What DAF'ck

Widoowin Cross Asset Solutions

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.

  1. ⏳Qui veut la paix prépare la guerre

    -6 J

    ⏳Qui veut la paix prépare la guerre

    Cette semaine, l’optimisme est de retour suite à l’annonce d’un cessez-le-feu par Donald Trump. Mais derrière l'euphorie, la réalité est plus nuancée. Les deux camps revendiquent la victoire, la question nucléaire reste entière, et un accord concret devra être trouvé en seulement quatorze jours.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, le président américain voulait renvoyer l’Iran à l'âge de pierre et parle désormais d'âge d'or au Moyen-Orient. Les marchés ont immédiatement salué cette annonce via une hausse significative des indices et une détente généralisée des taux obligataires. Si cette accalmie doit se prolonger et déboucher sur une résolution durable du conflit, elle pourrait freiner les pressions inflationnistes et redonner une marge de manœuvre aux banques centrales. Cependant, les deux camps revendiquent publiquement la victoire, ce qui en dit long sur la fragilité de cet accord. Washington a obtenu l'ouverture conditionnée du détroit d'Ormuz, mais la question centrale du programme d'enrichissement de l'uranium, à l'origine du conflit, demeure entière. Les deux parties devront trouver un accord concret en deux semaines, mais dans ce contexte délicat, une résolution durable semble encore incertaine. Côté macroéconomique, l'indice des prix de l'ISM dans les services a bondi à 70 points, soit la plus forte progression mensuelle en treize ans. Ce niveau témoigne de pressions inflationnistes bien réelles dans le secteur des services, malgré un PCE core qui reste stable. Concernant l’emploi, les NFP affichent une création de 178 000 postes, soit la plus forte progression depuis décembre 2024, tandis que le taux de chômage recule à 4,30%. Le dernier compte rendu du FOMC Meeting souligne cette amélioration qui offre une marge de manœuvre à la Fed pour contenir les pressions inflationnistes à venir, alors que l’institution avait justement engagé un cycle d'assouplissement pour soutenir le marché du travail.    🇪🇺 Europe  En Europe, la BCE a adopté un ton plus hawkish ces dernières semaines en affirmant se tenir prête à relever les taux. Ce discours a suffi à faire remonter les anticipations de taux sur les marchés et à contenir temporairement les pressions inflationnistes, sans avoir à resserrer sa politique monétaire. Depuis, l'annonce du cessez-le-feu au Moyen-Orient a réduit les tensions sur les taux. La BCE dispose donc de répit avant sa prochaine réunion en avril, qui sera dictée par les données d'inflation de mars et l'évolution des prix du pétrole. Parallèlement, l'activité ralentit nettement en zone euro. Des deux côtés du Rhin, la production industrielle est dans le rouge et les indices PMI des services et composites frôlent le seuil de contraction. Dans un contexte où l'Europe reste extrêmement dépendante des importations d’énergie, les tensions au Moyen-Orient pourraient contraindre les institutions à revoir leurs prévisions de croissance à la baisse.     🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, la sécurisation du Golfe représente un enjeu stratégique pour Pékin. L'Iran pèse à lui seul près de 15% des importations chinoises de pétrole, ce qui en fait un partenaire incontournable. Au moment de l'annonce du cessez-le-feu, Pékin et Moscou ont affiché leur satisfaction, y voyant une victoire diplomatique. L'émergence d'un axe Chine-Iran-Russie pourrait bien redistribuer les cartes de la géopolitique mondiale. En contrôlant à lui seul près de 30% du pétrole mondial, ce trio dispose d’une arme de pression redoutable face à l'Occident.    🛢️ Matières premières  Côté des matières premières, les cours du pétrole reculent d'environ 13%, portés par la trêve au Moyen-Orient, revenant autour des 97 dollars pour le brent, contre 111 dollars en début de semaine. Ces niveaux restent encore loin des 70 dollars le baril, prix moyen d'avant-guerre. Cette détente reste néanmoins fragile car, sans accord tangible, le conflit risque de reprendre de plus belle. La pression sur les chaînes de production et de distribution se fait déjà ressentir et pourrait s'intensifier en cas de reprise des hostilités. Au détroit d'Ormuz, épicentre du conflit, l’Iran poursuit sa partie d’échecs et met en place un système de péage sur le transit pétrolier, renforçant ainsi son emprise sur l'une des artères énergétiques les plus stratégiques au monde. Le tarif s’établit à 1 dollar le baril, payable en Bitcoin, ce qui permet à Téhéran de garder le contrôle financier de la région tout en s'affranchissant des sanctions occidentales avec des règlements impossibles à tracer ou à confisquer.

    5 min
  2. 🤠 Trump Barrel Ranger

    3 AVR.

    🤠 Trump Barrel Ranger

    Cette semaine, le conflit au Moyen-Orient continue de dicter le rythme des marchés, ravivant les tensions inflationnistes des deux côtés de l'Atlantique et contraignant les banques centrales à revoir leurs trajectoires.     🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, les tensions avec l'Iran continuent de peser sur le détroit d'Ormuz. Le prix de l'essence a franchi la barre des 4 dollars le gallon, un niveau symbolique pour le consommateur américain. Il faudra noter que la transmission de l'inflation énergétique à l'économie prend plusieurs semaines avant de se faire pleinement ressentir. Dès lors, si le conflit s'inscrit dans la durée et que les prix du baril restent élevés, le risque inflationniste pourrait s'intensifier significativement.   Parallèlement, le rapport mensuel du cabinet ADP indique que le secteur privé américain a créé 62 000 emplois nets au mois de mars, un chiffre supérieur au consensus. Ces données offrent du répit à la Réserve fédérale, après plusieurs mois de faiblesse sur le marché du travail qui l'avaient conduite à assouplir sa politique monétaire. Toutefois, le rapport JOLTS de février nuance ce tableau, puisque le nombre de chômeurs dépasse le nombre d'offres d'emploi pour le septième mois consécutif. Si une amélioration se confirme, la Fed pourra concentrer son attention sur son mandat premier, à savoir la lutte contre l’inflation.    Par ailleurs, la dette publique franchit désormais le seuil des 39 000 milliards de dollars, sous l'effet conjugué des emprunts massifs liés aux conflits extérieurs et des dettes contractées durant la période Covid. Aujourd’hui le Trésor doit faire face à un refinancement à des taux plus élevés. Alors que Trump misait sur les recettes douanières pour contenir le déficit, les dépenses fédérales continuent de progresser à un rythme effréné. Si les taux se maintiennent au-dessus de 4,00%, la charge d'intérêts pourrait dépasser 1 300 milliards de dollars dès 2026, une trajectoire que le conflit iranien ne fait qu'aggraver. Une charge d'intérêts aussi massive réduit mécaniquement les marges de manœuvre budgétaires et freine l'activité économique, renforçant le risque de récession.   🇪🇺 Europe  De l'autre côté de l'Atlantique, l'inflation en rythme annuel de la zone euro bondit à 2,50% en mars, après 1,90% en février, franchissant ainsi l'objectif de 2,00% fixé par la BCE pour la première fois depuis novembre. Cette hausse est purement liée à l'énergie, puisque l'inflation core annuelle, c'est-à-dire l'indice qui exclut l'énergie et l'alimentation, recule légèrement à 2,30% contre 2,40% le mois précédent et poursuit donc sa dynamique baissière. La Banque centrale européenne risque donc de se retrouver prise en étau entre une croissance faible récemment révisée à la baisse, et une inflation en hausse.    Face à ce constat, la Banque centrale a adopté un ton plus hawkish et se dit prête à réagir face au risque inflationniste qui n’est pas sans rappeler la crise énergétique de 2022. Dans ce contexte, les taux souverains en zone euro battent de nouveau des records et pourraient poursuivre leur ascension si le conflit venait à se prolonger.    🇨🇳🇯🇵 Asie Du côté du Japon, l'économie subit de plein fouet la faiblesse du yen combinée à une forte inflation importée. Le pays, qui importe la quasi-totalité de son énergie, voit ainsi son coût énergétique directement amplifié par la faiblesse du yen. Pour la Banque du Japon, qui s'est engagée depuis 2024 dans un resserrement monétaire, ces données viennent conforter la poursuite de sa politique.     🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le blocage du détroit d'Ormuz continue de perturber les flux énergétiques mondiaux. Si les projections de l'Agence internationale de l'énergie se confirment, une réduction de l'offre de 8 millions de barils par jour pourrait propulser l'or noir vers les 150 dollars. Face à ce choc inflationniste, les banques centrales pourraient donc se résoudre à remonter les taux dans les prochains mois.

    5 min
  3. 🐺 Greed is good

    27 MARS

    🐺 Greed is good

    Cette semaine, le détroit d'Ormuz franchit le cap du premier mois de paralysie, et les conséquences économiques du conflit restent difficiles à évaluer. Face à cette incertitude, les banques centrales ont choisi la prudence. Elles révisent désormais leurs projections et se préparent à agir si la situation se dégrade.     🇺🇸 États-UnisAux États-Unis, la Réserve fédérale reconnaît naviguer dans un environnement particulièrement incertain. Elle adopte un ton plus hawkish, révisant ses projections à la hausse sur l'inflation et à la baisse sur la croissance. En cause, le baril de pétrole exerce une pression simultanée sur les prix à la consommation et sur l'activité économique, faisant craindre un risque de stagflation, le scénario le plus redouté par les banquiers centraux. En maintenant ses taux inchangés, la Fed se réserve la possibilité de resserrer sa politique monétaire si l'inflation repart. L’institution n’a pas oublié la vague inflationniste de 2022-2023, et cette fois elle ne prendra pas le risque de se laisser surprendre. En parallèle, le président des États-Unis a annoncé suspendre les attaques sur des sites énergétiques iraniens, en évoquant des discussions nucléaires qu'il juge très productives. Néanmoins, ces déclarations ont rapidement été démenties par Téhéran, renforçant le climat d’incertitude. La séquence a alimenté des soupçons de délit d'initié autour des déclarations présidentielles. Le prix du baril reste ainsi suspendu à la moindre évolution du conflit, ou au prochain tweet de Trump.   🇪🇺 Europe  De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque centrale européenne a aussi revu ses prévisions face au risque inflationniste, anticipant désormais une inflation à 2,60% en zone euro pour 2026, contre 1,90% précédemment, pour une croissance réduite à 0,90%. Face aux tensions sur les prix, les taux souverains allemands et français ont nettement progressé, et pourraient bien poursuivre leur hausse si le blocage du détroit d'Ormuz venait à s'installer dans la durée.  En Allemagne, les prix à la production ont enregistré un repli plus marqué que prévu en février, affichant une baisse de 3,30% en rythme annuel, reflet d'une industrie manufacturière qui tourne au ralenti depuis plusieurs trimestres. Dans ce contexte, l'indice des prix à la consommation ressortait à 1,90% en février, signe d’une inflation encore sous contrôle. Mais cette désinflation pourrait être de courte durée, l'impact de la hausse des prix de l’énergie arrivant généralement avec plusieurs semaines de décalage. Joachim Nagel, président de la Bundesbank, l'a bien compris et plaide pour une politique monétaire plus restrictive afin d'éviter que l'inflation ne s'installe durablement. C'est plutôt de l'autre côté de la Manche qu'il faudra s'inquiéter, le Royaume-Uni affichant déjà une inflation à 3,00%, bien au-delà de la cible des 2,00%, laissant peu de marge de manœuvre à la Banque d’Angleterre.    🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, la Banque centrale a choisi de maintenir ses taux directeurs tout comme le reste du monde. La crise immobilière continue de peser sur la confiance des ménages et freine la demande intérieure. Le gouvernement en est conscient, fixant un objectif de croissance de 4,50% à 5,00% pour 2026, le plus bas depuis 1991, et promet des mesures fortes pour relancer la consommation.  Au pays du soleil levant, l'inflation hors produits frais est tombée en février sous l'objectif des 2,00% pour la première fois depuis près de quatre ans, grâce aux subventions du gouvernement sur l'énergie. Néanmoins, ce repli ne devrait pas bouleverser le plan de resserrement monétaire de la banque centrale nippone, en raison de la flambée des cours du pétrole et de la faiblesse du yen.  🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, le détroit d'Ormuz est toujours quasi paralysé depuis bientôt un mois et les conséquences se font déjà sentir sur les prix de l'énergie. Mais les effets du conflit ne s'arrêtent pas là : les dégâts sur les installations gazières du Qatar ont coupé un tiers de la production mondiale d'hélium, un sous-produit du gaz naturel indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, et donc au développement de l'intelligence artificielle.

    5 min
  4. 👱‍♂️ Trump au pays de l'or noir

    20 MARS

    👱‍♂️ Trump au pays de l'or noir

    Le conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie replacent les banques centrales dans une position délicate. En quelques jours, le scénario de marché s’est inversé, les investisseurs, qui anticipaient des baisses de taux en 2026, revoient leurs attentes face au retour du risque inflationniste.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, la Réserve fédérale a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés. Le PCE core reste au-dessus de la cible des 2,00%, et les tensions géopolitiques continuent de peser sur les perspectives économiques. Dans cette situation, les membres du FOMC adoptent une posture prudente, comme en témoigne le dernier dot plot, qui n’anticipe désormais plus qu’une seule baisse de taux d’ici fin 2026. L'institution se retrouve ainsi dans une position délicate, entre une inflation persistante et une économie fragile. En parallèle, le dernier rapport JOLTS du département du Travail affiche 6,946 millions d'ouvertures de postes en janvier, au-dessus du consensus. Cette donnée vient nuancer les récents NFP de février, qui affichaient une forte destruction d'emplois. Jerome Powell s’est dit confiant sur l’emploi, anticipant que le secteur de l'IA pourrait générer de nouvelles créations de postes. Si cette tendance se confirme dans les prochaines semaines, elle pourrait apporter un peu d'oxygène à l’économie américaine.     🇪🇺 Europe  En zone euro, l’inflation annuelle remonte légèrement en février à 1,70%, tout en restant sous la cible des 2,00%, un signal positif malgré un contexte géopolitique tendu. Toutefois, le conflit au Moyen-Orient ravive les risques inflationnistes, notamment via la volatilité des prix de l'énergie. Dans cette situation, la BCE a choisi de maintenir ses taux inchangés, privilégiant la prudence face à ces incertitudes.   En France, l’inflation en février se maintient à un niveau inférieur au reste de l’Europe à 0,60% en rythme annuel, alors que les contrastes inflationnistes s'accentuent entre les pays européens.    Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre se retrouve prise en étau entre un marché du travail qui continue de se dégrader, un PIB à l'arrêt en janvier et des risques inflationnistes liés aux tensions géopolitiques. Dans ce contexte, l'institution n'a eu d'autre choix que de maintenir le statu quo monétaire.     🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, Donald Trump a demandé le report du sommet prévu ce mois-ci avec son homologue Xi Jinping. Cette décision intervient alors que le pays se retrouve fragilisé par le conflit iranien, qui pèse directement sur ses approvisionnements en pétrole. Ce report illustre à quel point l'opération militaire américaine en Iran a bouleversé les priorités de la Maison Blanche en matière de politique étrangère, et pourrait bien raviver les tensions diplomatiques entre les deux puissances. Au Japon, même scénario que pour les autres grandes banques centrales. Face au risque inflationniste, la Banque du Japon a maintenu ses taux directeurs à 0,75%. Pour rappel, l’institution était déjà engagée dans une politique restrictive et devrait donc poursuivre cette orientation dans les mois à venir.     🛢️ Matières premières  Ces dernières semaines, le pétrole s'affirme comme le point névralgique de l’ensemble de l’économie mondial. La guerre a provoqué la perturbation d'approvisionnement la plus importante jamais enregistrée sur le marché pétrolier, contraignant les pays du Golfe à réduire leur production d'au moins 10 millions de barils par jour. Tout signe d'apaisement du conflit permettrait de desserrer les tensions sur l'offre, et contribuerait à améliorer les perspectives inflationnistes.

    4 min
  5. ⚫️ Iranian Rhapsody

    13 MARS

    ⚫️ Iranian Rhapsody

    Cette semaine, l’escalade du conflit cette semaine ravive les craintes inflationnistes et a poussé le G7 à se réunir en urgence pour envisager une libération de ses réserves stratégiques.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le rapport NFP de février crée la surprise avec la destruction de 92 000 emplois et un taux de chômage qui grimpe à 4,40%. Selon le Bureau of Labor Statistics, Cette dégradation est en partie liée à une grève dans le secteur de la santé. Dans ce contexte, la pression sur la Fed pour baisser ses taux pourrait s'intensifier, d'autant que l'institution avait déjà amorcé un assouplissement monétaire en fin d'année dernière. En parallèle, les prix du pétrole ont bondi de plus de 50% depuis le 1er janvier, alimenté par le conflit en Iran, ravivant les pressions inflationnistes. Pour rappel, l'indice des prix à la consommation aux États-Unis dépasse déjà la cible des 2,00% fixée par la Réserve Fédérale. L'institution pourrait donc se retrouver une nouvelle fois prise en étau entre uneinflation persistante et un marché du travail sous tension.    🇪🇺 Europe  De l’autre côté de l’Atlantique, la flambée des prix de l'énergie a directement alimenté les anticipations d'inflation en zone euro, poussant les taux souverains à la hausse sur l'ensemble de la zone. Si les tensions sur les prix à la consommation se confirment dans les prochains mois, la BCE pourrait être amenée adopter une orientation plus restrictive. Par ailleurs, les dirigeants du G7 se sont réunis en France pour évaluer les risques du conflit en Iran et de ses conséquences sur l'économie mondiale et sur l'inflation. Les discussions ont notamment porté sur une possible coordination entre pays membres pour libérer entre 300 et 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, via l'Agence internationale de l'énergie, afin de contenir les prix du pétrole. Une telle mesure pourrait limiter les pressions inflationnistes à court terme, mais son efficacité dépendra surtout de la durée du conflit et de l’évolution de la situation géopolitique. Du côté de l'Allemagne, les données de janvier confirment une dégradation de l'activité industrielle, avec une chute des commandes plus importante que prévue et une baisse inattendue de la production. Les plans de relance engagés en 2025 n'ont pas produit les effets escomptés, et le gouvernement allemand devra vraisemblablement envisager de nouvelles mesures pour redresser la trajectoire de son économie.    🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, l’IPC ou indice des prix à la consommation progresse de 1,30% en février, atteignant son plus haut niveau en près de trois ans. Cette hausse, supérieure au seuil symbolique de 1,00%, constitue un signal fort de reprise de la consommation intérieure, attestant de l’efficacité des politiques gouvernementales de soutien à la demande portent leurs fruits. Dans un contexte de prolongement du conflit, la Chine devra rester vigilante face au risque d'une accélération trop rapide de l'inflation, notamment en raison de sa forte dépendance au pétrole iranien.  🛢️ Matières premières Du côté des matières premières, la guerre au Moyen-Orient provoque la plus grave perturbation de l'approvisionnement jamais enregistrée sur le marché mondial du pétrole d’après l’Agence Internationale de l’Energie. En début de semaine le baril de pétrole a frôlé les 120 dollars soit +50% en l’espace de 2 jours, porté par le blocage du détroit d'Ormuz. Les prix ont ensuite reculé, soutenus par les déclarations de Trump laissant entrevoir une fin prochaine du conflit au Moyen-Orient, ainsi que par la possible libération de réserves stratégiques.  Néanmoins, cette accalmie n'aura été que de courte durée. Les tensions entre Washington et Téhéran sont remontées d'un cran après que l'Iran a posé des mines dans le détroit d'Ormuz. Dans cette situation, Washington pourrait durcir sa posture et riposter avec une plus forte intensité.

    4 min
  6. 🛢️ Full Metal Barrel

    6 MARS

    🛢️ Full Metal Barrel

    Cette semaine, après l’entrée en guerre entre les États-Unis et l’Iran, l’un des points de passage les plus critiques du commerce énergétique mondial se retrouve paralysé. Près de 20% du pétrole mondial est désormais pris en otage et le risque d’un nouveau choc inflationniste refait surface.    🇺🇸 États-Unis    Aux États-Unis, les tensions avec l’Iran ont franchi un nouveau cap après les frappes menées par Washington et Israël contre plusieurs installations liées au programme nucléaire iranien. Depuis, les échanges de tirs se multiplient dans le golfe, faisant craindre un retour de l’inflation. Cette situation pourrait inciter la Réserve fédérale à marquer une pause dans sa politique monétaire accommodante, au risque de peser davantage sur la croissance américaine.  Du côté macroéconomique, le rapport ADP montre que le marché du travail reste solide avec 63 000 emplois créés dans le secteur privé, au-dessus des 50 000 attendus. Dans le même temps, le Beige Book de la Réserve fédérale souligne l’incertitude qui entoure les dépenses et la confiance des ménages, en particulier chez les foyers à faibles revenus, malgré une légère progression de la consommation. Cette divergence met en évidence une économie à deux vitesses et constitue un élément supplémentaire en faveur d’une pause sur les taux de la Fed.     🇪🇺 Europe  De l’autre côté de l’Atlantique, l’Union européenne appelle à la désescalade afin de préserver la stabilité régionale et les routes commerciales dans le golfe. Depuis la guerre en Ukraine, l’Europe a fortement réduit sa dépendance au gaz russe et s’approvisionne davantage en Gaz Naturel Liquéfié transporté par voie maritime. Dans ce contexte, une extension du conflit pourrait perturber l’approvisionnement, alimenter davantage l’inflation et fragiliser une économie européenne déjà sous pression. Cette menace sur les prix de l'énergie intervient alors que l'indice des prix en zone euro accélère à 1,90% en février, contre 1,70% en janvier.   Dans son dernier compte rendu de politique monétaire, la BCE souligne la solidité de l’économie européenne, qui résiste mieux qu’attendu aux tensions commerciales et géopolitiques. Face à ce contexte marqué par de fortes incertitudes, l’institution estime que les taux directeurs devraient rester inchangés en 2026 et possiblement en 2027.      🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, le positionnement face au conflit est également orienté vers la désescalade. D’un point de vue économique, Pékin a des intérêts énergétiques importants avec l'Iran, représentant à elle seule 80% de ses exportations de pétrole. Pour rappel, la Chine est, de loin, le premier importateur de pétrole de la planète, et une prolongation des tensions pourrait perturber son approvisionnement et fragiliser son économie. Par ailleurs, cette situation profite aux États-Unis, qui voient leur principal rival économique affaibli dans un contexte de rivalité commerciale.     🛢️ Matières premières    Côté matières premières, les tensions montent dans un contexte géopolitique marqué par la guerre au Moyen-Orient. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, plusieurs pays déploient des moyens militaires pour sécuriser les routes maritimes et défendre leurs intérêts énergétiques. Plusieurs pétroliers ont été attaqués ou immobilisés et des centaines de navires restent en attente. Les marchés anticipent désormais un risque de pénurie, ce qui soutient la hausse des prix de l’énergie et accentue la volatilité, malgré la hausse de production de l’OPEP+.

    4 min
  7. 💣 Atomix & Obelix

    27 FÉVR.

    💣 Atomix & Obelix

    Cette semaine, Nvidia explose tous les compteurs et tire les marchés vers le haut pendant que les tensions entre les États-Unis et l’Iran montent d’un cran autour du programme nucléaire iranien.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la Cour suprême américaine a invalidé, par six voix contre trois, les droits de douane imposés par le Président américain, estimant qu’il a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels. En réponse, la Maison Blanche s’est appuyée sur un autre fondement juridique pour imposer un tarif temporaire sur toutes les importations. Cette nouvelle incertitude replonge le commerce mondial dans le brouillard et pourrait ralentir une économie déjà fragilisée, alors que le PIB a progressé de seulement 1,40% au quatrième trimestre 2025 en rythme annualisé, pénalisé notamment par le shutdown. Par ailleurs, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès, Donald Trump s’est félicité de la solidité de l’économie et du recul de l’inflation. Pourtant, les dernières données montrent une dynamique des prix plus persistante, avec un PCE en accélération à 2,90%, toujours au-dessus de la cible de 2,00%. Face à cette situation et conformément aux minutes de la réserve fédérale, l’institution adopte un ton prudent et devrait marquer une pause dans sa politique monétaire accommodante.  Nvidia, plus grande capitalisation boursière mondiale, et véritable thermomètre du secteur de l’intelligence artificielle, dépasse une nouvelle fois les attentes en publiant un chiffre d’affaires colossal de 215 milliards de dollars sur 2025. Dans un contexte marqué par des interrogations autour de la pérennité et la rentabilité de l'intelligence artificielle, le géant américain réaffirme son statut de leader et rassure les investisseurs. La tendance pourrait se prolonger dans les prochains mois, portée par les investissements massifs des autres géants comme Alphabet, Meta, Amazon et Microsoft.    🇪🇺 Europe Du côté européen, Christine Lagarde, récemment distinguée par le prix Paul Volcker, a profité de son discours pour rendre hommage à l’ancien président de la Réserve fédérale et remettre au centre du débat la question de l’indépendance des banques centrales. Pour rappel, Volcker avait accepté une forte pression politique afin de préserver la crédibilité de la Fed et de lutter contre l’inflation dans les années 80. La présidente de l’institution n’a pas manqué de faire le rapprochement avec la période actuelle, marquée par les tensions entre Donald Trump et Jerome Powell autour de la trajectoire des taux. Si les banques centrales venaient à dépendre du pouvoir politique, des décisions orientées vers le financement de la dette et le soutien de l’activité pourraient alors se faire au détriment de la stabilité des prix. En France, le rendement des obligations d'État françaises à 10 ans est tombé sous la barre des 3,30%, son niveau le plus bas depuis août dernier. Les tensions autour de la politique commerciale américaine pourraient prolonger ce mouvement en renforçant la demande pour les actifs moins risqués, notamment les obligations d’État. Cette explosion de la demande ferait donc mécaniquement baisser les rendements.  De l’autre côté de la Manche, la Banque d'Angleterre est partagée entre lutter contre la hausse des prix ou soutenir une croissance en perte de vitesse. Son gouverneur Andrew Bailey n’exclut pas une baisse des taux dès mars, signe que le soutien à l’économie pourrait devenir prioritaire. Parallèlement, en zone euro, l’inflation ressort à 1,70%, un niveau maîtrisé offrant à la banque centrale une marge de manœuvre pour conserver une posture prudente et se concentrer davantage sur la croissance.      🇨🇳🇯🇵 Asie Après les célébrations du Nouvel An chinois, la Banque populaire de Chine a décidé de maintenir le taux préférentiel des prêts à un an à 3,00% pour la neuvième fois consécutive. Face à un marché immobilier toujours en crise et un marché de l'emploi atone, les consommateurs réduisent leurs dépenses. Si les festivités ont soutenu temporairement la consommation, le gouvernement devra redoubler d’efforts pour soutenir durablement la demande intérieure. Au Japon, l’inflation sous-jacente annuelle a atteint en janvier son plus bas niveau depuis deux ans, s'alignant sur l'objectif de 2,00% fixé par la banque centrale. Cette situation permet à la Banque du Japon de marquer une pause après une période d’inflation persistante.     🛢️ Matières premières Cette semaine, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient, avec la plus grande mobilisation dans la région depuis 2003. Dans le même temps, Washington accuse l’Iran de développer des missiles capables de menacer l’Europe, les bases américaines et potentiellement directement les États-Unis. Le président américain dit préférer la diplomatie, mais il a clairement laissé entendre qu’une action militaire pourrait suivre si aucun accord n’est trouvé. Ces dernières semaines, la montée des tensions a fait grimper le prix du baril de pétrole, et cette dynamique devrait se poursuivre si un conflit venait à éclater.

    5 min
  8. 💼 Work hard, play hard

    20 FÉVR.

    💼 Work hard, play hard

    Cette semaine, les chiffres de l'emploi américain déjouent les anticipations, alors que le chômage au Royaume-Uni a atteint des sommets. En parallèle, le Japon profite d'une bonne dynamique économique et le pétrole subit les tensions géopolitiques.    🇺🇸 États-Unis  Les États-Unis subissent une stagnation des ventes au détail au mois de décembre, qui s’explique par l’anticipation du Black Friday par les consommateurs. En revanche, le rapport sur l’emploi a largement déjoué le consensus en affichant 130 000 créations de postes en janvier, contre seulement 65 000 attendues, ramenant ainsi le taux de chômage à +4,30%. Ainsi, cette robustesse du marché de l'emploi pourrait favoriser un rebond de la consommation et garantir le maintien de la croissance économique au premier trimestre. En parallèle, l’indice des prix à la consommation n'a progressé que de +0,17% sur le mois, un rythme de progression nettement inférieur au consensus de +0,30%. Pourtant, janvier est traditionnellement le mois qui connaît les plus fortes hausses de prix. Par conséquent, ces chiffres pourraient confirmer que le pic inflationniste est définitivement franchi, et ainsi favoriser un assouplissement monétaire de la FED. Alphabet, la maison mère de Google, a réalisé une émission obligataire historique d'une maturité de 100 ans, versant un coupon annuel de +6,125%. Ce « Century Bond » témoigne de la volonté du géant de la Silicon Valley de verrouiller des liquidités sur le très long terme pour financer ses infrastructures d'intelligence artificielle et ses investissements énergétiques.    🇪🇺 Europe  Côté européen, la réunion de l’Eurogroupe dans le cadre du budget 2027 a mis l’accent sur trois points : le renforcement du rôle international de l’euro, la coordination des États membres face aux déséquilibres mondiaux et l’adoption des grandes orientations budgétaires européennes. Enfin, alors que le PIB de la zone euro a progressé, en ligne avec les attentes au quatrième trimestre 2025 à +0,30%, les ministres ont affiché leur volonté de soutenir des politiques pro croissance. Dans l’objectif d’accroître la résilience financière de l’UE, au vu du contexte géopolitique et économique toujours plus tendu. En France, l’inflation en rythme annuel a légèrement ralenti en janvier, s’établissant à +0,30% conformément aux attentes du marché. Ce niveau, très inférieur à la cible des +2,00%, fait peser un risque déflationniste dans l’hexagone. La BCE sera une fois de plus, confrontée à des pressions dovish (en faveur d'une baisse de taux) alors que les contrastes inflationnistes s'accentuent entre les pays européens. Au Royaume-Uni, le marché du travail se détériore nettement. Le taux de chômage atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans hors pandémie, tandis que la progression des salaires ralentit à nouveau. En parallèle, l’inflation recule à son plus bas niveau depuis mars 2025 à +3,00%, réduisant la pression sur les prix. Ce double signal, alliant affaiblissement de l’emploi et décélération de l’inflation, renforce les anticipations d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre dès le mois de mars, afin de soutenir une économie en perte de vitesse.     🇨🇳🇯🇵 Asie  Au Japon, l'économie se montre résiliente malgré un PIB, ressorti à +0,10% au quatrième trimestre 2025. En effet, la consommation des ménages a progressé de +1,30% sur un an, malgré l’impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat. L'investissement privé suit cette même dynamique avec +1,70% en rythme annuel. La confiance envers le gouvernement Takaichi pourrait se renforcer, alors que la première ministre annonce vouloir gouverner sans être pris en étau par la dette. Ces signaux encourageants ont permis au Yen de s’apprécier face au dollar, tandis que le Nikkei 225 fait cavalier seul et surperforme les indices mondiaux, avec une hausse de +7,00% sur le mois. De plus, les rendements des obligations d'État japonaises à long terme ont baissé, signalant un apaisement notable du marché obligataire à court terme. C'est un signal rassurant pour les acteurs de marché qui craignaient une fin anticipée du carry trade.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le marché du pétrole fait face à un paradoxe depuis le début de l’année : une offre globale excédentaire, ainsi que des prix en hausse. En effet, le Brent affiche +16% depuis le 1er janvier. Cette tension s’explique par une offre réelle disponible plus restreinte, avec une part croissante des barils russes et iraniens exclus du marché pour de nombreux acheteurs. Les discussions récentes entre les États-Unis et l’Iran à Genève renforcent ces tensions, et accentuent les stocks de barils sous sanctions restant en mer, en attente d’acheteurs.

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