Que sont devenus les Salvadoriens renvoyés dans leur pays d'origine par les États-Unis, il y a un an et demi ? RFI a travaillé avec 25 autres médias dans le cadre d'une enquête coordonnée par Forbidden Stories, intitulée : « The Deportation Project - Révélations sur les expulsions de masse de l'administration Trump ». En mars et en avril 2025, trois avions militaires atterrissent à San Salvador en provenance des États-Unis. À leur bord, 52 Vénézuéliens et un groupe de Salvadoriens dont on ignore tout. ll faudra un minutieux travail réalisé par des ONG pour établir qu'ils étaient 36. L'identité de seulement 11 d'entre eux a pu être établie et on n'a pu en localiser que 6, dont Elmer Concepcion Romero qui vivait en situation irrégulière aux États-Unis. Angelica Perez, de la rédaction en espagnol de RFI, a rencontré sa sœur, Glenda. Si les autorités ont fini par lui dire dans quelle prison se trouve son frère, elle n'a eu aucun contact avec lui. « Je n'ai reçu ni un coup de fil, ni même une photo me prouvant qu'il reçoit bien les paquets qu'on lui dépose. Je n'ai rien, juste l'espoir qu'on ne m'ait pas menti. Nous voudrions une preuve qu'il va bien car nous ne pouvons pas continuer à vivre dans cette incertitude. C'est comme si mon frère avait disparu. Cela fait plus d'un an qu'il est en prison et il n'y a aucune procédure légale ouverte contre lui », explique Glenda. Pas de poursuites judiciaires au Salvador où ces détenus sont privés de tout contact avec l'extérieur. Pas de présentation à un juge aux États-Unis avant leur expulsion. Aucun moyen de se défendre, donc, pour ces hommes qui, dans leur écrasante majorité, n'ont rien à se reprocher. D'après plusieurs organisations de défense des droits humains, seuls 10% d'entre eux ont un casier judiciaire. Mais aucun n'a de lien avec le crime organisé. Plusieurs ONG dénoncent des enlèvements et des disparitions forcées rendues possibles par le régime d'exception imposé en 2022 par Nayib Bukele pour mettre un terme à la violence des gangs et qui permet les arrestations sans décision de justice préalable, et par l'accord signé entre le Salvador et les États-Unis, le 4 février 2025. Un accord dont peu de détails ont filtré. Tout ce que l'on sait, c'est qu'en échange de 4,76 millions de dollars et à condition de ne pas venir en aide aux demandeurs d'asile, Nayib Bukele a accepté d'accueillir environ 300 criminels supposés pendant un an. Selon les autorités qui ne fournissent aucune preuve, il s'agit de membres du groupe criminel Tren de Aragua ou du gang la Mara Salvatrucha. Direction au moins dans un premier temps : le Cecot, la prison de haute sécurité dont le président salvadorien est si fier et où ces nouveaux venus ont été torturés et agressés sexuellement. Les rares familles qui osent défier le pouvoir de Nayib Bukele ont dû aller jusqu'à la Commission interaméricaine des droits de l'homme pour que le gouvernement du Salvador lâche que cinq de ces 36 migrants se trouvent dans la prison de Santa Ana et un au Cecot. Mais rien sur ce qui leur est reproché. À lire aussiEntre Trump et Bukele, l'accord secret qui fait disparaître les migrants Regarder la vidéo#DeportationProject : ces personnes expulsées par les États-Unis vers l'Afrique Haïti : les enlèvements se multiplient En Haïti, pas une semaine ne passe sans qu'un ou des enlèvements ne se produisent. Ils sont particulièrement fréquents dans la commune de Delmas 31. Des personnes de tous âges, de toutes catégories sociales sont visées. Des victimes qui restent parfois aux mains des gangs pendant plusieurs mois, comme l'explique notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. À lire aussiHaïti: écoliers, fonctionnaires… plus personne n'est épargné par le kidnapping à Port-au-Prince La capitale du Mexique, entre manque d'eau et inondations Au Mexique, comme dans de nombreux pays du monde, l'année est marquée par des phénomènes climatiques extrêmes. Sécheresse, puis inondations à répétition, le tout dans un pays au système de drainage trop vieux, victime de sous-investissements chroniques et rongé par l'affaissement des sols. Par conséquent, même lorsqu'il pleut beaucoup, le pays n'en retire pas de bienfaits et toute une partie de la population reste privée d'eau courante, même en périphérie de Mexico. Un reportage de Gwendolina Duval. Le journal de la 1ère En cette journée mondiale d'Alzheimer, on parle de cette maladie neurodégénérative qui touche beaucoup de Guadeloupéens. À écouter aussiMaladie d’Alzheimer : les avancées de la recherche pour prédire la maladie