce que la vie dépose devant nous. Une phrase qui arrive parfois à l’improviste et qui change quelque chose sans qu’on sache exactement comment. Et Alain sera là, comme toujours. C’est lui qui commence. C’est moi qui continue. C’est toi qui décides ce que tu en fais. C’est en vivant qu’on devient vivant. C’est ce qu’on va explorer ensemble. Avant qu’on se quitte, une question. Elle est pour toi. C’est cadeau. Qu’est-ce que tu accumules en ce moment en appelant ça avancer ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Pas pour te dire quoi changer. Pour t’aider à voir ce que tu portes sans le savoir. Merci d’avoir lu cet épisode de C’est Alain qui m’a dit ! Abonne-toi pour ne pas louper les prochains This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  4. 18 mai

    Le Premier Domino

    Vous regardez vos concurrents pour savoir où aller. C’est le meilleur moyen de ne jamais trouver votre propre chemin. Analyser le marché, c’est utile. S’y noyer pour éviter de se regarder, c’est autre chose. La vraie question n’est pas : suis-je meilleur que les autres ? C’est : suis-je juste ? Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Es-tu juste ? » Trois mots. J’ai tourné cette question dans tous les sens. Parce qu’elle ne demande pas si tu es bon. Pas si tu es en avance. Pas si tu es meilleur que les autres. Elle demande quelque chose de plus difficile et de plus précis. Si ce que tu fais vient du bon endroit. Il m’a raconté une scène. Un gymnase plongé dans le noir. Les spectateurs sont partis, les projecteurs éteints. Au centre, un homme transpire. Michael Jordan enchaîne les paniers, seul avec le bruit mat du ballon sur le parquet. Il ne cherche pas à battre un adversaire imaginaire. Il cherche le moment où son geste devient une évidence. C’est ça, être juste. Pas parfait. Pas meilleur. Juste. Ce que le marché ne dit pas Il y a une croyance très répandue dans le monde des affaires. Celle qui dit que pour savoir où aller, il faut regarder où vont les autres. Analyser la concurrence. Surveiller les tendances. Se positionner par rapport au marché. C’est une forme d’intelligence. Et c’est parfois une forme de fuite. Parce que regarder les autres, c’est confortable. Ca donne l’impression d’agir. Ca ressemble à de la stratégie. Mais pendant qu’on regarde ailleurs, la vraie question reste sans réponse. Est-ce que ce que je vois est juste ? Pas juste pour le marché. Pas juste selon les études et les benchmarks. Juste pour toi. Depuis ton regard propre. Depuis ta lecture du réel que personne d’autre n’a exactement. L’histoire du studio Il y a longtemps, j’étais directeur d’un studio de création graphique. A cette époque, le modèle était simple et immuable. Les annonceurs passaient par les agences de publicité. Les agences sous-traitaient la création aux studios. Personne ne remettait ce schéma en question. C’était comme ça depuis toujours. Sauf que j’avais remarqué quelque chose. Sur certaines commandes, l’agence ne servait à rien. Elle prenait le brief chez l’annonceur, le transmettait au studio sans le transformer, récupérait le travail fini et le livrait. Aucune valeur ajoutée. Un filtre inutile qui rallongeait les délais et renchérissait le coût. Je me suis posé une question simple. Pas « que font les autres studios ? » Pas « quel est le modèle dominant du marché ? » Juste : est-ce que ce que je vois est juste ? Et ce que je voyais était juste. Pour cette partie du travail, le passage par l’agence n’avait aucun sens. Il y avait une part de doute. C’était une rupture avec un modèle établi. Je ne savais pas comment les agences allaient réagir. Je ne savais pas si les annonceurs seraient intéressés. Mais il y avait quelque chose de plus fort que le doute. Une conviction que ce que je voyais était juste. Pas parfait. Pas sans risque. Juste. Alors j’ai agi dessus. J’ai créé mon propre studio en partant directement vers les annonceurs. Les annonceurs ont été intéressés. Ils travaillaient directement avec ceux qui produisaient. Sans filtre. Et les agences ne m’en ont pas voulu. Ca les soulageait d’une charge qu’elles n’aimaient pas porter. Quand une décision est juste, elle ne crée pas de résistance inutile. Elle trouve sa place naturellement. Ce que cette décision m’a appris Ce qui m’a frappé après coup, c’est que je n’avais pas pris cette décision en analysant le marché. Je ne m’étais pas demandé ce que faisaient les autres studios. Je n’avais pas commandé une étude. J’avais juste regardé ce que je voyais tous les jours avec mes propres yeux, et j’avais eu le courage de lui faire confiance. C’est ça que j’ai compris ce jour-là. Pas une technique. Pas une méthode. Juste ceci : ton regard sur ton secteur, ton marché, ta situation, a une valeur que aucune analyse externe ne peut remplacer. Parce que personne d’autre n’a ton histoire, ton expérience terrain, ta façon de lire les signaux faibles. Le problème, c’est qu’on apprend à se méfier de ce regard. On nous enseigne à valider, à benchmarker, à comparer. Comme si notre propre lecture ne suffisait pas. Comme si elle avait besoin d’être confirmée par quelqu’un d’autre pour avoir de la valeur. Et pendant qu’on attend cette confirmation, les évidences passent. Ce que Jordan fait dans le gymnase obscur Michael Jordan seul dans ce gymnase ne se demande pas ce que font ses rivaux. Il ne surveille pas ses statistiques. Il ne calcule pas son avance. Il se demande si son geste est juste. C’est ça, le premier domino. Pas la stratégie. Pas la comparaison. Pas l’analyse de marché. L’état interne qui précède toute action. L’alignement entre ce qu’on perçoit et ce qu’on fait. Quand cet état est juste, tout ce qui suit est plus fluide. Les décisions se prennent plus clairement. Les résistances s’effacent. Les bonnes personnes arrivent. Pas parce que la chance sourit, mais parce qu’on agit depuis le bon endroit. Quand cet état est faux, quand on agit depuis la comparaison, la peur de rater quelque chose, l’envie de ressembler à quelqu’un d’autre, tout est plus lourd. Même les bons résultats ne satisfont pas vraiment. Parce qu’ils ne sont pas les tiens. Le piège de la comparaison Regarder ses concurrents n’est pas mauvais en soi. C’est même nécessaire. Le problème arrive quand c’est le seul endroit où on regarde. Quand on commence sa journée en vérifiant ce que font les autres plutôt qu’en se demandant ce qui est juste pour soi. Quand on ajuste sa trajectoire non pas parce qu’on a vu quelque chose de pertinent mais parce qu’on a peur de rater ce que les autres font. Quand on prend des décisions qui ressemblent à des décisions intelligentes mais qui ne viennent pas de sa propre lecture du réel. Ce n’est plus de la stratégie. C’est de la réaction. Et il y a un coût invisible à vivre en réaction permanente. On s’épuise à ajuster une trajectoire qui n’est pas la sienne. On dépense une énergie considérable à suivre des signaux extérieurs qui n’ont pas forcément de sens pour ce qu’on construit. Et à la fin de la journée, on a bougé sans vraiment avancer. Le premier domino, c’est toujours intérieur. C’est l’état depuis lequel tu agis. Pas ce que tu fais. Depuis quel endroit tu le fais. La question que je te laisse Ce matin, avant d’ouvrir ton agenda, avant de regarder ce que font les autres, avant de vérifier tes indicateurs, pose-toi la question : Es-tu juste ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik pour ces moments où on ne sait plus très bien depuis quel endroit on agit. Il ne va pas te donner une direction. Il va t’aider à voir si tu es juste avec toi-même. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  5. 11 mai

    Les Muscles de la Peur

    Vous appelez ça de la rigueur. C’est de la peur qui fait des heures supplémentaires. Plus vous serrez les rênes, plus le cheval résiste. Et vous appelez ça du leadership. Le contrôle ne calme pas l’anxiété. Il lui construit une salle de sport. Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Le contrôle ne calme pas la peur, il lui donne des muscles. Plus tu forces le monde à s’ajuster, plus tu amplifies ton anxiété. » J’ai laissé cette phrase travailler quelques jours. Parce qu’elle touche à quelque chose que beaucoup de dirigeants ne veulent pas regarder en face. L’idée que ce qu’on appelle de la rigueur, de la méthode, de la discipline, pourrait être en réalité une stratégie d’évitement sophistiquée. Ce que le contrôle dit vraiment Il y a une croyance profondément ancrée dans le monde du leadership. Celle qui dit que plus tu maîtrises les variables, plus tu réduis le risque. Plus tu anticipes les scénarios, plus tu es en sécurité. Plus tu surveilles les indicateurs, plus tu es en contrôle. C’est logique. C’est enseigné dans toutes les écoles de management. Et c’est faux. Parce que chaque acte de contrôle envoie un signal au cerveau. Ce signal dit : il y a quelque chose à craindre ici. Et le cerveau enregistre. Il s’adapte. Il construit des muscles pour gérer cette menace. Plus tu contrôles, plus tu confirmes qu’il faut contrôler. La peur ne disparaît pas sous la pression du contrôle. Elle s’adapte. Elle grossit. Elle trouve des nouvelles formes. Elle devient de l’insomnie, de l’hypervigilance, de l’irritabilité, de cette sensation d’être toujours en retard sur quelque chose même quand tout va bien. On appelle ça du perfectionnisme. On appelle ça de l’exigence. On appelle ça du professionnalisme. C’est de l’anxiété. Rien d’autre. La spirale Ce mécanisme, je l’ai vu de près. Un dirigeant que j’accompagnais m’a raconté une période de sa vie où la peur de perdre sa place l’avait fait basculer dans quelque chose qu’il n’aurait jamais cru possible. Il avait commencé à contrôler. D’abord les chiffres, ce qui est normal. Puis les informations qui remontaient, pour filtrer ce qui ne devait pas être vu. Puis les interactions, pour éviter les questions auxquelles il n’avait pas de réponse. Il avait créé des zones d’ombre. Des écrans. Chaque couche de contrôle supplémentaire était censée le protéger. Chaque couche creusait un peu plus le fossé entre ce qui était réel et ce qu’il montrait. Il m’a dit que pendant cette période, il ne dormait presque plus. Pas parce qu’il travaillait trop. Parce que la nuit, il n’y avait plus rien entre lui et ce qu’il savait. Le contrôle avait besoin de lui à plein temps. La peur, elle, travaillait en continu. Le lapin dans les phares Et puis un jour, tout a explosé. Pas progressivement. En une seconde. Il m’a décrit ce moment avec une précision que je n’oublierai pas. Son corps a lâché avant que sa tête comprenne ce qui se passait. Les jambes qui ne répondent plus. La respiration qui se coupe. Cette sensation d’être un lapin dans les phares d’une voiture, paralysé, incapable de fuir, incapable d’avancer. Il marchait en long, en large, en travers. Il cherchait le trou de souris. Sachant que la confrontation était inévitable. Que tout allait sortir. Que tout le monde allait savoir. Et là, quelque chose d’inattendu s’est passé. Pendant qu’il attendait la confrontation, pendant que son cerveau continuait à tourner à plein régime, son corps, lui, a commencé à se détendre. Lentement. Imperceptiblement. Comme si quelque chose de lourd se posait enfin par terre. Ce n’était pas du soulagement. C’était quelque chose de plus profond. La fin d’une tension qu’il portait depuis si longtemps qu’il avait oublié ce que c’était de ne pas la porter. Ce que la reddition apprend La confrontation a été difficile. La déception, l’incompréhension, la colère des autres. Tout ce qu’il avait essayé d’éviter en construisant tous ces muscles de contrôle, il a dû le traverser quand même. Mais il l’a traversé debout. Et de l’autre côté, quelque chose avait changé. Il m’a dit, des mois plus tard, que depuis ce jour il avait adopté une règle simple. Une seule. N’agir que sur les leviers qui dépendent de lui. Pas parce que c’est une bonne méthode de management. Parce qu’il avait compris dans son corps ce que ça coûte de dépenser son énergie sur ce qu’on ne peut pas contrôler. Ce n’est pas du détachement. Ce n’est pas de la résignation. C’est une forme de lucidité physique. Une économie d’énergie radicale qui laisse de la place pour ce qui compte vraiment. Ce que cette histoire dit sur nous Ce dirigeant n’est pas une exception. Il est l’exemple le plus visible d’un mécanisme que la plupart d’entre nous pratiquent dans des versions plus discrètes. Les réunions qu’on multiplie pour éviter de prendre une décision seul. Les process qu’on alourdit pour ne pas avoir à faire confiance. Les indicateurs qu’on surveille de façon obsessionnelle pour ne pas regarder ce qui ne peut pas se mesurer. Les agendas surchargés qui ne laissent aucun espace au vide, et donc aucun espace à ce que le vide pourrait révéler. Chacun de ces comportements est rationnel. Chacun est défendable. Et chacun nourrit silencieusement les muscles de la peur. Je le vis moi-même en ce moment. Il y a un projet que je porte depuis des mois. Je peaufine. J’ajuste. J’affine. Je veux que tout soit bon avant de lancer. Sauf que je sais exactement ce que je fais. Je travaille sur la qualité parce que je n’ai aucun retour. Et je n’ai aucun retour parce que je n’ai rien lancé. Je contrôle ce que je peux contrôler, la forme, les détails, la préparation, pour ne pas avoir à affronter ce que je ne peux pas contrôler : la réception. Ce que les gens en pensent. Si ça résonne ou pas. Le levier sur lequel j’agis ne dépend pas de moi. Pas encore. Il dépendra de moi le jour où j’aurai lancé. Là, je pourrai ajuster, affiner, corriger. Là, le contrôle aura un sens. Mais tant que je n’ai pas lancé, je construis des muscles de la peur. Pas un projet. La question n’est pas de tout lâcher. C’est de regarder honnêtement ce qu’on contrôle par peur et ce qu’on contrôle par justesse. Les deux se ressemblent de l’extérieur. Ils ne se ressemblent pas du tout de l’intérieur. La question que je te laisse Et toi, sur quels leviers tu agis aujourd’hui ? Tous ou seulement les tiens ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik pour ces moments où le contrôle commence à coûter plus qu’il ne protège. Il ne va pas te donner une méthode. Il va t’aider à voir depuis quel endroit tu agis vraiment. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    8 min
  6. 4 mai

    L'Ingénierie des Âmes

    Vouloir transformer les autres, c’est de la bienveillance. C’est surtout de la fuite. Le meilleur manager que vous ayez connu pensait sauver son équipe. Il l’empêchait de grandir. On appelle ça de l’investissement humain. C’est du contrôle avec une bonne conscience. Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit un jour une chose sur lui-même, sur ce qu’il avait été. Il m’a dit : « J’étais le premier de la classe de l’ingénierie des âmes. C’est du contrôle déguisé. » Je n’ai pas eu besoin de chercher longtemps. Je savais exactement de quoi il parlait. Parce que pendant une bonne partie de ma vie de dirigeant, j’avais ce profil-là. Le profil qu’on ne questionne jamais Il y a une catégorie de dirigeants qu’on ne questionne jamais. Ceux qui s’investissent vraiment. Qui restent tard pour un collaborateur en difficulté. Qui préparent des feedbacks construits, attentifs, précis. Qui lisent sur le développement humain et l’appliquent avec sincérité. Qui croient, profondément, que leur rôle est d’aider les gens autour d’eux à grandir. Ce profil-là, dans tous les modèles de leadership qu’on nous enseigne, c’est le bon élève. C’est celui qu’on cite. Celui qu’on veut former. Celui dont on dit qu’il a « le sens des gens ». Et c’est précisément ce profil-là qui tombe dans le piège le plus difficile à voir. Parce que quand tu passes ton énergie à vouloir transformer les autres, à corriger leurs trajectoires, à les aider à devenir « meilleurs », tu pars d’une hypothèse que tu n’as jamais formulée à voix haute : ils ne sont pas suffisants tels qu’ils sont. Et toi, tu sais ce qu’ils devraient devenir. C’est regarder l’autre d’en haut. Même avec bienveillance. Même avec le sourire. Les quais de Seine Je vais te raconter une scène. Elle est courte mais elle m’a appris quelque chose que vingt ans de lectures sur le management ne m’avaient pas appris. J’avais un commercial dans mon équipe. Quelqu’un qui marchait bien. De bons résultats, une vraie présence terrain, un gars solide. Un après-midi, je suis tombé sur lui par hasard. Il était allongé sur les quais de Seine. En pleine journée de travail. En train de faire une sieste. Mon premier réflexe a été immédiat. Il profite de ses bons résultats pour se permettre de disparaître. Il pense que je ne vois pas. Ni vu ni connu. Je l’ai confronté directement. Je lui ai dit de ne plus me prendre pour un idiot. Il ne s’est pas démonté. Il m’a regardé calmement et il m’a dit qu’il ne me prenait pas pour un idiot. Qu’au contraire. Que cette pause qu’il s’accordait lui permettait d’être beaucoup plus efficace ensuite, de donner le meilleur de lui-même, d’être plus utile au groupe. Et qu’il n’avait jamais cherché à se cacher. La preuve : il était là, en plein air, sur les quais. Je l’avais trouvé sans le chercher. Je me suis arrêté. Parce qu’il avait raison. Sur tout. Mais ce qui m’a le plus frappé, avec le recul, ce n’est pas qu’il avait trouvé sa propre façon de fonctionner. C’est qu’il n’avait pas cherché à se cacher. Et ça, ce n’était pas de la naïveté de sa part. C’était une lecture juste de qui j’étais vraiment. Il savait qu’avec moi, l’explication est toujours possible. Il avait confiance que s’il me donnait le fond de sa pensée, je l’entendrais. Ce jour-là, c’est lui qui m’a révélé quelque chose sur moi. Pas l’inverse. J’étais arrivé avec le réflexe du dirigeant qui corrige, qui recadre, qui sait mieux. Et lui m’avait simplement montré qu’il n’avait pas besoin d’être corrigé. Qu’il avait déjà construit sa propre gravité. Et que mon rôle, ce jour-là, était juste de l’écouter. Ce que j’ai mis du temps à voir Cette scène sur les quais, je pourrais la multiplier. Pas toujours de façon aussi nette, aussi directe. Mais le même mécanisme, sous des formes différentes. Un dirigeant qui s’investit dans la transformation de ses équipes construit, sans le vouloir, une dépendance. Les gens apprennent à attendre son regard, sa validation, sa correction. Ils cessent progressivement de faire confiance à leur propre boussole parce que la sienne est toujours là, disponible, prête à recalibrer. Et pendant ce temps, le dirigeant se sent utile. Vraiment utile. Il a le sentiment de faire exactement ce qu’un bon leader doit faire. Ce qu’il ne voit pas, c’est que cette utilité lui profte plus qu’à ses équipes. Que tant qu’il s’occupe de faire grandir les autres, il n’a pas à regarder ce qui, en lui, demande à évoluer. Les questions qu’il ne veut pas se poser, il les a remplacées par les questions qu’il pose à ses collaborateurs. L’ingénierie des âmes, ce n’est pas de la malveillance. C’est une façon élégante de se rendre indispensable pour ne pas avoir à se regarder. Ce que ça coûte réellement Il y a une réalité physiologique qui illustre ça mieux que n’importe quelle théorie managériale. Quand les astronautes passent plusieurs mois en apesanteur, leurs os se fragilisent. Pas parce qu’ils ont été blessés. Parce que la gravité terrestre n’a plus exercé de pression sur eux. Le corps, privé de résistance, perd sa densité. Ce sont les contraintes qui construisent la solidité. C’est exactement ce qui arrive aux gens qu’on surprotège. Qu’on accompagne avec trop d’intensité. Qu’on corrige avant qu’ils aient eu le temps de se confronter eux-mêmes à l’erreur, d’en ressentir le poids, d’en tirer quelque chose qui leur appartient vraiment. En voulant les aider, on leur retire la résistance dont ils ont besoin pour se construire. Ce n’est pas de l’aide. C’est de la soustraction. La distinction qui change tout L’alternative, ce n’est pas le désengagement. Ce n’est pas regarder ses équipes se débattre en croisant les bras. C’est une distinction plus fine. La différence entre être disponible et être indispensable. Entre créer les conditions et contrôler le résultat. Entre avoir confiance dans le chemin de l’autre et vouloir en être le guide permanent. Un leader qui a vraiment intégré ça, ne se demande plus comment faire progresser les gens. Il se demande si son propre état, sa propre justesse, sa propre manière d’être là, crée un terrain où ils peuvent progresser par eux-mêmes. Ce n’est plus de la gestion. C’est de la présence. Et paradoxalement, c’est là que l’impact devient réel. Pas quand tu t’investis dans la transformation des autres. Quand tu t’investis dans la tienne. Parce que les gens ne se développent pas au contact de quelqu’un qui veut les changer. Ils se développent au contact de quelqu’un qui, lui, est clairement en train de vivre ce qu’il dit. Dont la présence en elle-même est une invitation, pas une injonction. C’est la différence entre le leader qui dit « voilà ce que tu devrais faire ou être » et celui dont l’existence même dit « voilà ce que c’est, être juste. » Ce que je fais différemment aujourd’hui Quand je sens cette envie d’intervenir, de corriger, d’accompagner plus intensément, je me pose une question simple. J’interviens pour qui ? Pour la personne, ou pour me sentir utile ? La réponse n’est pas toujours confortable. Mais quand elle est honnête, quand je reconnais que c’est mon besoin de maîtrise qui parle et pas la réalité de l’autre, quelque chose se détend. Je n’ai plus à porter ce qui ne m’appartient pas. Je peux être présent sans être indispensable. Je peux m’intéresser sans vouloir transformer. C’est plus léger. Et c’est précisément là, dans cet espace plus léger, que je suis vraiment utile. La question que je te laisse Dans ton équipe, dans les gens que tu accompagnes avec la meilleure intention du monde : est-ce que tu leur donnes de la gravité ? Ou est-ce que tu deviens, sans le vouloir, l’apesanteur qui les affaiblit ? On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. QUIZ Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain, le Quiz Authentik pour ces moments-là. Pas pour te dire comment mieux gérer les autres. Pour t’aider à voir ce que tu portes qui ne t’appartient pas, et ce qui, en toi, cherche simplement un peu plus d’espace pour exister. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    9 min
  7. 27 avr.

    L'Urgence Douce

    On passe notre temps à attendre que le calme revienne pour enfin décider de vivre. Mais la clarté ne naît pas dans le repos, elle surgit souvent quand le chaos nous oblige à lâcher nos vieilles certitudes. Le monde n’a plus besoin de ton masque de dirigeant, il a besoin de ta justesse. Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a dit : « Les grandes nécessités appellent de grands leaders... je ressens une vibration. Une urgence douce. Un appel intérieur. » LE SÉISME : QUAND LE MONDE BASCULE Cette phrase a réveillé en moi une mémoire très précise. Elle m’a projeté trente ans en arrière, dans les années 90. À cette époque, je ne parlais pas encore de stratégie humaine ou de leadership. J’étais dans le feu de l’action, au cœur des studios de création graphique. Directeur commercial, puis directeur de studio, avant de diriger ma propre structure. Ce que nous vivions alors, ce n’était pas une petite évolution. C’était un séisme. Tout ce qu’on savait faire depuis des générations était en train de s’effondrer. On a appelé ça l’arrivée de la PAO (la Publication Assistée par Ordinateur). Pour ceux qui n’ont pas connu cette époque, imaginez un monde où pour créer une simple page de magazine, il fallait une armée de spécialistes. Il y avait les créatifs, les maquettistes, les typographes, les photograveurs, et enfin les imprimeurs. Chaque métier était une forteresse. On apprenait ça pendant des années, et on pensait que c’était pour la vie. Puis, est arrivé sur les bureaux : le Macintosh. Avec lui, des logiciels comme Illustrator, QuarkXPress ou Photoshop. D’un coup, une personne seule pouvait faire tout seul sur son écran ce qui demandait avant toute une équipe de six experts. Le chaos a été total. Tout le monde était perdu. Et c’est là que j’ai vu, pour la première fois, ce que signifie réellement être un leader quand tout s’écroule autour de toi. LES DEUX VISAGES DE LA RÉSISTANCE Dans les studios que je dirigeais, j’ai vu la peur s’installer partout. Mais c’était une peur bien particulière : celle d’être dépassé, de ne plus servir à rien. J’ai vu deux types de réactions, et c’est exactement ce qu’on voit aujourd’hui avec l’IA ou les crises qui s’enchaînent. D’un côté, il y avait ceux qui voulaient protéger leur territoire à tout prix. Des patrons qui avaient investi des fortunes dans des machines énormes, complexes, et qui regardaient l’ordinateur avec un mépris total. Ils se rassuraient en disant : « Ça ne marchera jamais. La qualité est nulle. Le client ne voudra jamais d’un travail fait sur une machine de bureau. » Ils s’accrochaient à leurs vieilles méthodes comme à des bouées de sauvetage, en refusant de voir que le besoin du client avait changé. Le client ne voulait plus de la perfection artisanale qui mettait trois jours à arriver, il voulait de la vitesse et de la souplesse. Et il y avait les techniciens, les typographes. Des gens avec un savoir-faire immense, qui connaissaient l’histoire de chaque lettre. Pour beaucoup, l’ordinateur était presque une insulte à leur métier. Ils ont résisté, ils ont attendu que la mode passe, ils sont restés figés. Résultat ? Des centaines de studios à Paris ont fermé en quelques années. Ils ne sont pas morts à cause de la technologie, ils sont morts parce qu’ils n’ont pas voulu écouter ce qui se passait réellement. L’ÉMERGENCE DE L’URGENCE DOUCE Mais au milieu de ce gâchis, j’ai vu une petite bande de gens agir différemment. Ces personnes-là n’étaient pas dans la panique, elles étaient dans quelque chose de différent : une urgence qui venait de l’intérieur, pas de la peur. Je me souviens d’un typographe, un ancien, un vrai pro. Il aurait pu être le premier à râler. Au lieu de ça, il s’est assis devant un Mac. Il regardait ce petit écran avec une vraie curiosité. Il m’a dit : « Éric, l’outil est moche, la qualité est moyenne, mais le logiciel ne sait pas ce qu’est une belle page. Il ne sait pas comment faire respirer un texte. Si je lui donne mon expérience, cet outil devient une machine redoutable. » Ce gars-là avait tout compris. Il n’a pas lâché son expertise, il a juste lâché ses vieux outils. Il a compris que sa vraie valeur n’était pas de manipuler du métal, mais d’avoir un regard, une intention, une capacité à organiser l’espace. En acceptant de redevenir un débutant sur l’ordinateur, il est devenu le patron du studio. Il a mélangé son savoir à la puissance de la machine. Pour les chefs d’entreprise, c’était la même chose. Ceux qui ont survécu sont ceux qui ont eu le cran de dire : « Mes machines ne valent plus rien, mon organisation est morte, mais ma boîte a une âme, une culture que les autres n’ont pas encore. On va changer de cap. » Ils n’ont pas attendu de tout maîtriser pour bouger. Ils ont senti cette petite voix intérieure qui disait que le vrai danger, c’était de ne rien faire. LE CHAOS COMME RÉVÉLATEUR Pourquoi est-ce que je te raconte ça aujourd’hui ? Parce que nous sommes exactement au même endroit. Le chaos qu’on vit aujourd’hui (l’IA qui change tout, les équipes qui cherchent du sens, l’instabilité permanente) n’est pas un problème pour ton leadership. C’est le moment idéal. Quand tout va bien, c’est facile de tricher. On se cache derrière des chiffres, des titres de poste, des habitudes. On peut faire semblant d’être un leader parce que le vent nous pousse. Mais quand tout bascule, tu ne peux plus te cacher derrière la technique ou les diplômes. C’est là que ton vrai moi sort du bois. Pas celui qui sait tout, pas celui qui fait le héros, mais celui qui est juste. Celui qui regarde la situation en face et qui dit : « Je ne sais pas encore comment on va faire exactement, mais je sais où on va. » L’urgence douce, c’est cette envie d’agir qui ne vient pas de la peur, mais d’une nécessité intérieure. C’est le moment où tu comprends que tu ne disparais pas, tu es entrain de te transformer. Et pour ça, tu dois accepter de laisser tomber une vieille image de toi (celle qui se rassurait avec du contrôle) pour devenir celui qui dirige avec son cœur et sa vision. CE QUE LE TYPOGRAPHE A PRODUIT AUTOUR DE LUI Ce qui m’a frappé avec ce typographe, ce n’est pas seulement ce qu’il a fait pour lui. C’est ce qu’il a produit autour de lui. Dans les jours, les semaines, les mois qui ont suivi, j’ai vu quelque chose de bizarre se passer dans le studio. Des jeunes ont commencé à venir lui poser des questions. Pas parce qu’il était le chef, pas parce qu’on leur avait demandé. Parce qu’il dégageait quelque chose qu’ils ne savaient pas nommer. Une espèce de calme dans le mouvement. Il apprenait vite, il se trompait, il recommençait, et il n’avait pas l’air d’en souffrir. Pour eux, habitués à voir les anciens soit se braquer soit s’effacer, c’était un troisième chemin qu’ils n’avaient jamais vu. Et les clients ont senti la différence aussi. Pas dans la technique, pas encore. Dans l’énergie. Quand tu appelles un studio où les gens ont peur de demain, ça se sent. Quand tu appelles un studio où quelqu’un a décidé d’habiter le changement plutôt que de le subir, ça se sent aussi. Ce typographe n’avait pas encore les compétences complètes sur le logiciel. Mais il avait quelque chose que le logiciel ne donnait pas : un regard formé par des années de métier, mis au service d’un outil nouveau. C’était dévastateur de puissance. Il ne cherchait pas à montrer l’exemple. Il n’avait pas de discours sur le changement. Il avait juste senti quelque chose en lui qui disait que c’était le moment, et il avait agi depuis cet endroit. C’est ça, l’urgence douce. Ce n’est pas l’urgence de la pression ou de la survie. C’est l’urgence de celui qui sent que c’est maintenant de devenir ce qu’il a toujours su qu’il était. Pas demain quand ce sera plus calme. Pas après la prochaine levée de fonds. Maintenant, dans le bruit, dans l’inconfort, dans l’imparfait. LA QUESTION QUE JE TE LAISSE On arrive à la fin de notre échange. J’aimerais que tu sois honnête avec toi-même. Dans ton boulot, dans ta boîte, c’est quoi ce truc auquel tu t’accroches parce que tu as peur du vide ? Une habitude, une certitude, un rôle que tu joues alors que tu sens bien que c’est fini ? Et surtout : c’est quoi ta signature à toi ? Ce truc que personne (ni une machine, ni un concurrent, ni un jeune loup) ne pourra jamais copier ? Ton regard unique sur ton métier ? Prends le temps d’y réfléchir Si ça te gratte un peu, c’est que c’est le moment. C’est peut-être cette urgence douce qui te fait signe. CONCLUSION Si cette histoire de studio et de pixels a fait écho à quelque chose en toi, si tu sens que ton armure devient trop serrée, si tu as l’impression de t’acharner sur des méthodes qui ne marchent plus, le Quiz Authentik est là pour toi. C’est un miroir simple pour comprendre où tu bloques et comment retrouver de l’air. Tu trouveras le lien juste dessous. Prends soin de toi. Et surtout, prends soin de l’homme sous le costume. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

    10 min
  8. 20 avr.

    Qui es-tu quand le jeu s'arrête ?

    * On nous a appris à gagner la partie, mais pas à apprécier celui qui tient la manette. * Une mauvaise porte n’est pas un échec, c’est l’expérience qui s’accumule. * Si on t’enlevait tout ce que tu as construit, que resterait-il de toi ? * Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Alain m’a envoyé une question l’autre jour qui m’a scotché. C’est le genre de truc qui me trotte dans la tête pendant mes marches quotidiennes. Il m’a demandé : « Serais-tu encore quelqu’un si on t’enlevait tout ce que tu as construit ? » Quand tu es entrepreneur, tu penses à tes réussites, tes boîtes, ton parcours, les obstacles que tu as franchis. C’est normal, c’est ton armure. Mais si on gratte un peu, si on enlève le vernis, on se rend compte qu’on a souvent confondu “qui on est” avec “ce qu’on fait”. On a fusionné avec notre fiche de poste. LE VÉCU : LA MAUVAISE PORTE On vit dans une culture, surtout en France, où l’échec est vécu comme une tache indélébile. Si tu te trompes, si ton projet s’arrête, si ton chiffre d’affaires ne progresse plus comme prévu, on a l’impression que c’est “Game Over”. On te regarde comme si tu avais perdu ta valeur d’homme en perdant tes chiffres. Le jeu est fini, tu as échoué, circulez. Mais avec le recul, j’ai compris quelque chose de fondamental. Le business, c’est exactement comme un jeu vidéo. Imagine. Tu es devant ta console. Tu explores un niveau. Si tu ouvres une porte et que c’est un cul-de-sac, ou pire, qu’il y a un piège derrière, est-ce que tu arrêtes de jouer définitivement ? Est-ce que tu te considères comme un nul ? Non. Tu as juste appris que cette porte, là n’était pas la bonne. Tu gagnes en expérience. Tu as acquis une donnée que les autres n’ont pas. Ici, aux États-Unis, cette expérience est valorisée. On sait que si tu as déjà ouvert trois mauvaises portes, tu es beaucoup plus précieux que celui qui n’a jamais osé toucher à une poignée. Paradoxalement, c’est cette connaissance du terrain, cette collection de mauvaises portes ouvertes, qui donne confiance aux gens autour de toi. Ils ne te suivent pas parce que tu es parfait ou parce que tu as un score de 100%. Ils te suivent parce que tu es celui qui sait quelles portes ne plus ouvrir. Tu as éliminé les erreurs possibles par la pratique. Le vrai problème, ce n’est pas de se tromper de porte. Le problème, c’est quand on s’identifie tellement au jeu qu’on oublie qu’on est le joueur derrière la manette. On passe notre temps dans le “faire”, dans l’urgence, dans l’action pure. On veut que les équipes soient à fond, on veut que les résultats tombent immédiatement. On est dans une sorte de transe de productivité. Et dans cette transe, on finit par oublier de poser la manette deux minutes pour se demander : “Et moi, dans tout ça, je suis où ? Est-ce que j’existe encore en dehors de la partie en cours ?” L’ANALYSE : L’HARMONIE ET L’OXYGÈNE C’est là que notre vision avec Alain intervient. Diriger une boîte, porter un projet, ce n’est pas une science froide. C’est un peu comme préparer un grand repas pour des gens que tu apprécies. On s’en fout du geste technique pur. On n’est pas là pour faire une démonstration de découpe ou pour épater la galerie avec des gadgets de cuisine. Ce qui compte réellement, c’est l’adéquation. C’est cette capacité à combiner les ingrédients : tes talents, ceux de tes collaborateurs, ton marché, tes propres valeurs, pour créer quelque chose qui a du goût. Quelque chose qui a une âme. Le but ultime, c’est le plaisir de tes convives. Que ce soit ton équipe qui s’épanouit dans le travail ou tes clients qui trouvent une solution à leurs problèmes. Il y a des bases, des recettes traditionnelles qu’il faut maîtriser, bien sûr. On ne réinvente pas la roue à chaque service. Mais la vraie magie, la “justesse”, elle se joue dans la créativité et dans l’instant présent. Est-ce que l’assaisonnement est bon aujourd’hui, avec les produits que j’ai maintenant ? Pour trouver cette justesse, il faut faire de la place. Il faut du vide. Moi, si vous suivez ce podcast, vous le savez, c’est la marche qui me permet de faire le vide. Je pars marcher 2 heures, parfois plus. Au début, ton esprit est encore dans le jeu vidéo. Tu penses à tes mails, à tes conflits, à tes stratégies. Et puis, au bout de quelques temps, le corps commence à fatiguer. C’est là que le miracle opère. Quand le physique lâche un peu prise, le cerveau s’oxygène enfin différemment. Le bourdonnement du “faire” s’estompe. C’est dans ce silence, que les graines que j’ai plantées, ces idées que j’ai lues, mes discussions avec Alain, ces observations commencent enfin à germer. Les concepts les plus innovants, les solutions aux problèmes les plus complexes, ils n’apparaissent jamais devant un tableau Excel ou en réunion de crise. Ils arrivent quand je marche, quand je suis disponible, quand je ne suis plus en train de forcer. Ils arrivent quand j’accepte de n’être qu’un marcheur. LE POINT DE BASCULE La question d’Alain te ramène brutalement à cet essentiel : si demain on débranche la console. Si on éteint les fourneaux. Si on enlève le titre sur la porte, le chiffre d’affaires, les responsabilités et le regard des autres. Qu’est-ce qu’il reste de toi ? Si tu te sens vide, si tu as l’impression de disparaître dès que tu ne produis rien, c’est le signe que tu es devenu l’esclave de ton propre système. Tu n’es plus le chef qui assemble les goûts avec plaisir, tu es devenu un ingrédient de plus, broyé dans la machine. Tu n’es plus le joueur, tu es devenu un pixel dans le décor du jeu. La vraie puissance, celle qui dure et qui ne s’épuise pas, c’est quand tu es capable d’être “juste” dans ce que tu es, sans avoir besoin de l’étiquette du boss pour te sentir légitime. C’est là que tu deviens réellement magnétique pour les autres. Pourquoi ? Parce que les gens sentent la différence. Ils ne suivent plus un résultat ou un titre, ils suivent une présence. Ils suivent quelqu’un qui est ancré, qui sait qui il est même quand tout s’arrête. LA QUESTION POUR TOI Alors, je te laisse avec cette interrogation pour ta semaine. Si demain le jeu s’arrête brutalement. Si le rideau tombe. Est-ce que tu as cultivé assez de choses à l’intérieur, de la curiosité, de la paix, de la justesse, pour ne pas avoir peur du silence qui suit la fin de la partie ? Est-ce que tu as assez d’amour pour le gars qui reste assis tout seul dans le fauteuil ? Si tu sens que tu as passé les dernières années à ouvrir des portes frénétiquement sans jamais te demander qui était le vrai toi qui tenait la manette, il est peut-être temps de faire une pause. Pas une pause de vacances pour repartir de plus belle dans la même course, mais une pause de “regard”. C’est tout l’enjeu de ce qu’on construit avec Alain. Apprendre à voir le terrain tel qu’il est, sans le masque du succès ou de l’échec. C’est ce qu’on appelle entamer la Traversée. On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Prends soin de ton souffle. Prends soin de l’homme derrière le joueur. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt. L’EXPÉRIENCE DU MIROIR Si cette question, qui es-tu quand le jeu s’arrête ? , crée un silence inconfortable ou une résonance particulière en toi, nous avons conçu avec Alain le Quiz Authentik. Ce n’est pas un outil pour mesurer ton score ou ta réussite sociale. C’est un miroir posé sur ta manette. Il est là pour t’aider à voir si tu es devenu un simple pixel dans ton propre décor, et si tu es prêt à redevenir le joueur souverain de ta propre vie. C’est le premier pas pour nommer ce que tu portes et enfin alléger la partie. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

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À propos

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût. À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. cestalainquimadit.substack.com