Bouillonnes, un rendez-vous « bonus » du Goût du monde : une fois tous les deux mois, nous inviterons des personnes ayant toutes un rapport avec la nourriture et le fait de manger : des écrivains, des pêcheurs, des meuniers, cinéastes, ingénieurs, cuisinières, philosophes, juristes, architectes, cuisinistes ; de ceux qui mettent les mains dans la terre à ceux qui pensent le fait de manger. Ce rendez-vous est né de l'idée que sur le terrain, dans nos rencontres, dans les histoires qui s'échangent, des thèmes et des sujets se recoupent, des fils se tendent sur les réseaux, des faisceaux convergents se dessinent. Une histoire « de rien », vraiment ? Cette histoire de rien en apparence, on le pressent, pourrait devenir un sujet qui nous concerne tous plus ou moins, au Nord comme au Sud, un fait de société. Au menu du premier épisode, Il est question avec la journaliste Estérelle Payany de bouillons, de cuisson à petits bouillons, de frémissements, et autres états qui nous conduisent à nous interroger sur les mots du bouillon, et surtout sur l’énergie requise et les économies que permettent les marmites, norvégienne ou japonaise, les donabe dont ceux que façonne le potier Ben Lignel, qui ne nécessitent pas d’être toujours sur un feu. Grâce à ces marmites et cocottes -iconiques ! - des économies en temps et en labeur sont faites, d’autant plus quand la source de chaleur n’est ni du gaz ni de l’électricité, mais du bois qu’il faut aller chercher ou du charbon : les combustibles pour assurer le feu sous la marmite, les fumées qui s’en dégagent, la pollution de l’air dans les cuisines et le temps passé par les femmes dans les émanations polluantes de la cuisson. Louons ces marmites qui permettent à la cuisson de se terminer dans les chaleurs résiduelles des premiers feux. Question aussi de ces bouillons et autres liquides essentiels dans les cultures d'Asie de l'Est et du Sud-Est. Le donabe rappelle à la romancière Grace Ly les casseroles en argile très utilisées en Chine. Elle nous parle de cette tendance sur les réseaux : le China Maxxing : des internautes découvrent des pratiques chinoises liées au bien-être et à la santé des révélations révolutionnaires : par exemple boire de l’eau chaude le matin ou boire du bouillon. Les « Tang » bouillons, indispensable institution et de la « Chinese way of life » tendance sur les réseaux sociaux. L'eau source de vie, la première à donner pour répondre à l'urgence, pour restaurer, remettre sur pieds en apportant soin et nourriture, en proposant une écoute et l'hospitalité avant même de penser à donner à manger. Une réflexion rencontrée à 3 reprises par la journaliste Emilie Laystary : avec la publication d’un livre hommage à la restauration scolaire collective : « on veut du rab » de Martin Planchaud parce que restaurer les enfants, nourrir les enfants les plus jeunes, c’est aussi éduquer les citoyens de demain. Dans le livre des Soulèvements de la terre qui parle de cantines de lutte avec cette question très pragmatique : comment nourrir des milliers de manifestants et enfin, dans le projet marseillais « navire avenir », avec un volet autour de la nourriture cuisinée pour les migrants rescapés en Méditerranée à bord de l’Ocean Viking, le navire de l’association européenne SOS Méditerranée. Le temps des repas représente un moment précieux pour les migrants, une brochette de citoyens marseillais se sont réunis autour de Marie-José Ordener des grandes tables, d’une diététicienne des hôpitaux de Marseille pour trouver le moyen de préparer les repas en avance pour les rescapés en prenant en compte leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires et culturelles. Des recettes de plats rassasiants, bons pour la santé, et bons au goût : la cuisine de l’urgence doit être aussi celle de l’hospitalité : bien accueillir chez soi, la bienveillance et la cordialité, accueillir les personnes en parcours de migrations et bien les accueillir. C’est parce que la table est un lieu d’hospitalité, de convivialité et de refuge, mais aussi de pouvoir et de hiérarchie qu’on voit émerger un phénomène de résistance : la nourriture Queer raconte la journaliste Lauren Malka. Le fait pour les minorités de genre et de sexualité de se réapproprier l’alimentation pour en faire un outil de résistance et de soins communautaires. Sortir la cuisine du milieu familial hétéronormé et de créer des refuges, c’est l’idée sur laquelle s’est penchée la chercheuse Felix Kazi Tani en partant des fanzines américains et en cherchant les points communs avec les recettes dites Queer. L'idée pour renverser les schémas : transmettre une recette en la nommant d’une personne réelle. La nourriture queer interroge aussi notre façon de produire de la nourriture. « Cultiver notre propre nourriture n’est pas seulement une question de survie, affirme la militante sud-africaine Melissa Britz : c’est un acte politique de libération noire, queer et africaine ». Bouillonnes avec 4 journalistes, une romancière autour de la table : - Estérelle Payany, journaliste et critique culinaire, autrice de Cuisine végétarienne aux éditions Flammarion - Emilie Laystary, journaliste indépendante, spécialisée dans l'alimentation, autrice de l'essai Passer à table, ce que l'acte de manger dit de nous, aux éditions Divergences, vous vivez à Marseille. - Grace Ly, romancière, son dernier livre Les nouveaux territoires est paru chez Harper Collins. Elle est aussi la co-hôte et productrice du podcast « Kiffe ta race » - Lauren Malka, journaliste indépendante, notamment pour Livres hebdo et Libération, autrice du livre Mangeuses, histoire de celles qui dévorent, savourent ou se privent à l'excès, aux éditions Pérégrines. ► Pour aller plus loin, lire et retrouver les sujets abordés pendant l’émission : - Les donabe de Ben Lignel - Autour de la Chinese way of life et du China Maxxing - Bouillons bienfaisants, de Jennifer Hart Smith, Hachette Cuisine - Les congee - Le projet navire avenir à Marseille - Ocean Viking - SOS Méditerranée - Donner à manger, de Joëlle Zask, aux éditions Premier Parallèle - Dans le goût du monde - Le conte : la soupe aux cailloux - Les grandes tables à Marseille, Cuisine du quotidien et de l’extraordinaire - Queer Food Festival à Montréal - Le Queer Food Growing Collective Market dans les Cape Flats près du Cap - « L'anthologie Queers at the Table », un guide illustré de nourriture queer (qui contient de vraies recettes) vient tout juste d'être présélectionné pour le prestigieux Prix littéraire Lambda 2026. - Riva Donabe (Pot-au-feu) bas à anses creusées pour 4 personnes. Contenance : 2.25l . Grès chamotté, engobe et émail Travail à la plaque (estampage) et modelage Compatible : gaz, plaques, halogène, vitro céramique, braises, four, poêle (induction : uniquement avec plaque-relais) - Madame Takei - Donabe (Pot-au-feu) à anse en terre pour 4 personnes. Contenance : 2.5l. Grès chamotté, engobe et émail. Travail à la plaque (estampage) et modelage. Compatible : gaz, plaques, halogène, vitro céramique, braises, four, poêle (induction : uniquement avec plaque-relais) - Mini Do’ - Petit donabe (pot-au-feu) emboité pour 2 personnes contenances: 1,25l Travail à la plaque et modelage. Compatible : gaz, plaques, halogène, vitro céramique, braises, four, poêle (induction : uniquement avec plaque-relais). Programmation musicale : Rien à fêter, de Camille Yembe.