C dans l’air du 1er septembre 2026 - Le Pen/ Bardella : deux lignes... une patronne ? En cette rentrée politique, la candidate du Rassemblement national pour l’élection présidentielle multiplie les offensives, sur tous les terrains. Lundi, c’est l’interdiction du port du voile dans l’espace public qui a été remise sur la table par la candidate d’extrême droite, qui promet, si elle est élue en 2027, un référendum qui déboucherait sur une sanction pénale. La promesse, dont la faisabilité pose question sans changement constitutionnel, avait été relancée dimanche par Jean-Philippe Tanguy, député du parti d’extrême droite et lieutenant de Marine Le Pen. « S’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est interdit, elles auront une amende », au même titre que « les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité » en voiture, avait-il affirmé sur BFMTV.La proposition est loin d’être nouvelle pour Marine Le Pen, qui s’y était montrée favorable dès sa première campagne présidentielle en 2012. Elle a immédiatement suscité les critiques du bloc central et de la gauche. Le candidat insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a réagi sur son compte X, estimant que la proposition du RN était « ignoble ». Le gouvernement a, de son côté, émis des doutes sur la « constitutionnalité » et « l’applicabilité » de cette promesse du Rassemblement national. « Par ailleurs, si la question devait être reposée, elle devrait se poser pour l’ensemble des signes religieux visibles dans l’espace public, pas uniquement pour le voile », a estimé Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement.Même dans son propre camp, le président du RN, Jordan Bardella, s’est montré prudent sur sa mise en place, renvoyant ce débat à un référendum sur « l’idéologie islamiste » si Marine Le Pen devenait présidente. « Il ne s’agit pas de mettre en place une police du vêtement. D’abord, ce sont les Français qui décideront ou pas d’une telle mesure par l’intermédiaire d’un référendum », a expliqué le patron du RN, qui s’adressait à des journalistes devant le siège de son parti.Alors, cette proposition est-elle applicable ? Le RN utilise-t-il le débat sur le voile pour reprendre l’initiative politique ? Pour imposer ses thèmes et ressouder son camp ? Derrière cette séquence, une autre question se pose : quelle est aujourd’hui la relation entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? Au cours de l’été, deux proches de Jordan Bardella ont été écartés par Marine Le Pen : François Durvye, l’artisan du rapprochement avec le patronat, et Pierre-Romain Thionnet, le patron du RN jeunes. Une reprise en main de Marine Le Pen sur la campagne présidentielle du RN, qui développe également ces derniers jours plusieurs marqueurs du lepénisme, tels qu’un retour de la retraite à 62 ans, voire à 60 ans pour certains salariés, tandis que Jordan Bardella avait porté une autre vision du système.Et puis il y a l’économie. Longtemps considéré comme le point faible du Rassemblement national, le sujet est désormais au cœur de sa stratégie de conquête. Marine Le Pen cherche à rassurer les chefs d’entreprise et à démontrer que son parti peut être crédible au pouvoir. Quelles sont les propositions économiques de Marine Le Pen ? Peut-elle convaincre les patrons ?Enfin, il y a la préoccupation numéro un de nombreux Français : le pouvoir d’achat. Avec une question particulière pour les retraités. comment les retraités vivent-ils cette période ? Qu’attendent-ils de la prochaine présidentielle ? Nous sommes allés à leur rencontre.Nos experts :- JÉRÔME JAFFRÉ - Politologue - Chercheur associé au CEVIPOF- CHRISTOPHE BARBIER - Éditorialiste politique, conseiller de la rédaction - Franc-Tireur- SOAZIG QUÉMÉNER - Rédactrice en chef - La Tribune Dimanche- MARYLOU MAGAL - Journaliste au service politique – L’Express, co-auteure de Enquête sur la génération Bardella/