48 épisodes

Utopies poétiques pour futurs désirables. Et si c'était toujours l’heure de tout réinventer ? L’Arche de Nova embarque tout un bestiaire d’artistes pour un déluge de bonnes idées dans un monde déconfiné, via des hypothèses grandioses, des scénarios farfelus, des raisonnements magiques, des logiques insensées, de noirs vertiges... à contre-courant du pessimisme apocalyptique.
Musiciens, écrivaines, cinéastes, dessinatrices, humoristes, plasticiennes : chaque jour, en trois minutes, l’un.e des membres de l'équipage monte sur le pont et imagine la société de demain, le temps d’une note vocale très sérieuse ou complètement délirante. Il était un joli navire… en voyage vers l’avenir.
 
Un podcast imaginé et coordonné par Richard Gaitet, réalisé par Benoît Thuault.

L'Arche de Nova Radio Nova

    • Arts
    • 4.0, 45 notes

Utopies poétiques pour futurs désirables. Et si c'était toujours l’heure de tout réinventer ? L’Arche de Nova embarque tout un bestiaire d’artistes pour un déluge de bonnes idées dans un monde déconfiné, via des hypothèses grandioses, des scénarios farfelus, des raisonnements magiques, des logiques insensées, de noirs vertiges... à contre-courant du pessimisme apocalyptique.
Musiciens, écrivaines, cinéastes, dessinatrices, humoristes, plasticiennes : chaque jour, en trois minutes, l’un.e des membres de l'équipage monte sur le pont et imagine la société de demain, le temps d’une note vocale très sérieuse ou complètement délirante. Il était un joli navire… en voyage vers l’avenir.
 
Un podcast imaginé et coordonné par Richard Gaitet, réalisé par Benoît Thuault.

    Élodie Milo : « Demain, nos paroles nous apparaîtront comme le fil de l’araignée »

    Élodie Milo : « Demain, nos paroles nous apparaîtront comme le fil de l’araignée »

    En Normandie, cette musicienne mystique tisse un avenir hybride où la soie sortira de nos bouches à chaque phrase prononcée. Finis les mots creux, les expressions vides, type « enfourcher le tigre ».


    « On court, on coule / on croule, sous nos poids. » Sur son dernier album sorti en octobre, Sous la lune, Élodie Milo invite à écouter « les louves qui hurlent en nous » via six incantations fort sabbatiques teintées de guitares surf, de pop songeuse ou de rythmiques sud-américaines, écrites et composées pour « explorer de puissants archétypes féminins » : la vierge, la sorcière, la maman ou la putain. Quelques jours avant le confinement, elle présentait à Besançon la première de son spectacle Lunas, mélange de théâtre et de chansons, d’humour et de féminisme, cabaret barré élaboré au diapason des quatre phases du cycle menstruel, conçu avec la danseuse Delphine Dartus et mis en scène par Loïc Deschamps.


    « Elle a le serpent qui change de peau, l’aigle qui plane là-haut / Chant de la terre, de l’air, de l’eau. » Toujours recluse dans un cocon forestier de Basse-Normandie, cette musicienne et comédienne parisienne tisse un avenir hybride où la soie sortira de nos bouches à chaque phrase prononcée, formant une toile étroitement liée aux formules utilisées. Je te dirai les mots creux, les mots qu’on dit sans se regarder dans les yeux ? Non. Fini les mots laids, les expressions vides, type « je suis au bout de ma vie », « du coup », « challenger » ou « enfourcher le tigre », indignes d’être salivés. Ce qu’Elodie Milo nous conte avec malice, avant d’entonner une authentique chanson des tisseuses du XIIIe siècle, puis de s’élancer vers le générique d’un super-feuilleton des années 60. Comme disait l’oncle de Peter Parker : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.


    Pour écouter son album Sous la lune, c’est ici.
    Pour écouter la précédente utopie d’Élodie dans L’Arche de Nova, où il était question de la rencontre fortuite entre l’odieux Bolsonaro, une chamane nonagénaire et un arbre sacré, c’est là.


    Visuel © Arac Attack – le monstre à huit pattes, d’Ellory Elkayem (2001).
     
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    • 4 min
    Loo Hui Phang : « Demain, le ministre de la culture vivra la vie d’un auteur pendant un an »

    Loo Hui Phang : « Demain, le ministre de la culture vivra la vie d’un auteur pendant un an »

    Cette scénariste et romancière française suggère de « mettre à l’épreuve, dès sa nomination, chaque ministre », en les forçant à connaître de plein fouet les conditions d’existence de leurs administrés.


    « La nécropole d’Hollywood déborde de demi-deux ensevelis pour l’éternité. Nulle justice ne régule le flux, nulle morale, nulle loi. » Dans leur bande dessinée Black-out, à paraître fin août aux éditions Futuropolis, Loo Hui Phang (scénario) et Hugues Micol (dessins) reviennent sur le destin imaginaire de Maximus Ohanzee Wildhorse, comédien américain de l’âge d’or hollywoodien « qui ouvrit la voie aux stars de couleur dans un climat ségrégationniste », précédant Sidney Poitier, Yul Brynner ou Harry Belafonte, mais dont le visage semble avoir été tragiquement effacé des films – et quels films : Boulevard du crépuscule, Le Faucon maltais, La Flèche brisée, Vertigo...– dans lesquels son charisme et son métissage (d’origine comanche, chinoise, mexicaine, africaine) lui assurait l’accès à n’importe quel rôle de « l’éventail des archétypes exotiques » du cinéma. « Il arrive parfois qu’un impudent s’échappe de l’engrenage pour voler le feu, défier la mécanique des sommets. » Il en paiera le prix.


    « Pourquoi choisir un professionnel de l’automobile pour gérer le ministère de la culture ? », se demande aujourd’hui Loo Hui Phang. Erreur de casting au sommet de l’Etat ? Depuis Bruxelles, capitale de « ce pays sans gouvernement » où elle vit et travaille sur de futurs scénarios, cette autrice française tricote pour Nova une utopie démocratique fort enthousiasmante : histoire de muscler « la dimension purement théorique de l’exercice du pouvoir », elle suggère de « mettre à l’épreuve, dès sa nomination, chaque nouveau ministre » en le/la forçant à connaître douze mois durant les conditions d’existence de ses administré.e.s. Et cela « à la place la plus défavorisée », avant de prendre la moindre décision.


    Le ministre de la culture vivra donc dans la peau d’un artiste non-intermittent (donc : sans statut, sans chômage), à charge pour lui d’améliorer son sort et ses droits via de nouvelles réformes ; s’il réussit, il récolte la vie habituelle d’un ministre tandis que tous les artistes bénéficient de ses avancées politiques ; s’il échoue, l’année de galère est reconduite. Idem pour le ministre des armées, qui part au front ; le ministre de l’éducation retourne au collège en tant que prof, en banlieue ; le ministre de la santé, lui, devient aide-soignant.e « avec les mêmes risques ». Et le Président ? Pas d’inquiétude : Loo lui réserve le premier rôle.


    Pour écouter Loo Hui Phang évoquer ses identités multiples au micro du juke-box littéraire de Radio Nova, c’est ici.


    Visuel © Un Prince à New York, de John Landis (1988).
     
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    • 3 min
    Catastrophe : « Demain, nous construirons des sanctuaires animaliers »

    Catastrophe : « Demain, nous construirons des sanctuaires animaliers »

    Ce groupe parisien de pop surréaliste rêve d’une île hors de portée des hommes, afin de « sauver les espèces qui peuvent encore être sauvées », tout en libérant deux extraits de sa comédie musicale temporelle.


    « L’univers continuera sans nous / et les villes deviendront des forêts. » Deux mois, soit huit semaines, soit cinquante-six jours, soit mille trois cent quarante-quatre heures, soit quatre-vingts mille six cent quarante minutes, soit quatre millions huit cent trente-huit mille et quatre cents secondes. Pour celles et ceux qui purent ou durent jouer en intégralité le jeu du confinement, le temps s’est distendu ; répétition de gestes identiques, perte de repères, angoisses, insomnies, ou flegme impassible tel Bill Murray dans Un jour sans fin. A-t-on perdu ou gagné du temps ? La sensation ténue de glissement progressif vers la mort a-t-elle augmenté ou diminué ? Et : lors de cet arrêt soudain des forces principales de l’ère industrielle, a-t-on davantage pris conscience d’un temps planétaire ?
     
    Le temps qui passe, ce qu’il produit en nous, sur nous, malgré nous, sera le sujet de Gong!, second album en forme de comédie musicale signé Catastrophe, à paraître à l’automne via le label Tricatel, après deux ans et demi de concerts et de « peurs avalées » depuis La nuit est encore jeune (2018).


    « La solastalgie, c’est cette mélancolie spéciale qu’on éprouve face à la crise écologique, c’est aussi la douleur à l’idée de perdre son habitat, son refuge, son lieu de réconfort. » Solastalgie, c’est l’un des deux extraits – avec l’entêtant Encore, qui affirme haut et fort que « tout le temps que j’ai gagné, je le perdrais à en profiter si je vivais encore » – que le collectif parisien de pop surréaliste vient de libérer sur les ondes et les réseaux. Sur Solastalgie, Blandine Rinkel, Pierre Jouan, Arthur Navellou, Carol Teillard d’Eyry, Bastien Bonnefont et Pablo Brunaud chantent en douceur l’harmonie d’un futur bientôt débarrassé de notre présence, où la nature reprendra le dessus, sans peine. Montés à bord de notre arche, quatre d’entre eux poursuivent le rêve d’une île « hors de portée des hommes », un sanctuaire animalier propice à « sauver les espèces qui peuvent encore être sauvées ». Mais avant, qu’est-ce qu’on fiche ? Réponse : « Si hâte de détourner nos yeux des écrans et de courir dans la rue, un serpent autour du cou, si hâte de danser sans regarder sa montre. »


    Pour tourner autour de Catastrophe sur la tête du Parti Communiste Français, c’est maintenant ou jamais.


    Visuel © Les Bêtes du Sud sauvage, de Benh Zeitlin (2012).
     
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    • 3 min
    Aurélie Pollet : « Demain, le coronavirus va nous apprendre à muter »

    Aurélie Pollet : « Demain, le coronavirus va nous apprendre à muter »

    Et si le covid-19 n’était qu’une étape dans l’évolution de l’humanité ? Quid du covid-32, du covid-99 ? C’est le diagnostic S.-F. de cette réalisatrice de films d’animation, en duo avec l’architecte Alexandre Bullier.


    Au sein de la CIA, il existe un « département déguisements », dont les cadres ont pour mission de former les agents opérationnels à l’utilisation de faux-papiers, au port de la perruque, au maniement du stylo-appareil-photo ou de la mallette à double-fond. Dans les années 80, ce poste était tenu par Joanna Mendez, l’une des héroïnes de la série d’animation documentaire Les espionnes racontent, diffusée fin mars sur le site d’Arte. En six épisodes de sept minutes, on y entend les témoignages d’authentiques professionnelles du renseignements – traqueuse de nazis du KGB, taupe de la Stasi, aventurière du Mossad – interrogées par la journaliste française Chloé Aeberhardt, qui en tira un livre (éditions Robert Laffont, 2017) qu’elle adapte à l’écran avec la réalisatrice Aurélie Pollet.


    Or, pour cette dernière, l’espionnage vient peut-être d’évoluer vers une forme inattendue, biologique, née des symptômes imprévisibles du coronavirus. En compagnie de l’architecte et urbaniste Alexandre Bullier, Aurélie Pollet imagine à deux voix le scénario d’une série de « mutations » du covid-19 qui, selon leurs estimations, finira par toucher l’ensemble de la population mondiale d’ici 2029, fractionnant notre espèce en nouvelles communautés dotées de leurs propres avantages et inconvénients : don pour la musique, amnésie chronique, peau recouverte d’écailles, apparition d’excroissances végétales au bout de doigts… Une façon pour le virus de nous « contrôler », afin de faire émerger « des espèces humaines de plus en plus complexes ».


    Pour découvrir Les espionnes racontent sans porter de fausse moustache, c’est ici.


    Visuel © Black Hole, de Charles Burns (éditions Delcourt, 1995-2005).
     
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    • 3 min
    Pacôme Thiellement : « Demain, nous ne parlerons plus aux millionnaires »

    Pacôme Thiellement : « Demain, nous ne parlerons plus aux millionnaires »

    Contre les inégalités financières qui ne cessent de s’aggraver, cet écrivain et vidéaste parisien mise sur deux méthodes – l’une, douce ; l’autre, dure – afin d’inciter les super-riches à redistribuer leurs ressources.


    « Le boycott : voilà notre arme pour lutter contre notre monde de mort. C’est notre toute petite arme. Elle ne prend pas de place dans notre poche. (…) Nous devons boycotter impérativement tout ce qui nuit à la planète comme à notre moral, la nourriture empoisonnée et les empoisonneurs de l’esprit. » Dans son dernier livre, examen de ses plus grandes douleurs publié en janvier sous le beau titre Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or (éditions Florent Massot), l’écrivain et vidéaste parisien Pacôme Thiellement conseille de manifester notre indifférence à tout ce qui nous nuit, à tout ce qui nous rend malades : les excès du capitalisme carnassier, la politique-spectacle, la télé-poubelle ou les « intellectuels merdiques » affamés de pauvres petits « buzz ». Il faut, souligne-t-il, réussir à « trouver en soi la puissance du refus initial ». « L’homme riche est le dernier des péquenauds de son temps. Il n’a rien vécu, ne vit rien, ne vivra rien. Il capitalise, il accumule. Il mange tout ce qu’il peut, il vomit, et ce qu’il a vomi, il voudrait le donner à manger au reste du monde. Mais il n’a aucune importance. C’est un pauvre type et sa vie n’a aucun intérêt. (…) Si nous cessons de l’envier ou de le détester pour ce qu’il nous prend, si nous l’ignorons et vivons notre vie tranquillement sans lui, il viendra quémander notre amour et nous proposera toutes ses fortunes en échange d’un petit sourire ou d’un rendez-vous. »


    Une riche idée, que l’auteur de Tous les chevaliers sauvages – tombeau de l’humour et de la guerre (2012) fait ici fructifier afin d’inciter nos millionnaires à redistribuer leurs ressources, en misant sur deux méthodes : l’une, « douce », en leur parlant « comme à des enfants », pour leur ré-enseigner les vertus du partage issues des contes immémoriaux dont les rois ne sont pas toujours cupides ; l’autre, « dure », en cessant instantanément de leur adresser la parole « au-delà d’une certaine somme » gagnée sans jamais aider les plus démunis, en les punissant ainsi par exclusion de la communauté humaine, en leur faisant « honte » de ces magots exclusifs, comme à « tous les artistes qui s’assoient à leur table ».


    Pour écouter Pacôme Thiellement, invité de la Nova Book Box, évoquer « l’anarchie douce » en action dans les bandes dessinées de Gébé, c’est ici.


    Visuel © La Bande à Picsou, d’après Carl Barks.
     
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    • 3 min
    Paris Banlieue : « Demain, tous les enfants de France vont se révolter »

    Paris Banlieue : « Demain, tous les enfants de France vont se révolter »

    Ce trio francilien de « ménestrelles » adolescentes, dont le premier album rétro-pop-yéyé se contrefiche des formats, milite pour donner son avis « sur tout, surtout » et le droit de vote à tous les moins de 18 ans.


    « Mon cher Sid Vicious, je t’admire tellement / Tu oses montreeeer ta haine envers la société-é-é / Alors que moi, j’ai peur de tout, de la police, de mes parents – et encore plus de mes enfants. » Ainsi démarre, d’une voix si sage, avec trois notes de guitare et un clavier fort minimal, Punk dissimulé, l’une des comptines du ravissant premier album auto-produit du groupe Paris Banlieue, trio francilien de « ménestrelles » rétro-pop-yéyé ; pendant quelques secondes, lorsque la narratrice incite à « piquer les fesses du surveillant avec un cactus », on croirait entendre les ballades naïves fredonnées jadis par Moe Tucker sur les disques du Velvet Underground. Mais qui sont ces jeunes filles qui semblent se contreficher des formats, rimes ou refrains, interrompant souvent leurs jolies chansons au bout d’une minute et demi, sans craindre les fausses notes, multipliant ruptures de ton et harmonies médiévales de poche, au profit d’histoires absurdes ou désuètes qu’on croirait tirées d’un vieux Rohmer, voire, plus près de nous, des films d’Hubert Viel (Artémis coeur d’artichaut, Les filles au Moyen-Âge) ?


    En moins de vingt minutes, les « gueuseries » d’Adèle Duhoo et ses amies les sœurs Clara et Leonor Pernas possèdent plus d’idées, de vigueur, d’humour et de mélodies que toute la discographie de Julien Doré. Enregistrées par les défricheurs de sérieux enfantillages de Radio Minus, distribuées sur cassette audio, ces lycéennes militent aujourd’hui sur Nova pour donner leur avis « sur tout, surtout » et le droit de vote aux moins de 18 ans. Selon leurs analyses, l’écologie l’emporterait alors dans tous les suffrages. Conclusion, que tous les citoyens en culottes courtes reprennent déjà en choeur : « La viiiie me parle enfin ! »


    Pour écouter l’album Gueuseries en intégralité, c’est ici.


    Visuel © Les filles au Moyen-Âge, de Hubert Viel (2015).
     
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    • 4 min

Avis d’utilisateurs

4.0 sur 5
45 notes

45 notes

Jumarx ,

Ça fait du bien

C’est léger et intéressant, ce qu il faut en ces temps de confinement !

Fjord87 ,

Inspirant

Des pensées originales et inspirantes, ça fait du bien. Merci Nova

Marie-Olivier ,

excellent!

Un superbe format qui fait du bien 👌🏼

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