TotalEnergies gagne 47 % de plus, et produit moins de pétrole. Analyse complète de l'action TotalEnergies : d'où vient cet argent, ce que vaut le titre, et ce que je surveille avant d'acheter. Épisode du 9 octobre 2026. L'histoire d'abord. En 1924, l'État fait créer la Compagnie française des pétroles sans mettre un franc dans son capital. En 1999, l'offre hostile sur Elf Aquitaine part d'un groupe dont il n'est plus actionnaire. Puis la vraie question. Elle produit moins — 2 474 milliers de barils par jour contre 2 531 — et gagne plus : 11 421 millions de dollars de bénéfice net ajusté au premier semestre, contre 7 770. Par où est passé l'argent ? Pas d'abord le pétrole sorti du sol, même s'il se vend 82,2 dollars le baril pour 5 dollars de coût. C'est le raffinage, dont la marge européenne a presque triplé : de 690 à 3 399 millions de dollars, quand l'exploration-production passe de 4 425 à 5 807. Le Brent a tourné à 92,3 dollars sur le semestre contre 71,9, quand le budget du groupe est bâti sur 60. On décrypte le multiple de bénéfice, la dette nette — 52,4 milliards dus, 27,7 en caisse, 19,7 net — et le compteur d'actions : le virage électrique a été payé en titres nouveaux, pas en liquide, avec 95 436 477 actions émises le 29 avril pour 5,1 milliards d'euros. Ormuz, le Mozambique, le jugement du 25 juin 2026 sur le plan de vigilance climatique : ce qui peut faire basculer le scénario. Et parce qu'on écoute depuis la Suisse, où acheter ce titre en francs, et ce que devient le dividende quand il traverse la frontière. Au 2 octobre, l'action clôturait à 74,46 euros à Paris, 84,40 dollars à New York, environ 69 francs. Puis mon avis, qui n'est pas un conseil. LE RATIO DU JOUR : LE RENDEMENT DES CAPITAUX EMPLOYÉS (ROACE) Ce que l'activité rapporte, divisé par l'argent qu'elle emploie. Ce n'est pas le rendement de votre action, c'est la rentabilité de l'entreprise. Sur douze mois à fin juin 2026 : 13,9 % pour le groupe, 14,5 % pour l'amont, 7,6 % pour l'électricité. Son piège : un rapport monte aussi quand le dénominateur baisse. CHAPITRES (00:00) 47 % de bénéfices en plus, et moins de pétrole produit (01:32) 1920 : la France n'a pas de compagnie pétrolière (02:15) 1924 : l'État fait créer une société, sans mettre un franc (03:48) 1999 : l'offre hostile sur Elf, et pourquoi elle est possible (04:19) Où l'argent se gagne : 8,4 milliards sur 17,8 (05:18) Le semestre 2026, un baril à 103 dollars, et Ormuz (06:29) Par où est passé l'argent : le puits, et la raffinerie (07:41) 52 milliards dus, 28 milliards en caisse (08:19) 12 fois, 8 fois, et le piège des sociétés cycliques (09:24) Le rendement des capitaux employés, et son piège (10:27) Les quatre risques, dont le Mozambique (12:12) L'électricité, et pourquoi elle rachète des centrales à gaz (13:27) Le compteur d'actions : 26 annulées, 95 créées (15:03) Paris et New York : une seule action, deux places (16:20) Acheter depuis la Suisse : la monnaie, et la retenue de 15 % (17:36) Je tranche : trop d'incertitudes aujourd'hui (19:04) Mon avis : liste de surveillance, et le pari électrique (20:25) Le résumé, et un chocolatier suisse à 79 000 francs À ÉCOUTER ENSUITE Holcim, épisode du 2 octobre 2026 : le piège du bénéfice publié. Vendredi 16 octobre 2026 : Lindt & Sprüngli, le chocolatier suisse qui vient d'abaisser sa prévision de croissance. SOURCES : résultats semestriels 2026 et 2025, présentation Stratégie et Perspectives du 28 septembre 2026, document d'enregistrement universel 2025, jugement du 25 juin 2026. La Vie en Chiffres est un podcast de bourse suisse pensé pour les débutants : une analyse d'action chaque vendredi à 9 heures, comprise à l'oreille, sans graphique ni tableau. Suivez l'émission pour ne pas manquer celle de vendredi prochain. Ce podcast n'est pas un conseil d'achat ni de vente : c'est une grille de lecture pour mieux comprendre la bourse, les entreprises, les chiffres et les risques.