Cette semaine, alors que la guerre dure depuis plus de six mois sans qu'aucun accord ne se profile, le détroit d'Ormuz reste fermé et le pétrole se maintient autour des 90 dollars le baril. En parallèle, la Chine s'illustre avec l'entrée en bourse spectaculaire d'Unitree, propulsant la robotique humanoïde sur le devant de la scène. 🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, le mémorandum d'entente de 60 jours a expiré le 17 août sans qu'un accord soit trouvé, aucune des deux parties ne souhaitant le prolonger. Le détroit d'Ormuz reste donc largement fermé, ce qui maintient les tensions. Donald Trump a menacé de bombarder Oman si le pays se mettait en travers d'un accord sur le passage des navires dans le détroit. De son côté, Téhéran envisage de viser certains pays du sud-est de l'Europe, voire les câbles sous-marins à fibre optique du détroit, qui transportent une part majeure du trafic Internet mondial. Ces tensions alimentent les anticipations d'inflation et poussent les rendements américains à la hausse, le 30 ans dépassant désormais 5,30%, son plus haut niveau depuis près de vingt ans. Dans le même temps, la dette publique américaine vient officiellement de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars et pourrait atteindre les 50 000 milliards avant la fin de la décennie à mesure que la hausse des rendements creuse le déficit. Par ailleurs, les marchés anticipent à 96% une hausse de 25 points de base des taux de la Réserve fédérale en 2026. Toutefois, les chances d'un relèvement des taux lors de la réunion de septembre se sont réduites à 65% d'après FedWatch. Ce recul s'explique par des chiffres d'inflation plus modérés que prévu aux États-Unis, avec un IPC ressorti à 3,40% en juillet, contre 3,50% le mois précédent. Fidèle à son mandat de lutte contre l'inflation, la Fed pourrait tout de même opter pour une hausse, alors que l'IPC demeure loin des 2,00% et que le conflit persiste. 🇪🇺 Europe En Europe, le dernier bulletin économique de la BCE décrit une économie fortement dépendante de la situation en Iran. Plus les prix de l'énergie restent élevés durablement, plus ils risquent d'alimenter l'inflation. Dans ce contexte, les projections de juin anticipent une inflation à 3,00% en 2026, tandis que la croissance est revue en baisse à 0,80% pour 2026. Cette dynamique se confirme puisque l'IPC européen progresse de 10 points de base à 2,90% en juillet en rythme annuel. Dans le détail, la hausse des prix passe de 1,80 à 2,10% en France, et de 2,40 à 2,80% en Allemagne sur la même période. Cette accélération pourrait freiner durablement une économie déjà fragilisée par une croissance faible. Parallèlement, dans le sillage de la guerre et des tensions sur la dette, les taux européens montent. En France, l'OAT à 10 ans franchit les 4,10 %, au plus haut depuis plusieurs décénies, ce qui rend le recours à la dette plus coûteux pour l'État. 🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, l'inflation a ralenti à 0,50% en juillet contre 1,00% en juin sur un an, atteignant son plus bas niveau depuis janvier. Ce recul s'explique par une grave crise immobilière qui dure depuis plus de cinq ans, et comme près de 70% du patrimoine des ménages repose sur l’immobilier, la chute des prix les appauvrit et les pousse à épargner plutôt qu'à dépenser. Face à cette situation, Pékin multiplie les subventions depuis mi-2024, sans parvenir à véritablement soutenir la consommation. Le géant asiatique reste ainsi confronté à des pressions déflationnistes persistantes qui pourraient fragiliser durablement l'économie chinoise. Parallèlement, Unitree, l'un des principaux fabricants mondiaux de robots humanoïdes basé à Hangzhou, vient de réaliser une entrée en bourse spectaculaire à Shanghai, ses actions bondissant de plus de 600% dès le premier jour de cotation, étant la première société de robotique humanoïde cotée en Chine. Fin juillet, la FCC américaine avait voté un bannissement des importations de robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers, citant nommément Unitree et AgiBot pour des raisons de sécurité nationale. Cette décision pourrait fragiliser l'entreprise, alors que plus de 40% de son chiffre d'affaires provient de l'étranger. 🛢️ Matières premières Côté matières premières, le prix du Brent dépasse à nouveau les 90 dollars le baril. L'Iran menace en effet d'adopter une position plus offensive dans le détroit d'Ormuz, tandis que Donald Trump a exclu toute prolongation de l'accord signé en juin. La crainte d'une perturbation du trafic dans ce point de passage stratégique fait ainsi peser un risque sérieux sur l'offre mondiale. Pour tenter d'apaiser ces tensions, l'OPEP relève une nouvelle fois ses quotas de production. L'AIE, de son côté, prévoit une baisse de la demande mondiale au deuxième trimestre, la hausse des prix des carburants pesant sur la consommation. Ces deux éléments réunis devraient normalement tirer les prix vers le bas. Mais tant que la prime géopolitique liée aux tensions dans la région reste présente, les prix restent orientés à la hausse.