la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions !

Mahuna Vigam

La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture, lecture, bien-être et édition car je vous partagerai aussi ma vie d’autrice. Bienvenue ! mahunapoesie.substack.com

  1. 113 - Et si j’avais déjà perdu avant même que l’aventure ne commence ?

    28 juin

    113 - Et si j’avais déjà perdu avant même que l’aventure ne commence ?

    Hello. J’espère que vous allez bien malgré les températures incendiaires qu’on connaît en ce moment. Hydratez-vous, prenez soin de vos proches. Cet épisode suit un fil conducteur, donc je ne vous conseille pas de sauter d’une partie à une autre, même si je sais que le temps manque. Il n’est pas très long, mais je pense qu’il vaut la peine d’être écouté ou lu en entier. Ce que j’ai compris de ma fatigue (à partir de 01:13) Je me suis rendu compte que j’étais déjà épuisée, d’une certaine manière, alors que mon livre n’est pas encore sorti. Ce n’est pas une fatigue ordinaire, pas le genre « j’ai trop bossé ce trimestre ». C’est plus profond, plus installé. J’ai essayé de comprendre si ce que je vivais avait un nom. Le premier : la racial battle fatigue, théorisée par William A. Smith. Un épuisement psychologique et physiologique qui vient du fait d’exister dans un monde qui agresse en continu, de manière subtile, institutionnelle, au quotidien. Pas une violence spectaculaire, mais l’accumulation. La vigilance permanente. Le fait de devoir sans cesse évaluer ce qui vient de se passer, se demander si c’est raciste, si ça vaut la peine d’en parler, si on va être cru. Ce switch constant entre soi et le regard que le monde pose sur soi. Le deuxième : le burn-out militant, documenté par Gorski et Chen. L’idée que dans le militantisme, on mesure l’engagement à l’aune du travail émotionnel fourni. Et que si on s’effondre, si on dit qu’on est à bout, on est regardé·e bizarrement, parce que le militantisme est censé être désintéressé. On n’a pas trop le droit d’être épuisée quand le sujet est important. Et c’est exactement le piège. Moi, je publie un roman sur des thématiques qui me tiennent à cœur. Je parle de représentation sur Instagram. Et en même temps, j’ai un emploi salarié où je range une partie de moi dans un tiroir en arrivant le matin, parce que les deux mondes ne peuvent pas coexister. Ce phénomène a aussi un nom : le code switching, documenté chez les personnes racisées, les personnes LGBTQIA+, les personnes en situation de handicap. Le fait de devoir adapter, moduler, modifier son langage, son comportement, parfois jusqu’à sa personnalité, selon l’espace où on se trouve pour ne pas subir de conséquences. Dans mon cas concret : dans ma vie d’autrice, j’écris en écriture inclusive aussi souvent que je le peux. Ce n’est pas une posture, c’est une conviction. La neutralité au masculin n’a jamais existé. Point. Mais dans un mail professionnel, dans un contexte institutionnel, c’est impossible. Pas parce que mon employeur s’y opposerait forcément, mais parce que j’écris à des clients à qui je vends une solution, qui n’ont rien demandé, et faire ce choix serait prendre position. Donc je fais autrement. Et mon militantisme reste dans le tiroir. C’est Arlie Hochschild qui avait théorisé cette fatigue cognitive et émotionnelle liée au fait de devoir adapter en permanence son expression à un contexte qui ne correspond pas. Et quand ce switch touche des pratiques militantes, il y a une dissonance supplémentaire entre ce qu’on défend publiquement et ce qu’on fait concrètement dans d’autres espaces de sa vie. Cette dissonance, il faut la gérer. Et elle épuise aussi. L’image qui m’est revenue, c’est Clark Kent au bureau et Superman dans ma vie d’autrice. Sauf que Clark reste une figure de pouvoir et de privilège, et ce que je vis, c’est du concret, c’est politique. C’est encore une forme de double conscience, parce que je me vois à travers le regard d’une société qui ne me reconnaît pas comme étant entière, et je dois habiter deux entités pour tenter de les réconcilier. C’est ce que W.E.B. Du Bois théorisait dans The Souls of Black Folk. Rien de nouveau. Il y a quelque chose de rassurant à savoir que ça a déjà été nommé, contextualisé. Et quelque chose de profondément frustrant à réaliser que ça n’a pas changé, puisque certaines de ces théories remontent à 1903. La littérature académique couvre le code switching au travail, la racial battle fatigue, le burn-out militant. Mais elle ne couvre pas le cas de l’autrice racisée, engagée sur la représentation dans l’édition, qui doit en même temps naviguer ce code switch dans son emploi du temps réel. C’est mon quotidien. Et il n’y a pas encore de carte pour ça. Peut-être qu’un jour quelqu’un prendra le temps de le théoriser. Je me le garde en tête. Désenchantée, mais pas défaitiste (à partir de 09:47) Oui, je suis désenchantée avant même que mon livre sorte. Pas parce que je ne crois plus en ce que j’écris. Mais parce que je comprends de mieux en mieux dans quoi je mets les pieds, et qu’il n’y a pas encore de carte pour naviguer avec ça. Mais le désenchantement a une puissance particulière : il force à prendre conscience de la réalité, à chercher des alternatives, des outils pour continuer d’agir malgré tout. Et l’un de ces outils, c’est se rappeler de ce qui a été fait. Une amie autrice me l’a rappelé récemment. Elle m’a remis face à l’enjeu réel, au-delà du désenchantement systémique de l’édition. Elle m’a rappelé que j’ai réussi à faire sortir un livre qui ne parle ni de racisme ni d’esclavage, écrit par une personne noire française, dans ce contexte politique qu’on connaît. Un livre qui aborde des sujets qui touchent toutes les familles, en particulier les familles afrodescendantes et de la diaspora afro-caribéenne, mais pas seulement, et qui est contemporain dans ses thématiques. Ce n’est pas rien. Et c’est important que je me le rappelle. Elle m’a aussi rappelé que j’appartiens maintenant à quelque chose. J’ai rejoint cette littérature noire française, si petite, aussi fine qu’une peau de chagrin, mais qui existe. Et que c’est le début de quelque chose. Elle m’a dit aussi : aller au-delà de tout ce bruit, de ce désenchantement, des conditions politiques dans lesquelles ce livre va sortir, et mettre de la joie. Elle est d’ailleurs co-autrice d’un ouvrage sur la joie que j’ai acheté il y a deux mois et que je vais enfin prendre le temps de lire. Je vous en parlerai. Juin m’a rincée (à partir de 13:37) La reprise du CDI a été bien plus énergivore que je l’avais anticipé, même si tout se passe très bien et que j’en suis vraiment contente. Merci à toutes les personnes qui m’ont envoyé des messages de soutien, qui ont pris le temps de demander comment ça s’était passé. Ça me touche beaucoup. Et merci aussi pour tous les messages d’anniversaire, c’était le 21 juin. J’avais lancé un jeu concours ce jour-là, il s’est terminé hier pour celles et ceux qui sont sur la newsletter, vous aviez été notifié·es depuis le mois dernier. Malgré le désenchantement, malgré l’épuisement, tout ça participe à me permettre de continuer. Donc merci. Vraiment. Je ne suis pas Hercule. Je ne suis pas Clark Kent. Mais à mon échelle, je pense que je vais y arriver. Mener ces deux vies de front. Ça ne fait que trois semaines, c’est peu pour faire tous les ajustements nécessaires. Mais j’ai confiance. Comment ? En ralentissant. Encore. Toujours. On n’en finit jamais, en réalité. Le repos comme acte de résistance (à partir de 15:14) Lors du dernier book club de l’association Overbookées, on a reçu Isis Labeau Caberia, dont je vous ai déjà parlé. Elle a rappelé quelque chose d’essentiel : le repos est une arme de résistance. Tricia Hersey, fondatrice du Nap Ministry, avait théorisé ça en 2016. L’idée que nous ne nous reposons pas pour être productives, nous nous reposons simplement parce que c’est notre droit. Et elle va plus loin : le repos dans sa forme la plus simple devient un acte de résistance et une reconquête du pouvoir, parce qu’il affirme notre humanité la plus fondamentale. Isis l’a conclu ainsi : peut-être que le monde ira mieux lorsque les femmes noires auront enfin droit au repos. Si vous ne comprenez pas pourquoi cette phrase est importante, je vous renvoie à tout le contenu que je partage sur Instagram et sur ce podcast. Les femmes noires sont à la croisée de toutes les discriminations et de toutes les luttes. Et les femmes noires ne se reposent pas. Ça vient de l’époque de l’esclavage, a minima. Et ça se traduit dans toutes les strates de notre société aujourd’hui. Je vais donc partir en vacances une semaine après mon séminaire d’entreprise de trois jours, qui va sans doute aussi me mettre KO. Je vais me forcer à ralentir, laisser mon cerveau en jachère, juste prendre des notes quand des idées vont surgir parce que ce serait dommage de les laisser filer. Et je vais être cette autrice noire qui jongle entre deux vies dans un contexte politique qui se dégrade, dans une industrie qui ne nous facilite rien, et qui choisit quand même le repos. Pas comme une forme de passivité. Comme un acte nécessaire pour continuer. Le tapis MAHOLA, mon objet totem (à partir de 17:05) J’avais promis un update sur le tapis de yoga Mahola. Le voilà. Je l’aime vraiment. Sans doute parce qu’il est fait main, unique, avec une matière qui se sent sous les doigts. Et sans doute parce que je l’ai choisi pour ses valeurs, qui résonnent avec les miennes. La marque travaille avec du coton biologique tissé à la main dans une logique de réduction d’impact sur la biodiversité tout au long de la chaîne de production. Ils investissent dans des projets de reforestation et de restauration des habitats. Leurs engagements sociaux sont réels : conditions de travail équitables, soutien aux communautés locales avec un focus sur l’Inde notamment. Et la marque est co-créée par une personne d’origine indienne. Ce n’est pas du greenwashing de façade, c’est une démarche

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  2. 14 juin

    112 - Arrêter de militer contre les gens qu'on prétend défendre

    Se dire allié et continuer à invisibiliser les personnes qu’on prétend défendre, n’a rien avoir avec du militantisme. C’est de la posture. Et si tu ignores l’outil révolutionnaire qu’est le regard situé, tu n’es peut-être pas l’allié que tu prétends être 🫣. Installez-vous. Parce qu’aujourd’hui on va parler d’un concept qui a changé ma façon de lire, de créer, de consommer, de militer. Et on va partir d’un commentaire. Un commentaire banal, posté sous ma dernière vidéo. Un commentaire bien intentionné, probablement. Et pourtant un commentaire qui illustre exactement ce dont on va parler aujourd’hui. Quelqu’un a donc écrit sous ma publication sur Chères Ancêtres d’Isis Labeau-Caberia : “publié chez Grasset qui a été racheté par Bolloré.” Sous-entendu : problème. Sous-entendu : boycott. Sauf que. Isis a essuyé une vingtaine de refus (d’après ce que j’ai vu dans une de ses stories) avant que Grasset lui dise oui. Vingt refus. Pour un ouvrage qui parle “des résistances anticoloniales des femmes esclavisées, qui ressuscite une mémoire longtemps censurée”, qui nous donne des noms, des visages, des stratégies de survie et de lutte. Quand vous êtes une autrice noire et que le milieu de l’édition vous ferme ses portes les unes après les autres et qu’enfin quelqu’un vous dit oui, vous signez. Parce que c’est ça la réalité concrète des autrices racisées dans ce milieu. Ce livre est sorti avant que Bolloré prenne le contrôle éditorial de Grasset. Isis n’a pas signé avec Bolloré. Tout comme plusieurs autres auteurices racisé.es dans des maisons d’éditions “appartenant” à Bolloré. Iels n’ont pas tous.tes les moyens, la possibiité de basculer d’une maison d’édition à une autre, comme ça, en claquant des doigts. Car le milieu de l’édition, de base, les invisibilise déjà (et je vous renvoie à tout mon contenu ici et sur Instagram sur ces sujets). Et surtout. Boycotter Grasset aujourd’hui ne nuit pas à Bolloré. Bolloré s’en fiche. C’est Isis qui perd des ventes, de la visibilité, des opportunités de carrière. C’est elle qui paie la facture d’un militantisme qui n’a pas pris le temps de se demander sur qui allait tomber ce geste. Isis elle-même l’a dit dans un carrousel : boycotter, oui, mais intelligemment, stratégiquement. Parce que Bolloré n’a pas investi dans l’édition pour faire de l’argent. Il l’a fait pour le contrôle des idées. Qui a besoin de Bolloré quand on a des alliés comme ça. Ce commentaire m’a mise en colère. Parce qu’il illustre quelque chose que je vois partout et qui me fatigue profondément. Le militantisme de façade. Celui qui se donne bonne conscience sans jamais interroger l’impact réel de ses gestes. Et invariablement, ce sont les personnes marginalisées qui absorbent les dégâts. Pas Bolloré. Pas le système. Isis. bell hooks appelait ça la politique sans pratique. Le geste visible qui soulage celui qui le fait, sans transformer la réalité de ceux au nom desquels il prétend agir. Et pour comprendre pourquoi ce commentaire est le symptôme d’un problème plus profond, il faut qu’on parle d’un outil. Le regard situé. D’où vient la notion de regard situé ? En 1988, Donna Haraway, biologiste et philosophe des sciences féministe, publie un article qui va tout changer : Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective, dans la revue Feminist Studies. Elle s’attaque à deux illusions symétriques. D’un côté le regard de nulle part, celui qui prétend à l’objectivité totale, ce qu’elle appelle le god trick, le truc de Dieu, faire croire qu’on voit tout depuis nulle part. De l’autre le relativisme total qui dit que toutes les perspectives se valent. Elle refuse les deux. Pour elle la seule connaissance honnête est partielle, localisée, incarnée. Mais le terrain avait été préparé. Sandra Harding et Nancy Hartsock avaient déjà développé dans les années 70-80 le feminist standpoint theory : les femmes, précisément parce qu’elles occupent une position dominée, ont accès à des connaissances que les dominants ne voient pas. En 1990, Patricia Hill Collins approfondit la dimension raciale. Elle montre que le regard situé ne peut pas ignorer l’imbrication des oppressions. Race, genre, classe se croisent et produisent des positions de savoir distinctes. Une femme noire ne voit pas le monde comme une femme blanche, ni comme un homme noir. Elle appelle ça la matrix of domination. En 1989, Kimberlé Crenshaw formalise l’intersectionnalité. Ce n’est pas juste un concept, c’est un outil juridique et analytique pour nommer ce que les grilles d’analyse unidimensionnelles ratent. Et bell hooks théorise le regard depuis la marge comme un regard critique et résistant. Celui qui voit ce que le centre ne voit pas parce qu’il n’a aucune raison de le chercher. Aujourd’hui ce concept circule dans les études postcoloniales, la critique des algorithmes, les sciences de l’information. Safiya Umoja Noble montre que les biais des moteurs de recherche sont des regards situés non déclarés, présentés comme neutres. Google n’est pas objectif. Google est situé. Ce que ça veut dire le regard situé concrètement Le regard situé c’est la conscience que toute connaissance est produite depuis une position spécifique. Un corps, une histoire, une classe, une race, un genre. Personne ne voit le monde depuis nulle part. La question c’est : est-ce qu’on le sait, et est-ce qu’on le dit ? Pour une personne non racisée, ça commence par une question inconfortable. Depuis où est-ce que je parle ? Quand tu partages un contenu sur les minorités, tu vérifies si la personne qui parle est elle-même concernée ou si c’est encore quelqu’un qui parle à la place de. Quand tu boycotts quelque chose au nom d’une cause, tu te demandes : qui trinque concrètement si je fais ça ? Pour une personne racisée, c’est différent parce que le travail n’est pas le même. Le regard situé c’est d’abord une légitimation. Ce que tu vois et que les autres ne voient pas, ce n’est pas de la subjectivité excessive. C’est de la connaissance produite depuis une position que les autres n’occupent pas. Ton inconfort face à un roman présenté comme universel où le personnage racisé sonne faux, où la douleur est esthétisée pour un regard blanc, cet inconfort c’est ton regard situé en action. Le transformer en muscle Et c’est là où je veux aller plus loin qu’Haraway. Elle a donné l’outil épistémique. Moi je veux parler de son application dans le quotidien comme pratique de résistance continue. Parce qu’une fois que ce regard est actif, tu ne peux plus faire les mêmes gestes de la même façon. Tu entres dans un coffee shop qui se dit vietnamien. Mais à l’intérieur, rien de vietnamien. Une esthétique épurée, occidentale, revisitée pour un public bobo parisien. Le regard situé te demande : qui a créé cet espace ? Qui en tire profit ? Où sont les restaurants tenus par des personnes vietnamiennes dans ce même quartier ? Est-ce que je peux les trouver et y aller à la place ? Tu commandes un matcha latte. Le regard situé te dit que le Japon est en crise de production de thé matcha à cause du dérèglement climatique, que la demande occidentale explose et que ça crée une pression sur les producteurs japonais qui ne peuvent plus suivre. Tu bois quand même peut-être, mais tu sais. Tu vois le moringa latte arriver dans les coffee shops branchés. Le regard situé te dit que les populations africaines consomment le moringa depuis des siècles, que cette plante va être extraite de son contexte, rebrandée, surpayée, revendue à des populations occidentales pendant que les populations qui en sont à l’origine n’en tireront aucun bénéfice économique. C’est le même mouvement que le yoga, que le hammam, que le gua sha, que la méditation de pleine conscience détachée du bouddhisme. C’est le capitalisme qui s’approprie, efface l’origine, et revend. Et le bain froid. On ouvre des salles de bain froid en prétendant que c’est révolutionnaire, que ça va nous soulager, que c’est une découverte. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que cette tendance s’appuie sur notre aveuglement à ce que fait le capitalisme à nos corps pour nous pousser à consommer. Il casse d’abord. Il revend la solution ensuite. Audre Lorde appelait ça l’attention comme acte de survie. Pas attendre que les réseaux te livrent l’information. Être soi-même en état de vérification active. Boycotter intelligemment : l’empire Bolloré Donc revenons à Bolloré. Parce que le regard situé appliqué à son empire donne quelque chose de très précis. Bolloré est un homme blanc, catholique traditionaliste, ultrariche, héritier d’un empire industriel construit en partie sur l’exploitation de ressources africaines, notamment au Cameroun et en Côte d’Ivoire via Bolloré Africa Logistics. Sa fortune a une géographie coloniale réelle, pas métaphorique. Il n’a pas investi dans les médias pour faire de l’argent. Il l’a fait pour le contrôle des idées. Contrôler quels regards sont diffusés à grande échelle, c’est contrôler ce qui passe pour évident, normal, universel. C’est le god trick d’Haraway appliqué à l’échelle d’un empire médiatique. Alors boycotter, oui. Mais en sachant où tomber. CNews, évite. Favorise Blast, Mediapart, les chaînes YouTube de journalistes indépendants racisé·es. Chaque vue que tu donnes à CNews est une donnée vendue à ses annonceurs. Europe 1, évite. Favorise les podcasts de créateurs et créatrices racisé·es. Ta propre écoute devient un acte de redistribution d’attention. Le JDD depuis juillet 2023, quand Bolloré a imposé Guillaume Dubois à s

    20 min
  3. 2 juin

    111 - Entrez dans une nouvelle ère...

    Hello ! J’espère que vous allez bien malgré la canicule. Enfin, aujourd’hui c’est un peu plus supportable. On est le 1er juin, mon mois préféré de l’année. Déjà parce que c’est le mois de mon anniversaire, et parce que c’est le mois qui introduit l’été. Les deux réunis font que c’est aussi le moment où je prends le temps de regarder ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire, comment me projeter pour la suite. S’il y a des Gémeaux parmi vous : manifestez-vous. On est apparemment le signe le plus adoré et le plus détesté en même temps, et à lire le contenu qui passe en ce moment j’arrive pas à décider si je suis une personne adorable ou totalement détestable 😂. Bref. Beaucoup de sujets dans cet épisode, je vais les passer rapidement : les changements liés au CDI qui démarre cette semaine (dès le début), un update santé (06:30), les corrections édito de Comète (09:00), la couverture, la liste pour enfants (14:00), le guide diversité (19:10), et mes lectures du mois. C’est parti pour le CDI Je suis à une semaine de la reprise du salariat et j’ai l’impression de me préparer à un grand voyage. Depuis trois semaines j’essaye de tout faire en avance : produire du contenu, me mettre à jour sur mes lectures en cours, planifier ma vie d’autrice pour les sept prochains mois, remettre des routines en place, voir des amis et de la famille avant que le rythme change. Le premier mois va être intense, c’est toujours comme ça quand on change d’emploi. Et surtout, même s’il y a des similitudes avec ce que je faisais avant, travailler dans la cybersécurité c’est une vraie reconversion, il y a énormément à apprendre. C’est ce que j’ai choisi, c’est ce que je voulais. Mais ça va être costaud au début. Ah, et pendant que j’y suis : vous êtes les premiers à le savoir, je prépare un concours parce qu’on est 40 000 sur Instagram. C’est grâce à vous, clairement. Et pour moi, 40 000 personnes ça veut dire 40 000 personnes potentiellement conscientes de ce qui se passe autour de la représentation des personnes racisées et minorisées dans l’édition, qui luttent à leur échelle, qui diffusent ces messages autour d’elles. En tout cas j’espère que c’est ce que vous faites si vous êtes là. Parce qu’on ne peut pas juste lire des livres avec des personnages racisés tout en ayant les yeux fermés sur tout ce qui se passe à côté. Pour moi c’est de l’incohérence. Mais passons. Santé : ce que je teste en ce moment Les insomnies sont toujours là. J’ai fait des analyses, je suis en bas de l’échelle côté magnésium et fer, donc je me supplémente depuis peu. Ce n’est pas dangereux mais ça coûte rien d’essayer, et je vous en redirai un mot si ça change quelque chose : moins de maux de tête, moins de fatigue constante, plus de facilité à rester endormie. J’ai aussi testé un bain flottaison chez Meizo à Paris. Je vous en parlerai en détail dans une prochaine newsletter mais c’était vraiment pas mal. Je me suis fait masser aussi, et j’ai un autre massage prévu cette semaine parce que j’ai encore des douleurs musculaires. L’objectif c’est de commencer ce CDI au mieux de ma forme, ou autant que faire se peut. On est loin d’un équilibre stable en termes de santé physique, mentale et émotionnelle. Mais je mettais ça de côté depuis des années, donc forcément le retour de bâton est rude. Ça va prendre du temps. Je m’accroche. Comète : 30 heures de corrections en un week-end J’ai reçu les corrections édito de ma maison d’édition vendredi soir dernier, et j’ai passé tout le week-end dessus. À part mon passage au festival Brillance de l’association Tant que je serai noire le samedi, c’était corrections non-stop. J’ai compté : 30 heures. À un moment j’ai levé la tête en pensant qu’il était 21h, il était 1h du matin. C’est sûr que ça n’aide pas contre les insomnies. Mais j’avais besoin d’avancer vite pour ne pas me retrouver en retard avec tout ce qui arrive en même temps, et pour que mon éditrice et toute l’équipe restent dans les temps. J’ai appris des choses sur ma manière d’écrire au passage. Je ferai un épisode dédié une fois les corrections vraiment terminées, mais voilà ce que j’ai noté à chaud. Je ne suis apparemment pas quelqu’un de drôle 🤣. En tout cas je ne sais pas écrire des scènes désopilantes. Je m’en doutais un peu, et c’est plus une question d’humour qui ne passe pas à l’écrit si on n’a pas le référentiel. Ce n’est clairement pas le coeur du roman, Dieu merci. Mais c’était intéressant à constater. L’autre chose : j’ai tendance à écrire des contradictions. À dire quelque chose et son contraire juste après, comme s’il y avait deux voix dans ma tête qui ont chacune besoin de s’exprimer. Ce n’est pas normal d’écrire comme ça, il y a quelque chose à travailler là-dedans. Ça fait d’ailleurs écho à quelque chose qui se passe aussi à l’oral : il m’arrive d’utiliser des mots qui ont un sens totalement opposé à ce que je veux dire, et je m’en rends compte au moment où le mot sort. J’avais fait une vidéo sur Instagram là-dessus. Mais sur le plan de l’écriture, je pense que le travail se fera plutôt lors des réécritures futures, pas pendant le premier jet. Au moins maintenant je sais. Et la couverture : pour celles et ceux qui sont dans le canal VIP (vous pouvez le rejoindre depuis votre téléphone) vous savez déjà. Elle est tellement belle. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant, mais si vous avez vu les moodboards de Comète, on est dans les tons bleus et dans les flammes. Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire. La liste pour enfants prend forme Ça va prendre du temps, c’est acté. Mais voilà où j’en suis. Le travail de Sarah Ghelam est votre point de départ en attendant. Son essai donne des clés de lecture pour identifier les livres sûrs pour vous et pour vos enfants, et tout ce qui est valable pour vos enfants l’est aussi pour vous en termes de conscience de représentation. Toute la collection de la maison d’édition On ne compte pas pour du beurre est à lire, à étudier, à recommander. Sarah Ghelam a aussi une newsletter où elle continue de parler de livres qu’elle identifie, n’hésitez pas à vous y abonner. De mon côté, je vais me concentrer sur l’auto-édition, justement parce que Sarah s’est focalisée sur l’édition traditionnelle jusqu’à 2023. Et l’auto-édition est doublement invisibilisée : déjà parce qu’elle est souvent perçue comme une sous-catégorie médiocre de l’édition, et parce que les personnes racisées qui y publient le font souvent parce que les maisons d’édition leur ferment la porte, quand le manuscrit est de qualité et que la ligne éditoriale est cohérente. Donc il faut aussi regarder de ce côté-là. Pour le format : j’avais pensé à un PDF ou un e-book mais le problème c’est que vous n’auriez pas accès à ce qui sort après. Et pour moi l’idée n’est pas de vous donner une liste figée, c’est de vous permettre de rester conscients en continu de ce qui existe, parce que vos enfants vont grandir et leurs besoins vont évoluer. Donc ce que j’ai fait pour l’instant : j’ai regroupé les livres pour enfants que j’ai lus sur une page de mon site internet, avec aussi toutes mes lectures de cette année. Je n’ai pas encore tout mis, et il y a des choses que j’ai lues depuis que je suis sur cette terre et qui ne sont plus dans ma bibliothèque, donc je ne peux pas tout lister. Mais l’idée c’est que chaque mois je vous dise si la page a été mise à jour. Le lien est ici. Le guide diversité Je travaille dessus dans un coin de ma tête, c’est-à-dire que ça tourne en permanence, que je prends des notes, et que tout ce que je partage sur Instagram vient nourrir cette réflexion. Pareil pour la liste enfants. Je ne sais pas encore sous quel format vous proposer ça. Beaucoup d’entre vous ont rempli le formulaire que j’avais mis en ligne pour recueillir vos besoins. Ce que je sais, c’est que je veux que ce soit quelque chose d’évolutif, pas figé dans le temps, parce que la représentation dans l’édition évolue ( et les dingueries qui vont avec) et ce n’est pas en prenant une formation à un instant T qu’on comprend toute la complexité du sujet. J’ai trois interventions qui arrivent dans les semaines et mois prochains, et les préparer va m’aider à voir les choses plus clairement sur la manière dont je veux vous proposer ça. En attendant, le contenu est déjà là : sur Instagram, dans les newsletters précédentes, dans le podcast, et dans les bibliographies que j’ai partagées. Parce que pour moi ça passe d’abord par la lecture. Vouloir écrire des personnes racisées sans lire de livres écrits par des personnes racisées, ça n’a pas de sens. Je l’appelle encore « guide diversité » pour l’instant mais ça ne sera pas ça. Vous m’avez comprise 😉. Ce que j’ai lu ce mois-ci Les chroniques détaillées sont sur mon compte Instagram dans les stories à la une, et sur mes profils Babelio et Goodreads. Fantasy de Johan Kavege : une BD à double entrée qui m’a broyé le coeur. Les illustrations sont magnifiques, les corps, les couleurs, les traits, les variations, tout. Je l’ai relue trois fois juste pour prendre le temps de regarder les pages. Si un jour je travaille sur un roman graphique ou de la fantasy heroïque, je pense que je solliciterai cet illustrateur. La BD se lit de gauche à droite ou de droite à gauche, avec une héroïne différente selon l’entrée choisie. Elles se croisent à un moment. Je n’en dis pas plus. If You Stayed de Brittany C. Cherry : il y a deux personnages racisés dans cette romance, mais on aurait presque pu les remplacer par deux pe

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  4. 3 mai

    110 - Update projets, guide diversité, liste livres jeunesse

    Hello, j’espère que vous allez bien. J’ai une grande nouvelle à vous annoncer, et elle a un impact direct sur tous les projets en cours : le guide diversité, le listing d’ouvrages non problématiques avec des personnages racisés à destination des bébés et des enfants. Je vais essayer d’être aussi succincte que possible, mais ça me semblait important que vous compreniez pourquoi certaines choses vont prendre plus de temps que prévu. Cette grande nouvelle, c’est que j’ai trouvé un CDI 🚀✨. Deux ans sans La dernière fois que j’étais en CDI, c’était en mai 2024. Ça s’est terminé de manière profondément humiliante, une trahison de la part de mon employeur, je ne vais pas rentrer dans les détails maintenant. Disons que c’était la goutte d’eau. Nouveau burn-out. Nouvelle remise en question de mes compétences, malgré deux masters. Ces deux dernières années sur le plan du salariat, c’était pas facile. Pourquoi est-ce que j’ai voulu y retourner quand même ? Parce que la vie d’autrice ne paie pas les factures. Je suis auto-éditée depuis fin 2020 début 2021, et bientôt publiée en novembre 2026. Mais ce n’est pas grâce à la vente de mes 2500 recueils de poésie contemporaine (qui sont maintenant disponibles à la commande partout en librairies) que je peux payer mes factures. C’est un chiffre plus que correct au regard du fait que la poésie reste un segment niche, mais ça ne paie pas les factures, bref. La vie d’autrice en France, dans la France de Macron, c’est pas le métier qui paie les factures. Un auteur, une autrice, gagne en moyenne un à deux euros par livre vendu, ça dépend des formats, ça dépend d’un tas de choses. Et une minorité infime d’autrices en France arrive à vivre de son écriture aujourd’hui. Je ne fais clairement pas partie de cette minorité. Si je vis aujourd’hui, si je ne suis pas à la rue, c’est grâce à mes économies. C’est tout. Pourquoi ce CDI change tout J’ai galéré à le trouver depuis décembre, malgré plusieurs masters, malgré des formations supplémentaires. Mais c’est pas ça le sujet de cet épisode. Ce qui compte, c’est ce que ça change. Ce CDI va me permettre de vivre ma vie d’autrice sans la pression financière. Ça ne veut pas dire que ne j’espère pas vendre mes livres, faut pas croire 😌. Mais depuis 2020, j’ai vu comment mon anxiété s’est développée, comment d’autres symptômes physiques, émotionnels, mentaux ont émergé liés à cette pression. Vouloir vivre de ma vie d’autrice, c’est pas la bonne stratégie pour moi, pas aujourd’hui. Ce que je veux, c’est un contexte qui me permet de tester des choses, de me tromper, d’échouer, de tester des projets, des partenariats, des formats, sans que tout ça soit conditionné à ma survie financière. En contrepartie, ça veut dire beaucoup moins de temps disponible. Mon CDI commence le 1er juin. Où en sont les projets Pour Comète : j’ai envoyé la dernière version du manuscrit à mon éditrice, j’attends maintenant les vraies corrections éditoriales sur l’intégralité du roman. Si vous voulez le détail de tout ce qui a précédé, l’épisode 108 est le plus concret sur le sujet. Pour Sonate : c’est pas à l’ordre du jour. Mon éditrice l’a lu, on attend d’avancer sur Comète avant d’y revenir. Pour Plumes : c’est différent. J’ai rajouté un personnage supplémentaire, ce qui nécessite que je lise les chapitres déjà écrits tout en en ajoutant d’autres. Je n’avais jamais procédé comme ça, c’est challengeant et assez étrange. J’essaye de hacker mon cerveau sur ce point sans trop le bousiller. Mon objectif : terminer Plumes avant le 1er juin, pour pouvoir le laisser reposer 4 à 6 semaines avant une réécriture complète. Le guide diversité et le listing de livres sûrs à destination des bébés et des enfants racisés : je vais trouver du temps sur mes week-ends, mais ces projets ne vont pas arriver tout de suite dans vos mains. Je n’ai pas envie de sortir quelque chose sous la pression. Ce sont des choses importantes, et pour qu’elles soient bien faites, il faut du temps. Sur les désabonnements Il y a des personnes qui se sont désabonnées ces derniers mois parce que le guide et le listing ne sortaient pas assez vite. C’est ok, je comprends qu’on ait besoin de certaines choses rapidement. Mais je veux quand même dire ça clairement : si le but c’est d’écrire des personnages racisés et qu’on n’est pas capable d’attendre d’avoir des outils pour le faire correctement, c’est qu’au fond cette volonté était juste décorative. Et c’est exactement ce contre quoi je lutte. Chacun fait comme il le sent, je ne peux empêcher personne d’écrire des personnages racisés alors qu’on ne l’est pas. Mais il faut être responsable de ce qu’on véhicule et de ce qu’on transmet. Ça rejoint d’ailleurs la dernière vidéo que j’ai faite sur la représentation des personnages non-blancs dans la littérature jeunesse, basée sur le livre de Sarah Ghelam. Ce qui change dans la newsletter Quelques ajustements à vous annoncer. La newsletter va (re)devenir mensuelle. Une newsletter par mois, peut-être même tous les mois et demi, deux mois. Dans le monde dans lequel on vit où la création de contenu est tellement assommante, je pense que c’est largement suffisant. J’y ajoute désormais mes chroniques de lectures : jusqu’ici elles étaient uniquement disponibles sur Instagram, Babelio, Goodreads, etc. Maintenant vous les retrouverez aussi ici. Et j’y ajouterai aussi une petite rubrique santé. Pas tous les mois forcément, parce que l’objectif c’est pas de courrir ou de vous étouffer avec trop de contenu. Mais depuis septembre, les problèmes de sommeil, l’endométriose, la santé émotionnelle se sont accentués, et je vais essayer de vous partager ce que je mets en place pour ne pas exploser en plein vol. Je me dis que je ne suis pas la seule à mener plusieurs projets de front, être salariée, être autrice, gérer d’autres casquettes au quotidien. Ça peut peut-être vous être utile. Je vais par exemple tester le magnésium en ce moment pour les insomnies, je vous en redirai plus quand j’aurai quelque chose à dire. En passant Pour les écrivains et écrivaines parmi vous : la nouvelle session de la Formation LICARES ferme ses portes ce dimanche 3 mai. S’il y en a parmi vous que ça intéresse, les infos sont disponibles. Et pourquoi j’en parle ? Parce que depuis 2021 je partage en transparence ce qui m’a concrètement aidée à écrire des recueils, à écrire des romans, à trouver une agence littéraire, à être publiée. Ça passe entre autres par ces formations que j’ai testées, la formation LICARES, Mirata Edito, les Mots raturés. Ça ne veut pas dire qu’on est obligé de passer par là. Il y a plein de chemins pour arriver à écrire et publier un roman. Mais je ne me vois pas dire que tout est venu du ciel par la volonté du Saint-Esprit quand on me demande comment j’ai fait (et on me le demande régulièrement 😉). C’est tout pour aujourd’hui ! Prenez soin de vous en ce mois de mai, j’espère que vous aurez l’occasion de profiter des jours fériés☀️. À très vite ! Mahuna Get full access to La Voix des Mots - écriture, santé mentale et représentation at mahunapoesie.substack.com/subscribe

    20 min
  5. 6 avr.

    108 - Ecrire et signer trois romans en un an...

    Ça faisait longtemps que vous n'aviez pas entendu parler de moi côté podcast. On est en avril, et j'ai passé les trois premiers mois de l'année à terminer les corrections de Comète. Mais avant d'aller plus loin, j'ai trois nouvelles à vous annoncer, parce que je sais que certain·e·s d'entre vous ne vont pas tout lire jusqu'au bout, et je suis quand même sympa. Sonate et Plumes sont sous contrat d’édition ! Oui. Les deux. Sonate a disparu de Wattpad il y a quelques semaines. C’était annoncé : je ne pouvais le partager que parce qu’il n’était pas encore sous contrat. Et maintenant il l’est. Plumes aussi. Ce qui veut dire que j’ai écrit et signé trois romans en un an. Je pose ça là, pour la Mahuna du futur qui doutera et qui se dira que les choses sont compliquées. Pour celles et ceux qui arrivent : Comète est le tome central. Sonate est le préquel, ce qui se passe avant. Plumes est la suite. On peut les lire dans n’importe quel ordre, mais ils sortiront ainsi : Comète en novembre 2026, Sonate en 2027, Plumes en 2028. Je ne vous dis pas encore chez qui ils sont signés, sinon ce ne serait pas drôle. Mais si ça vous intéresse que je partage les trois moodboards ensemble, dites-le moi. Je serai au Festival du Livre de Paris ! Troisième nouvelle : je serai au Salon du Livre de Paris, pas en tant que lectrice, pas encore en tant qu’autrice de Comète puisqu’il n’est pas sorti, mais en tant qu’autrice tout de même, avec mes deux recueils de poésie. Et surtout, je ferai partie d’une table ronde autour de la question « Quelles places pour les autrices noires ? » Je co-animerai cette table ronde avec Jamila, la co-autrice de Wash Day (dont j’ai fait une chronique sur Instagram, je vous la partage). Et j’ai embarqué avec moi Déli d’Overbookées pour modérer, parce que je ne voyais personne de plus qualifiée compte tenu du sujet et de l’expérience de Déli, et parce que je savais que je serais en confiance. Je trouve que se poser cette question-là, à travers mon expérience côté français et celle de Jamila côté américain, c’est déjà quelque chose. Peut-être le début de quelque chose. Rendez-vous le samedi 18 avril à 18h au Grand Palais. Toutes les infos sont sur mon Instagram et sur le site du Festival du Livre de Paris. Et si vous venez, j’aurai quelques exemplaires de mes recueils avec moi. Comment Comète est arrivé à une V6 On m’a posé la question, donc je réponds : non, ça n’a pas dénaturé mon travail. Voilà comment on arrive à six versions. J’ai commencé à écrire Comète en février-mars 2024, avec des alpha-lecteurices qui lisaient les chapitres au fur et à mesure. Ensuite j’ai laissé reposer, je suis revenue dessus : V2. Après les retours des bêta-lecteurices : V3. Puis j’ai rencontré mon agence littéraire, qui m’a donné des retours pour optimiser le manuscrit avant les envois : V4. Ensuite j’ai rencontré Capucine, mon éditrice. Elle m’a demandé de choisir : Young Adult pour aller chez Solleyre, ou adulte pour aller chez Eyrolles roman. J’ai choisi le Young Adult, j’ai fait une V5, et je lui ai envoyée. Elle a travaillé sur les 50 premières pages, et ces 50 pages ont révélé qu’on devait d’abord se mettre d’accord sur la vision du roman, sur ce que je voulais dire, avant d’aller plus loin. Ça n’avait aucun sens de corriger la suite sans avoir réglé ça. Donc V6. Ce que cette V6 m’a demandé C’est la partie compliquée à expliquer sans vous révéler l’intrigue, alors je vais faire de mon mieux. Réécrire cette V6, ça m’a demandé de jouer en partie ma propre sensitivity reader. De me questionner sur mes biais, de faire un pas de côté, en sachant que je ne les ai probablement pas tous les identifiés. Ça m’a demandé de travailler sur les imaginaires qu’on attribue aux personnages racisés, sur leurs émotions, leur profession, leur position dans l’histoire, pour que mon intention soit lisible sans que j’aie besoin d’être là pour l’expliquer. Parce que c’est ça, la différence avec un essai : dans un roman, pas de notes de bas de page. Le lecteur ou la lectrice reçoit le texte seul·e, dans son propre contexte, et ce contexte influence tout. J’essaie quand même de négocier une note d’attention au début ou à la fin du roman, mais dans les faits, il faut que les choix parlent d’eux-mêmes. C’était angoissant. Ça ressemblait à refaire un premier jet, avec tout ce que ça implique quand les choses ne sont pas encore claires. J’ai procrastiné, j’y allais à reculons. Et en même temps, ça m’a appris quelque chose sur la manière de transmettre aussi clairement que possible mes intentions, en tenant compte du fait que je ne serai pas là quand quelqu’un ouvrira ce roman. Ce que ça a fait à ma santé mentale Je pensais à ce roman la nuit. Pas que Comète crée les insomnies, j’ai tendance à en faire de toute façon, mais il s’y invitait. La peur de graver quelque chose d’immuable, de me dire dans quelques années « mais pourquoi t’as écrit ça comme ça ? », ça m’a paralysée un moment. Et puis à un moment je me suis dit : tant que j’essaye de faire du mieux que je peux au moment où je le fais, c’est déjà pas mal. Arrêter de cogiter. Agir au moment voulu, pas avant. Ce que je vois aussi, c’est la progression. Six versions de ce roman. Le travail préparatoire, les prémices de l’idée (elle-même sortie de cinq autres idées). Tout ce chemin est là, même si le résultat en librairie n’est pas encore visible. La suite Comète sort en novembre 2026. La date exacte, je ne la connais pas encore, et dès que je la saurai je vous la partagerai. D’ici là, il reste sept mois pendant lesquels Capucine va travailler sur l’intégralité du roman, et on va commencer ce travail ensemble. Puis viendra la promotion, et je commencerai à vous en dire plus sur les personnages, les thématiques, l’univers. Pour les coulisses de tout ça au quotidien, mon canal VIP sur Instagram (pour y accéder, cliquer depuis votre téléphone) est là pour ça. Pas de spoil, juste plus de backstage sur ma vie d’autrice autour de Comète. Sonate en est à sa V2. Plumes est entre une V1 et une V1,5 : j’ai décidé d’ajouter un personnage, ce qui nécessite des changements conséquents, et j’attendais les retours de mon éditrice avant de me lancer. J’espère que tout ce que j’ai appris sur Comète va me servir pour la suite. Après tout, c’était mon premier roman. À bientôt, et prenez soin de vous. Mahuna P.S. : Si vous voulez retrouver mes chroniques de lectures directement dans la newsletter, dites-le moi. Je les mets déjà sur Goodreads et Babelio, ce serait juste une question de les partager ici aussi. Get full access to La Voix des Mots - écriture, santé mentale et représentation at mahunapoesie.substack.com/subscribe

    26 min
  6. 12 janv.

    104 - Le cadre de Sonate

    Bonne année 🥳 Qu’elle vous soit douce, belle dans la santé et l’amour ! Avant de commencer, voici le petit rappel pour aller lire le nouveau chapitre de mon roman Sonate. Hâte de savoir si tu l’as aimé. Si vous pouvez créer un compte pour pouvoir voter pour les chapitres, ça m’aide beaucoup à faire connaître le roman sur la plateforme à plus de personnes. Et dans l’optique de le signer en maison d’édition aussi :) La formation LICARES ouvre à nouveau ses portes. C’est la formation qui m’a permis de terminer et de signer mon roman Comète. Si tu veux en savoir plus et profitez de mon code promo, clique ici. Je t’y explique tout ce qu’il y a à savoir dessus 😉 1 - Le cadre de Sonate À la base, mon roman Comète (disponible en 2026) devait être un one-shot, un seul tome. Quand j’ai décidé d’écrire un contemporain, je voulais quelque chose de plus accessible et de “faisable”, parce que quand j’ai commencé la formation LICAR, j’avais plusieurs idées en tête, dont certaines avaient déjà l’air de pouvoir devenir des sagas — et moi, je n’étais pas prête pour ça. Je voulais juste réussir à terminer un roman, pas porter une saga, que ce soit en contemporain ou en afro-solarpunk (puisque j’ai aussi ce projet-là en tête). Sauf que quand mes bêta-lecteur·ices ont lu Comète, iels ont ressenti une forme de frustration : certain·es personnages les laissaient sur leur faim, et iels auraient voulu en savoir plus. C’est à ce moment-là que l’idée m’est venue d’écrire un préquel (un tome avant Comet) et un sequel (un tome après). Et donc, Sonate, c’est le préquel. On y suit des personnages présents dans Comet, mais je ne dis pas lesquels parce que je ne veux pas spoiler — ni celles et ceux qui n’ont pas encore commencé Sonate, ni ce qu’il se passe dans Comet. Je précise juste qu’on retrouve des personnages d’un tome à l’autre. Sonate se déroule dans un environnement particulier : la classe prépa. Et si j’ai choisi ce cadre, c’est parce que moi-même j’ai fait une prépa, et j’en garde des souvenirs mitigés. Je sais que certaines personnes ont vécu la prépa de manière très positive et en gardent un excellent souvenir, mais moi ce n’est pas le cas. Et je rappelle aussi que, comme beaucoup d’écrivain·es, mes romans s’inspirent en partie de moi, et mes personnages aussi, en partie, de mon vécu. Pour moi la prépa n’est pas une école.C’est un dispositif. Un point armé du capitalisme. Une machine à fabriquer des soldats du “CApital”. On n’y apprend pas seulement à travailler, on y apprend à encaisser. À se taire. À se dissocier de soi. À faire passer l’épuisement pour une preuve. On y cumule les “-ismes”. Sexisme discret ou frontal, corps triés, paroles coupées, légitimités volées. Classisme déguisé en exigence. Misérabilisme en costume : l’humiliation comme méthode pédagogique. Et au-dessus de tout : l’élite. La promesse d’élévation. Mais l’élévation n’est pas gratuite : elle demande que tu acceptes la hiérarchie. Que tu crois que certain·es méritent plus. La prépa fabrique une “voix royale”. Une voix qui juge, qui classe, qui tranche. Une voix qui se croit neutre parce qu’elle est du côté du pouvoir. Moi je le dis : ce n’est pas juste dur. C’est politique. Et pourtant, je veux nuancer. Parce que la prépa, aussi violente soit-elle, a participé à me façonner. Elle a mis en exergue certains aspects de ma personnalité — à outrance. Elle m’a donné une endurance. Une capacité à faire plusieurs choses en même temps. Elle m’a appris à définir un objectif et à me donner les moyens de l’atteindre. Le paradoxe, c’est que cette institution m’a appris, bien plus tard, à la remettre en question. À comprendre ses mécanismes. À en tirer des avantages. À survivre, puis à m’en affranchir. J’y ai aussi développé une capacité d’effacement. Une manière de me faire petite pour avancer. Et en tant qu’observatrice, j’ai appris à identifier les comportements sociaux : les codes, les rites, les postures. J’ai intégré des langages qui m’ont permis de “fondre” dans n’importe quel milieu. Même si, pendant un temps, j’ai cru devoir y adhérer pour exister. Mais aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs : déplacer ces outils. Réorienter cette discipline, cette lucidité, cette puissance de travail, vers quelque chose de plus juste. Plus efficient pour la société. Vers le vivant. Vers l’idée de faire corps avec soi-même et avec les autres — et pas seulement avec un système. Et c’est précisément tout cet esprit-là — les avantages comme les inconvénients — qui constitue le cadre de Sonate. Je n’en dis pas plus pour éviter de spoiler, mais je suggère que si on lit Sonate avec tout ça en tête, on comprend mieux ce que j’ai voulu faire, et pourquoi la prépa me semblait être le cadre idéal pour l’histoire que j’avais envie de raconter. 2 - Comment j’essaie de trouver ma voix On m’a posé deux questions : comment j’ai réussi à trouver ma voix sur Instagram en parlant à la fois de mon écriture et de mes valeurs sans me disperser, et quels conseils je donnerais à une autrice qui a un univers riche mais qui peine à se positionner clairement. Déjà, je remercie la personne qui a posé ces questions, et je rappelle que mes DM et ma boîte mail Substack sont ouverts si d’autres personnes veulent m’écrire. Ensuite, je le dis franchement : je ne me suis pas “non dispersée”. Au contraire, je me suis beaucoup dispersée, surtout au début. J’ai voulu aller trop vite, faire trop de choses trop rapidement. J’ai commencé par la poésie contemporaine en mai 2020, et quand j’ai décidé de sortir un recueil en octobre 2020 pour les fêtes de fin d’année (donc décembre 2020), j’ai fait ce que je déconseille toujours : j’ai voulu tout faire d’un coup. J’ai créé un site internet, puis j’ai voulu lancer un podcast… bref, j’ai accumulé des choses qui n’étaient pas indispensables. Et si je me suis dispersée, c’est aussi parce que je n’avais pas fait assez de recherches en amont, et surtout parce que je ne m’étais pas suffisamment mise en adéquation avec moi-même : je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire. Pour moi, pour trouver sa voix sur Insta, quand on veut parler de son écriture et de ses valeurs, il faut essayer, tester. Et même aujourd’hui, je suis encore dans cette dynamique-là : je n’ai pas fini d’essayer. Le “gap” récent d’abonnés s’est fait sur une période courte, mais il faut rappeler que je suis sur Instagram depuis mai 2020. Et pendant longtemps, j’ai stagné autour des 2000 abonnés. En plus, pendant le confinement, j’ai eu une période où j’ai fait des choses un peu bizarres : j’ai trié dans mes abonnés parce que je trouvais certains comptes étranges, et je crois que j’ai supprimé presque 500 personnes en quelques mois. Donc même en imaginant que je ne l’avais pas fait et que je serais montée à 4000, la vraie progression récente (sur les trois ou quatre derniers mois) vient surtout d’un choix de positionnement : un choix nourri par des années de recherche, mais aussi par mon évolution personnelle. Cette évolution, elle est liée aussi à la thérapie, parce que ces sujets, je les avais déjà en tête, mais je n’osais pas les incarner. Je n’osais pas en parler, parce que je ne me sentais pas légitime : je pensais ne pas avoir les codes, et même si j’avais beaucoup lu, j’avais l’impression de ne pas être capable de reformuler ça de manière intéressante. Donc j’ai cherché ce qui me correspondait le mieux, et j’ai compris que ce qui comptait pour moi aujourd’hui en tant qu’autrice, ce n’était pas juste “faire des ventes”, mais surtout faire en sorte que mon livre puisse toucher le plus grand nombre — c’est-à-dire être accessible et visible pour le plus grand nombre. Et là, je fais le lien avec ma réalité : je suis une femme noire en France, et concrètement, ça veut dire que mes livres ne sont pas visibles comme ils devraient l’être, parce que le système est traversé par le racisme systémique. J’ai constaté que les livres écrits par des femmes noires en France sont rarement visibles, sauf dans certains cas : quand il s’agit d’essais, ou quand il y a eu des prix. Sur les sujets racisme/esclavage, oui, il y a beaucoup de visibilité. Mais dès qu’on sort de ces thèmes, dès qu’on est dans des récits qui parlent de vécus, de difficultés, d’expériences humaines universelles — mais racontées à travers des personnages noirs — là, ça devient beaucoup plus rare et beaucoup moins mis en avant. Et même si je ne veux pas réduire un personnage noir à sa couleur de peau, je pars aussi de l’idée qu’on ne peut pas faire comme si ça n’avait aucune importance : il y a forcément une couche, un prisme lié au fait d’être noir, sans que ce soit le cœur du récit, mais ça transforme le regard. Et moi, ce sont ces récits-là que je ne trouvais pas assez. C’est d’ailleurs aussi ça qui m’a poussée ces derniers mois à me diriger vers ce positionnement : chercher des moyens de changer ça, au moins pour permettre à mes livres d’être visibles. Qu’ils se vendent ou non, c’est autre chose, mais s’ils sont invisibles, c’est déjà foutu. Je réexplique aussi que mon rapport à Instagram a changé : au départ, quand je suis revenue à l’écriture, mon objectif ce n’était pas la visibilité. Mon objectif, c’était d’abord de savoir si j’étais de nouveau capable d’écrire, après avoir arrêté pendant des années à cause de remarques pas très sympas. Ensuite, l’objectif est devenu de revenir au plaisir, à la connexion entre l’écriture et mes émoti

    19 min
  7. 29/12/2025

    103 - Mon année 2025

    Avant de commencer, voici le petit rappel pour aller lire le nouveau chapitre de mon roman Sonate. Hâte de savoir si tu l’as aimé. Si vous pouvez créer un compte pour pouvoir voter pour les chapitres, ça m’aide beaucoup à faire connaître le roman sur la plateforme à plus de personnes. Et dans l’optique de le signer en maison d’édition aussi :) Prendre le temps de faire le point J’espère que vous allez bien depuis le dernier épisode.J’espère que les fêtes de fin d’année se passent bien pour vous, que vous soyez seul·e ou accompagné·e. J’espère surtout que vous vous sentez aimé·e et que vous prenez soin de vous, à votre manière, avec vos moyens, votre énergie du moment. Avant toute chose, j’ai envie de dire merci.Merci aux personnes qui sont toujours là malgré mon absence depuis le mois de septembre. Merci aussi aux nouvelles personnes qui nous ont rejoints ces derniers jours. Vous êtes quasiment 400 de plus, et ça me touche énormément. Merci d’avoir choisi de vous joindre à cette aventure avec moi. Je vais prendre quelques minutes pour me représenter, parce qu’il y a des nouvelles personnes ici.Je suis Mauna Vigam, poétesse, romancière, animatrice d’ateliers d’écriture émotionnelle et podcasteuse. J’ai auto-édité deux recueils de poésie, Au-delà de nos maux et Tant que j’aimerai, qui se sont vendus à un peu plus de 2500 exemplaires depuis 2021. Et je précise souvent ce chiffre parce que la poésie reste un genre de niche : en général, on parle de tirages annuels à 100 ou 200 exemplaires. Donc oui, c’est beaucoup, et oui, j’en suis fière. J’anime des ateliers d’écriture émotionnelle pour libérer les émotions, que ce soit lors de retraites, en groupe, dans des camps de lecture, en individuel, lors de retraites de yoga, et même parfois en entreprise. Ça m’est déjà arrivé.Ici, on parle d’écriture, de lecture, de bien-être et d’édition. Et mon roman contemporain Young Adult, Comète, publié en maison d’édition, sera en librairies en 2026. Pourquoi cet épisode existe Cet épisode se scinde en deux parties.La première est un bilan de l’année écoulée. La seconde est consacrée aux questions que vous m’avez posées en story. J’ai envie de faire ça plus souvent : vous poser des questions avant d’enregistrer, prendre le temps de m’arrêter, de réfléchir, plutôt que d’être toujours dans l’accélération et dans la course aux objectifs que je me fixe. Merci à celles et ceux qui ont pris le temps de m’écrire. Vos questions sont vraiment intéressantes, et j’y réponds plus loin. Comme d’habitude, l’épisode est aussi disponible au format écrit dans cette newsletter. Il suffit de vous abonner à Substack pour y avoir accès. Et j’en profite pour rappeler que, depuis Noël, je donne accès gratuitement à mon roman Sonate sur Wattpad. Si vous voulez le retrouver facilement, l’abonnement à Substack reste le plus simple. Et si vous pouvez créer un compte Wattpad pour commenter et voter, ça m’aide énormément : ça donne de la visibilité au texte, surtout dans un contexte où les personnes racisées sont encore largement invisibilisées. Une année dédiée à l’écriture Cette année, je me suis donné un objectif clair : prendre une année entière pour la dédier à l’écriture de ma trilogie contemporaine.Je dis trilogie parce que Comète est le roman principal, Sonate est le préquel, et Plume le séquel. Les trois tomes sont indépendants, on peut les lire dans le désordre, même s’il est évidemment préférable de commencer par Comète. On retrouve certains personnages d’un tome à l’autre, mais chaque livre peut se lire seul. Mon objectif minimum était de terminer Comète, de trouver une agence littéraire, d’envoyer le manuscrit en maison d’édition et, avec un peu de chance, d’avoir des retours.Mon objectif “au-dessus”, c’était d’écrire aussi les deux tomes compagnons.Et l’objectif encore au-dessus, presque un rêve, c’était de commencer un quatrième projet qui n’a rien à voir avec cette trilogie et qui dort dans mes tiroirs depuis 2022. J’ai atteint le deuxième objectif, et j’en suis extrêmement fière.🙌🏾 J’ai terminé Comète en janvier-février 2024. Je l’ai envoyé en agence littéraire en février. Après plusieurs échanges, le contrat a été signé début avril. Et j’ai rencontré mon éditrice quasiment dans la foulée. C’est un concours de circonstances assez incroyable, parce que normalement, on envoie des dossiers de soumission et on peut attendre des années sans réponse. Là, l’univers a mis sur mon chemin des personnes alignées avec mes valeurs, et je m’estime vraiment chanceuse. Cette année a aussi été dédiée à Sonate et Plume. J’ai terminé Sonate et écrit une grande partie de Plume avant de partir trois semaines à Taïwan en novembre. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez vu les bons moments comme les moins bons — notamment cet épisode où une touriste m’a touché les cheveux sans ma permission 😱. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons. Le travail invisible de l’édition Avant de partir, j’avais un objectif très précis : finir la seconde réécriture de Sonate pour pouvoir envoyer les dossiers de soumission à mon agence et à mon éditrice. Un dossier de soumission, c’est un document qui contient des informations sur l’autrice, mais surtout sur le roman : sa nature, ses thématiques, la note d’intention, le message porté, les 7000 premiers mots et le synopsis complet. Je tenais à envoyer ces dossiers avant mon départ pour que, pendant que j’étais en vacances, mon agence et mon éditrice puissent lire. J’ai eu leurs retours juste avant le Salon de Montreuil. Pour l’instant, je ne peux pas en dire beaucoup plus, si ce n’est que Sonate et Plume sont en recherche de signature 😌. J’ai atteint mon objectif : écrire ces trois romans, dans des versions abouties. Et ça, c’est énorme 🚀. Ce que cette année m’a appris sur mon écriture J’ai appris que je déteste profondément les premiers jets.Tout est flou, indécis, et même si je sais où je veux aller, l’enchaînement des scènes me donne parfois l’impression que je n’y arriverai jamais. À l’inverse, j’adore la réécriture. Quand l’histoire est posée, quand je peux ajouter, retirer, modifier, mélanger les genres, trouver une forme qui me ressemble. Sonate a été particulièrement compliquée. J’ai recommencé le premier jet quatre fois. Trop telenovela. Trop drama. Trop Netflix. Et derrière ça, il y avait aussi cette croyance que si c’était simple, ça n’intéresserait personne. En plus, c’était un roman en vers libres, avec une contrainte énorme de longueur : passer de 90 000 mots à 35 000. J’ai compris que ma méthode pour ce type de texte était d’écrire d’abord l’histoire sans me soucier de la poésie, de faire valider l’intrigue par mes bêta-lecteurs et bêta-lectrices, puis seulement ensuite d’entrer dans un travail d’orfèvre poétique. Écrire seule… et accompagnée Cette année m’a aussi appris que j’aime écrire seule, mais que j’aime aussi écrire avec d’autres. J’ai eu deux partenaires d’écriture à des moments différents de l’année. Alors coucou Juliette, coucou Laura, et Elodie (que j’ai oublié de mentionner dans l’audio) si vous lisez ces lignes. Écrire à plusieurs moments de la journée, échanger, se sentir moins seule dans une activité aussi solitaire que l’écriture, ça m’a fait énormément de bien. Je suis consciente aussi que j’ai beaucoup de chance. J’ai des proches compréhensifs : ma famille, mes ami·es, mon partenaire de vie. Même si je passais beaucoup de temps seule chez moi, je n’étais pas isolée émotionnellement. Et je sais que ce soutien-là change énormément de choses. Deadline, fatigue et équilibre J’ai appris que je fonctionne à la deadline. J’ai besoin d’impératifs pour avancer. Sinon, je procrastine. J’ai quand même fait des pauses, parfois longues, parce que Sonate m’a épuisée. Et j’avais sous-estimé certaines contraintes : le voyage à Taïwan, une formation en décembre pour préparer un retour au salariat. Mais tout ça me confirme que j’ai bien fait de prendre cette année pour écrire. Le plus dur est fait : les premiers jets. Même si je reprends un travail salarié début 2026, la suite sera plus gérable. Représentation, invisibilisation, prise de position Cette année a aussi été celle où j’ai osé me positionner publiquement sur l’invisibilisation des personnes racisées dans l’édition. Tout est parti d’un moment très concret : aller en librairie et réaliser qu’il y avait très peu de romans contemporains français avec des personnages noirs en couverture, écrits par des auteur·rices noir·es français·es. J’ai compris que ce que je lisais jusque-là était majoritairement des essais, des témoignages ou des traductions. Et j’ai décidé de parler. Parce que le contexte politique actuel rend le silence impossible. Vos questions, sans filtre Moment littéraire le plus poignant / émouvant cette année ? Le moment littéraire le plus émouvant de l’année a été la signature de mon contrat, et surtout le moment où mon éditrice m’a contactée sur Instagram et m’a dit, moins de 48 heures plus tard, qu’elle voulait signer Comète. Le deuxième moment marquant de l’année, ce sont toutes les rencontres que j’ai faites avec Laura Nsafou. Parce que c’est une autrice afroféministe que je suis depuis 2018, dont je lis le travail depuis des années, et qui a été l’une des premières, dans mon paysage à moi, à parler de l’invisibilisation des personnes racisées dans l’édition, notamment en littérature jeunesse, où le phénomène est encore plus criant. E

    45 min
  8. 17/09/2025

    101 - Mon avis sur la formation LICARES

    Aujourd’hui, j’ai envie de vous emmener dans les coulisses d’un outil qui a été décisif dans mon parcours : la formation LICARES. C’est un épisode spécial. Comme je vous l’avais déjà dit, si j’ai quelque chose d’important à partager avec vous, je prends le temps de le faire, même si ça bouscule un peu le rythme habituel de la newsletter et du podcast. Et croyez-moi, ce que j’ai à vous dire aujourd’hui mérite largement cette petite parenthèse. Installez-vous bien, prenez un thé ou un café… c’est parti ! Pourquoi je vous parle de LICARES aujourd’hui En 2026, mon roman contemporain Young Adult, Comète, sortira en librairie. Rien que d’écrire cette phrase, ça me donne encore des frissons. Et si je peux vous annoncer ça aujourd’hui, c’est aussi grâce à un outil qui a largement contribué à ce que je signe ce contrat d’édition (et les deux autres pour mes romans Sonate et Plumes) : la formation LICARES. Je l’ai suivie sur deux modules : * Devenir écrivain (qui existe depuis plusieurs années, connue dans le milieu de l’édition), * et Devenir écrivain auto-édité, une formation plus récente, créée en novembre 2023. J’ai suivi les deux, en commençant par « Devenir écrivain » en mai 2023 (promo NYX ), puis « Devenir écrivain auto-édité » (promo Comète – oui, le même nom que mon roman, comme un signe du destin). Pourquoi deux formations ? Parce que j’étais tellement satisfaite de la première que j’ai eu envie d’aller plus loin. Et puis, je me suis dit : si jamais je n’arrivais pas à signer de contrat pour Comète, au moins j’aurais toutes les clés en main pour l’auto-éditer correctement. Parce qu’on ne promeut pas un roman comme on promeut un recueil de poésie. Les enjeux, les coûts financiers, les stratégies… tout est différent. Je voulais être prête, quelle que soit l’issue. Se professionnaliser : ma motivation première La vérité, c’est que j’avais besoin de me professionnaliser. J’avais besoin de reprendre confiance.J’avais écrit un roman ado quand j’étais plus jeune, une soixantaine de pages, avant d’abandonner… à cause d’une remarque d’une prof de français. Cette blessure m’a longtemps paralysée. Mais après mes deux recueils de poésie en auto-édition, après vos retours, après avoir appris de mes erreurs et pris goût à l’indépendance, j’ai eu envie de retenter le roman. Et cette fois, pas question de foncer tête baissée. 👉 Je voulais apprendre à écrire un roman de qualité professionnelle,👉 comprendre les attentes des maisons d’édition,👉 savoir pitcher, présenter un dossier de soumission complet,👉 bref, ne pas donner de raison à quiconque d’écarter mon manuscrit pour autre chose que sa qualité littéraire. Parce que oui, il y avait aussi en toile de fond cette charge mentale et raciale que je ressens en tant que femme noire : ce besoin constant de ne donner aucune excuse pour qu’on me rejette. Ça a toujours été ma manière d’avancer : connaître les règles, les respecter, maîtriser mon sujet. Et dans le milieu de l’édition, je voulais exactement la même chose. Une formation complète : 7 modules sur 10 semaines La formation Devenir écrivain (LICARES), c’est 7 modules répartis sur 10 semaines. C’est long, et c’est ce qui m’a plu. On prend le temps d’entrer dans les détails, d’aborder les blocages, les méthodes, les réalités du marché. Chaque semaine, il y a des lives avec des professionnels du livre (enregistrés pour qu’on puisse les revoir), des exercices corrigés individuellement, et surtout une approche très structurée. Je vais vous faire un retour module par module, pour que vous compreniez à quel point ça m’a aidée. Module 1 : Introduction & brainstorming On commence doucement : introduction, fonctionnement de la formation, puis brainstorming.Même si on arrive avec une idée de roman en tête, on repart avec une boîte à outils pour en générer d’autres. Dans mon cas, j’avais plein de bribes d’idées mais rien de concret. Comet est en fait né de cinq idées différentes qui se sont rencontrées. C’est après la formation que j’ai réussi à en tirer une seule histoire solide. Module 2 : La méthode LICARES C’est le cœur de la formation. Comment passer de l’idée à une structure solide : squelette du roman, rebondissements, découpages, intrigues secondaires… C’est là que j’ai compris la différence entre écrivain « jardinier » (qui écrit au fil de l’eau) et « architecte » (qui fait un plan détaillé avant). Moi, je suis hybride. Pour Comet, j’ai eu besoin d’un cadre. Pour mon troisième roman, Plume, j’ai commencé avec un plan… avant de me laisser porter à nouveau. La méthode LICAR m’a donné une base rassurante à laquelle revenir chaque fois que je me sentais bloquée. Module 3 : Surmonter les blocages de l’écrivain Syndrome de l’imposteur, perfectionnisme, peur de l’échec, syndrome de l’objet brillant (vous savez, quand on a une idée géniale… puis une autre… et on ne finit jamais rien)… tout est passé en revue. Rien que mettre des mots sur ces blocages, ça a été libérateur. J’ai appris à reconnaître mes travers, à dompter ma tendance à courir après la nouvelle idée brillante, et à accepter que la procrastination est parfois juste une façon pour mon cerveau de se reposer. Module 4 : Trouver l’inspiration et gérer son temps Routines d’écriture, concentration, productivité… ce module est utile si vous débutez ou si vous vous sentez vite débordé·e. Pour ma part, j’avais déjà mes méthodes, mais j’ai apprécié les pistes proposées. Module 5 : Gérer et exploiter les corrections Un de mes préférés ! Parce qu’écrire un roman, ce n’est pas seulement rédiger un premier jet. C’est réécrire, corriger, affiner. Grâce à ce module, j’ai compris qu’il y a des délais incompressibles entre deux versions. J’ai appris à construire un guide pour mes bêta-lecteurs (hyper utile, croyez-moi), et surtout à ne pas me dégoûter de mon propre roman en corrigeant de manière plus rationnelle et organisée. Module 6 : Les secrets de l’édition Là, on démonte pas mal de fantasmes. L’édition reste une entreprise, avec ses contraintes financières et éditoriales. J’ai compris ce que je pouvais attendre (ou pas) de mon éditeur, le rôle des différents acteurs de la chaîne du livre, et les bases juridiques des contrats. Ce module m’a donné de l’humilité et de la lucidité : on garde les pieds sur terre. Module 7 : Faire publier son roman Le module game changer.On apprend à construire un dossier de soumission béton, à rédiger un synopsis qui donne envie, et à envoyer son manuscrit de manière professionnelle. C’est grâce à ça que j’ai aussi pu travailler avec une agente littéraire. J’ai évité des erreurs qui m’auraient sans doute fait perdre du temps et des opportunités. L’importance de l’accompagnement humain Tout au long de la formation, nous sommes accompagnés par des pros : * Lucie (méthode, introduction), * Johanna (coaching, mindset), * Dimitri (soumission, lecture des premiers mots du manuscrit). Leurs retours personnalisés ont été précieux. Par exemple, c’est en échangeant avec Dimitri que j’ai pris une décision décisive pour Comète : abandonner l’idée d’un roman en vers libres pour revenir à une narration plus classique. Et puis il y a la communauté : via Discord, on crée des liens forts. Une de mes bêtas-lectrices vient de là. Une autre autrice est devenue ma partenaire de sessions d’écriture. On se soutient, on se relit, on s’encourage. Et ça, ça n’a pas de prix. Les bonus qui font la différence * Accès à vie à la formation et aux replays des lives. * Nouvelles ressources régulières (on reçoit encore des mails pour les prochains lives, même après). * Une ambiance vraiment bienveillante au sein des promos. * Et même des événements organisés par LICAR pour les auteurs auto-édités. Infos pratiques et code promo Les inscriptions pour la prochaine promo se termine le 3 mai 2026 !Le paiement est possible en plusieurs fois, et j’ai un code promo affilié pour vous :MAHUNA (80€ de réduction). Oui, c’est un partenariat, donc je touche une commission si vous l’utilisez. Mais je vous en parle uniquement après avoir signé trois contrats d’édition, pour rester la plus objective possible. En résumé La formation LICARES m’a permis de : * dépasser mes blocages, * structurer Comète de A à Z, * apprendre à corriger efficacement, * comprendre les réalités de l’édition, * rédiger un dossier de soumission professionnel, * trouver mon agente littéraire, * et surtout… reprendre confiance. Si vous êtes primo-romancier·e, si vous avez un manuscrit dans vos tiroirs qui n’a jamais trouvé preneur, ou si vous hésitez à vous lancer, cette formation peut vraiment faire la différence. Voilà, je crois que je vous ai tout dit.Cet outil m’a aidée à signer mon contrat d’édition pour Comète, Sonate et Plumes, et il continue de m’accompagner aujourd’hui dans l’écriture de mes autres projets en cours ! Prenez soin de vous, prenez soin de vos émotions.Et si vous avez des questions sur la formation, n’hésitez pas à me les poser :👉 soit en répondant directement à cette newsletter,👉 soit sur mes réseaux. Merci pour votre soutien, vos commentaires, vos notes… et merci d’être là, toujours. À très vite Mahuna Get full access to La Voix des Mots - écriture, santé mentale et représentation at mahunapoesie.substack.com/subscribe

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À propos

La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture, lecture, bien-être et édition car je vous partagerai aussi ma vie d’autrice. Bienvenue ! mahunapoesie.substack.com