CONVO avec Nicolas Ouellet

super équipe

Des tête-à-tête avec des personnes passionnantes, à l'intersection de ce qu'elles font, ce qu'elles sont et ce qu'elles pensent. CONVO est un espace de transparence et d'humanité, sans prétention, si ce n'est celle d'invoquer un brin d'optimisme à travers de bonnes conversations. Nouvel épisode chaque dimanche.

  1. 27 sept.

    Arizona O'Neill a dompté son monstre.

    Cette semaine, je reçois Arizona O’Neill qui est une autrice, une illustratrice. La version française de son premier roman graphique — qui a d’abord été publié en anglais — vient tout juste de paraitre. Ça s’appelle Opioïdes et Organes, mais l’oeuvre tout autant que la conversation qu’on a eue sont loin d’être aussi lugubres que peuvent l’évoquer ces deux mots.Les parents d’Arizona l’ont eue très jeune, à la fin de leur adolescence. Quand la mère d’Arizona — la désormais très connue autrice Heather O’Neill — est tombée enceinte, son amoureux et elle vivait dans un appartement aux airs de commune, sur la rue Saint-Denis à Montréal, avec d’autres jeunes marginaux et marginales.Avant même la naissance d’Arizona , Christopher — l’amoureux de Heather à cette époque et le père d’Arizona — consommait déjà de la drogue, dont de l’héroïne. La dépendance ne l’a jamais quitté et il est mort d’une surdose en 2015, à l’âge de 41 ans.En arrivant à l’hôpital, après la surdose de son père, Arizona a rapidement été confrontée à une prise de décision importante : accepter de donner les organes de son père, ou pas. Elle va accepter et c’est une décision qui va la hanter et la propulser dans une longue et pénible spirale de recherches, question d’essayer d’apaiser son anxiété et de faire la paix avec son choix.C’est donc le cours de toutes ces années tumultueuses qu’elle nous raconte dans Opioïdes et Organes. Cela étant dit, même si le sujet a l’air sérieux et lourd, elle en fait un récit sensible, humain, drôle et fantastique — la preuve étant les deux acolytes dont elle s’affuble tout au long du récit : le vilain lézard Izzy et le gentil monstre Frankie, inspiré du monstre de Frankenstein.Arizona, c’est une artiste jusqu’au bout des ongles, qui a choisi de transformer ses obsessions en art, pour le meilleur et pour le pire. Mais surtout, surtout le meilleur.

    Arizona O'Neill a dompté son monstre.
  2. 6 sept.

    Marc Sony Ricot a choisi de quitter son plus grand amour : son pays.

    Cette semaine, plus que jamais, on est dans la rencontre. Avec l’invité, bien sûr, mais aussi pour cet invité qui a tout quitté pour venir à la rencontre d’un ailleurs — avec ses gens et ses moeurs — pour s’y enraciner. Il raconte d’ailleurs tout ce que ça implique de banal et de spectaculaire dans ses chroniques dans La Presse. 850 mots qui sont à chaque fois redoutables d’efficacité. L’histoire de Marc Sony Ricot commence en Haïti : c’est celle d’un garçon sensible à l’art et tout spécialement à la littérature, qui s’imbibe de personnages, d’histoires et qui développe une affection toute particulière pour la langue française. Son amour de la langue de Molière va le mener au journalisme — il va travailler pendant quatre ans pour Le Nouvelliste, le plus ancien quotidien en Haïti et le plus ancien quotidien francophone des Amériques — et il va aussi lui permettre de devenir jeune ambassadeur de la francophonie. C’est justement pour ce Forum des jeunes ambassadeurs qu’il va mettre les pieds au Canada pour la première fois en 2024. Moins de six mois plus tard, après être retourné un petit moment en Haïti, il va décider de faire le grand saut et de partir vers Montréal, pour entre autres voir et vivre la ville à propos de laquelle il a tant lu dans les livres d’une certain Laferrière, Dany de son prénom. Marc Sony Ricot, c’est oui quelqu’un qui a fui une crise, mais c’est surtout quelqu’un qui est parti à l’aventure, parce que le goût de l’exil lui coule dans les veines.

    Marc Sony Ricot a choisi de quitter son plus grand amour : son pays.

À propos

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