Un matin bouquin

Un matin bouquin

Bienvenue dans ma bibliothèque ! Je m'appelle Laurence et je partage ici ma passion pour les livres, toutes littératures confondues. Pour moi, peu importent les étiquettes ou les genres : seule la force du récit compte. Du classique absolu au roman détente qui fait du bien, de la littérature française aux rivages anglo-saxons et européens, sans oublier quelques précieux détours par la littérature mondiale, je marche au coup de cœur. Et j'aime explorer tous azimuts : polars haletants, romans historiques immersifs, escapades dans la science-fiction ou le fantastique, recueils de nouvelles ou essais percutants. Au menu ? Mes chroniques spontanées, mes chocs de lecture et mes impressions sur le monde des lettres, au fil de l’eau et des envies. Parce que la lecture est avant tout une fête, je vous propose de la célébrer ensemble. Bonne écoute à tous ! 😄 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  1. -1 j

    Un été indien

    L'hôtel Nantucket, Elin Hilderbrand Un roman de plage parfaitement calibré, pour le meilleur. Nous sommes à l'hôtel Nantucket qui vient d'être luxueusement rénové par un milliardaire, Xavier Darling. Lizbet, qui sort d'une rupture amoureuse difficile, est embauchée pour en assurer la gestion sur place. Elle forte et fragile à la fois, et il est agréable de la suivre dans ses aventures. C'est elle qui est en charge de l'embauche des employés, chacun a ses blessures, ou traîne des casseroles, que l'on va découvrir peu à peu. Il y a donc un peu de mystère, mais pas trop, un soupçon de comédie sentimentale, mais pas que, et on évolue dans un cadre très luxueux, au milieu des nantis. Les gourmands ne seront pas en reste, car il y est question notamment des en-cas du chef de l'hôtel, charmant et talentueux. Et l'hôtel abrite aussi un fantôme ! Gentil, car nous sommes dans un livre détente. Il s'agit de Grace, qui a été tuée par la femme de son amant, en début de siècle dernier, qui a provoqué un incendie, puis l'a enfermée dans le grenier. Elle veut que cela se sache avant d'obtenir enfin du repos. Elin Hilderbrand connait bien Nantucket puisqu'elle y vit avec son mari et ses trois enfants. Elle parvient ici à créer une bulle romanesque très cosy, dans laquelle on se sent bien, avec une écriture qui se tient. "La reine absolue des romans de plage" New York Post "L'hôtel Nantucket vous clouera sur votre transat jusqu'à la dernière page." Today "L'hôtel Nantucket a beaucoup à offrir : de la bonne cuisine, des ragots croustillants, des secrets et des scandales, et ce petit quelque chose de spécial qu'Eli Hiderbrand nous offre roman après roman." Frace Dimanche L'invitée, Emma Cline Ici le cadre est tout aussi luxueux, nous sommes à Long Island, il y est question de villas somptueuses avec piscine, on y organise des grands barbecues et autres fêtes, la plage n'est pas loin, mais l'ambiance est tout autre, quasi angoissante. On suit Alex, qui vit chez Simon, qui fait deux fois son âge, et qui l'a invitée à passer l'été chez lui. Mais très vite, elle va connaître un impair et il va la chasser de chez lui. Elle possède en tout et pour tout son portable et quelques vêtements, et plutôt que de rentrer à New-York, elle préfère traîner dans Long Island, en espérant que Simon la récupèrera bientôt. Même si c'est un roman que j'ai beaucoup aimé, c'est mon seul petit bémol, car cela n'est pas plausible psychologiquement qu'elle espère cela, elle qui semble par ailleurs ne se faire aucune illusion quant aux relations humaines. Alex est très froide, elle ment, manipule, vole, et est toujours à la recherche d'hommes (ou à défaut d'adolescents) pour pouvoir vivre à leurs dépens. C'est ce qui va se passer lors de ces quelques jours pendant lesquels on la suit. Elle ne vit pas, elle survit, parfois à l'heure près, et est constamment dans le contrôle. Elle m'a émue car elle semble anesthésiée émotionnellement parlant, pour pouvoir rester en mode survie. Mais c'est un personnage qui a rebuté nombre de lecteurs du roman. A mon sens Emma Cline pout tout à fait s'inscrire dans la mouvance Weird women who write weird books (des femmes bizarres qui écrivent des livres bizarres). Alex est bizarrement touchante (oui, c'est mon avis !) et mystérieuse, un très bon roman ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Un été indien
  2. -4 j

    Un livre phénomène, pour le pire

    C'était ça ou mourir, une odyssée trop belle pour être vrai ? Il a fait la une dans les devantures de librairie, est passé à la Grande Librairie, a été encensé par nombre de critiques littéraires, et a fait le bonheur de ces déjà nombreux lecteurs qui vantent son style et ses qualités littéraires, en plus de parler du sujet, émouvant, celui d'un migrant qui fuit Port-au-Prince pour le Canada. le roman figurait même sur l première liste du Goncourt. Tout cela avant de tomber en disgrâce, d'abord pour soupçon de recours à l'IA (le logiciel Pangram affirme que le roman a été rédigé en grande partie par l'IA), puis par des accusations de plagiat. On a en effet découvert qu'Orélien Thelyson était un plagiaire obsessionnel, que le poème qui l'a rendu célèbre était un copié-collé de trois poèmes japonais anciens, que le récit de son enfance était mot pour mot copié sur celui que Louis Pauwels avait fait de la sienne dans un de ses livres. Communiqué de l'Académie Goncourt : "L'auteur s'est rendu coupable de plusieurs plagiats au fil du temps et qui viennent d'être révélés. Le résultat convergent de chercheurs, de journalistes dignes de foi met en évidence le fait que C'était ça ou mourir est selon toute vraisemblance le produit d'une intelligence artificielle." Fin septembre, Orélien Thelyson a écourté sa tournée promotionnelle en France pour retourner au Québec. Donc c'est un roman vanté par tous, et notamment son style, goncourable, qui défraye désormais la chronique car il est arrivé à tromper tout le monde littéraire. On parle de fin de la littérature à moyen terme. En tous les cas, il devient assez évident qu'un contrat moral est plus que jamais nécessaire entre le lecteur et l'auteur, qui doit expliquer à son public s'il utilise l'IA, à quelles fins (recherche documentaire, rédaction), dans quelles proportions, etc. Toujours est-il que c'est la fin de la carrrière d'Orélien Thelyson, qui ne se remettra pas cette polémique. Par contre, c'est à ce jour le premier roman vendu en France, les lecteurs restant curieux de se faire leur propre avis sur sa prose. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Un livre phénomène, pour le pire
  3. 8 oct.

    De l'humour so british

    Qui prend la mouche (Hamish Macbeth T1), M.C. Beaton M. C. Beaton installe ses personnages dans des endroit pittoresques qu'elle connait bien. Ici nos sommes en Ecosse dans les Highlands, les rivières sont poissonneuses, et est organisé dans le petit village de de Lochdubh un stage de pêche à la mouche, durant lequel un crime va être commis. Tous les participants sont suspectés, mais ne vous attendez pas à essayer de résoudre en mode ludique avec l'enquêteur l'énquête. L'intérêt du livre réside plus dans la galerie des personnages, et dans la personnalité d'Hamish. J'avais imaginé je ne sais pourquoi un enquêteur misanthrope caché dans sa cabane au fin fond des bois, qui renâclait à résoudre les enquêtes. en fait Hamish aime bien ses semblables, et même s'il semble parfois très nonchalant, il a une intuition hors norme, qui le sert dans son travail de policier. On fait aussi la connaissance de Priscilla, et il se dessine un duo d'enquêteurs avec ces deux-là. En bref, l'humour fonctionne à plein, tout au long du roman, n'espérez pas un chef d'oeuvre, mais cela offre un agréable moment de lecture. Pour ma part; je vais continuer la série, j'a apprécié ma lecture. Pièce montée, Margaret Kennedy Le roman initial date de 1951, c'est ici une réédition de ce début d'année. Le roman est une comédie de moeurs, drôle et sarcastique. Une comédie de moeurs est une oeuvre qui observe et critique les habitudes, les comportements et les travers d'une société, avec humour et ironie. C'est exactement le cas avec Margaret Kennedy, qui se moque beaucoup de ses personnages, mais elle le fait sans méchanceté aucune. Lucy, le personnage principal, est formidablement attachante : abandonnée devant l'autel en tout début de roman, elle préfère s'exiler plutôt que subir les regards compatissants qui lui font plus de mal que de bien. Elle s'en va en province, dans un petit bourg qui abrite sur la colline un institut culturel dans lequel elle vient enseigner. Elle va découvrir ce monde plein de prétentieux, d'ambitieux, de ridicules et autres personnages délicieusement croqués, et il faut à ce moment là bien se concentrer pour comprendre tous les tenants et aboutissants de l'intrigue. C'est là mon tout petit bémol concernant le personnage. Mais Lucy est tellement attachante qu'on l'oublie bien vite. On a un plaisir immense à suivre ses aventures, car elle est courageuse, libre, ce qui lui importe, bien plus que se trouver un prétendant, est de donner un sens à sa vie, et elle va peu à peu retrouver confiance, et goût de vivre. Son amitié avec Mélissa, qui est très joliment racontée, importe plus que l'intrigue amoureuse. C'est un féminisme très doux; mais bien présent. Certains critiques ont relevé une parenté très nette avec Jane Austen, et je souscris : observation des caractères, mariages, préjugés sociaux, rapports de classe, ironie, et importance des convenances. En résumé, ils ont trouvé ce roman élégant, drôle, britannique et psychologiquement très fin, je souscris aussi ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    De l'humour so british
  4. 4 oct.

    Format court, suite et fin !

    Tigre, Janis Jonevs, éditions de l'Argonaute J'ai été attirée par la magnifique couverture du livre, mettant en image un magnifique chat noir au-dessus du titre, Tigre. C'était assez intrigant pour que j''y aille, en plus de la quatrième de couverture : Des bureaux de Riga à la jungle brésilienne, en passant par le milieu de l’océan, les protagonistes de ce roman en douze nouvelles font face à un monde saugrenu où tout est possible, où rien n’est jamais acquis. Compositeurs, enquêteurs, voyageurs et rêveurs y suivent leur intuition, manquent toutes les opportunités et échappent – avec un peu de chance – à un désastre planétaire. Imprégnées du comique absurdiste d’un Boulgakov et de quelques alcools forts, ces histoires aux mille rebondissements, venant d’une Lettonie prise par la fièvre de la liberté, évoquent les vacillations de l’âme balte. Surtout, elles nous parlent du désir très universel d’être tigre quand on n’est, en réalité, que chat domestique. Cela se confirme, le comique absurde n'est pas fait pour moi, j'ai par exemple relu deux fois la première nouvelle, et je ne l'ai toujours pas comprise ! Je suis quand même allée au bout intriguée, et ayant beaucoup apprécié certaines nouvelles que pour le coup j'ai comprises. J'imagine que l'auteur doit considérer que le monde marche sur la tête, et qu'il a écrit les nouvelles en conséquence. Il place ses personnages dans un monde qu'ils ne comprennent pas, et cela génère de l'angoisse, et on est en totale empathie avec eux, pour le coup, moi-même ne maîtrisant rien en tant que lectrice ! Mais c'est la cocasserie qui l'emporte, dans cette quête existentielle farfelue. Qu'en disent les critiques ? "Le monde créé dans les histoires de Janis Jonevs est un théâtre de l'absurde aux couleurs vives et d'une ironie poignante." Mexico Médée, Dahlia de la Cerda, Ed. du sous-sol C'est un recueil de 6 nouvelles, que l'on peut choisir de voir comme un roman choral, puisque certains personnages réapparaissent au fil des nouvelles. Mais c'est Médée la figure tutélaire de ce roman. L'autrice se réapproprie ce mythe de façon formidable : à l'origine, elle est la mère matricide, celle qui tue ses propres enfant pour se venger d'un homme. Ici elle est trentenaire, porte des rastas, est tatouée de serpents, et débarque dans une voiture de sport verte, pour accompagner des femmes dans des moments charnières, en lien avec la maternité : elle les aide à avorter, accoucher, faire leur deuil, et sa seule présence change tout. Il y a bien sûr un humour noir à choisir Médée comme figure de proue de ce roman, dans ce Mexique hyper-machiste dans lequel tout le monde est perdant, surtout les femmes, mais y compris les hommes, chez qui on encourage une virilité débridée, et qui n'ont d'autres choix que soit de devenir des narcotrafiquants, soit d'embrasser une carrière dans l'armée. C'est un roman traversé par une énergie remarquable, qui parle de violence, mais pas que ! Elle la dépasse avec brio, dans une langue crue, épatante de vitalité, nous sommes face à des monologues de personnes qui tentent de s'en sortir, c'est traversé de mythologie, de références pop, de musique, tout du long. Un recueil que je recommande. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Format court, suite et fin !
  5. 30 sept.

    Pile à lire d'automne 3

    Point sur la rentrée littéraire (à l'issue de l'écoute de la dernière émission littéraire de Frédéric Beibeder le dimanche soir sur RTL à 20H) Beigbeder dénonce la surproduction de romans à l'oeuvre pendant la rentrée littéraire, qu'il nomme jeu de massacre : 461 livres publiés quasi le même jour, alors que les critiques (au maximum de leur capacité), ne peuvent en lire qu'une quarantaine ! Ne surnagent que plusieurs dizaines de titres, toujours les mêmes, qui eux profitent à fond de cette dynamique, et c'est sans doute le seul point positif (en plus du folklore assez sympathique et spécifiquement français, nous permettant de nous rengorger d'être une grand nation littéraire : de fait le livre s'installe dans l'actualité). Sinon, restent près de 400 auteurs laissés sur le carreau, promis au pilon. Beigbeber et ses chroniqueurs soulignent aussi la difficulté dans laquelle se trouvent le marché du livre, préoccupante : il est en baisse de 10%, il y a désormais plus de librairies qui ferment que de librairies qui ouvrent (depuis cette année), la lecture baisse chez les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Un livre sur 5 finit au pilon, et la durée d'un livre en librairie est de 40 jours. Cette surproduction de livres à cette période obéit à une logique économique : les éditeurs font de la trésorerie, car les libraires sont obligés d'acheter tous les titres de la rentrés littéraire (ils peuvent bien entendu retourner ensuite les invendus mais ce retour a un coût). En gros, publier autant de titres permet de payer l'attaché de presse, ou le standardiste. C'est un système économique pervers. Titres de poésie intégrés à ma Pile à lire d'automne : Fureur et mystère, René CharPoèmes saturniens, Paul VerlainePoèmes, Emily DickinsonLes pleurs, Marceline Desbordes-Valmore Livres lus (donc sortis de ma PAL) mais pas encore présentés Sirtir de la maison hantée, Pauline Chanu Tigre, Janis JonevsMexico Médée, Dahlia de la CerdaHamish Mcbeth tome 1 : Qui prend la mouche, M.C. Beaton Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Pile à lire d'automne 3
  6. 24 sept.

    Bilan de mes lectures 3

    Je termine le bilan de mes lectures par mes coups de coeur. Notés 18/20 Bonjour Jeeves, P. G. Wodehouse : Wodehouse continue de mes charmer avec les aventures de Bertram Wooster, cette fois-ci missionné par sa tante qui lui demande de récupérer coûte que coûte un pot à crème qu'elle a repéré, sans quoi elle cessera de l'inviter à sa table, ce qui est un drame pour Bertie qui adore son cuisinier. De mauvais gré, il accepte la mission, pour notre plus grand bonheur !Les grues volent vers le Sud, Lisa Ridzen : malgré la thématique difficile, c'est un livre qui fait du bien et dont on ressort apaisé. Bo a 89 ans et va bientôt mourir, on entre de plain-pied dans sa fin de vie, avec ses proches, l'équipe de soignants autour de lui, qui parfois l'infantilisent, même s'ils sont pétris de bonnes intentions. Le cahier des transmissions est une jolie trouvaille, qui apporte un point de vue différent de celui de Bo. Un roman simple, émouvant, qui a remporté un beau succès mérité en Suède et ailleurs.Notés 19/20 Le calamity club, Kathryn Stockett : On est en compagnie de deux héroïnes solaires et attachantes, dont on suit les pas avec bonheur. L'arrière-plan historique aussi est intéressant, l'Amérique de la Grande Dépression. Enfin, l'autrice sait très bien parler de sororité, mise en scène de façon réjouissante. Patria, Fernando Aramburu : l'auteur nous fait comprendre ce que l'ETA a fait aux familles, aux villages, à la société toute entière. Il fait parler alternativement tous les membres de deux familles, autrefois proches, et que l'ETA a divisées. Un beau roman très intelligent et empathique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À propos

Bienvenue dans ma bibliothèque ! Je m'appelle Laurence et je partage ici ma passion pour les livres, toutes littératures confondues. Pour moi, peu importent les étiquettes ou les genres : seule la force du récit compte. Du classique absolu au roman détente qui fait du bien, de la littérature française aux rivages anglo-saxons et européens, sans oublier quelques précieux détours par la littérature mondiale, je marche au coup de cœur. Et j'aime explorer tous azimuts : polars haletants, romans historiques immersifs, escapades dans la science-fiction ou le fantastique, recueils de nouvelles ou essais percutants. Au menu ? Mes chroniques spontanées, mes chocs de lecture et mes impressions sur le monde des lettres, au fil de l’eau et des envies. Parce que la lecture est avant tout une fête, je vous propose de la célébrer ensemble. Bonne écoute à tous ! 😄 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.