la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions !

Mahuna Vigam

La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture, lecture, bien-être et édition car je vous partagerai aussi ma vie d’autrice. Bienvenue ! mahunapoesie.substack.com

  1. -15 H

    110 - Update projets, guide diversité, liste livres jeunesse

    Hello, j’espère que vous allez bien. J’ai une grande nouvelle à vous annoncer, et elle a un impact direct sur tous les projets en cours : le guide diversité, le listing d’ouvrages non problématiques avec des personnages racisés à destination des bébés et des enfants. Je vais essayer d’être aussi succincte que possible, mais ça me semblait important que vous compreniez pourquoi certaines choses vont prendre plus de temps que prévu. Cette grande nouvelle, c’est que j’ai trouvé un CDI 🚀✨. Deux ans sans La dernière fois que j’étais en CDI, c’était en mai 2024. Ça s’est terminé de manière profondément humiliante, une trahison de la part de mon employeur, je ne vais pas rentrer dans les détails maintenant. Disons que c’était la goutte d’eau. Nouveau burn-out. Nouvelle remise en question de mes compétences, malgré deux masters. Ces deux dernières années sur le plan du salariat, c’était pas facile. Pourquoi est-ce que j’ai voulu y retourner quand même ? Parce que la vie d’autrice ne paie pas les factures. Je suis auto-éditée depuis fin 2020 début 2021, et bientôt publiée en novembre 2026. Mais ce n’est pas grâce à la vente de mes 2500 recueils de poésie contemporaine (qui sont maintenant disponibles à la commande partout en librairies) que je peux payer mes factures. C’est un chiffre plus que correct au regard du fait que la poésie reste un segment niche, mais ça ne paie pas les factures, bref. La vie d’autrice en France, dans la France de Macron, c’est pas le métier qui paie les factures. Un auteur, une autrice, gagne en moyenne un à deux euros par livre vendu, ça dépend des formats, ça dépend d’un tas de choses. Et une minorité infime d’autrices en France arrive à vivre de son écriture aujourd’hui. Je ne fais clairement pas partie de cette minorité. Si je vis aujourd’hui, si je ne suis pas à la rue, c’est grâce à mes économies. C’est tout. Pourquoi ce CDI change tout J’ai galéré à le trouver depuis décembre, malgré plusieurs masters, malgré des formations supplémentaires. Mais c’est pas ça le sujet de cet épisode. Ce qui compte, c’est ce que ça change. Ce CDI va me permettre de vivre ma vie d’autrice sans la pression financière. Ça ne veut pas dire que ne j’espère pas vendre mes livres, faut pas croire 😌. Mais depuis 2020, j’ai vu comment mon anxiété s’est développée, comment d’autres symptômes physiques, émotionnels, mentaux ont émergé liés à cette pression. Vouloir vivre de ma vie d’autrice, c’est pas la bonne stratégie pour moi, pas aujourd’hui. Ce que je veux, c’est un contexte qui me permet de tester des choses, de me tromper, d’échouer, de tester des projets, des partenariats, des formats, sans que tout ça soit conditionné à ma survie financière. En contrepartie, ça veut dire beaucoup moins de temps disponible. Mon CDI commence le 1er juin. Où en sont les projets Pour Comète : j’ai envoyé la dernière version du manuscrit à mon éditrice, j’attends maintenant les vraies corrections éditoriales sur l’intégralité du roman. Si vous voulez le détail de tout ce qui a précédé, l’épisode 108 est le plus concret sur le sujet. Pour Sonate : c’est pas à l’ordre du jour. Mon éditrice l’a lu, on attend d’avancer sur Comète avant d’y revenir. Pour Plumes : c’est différent. J’ai rajouté un personnage supplémentaire, ce qui nécessite que je lise les chapitres déjà écrits tout en en ajoutant d’autres. Je n’avais jamais procédé comme ça, c’est challengeant et assez étrange. J’essaye de hacker mon cerveau sur ce point sans trop le bousiller. Mon objectif : terminer Plumes avant le 1er juin, pour pouvoir le laisser reposer 4 à 6 semaines avant une réécriture complète. Le guide diversité et le listing de livres sûrs à destination des bébés et des enfants racisés : je vais trouver du temps sur mes week-ends, mais ces projets ne vont pas arriver tout de suite dans vos mains. Je n’ai pas envie de sortir quelque chose sous la pression. Ce sont des choses importantes, et pour qu’elles soient bien faites, il faut du temps. Sur les désabonnements Il y a des personnes qui se sont désabonnées ces derniers mois parce que le guide et le listing ne sortaient pas assez vite. C’est ok, je comprends qu’on ait besoin de certaines choses rapidement. Mais je veux quand même dire ça clairement : si le but c’est d’écrire des personnages racisés et qu’on n’est pas capable d’attendre d’avoir des outils pour le faire correctement, c’est qu’au fond cette volonté était juste décorative. Et c’est exactement ce contre quoi je lutte. Chacun fait comme il le sent, je ne peux empêcher personne d’écrire des personnages racisés alors qu’on ne l’est pas. Mais il faut être responsable de ce qu’on véhicule et de ce qu’on transmet. Ça rejoint d’ailleurs la dernière vidéo que j’ai faite sur la représentation des personnages non-blancs dans la littérature jeunesse, basée sur le livre de Sarah Ghelam. Ce qui change dans la newsletter Quelques ajustements à vous annoncer. La newsletter va (re)devenir mensuelle. Une newsletter par mois, peut-être même tous les mois et demi, deux mois. Dans le monde dans lequel on vit où la création de contenu est tellement assommante, je pense que c’est largement suffisant. J’y ajoute désormais mes chroniques de lectures : jusqu’ici elles étaient uniquement disponibles sur Instagram, Babelio, Goodreads, etc. Maintenant vous les retrouverez aussi ici. Et j’y ajouterai aussi une petite rubrique santé. Pas tous les mois forcément, parce que l’objectif c’est pas de courrir ou de vous étouffer avec trop de contenu. Mais depuis septembre, les problèmes de sommeil, l’endométriose, la santé émotionnelle se sont accentués, et je vais essayer de vous partager ce que je mets en place pour ne pas exploser en plein vol. Je me dis que je ne suis pas la seule à mener plusieurs projets de front, être salariée, être autrice, gérer d’autres casquettes au quotidien. Ça peut peut-être vous être utile. Je vais par exemple tester le magnésium en ce moment pour les insomnies, je vous en redirai plus quand j’aurai quelque chose à dire. En passant Pour les écrivains et écrivaines parmi vous : la nouvelle session de la Formation LICARES ferme ses portes ce dimanche 3 mai. S’il y en a parmi vous que ça intéresse, les infos sont disponibles. Et pourquoi j’en parle ? Parce que depuis 2021 je partage en transparence ce qui m’a concrètement aidée à écrire des recueils, à écrire des romans, à trouver une agence littéraire, à être publiée. Ça passe entre autres par ces formations que j’ai testées, la formation LICARES, Mirata Edito, les Mots raturés. Ça ne veut pas dire qu’on est obligé de passer par là. Il y a plein de chemins pour arriver à écrire et publier un roman. Mais je ne me vois pas dire que tout est venu du ciel par la volonté du Saint-Esprit quand on me demande comment j’ai fait (et on me le demande régulièrement 😉). C’est tout pour aujourd’hui ! Prenez soin de vous en ce mois de mai, j’espère que vous aurez l’occasion de profiter des jours fériés☀️. À très vite ! Mahuna This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mahunapoesie.substack.com

    20 min
  2. 6 AVR.

    108 - Ecrire et signer trois romans en un an...

    Ça faisait longtemps que vous n'aviez pas entendu parler de moi côté podcast. On est en avril, et j'ai passé les trois premiers mois de l'année à terminer les corrections de Comète. Mais avant d'aller plus loin, j'ai trois nouvelles à vous annoncer, parce que je sais que certain·e·s d'entre vous ne vont pas tout lire jusqu'au bout, et je suis quand même sympa. Sonate et Plumes sont sous contrat d’édition ! Oui. Les deux. Sonate a disparu de Wattpad il y a quelques semaines. C’était annoncé : je ne pouvais le partager que parce qu’il n’était pas encore sous contrat. Et maintenant il l’est. Plumes aussi. Ce qui veut dire que j’ai écrit et signé trois romans en un an. Je pose ça là, pour la Mahuna du futur qui doutera et qui se dira que les choses sont compliquées. Pour celles et ceux qui arrivent : Comète est le tome central. Sonate est le préquel, ce qui se passe avant. Plumes est la suite. On peut les lire dans n’importe quel ordre, mais ils sortiront ainsi : Comète en novembre 2026, Sonate en 2027, Plumes en 2028. Je ne vous dis pas encore chez qui ils sont signés, sinon ce ne serait pas drôle. Mais si ça vous intéresse que je partage les trois moodboards ensemble, dites-le moi. Je serai au Festival du Livre de Paris ! Troisième nouvelle : je serai au Salon du Livre de Paris, pas en tant que lectrice, pas encore en tant qu’autrice de Comète puisqu’il n’est pas sorti, mais en tant qu’autrice tout de même, avec mes deux recueils de poésie. Et surtout, je ferai partie d’une table ronde autour de la question « Quelles places pour les autrices noires ? » Je co-animerai cette table ronde avec Jamila, la co-autrice de Wash Day (dont j’ai fait une chronique sur Instagram, je vous la partage). Et j’ai embarqué avec moi Déli d’Overbookées pour modérer, parce que je ne voyais personne de plus qualifiée compte tenu du sujet et de l’expérience de Déli, et parce que je savais que je serais en confiance. Je trouve que se poser cette question-là, à travers mon expérience côté français et celle de Jamila côté américain, c’est déjà quelque chose. Peut-être le début de quelque chose. Rendez-vous le samedi 18 avril à 18h au Grand Palais. Toutes les infos sont sur mon Instagram et sur le site du Festival du Livre de Paris. Et si vous venez, j’aurai quelques exemplaires de mes recueils avec moi. Comment Comète est arrivé à une V6 On m’a posé la question, donc je réponds : non, ça n’a pas dénaturé mon travail. Voilà comment on arrive à six versions. J’ai commencé à écrire Comète en février-mars 2024, avec des alpha-lecteurices qui lisaient les chapitres au fur et à mesure. Ensuite j’ai laissé reposer, je suis revenue dessus : V2. Après les retours des bêta-lecteurices : V3. Puis j’ai rencontré mon agence littéraire, qui m’a donné des retours pour optimiser le manuscrit avant les envois : V4. Ensuite j’ai rencontré Capucine, mon éditrice. Elle m’a demandé de choisir : Young Adult pour aller chez Solleyre, ou adulte pour aller chez Eyrolles roman. J’ai choisi le Young Adult, j’ai fait une V5, et je lui ai envoyée. Elle a travaillé sur les 50 premières pages, et ces 50 pages ont révélé qu’on devait d’abord se mettre d’accord sur la vision du roman, sur ce que je voulais dire, avant d’aller plus loin. Ça n’avait aucun sens de corriger la suite sans avoir réglé ça. Donc V6. Ce que cette V6 m’a demandé C’est la partie compliquée à expliquer sans vous révéler l’intrigue, alors je vais faire de mon mieux. Réécrire cette V6, ça m’a demandé de jouer en partie ma propre sensitivity reader. De me questionner sur mes biais, de faire un pas de côté, en sachant que je ne les ai probablement pas tous les identifiés. Ça m’a demandé de travailler sur les imaginaires qu’on attribue aux personnages racisés, sur leurs émotions, leur profession, leur position dans l’histoire, pour que mon intention soit lisible sans que j’aie besoin d’être là pour l’expliquer. Parce que c’est ça, la différence avec un essai : dans un roman, pas de notes de bas de page. Le lecteur ou la lectrice reçoit le texte seul·e, dans son propre contexte, et ce contexte influence tout. J’essaie quand même de négocier une note d’attention au début ou à la fin du roman, mais dans les faits, il faut que les choix parlent d’eux-mêmes. C’était angoissant. Ça ressemblait à refaire un premier jet, avec tout ce que ça implique quand les choses ne sont pas encore claires. J’ai procrastiné, j’y allais à reculons. Et en même temps, ça m’a appris quelque chose sur la manière de transmettre aussi clairement que possible mes intentions, en tenant compte du fait que je ne serai pas là quand quelqu’un ouvrira ce roman. Ce que ça a fait à ma santé mentale Je pensais à ce roman la nuit. Pas que Comète crée les insomnies, j’ai tendance à en faire de toute façon, mais il s’y invitait. La peur de graver quelque chose d’immuable, de me dire dans quelques années « mais pourquoi t’as écrit ça comme ça ? », ça m’a paralysée un moment. Et puis à un moment je me suis dit : tant que j’essaye de faire du mieux que je peux au moment où je le fais, c’est déjà pas mal. Arrêter de cogiter. Agir au moment voulu, pas avant. Ce que je vois aussi, c’est la progression. Six versions de ce roman. Le travail préparatoire, les prémices de l’idée (elle-même sortie de cinq autres idées). Tout ce chemin est là, même si le résultat en librairie n’est pas encore visible. La suite Comète sort en novembre 2026. La date exacte, je ne la connais pas encore, et dès que je la saurai je vous la partagerai. D’ici là, il reste sept mois pendant lesquels Capucine va travailler sur l’intégralité du roman, et on va commencer ce travail ensemble. Puis viendra la promotion, et je commencerai à vous en dire plus sur les personnages, les thématiques, l’univers. Pour les coulisses de tout ça au quotidien, mon canal VIP sur Instagram (pour y accéder, cliquer depuis votre téléphone) est là pour ça. Pas de spoil, juste plus de backstage sur ma vie d’autrice autour de Comète. Sonate en est à sa V2. Plumes est entre une V1 et une V1,5 : j’ai décidé d’ajouter un personnage, ce qui nécessite des changements conséquents, et j’attendais les retours de mon éditrice avant de me lancer. J’espère que tout ce que j’ai appris sur Comète va me servir pour la suite. Après tout, c’était mon premier roman. À bientôt, et prenez soin de vous. Mahuna P.S. : Si vous voulez retrouver mes chroniques de lectures directement dans la newsletter, dites-le moi. Je les mets déjà sur Goodreads et Babelio, ce serait juste une question de les partager ici aussi. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mahunapoesie.substack.com

    26 min
  3. 12 JANV.

    104 - Le cadre de Sonate

    Bonne année 🥳 Qu’elle vous soit douce, belle dans la santé et l’amour ! Avant de commencer, voici le petit rappel pour aller lire le nouveau chapitre de mon roman Sonate. Hâte de savoir si tu l’as aimé. Si vous pouvez créer un compte pour pouvoir voter pour les chapitres, ça m’aide beaucoup à faire connaître le roman sur la plateforme à plus de personnes. Et dans l’optique de le signer en maison d’édition aussi :) La formation LICARES ouvre à nouveau ses portes. C’est la formation qui m’a permis de terminer et de signer mon roman Comète. Si tu veux en savoir plus et profitez de mon code promo, clique ici. Je t’y explique tout ce qu’il y a à savoir dessus 😉 1 - Le cadre de Sonate À la base, mon roman Comète (disponible en 2026) devait être un one-shot, un seul tome. Quand j’ai décidé d’écrire un contemporain, je voulais quelque chose de plus accessible et de “faisable”, parce que quand j’ai commencé la formation LICAR, j’avais plusieurs idées en tête, dont certaines avaient déjà l’air de pouvoir devenir des sagas — et moi, je n’étais pas prête pour ça. Je voulais juste réussir à terminer un roman, pas porter une saga, que ce soit en contemporain ou en afro-solarpunk (puisque j’ai aussi ce projet-là en tête). Sauf que quand mes bêta-lecteur·ices ont lu Comète, iels ont ressenti une forme de frustration : certain·es personnages les laissaient sur leur faim, et iels auraient voulu en savoir plus. C’est à ce moment-là que l’idée m’est venue d’écrire un préquel (un tome avant Comet) et un sequel (un tome après). Et donc, Sonate, c’est le préquel. On y suit des personnages présents dans Comet, mais je ne dis pas lesquels parce que je ne veux pas spoiler — ni celles et ceux qui n’ont pas encore commencé Sonate, ni ce qu’il se passe dans Comet. Je précise juste qu’on retrouve des personnages d’un tome à l’autre. Sonate se déroule dans un environnement particulier : la classe prépa. Et si j’ai choisi ce cadre, c’est parce que moi-même j’ai fait une prépa, et j’en garde des souvenirs mitigés. Je sais que certaines personnes ont vécu la prépa de manière très positive et en gardent un excellent souvenir, mais moi ce n’est pas le cas. Et je rappelle aussi que, comme beaucoup d’écrivain·es, mes romans s’inspirent en partie de moi, et mes personnages aussi, en partie, de mon vécu. Pour moi la prépa n’est pas une école.C’est un dispositif. Un point armé du capitalisme. Une machine à fabriquer des soldats du “CApital”. On n’y apprend pas seulement à travailler, on y apprend à encaisser. À se taire. À se dissocier de soi. À faire passer l’épuisement pour une preuve. On y cumule les “-ismes”. Sexisme discret ou frontal, corps triés, paroles coupées, légitimités volées. Classisme déguisé en exigence. Misérabilisme en costume : l’humiliation comme méthode pédagogique. Et au-dessus de tout : l’élite. La promesse d’élévation. Mais l’élévation n’est pas gratuite : elle demande que tu acceptes la hiérarchie. Que tu crois que certain·es méritent plus. La prépa fabrique une “voix royale”. Une voix qui juge, qui classe, qui tranche. Une voix qui se croit neutre parce qu’elle est du côté du pouvoir. Moi je le dis : ce n’est pas juste dur. C’est politique. Et pourtant, je veux nuancer. Parce que la prépa, aussi violente soit-elle, a participé à me façonner. Elle a mis en exergue certains aspects de ma personnalité — à outrance. Elle m’a donné une endurance. Une capacité à faire plusieurs choses en même temps. Elle m’a appris à définir un objectif et à me donner les moyens de l’atteindre. Le paradoxe, c’est que cette institution m’a appris, bien plus tard, à la remettre en question. À comprendre ses mécanismes. À en tirer des avantages. À survivre, puis à m’en affranchir. J’y ai aussi développé une capacité d’effacement. Une manière de me faire petite pour avancer. Et en tant qu’observatrice, j’ai appris à identifier les comportements sociaux : les codes, les rites, les postures. J’ai intégré des langages qui m’ont permis de “fondre” dans n’importe quel milieu. Même si, pendant un temps, j’ai cru devoir y adhérer pour exister. Mais aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs : déplacer ces outils. Réorienter cette discipline, cette lucidité, cette puissance de travail, vers quelque chose de plus juste. Plus efficient pour la société. Vers le vivant. Vers l’idée de faire corps avec soi-même et avec les autres — et pas seulement avec un système. Et c’est précisément tout cet esprit-là — les avantages comme les inconvénients — qui constitue le cadre de Sonate. Je n’en dis pas plus pour éviter de spoiler, mais je suggère que si on lit Sonate avec tout ça en tête, on comprend mieux ce que j’ai voulu faire, et pourquoi la prépa me semblait être le cadre idéal pour l’histoire que j’avais envie de raconter. 2 - Comment j’essaie de trouver ma voix On m’a posé deux questions : comment j’ai réussi à trouver ma voix sur Instagram en parlant à la fois de mon écriture et de mes valeurs sans me disperser, et quels conseils je donnerais à une autrice qui a un univers riche mais qui peine à se positionner clairement. Déjà, je remercie la personne qui a posé ces questions, et je rappelle que mes DM et ma boîte mail Substack sont ouverts si d’autres personnes veulent m’écrire. Ensuite, je le dis franchement : je ne me suis pas “non dispersée”. Au contraire, je me suis beaucoup dispersée, surtout au début. J’ai voulu aller trop vite, faire trop de choses trop rapidement. J’ai commencé par la poésie contemporaine en mai 2020, et quand j’ai décidé de sortir un recueil en octobre 2020 pour les fêtes de fin d’année (donc décembre 2020), j’ai fait ce que je déconseille toujours : j’ai voulu tout faire d’un coup. J’ai créé un site internet, puis j’ai voulu lancer un podcast… bref, j’ai accumulé des choses qui n’étaient pas indispensables. Et si je me suis dispersée, c’est aussi parce que je n’avais pas fait assez de recherches en amont, et surtout parce que je ne m’étais pas suffisamment mise en adéquation avec moi-même : je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire. Pour moi, pour trouver sa voix sur Insta, quand on veut parler de son écriture et de ses valeurs, il faut essayer, tester. Et même aujourd’hui, je suis encore dans cette dynamique-là : je n’ai pas fini d’essayer. Le “gap” récent d’abonnés s’est fait sur une période courte, mais il faut rappeler que je suis sur Instagram depuis mai 2020. Et pendant longtemps, j’ai stagné autour des 2000 abonnés. En plus, pendant le confinement, j’ai eu une période où j’ai fait des choses un peu bizarres : j’ai trié dans mes abonnés parce que je trouvais certains comptes étranges, et je crois que j’ai supprimé presque 500 personnes en quelques mois. Donc même en imaginant que je ne l’avais pas fait et que je serais montée à 4000, la vraie progression récente (sur les trois ou quatre derniers mois) vient surtout d’un choix de positionnement : un choix nourri par des années de recherche, mais aussi par mon évolution personnelle. Cette évolution, elle est liée aussi à la thérapie, parce que ces sujets, je les avais déjà en tête, mais je n’osais pas les incarner. Je n’osais pas en parler, parce que je ne me sentais pas légitime : je pensais ne pas avoir les codes, et même si j’avais beaucoup lu, j’avais l’impression de ne pas être capable de reformuler ça de manière intéressante. Donc j’ai cherché ce qui me correspondait le mieux, et j’ai compris que ce qui comptait pour moi aujourd’hui en tant qu’autrice, ce n’était pas juste “faire des ventes”, mais surtout faire en sorte que mon livre puisse toucher le plus grand nombre — c’est-à-dire être accessible et visible pour le plus grand nombre. Et là, je fais le lien avec ma réalité : je suis une femme noire en France, et concrètement, ça veut dire que mes livres ne sont pas visibles comme ils devraient l’être, parce que le système est traversé par le racisme systémique. J’ai constaté que les livres écrits par des femmes noires en France sont rarement visibles, sauf dans certains cas : quand il s’agit d’essais, ou quand il y a eu des prix. Sur les sujets racisme/esclavage, oui, il y a beaucoup de visibilité. Mais dès qu’on sort de ces thèmes, dès qu’on est dans des récits qui parlent de vécus, de difficultés, d’expériences humaines universelles — mais racontées à travers des personnages noirs — là, ça devient beaucoup plus rare et beaucoup moins mis en avant. Et même si je ne veux pas réduire un personnage noir à sa couleur de peau, je pars aussi de l’idée qu’on ne peut pas faire comme si ça n’avait aucune importance : il y a forcément une couche, un prisme lié au fait d’être noir, sans que ce soit le cœur du récit, mais ça transforme le regard. Et moi, ce sont ces récits-là que je ne trouvais pas assez. C’est d’ailleurs aussi ça qui m’a poussée ces derniers mois à me diriger vers ce positionnement : chercher des moyens de changer ça, au moins pour permettre à mes livres d’être visibles. Qu’ils se vendent ou non, c’est autre chose, mais s’ils sont invisibles, c’est déjà foutu. Je réexplique aussi que mon rapport à Instagram a changé : au départ, quand je suis revenue à l’écriture, mon objectif ce n’était pas la visibilité. Mon objectif, c’était d’abord de savoir si j’étais de nouveau capable d’écrire, après avoir arrêté pendant des années à cause de remarques pas très sympas. Ensuite, l’objectif est devenu de revenir au plaisir, à la connexion entre l’écriture et mes émoti

    19 min
  4. 29/12/2025

    103 - Mon année 2025

    Avant de commencer, voici le petit rappel pour aller lire le nouveau chapitre de mon roman Sonate. Hâte de savoir si tu l’as aimé. Si vous pouvez créer un compte pour pouvoir voter pour les chapitres, ça m’aide beaucoup à faire connaître le roman sur la plateforme à plus de personnes. Et dans l’optique de le signer en maison d’édition aussi :) Prendre le temps de faire le point J’espère que vous allez bien depuis le dernier épisode.J’espère que les fêtes de fin d’année se passent bien pour vous, que vous soyez seul·e ou accompagné·e. J’espère surtout que vous vous sentez aimé·e et que vous prenez soin de vous, à votre manière, avec vos moyens, votre énergie du moment. Avant toute chose, j’ai envie de dire merci.Merci aux personnes qui sont toujours là malgré mon absence depuis le mois de septembre. Merci aussi aux nouvelles personnes qui nous ont rejoints ces derniers jours. Vous êtes quasiment 400 de plus, et ça me touche énormément. Merci d’avoir choisi de vous joindre à cette aventure avec moi. Je vais prendre quelques minutes pour me représenter, parce qu’il y a des nouvelles personnes ici.Je suis Mauna Vigam, poétesse, romancière, animatrice d’ateliers d’écriture émotionnelle et podcasteuse. J’ai auto-édité deux recueils de poésie, Au-delà de nos maux et Tant que j’aimerai, qui se sont vendus à un peu plus de 2500 exemplaires depuis 2021. Et je précise souvent ce chiffre parce que la poésie reste un genre de niche : en général, on parle de tirages annuels à 100 ou 200 exemplaires. Donc oui, c’est beaucoup, et oui, j’en suis fière. J’anime des ateliers d’écriture émotionnelle pour libérer les émotions, que ce soit lors de retraites, en groupe, dans des camps de lecture, en individuel, lors de retraites de yoga, et même parfois en entreprise. Ça m’est déjà arrivé.Ici, on parle d’écriture, de lecture, de bien-être et d’édition. Et mon roman contemporain Young Adult, Comète, publié en maison d’édition, sera en librairies en 2026. Pourquoi cet épisode existe Cet épisode se scinde en deux parties.La première est un bilan de l’année écoulée. La seconde est consacrée aux questions que vous m’avez posées en story. J’ai envie de faire ça plus souvent : vous poser des questions avant d’enregistrer, prendre le temps de m’arrêter, de réfléchir, plutôt que d’être toujours dans l’accélération et dans la course aux objectifs que je me fixe. Merci à celles et ceux qui ont pris le temps de m’écrire. Vos questions sont vraiment intéressantes, et j’y réponds plus loin. Comme d’habitude, l’épisode est aussi disponible au format écrit dans cette newsletter. Il suffit de vous abonner à Substack pour y avoir accès. Et j’en profite pour rappeler que, depuis Noël, je donne accès gratuitement à mon roman Sonate sur Wattpad. Si vous voulez le retrouver facilement, l’abonnement à Substack reste le plus simple. Et si vous pouvez créer un compte Wattpad pour commenter et voter, ça m’aide énormément : ça donne de la visibilité au texte, surtout dans un contexte où les personnes racisées sont encore largement invisibilisées. Une année dédiée à l’écriture Cette année, je me suis donné un objectif clair : prendre une année entière pour la dédier à l’écriture de ma trilogie contemporaine.Je dis trilogie parce que Comète est le roman principal, Sonate est le préquel, et Plume le séquel. Les trois tomes sont indépendants, on peut les lire dans le désordre, même s’il est évidemment préférable de commencer par Comète. On retrouve certains personnages d’un tome à l’autre, mais chaque livre peut se lire seul. Mon objectif minimum était de terminer Comète, de trouver une agence littéraire, d’envoyer le manuscrit en maison d’édition et, avec un peu de chance, d’avoir des retours.Mon objectif “au-dessus”, c’était d’écrire aussi les deux tomes compagnons.Et l’objectif encore au-dessus, presque un rêve, c’était de commencer un quatrième projet qui n’a rien à voir avec cette trilogie et qui dort dans mes tiroirs depuis 2022. J’ai atteint le deuxième objectif, et j’en suis extrêmement fière.🙌🏾 J’ai terminé Comète en janvier-février 2024. Je l’ai envoyé en agence littéraire en février. Après plusieurs échanges, le contrat a été signé début avril. Et j’ai rencontré mon éditrice quasiment dans la foulée. C’est un concours de circonstances assez incroyable, parce que normalement, on envoie des dossiers de soumission et on peut attendre des années sans réponse. Là, l’univers a mis sur mon chemin des personnes alignées avec mes valeurs, et je m’estime vraiment chanceuse. Cette année a aussi été dédiée à Sonate et Plume. J’ai terminé Sonate et écrit une grande partie de Plume avant de partir trois semaines à Taïwan en novembre. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez vu les bons moments comme les moins bons — notamment cet épisode où une touriste m’a touché les cheveux sans ma permission 😱. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons. Le travail invisible de l’édition Avant de partir, j’avais un objectif très précis : finir la seconde réécriture de Sonate pour pouvoir envoyer les dossiers de soumission à mon agence et à mon éditrice. Un dossier de soumission, c’est un document qui contient des informations sur l’autrice, mais surtout sur le roman : sa nature, ses thématiques, la note d’intention, le message porté, les 7000 premiers mots et le synopsis complet. Je tenais à envoyer ces dossiers avant mon départ pour que, pendant que j’étais en vacances, mon agence et mon éditrice puissent lire. J’ai eu leurs retours juste avant le Salon de Montreuil. Pour l’instant, je ne peux pas en dire beaucoup plus, si ce n’est que Sonate et Plume sont en recherche de signature 😌. J’ai atteint mon objectif : écrire ces trois romans, dans des versions abouties. Et ça, c’est énorme 🚀. Ce que cette année m’a appris sur mon écriture J’ai appris que je déteste profondément les premiers jets.Tout est flou, indécis, et même si je sais où je veux aller, l’enchaînement des scènes me donne parfois l’impression que je n’y arriverai jamais. À l’inverse, j’adore la réécriture. Quand l’histoire est posée, quand je peux ajouter, retirer, modifier, mélanger les genres, trouver une forme qui me ressemble. Sonate a été particulièrement compliquée. J’ai recommencé le premier jet quatre fois. Trop telenovela. Trop drama. Trop Netflix. Et derrière ça, il y avait aussi cette croyance que si c’était simple, ça n’intéresserait personne. En plus, c’était un roman en vers libres, avec une contrainte énorme de longueur : passer de 90 000 mots à 35 000. J’ai compris que ma méthode pour ce type de texte était d’écrire d’abord l’histoire sans me soucier de la poésie, de faire valider l’intrigue par mes bêta-lecteurs et bêta-lectrices, puis seulement ensuite d’entrer dans un travail d’orfèvre poétique. Écrire seule… et accompagnée Cette année m’a aussi appris que j’aime écrire seule, mais que j’aime aussi écrire avec d’autres. J’ai eu deux partenaires d’écriture à des moments différents de l’année. Alors coucou Juliette, coucou Laura, et Elodie (que j’ai oublié de mentionner dans l’audio) si vous lisez ces lignes. Écrire à plusieurs moments de la journée, échanger, se sentir moins seule dans une activité aussi solitaire que l’écriture, ça m’a fait énormément de bien. Je suis consciente aussi que j’ai beaucoup de chance. J’ai des proches compréhensifs : ma famille, mes ami·es, mon partenaire de vie. Même si je passais beaucoup de temps seule chez moi, je n’étais pas isolée émotionnellement. Et je sais que ce soutien-là change énormément de choses. Deadline, fatigue et équilibre J’ai appris que je fonctionne à la deadline. J’ai besoin d’impératifs pour avancer. Sinon, je procrastine. J’ai quand même fait des pauses, parfois longues, parce que Sonate m’a épuisée. Et j’avais sous-estimé certaines contraintes : le voyage à Taïwan, une formation en décembre pour préparer un retour au salariat. Mais tout ça me confirme que j’ai bien fait de prendre cette année pour écrire. Le plus dur est fait : les premiers jets. Même si je reprends un travail salarié début 2026, la suite sera plus gérable. Représentation, invisibilisation, prise de position Cette année a aussi été celle où j’ai osé me positionner publiquement sur l’invisibilisation des personnes racisées dans l’édition. Tout est parti d’un moment très concret : aller en librairie et réaliser qu’il y avait très peu de romans contemporains français avec des personnages noirs en couverture, écrits par des auteur·rices noir·es français·es. J’ai compris que ce que je lisais jusque-là était majoritairement des essais, des témoignages ou des traductions. Et j’ai décidé de parler. Parce que le contexte politique actuel rend le silence impossible. Vos questions, sans filtre Moment littéraire le plus poignant / émouvant cette année ? Le moment littéraire le plus émouvant de l’année a été la signature de mon contrat, et surtout le moment où mon éditrice m’a contactée sur Instagram et m’a dit, moins de 48 heures plus tard, qu’elle voulait signer Comète. Le deuxième moment marquant de l’année, ce sont toutes les rencontres que j’ai faites avec Laura Nsafou. Parce que c’est une autrice afroféministe que je suis depuis 2018, dont je lis le travail depuis des années, et qui a été l’une des premières, dans mon paysage à moi, à parler de l’invisibilisation des personnes racisées dans l’édition, notamment en littérature jeunesse, où le phénomène est encore plus criant. E

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  5. 17/09/2025

    101 - Mon avis sur la formation LICARES

    Aujourd’hui, j’ai envie de vous emmener dans les coulisses d’un outil qui a été décisif dans mon parcours : la formation LICARES. C’est un épisode spécial. Comme je vous l’avais déjà dit, si j’ai quelque chose d’important à partager avec vous, je prends le temps de le faire, même si ça bouscule un peu le rythme habituel de la newsletter et du podcast. Et croyez-moi, ce que j’ai à vous dire aujourd’hui mérite largement cette petite parenthèse. Installez-vous bien, prenez un thé ou un café… c’est parti ! Pourquoi je vous parle de LICARES aujourd’hui En 2026, mon roman contemporain Young Adult, Comète, sortira en librairie. Rien que d’écrire cette phrase, ça me donne encore des frissons. Et si je peux vous annoncer ça aujourd’hui, c’est aussi grâce à un outil qui a largement contribué à ce que je signe ce contrat d’édition (et les deux autres pour mes romans Sonate et Plumes) : la formation LICARES. Je l’ai suivie sur deux modules : * Devenir écrivain (qui existe depuis plusieurs années, connue dans le milieu de l’édition), * et Devenir écrivain auto-édité, une formation plus récente, créée en novembre 2023. J’ai suivi les deux, en commençant par « Devenir écrivain » en mai 2023 (promo NYX ), puis « Devenir écrivain auto-édité » (promo Comète – oui, le même nom que mon roman, comme un signe du destin). Pourquoi deux formations ? Parce que j’étais tellement satisfaite de la première que j’ai eu envie d’aller plus loin. Et puis, je me suis dit : si jamais je n’arrivais pas à signer de contrat pour Comète, au moins j’aurais toutes les clés en main pour l’auto-éditer correctement. Parce qu’on ne promeut pas un roman comme on promeut un recueil de poésie. Les enjeux, les coûts financiers, les stratégies… tout est différent. Je voulais être prête, quelle que soit l’issue. Se professionnaliser : ma motivation première La vérité, c’est que j’avais besoin de me professionnaliser. J’avais besoin de reprendre confiance.J’avais écrit un roman ado quand j’étais plus jeune, une soixantaine de pages, avant d’abandonner… à cause d’une remarque d’une prof de français. Cette blessure m’a longtemps paralysée. Mais après mes deux recueils de poésie en auto-édition, après vos retours, après avoir appris de mes erreurs et pris goût à l’indépendance, j’ai eu envie de retenter le roman. Et cette fois, pas question de foncer tête baissée. 👉 Je voulais apprendre à écrire un roman de qualité professionnelle,👉 comprendre les attentes des maisons d’édition,👉 savoir pitcher, présenter un dossier de soumission complet,👉 bref, ne pas donner de raison à quiconque d’écarter mon manuscrit pour autre chose que sa qualité littéraire. Parce que oui, il y avait aussi en toile de fond cette charge mentale et raciale que je ressens en tant que femme noire : ce besoin constant de ne donner aucune excuse pour qu’on me rejette. Ça a toujours été ma manière d’avancer : connaître les règles, les respecter, maîtriser mon sujet. Et dans le milieu de l’édition, je voulais exactement la même chose. Une formation complète : 7 modules sur 10 semaines La formation Devenir écrivain (LICARES), c’est 7 modules répartis sur 10 semaines. C’est long, et c’est ce qui m’a plu. On prend le temps d’entrer dans les détails, d’aborder les blocages, les méthodes, les réalités du marché. Chaque semaine, il y a des lives avec des professionnels du livre (enregistrés pour qu’on puisse les revoir), des exercices corrigés individuellement, et surtout une approche très structurée. Je vais vous faire un retour module par module, pour que vous compreniez à quel point ça m’a aidée. Module 1 : Introduction & brainstorming On commence doucement : introduction, fonctionnement de la formation, puis brainstorming.Même si on arrive avec une idée de roman en tête, on repart avec une boîte à outils pour en générer d’autres. Dans mon cas, j’avais plein de bribes d’idées mais rien de concret. Comet est en fait né de cinq idées différentes qui se sont rencontrées. C’est après la formation que j’ai réussi à en tirer une seule histoire solide. Module 2 : La méthode LICARES C’est le cœur de la formation. Comment passer de l’idée à une structure solide : squelette du roman, rebondissements, découpages, intrigues secondaires… C’est là que j’ai compris la différence entre écrivain « jardinier » (qui écrit au fil de l’eau) et « architecte » (qui fait un plan détaillé avant). Moi, je suis hybride. Pour Comet, j’ai eu besoin d’un cadre. Pour mon troisième roman, Plume, j’ai commencé avec un plan… avant de me laisser porter à nouveau. La méthode LICAR m’a donné une base rassurante à laquelle revenir chaque fois que je me sentais bloquée. Module 3 : Surmonter les blocages de l’écrivain Syndrome de l’imposteur, perfectionnisme, peur de l’échec, syndrome de l’objet brillant (vous savez, quand on a une idée géniale… puis une autre… et on ne finit jamais rien)… tout est passé en revue. Rien que mettre des mots sur ces blocages, ça a été libérateur. J’ai appris à reconnaître mes travers, à dompter ma tendance à courir après la nouvelle idée brillante, et à accepter que la procrastination est parfois juste une façon pour mon cerveau de se reposer. Module 4 : Trouver l’inspiration et gérer son temps Routines d’écriture, concentration, productivité… ce module est utile si vous débutez ou si vous vous sentez vite débordé·e. Pour ma part, j’avais déjà mes méthodes, mais j’ai apprécié les pistes proposées. Module 5 : Gérer et exploiter les corrections Un de mes préférés ! Parce qu’écrire un roman, ce n’est pas seulement rédiger un premier jet. C’est réécrire, corriger, affiner. Grâce à ce module, j’ai compris qu’il y a des délais incompressibles entre deux versions. J’ai appris à construire un guide pour mes bêta-lecteurs (hyper utile, croyez-moi), et surtout à ne pas me dégoûter de mon propre roman en corrigeant de manière plus rationnelle et organisée. Module 6 : Les secrets de l’édition Là, on démonte pas mal de fantasmes. L’édition reste une entreprise, avec ses contraintes financières et éditoriales. J’ai compris ce que je pouvais attendre (ou pas) de mon éditeur, le rôle des différents acteurs de la chaîne du livre, et les bases juridiques des contrats. Ce module m’a donné de l’humilité et de la lucidité : on garde les pieds sur terre. Module 7 : Faire publier son roman Le module game changer.On apprend à construire un dossier de soumission béton, à rédiger un synopsis qui donne envie, et à envoyer son manuscrit de manière professionnelle. C’est grâce à ça que j’ai aussi pu travailler avec une agente littéraire. J’ai évité des erreurs qui m’auraient sans doute fait perdre du temps et des opportunités. L’importance de l’accompagnement humain Tout au long de la formation, nous sommes accompagnés par des pros : * Lucie (méthode, introduction), * Johanna (coaching, mindset), * Dimitri (soumission, lecture des premiers mots du manuscrit). Leurs retours personnalisés ont été précieux. Par exemple, c’est en échangeant avec Dimitri que j’ai pris une décision décisive pour Comète : abandonner l’idée d’un roman en vers libres pour revenir à une narration plus classique. Et puis il y a la communauté : via Discord, on crée des liens forts. Une de mes bêtas-lectrices vient de là. Une autre autrice est devenue ma partenaire de sessions d’écriture. On se soutient, on se relit, on s’encourage. Et ça, ça n’a pas de prix. Les bonus qui font la différence * Accès à vie à la formation et aux replays des lives. * Nouvelles ressources régulières (on reçoit encore des mails pour les prochains lives, même après). * Une ambiance vraiment bienveillante au sein des promos. * Et même des événements organisés par LICAR pour les auteurs auto-édités. Infos pratiques et code promo Les inscriptions pour la prochaine promo se termine le 3 mai 2026 !Le paiement est possible en plusieurs fois, et j’ai un code promo affilié pour vous :MAHUNA (80€ de réduction). Oui, c’est un partenariat, donc je touche une commission si vous l’utilisez. Mais je vous en parle uniquement après avoir signé trois contrats d’édition, pour rester la plus objective possible. En résumé La formation LICARES m’a permis de : * dépasser mes blocages, * structurer Comète de A à Z, * apprendre à corriger efficacement, * comprendre les réalités de l’édition, * rédiger un dossier de soumission professionnel, * trouver mon agente littéraire, * et surtout… reprendre confiance. Si vous êtes primo-romancier·e, si vous avez un manuscrit dans vos tiroirs qui n’a jamais trouvé preneur, ou si vous hésitez à vous lancer, cette formation peut vraiment faire la différence. Voilà, je crois que je vous ai tout dit.Cet outil m’a aidée à signer mon contrat d’édition pour Comète, Sonate et Plumes, et il continue de m’accompagner aujourd’hui dans l’écriture de mes autres projets en cours ! Prenez soin de vous, prenez soin de vos émotions.Et si vous avez des questions sur la formation, n’hésitez pas à me les poser :👉 soit en répondant directement à cette newsletter,👉 soit sur mes réseaux. Merci pour votre soutien, vos commentaires, vos notes… et merci d’être là, toujours. À très vite Mahuna This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mahunapoesie.substack.com

    32 min
  6. 100 - Écrire pour exister : Comète et moi contre l'invisibilisation dans l'édition

    09/09/2025

    100 - Écrire pour exister : Comète et moi contre l'invisibilisation dans l'édition

    Hello, j’espère que tu vas bien, que tu as passé un bel été, et que la rentrée se déroule en douceur. Ça faisait un petit moment que tu n’avais pas entendu ma voix ou lu mes mots : le dernier épisode datait du début du mois d’août. J’ai pris le temps de réfléchir, de poser mes intentions pour ce podcast et pour tout ce que j’ai envie de partager avec toi. J’en suis arrivée à la conclusion que, pour l’instant, un rythme d’un épisode par mois est ce qui me convient le mieux. Je préfère miser sur la régularité et l’engagement plutôt que de me disperser. Bien sûr, si une actualité brûlante surgit ou si un sujet me touche particulièrement, je pourrai toujours faire un épisode bonus. Mais en ce moment, avec la fin d’année qui s’annonce bien chargée, je préfère rester réaliste et tenir la cadence. Et aujourd’hui, j’ai envie de te raconter ce qui a bougé ces dernières semaines, ce qui a traversé ma tête et mon cœur, ce qui m’a révoltée aussi… Parce qu’on va parler de visibilité, de place en librairie, de commentaires parfois violents, mais aussi de mon parcours d’autrice, depuis mes premiers mots d’enfant jusqu’à la signature de mon roman Comète en maison d’édition. Le déclic : chercher des livres qui ressemblent à Comète Tout a commencé par une scène toute simple, presque banale : en juin, j’étais à Paris et j’ai eu envie d’aller fouiller en librairie. Pas pour acheter au hasard, mais pour répondre à une question très précise : où sont rangés les romans contemporains écrits par des personnes noires françaises, avec des personnages noirs ? Pas francophones venus d’ailleurs, pas des traductions, mais bien des voix d’ici, en France. Je suis allée dans trois FNAC et trois grandes librairies. Et j’ai fait chou blanc. Personne n’a pu m’orienter. Je ne trouvais pas ce que je cherchais. Bien sûr, je sais que ces livres existent, mais leur invisibilité m’a sauté au visage. Et immédiatement, une question m’a frappée : le jour où Comète sortira en librairie, où sera-t-il rangé ? Parce que soyons honnêtes : si un roman est rangé par la tranche dans un rayon anonyme, il est invisible. S’il n’est pas mis en avant avec d’autres livres similaires, comment le lecteur ou la lectrice lambda pourra-t-il tomber dessus ? Et si, au contraire, il est tout seul, isolé, est-ce qu’il ne deviendra pas “trop” ? Trop ostentatoire, trop intrigant ? Je me suis perdue dans ces questions, pas toujours rationnelles peut-être, mais profondément liées à une réalité : je n’ai pas trouvé de romans qui ressemblent au mien. Oui, il y a des exceptions, comme Léonora Miano. Mais si on ajoute le critère du Young Adult, alors là… c’est encore plus vide. Et si en plus on cherche un roman contemporain qui ne parle pas uniquement de racisme ou d’esclavage mais aussi d’identité, de trauma, d’amitié, d’amour… on touche au désert. L’invisibilisation : un sujet qu’on ne peut pas taire Au départ, je me suis dit : “ok, c’est ta réflexion perso, pas besoin d’en parler.” Je me suis convaincue que le sujet était déjà “vu, connu, revu”. Mais c’était sans compter sur une vidéo d’une influenceuse littéraire, moisreadingbooks, qui a dénoncé l’absence de personnages noirs sur les couvertures des romances à la FNAC. Sa vidéo, les commentaires, les débats… tout ça m’a rappelé que non, ce n’est pas un sujet clos. L’invisibilisation est toujours là, bien vivace. Et mon expérience dans les rayons parisiens le confirmait. Alors j’ai décidé d’en parler moi aussi. J’ai posté des vidéos, partagé mes réflexions. Et évidemment, les commentaires haineux n’ont pas tardé. J’étais préparée à la critique, mais je ne m’attendais pas à une telle déferlante. Certaines personnes laissent tomber la haine comme on jette un déchet : sans lire, sans chercher à comprendre qui est en face. Parmi ces messages, il y en a un qui m’a particulièrement marquée – au point de m’avoir fait rire tant il était violent. Quelqu’un a écrit que si ces livres n’existaient pas, c’était parce que “les personnes noires ne savent pas écrire”. Oui, tu as bien lu. Je l’ai vu sur TikTok, sur Instagram, sous plusieurs formes, mais toujours avec la même idée. Bien sûr, je sais que ces gens ne représentent pas tout le monde. Mais quand les messages se multiplient, quand ce n’est jamais la même personne et que pourtant les propos se ressemblent, alors oui, ça reflète une manière de penser encore présente en France. Et ça, il faut le dénoncer. Ma réponse : documenter, inspirer, rassembler Plutôt que de me taire, j’ai décidé de documenter ma vie d’autrice. De montrer les coulisses, les difficultés, les petites victoires aussi. Parce que si je partage, peut-être que d’autres personnes noires oseront le faire aussi. Peut-être qu’on pourra s’allier, se donner des conseils, trouver des moyens d’améliorer notre visibilité en librairie. Parce que soyons clairs : le seul vrai critère devrait être la qualité d’un roman. Pas la couleur de peau de son autrice. Pas le fait que les personnages soient noirs ou pas. Si une histoire est originale, bien écrite, en accord avec la ligne éditoriale d’une maison, pourquoi devrait-elle avoir moins de chances ? Quand on me dit “s’il n’y a pas ces romans, c’est qu’il n’y a pas de demande”… je ne peux pas m’empêcher de repenser à l’industrie cosmétique. Pendant longtemps, les grandes marques proposaient un seul fond de teint “pour toutes les peaux noires”. Elles ignoraient une énorme partie du marché. Puis Rihanna est arrivée avec Fenty Beauty et a prouvé qu’en réalité, la demande était là. Qu’il suffisait d’écouter. Je me demande souvent si un jour, une maison d’édition indépendante aura le courage de créer ses propres canaux de diffusion, ses propres codes, pour répondre à cette demande ignorée. Peut-être que oui. Peut-être que non. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avec le contexte actuel en France – où l’extrême droite rachète des groupes éditoriaux – il est urgent qu’on agisse. Du vlog au podcast : trouver le bon format C’est pour ça que j’ai commencé à poster des vlogs courts sur Instagram. Parce que je sais que beaucoup de gens n’ont pas le temps pour du contenu long. Ils ne lisent même pas les descriptions. Alors j’essaie d’être concise. Mais je sais aussi qu’il y a des personnes comme toi, qui aiment plonger dans du contenu plus long, prendre le temps. C’est pour ça qu’existent ce podcast et cette newsletter : pour raconter autrement. Et pour ce premier “cycle” de vlogs, j’ai demandé à mes abonnés s’ils voulaient que je commence par mon parcours d’autrice ou par mes outils. C’est mon parcours qui a gagné. Alors voilà, je t’emmène avec moi dans ce récit. Les débuts : une machine à écrire et des mots sombres Mon histoire avec l’écriture a commencé très tôt. À 6 ans, on m’a offert une petite machine à écrire, sous forme de jouet. J’y tapais des mots, des débuts de phrases, des embryons d’histoires. Mais c’est vraiment à 11 ans que tout s’est déclenché : j’écrivais des nouvelles sombres, parfois macabres. J’avais un côté dark assumé, comme beaucoup d’ados. Et en parallèle, je tenais un journal intime… mais en poésie. Pourquoi la poésie ? Parce qu’au lycée, j’ai découvert Les Fleurs du Mal. Et ce recueil m’a happée. Il m’a donné envie de traduire mes pensées en vers, de transformer mes émotions en images. À 15 ans, j’ai même commencé une saga de science-fiction. J’ai atteint 70 pages avant d’abandonner. Quand je repense à Comète aujourd’hui, je souris : à l’époque, je croyais qu’écrire 70 pages, c’était énorme. La blessure : “tu ne seras pas écrivaine” Et puis il y a eu un moment décisif. J’étais au lycée Louis-le-Grand, l’un des meilleurs de France. J’ai osé montrer mes poèmes à ma prof de français. Sa réponse a été un coup de massue : “ce n’est pas de la poésie, et de toute façon tu ne seras jamais écrivaine, pas en tant que femme noire en France.” Ces mots m’ont blessée profondément. J’ai rangé mes cahiers. Et la vie a pris le dessus. On m’a répété qu’il fallait être autonome, indépendante, surtout en tant que femme noire dans un pays raciste. Alors j’ai suivi le chemin “sûr” : prépa, école de commerce, une carrière dans le marketing digital. Pendant dix ans, j’ai enchaîné désillusions, burn-outs, fatigue. Mais je me disais : “au pire, tu écriras à la retraite.” La renaissance : Instagram et l’auto-édition Puis il y a eu le confinement. Une pause forcée. Un moment de respiration. Et là, je me suis dit : “et si c’était le moment de revenir à ton rêve d’enfant ?” J’ai ouvert un compte Instagram en mai 2020. J’ai posté des textes. Les retours ont été encourageants. Et en décembre, six mois plus tard, j’ai auto-publié mon premier recueil : au-delà de nos maux. Il s’est vendu à près de 2000 exemplaires, dont 500 rien que la première année. En 2021, j’ai commencé à animer des ateliers d’écriture. En 2023, j’ai publié un deuxième recueil, tant que j’aimerai. Et surtout, j’ai pris une décision : me lancer dans l’écriture d’un roman. L’étape décisive : la formation LICARES et Comète Pour ne pas me lancer dans le vide, j’ai suivi la formation LICARES (avec le code promo MAHUNA, tu bénéficies d’une réduction, détails en bas). Elle m’a appris la structure, la rigueur, les attentes du monde éditorial. J’ai compris que l’édition n’était pas seulement une affaire de passion, mais aussi une entreprise avec ses contraintes. Grâce à cette formation, j’ai pu développer Comè

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  7. 99 - 📣 La grande annonce : Comète entre en maison d’édition !

    03/08/2025

    99 - 📣 La grande annonce : Comète entre en maison d’édition !

    Hello hello, J’espère que tu vas bien, et que ton été se passe bien ? Moi, ça y est, je reviens te parler dans La Voix des Mots, après quelques semaines bien chargées, remplies de chaleur (humaine, surtout) et de belles nouvelles. Cet épisode — le 99e, déjà ! — est un petit moment suspendu. Une bulle douce pour t’annoncer une grande, grande joie : j’ai signé mon roman Comète. Voilà, c’est dit. Et je suis encore un peu sonnée. Je t’emmène dans les coulisses ? Allez, viens. ☀️ Juillet, entre respiration et corrections Le mois de juillet, je l’ai pris comme une pause active. J’ai été bénévole au camp de lecture The Bookmates. J’y ai animé des ateliers d’écriture thérapeutique, des moments d’éveil du corps, des apéros lecture… et j’y ai surtout rencontré des personnes lumineuses. Certaines que j’avais déjà croisées l’année passée, d’autres avec qui j’ai pu créer des liens. Et puis j’ai aussi poursuivi mes ateliers d’écriture à la librairie Majo, notamment dans le cycle autour de nos corps. Un thème qui me tient à cœur, tu le sais si tu me suis depuis quelque temps : parler du corps et de son rapport à nos émotions, du rapport qu’on entretient avec lui, de la façon dont on l’aime — ou pas —, c’est aussi prendre soin de soi. Mais revenons à cette nouvelle qui me fait encore frissonner. 💫 Comète a trouvé sa maison Comète, c’est ce roman dont je parle depuis avril 2024 (même si l’idée a commencé à germer bien avant). Un roman contemporain Young Adult, qui explore les quêtes identitaires, les traumas transgénérationnels, les histoires de famille, la vengeance, et un peu — juste un peu — de romance. Tout un programme, n’est-ce pas ? J’ai commencé à écrire les premières vraies lignes de Comète en mars 2024. C’est là que toutes les idées éparses que j’avais en tête depuis mai 2023 se sont alignées pour former quelque chose de cohérent. J’ai réécrit, j’ai fait lire, j’ai douté, j’ai retravaillé. Et puis, en janvier 2025, j’ai mis le point final. Et en juin 2025, j’ai signé le contrat d’édition. 🎉 C’est allé vite, très vite. En février, j’ai trouvé mon agence littéraire puis signé avec elle en avril. Mais la maison d’édition qui publiera Comète ? C’est elle qui est venue me chercher. Oui, oui. Sur Instagram. Comme quoi, poster sur les réseaux, ça peut vraiment ouvrir des portes. Elle m’a demandé à lire Comète, je lui ai envoyé, et en 48h, elle me faisait un retour. Ensuite, tout s’est enchaîné. Avec mon agence, on avait aussi envoyé le manuscrit à d’autres maisons pour avoir plusieurs options. Mais au final, j’ai choisi celle avec laquelle j’ai eu le plus de feeling, de compréhension mutuelle, d’envie partagée de faire grandir ce projet. Et je ne regrette rien. Pour l’instant, je garde le nom de la maison secret (un peu de mystère, c’est toujours bien), mais la sortie est prévue pour 2026. Ça laisse le temps d’en faire un livre que tu auras forcément envie de lire (enfin j’espère !) 🛠️ Entre version adulte et young adult À l’origine, Comète aurait pu sortir en littérature générale. Certaines maisons l’auraient pris en tant que roman adulte. Mais avec mon éditrice, on a fait un autre choix : celui de l’ancrer dans le young adult. Ce qui a impliqué des ajustements, pas mal de réécriture, et même quelques sacrifices (en plus des 30 000 mots que m’avait déjà fait retiré mon agence…). J’ai revu certains métiers des personnages, une sous-intrigue, le contexte général, pour coller davantage à la tranche d’âge. J’ai aussi retravaillé le réalisme de certaines scènes. J’avoue, je me suis un peu laissée porter par mon amour des K-dramas, parfois au détriment de la vraisemblance. Avec mon éditrice, on a fait ce travail de peaufinage fin juin, et j’attends maintenant ses retours pour la suite. Pas de stress : on a le temps. ✨ Et maintenant ? Honnêtement, j’ai mis du temps à réaliser. J’ai souvent entendu que le parcours vers l’édition était long, fastidieux, parsemé de lettres de refus. J’avais même intégré que je mettrais peut-être un ou deux ans à signer quelque chose. Alors avoir une agence littéraire ET une maison d’édition en quelques mois ? C’est surréaliste. Je crois que c’est aussi lié à l’alignement intérieur. Cette année, je l’ai consacrée à l’écriture. Par choix, mais aussi par nécessité. Mon licenciement — injustifié, je le dis sans détour — m’a poussée à ralentir. À prendre du recul. Et à me consacrer pleinement à mes projets d’autrice. Et ça a payé. Bon, en septembre, il faudra que je commence à chercher du travail pour janvier. Parce que la réalité, c’est que je ne vis pas encore de mes écrits. Et mes factures (et mes projets immobiliers) ne vont pas se payer tout seuls. Mais je sais que je repartirai dans le salariat avec cette lumière les jours de ténèbres. Ce contrat. Ce livre. Cette aventure. 🖋️ Sonate et Plume : les compagnons de route Me repose ? C’est mal me connaître… En août, je me suis donné pour objectif de terminer la réécriture de Sonate , le premier tome compagnon de Comète. C’est un roman en vers libres. J’ai atteint les 30 000 mots (le minimum recommandé en général pour ce format), mais tout n’est pas encore écrit. Il me manque des scènes, certains passages doivent être allégés ou au contraire étoffés. Plume, le deuxième tome compagnon, a un peu avancé aussi. J’ai chapitré jusqu’au chapitre 18 ou 19, et puis j’ai ressenti ce besoin de commencer à écrire, pour mieux savoir où j’allais. Je connais déjà la fin, mais j’ai besoin d’écrire les scènes pour sentir leur poids, leur souffle. L’idée, c’est de continuer Plume tranquillement, mais Sonate reste ma priorité pour août. 💌 Alors, tu continues l’aventure avec moi ? Je continuerai à te raconter tout ça, ici, dans ce journal de bord, mais aussi sur Instagram. Si tu veux voir les coulisses, les doutes, les victoires, viens me retrouver là-bas. Et si tu as des questions, des envies, des retours, ma boîte mail est toujours ouverte (ou mes mp sur Instagram). Merci à mes alpha et bêta lecteur·ices. Merci à toi qui lis, qui écoutes, qui encourages. Merci à mon éditrice de m’avoir fait confiance. Merci à cette version de moi qui a osé, un matin, se dire : « et si tu écrivais un roman pour de vrai ? » On se retrouve fin août ou début septembre pour le prochain épisode, ou avant, sur les réseaux.En attendant, prends soin de toi, de tes émotions et de tes rêves. À très vite 🌙Mahuna This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mahunapoesie.substack.com

    13 min
  8. 98 - 🎬Une lecture émotionnelle du film Sinners...

    08/06/2025

    98 - 🎬Une lecture émotionnelle du film Sinners...

    Hello vous, J’espère que vous allez bien. Que ce mois de juin vous laisse un peu de temps pour souffler, ressentir, peut-être créer. Aujourd’hui, je vous retrouve avec une newsletter un peu particulière, à la frontière entre le journal intime, la réflexion spirituelle, et le partage de cœur à cœur. J’ai vu un film. Et ce film m’a bouleversée. C’est pour ça que j’ai eu envie de vous proposer une lecture émotionnelle — pas une critique technique, pas une analyse de scénario, non. Juste une prise de parole à hauteur d’âme. Une tentative de mettre des mots sur ce que ce film a réveillé, soulevé, dérangé, apaisé aussi, en moi. Ce film, c’est Sinners. 🎬 Quand la musique te serre la gorge (et que tu y retournes quand même) Dès les premières notes, j’ai compris que je n’étais pas prête.La bande originale de Sinners, c’est pas juste de la musique de fond. C’est un personnage à part entière, une vibration continue, un souffle ancestral. Certaines chansons m’ont littéralement serré la gorge. Pas juste de la tristesse. Plutôt une sorte de mal-être addictif, un frisson désagréable… mais que je cherchais à retrouver. Parce qu’au fond, ça guérissait aussi. J’écoute souvent de la musique triste quand j’écris. Mais là, c’était autre chose. Une élévation de l’âme. Une sensation physique, presque mystique. Comme si la musique remuait la boue au fond de moi, pour faire place à autre chose. Des artistes comme Miles Caton, Rod Wane, et ce refrain qui revient :“Set my people free.”Ça venait me chercher, dans mes tripes, dans mon histoire, dans la mémoire de mon sang. 🧬 Lignage, ancêtres, spiritualité : ce que ça a réveillé Ce film a fait résonner en moi le lien avec mes ancêtres.Je l’ai déjà ressenti dans des événements communautaires — par exemple une soirée organisée autour du R&B, où voir d’autres corps noirs danser, célébrer, m’a littéralement nettoyée de l’intérieur. Cette musique, cette ambiance, cette énergie… c’est notre médecine.Et dans Sinners, c’est exactement ce que j’ai ressenti : une forme de spiritualité incarnée, un souffle sacré qui vient de loin et qui réveille. Je suis chrétienne catholique, mais aussi profondément liée à mes racines africaines, à ma culture, à ce que mes parents, ma famille, mes ancêtres portent.Et ce film m’a mis face à cette dualité : la foi chrétienne et le vaudou. 🧙🏾‍♀️ Déconstruire l’image du vaudou : un chemin nécessaire Il y a une scène dans Sinners où l’un des personnages confectionne un talisman de protection, avec des intentions pures, ancrées dans le houdou (fusion de vaudou et autres traditions). Et là, j’ai compris à quel point on m’avait déformé l’image de cette spiritualité. J’ai lu Moi, Tituba sorcière de Maryse Condé, Beloved de Toni Morrison, La Prophétie des Sœurs Serpents d’Isis Labeau-Caberia.Tous ces textes m’aident à déconstruire cette image négative du vaudou qu’on nous a inculquée.Et Sinners vient ajouter une pierre à cet édifice : celle d’un vaudou de lumière, de protection, de transmission. Ça m’a fait réaliser que j’ai besoin de continuer à chercher, comprendre, m’approprier cette mémoire spirituelle, non pas en opposition à ma foi chrétienne, mais en tissant un pont entre les deux. Et tout ça… je l’intègre aussi dans Comète, mon roman, et encore plus dans ma saga afro-futuriste à venir.Parce que je sais aujourd’hui que le vaudou peut être un outil de guérison collective. 💫 Intention, magie, écriture : créer avec sa charge magnétique Quand Annie (un des personnages) fabrique ce talisman, j’ai pensé à ce que j’essaie de faire avec mes mots. Je mets de l’intention dans mes textes. Une charge émotionnelle dans ma poésie, dans mes personnages, dans chaque phrase que j’écris.Et Sinners m’a rappelé l’importance de ça : créer en conscience, avec intention, avec vibration. Même quand la routine nous emporte, même quand la fatigue prend le dessus, il est vital de se souvenir pourquoi on crée. 🏡 Respect, protection et héritage : réentendre nos parents Une autre scène m’a touchée : celle où les vampires ne peuvent pas entrer dans le bar sans y être invités.Et là, je me suis souvenue de toutes ces fois où mes parents me disaient : « Mets du sel à l’entrée. »« Ne laisse pas n’importe qui entrer. » Des rituels, des réflexes de protection… que je trouvais gênants, voire ridicules.Mais aujourd’hui, je comprends.Et Sinners m’a ramenée à ce respect-là, à l’importance d’écouter nos anciens, même si parfois, on se sent trop moderne, trop occidentalisée pour ça. C’est pas que de la superstition. C’est de la mémoire. C’est de l’amour déguisé en précaution. 🔥 Lutte, fierté, fatigue : un miroir de nos réalités Il y a un moment, dans le film, où les vampires proposent aux personnages noirs une autre vie. Une vie sans oppression, sans douleur, sans discriminations. Et j’avoue : j’ai été tentée.Je me suis vue hésiter, comme eux. Parce que oui, la fatigue militante est réelle.Depuis George Floyd, depuis des années, on porte ce fardeau invisible de la charge raciale (comme le dit si bien Douce Dibondo dans son livre La Charge raciale). Mais ce moment d’hésitation m’a rappelé ma résilience, mon refus de céder, mon choix de résister, encore.Et j’ai pensé à tout ce que je fais déjà, à mon échelle : mes livres, mes podcasts, mes ateliers, ma parole, mes textes. Tout ça, c’est aussi de la lutte.Et c’est une fierté. 💸 Capitalisme, art et colère : quand créer ne suffit plus Dans le film, deux personnages débattent : faut-il accepter de l’argent sale pour faire vivre leur bar, ou rester intègres quitte à perdre ? Et là, je me suis vue.Dans cette tension constante entre : « Créer pour le cœur »et« Créer pour survivre » Si je pouvais juste écrire, transmettre, toucher… sans penser à l’algorithme, aux vues, à la visibilité… la vie serait plus douce. Mais on est là, dans ce monde où il faut être visible, actif, “bankable”.Et je sens parfois cette frustration énorme, ce désalignement, cette fatigue de devoir me vendre pour exister. Mais ce que Sinners m’a rappelé, c’est que même dans ce système tordu, l’intégrité a du sens.Même si c’est plus difficile. 👣 Fratrie, responsabilité et place dans la chaîne Le duo des jumeaux m’a aussi ramenée à ma propre place dans ma famille.Cette sensation de devoir protéger, prévenir, porter, même quand on ne t’a rien demandé. Être l’aîné·e, dans nos communautés, c’est souvent un rôle qu’on ne choisit pas, mais qui s’impose à nous.Et c’est un fardeau invisible, une responsabilité qu’on endosse très tôt. Mais là encore, Sinners m’a permis de le regarder avec un peu plus de tendresse. 💔 Et cette scène finale… une bouffée de liberté Quand Preacher Boy, devenu vieux, dit que cette journée fut la meilleure de sa vie,j’ai senti les larmes monter. Parce qu’à ce moment-là, ils n’étaient plus “les Noirs du film”,ils étaient juste des humains, en vie, en joie, en lien. Et j’ai compris que c’était ça que je cherchais parfois désespérément :Un espace où je peux juste être,sans devoir me justifier, me défendre, lutter.Un espace où je peux juste respirer.Célébrer.Danser.Écrire.Vivre. ✨ En conclusion Sinners n’est pas qu’un film.C’est un miroir, une secousse, une offrande. Il m’a rappelé que : * la musique peut guérir autant qu’elle dérange, * nos racines ne sont pas à fuir mais à comprendre, * la magie réside dans les intentions, * et que la liberté, même éphémère, peut tout changer. Merci de m’avoir lue jusque-là. Si vous avez vu le film, écrivez-moi : je suis curieuse de savoir ce que vous avez ressenti. Et si ce genre de lecture émotionnelle vous plaît, dites-le-moi. Je pense en faire d’autres, sur des livres, des œuvres, qui me remuent. D’ici là, prenez soin de vos émotions 💛, Mahuna This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mahunapoesie.substack.com

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À propos

La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture, lecture, bien-être et édition car je vous partagerai aussi ma vie d’autrice. Bienvenue ! mahunapoesie.substack.com