What DAF'ck

Widoowin Cross Asset Solutions

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.

  1. -5 j

    🔦 Ça va être taux noir

    Cette semaine, les taux montent partout à travers le monde, alors que l'intensification de la guerre en Ukraine et le regain de tensions autour de l'Iran ravivent le risque inflationniste et contraignent les banques centrales à durcir le ton.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le ton plus ferme de Kevin Warsh à Jackson Hole retient l'attention. Ce dernier a mis en garde contre une inflation qui accélère, l'indicateur PCE ressortant à 3,70%, soit près du double de la cible de 2,00%. Ses propos ont fait bondir la probabilité d'une hausse des taux le 16 septembre, qui n'était que de 36% une semaine plus tôt, avant qu'elle ne retombe à 50% après le discours plus accommodant de Christopher Waller, membre influent de l'institution. Du côté de l'emploi, le rapport ADP fait apparaître 38 000 créations de postes en août contre 47 000 attendues, le rythme le plus faible depuis janvier, avec 17 000 emplois détruits dans le secteur manufacturier, tandis que l'enquête JOLTS confirmait déjà ce ralentissement en juillet. La Réserve fédérale se retrouve donc prise en étau, car un durcissement de sa politique monétaire permettrait de contenir l'inflation, au risque de fragiliser une économie qui affiche déjà des signes de faiblesse.   🇪🇺 Europe Du côté du Vieux Continent, la guerre en Ukraine a pris de l'ampleur avec l'intensification des bombardements russes. En parallèle, l'inflation accélère en zone euro à 3,30% en rythme annuel, comme en témoignent l'IPC allemand et l'IPC français, en accélération respectivement à 2,90% et 2,40%. Face à ce constat, la Banque centrale européenne pourrait adopter un ton plus restrictif dans les semaines à venir. Du côté de la France, l’Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans a franchi le seuil des 4,20% et atteint désormais des niveaux qu'elle n'avait plus connus depuis 2008, à mesure que se rapproche le budget 2027. L'écart de taux avec le 10 ans allemand est revenu sur les points hauts observés en 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale. Parmi les 21 pays de la zone euro, aucun, pas même la Grèce ou la Bulgarie, ne se finance aussi cher que la France à cette échéance.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, la Banque du Japon s'apprête à relever ses taux directeurs pour faire face à une inflation en accélération et à un yen au plus bas. Par anticipation, le rendement de l'obligation souveraine japonaise à 10 ans a franchi les 3,00% pour la première fois depuis 1996. Cette flambée des taux pourrait, à terme, pousser les investisseurs japonais à rapatrier leurs capitaux placés à l'étranger, notamment ceux investis de l'autre côté du Pacifique. Pour rappel, le Japon est le premier détenteur de la dette souveraine américaine, si bien qu'un retrait massif ferait monter davantage ces rendements, alourdissant un peu plus le coût de la dette publique américaine.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, le regain de tensions entre l'Iran et les États-Unis fait grimper le pétrole, qui repasse au-dessus des 90 dollars le baril. La disparition d'un espoir d'accord à court terme et les risques inflationnistes qui en découlent poussent les rendements obligataires à la hausse partout dans le monde. Même si un accord se dessinait, la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz prendrait du temps, ce qui pèserait durablement sur l'économie mondiale.

    🔦 Ça va être taux noir
  2. 28 août

    💸 Ça va pas la dette ?

    Cette semaine, l'inflation s'installe des deux côtés de l'Atlantique et propulse les rendements obligataires souverains vers de nouveaux sommets, le 30 ans américain atteignant 5,20%, son plus haut niveau depuis 2007. En arrière-plan, l'essor de l'IA, largement financé par la dette, fait peser une menace croissante sur l'équilibre économique mondial.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, l'indice PCE, mesure privilégiée par la Réserve fédérale, a progressé de 0,20% sur un mois en juillet, contre 0,10% attendu, tandis que sa hausse annuelle atteint 3,70%, légèrement au-dessus du consensus de 3,60%. Cette pression sur les prix pousse les rendements obligataires ainsi que le dollar à la hausse, avec un rendement pour l'obligation 30 ans à 5,20%, un record. Une inflation qui s'installe pourrait inciter la Fed à relever ses taux dès septembre afin de la contenir. On perçoit bien le revirement de politique monétaire, puisqu'il y a six mois le consensus tablait sur trois baisses de taux en 2026, alors qu'aujourd'hui on évoque une possible hausse, au risque de fragiliser durablement l'économie. En parallèle, l'essor de l'intelligence artificielle, largement financé par la dette, pourrait constituer un risque majeur. Pour couvrir leurs dépenses d'investissement colossales, les géants technologiques ont massivement recours aux marchés obligataires, au point de représenter 18% des émissions Investment Grade mondiales au premier semestre 2026, contre à peine 1,00% en 2024. Cet afflux d'obligations peine à être absorbé par les investisseurs et se fait au détriment des dettes d'État à long terme, désormais délaissées au profit de la dette liée à l'IA. Cette concurrence directe devrait s'intensifier, puisque les besoins de financement des entreprises comme des États ne cessent de croître. À terme, cette pression alimente la hausse des taux, avec les risques qu'elle fait peser sur le financement de l'économie mondiale.   🇪🇺 Europe En Europe, le dernier compte rendu de la BCE révèle une institution orientée vers un durcissement monétaire et méfiante face aux tensions énergétiques. L’institution est tiraillée entre un risque inflationniste persistant et une économie en perte de vitesse avec une croissance du PIB allemand ralentie à 0,30% contre 0,40% au premier trimestre. Dans ce contexte, un resserrement monétaire conjugué à une hausse des rendements obligataires risquerait de freiner une économie européenne déjà fragile.   🇨🇳🇯🇵 Asie  Au Japon, l'inflation a de nouveau accéléré en juillet pour atteindre 1,80%, portée par les prix des hydrocarbures et la faiblesse du yen. Les entreprises ont en effet répercuté la hausse des coûts d'importation, alimentée par la chute de la devise et par le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Dans ce contexte, la Banque du Japon s'apprête à relever ses taux dès le mois de septembre et pourrait même envisager des hausses plus agressives. Parallèlement, le rendement du 10 ans japonais s'est nettement rapproché du seuil des 3,00%, propulsé par ces chiffres d'inflation.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le Brent a baissé de près de 5 dollars cette semaine, de 93 à 88 dollars, après que les nouvelles sanctions américaines contre les partenaires commerciaux de l'Iran se sont révélées bien moins sévères qu'attendu. En parallèle, les négociations entre Oman et Téhéran ont abouti à un accord sur le partage des revenus du détroit, un signal positif qui pourrait progressivement ouvrir la voie à un retour à la normale du trafic maritime. Dans cette situation, l'étau pourrait se desserrer sur les prix de l'énergie et l'inflation mondiale. Le bitcoin s'établit autour de 80 000 dollars, pour la première fois depuis trois mois et signant sa meilleure performance mensuelle depuis novembre 2024 avec près de 30% de hausse en août. Cette dynamique s'explique en partie par la réunion organisée à la Maison-Blanche le 20 août, où étaient réunis les dirigeants du secteur crypto pour pousser le Congrès à adopter le Clarity Act, donnant enfin au marché le signal réglementaire qu'il attendait.

    💸 Ça va pas la dette ?
  3. 21 août

    🤖 Harder, Better, Faster, Stronger

    Cette semaine, alors que la guerre dure depuis plus de six mois sans qu'aucun accord ne se profile, le détroit d'Ormuz reste fermé et le pétrole se maintient autour des 90 dollars le baril. En parallèle, la Chine s'illustre avec l'entrée en bourse spectaculaire d'Unitree, propulsant la robotique humanoïde sur le devant de la scène.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, le mémorandum d'entente de 60 jours a expiré le 17 août sans qu'un accord soit trouvé, aucune des deux parties ne souhaitant le prolonger. Le détroit d'Ormuz reste donc largement fermé, ce qui maintient les tensions. Donald Trump a menacé de bombarder Oman si le pays se mettait en travers d'un accord sur le passage des navires dans le détroit. De son côté, Téhéran envisage de viser certains pays du sud-est de l'Europe, voire les câbles sous-marins à fibre optique du détroit, qui transportent une part majeure du trafic Internet mondial. Ces tensions alimentent les anticipations d'inflation et poussent les rendements américains à la hausse, le 30 ans dépassant désormais 5,30%, son plus haut niveau depuis près de vingt ans. Dans le même temps, la dette publique américaine vient officiellement de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars et pourrait atteindre les 50 000 milliards avant la fin de la décennie à mesure que la hausse des rendements creuse le déficit. Par ailleurs, les marchés anticipent à 96% une hausse de 25 points de base des taux de la Réserve fédérale en 2026. Toutefois, les chances d'un relèvement des taux lors de la réunion de septembre se sont réduites à 65% d'après FedWatch. Ce recul s'explique par des chiffres d'inflation plus modérés que prévu aux États-Unis, avec un IPC ressorti à 3,40% en juillet, contre 3,50% le mois précédent. Fidèle à son mandat de lutte contre l'inflation, la Fed pourrait tout de même opter pour une hausse, alors que l'IPC demeure loin des 2,00% et que le conflit persiste.   🇪🇺 Europe  En Europe, le dernier bulletin économique de la BCE décrit une économie fortement dépendante de la situation en Iran. Plus les prix de l'énergie restent élevés durablement, plus ils risquent d'alimenter l'inflation. Dans ce contexte, les projections de juin anticipent une inflation à 3,00% en 2026, tandis que la croissance est revue en baisse à 0,80% pour 2026. Cette dynamique se confirme puisque l'IPC européen progresse de 10 points de base à 2,90% en juillet en rythme annuel. Dans le détail, la hausse des prix passe de 1,80 à 2,10% en France, et de 2,40 à 2,80% en Allemagne sur la même période. Cette accélération pourrait freiner durablement une économie déjà fragilisée par une croissance faible.  Parallèlement, dans le sillage de la guerre et des tensions sur la dette, les taux européens montent. En France, l'OAT à 10 ans franchit les 4,10 %, au plus haut depuis plusieurs décénies, ce qui rend le recours à la dette plus coûteux pour l'État.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, l'inflation a ralenti à 0,50% en juillet contre 1,00% en juin sur un an, atteignant son plus bas niveau depuis janvier. Ce recul s'explique par une grave crise immobilière qui dure depuis plus de cinq ans, et comme près de 70% du patrimoine des ménages repose sur l’immobilier, la chute des prix les appauvrit et les pousse à épargner plutôt qu'à dépenser. Face à cette situation, Pékin multiplie les subventions depuis mi-2024, sans parvenir à véritablement soutenir la consommation. Le géant asiatique reste ainsi confronté à des pressions déflationnistes persistantes qui pourraient fragiliser durablement l'économie chinoise. Parallèlement, Unitree, l'un des principaux fabricants mondiaux de robots humanoïdes basé à Hangzhou, vient de réaliser une entrée en bourse spectaculaire à Shanghai, ses actions bondissant de plus de 600% dès le premier jour de cotation, étant la première société de robotique humanoïde cotée en Chine. Fin juillet, la FCC américaine avait voté un bannissement des importations de robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers, citant nommément Unitree et AgiBot pour des raisons de sécurité nationale. Cette décision pourrait fragiliser l'entreprise, alors que plus de 40% de son chiffre d'affaires provient de l'étranger.   🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le prix du Brent dépasse à nouveau les 90 dollars le baril. L'Iran menace en effet d'adopter une position plus offensive dans le détroit d'Ormuz, tandis que Donald Trump a exclu toute prolongation de l'accord signé en juin. La crainte d'une perturbation du trafic dans ce point de passage stratégique fait ainsi peser un risque sérieux sur l'offre mondiale. Pour tenter d'apaiser ces tensions, l'OPEP relève une nouvelle fois ses quotas de production. L'AIE, de son côté, prévoit une baisse de la demande mondiale au deuxième trimestre, la hausse des prix des carburants pesant sur la consommation. Ces deux éléments réunis devraient normalement tirer les prix vers le bas. Mais tant que la prime géopolitique liée aux tensions dans la région reste présente, les prix restent orientés à la hausse.

    🤖 Harder, Better, Faster, Stronger
  4. 24 juil.

    🥵 L'été sera taux

    Cette semaine, l'embrasement du conflit iranien continue de dicter la trajectoire des banques centrales. La BCE temporise à 2,25% en laissant la porte ouverte à une hausse en septembre, alors que l'OAT française franchit les 4,00% pour la première fois depuis 2009.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la nouvelle escalade des bombardements américains en Iran ravive les craintes d'une inflation durablement élevée. En l'espace de six mois, le consensus s'est totalement inversé, puisque les marchés qui anticipaient des baisses de taux en début d'année n'attendent désormais plus que des hausses, avec deux resserrements d'ici mars 2027. Pour Kevin Warsh, ces pressions inflationnistes ne devraient pas durer, ce qui pourrait justifier un statu quo lors de la réunion du FOMC la semaine prochaine. Toutefois, si le conflit au Moyen-Orient venait à s'intensifier davantage, la Réserve fédérale pourrait se retrouver contrainte de relever ses taux pour contenir l’inflation,  au risque de fragiliser durablement l'économie américaine.  Par ailleurs, Kevin Warsh voit dans l'intelligence artificielle un véritable levier pour l'économie américaine. Devant la commission bancaire du Sénat, il a reconnu que les investissements liés à cette technologie font monter les prix, tout en écartant un caractère inflationniste puisque cette variation est absorbée par une offre de plus en plus abondante. Ces gains pourraient avoir un réel impact positif sur l'économie et redonner à l'institution davantage de marge de manœuvre dans la conduite de sa politique monétaire.    🇪🇺 Europe   En zone euro, la Banque centrale européenne a maintenu son taux de référence inchangé à 2,25%. Cette décision intervient après la publication, la semaine dernière, d'un repli de l'inflation à 2,80% en juin sur un an, après 3,20% en mai. Dans ce contexte géopolitique tendu, l'institution laisserait la porte ouverte à une hausse des taux en septembre, en fonction de l'impact de l'escalade au Moyen-Orient sur les prix.  En France, l'OAT à 10 ans a franchi les 4,00% pour la première fois depuis 2009. Cette progression s'explique par plusieurs facteurs qui se cumulent, à commencer par des finances publiques toujours sous tension, avec un déficit élevé et une dette qui dépasse désormais 117% du PIB. Les besoins de financement de l'État continuent d'augmenter, alors que les investisseurs s'interrogent sur la capacité du gouvernement à ramener durablement les comptes publics vers les objectifs européens. À cette situation budgétaire s'ajoutent les incertitudes géopolitiques ainsi que les interrogations sur la croissance économique européenne, qui pourraient fragiliser davantage la trajectoire des taux français.    🇨🇳🇯🇵 Asie   Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a dévoilé un plan d'investissement de 2 000 milliards de dollars d'ici 2040 dans les secteurs stratégiques, après le plan de relance budgétaire de 135 milliards adopté en fin d'année dernière. Dans ce contexte, l'inflation dépasse la cible sans que la consommation ne suive, puisque la hausse des prix provient des coûts importés et pèse sur les salaires. La Banque du Japon remonte donc ses taux, au risque d'étouffer davantage l'activité, alors que ces mesures massivement financées par l'emprunt alourdissent une dette publique déjà colossale.    🛢️ Matières premières   Côté matières premières, le Brent est repassé autour des 100 dollars, un plus haut depuis six semaines, porté par un nouvel embrasement du conflit entre l'Iran et les États-Unis. Les dernières interventions montrent que la Maison Blanche souhaite maintenir la pression militaire sur Téhéran. Par ailleurs, le risque ne se limite plus au détroit d'Ormuz, puisque les rebelles houthistes ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, forçant plusieurs pétroliers à faire demi-tour pour éviter le détroit de Bab-el-Mandeb. Dans ce contexte, l'extension de la menace à un second point de passage stratégique inquiète particulièrement les marchés, car elle constitue une pression supplémentaire sur les prix de l'énergie.

    🥵 L'été sera taux
  5. 17 juil.

    🔥 Retour vers les 2 %

    Cette semaine, de Washington à Francfort, les banquiers centraux avancent avec prudence, entre désinflation fragile et perspectives obscurcies par le conflit. Le choc énergétique s'étend jusqu'en Asie, où la flambée des coûts de production met fin à l'une des plus longues périodes de déflation qu'ait connue la Chine.     🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, Kevin Warsh a tenu à rassurer sur l'indépendance de l'institution, devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Avec une inflation qui s'établit à 3,50% en juin en rythme annuel, il a indiqué que la priorité est de ramener les prix vers la cible des 2,00%. Il plaide par ailleurs pour une communication plus sobre, avec moins de conférences de presse, moins de projections sur les taux directeurs et un communiqué du FOMC allégé. Le nouveau patron de la Fed n'aura pas la tâche facile, entre une conjoncture incertaine et l'escalade du conflit en Iran. Parallèlement, le dernier Beige Book fait état d'une activité en progression dans onze des douze districts de la Réserve fédérale sur le mois de juin, avec un marché du travail qui reprend des couleurs. La détente des prix du carburant atténue les pressions inflationnistes, ce qui alimente les anticipations d'un statu quo lors de la prochaine réunion du FOMC fin juillet. Le pouvoir d'achat des Américains reste néanmoins suspendu à l'évolution du conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les cours du pétrole.   🇪🇺 Europe  En Allemagne, l'inflation a ralenti à 2,30% en juin, après 2,60% le mois précédent. Cette dynamique fait écho à l'ensemble de la zone euro, qui affichait une croissance des prix de 2,80% en juin contre 3,20% en mai. Bien que l'on reste au-dessus de la cible des 2,00%, il s'agit d'une bonne nouvelle puisque l'inflation converge progressivement vers son objectif. Dans cette situation, la BCE devrait privilégier le statu quo lors de sa prochaine réunion, le temps d'observer l'évolution des prix, puisqu'un resserrement prématuré pourrait fragiliser durablement l'économie. Au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, a été entendu par la commission du Trésor et s'est inquiété de la reprise des hostilités avec l'Iran, qui rend les perspectives économiques plus instables pour les mois à venir. Il rappelle que l'enjeu de long terme demeure la croissance de l'économie, faible depuis plusieurs années, tout en précisant que les répercussions sur les prix restent limitées à ce stade. Dans ce contexte, un relèvement des taux paraît peu probable compte tenu de la faiblesse de l'activité.   🇨🇳🇯🇵 Asie  En Chine, les chiffres montrent une économie à deux vitesses, avec un PIB ressorti à 4,30% au deuxième trimestre en rythme annuel, contre 5,00% attendu. La production industrielle progresse quant à elle de 5,30% en juin sur un an, portée par des exportations en hausse de 27% au deuxième trimestre, notamment dans le secteur de l'IA. Par ailleurs, les prix à la production ont progressé de 4,10% sur un an en juin, enregistrant leur rythme le plus rapide depuis 2022 et un quatrième mois consécutif de hausse. La guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont fortement fait grimper le coût des intrants, qu'il s'agisse des métaux, des combustibles ou encore de l’énergie. Ce choc énergétique met fin à l'une des plus longues périodes de déflation qu'ait connue le pays, alimentée par la crise immobilière et la faiblesse de la demande intérieure. Cette sortie de déflation reste toutefois davantage subie que choisie, et il faudra voir si elle se confirme une fois les tensions géopolitiques retombées.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, les prix du Brent sont remontés aux alentours des 80 dollars le baril, après être brièvement repassés sous leur niveau d'avant-conflit en juin. Cette hausse fait suite à la rupture du cessez-le-feu des 7 et 8 juillet au Moyen-Orient. L'AIE évoque une escalade qui obscurcit les perspectives et pourrait renverser sa prévision, puisque cette tension masque une offre structurellement excédentaire. Parallèlement, le FMI souligne que l'économie mondiale a mieux résisté au choc de la guerre, notamment grâce à la demande technologique, à cette offre abondante et aux mesures de soutien budgétaire. Il faudra donc rester attentif, puisqu'une sortie de conflit pourrait tirer les prix rapidement vers le bas. Par ailleurs, la campagne ukrainienne contre les infrastructures énergétiques russes a touché les dix plus grandes raffineries du pays. Moscou a réagi en suspendant ses exportations de diesel afin de protéger l'approvisionnement intérieur et militaire. Cette décision retire du marché mondial près de 800 000 barils par jour d'un produit déjà rare en raison des tensions dans le Golfe. Les deux chocs se superposent et font peser un risque de volatilité accrue sur l'ensemble du marché de l'énergie.

    🔥 Retour vers les 2 %
  6. 10 juil.

    🎂 250, l'Odyssée américaine

    Cette semaine, alors que les États-Unis célébraient leurs 250 ans, l'escalade dans le détroit d'Ormuz a rebattu les cartes. La probabilité d'une hausse des taux de la Fed fin juillet grimpe à 78%, tandis que la BCE voit ses anticipations d'inflation repartir à la hausse.   🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, la célébration des 250 ans s'est déroulée dans un contexte particulièrement tendu. Après un mémorandum d'entente signé fin juin, les tensions sont brutalement remontées dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a frappé au missile trois navires commerciaux, avant que Washington ne réplique par une série de frappes. Plus le conflit se prolonge, plus les prix de l'énergie pèsent sur le pouvoir d'achat des ménages américains, freinant la consommation et donc à la croissance. Parallèlement, le dernier compte rendu de la Réserve fédérale révèle un comité divisé. Les taux ont été maintenus dans la fourchette 3,50%-3,75%, mais plusieurs membres estimaient qu'une hausse était déjà justifiée face à une inflation persistante, tandis que la majorité préfère attendre de nouvelles données avant d'agir. Deux facteurs concentrent les inquiétudes, les tensions géopolitiques d'une part, et les investissements liés à l'intelligence artificielle d'autre part. Dans ce contexte, avec le regain de tensions dans le détroit d'Ormuz et la remontée des anticipations d'inflation, la probabilité d'une hausse lors de la réunion de fin juillet ressort à 78% selon l'outil FedWatch du CME. Si la Fed veut respecter son mandat de stabilité des prix, un resserrement monétaire semble désormais difficile à éviter.   🇪🇺 Europe  En Europe, l'inflation avait amorcé un repli en juin, mais la reprise des tensions entre Washington et Téhéran est venue rebattre les cartes. Les anticipations d'inflation sont reparties à la hausse, entraînant une progression des rendements obligataires souverains en zone euro. Si la dynamique se poursuit, la BCE pourrait se retrouver contrainte de prolonger son resserrement monétaire, alors que la croissance reste fragile.  Au Royaume-Uni, la démission de Keir Starmer le 22 juin illustre une instabilité politique qui perdure depuis le Brexit, le pays s'apprêtant à connaître son sixième Premier ministre en sept ans. Andy Burnham, favori pour lui succéder, hérite ainsi d'une incertitude politique qui pèse sur la confiance des investisseurs et fragilise l'économie. Dans ce contexte, la Banque d'Angleterre devra arbitrer entre la lutte contre l'inflation et le soutien d'une croissance en net ralentissement.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, la Banque mondiale a publié son World Bank China Economic Update, qui table sur un ralentissement de la croissance chinoise à 4,40% en 2026 puis 4,30% en 2027, pénalisée par l'immobilier et une consommation faible. Malgré les mesures de soutien déjà engagées par Pékin, la demande interne peine à repartir, ce qui pourrait durablement freiner la croissance. En parallèle, l'activité manufacturière a accéléré en juin, portée par un rebond des commandes vers les États-Unis.   🛢️ Matières premières Côté matières premières, l'OPEP+ a acté un nouveau relèvement de production de 188 000 barils/jour dès août pour sept de ses membres, cinquième hausse mensuelle consécutive depuis avril. Le Brent s'établit aujourd'hui autour de 75 dollars, dans un marché dominé par les tensions entre l'Iran et les États-Unis autour du détroit d'Ormuz. Si ces tensions se prolongent, le spectre inflationniste pourrait revenir et compliquer sérieusement la conduite des politiques monétaires à travers le monde.

    🎂 250, l'Odyssée américaine
  7. 3 juil.

    🫧 Inflation, l'oxygène de l'économie

    Cette semaine, la fragilité de la trêve entre les États-Unis et l'Iran maintient les marchés sous tension, ravivant les craintes inflationnistes des deux côtés de l'Atlantique et poussant les banques centrales à se préparer au pire scénario.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, les tensions avec l'Iran resurgissent malgré l'accord de paix signé le 17 juin. Depuis, les deux pays s'affrontent sur le contrôle du détroit d'Ormuz, par où transite près de 20% du pétrole mondial. Téhéran souhaite y imposer des droits de passage inédits, alors que Washington s'y oppose au nom de la libre circulation. Cette fragilité de la trêve entretient l'incertitude et pourrait de nouveau peser sur les cours du pétrole à moyen terme.En parallèle, Kevin Warsh a rappelé que l'inflation demeurait trop élevée et qu'il en faisait sa priorité, alors que la guerre en Iran a porté l'indice PCE à un plus haut de trois ans. Toutefois, les indicateurs de l'emploi publiés cette semaine offrent un tableau contrasté. Le taux de chômage a reculé de 4,30% à 4,20% en juin, mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d'emplois qu'attendu, avec seulement 57 000 postes contre un consensus proche de 115 000. Cette divergence entre un marché du travail qui se refroidit et une inflation qui reste soutenue pourrait rendre la tâche de la Réserve fédérale plus difficile dans les prochains mois.   🇪🇺 Europe De l'autre côté de l'Atlantique, l'inflation ralentit avec un IPC en rythme annuel qui ressort à 2,30% en Allemagne et à 2,80% pour l'ensemble de la zone euro. Dans ce contexte, Christine Lagarde et Joachim Nagel s'accordent sur la possibilité de relever les taux si les pressions sur les prix venaient à réapparaître. Du côté de l'emploi, le marché du travail reste solide en zone euro, avec un taux de chômage stable à 6,20%. En Allemagne, il s'établit à 6,30% et le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de façon inattendue, un signal encourageant dans un contexte macroéconomique encore fragile. Cette résilience offre à la BCE une marge de manœuvre pour relever ses taux directeurs. Au Royaume-Uni, le PIB ressort à 0,60% en rythme trimestriel pour le T1, marquant une accélération par rapport à la croissance de 0,10% enregistrée au quatrième trimestre 2025. Toutefois, cette croissance reste faible au regard de la moyenne des dernières décennies. Dans cette situation, une intensification du conflit en Iran pourrait fragiliser davantage sa situation.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, le yen s'est enfoncé à son plus bas niveau face au dollar depuis près de quarante ans. Cette chute s'explique par le rythme très lent du resserrement de la Banque du Japon, qui a relevé son taux à seulement 0,75% en juin tout en maintenant une approche prudente. Face à cette dépréciation du yen par rapport au billet vert, l'institution pourrait relever davantage ses taux afin de soutenir la devise.   🛢️ Matières premières Les États-Unis et l’Iran se sont livrés à de nouveaux échanges de frappes, s’accusant de violer le cessez-le-feu signé récemment. Donald Trump a quant à lui poursuivi les menaces de destruction de la République islamique, faisant craindre une nouvelle escalade entre les deux pays. Pour autant, le détroit d'Ormuz rouvre progressivement, ce qui tire les cours du pétrole vers le bas, les ramenant vers leurs niveaux d'avant-guerre.  Depuis son record de 5 595 dollars l'once fin janvier, l'or a corrigé de près de 20%, pénalisé par les craintes d'une inflation persistante et la perspective d'une hausse des taux. Le métal pourrait rester sous pression, pénalisé par un dollar plus fort dans un contexte où les marchés anticipent désormais un relèvement des taux de la Fed cette année.

    🫧 Inflation, l'oxygène de l'économie
  8. 26 juin

    🔥 Chaud devant

    Cette semaine, la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz, provoquée par la reprise des frappes au Moyen-Orient, fragilise l’accord de paix et menace de prolonger les pressions inflationnistes déjà au plus haut depuis trois ans aux États-Unis.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, l'inflation atteint son plus haut niveau depuis trois ans, avec une progression de 4,10% sur un an en mai selon l'indice PCE. Ce rythme représente plus du double de la cible de 2,00% fixée par la Réserve fédérale, chargée d'assurer la stabilité des prix. Dans ce contexte, les marchés anticipent désormais une hausse des taux directeurs dès septembre afin de juguler ces pressions inflationnistes, selon l'outil FedWatch du CME. Lors de sa dernière réunion, l'institution avait clairement signalé qu'elle faisait du retour à la stabilité des prix sa priorité absolue. Parallèlement, l'économie américaine montre peu de signes de faiblesse. Le Produit Intérieur Brut a progressé de 2,10% sur les trois premiers mois de l'année, dépassant l'estimation précédente de 1,60% ainsi que la toute première projection de 2,00%. Cette révision à la hausse confirme la solidité de l'activité économique outre-Atlantique et conforte la Réserve fédérale dans sa volonté de resserrer sa politique monétaire.    🇪🇺 Europe En Europe, Christine Lagarde dresse le bilan d'avant-guerre et rappelle que l'inflation était restée proche de l'objectif de 2,00% de la BCE pendant plus d'un an, tandis que la zone euro affichait une solide dynamique de croissance. Avec l'arrivée de la guerre au Moyen-Orient, les perspectives économiques ont été complètement remodelées, pesant à la fois sur la croissance et sur l'inflation. L'accord de paix récent constitue une avancée majeure dans le conflit, mais la situation reste fragile et l'institution se tient prête resserrer davantage sa politique monétaire si les risques inflationnistes persistent. En Angleterre, moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé sa démission après des mois de pression. Il avait pris ses fonctions en 2024, succédant à un gouvernement impopulaire, marqué par une économie au ralenti et un pays toujours divisé par le Brexit. Avec ce départ, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre depuis le vote sur le Brexit il y a dix ans. Cette instabilité politique sans précédent va peser à terme sur la confiance des investisseurs, pour un pays affichant déjà les coûts d'emprunt les plus élevés du G7. Sur les marchés obligataires, le rendement de l'OAT française à 10 ans évolue autour de 3,60% et reste orienté à la baisse depuis son pic de fin mai à 3,97%. Cette détente traduit des anticipations d'inflation en repli, portées par l'apaisement du conflit au Moyen-Orient et la perspective d'une paix durable.   🇨🇳🇯🇵 Asie Au Japon, l'inflation est remontée à 1,50% en mai en rythme annuel, en raison de l'expiration des subventions publiques sur les prix de l'énergie. Dans ce contexte, la Banque du Japon indique qu'elle poursuivra le relèvement de son taux directeur et ajustera le degré d'accommodation monétaire selon l'évolution des prix. Parallèlement, l'institution surveille de près la situation au Moyen-Orient, qui pourrait peser davantage sur l'activité et l'inflation en cas de reprise des hostilités.  Par ailleurs, la Banque populaire de Chine a maintenu son taux préférentiel des prêts à un an à 3,00%, pour le treizième mois consécutif. Pour rappel, le secteur manufacturier et les exportations restent les moteurs de l'économie, tandis que la consommation des ménages et le marché immobilier marquent le pas. L'institution cherche ainsi à préserver une croissance du PIB solide, à 5,00% au premier trimestre en rythme annuel, et pourrait donc poursuivre cette orientation au cours de l'année.   🛢️ Matières premières Côté matière première, l'Iran a de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, dans le sillage de la reprise des frappes israéliennes au Liban. Cette escalade fragilise l'accord de paix signé il y a tout juste neuf jours. Néanmoins, les attentes sur une fin prochaine du conflit se renforcent, ce qui pousse les prix du baril de pétrole Brent vers les 70 dollars. Dans ce contexte, l'inflation globale devrait s'orienter à la baisse au second semestre, à condition que le détroit d'Ormuz reste ouvert et que l'accord final se concrétise.

    🔥 Chaud devant
5
sur 5
5 notes

À propos

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.