Les blogues de Mon Credo

Mon Credo

Mon Credo est une plateforme accueillante et inclusive qui te permet d’explorer une foule de sujets en matière de foi et de spiritualité chrétiennes. Ici, on explore, on découvre, on discute, on échange et on fait des rencontres surprenantes… dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans nos blogues, nous abordons des enjeux contemporains depuis le point de vue de la foi et de la spiritualité. Quand les expériences de la vie suscitent la discussion et éveillent la réflexion, Mon Credo offre une perspective unique sur les choses. Découvre comment notre foi peut guider notre compréhension du monde qui nous entoure.

  1. 9 sept.

    Séphora – la femme étrangère

    Séphora – la femme étrangère Nous connaissons peu de chose sur Séphora, l’épouse de Moïse. Pourtant, cette femme étrangère a joué un rôle important dans le Salut du peuple de Dieu.   Plus qu’une bannière commerciale Connaissez-vous Séphora? Évidemment oui, si vous pensez à la marque largement mondialisée de produits de beauté et de cosmétiques. Une firme française avait acquis une filiale britannique du groupe Boots qu’elle a considérablement développée, mais en gardant son nom d’origine, celui de la femme de Moïse, figure centrale de l’Ancien Testament. Ce choix traduit peut-être une plus grande familiarité avec l’univers biblique chez nos voisins britanniques que ne partagent pas spécialement les Français et les Québécois.   Une étrangère discrète dans le récit biblique Le personnage de Séphora, transcrit également de l’hébreu en Tsipora, est l’exemple même de pépite biblique. Objectivement, nous avons toutes les raisons de ne pas la connaître, car elle n’est citée nommément que trois fois dans l’Ancien Testament, exclusivement dans le livre de l’Exode (chapitre 4), à quoi s’ajoute une mention énigmatique dans le livre des Nombres qui la désignerait comme Kouchite, autrement dit noire. Séphora est l’une des sept filles de Jéthro. Elle est issue d’un peuple nomade madianite et païen, auprès duquel Moïse trouve refuge après avoir tué un Égyptien qui maltraitait un Hébreu au deuxième chapitre du livre de l’Exode. L’identité du « sauvé des eaux », adopté par la fille du Pharaon, est alors partagée entre son statut privilégié et sa solidarité envers son peuple asservi. La rencontre de Moïse avec Séphora se fait autour d’un puits, où il la défend avec ses sœurs contre des bergers agressifs. Les jeunes filles vantent le courage et le savoir-faire de Moïse auprès de leur père qui décide de donner à Moïse Séphora comme épouse. Le couple aura deux fils: Gershom et Eliezer.   Séphora sauve son époux C’est plus tard que Séphora sort de ce rôle pour le moins passif en accompagnant Moïse dans sa mission divine de libération du peuple hébreu. Moïse retourne en Égypte avec femme et enfants, en vue d’un affrontement avec le pharaon. En chemin, il est mystérieusement agressé par le Seigneur (pour l’éprouver?) et c’est Séphora qui lui sauve la mise en prenant l’initiative de circoncire leur fils Gershom avec un silex. Elle asperge de sang les pieds de Moïse dans un geste rituel de protection qui n’a pas grand-chose à voir avec la circoncision juive prescrite par la Torah. Moïse est sauvé et peut avec son frère Aaron accomplir sa mission. C’est tout. L’autre passage en Exode 18, 2-5 mentionnant Séphora la montre à nouveau dans un rôle passif, renvoyée chez son père par Moïse sans que l’on sache pourquoi.   Une étrangère qui adopte la foi monothéiste Ce sont donc seulement deux versets laconiques (Exode 4, 25-26) qui révèlent toute la personnalité de Séphora: celle d’une femme qui exécute de sa propre initiative un geste exclusivement masculin – la circoncision – en reliant un rite païen au judaïsme en formation. Séphora rejoint ainsi la cohorte de ces femmes étrangères, mais vivantes à la périphérie du peuple juif – Rahab, Ruth, plus tard la Syro-Phénicienne qui fit la leçon au Christ – et qui adoptèrent la foi monothéiste, avec ce que cela supposait de transgression par rapport à leur milieu d’origine.   La femme étrangère qui contribue au Salut Le geste de Séphora pour son mari Moïse a ouvert modestement, mais de façon décisive la voie de la libération des Hébreux d’Égypte. Le Salut d’Israël peut donc venir de franges croyantes inattendues, où les femmes prennent toute leur place. Puisse cette histoire retentir encore aujourd’hui dans le désert que parcoururent Moïse et Séphora.

    Séphora – la femme étrangère
  2. 2 sept.

    Les croyances religieuses

    Les croyances religieuses   Entre vous pis moi pis la boîte à bois, en avez-vous marre parfois d’entendre toutes ces critiques à l’égard des croyances religieuses? Une croyance en Dieu.e rime-t-elle avec imbécilité? Ne dit-on pas que la religion constitue l’un des sujets à proscrire lors des rencontres du temps des fêtes ? Tabou la religion, lorsqu’abordée autour du duo dinde-bûche de Noël? Le secret ne réside-t-il pas dans le fait de saupoudrer le tout de respect, mais aussi d’intelligence? Mais comment sortir indemne d’une conversation axée sur les religions lorsqu’on a la réputation d’avoir une intelligence inférieure à celle des athées? Vous avez bien lu! Eh oui, il paraîtrait que les personnes croyantes sont moins brillantes que la moyenne des ours. Avez-vous entendu parler de cette étude, menée par des chercheurs de l’université de Rochester aux États-Unis, qui soutenait que « les gens religieux sont en moyenne moins intelligents que les athées »? En 2013, cette découverte a probablement déstabilisé plus d’une punaise de sacristie comme on nous qualifie parfois. Rien pour nous remonter le moral en cette période où les religions croulent sous une pluie de tomates un peu partout sur la planète. Attardons-nous quand même à l’une des raisons avancées qui se résument comme ceci : « les gens qui brillent aux tests de QI tendent à penser de façon analytique plutôt qu’intuitive. » Concédons tout de même que la Croyance avec un « c » majuscule relève davantage du subjectivisme que de l’objectivisme. Est-ce que la croyance implique la conversion des autres? En plus de ne pas être des lumières, on nous reproche de vouloir convertir à tout prix les gens qui ne partagent point nos convictions spirituelles. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, l’histoire de ce « clan dominant », composé en majorité de personnes d’origine maghrébine, soupçonné d’avoir voulu imposer ses valeurs islamiques dans une école de Côte-des-Neiges se trouve peut-être dans un état neuro-végétatif … mais pas létal! On cite l’affaire Bedford comme preuve qu’un trop plein d’amour pour une divinité figurant comme moteur d’une religion monothéiste peut mener aux pires excès. Dans Le Devoir daté du 29 octobre, on pouvait même lire que, selon François Legault : « Toutes les sociétés aujourd’hui courent le risque qu’il y ait des concepts religieux islamistes dans nos écoles ». La laïcité du système scolaire québécois est-elle sérieusement menacée? L‘allergie à toutes les croyances Quand ce n’est pas le hidjab qui est pointé du doigt, c’est la kippa. La communauté juive hassidique y goûte quand il est question d’intolérance. Outremont, ma chère, en sait quelque chose! Débats sur l’aménagement des synagogues, querelles de clocher portant sur le partage de l’espace public, là aussi manque de respect envers le programme pédagogique québécois et, évidemment, le refus d’intégration! Avez-vous vu le film Outremont et les Hassidim? En avril 2020, dans un article du 7 JOURS consacré à ce documentaire, on disait de Philipe Tomlinson, alors maire de l’arrondissement, qu’il « comprenait que les Québécois sont allergiques à la religion depuis la Révolution tranquille … » Est-ce vrai? Euh, peut-être que oui … La différence entre croyance et l’intégrisme Le fondamentalisme n’est-il pas le véritable coupable plutôt que la religion elle-même? L’intégrisme peut s’exercer de diverses façons. Par exemple, les Afghanes qui ont vu leurs droits disparaître un à un depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021 en auraient long à nous raconter. Malheureusement, elles sont désormais réduites au silence dans l’espace public. Parfois supplices de la goutte d’eau, tantôt explosions d’hémoglobine comme en témoignent les guerres de religion, le massacre de la Saint-Barthélemy, les attentats du 11 septembre 2001, « Je suis Charlie », le Bataclan à Paris pour ne nommer que ces tragédies. Confesser que l’intégrisme religieux peut être nocif, c’est montrer que nous ne portons pas des œillères.  Soit tout le contraire du fondamentalisme! L’évolution qu’on appelle ça! Darwin, sors de ce corps!

    Les croyances religieuses
  3. 26 août

    Le racisme

    Le racisme Le racisme est un phénomène qui fait l’actualité dans nos sociétés depuis toujours. Il peut être visible, subtile, systémique, voir endémique. Bref, c’est un phénomène social qui sévit constamment. Qu’est-ce que le racisme? Le racisme se définit comme toute attitude qui consiste à considérer la personne comme étant une ‘’catégorie’’ et non comme un individu unique. Il a pris naissance à travers le temps dans des manifestations idéologiques, politiques, religieuses, discursives; dans des pratiques d’exclusions et de discrimination réservée à une minorité. Le racisme est un tueur silencieux sous des formes et à des degrés divers, une plaie pour l’humanité et depuis des millénaires. Une réalité quotidienne pour beaucoup Beaucoup d’immigrants, de différentes origines doivent faire face à des situations de racisme, pour certaines plus difficiles que d’autres. Des cas de racisme systémique et de profilage racial sont rapportés dans tous les médias sociaux. Des centaines de cas sont rapportés presque tous les jours dans les écoles, au travail et dans presque toutes les institutions publiques ou sociales. Un ami m’a dit un jour que son patron lui avait conseillé de travailler dans un poste de nuit que de jour s’il voulait garder son travail car le personnel de jour ne l’appréciait pas. Cela se passait dans un établissement de soin. Il était la seule minorité visible dans le personnel à l’époque. Les effets sur les personnes Le racisme freine la participation sociale, économique et culturelle de l’individu, du groupe ethnique, ou toute autre forme de la communauté de personnes qui le subissent. Vivre du racisme au quotidien peut entraîner des impacts négatifs sur la santé, le niveau de vie et le bien-être spirituel des personnes qui en sont les victimes. Le racisme et l’Église Le racisme se retrouve également dans l’Église et c’est très regrettable. Des cas ont été rapportés dans toutes les Églises chrétiennes en Amérique du Nord. Cependant, l’Église Unie du Canada prend des mesures concrètes (comme l’adoption d’une politique pour contrer le racisme à l’intérieur de l’Église) pour que de telles actes ne se répètent plus. L’inspiration de la Bible Dans une conversation avec une amie, elle m’a dit avec preuve biblique que la Bible justifie le racisme. C’est une grosse erreur. Je crois à une mauvaise interprétation que les gens font en abordant de telles approches. La Bible parle des cas de racisme parce qu’elle parle de notre humanité et que le racisme est une manifestation négative dans l’action des humains. Certains passages bibliques existent non pour justifier le racisme mais pour rapporter des faits. Les lectures doivent être comprises selon le contexte historique de chaque cas où une forme de manifestation ou tendance à caractère raciste peut se faire sentir. Par exemple, à leur retour au pays, les exilés à Babylone avaient perdu leur identité et ils ont été mal accueillis à Jérusalem.   Dans le livre de Ruth, on raconte comment une Moabite est entrée, grâce à la générosité de sa belle-mère, en Israël tandis que Moab était un peuple rejeté par les Israélites. Nous voyons par la suite que la généalogie de David est remontée à travers cette moabite. Les Samaritains étaient mal vus par le peuple hébraïque, car ils les considéraient comme des mauvais croyants. Mais l’évangile selon Jean mentionne la femme samaritaine comme étant la personne avec qui Jésus a eu une grande conversation sur la nature spirituelle de Dieu. On parle aussi du bon Samaritain pour sa bonne action. Il y a de nombreux cas dans l’histoire biblique où le raciste des gens entraient en jeux mais que la tendance avait été condamnée. Les Romains étaient détestés par les Israélites parce qu’ils occupaient leur terre. Pourtant, un centurion romain a trouvé une faveur de guérison. L’Apôtre Paul avait jeté les premières bases de son enseignement qui interdisait toute forme de raciste. Dans un verset il dit :  ‘’Il n’y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a plus ni esclave, ni homme libre; il n’y a plus ni homme, ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ’’ (Galates 3, 28). Appel à combattre le racisme Nous devons combattre toute forme de racisme en dénonçant sa manifestation aussi subtile que soit-il dans nos communautés de foi. C’est un travail assez complexe et difficile car nous avons affaire à des systèmes de pensées en interaction dans une société qui maintiennent le racisme en place. Pensons différemment à la lumière de l’évangile qui nous enseigne qu’il n’y a qu’une seule race humaine sur la planète dans des différentes ethnies avec pour les mêmes caractéristiques, crées à l’image de Dieu. Faisons la différence dans nos bonnes actions en aimant Dieu et nos prochains.  Soyez bon et plein de compassion les uns envers les autres.

    Le racisme
  4. 19 août

    L’instrumentalisation de la religion pour la politique

    L’instrumentalisation de la religion pour la politique Un blogue de Martine Lacroix.   Nous vivons dans un monde où les grandes religions du monde sont objet d'instrumentalisation par des personnes puissantes pour promouvoir leurs agendas politiques.   God et Donald Depuis le 20 janvier, l’univers est sans dessus dessous. Jour et nuit, notre voisin du Sud au teint orangé hante nos esprits. Si extraterrestres il y a, nul doute que les soucoupes volantes vont s’abstenir de nous rendre visite au cours des prochains mois en raison du chaos régnant. L’instrumentalisation du christianisme aux États-Unis Selon l’occupant du Bureau ovale, God l’aurait sauvé des attentats dont il a été victime afin qu’il rende sa grandeur à l’Amérique. Dieu.e, dis-moi, as-tu aussi suggéré au président étatsunien de persécuter tous ces gens en exil qui voient en la bannière étoilée un eldorado? De réduire dramatiquement les chances des femmes de disposer de leur corps en toute liberté? Et de mettre en lambeaux le drapeau rose, bleu et blanc auquel s’identifie la communauté transgenre? Les propos de Donald Trump quant aux tentatives d’assassinat perpétrées à son endroit ne sont-ils point des exemples flagrants d’instrumentalisation de la religion à des fins politiques? Est-ce que le christianisme constitue l’unique religion monothéiste à être actuellement détournée de son rôle principal? Malheureusement non. La religion utilisée contre les femmes Le 9 mars, lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, j’ai lu un texte que j’avais composé lors d’un culte célébré à l’Église unie Saint-Jean à Montréal. En voici un extrait : « Privées de sortir!    Privées de s’instruire!    Privées de parler!     Privées de vivre! Suis-je la seule ici à avoir honte de l’indifférence de l’Occident quant au calvaire qu’endurent nos sœurs afghanes? Dans combien de pays les femmes font-elles figure de martyres en raison de principes religieux de pacotille? » Une instrumentalisation de la religion aux retombées négatives Force est d’admettre que l’instrumentalisation d’une puissance divine se fait avant tout à des fins négatives plutôt que positives. Nous le rappelle d’ailleurs la Journée internationale de commémoration des personnes victimes des violences en raison de leur religion ou de leurs convictions, événement institué en 2019 par l’ONU. Le 22 août prochain, va-t-on s’en souvenir? Une instrumentalisation par la politique qui ne date pas d’hier L’alliage religion-politique, une nouvelle tendance mode telle la casquette MAGA de Donald Trump ou encore la tenue militaire de Volodymyr  Zelensky? Non! Depuis des lunes, défilent sur les podiums politiques de tous les continents des personnes démocratiquement élues ou non qui se drapent dans la griffe de Dieu.e, de Mahomet ou encore celle de Yahvé. Leurs plans afin de parvenir à leurs fins s’avèrent parfois aussi créatifs que ceux des cerveaux à l’origine de ces collections qui font saliver les fashionistas. Bien avant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, dans ce pays où la personne qui assume la présidence doit demander à Dieu.e de lui venir en aide, les États-Unis ont connu d’autres amalgames de ce genre. Songeons entre autres à la Peur rouge répandue par le sénateur McCarthy dans les années 50. Son obsession? Les communistes! Bien sûr, on se doit de tenir compte du contexte établi par la guerre froide. Est-il cependant permis d’avancer un autre motif qui justifiait la rogne de la classe politique de Washington à l’égard des disciples de Karl Marx? C’est que, selon le révolutionnaire allemand, « la religion est l’opium du peuple. » Ouf! Peu importe ce qu’on pense des déclarations irreligieuses, n’oublions pas que la liberté d’expression est vitale en démocratie. On ne se surprendra pas du fait que les rouges n’étaient pas non plus en odeur de sainteté, oups, auprès de Jean-Paul II qui a dirigé le plus petit État du monde de 1978 à 2005. N’aurait-il pas contribué à bouter les communistes hors de sa Pologne natale ? Notons toutefois qu’a existé le communisme chrétien. Peut-on qualifier ce phénomène de marginal? Guerres de religion, chasses aux sorcières, pogroms et tutti quanti ont causé des lésions permanentes à l’humanité. A-t-on appris de nos erreurs? Une instrumentalisation qui dérange les personnes religieuses ou non « Si quelqu’un s’oppose à cette union qu’il parle maintenant ou se taise à jamais », vous avez certainement entendu cette phrase quelque part. En ce qui a trait au mariage religion-politique, plusieurs s’indignent en qualifiant cet hyménée de contre nature. Et ces voix ne fusent pas toutes du camp des impies comme l’on serait porté à le croire. Croyante et pratiquante, j’ai poussé des hourras lorsque le crucifix s’est vu expulsé du Salon bleu de l’Assemblée nationale de Québec et relocalisé ailleurs dans l’édifice. Dieu.e, icône de sagesse, comprend de toute évidence que si intéressant soit son profil sur les sites de rencontres, il ne peut séduire tout le monde. Quant aux prières prononcées oralement lors de certaines assemblées municipales, les cris de protestation afin de les abolir m’ont toujours paru tout à fait appropriés. Si on répond « oui je le veux » à la laïcité d’un État, n’est-il pas logique de rejeter même un simple flirt entre la spiritualité et la politique? Se servir de la religion pour promouvoir des projets politiques qui n’ont souvent rien d’angélique, cela ne se résume-t-il point à traiter Dieu.e comme une banale marionnette de ventriloque?

    L’instrumentalisation de la religion pour la politique
  5. 12 août

    Une société de plus en plus laïque

    Une société de plus en plus laïque. Un blogue de Marie-Sylvenie Cheri. Notre société a délaissé le religieux pour adopter un modèle plus laïc. Comment l’Église devrait-elle réagir devant cette réalité? Est-ce qu’une société sans religion est synonyme d’échec?  Qu’est-ce que la laïcité? Elle consiste en effet en une compréhension progressive, en Occident, du retrait du divin non seulement des affaires humaines, mais aussi de la nature. Le monde a ainsi pris de plus en plus une consistance propre, consacrant, entre autres, l’autonomie du politique et de la science par rapport à Dieu. Celui-ci n’est plus le fondement de la société. La nature n’est plus soumise au divin. L’Église devant la laïcité Quelle devrait être la réaction de l’Église? Elle fait le constat. Elle reconnait ces changements. Mais cela ne veut pas dire qu’en étant conscient des faits signifie pour autant l’abandon de la transmission de la foi. Être conscient des faits en ce sens signifie que reconnaitre le déclin dans les communautés religieuses. Cependant, l’Église devrait prendre de nouvelles initiatives pour transmettre la foi aux jeunes générations sans s’en remettre à d’autres. L’Église devrait s’engager pleinement dans sa mission d’annoncer l’Évangile par le moyen de la créativité et de l’inventivité dans le domaine de la foi. L’Église doit reconnaitre cette nouvelle possibilité offerte à elle, qui est de redéfinir sa mission par des témoignages et en posant de bonnes actions à de nouvelles manières de faire. Elle doit s’ouvrir à de nouvelle voie, car il est impossible de faire marche arrière ni de regarder en arrière en reproduisant des modèles qui sont échoués et déjà connus. Témoigner dans une société laïque Nous sommes appelés, en tant que communauté chrétienne, à témoigner de la Bonne Nouvelle par nos gestes, nos paroles, notre amour du prochain tout en prenant garde à nos sens du discernement. Nous sommes l’Église, cette communauté enracinée dans la foi chrétienne et qui vit en interaction dans la société. L’une ne va pas sans l’autre. La recherche spirituelle dans notre monde laïque Ne soyez pas dans l’étonnement d’apprendre que les jeunes ont une grande soif de la quête de sens et de l’intérêt pour des questions religieuses et sur la spiritualité au sens large du terme. Transmettre la foi ne signifie pas la transmission d’une doctrine, mais elle se résume dans l’accompagnement, l’écoute et le respect de ce que les jeunes sont en train de vivre actuellement.  L’Église devrait être une Église ouverte et en dialogue avec notre société en tenant compte des préoccupations des gens, en s’engageant par des moyens concrets dans des discussions constructives, et en étant compatissant envers tout le monde sans exception. L’Église doit refléter le modèle de Jésus-Christ dans son ministère. Suivre le Christ dans un monde laïque Humilité et authenticité L’Église n’est pas là pour imposer ses points de vue, mais se concentrer par des actions concrètes et un engagement sincère. Continuer à évangéliser Répandre de la Bonne Nouvelle de façon respectueuse et inclusive en partageant le message de Jésus-Christ tout en ayant du respect pour la diversité des autres croyances et d’autres opinions. S’engager L’Église devrait réagir dans le service et la mission, c’est-à-dire s’engager à trouver des réponses et solutions aux besoins de la communauté. L’Église devrait s’adapter en explorant de nouvelles façons de se connecter avec les gens en utilisant des médias sociaux pour atteindre le monde. Quelques actions concrètes Nous pouvons contribuer au développement des programmes pouvant améliorer les compétences des personnes (jeunes, adultes et aînés) comme des programmes éducatifs, des ateliers de compétences de vie et de la santé. Nous pouvons offrir un service d’accompagnement de de soutien aux aînés, aux jeunes, aux jeunes handicapés. Nous pouvons lancer des initiatives environnementales comme un comité de nettoyage des espaces de nos institutions ou un projet d’aménagement et paysagiste. Pensez-y! Nous pouvons participer à des programmes de banques alimentaires ou autres ressources pouvant aider des personnes en précarité. Un exemple concret J’ai choisi d’aider et de visiter un enfant handicapé en lui faisant de la lecture (y compris des histoires bibliques). Ce petit ne peut pas fréquenter d’autres jeunes dans les communautés religieuses à cause de sa limitation physique. J’ai réalisé qu’en faisant cela que certains locaux de nos communautés ne sont pas adaptés pour recevoir des jeunes avec leur handicap physique. En le visitant, c’est une forme de bonne nouvelle qui va se répandre jusqu’à lui. Et toi, as-tu prévu de faire quelque chose qui contribue à la transmission de la foi chrétienne?

    Une société de plus en plus laïque
  6. 5 août

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment. Un blogue de Stéphane Godbout.   Pourquoi, Jésus, tant de divisions? Pourquoi avons de la difficulté à accueillir les personnes différentes?   Le monde que nous habitons est traversé par des lignes de fracture toujours plus visibles : tensions identitaires, rejet de l’étranger, suspicion envers ceux qui ne partagent pas nos croyances ou notre mode de vie. L’immigration est perçue comme une menace. La diversité religieuse ou culturelle, au lieu de susciter le dialogue, devient trop souvent le prétexte à la peur. Et même dans les Églises, on observe des crispations autour de ce qui est "orthodoxe", "vrai", "pur", au détriment de l’accueil. Dans ce climat troublé, une question nous habite : que ferait Jésus aujourd’hui ? Et surtout, que nous demande-t-il de faire, comme disciples ? Les Évangiles nous offrent des réponses profondes. Jésus, tout au long de son ministère, franchit les frontières visibles et invisibles, accueille les exclus, refuse de juger selon les apparences, et annonce un Royaume où l’unité ne naît pas de l’uniformité, mais de l’amour radical. À l’heure où l’intolérance gagne du terrain, l’ouverture n’est pas un luxe : c’est un impératif évangélique. Jésus, un homme qui franchit les frontières Jésus ne reste pas enfermé dans le confort de son groupe d’origine. Il ose aller à la rencontre de ceux que la société tient à distance. Sa rencontre avec la Samaritaine (Jean 4, 1-42) est emblématique : il parle avec une femme, étrangère, d’une autre religion, et lui révèle sa soif spirituelle. Il transgresse les barrières de genre, de religion et de morale, pour honorer en elle une personne à part entière. Il fait de même avec Zachée, un collecteur d’impôts méprisé par son peuple (Luc 19, 1-10). Jésus l’appelle par son nom et entre chez lui. Cela suffit pour que Zachée s’ouvre et change. Et quand il touche un lépreux (Matthieu 8, 1-4), Jésus choisit l’amour plutôt que la Loi qui interdit tout contact. Aujourd’hui encore, ces barrières existent : religieuses, sociales, culturelles, politiques. Et trop souvent, nous les reproduisons dans nos milieux chrétiens, même inconsciemment. Jésus nous enseigne autre chose : voir d’abord en l’autre une personne, un frère ou une sœur en humanité. Une tolérance active et incarnée La tolérance évangélique n’est pas un simple "vivre et laisser vivre". C’est un engagement du cœur, un refus de juger trop vite, une volonté de tendre la main. "Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés" (Matthieu 7, 1-5) : ce n’est pas un appel à relativiser tout, mais à regarder d’abord notre propre fragilité. Le regard de Jésus est toujours empreint de compassion. Rappelez-vous la femme adultère (Jean 8, 1-11). La foule veut la lapider. Jésus, sans nier sa faute, renvoie chacun à son propre cœur : "Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre." Et il conclut : "Moi non plus, je ne te condamne pas." Dans un monde où les jugements tombent rapidement – sur les personnes migrantes, musulmanes, queer, athées, ou simplement différentes – ce récit nous questionne. Quelle est notre première réaction : la pierre ou la parole qui relève ? L’appel de Jésus va plus loin encore : "Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent" (Matthieu 5, 44). L’amour évangélique ne s’arrête pas à nos cercles familiers. Il ose aimer ceux qui nous dérangent, nous menacent même, non pas par naïveté, mais par fidélité au Christ. Une vision du Royaume radicalement inclusive Les paraboles de Jésus dévoilent un Dieu qui bouscule nos logiques humaines. Dans celle du bon Samaritain (Luc 10, 25-37), le vrai "prochain" n’est pas le prêtre ni le religieux, mais l’étranger rejeté. Le Royaume de Dieu se manifeste là où l’amour franchit les murs. Dans la parabole des ouvriers de la dernière heure (Matthieu 20, 1-16), tous reçoivent le même salaire, quelle que soit leur heure d’arrivée. La justice divine n’est pas comptable, elle est gracieuse. Et dans le grand festin (Luc 14, 15-24), les invités initiaux refusent de venir. Le maître invite alors les pauvres, les boiteux, les étrangers, ceux qu’on n’invite jamais. C’est une révolution silencieuse : le Royaume appartient aux oubliés. Aujourd’hui, nos Églises sont parfois tentées de se refermer, d’accueillir "les bons croyants", "ceux qui pensent comme nous". Mais Jésus nous enseigne une hospitalité large, joyeuse, audacieuse. Le Royaume n’est pas un lieu de pureté doctrinale : c’est une table ouverte à tous et à toutes. Ce que cela change pour nous aujourd’hui Face aux crispations, aux peurs, aux discours qui désignent des ennemis partout, que faire comme chrétien·ne ? D’abord, être artisan·e de paix (Matthieu 5, 9). La paix ne se décrète pas, elle se construit dans nos gestes concrets : écouter avant de condamner, aller vers l’autre plutôt que de l’éviter, bâtir des ponts. Ensuite, oser sortir de l’entre-soi religieux. Le témoignage chrétien, ce n’est pas défendre une citadelle, mais vivre une foi incarnée, humble, courageuse. Une foi qui va vers les marges. Enfin, agir. Dans Matthieu 25 (v. 31-46), Jésus nous rappelle que le vrai critère, c’est l’amour en actes : "J’étais étranger, et vous m’avez accueilli." Chaque personne accueillie, respectée, accompagnée, c’est le Christ en personne que nous rencontrons. Et pourtant… est-ce que cela change vraiment quelque chose ? On pourrait se demander : est-ce que tout cela sert à quelque chose? Est-ce que notre accueil, notre ouverture, notre bienveillance ne tombent pas dans le vide ? Est-ce que tendre la main dans un monde dur, ce n’est pas se faire avoir? Jésus aussi a été confronté à cette question. Il a guéri, relevé, pardonné… et on l’a rejeté, trahi, crucifié. Mais il a tenu bon. Parce que chaque geste d’amour est une semence de vie. Parce que le Royaume ne vient pas par la force, mais par la fidélité silencieuse. Aujourd’hui, des gestes discrets changent des vies. Des Églises qui ouvrent leurs portes aux personnes réfugiées. Des communautés qui incluent les personnes LGBTQ+. Des croyants qui s’engagent pour la justice climatique et sociale, au nom de leur foi. Ces gestes, même invisibles aux yeux du monde, ont du poids dans le cœur de Dieu. Et si l’Évangile, justement, était ce refus d’abandonner l’espérance ? Choisir l’ouverture comme acte de foi Dans un monde qui se ferme, choisir l’ouverture est un acte de foi. Pas de faiblesse, mais de courage. Un geste prophétique, à contre-courant, enraciné dans l’Évangile. Car le Christ n’a pas cherché à être protégé. Il s’est donné. Il a ouvert ses bras jusqu’à la croix. Il a accueilli sans condition. Et il nous invite à faire de même. Que nos vies, nos Églises, nos communautés soient des lieux d’accueil et de résistance à la peur. Non pas par idéologie, mais parce que nous croyons à cet amour plus fort que la mort. "Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait" (Matthieu 25, 40).

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment
  7. 29 juil.

    Être parent aujourd'hui

    Être parent aujourd'hui Un blogue de Marie Sylvenie Cheri.   Il n’y a aucun mode d’emploi officiel dans le monde entier expliquant comme devenir parent. Être parent peut se caractériser de multiples façons.   Qu’est-ce que cela implique? En gros, être des parents assume la responsabilité de prendre soin et d’élever un ou des enfants. Cela comprend le fait de fournir des soins physiques, émotionnels, éducatifs et spirituels et aussi de transmettre des normes et des valeurs sociaux à l’enfant. Être des parents reconnaît aussi le rôle socialement construit et défini par la société et la culture dans lesquelles l’enfant grandit. Par exemple, les parents d’enfants nés en Amérique du Nord, peuvent avoir des attentes différentes selon les contextes culturels et sociaux comparativement aux enfants qui sont nés dans d’autres coins du monde. Être parents au sens le plus large C’est une responsabilité de toutes les personnes qui entretiennent un lien étroit de rapport de ‘’parents à enfants’’ avec un enfant. Ce sont nos grands-parents, nos tantes, nos oncles, nos parrains, nos marraines, et même un étranger en cas d’adoption, des foyers d’accueil, etc.  Le rôle d’être parents peuvent être exercé dans des circonstances données et ceci pour plusieurs raisons. Perspectives bibliques La Bible ne nous dicte pas comment nous devons élever nos enfants, mais il est clair dans certains passages nous trouverons des outils nécessaires pour mieux structurer leur éducation. Elle fournit plusieurs clés sur la façon dont nous devons les élever afin qu’ils grandissent selon le plan divin. Elle conseille sur l’éducation, la protection, la patience et la transmission des valeurs. Nous lisons ceci dans Proverbes 22, 6 : ‘’Éduquer un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu’’. Colossiens 3, 21 : ‘’Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants; vous risqueriez de les décourager’’. Deutéronome 4, 9 : ‘’Garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu … Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils.’’ Ces versets et tant d’autres encore nous donnent des pistes de solutions de la manière dont les parents devraient orienter leurs enfants. Il existe aussi de bons livres qui nous guident en ce sens en accord avec l’aide du Saint-Esprit dans la prière. Qu’est-ce que cela implique? En gros, être des parents assume la responsabilité de prendre soin et d’élever un ou des enfants. Cela comprend le fait de fournir des soins physiques, émotionnels, éducatifs et spirituels et aussi de transmettre des normes et des valeurs sociaux à l’enfant. Être des parents reconnaît aussi le rôle socialement construit et défini par la société et la culture dans lesquelles l’enfant grandit. Par exemple, les parents d’enfants nés en Amérique du Nord, peuvent avoir des attentes différentes selon les contextes culturels et sociaux comparativement aux enfants qui sont nés dans d’autres coins du monde. Être parents au sens le plus large C’est une responsabilité de toutes les personnes qui entretiennent un lien étroit de rapport de ‘’parents à enfants’’ avec un enfant. Ce sont nos grands-parents, nos tantes, nos oncles, nos parrains, nos marraines, et même un étranger en cas d’adoption, des foyers d’accueil, etc.  Le rôle d’être parents peuvent être exercé dans des circonstances données et ceci pour plusieurs raisons. Perspectives bibliques La Bible ne nous dicte pas comment nous devons élever nos enfants, mais il est clair dans certains passages nous trouverons des outils nécessaires pour mieux structurer leur éducation. Elle fournit plusieurs clés sur la façon dont nous devons les élever afin qu’ils grandissent selon le plan divin. Elle conseille sur l’éducation, la protection, la patience et la transmission des valeurs. Nous lisons ceci dans Proverbes 22, 6 : ‘’Éduquer un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu’’. Colossiens 3, 21 : ‘’Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants; vous risqueriez de les décourager’’. Deutéronome 4, 9 : ‘’Garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu … Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils.’’ Ces versets et tant d’autres encore nous donnent des pistes de solutions de la manière dont les parents devraient orienter leurs enfants. Il existe aussi de bons livres qui nous guident en ce sens en accord avec l’aide du Saint-Esprit dans la prière. Travailler en équipe pour ses enfants Je reporte ici ce que Jean, un collègue de travail m’a dit dans son rôle parental. De prime abord, il ne voulait pas avoir d’enfants après son mariage et ceci pour des raisons personnelles. Il trouve que le rôle parental exige trop de responsabilités. Après huit années de mariage, sa femme tombe enceinte et donne naissance à son premier garçon. Au début, il a trouvé cela difficile de gérer le sommeil du bébé. Sa femme et lui devaient trouver des solutions pour résoudre ce problème. Mais il se disait en lui-même que c’est de la responsabilité des parents de veiller sur le bébé et qu’il était de son devoir d’aider sa femme et le nouveau-né dans cette étape. Il a dit qu’être parents exige de grands sacrifices dans les soins. Mais ce rôle lui permet de comprendre l’amour inconditionnel de Dieu pour ses enfants, sa patience envers nous et toutes les bonnes choses qu’il met à notre disposition afin de vivre en harmonie à travers la création.  Prendre soin de nos progénitures c’est préparer des vies pour être des responsables à leur tour pour un monde meilleur. Quoique la tâche puisse paraître assez complexe, l’essentiel, je me sens heureux et content de pouvoir jouir du privilège d’être parent, s’exprime-t-il.  Ma compréhension d’être parents de nos jours C’est à la fois une aventure et un tourbillon d’émotions dans lesquelles se mélangent du bonheur, de la joie et en même temps une certaine inquiétude et de doutes d’un monde en changement constant. C’est la mission la plus importante de la vie quoiqu’il n’existe pas de manuel pour être le parent parfait. Ce que l’on doit savoir c’est que l’enfant n’est pas un adulte. Pour bien grandir, il a besoin d’encadrement, de limites posées pour acquérir de l’autonomie suffisante qui lui permettra de bien s’intégrer dans la société dans laquelle il grandit. Une application pour aujourd’hui Je veux être une adulte qui s’assume dans les soins, le développement et l’éducation d’un monde en accord avec l’amour de Dieu.

    Être parent aujourd'hui
  8. 22 juil.

    Le courage dans la Bible

    Le courage dans la Bible. Un blogue de Jean Loignon. Comment la Bible nous parle-t-elle de courage? Et celui de ses héros et héroïnes peut-il nous rejoindre et nous inspirer aujourd’hui?   Voyage parmi les courageux et les courageuses des Écritures Le sujet est vaste et présente une manière d’évidence. Le Premier Testament nous offre en effet une galerie extraordinaire de héros, parfois d’héroïnes (si, si…) qui jalonnent l’histoire d’Israël et de ses relations avec l’Éternel, son Dieu. Or le propre d’un héros n’est-il pas d’être courageux, de dominer sa peur et d’agir malgré le danger ou la souffrance? Et ce, alors que peu de choses ne le prédisposent à relever de tels défis? Les héros de l’Ancien Testament Prenons l’exemple de Jacob, fils d’Isaac, ce roublard invétéré qui se retrouve un jour à la veille de rencontrer Ésaü, son frère jumeau qui a toutes les raisons de lui en vouloir à mort (Genèse 32): Jacob dit sa peur, mais ne défile pas et au bord du gué du Jabboq, il trouvera la force de lutter contre un messager obscur qui lui donnera son nom définitif: Israël. Et son fils Joseph, jeté dans une citerne par ses frères, vendu comme esclave en Égypte, accusé de viol par sa maîtresse et emprisonné, mise sa vie dans sa rencontre avec le Pharaon, dont il élucide les rêves obsessionnels (Genèse 39 à 41). Plus tard, quand empire le sort des Hébreux installés en Égypte, Moïse signifie nettement au Seigneur ses incapacités avant d’accepter sa mission de libérateur et d’aller affronter le Pharaon (Exode 4, 10). Après lui, Josué semble hésiter à entrer dans la Terre promise, puisque le Seigneur doit l’exhorter: Sois fort et courageux, car c’est toi qui vas donner à ce peuple le pays que j’ai juré à ses pères de leur donner… (Josué 1, 6). Et David, tout berger qu’il est, capable de défendre son troupeau contre les lions et les ours, ne lui faut-il pas un sacré courage pour affronter Goliath, le guerrier géant et cuirassé des Philistins? Et nous pourrions rappeler la constance des Juifs persécutés à Babylone, à l’instar des trois jeunes gens jetés dans la fournaise ou de Daniel, autre interprète de visions royales jeté dans une fosse aux lions. Ce courage qui vient de Dieu Comment s’explique ce courage qui anime ces hommes (nous aborderons après le cas des femmes) du Premier Testament? Parce qu’ils s’adressent à Dieu, dans un dialogue montré comme explicite et permanent. Ils ne craignent pas de confesser leurs torts ou leurs faiblesses, Dieu leur répond et ils nouent avec lui une relation de confiance totale : c’est David qui énonce fièrement devant Goliath : Toi, tu viens à moi armé d’une épée, d’une lance et d’un javelot; moi, je viens à toi, armé du nom du Seigneur, le tout puissant, le Dieu d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui, même, le Seigneur te remettra entre mes mains, je te frapperai et je te décapiterai… (1 Samuel, 17, 46-47). Le courage des femmes dans la Bible Nous aimons ces histoires qui nous ont bercés parfois depuis l’enfance, mais pouvons-nous nous identifier à ces personnages mythologiques et compter sur cette toute-puissance que leur confère la faveur divine, une toute-puissance dont nous aurions bien besoin pour surmonter nos petites ou grandes difficultés, individuelles et collectives?  Je ne suis pas un héros, chantait Daniel Balavoine, héraut alors de toute une humanité. Il nous faut alors porter notre regard sur d’autres figures, plus discrètes, mais non moins courageuses. Je pense à ces cinq sœurs citées dans le livre des Nombres (27, 1-7): leur père est mort sans héritier mâle et la coutume va les spolier de tout héritage. Mahla, Noa, Hogla, Milka et Tirça ont le courage d’aller dénoncer cette injustice devant Moïse, qui transmet leur demande à Dieu, lequel leur donne raison… Je pense à Rahab, la prostituée de Jéricho qui trahit son peuple en accueillant et protégeant les espions hébreux, parce qu’elle adopte leur Dieu et lui fait une confiance a priori déraisonnable… Un Dieu dont elle a seulement entendu parler (Josué 2, 9-10). Je pense à la reine Esther, qui a toujours caché au roi de Perse son identité juive et qui met en jeu son amour et sa vie pour sauver son peuple d’une persécution imminente. Or, pas une seule fois le livre d’Esther ne mentionne Dieu. Le courage dans le Nouveau Testament Le Nouveau Testament ne fourmille pas de figures héroïques engagées dans des combats épiques; il est fait de personnages ancrés dans le quotidien de leur pays et de leur époque, ce qui nous les rend plus humains et peut-être plus accessibles. Des personnages qui assument leurs faiblesses et leurs contradictions, mais qui témoignent aussi de courage. Et là, nous avons une grande mixité: une femme perpétuellement impure par un dérèglement sanglant ose braver l’interdit et approcher Jésus. Elle pense ne pas avoir le droit de se présenter de face ni de lui parler seulement de toucher son vêtement dans le dos. Et son courage la guérit (Matthieu 9, 20-22). La femme cananéenne de Tyr a le courage de contredire Jésus quand il la rabroue sèchement en la renvoyant à sa condition de païenne, identifiée aux chiens qui mangent sous la table. Et Jésus reconnaît implicitement son erreur et le bien-fondé de la démarche de cette femme restée anonyme (Matthieu 15, 21-28). La Samaritaine est aussi l’exemple d’un courage particulier, de ceux ou celles qui n’ont plus rien à perdre. Elle cumule les exclusions, en tant qu’hérétique, femme et de mauvaise vie. Mais elle engage un dialogue franc avec Jésus qui la conduit à une conversion en celui qu’elle reconnaît alors comme le Christ (Jean 4, 1-42). Le courage de Jésus et de ses disciples Jésus était-il courageux? La question semble saugrenue, pour lui qui, à peine baptisé, tient tête crânement au Diable… Mais son humanité affirmée est au cœur de la relation que Dieu veut renouer avec les femmes et les hommes tels qu’ils sont. Et Jésus, s’il a affronté sereinement Pilate et le Sanhédrin, vacille dans le dur supplice de la croix. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?  Le courage humain n’est pas garanti, il ne dispense pas de la peur ou de la trahison, à l’instar de Pierre le plus fidèle disciple; mais ce courage, s’il est nourri par une foi qui peut douter et qui n’en est que plus authentique, ne disparaît jamais. L’apôtre Paul, embarqué vers Malte dans un navire en perdition où s’entassaient des passagers terrorisés, redonne courage à ces hommes et à ces femmes qui n’avaient probablement jamais entendu parler de Jésus. Il improvise une Cène, rompt le pain et tous, reprenant courage, se sont alimentés à leur tour… (Actes 27, 35-37). Comme nous?

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