Présence à Soi

Emmanuel Lafont

Présence à Soi est le podcast d’Emmanuel Lafont consacré à la psychothérapie, à la spiritualité, aux relations humaines et à la connaissance de soi. À travers des réflexions, des expériences et des échanges, chaque épisode invite à ralentir, porter un regard nouveau sur ce qui nous traverse et rencontrer plus profondément ce qui nous anime.

  1. -3 j

    L’éveil, au-delà de la quête spirituelle

    Le parfum d’une rose, cela ne se décrit pas. Nager, boire ... cela ne se décrit pas. Cela se vit. Résumé Une auditrice me demande ce que représente l’éveil pour moi. Est-ce un état, une expérience ? La question me laisse hésitant : comment parler d’un sujet aussi vaste sans faire croire que les mots peuvent en restituer la réalité ? J’explore ce qui se joue lorsque l’éveil devient une quête, une destination à atteindre. Je reviens sur les limites des définitions, la différence entre expliquer une expérience et la vivre, et la prudence que m’inspirent ceux qui se déclarent éveillés. Puis je partage la définition qui se présente à moi aujourd’hui : une présence complète et intense à ce qui est, aux sensations, aux pensées, aux émotions et aux mouvements de la vie. Une présence qui se cultive avec le temps, teintée de joie et de gratitude. Sans exclure la possibilité d’une expérience d’unité, je reviens à ce qui m’importe : la qualité de notre présence, maintenant. Points clés Les limites des mots : définir l’éveil ne permet pas de restituer la réalité de l’expérience vécue. Le piège de la quête : vouloir atteindre à tout prix l’éveil peut devenir un obstacle à cette expérience. La prudence face aux affirmations : la qualité de présence et la manière de vivre d’une personne comptent davantage que ses déclarations d’éveil. Une présence complète et intense : être attentif à ce qui se présente, aux pensées, aux émotions, aux sensations et aux perceptions. Une présence qui se cultive : cette qualité de présence peut devenir plus naturelle avec le temps et s’accompagner de joie et de gratitude. Une expérience de libération : reconnaître nos mouvements intérieurs et nos conditionnements peut nous permettre de nous en désidentifier.

  2. 6 oct.

    Rencontrer l’être, pas sa souffrance

    Je rencontre des êtres qui me parlent de leur souffrance. Je ne rencontre pas leur souffrance. Je rencontre ceux qui souffrent. Résumé Dans cet épisode, Emmanuel revient sur une expérience de formation qui a profondément déplacé sa manière d’envisager la posture thérapeutique. Face à la souffrance d’autrui, faut-il porter ce qui est vécu, chercher à l’apaiser, ou rencontrer d’abord l’être qui traverse cette expérience ? À partir de cette question, la réflexion s’élargit à notre rapport à la maladie, aux déséquilibres, à la spiritualité et aux attentes que nous plaçons parfois dans la thérapie. Emmanuel interroge notamment l’idéal d’un chemin qui conduirait vers l’absence de difficulté, de symptôme ou de souffrance. L’épisode invite enfin à regarder avec honnêteté nos intentions dans la relation d’aide, mais aussi la qualité de notre lien à la joie et à la gratitude, y compris lorsque la vie se présente sous des formes inconfortables ou douloureuses. Points clés Rencontrer une personne qui souffre ne signifie pas nécessairement porter sa souffrance. La maladie ou le déséquilibre n’empêchent pas nécessairement de rester relié à une forme profonde de joie et de gratitude. La thérapie peut entretenir implicitement l’idéal d’un état futur sans problème, sans symptôme ou sans maladie. La dimension spirituelle peut déplacer notre manière de considérer ce qui nous heurte, nous fait souffrir ou nous déstabilise. Dans la relation d’aide, il est essentiel d’interroger honnêtement l’intention d’apaiser, de résoudre ou d’apporter une solution. La joie et la gratitude peuvent devenir une manière d’interroger la qualité de notre lien à nous-mêmes, aux autres et à ce que nous vivons.

  3. 29 sept.

    5 qualités pour explorer la vie avec plus de conscience

    La sensibilité est une véritable porte d’entrée vers une perception plus fine, plus ample de la vie. Résumé La sensibilité est une Lorsqu’on commence à explorer la spiritualité, la conscience ou notre monde intérieur, le territoire qui s’ouvre à nous est immense. On peut y faire des découvertes importantes, mais aussi se perdre, prendre certaines croyances pour des vérités ou s’éloigner progressivement de ce qui est réellement vécu. Dans cet épisode, Emmanuel partage cinq qualités qui lui semblent particulièrement précieuses pour cheminer : la curiosité, le non-jugement, la sensibilité, la présence et le discernement. Non comme une méthode à suivre ou des objectifs à atteindre, mais comme des dispositions intérieures que chacun peut cultiver et explorer à sa manière. Cinq qualités qui invitent notamment à vérifier par soi-même, à préserver un regard neuf, à affiner sa perception, à rester au plus près de l’expérience présente et à distinguer plus clairement ce qui relève du réel, de nos peurs, de nos croyances ou de nos projections.véritable porte d’entrée vers une perception plus fine, plus ample de la vie. Points clés La curiosité entretient l’envie d’apprendre, d’explorer l’inconnu et surtout de vérifier par soi-même. presence-a-soi-ep-12 Le non-jugement permet de préserver un regard neuf et de ne pas ajouter inutilement de distance entre soi, les autres et le réel. presence-a-soi-ep-12 La sensibilité ouvre à une perception plus fine de soi, des autres et du monde, au-delà du seul fonctionnement mental. presence-a-soi-ep-12 La présence est envisagée comme un état actif de réceptivité qui nous rapproche de ce qui est vécu ici et maintenant. presence-a-soi-ep-12 L’accueil complète la présence en laissant exister pensées, émotions et sensations sans chercher immédiatement à les combattre. presence-a-soi-ep-12 Le discernement aide à distinguer ce qui relève du réel, de l’intuition, de la peur, des croyances ou de nos projections. Mesdames et messieurs, bienvenue à toutes et à tous dans ce nouvel épisode du podcast Présence à Soi. Aujourd'hui, en fait, je voulais commencer ce podcast en me disant que je pensais au thème depuis à peu près une semaine et puis quand j'ai commencé à écrire le sommaire, les choses me sont apparues un peu moins évidentes que ce que je pensais au départ. Je m'étais dit, bon, ça va aller, c'est une thématique, ça va être fluide, ça va couler, mais en fait pas tant que ça. Et au début, oui, mais je me suis un petit peu gratté la tête quand même, en tout cas beaucoup plus que ce que je pensais. Et aujourd'hui, je voudrais vous parler des qualités qui me semblent importantes lorsqu'on chemine spirituellement. Alors j'en ai retenu cinq, et donc voilà, je vous en présente cinq aujourd'hui. Cinq qui sont importantes, qui me semblent importantes. Tout ça, évidemment, est très subjectif et je vous partage ce que j'ai validé, ce que je ressens et ce que j'ai la joie de vous partager. Et donc cinq qualités, on pourrait parler de caractéristiques, mais je trouvais que c'était un petit peu dommage de rendre ça trop neutre. Voilà, donc je vais pas expliquer pourquoi je parle de qualités, mais voilà, j'ai décidé de parler de cinq qualités spirituelles. Donc je vais pas essayer de dresser une liste, comme vous l'aurez compris, de toutes celles qui existent. Il y en a bien plus que cinq évidemment, mais voilà, je vous le redis, ça a pas été simple d'identifier rapidement les cinq dont je vous parle aujourd'hui. Et puis finalement, bon voilà, ça s'est fait, elles sont apparues. Et je vous en parle parce que quand on commence à s'intéresser à la spiritualité, au développement personnel, à la conscience, au monde intérieur, on rentre dans un territoire qu'on pourrait qualifier d'assez grand. C'est le moins qu'on puisse dire. Et dans ce territoire, dans cet espace, on peut découvrir vraiment des choses assez incroyables. Voilà, c'est la vie quoi, je suis pas très original. Et on peut aussi se perdre. Voilà, on peut facilement se perdre. On peut se raconter des histoires, donc ça je l'ai déjà traité dans le podcast sur les injonctions spirituelles. On peut prendre nos croyances pour des vérités, encore j'en ai parlé dans les illusions spirituelles, je fais ma pub, moi on ne voulait pas. Et donc les cinq qualités dont je vais vous parler aujourd'hui, faut pas croire qu'elles soient une méthode ou un objectif à atteindre, mais plutôt des choses que vous pouvez accueillir comme un témoignage, et puis peut-être quelque chose qui pourrait vous inspirer pour une recherche ou une exploration personnelle. Voilà, voyez-les plutôt comme des dispositions aussi, des dispositions intérieures à cultiver, au sens faire vivre, à renforcer, voilà. Et avant de commencer à vous les énumérer, je me suis aussi rendu compte, mais je pense que c'est pas nouveau, que beaucoup de ces qualités, elles sont communes aux êtres humains qui cheminent, quelle que soit leur culture et leur époque, et leur propre expérience. Alors la première de ces qualités, c'est la curiosité, et j'ai une affection particulière, vraiment très particulière, vraiment très forte pour la curiosité. Et ce que j'ai envie de vous préciser d'emblée, c'est que je considère la curiosité, je perçois, j'appréhende la curiosité comme quelque chose d'insatiable, un peu comme une soif. La curiosité pour moi, c'est vraiment une envie insatiable d'explorer, de découvrir, et sans nécessairement chercher, sans vouloir quelque chose, comme une réponse ou comme une destination. C'est simplement l'envie sincère de découvrir. Et d'ailleurs, on pourrait associer la curiosité à l'envie. L'envie, je dis souvent que c'est un synonyme de moteur. L'envie qui nous pousse à réaliser des projets, à poursuivre nos rêves, à sortir de ce qu'on connaît déjà, aller vers le nouveau. Alors le nouveau, c'est pas simple d'aller vers le nouveau, parce que notre cerveau résiste. Nos billets, nos autoroutes, nos ronales, nos plis intérieurs. Donc oui, j'associe beaucoup la curiosité et l'envie, même si c'est deux choses qui sont quand même différentes. Je les trouve très voisines l'une de l'autre. Et pour moi, être curieux, c'est aimer apprendre, tout simplement. C'est apprendre de nouvelles compétences, mais c'est vraiment en fait tout. Je vais donner des exemples, mais en fait c'est tout. Apprendre de nouvelles langues, apprendre de nouveaux domaines, apprendre de faire des voyages et apprendre de nouvelles cultures, s'intéresser à d'autres manières de voir le monde. Voilà, c'est toutes ces choses d'apprendre, apprendre, apprendre. Et c'est aussi accepter d'explorer quelque chose, simplement pour voir ce qui va se passer. Par exemple, pour vérifier par soi-même. C'est aussi ça la curiosité. Vérifier quelque chose qu'on aurait entendu, dont on aurait une intuition ou une invitation qu'on aurait reçue. Tiens, je suis curieux d'explorer, de vérifier. Et par rapport à ce point, je ne veux pas développer, parce que ce sera encore une fois faire des épisodes trop longs, mais je ne peux qu'insister sur vérifier par soi-même. Dans le domaine spirituel, c'est tellement important pour éviter les croyances, les impasses spirituelles. Parce que c'est vrai qu'un cheminement intérieur, une exploration intérieure ou une exploration tout court, ce n'est pas constitué de croyances qu'on récupère dans les bouquins, dans les films, sur internet. Ce n'est pas juste un changement de système de croyance. J'en ai aussi parlé dans le précédent podcast, je crois. On ne remplace pas un système par un nouveau système. Qu'on jugerait plus vertueux ou plus conscients, ce genre de choses. Et c'est vrai qu'en fait, si vous écoutez mes podcasts, que vous consultez mes contenus, passez au avenir, vous allez vous rendre compte que je répète souvent la même chose, et souvent différemment. Vérifier par soi-même, éviter les croyances spirituelles, ce genre de curiosités. Et je trouve qu'elle nous invite à nous dire, c'est intéressant, je vais regarder, je vais expérimenter, je vais voir ce que cela produit chez moi comme émotion, comme réaction. Rester, un petit peu comme rester ouvert ou disponible à ce qui pourrait se passer, ce qu'on pourrait ressentir. Et c'est vrai qu'explorer, ça implique aussi être curieux, ça implique de prendre des risques. Alors pas forcément des risques inconsidérés, quoique. Encore, je pourrais raconter des expériences personnelles, bien des expériences personnelles où je me suis vu prendre des risques, mais ça pourrait encore une fois être l'objet d'un autre podcast. Mais quoi qu'il en soit, il s'agit de découvrir, de faire des choix sans connaître les conséquences, sans penser à tout. En gros, c'est ce que je disais il y a quelques minutes, on sort d'une zone familière, cette fameuse zone de confort. Et donc être curieux, c'est accepter probablement, ou peut-être pas, mais en tout cas de se rendre disponible, d'aller, être ok d'aller au contact de l'inconnu. Un inconnu qui abrite, je cherche le mot, je ne vais pas passer trop de temps, mais dans lequel quelque chose est à découvrir. Je ne peux pas en dire trop, parce que je ne veux pas tout révéler dans les podcasts. Je pense qu'il y a d'autres espaces, d'autres canaux pour aller encore plus loin dans les enseignements, entre guillemets, dans les enseignements ou dans les gestes, ce que j'appelle les gestes de conscience, que j'ai emprunté à un de mes guides. C'est pas moi qui parle de gestes de conscience, mais ce sont réellement des gestes de conscience. Et pas par rapport à l'inconnu, il y a quelque chose, parfois des gestes de cons

  4. 22 sept.

    Quand la spiritualité devient une nouvelle illusion

    La spiritualité, ce n’est pas une manière de quitter notre humanité, c’est exactement l’inverse. C’est une manière de l’habiter pleinement. Résumé Que devient le chemin spirituel lorsqu’il se transforme lui-même en nouveau système de croyances ? Dans cet épisode, Emmanuel interroge plusieurs représentations fréquentes : l’idée qu’une capacité particulière révélerait un haut niveau de conscience, qu’une personne « évoluée » devrait se détacher de la matière, ou qu’une expérience mystique suffirait à témoigner de l’éveil. Il revient aussi sur la manière dont l’ego peut se réinventer sous une forme spirituelle, et sur la différence entre comprendre quelque chose, vivre une expérience forte et l’intégrer réellement dans sa vie. Au fil de cette réflexion, une autre possibilité se dessine : celle d’un chemin moins attaché aux images de perfection, davantage ancré dans le quotidien, les relations, les contradictions et une vie simplement humaine, vraie et incarnée. Points clés Une capacité particulière, aussi impressionnante soit-elle, ne témoigne pas nécessairement d’une plus grande conscience ou maturité humaine. Cheminer spirituellement ne signifie pas se retirer du monde ni se détourner de la matière, mais interroger la relation que nous entretenons avec elle. Une expérience mystique ou d’unité ne suffit pas à démontrer qu’une personne est « éveillée » : la question est aussi celle de son intégration dans la durée. L’ego peut lui-même adopter un langage et une identité spirituels, donnant naissance à une nouvelle forme d’identification. Comprendre ou vivre une expérience profonde n’équivaut pas encore à une transformation : celle-ci se révèle dans le quotidien, les relations et les choix. La désillusion peut faire tomber l’idéal d’une spiritualité parfaite et ouvrir vers une vie plus simple, vraie, humaine et incarnée.

  5. 15 sept.

    Le corps, cet être à part entière

    C’est grâce à notre corps qu’on fait l’expérience de la vie. Résumé Nous parlons souvent de « notre corps » comme de quelque chose que nous possédons, que nous devons entretenir, soigner, rendre performant ou conforme à certaines attentes. Dans cet épisode, Emmanuel explore une autre manière d’entrer en relation avec lui : le considérer non plus seulement comme un objet ou une mécanique, mais comme un être à part entière. À partir de son parcours thérapeutique et spirituel, il évoque la possibilité d’écouter les sensations corporelles et de reconnaître ce qu’elles peuvent parfois nous révéler, tout en se méfiant de la tentation de vouloir donner un sens à chaque douleur ou manifestation physique. Une réflexion qui invite aussi à reconnaître tout ce que le corps rend possible, à travers le temps, ses transformations et ses limites, sans exiger de lui qu’il corresponde toujours à nos attentes. Points clés Notre relation au corps peut évoluer lorsque nous cessons de le considérer uniquement comme quelque chose que nous possédons. Une sensation corporelle peut parfois ouvrir un accès à un vécu, une émotion ou quelque chose que la pensée ne formule pas. Écouter le corps ne signifie pas chercher systématiquement une signification à chaque douleur ou symptôme. L’attention portée au corps peut devenir une forme de surveillance lorsque nous cherchons constamment à interpréter ce qu’il manifeste. Le corps nous permet de percevoir le monde et de faire l’expérience concrète de la vie. Reconnaître sa présence et ce qu’il rend encore possible peut coexister avec les difficultés, les limitations ou l’insatisfaction que nous pouvons éprouver envers lui.

  6. 8 sept.

    Les symptômes : obstacles ou chemins vers soi ?

    Et si plutôt que de combattre ce qui se manifeste en nous, on essayait d’explorer, de découvrir ce que ça cherche à nous montrer. Résumé Nous cherchons naturellement à nous débarrasser de ce qui nous fait souffrir. Pourtant, en maïeusthésie, le symptôme peut être abordé autrement : non comme une explication toute faite, mais comme un point de départ pour explorer ce qui se manifeste et se laisser guider par la personne elle-même. L’attention ne se porte alors pas seulement sur l’événement vécu, mais sur celui ou celle qui l’a vécu. Il ne s’agit ni de justifier la souffrance, ni de rendre acceptable ce qui s’est passé, ni de renoncer aux soins nécessaires. La reconnaissance porte sur l’être et sur son vécu. Cet épisode explore ainsi une posture moins guerrière envers ce qui se manifeste en nous : avant de chercher à corriger ou à supprimer, se demander parfois ce qui demande à être rencontré. Points clés Notre réflexe naturel face à un symptôme est souvent de vouloir le faire disparaître afin de ne plus souffrir. En maïeusthésie, certains symptômes peuvent aussi être envisagés comme des indications ou des invitations à explorer ce qui demande notre attention. Le praticien ne cherche pas à déterminer à l’avance ce que signifie le symptôme, mais se laisse guider par la personne accompagnée. L’attention porte moins sur l’événement lui-même que sur celui ou celle qui l’a vécu et sur la reconnaissance de son vécu. Reconnaître une peur, une colère ou une souffrance ne signifie ni approuver ce qui s’est passé ni légitimer les comportements qui peuvent en découler. Cette approche ne remplace ni un diagnostic médical ou psychologique ni les traitements nécessaires, mais propose une relation moins combattive avec certaines manifestations intérieures.

  7. 1 sept.

    Se désidentifier sans se fuir

    Je peux avoir peur sans être ma peur. Résumé Que devient notre rapport à nous-mêmes lorsque nous cessons de prendre chacune de nos peurs, croyances ou réactions pour une définition de ce que nous sommes ? Emmanuel revient ici sur la désidentification comme une pratique d’observation : reconnaître ce qui se manifeste en nous, sans chercher immédiatement à le corriger ou à le faire disparaître. L’épisode insiste aussi sur l’importance de l’instant présent, seul endroit où un mécanisme peut être réellement vu lorsqu’il apparaît. Une simple formulation comme « tiens, on dirait que je me sens attaqué » peut alors créer un espace entre une perception et l’histoire que nous en faisons. Peu à peu, cette attention peut desserrer l’emprise de certains automatismes. Le chemin spirituel devient alors moins une recherche d’un état idéal qu’une exploration de notre condition humaine, avec ses limites, ses contradictions, mais aussi sa joie et sa gratitude. Points clés Se désidentifier, c’est commencer à voir nos croyances, réactions, biais et conditionnements sans les confondre entièrement avec ce que nous sommes. Ce processus peut être difficile, parce qu’il implique du changement et rencontre en nous des mécanismes de résistance. Chercher à éliminer nos peurs, nos blessures ou nos schémas peut transformer la désidentification en une nouvelle forme de lutte ou de fuite. Le mouvement proposé consiste plutôt à revenir pleinement à notre corps, nos émotions, nos limites et notre condition humaine. Observer dans l’instant ce qui se manifeste crée un espace entre une réaction et l’identification immédiate à cette réaction. À force d’être conscientisés, certains automatismes peuvent perdre de leur emprise, laissant davantage de place à l’exploration, à l’accueil, à la joie et à la gratitude.

  8. 25 août

    Notre chemin consiste-t-il à devenir une version supérieure ?

    C’est en se rapprochant le plus possible de notre personnalité et de notre condition humaine que l’on va vers quelque chose que l’on pourrait appeler le soi, la présence, l’éveil, la lumière. Résumé Que signifie réellement cheminer intérieurement ? S’agit-il de devenir une version supérieure de soi, de dépasser certaines parts de notre humanité ou de nous débarrasser de ce qui nous dérange en nous ? À partir de la question d’une auditrice, Emmanuel explore une autre manière d’envisager le travail spirituel et thérapeutique. Plutôt qu’une progression vers une version « meilleure » de nous-mêmes, il évoque un mouvement vers quelque chose de plus complet, de plus conscient et peut-être de plus libre. Cette réflexion l’amène à interroger notre rapport à la peur, au doute, aux symptômes et à l’ego. Tous ne sont pas nécessairement des obstacles à éliminer. Certains peuvent devenir des points de départ, des ressources ou des invitations à nous rapprocher de nous-mêmes, à condition de ne pas tomber dans la recherche permanente d’une explication à tout. Points clés Le chemin spirituel ne conduit pas nécessairement vers une version « supérieure » de soi, mais peut-être vers une version plus complète et plus consciente. La peur, le doute ou un symptôme ne sont pas systématiquement des éléments qu’il faudrait faire disparaître. Certains symptômes peuvent constituer le point de départ d’un chemin vers une rencontre intérieure. Chercher systématiquement une signification à chaque événement ou manifestation corporelle peut conduire à une « tyrannie du pourquoi ». L’ego ou la personnalité peuvent être considérés comme des ressources plutôt que comme des ennemis à combattre. Se rapprocher de notre personnalité et de notre condition humaine peut paradoxalement permettre de moins nous identifier à elles et de cultiver davantage de présence.

À propos

Présence à Soi est le podcast d’Emmanuel Lafont consacré à la psychothérapie, à la spiritualité, aux relations humaines et à la connaissance de soi. À travers des réflexions, des expériences et des échanges, chaque épisode invite à ralentir, porter un regard nouveau sur ce qui nous traverse et rencontrer plus profondément ce qui nous anime.