Asili

Béatrice Diot

Asili, mot swahili qui signifie nature, origine, essence. Chaque semaine, un épisode pour explorer le vivant : la biologie, l'écologie, les mécanismes extraordinaires qui font que la vie existe, résiste et s'adapte. Une conversation curieuse et enthousiaste avec quelqu'un qui aime profondément ce dont elle parle ; avec de la rigueur scientifique, mais surtout avec émerveillement et curiosité. Parce qu'on ne protège que ce qu'on aime. Et on n'aime que ce qu'on a pris le temps de regarder.

  1. 6 oct.

    La dormance et la préparation à l'hiver

    En ce moment, autour de vous, des loirs ralentissent. Des bourgeons se referment. Des ours stockent leurs dernières réserves. Le vivant se prépare, avec une précision biologique remarquable, depuis des semaines, avant même que le froid ne soit là. Dans cet épisode d'Asili, on explore l'art du ralentissement. Pour comprendre que l'hiver n'est pas la fin de quelque chose, c'est le début de ce qui vient. Publications scientifiques : Ruf, T. & Geiser, F. (2015). Daily torpor and hibernation in birds and mammals. Biological Reviews, 90(3), 891–926. DOI : 10.1111/brv.12137Toien, O. et al. (2011). Hibernation in Black Bears: Independence of Metabolic Suppression from Body Temperature. Science, 331(6019), 906–909. DOI : 10.1126/science.1199435Jansen, H.T. et al. (2016). The bear circadian clock doesn't 'sleep' during winter dormancy. Frontiers in Zoology, 13, 42. DOI : 10.1186/s12983-016-0173-xJohnson, R.J. et al. (2025). Metabolic Flexibility: Hibernation, Torpor, and Estivation. Comprehensive Physiology. DOI : 10.1002/cphy.c230017Rinne, P.L.H. et al. (2025). Variable temperature processing by plasmodesmata regulates robust bud dormancy release. PNAS. DOI : 10.1073/pnas.2416051122Welling, A. & Palva, E.T. (2006). Molecular control of cold acclimation in trees. Physiologia Plantarum, 127(2), 167–181. DOI : 10.1111/j.1399-3054.2006.00672.xKörner, C. & Basler, D. (2010). Phenology Under Global Warming. Science, 327(5972), 1461–1462. DOI : 10.1126/science.1186473

  2. 15 sept.

    La lune et le vivant

    Chaque année, quelques nuits après la pleine lune, des milliards de coraux pondent simultanément sur la Grande Barrière de Corail. Dans une fenêtre de trente minutes. Visible depuis l'espace. Et ce n'est pas un hasard, c'est la lune qui donne le signal. Dans cet épisode d'Asili, on découvre comment un astre à 384 000 kilomètres de distance orchestre silencieusement la vie sur Terre. Pour regarder la pleine lune autrement, ce soir. Publications scientifiques : Andreatta, G. & Tessmar-Raible, K. (2022). The still dark side of the moon: molecular mechanisms of lunar-controlled rhythms and clocks. Journal of Molecular Biology, 434(12). DOI : 10.1016/j.jmb.2022.167175Tessmar-Raible, K. et al. (2023). Another place, another timer: Marine species and the rhythms of life. Annual Review of Marine Science, 15, 29–59. DOI : 10.1146/annurev-marine-021022-063233Zantke, J. et al. (2013). Circadian and Circalunar Clock Interactions in a Marine Annelid. Cell Reports, 5(1), 99–113. DOI : 10.1016/j.celrep.2013.08.031Kaniewska, P. et al. (2015). Signaling cascades and the importance of moonlight in coral broadcast mass spawning. eLife, 4, e09991. DOI : 10.7554/eLife.09991Ayalon, I. et al. (2021). Coral gametogenesis collapse under artificial light pollution. Current Biology, 31(2), 413–419. DOI : 10.1016/j.cub.2020.10.039Hedenström, A. et al. (2025). Lunar cycle and moonlight intensity influence nocturnal migration patterns in a small songbird. Scientific Reports. DOI : 10.1038/s41598-025-94617-9Zimecki, M. (2006). The lunar cycle: effects on human and animal behavior and physiology. Postepy Higieny i Medycyny Doswiadczalnej, 60, 1–7. PMID : 16407788

    La lune et le vivant
  3. 8 sept.

    Le rewilding

    Pendant des épisodes entiers, on a exploré ce que nous avons cassé dans le vivant. Aujourd'hui, on parle de ce que nous essayons de réparer et de comment le faire. Le rewilding, c'est l'idée que la nature, si on lui en redonne les conditions, sait encore ce qu'elle fait. Dans cet épisode d'Asili, on termine notre série sur les cascades trophiques sur une note d'espoir. Pour en ressortir avec l'envie d'agir. Publications scientifiques : Soulé, M.E. & Noss, R. (1998). Rewilding and biodiversity: complementary goals for continental conservation. Wild Earth, 8, 18–28.Perino, A. et al. (2019). Rewilding complex ecosystems. Science, 364(6438). DOI : 10.1126/science.aav5570Svenning, J.-C. et al. (2016). Science for a wilder Anthropocene: Synthesis and future directions for trophic rewilding research. PNAS, 113(4), 898–906. DOI : 10.1073/pnas.1502556112Pettorelli, N., Durant, S.M., du Toit, J.T. (eds.) (2019). Rewilding. Cambridge University Press. DOI : 10.1017/9781108560962Seddon, P.J. et al. (2014). Reversing defaunation: Restoring species in a changing world. Science, 345(6195), 406–412. DOI : 10.1126/science.1251818Peterken, G. & Mountford, E. (2017). Woodland Development: A Long-term Study of Monks Wood National Nature Reserve. Pelagic Publishing.Bakker, E.S. & Svenning, J.-C. (2018). Trophic rewilding: Impact on ecosystems under land use and climate change. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 373. DOI : 10.1098/rstb.2017.0432

    Le rewilding
  4. 18 août

    Les espèces keystone

    Une arche de pierre tient grâce à une seule pièce la clé de voûte. Retirez-la, et tout s'effondre. Dans le vivant, certaines espèces jouent exactement ce rôle. On les appelle les espèces keystone, et leur disparition déclenche des cascades que personne n'avait anticipées. Dans cet épisode d'Asili, on donne un nom à tout ce qu'on a exploré dans cette série. Pour en ressortir avec une vision différente du vivant. Publications scientifiques : Paine, R.T. (1966). Food web complexity and species diversity. The American Naturalist, 100(910), 65–75. DOI : 10.1086/282400Paine, R.T. (1969). A note on trophic complexity and community stability. The American Naturalist, 103(929), 91–93. DOI : 10.1086/282586Power, M.E. et al. (1996). Challenges in the quest for keystones. BioScience, 46(8), 609–620. DOI : 10.2307/1312990Estes, J.A., Terborgh, J., Brashares, J.S. et al. (2011). Trophic downgrading of planet Earth. Science, 333(6040), 301–306. DOI : 10.1126/science.1205106Harrison, R.D. (2005). Figs and the diversity of tropical rainforests. BioScience, 55(12), 1053–1064. DOI : 10.1641/0006-3568(2005)055[1053:FATDOT]2.0.CO;2Cardoso, A.W. et al. (2020). The role of forest elephants in shaping tropical forest-savanna coexistence. Ecosystems, 23, 602–616. DOI : 10.1007/s10021-019-00424-3Salomon, A.K. et al. (2010). Key features and context-dependence of fishery-induced trophic cascades. Conservation Biology, 24(2), 382–394. DOI : 10.1111/j.1523-1739.2009.01436.x

    Les espèces keystone
  5. 11 août

    Les mangroves

    Une forêt qui pousse dans l'eau salée, entre la terre et la mer. Qui abrite des espèces qu'on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre. Et qui séquestre dix fois plus de carbone par hectare que la forêt amazonienne. Dans cet épisode d'Asili, on explore l'un des écosystèmes les plus extraordinaires et les plus menacés de notre planète. Pour en ressortir émerveillés et un peu plus conscients. Publications scientifiques : Donato, D.C., Kauffman, J.B., Murdiyarso, D. et al. (2011). Mangroves among the most carbon-rich forests in the tropics. Nature Geoscience, 4, 293–297. DOI : 10.1038/ngeo1123Alongi, D.M. (2014). Carbon cycling and storage in mangrove forests. Annual Review of Marine Science, 6, 195–219. DOI : 10.1146/annurev-marine-010213-135020Kauffman, J.B. et al. (2020). The jumbo carbon footprint of a shrimp: carbon losses from mangrove deforestation. Frontiers in Ecology and the Environment, 15(4), 183–188. DOI : 10.1002/fee.1482Hamilton, S.E. & Friess, D.A. (2018). Global carbon stocks and potential emissions due to mangrove deforestation from 2000 to 2012. Nature Climate Change, 8, 240–244. DOI : 10.1038/s41558-018-0090-4Luther, D.A. & Greenberg, R. (2009). Mangroves: A Global Perspective on the Evolution and Conservation of Their Terrestrial Vertebrates. BioScience, 59(7), 602–612. DOI : 10.1525/bio.2009.59.7.11Lovelock, C.E. et al. (2024). Mangrove ecology guiding the use of mangroves as nature-based solutions. Journal of Ecology, 112(9), 1-15. DOI : 10.1111/1365-2745.14383Kumara, M.P. et al. (2023). Recovery of Mangrove Ecosystem Carbon Stocks Through Reforestation at Abandoned Shrimp Pond in Southeast Thailand. Ecosystem Health and Sustainability. DOI : 10.34133/ehs.0018

    Les mangroves
  6. 4 août

    Les loutres de mer et les forêts de kelp

    Sans elle, des forêts sous-marines entières disparaissent. Avec elle, elles prospèrent abritant des milliers d'espèces et séquestrant des millions de tonnes de carbone. Elle pèse 40 kilos et casse des oursins avec une pierre. Dans cet épisode d'Asili, on plonge dans les eaux froides du Pacifique Nord pour comprendre comment une loutre de mer peut faire la différence entre une forêt et un désert. Pour en ressortir émerveillés. Publications scientifiques : Estes, J.A. & Palmisano, J.F. (1974). Sea otters: their role in structuring nearshore communities. Science, 185(4156), 1058–1060. DOI : 10.1126/science.185.4156.1058Wilmers, C.C., Estes, J.A., Edwards, M., Laidre, K., Konar, B. (2012). Do trophic cascades affect the storage and flux of atmospheric carbon? An analysis of sea otters and kelp forests. Frontiers in Ecology and the Environment, 10(8), 409–415. DOI : 10.1890/110176Estes, J.A., Terborgh, J., Brashares, J.S. et al. (2011). Trophic downgrading of planet Earth. Science, 333(6040), 301–306. DOI : 10.1126/science.1205106Estes, J.A., Burdin, A., Doak, D.F. (2015). Sea otters, kelp forests, and the extinction of Steller's sea cow. PNAS, 113(4), 880–885. DOI : 10.1073/pnas.1502552112Estes, J.A., Tinker, M.T., Williams, T.M., Doak, D.F. (1998). Killer whale predation on sea otters linking oceanic and nearshore ecosystems. Science, 282(5388), 473–476. DOI : 10.1126/science.282.5388.473Hughes, B.B. et al. (2013). Recovery of a top predator mediates negative eutrophic effects on seagrass. PNAS, 110(38), 15313–15318. DOI : 10.1073/pnas.1302805110

    Les loutres de mer et les forêts de kelp

À propos

Asili, mot swahili qui signifie nature, origine, essence. Chaque semaine, un épisode pour explorer le vivant : la biologie, l'écologie, les mécanismes extraordinaires qui font que la vie existe, résiste et s'adapte. Une conversation curieuse et enthousiaste avec quelqu'un qui aime profondément ce dont elle parle ; avec de la rigueur scientifique, mais surtout avec émerveillement et curiosité. Parce qu'on ne protège que ce qu'on aime. Et on n'aime que ce qu'on a pris le temps de regarder.