Beaux-Arts de Paris

Beaux-Arts de Paris

En lien étroit avec l'actualité des grands noms de la création artistique et de la pensée contemporaine sont invités à dialoguer soit avec Alain Berland pour la programmation culturelle "Penser le Présent" soit dans le cadre des Chaires animées par des artistes, théoriciens ou professionnels aux Beaux-Arts de Paris.

  1. Penser le Présent avec Laura Mulvey

    3 APR

    Penser le Présent avec Laura Mulvey

    Le parcours de la théoricienne et cinéaste féministe Laura Mulvey a contribué à transformer en profondeur nos rapports aux images. Depuis les années 1970, la théoricienne du « male gaze » n’a cessé d’œuvrer du côté d’un regard mobilisé, conscient des asymétries entre les genres, asymétries qui structurent l’histoire des images, leur réception, leurs modalités de fabrication.La réception de son travail, en France notamment, a souvent reposé sur les liens qu’elle a su tisser avec des théoriciennes, militantes, traductrices ou enseignantes plus jeunes qui, bouleversées par ses textes, ont permis leur traduction puis leur publication.C’est le cas de la dernière traduction en date : Un Jardin, aux éditions Burn-Aout (2025). Deux des textes les plus importants de Laura Mulvey (« Le spectateur pensif » et « Le spectateur possessif ») y sont traduits par le collectif Women Remix.En dialogue avec Clara Schulmann, enseignante aux Beaux-Arts de Paris, et en présence du collectif Women Remix, elle évoque ces effets de transmission, de passation mais aussi ces questions de regard mobilisé et curieux, éminemment féministe.Née en 1941, professeure émérite à l’Université Birkbeck à Londres, Laura Mulvey est une figure centrale de la culture visuelle telle qu’elle se construit dans la seconde moitié du XXe siècle. En 1975, elle publie dans la revue Screen un article provocateur intitulé « Visual Pleasure and Narrative Cinema ». Conçu comme un véritable manifeste féministe, ce premier texte s’inscrit dans la continuité des activités qu’elle mène alors au sein du Women’s Liberation Movement londonien. Devenu une référence incontournable dans le champ des cultural studies, « Visual Pleasure… » inaugure le croisement des théories du genre et des études filmiques en montrant comment les schémas patriarcaux structurent le cinéma hollywoodien : l’homme est au cœur de l’action, puissance motrice entrainant la progression du récit, tandis que la femme est un centre d’attention, un objet de fascination qui suspend provisoirement le cours des événements. Prenant acte de cette forme de conditionnement du plaisir visuel des spectateurs quelle que soit leur identité de genre, Laura Mulvey en appelait à un cinéma instituant autrement notre relation aux images. Si la différence sexuelle est pour Laura Mulvey un levier d’interprétation essentiel de la réception des films, ses analyses se focalisent désormais plus largement sur la question du désir et la façon dont les pratiques de visionnement réinventent les formes et les usages de la fascination cinéphilique : du « spectateur possessif » au « spectateur pensif », le regard bascule, une position de pouvoir devient un désir de savoir.Laura Mulvey est l’auteure de plusieurs essais : Visual and Other Pleasures (1989, rééd. 2009), Fetishism and Curiosity (1996, traduit en français en 2019), Death 24x a Second (2006) et Afterimages : on Cinema, Women and Changing Times (2019) – dont l’impact sur le paysage critique et théorique anglophone demeure considérable.Mardi 31 mars 2026Amphithéâtre des Loges© Droits réservés Où nous trouver :

    49 min
  2. Penser le Présent autour des échos de Fukushima

    16 MAR

    Penser le Présent autour des échos de Fukushima

    Le 11 mars 2011, le Japon était ébranlé par la catastrophe de Fukushima d’une ampleur inouïe. Qu’a-t-on appris de cette catastrophe inextricablement naturelle et nucléaire ? Pour discuter de ses échos et résonances par-delà le Japon et « depuis notre fenêtre », la philosophe Clélia Zernik, la curatrice Élodie Royer, la chercheuse en théorie et esthétique du cinéma Élise Domenach et l’écrivain Michaël Ferrier, qui partagent une fine connaissance des scènes artistiques japonaises avec lesquelles ils entretiennent un dialogue au long cours, reviennent sur cet événement et les bouleversements qu’il a induits.  Depuis les Beaux-Arts et les actions qui ont suivi la catastrophe, initiées par certains artistes et chefs d’atelier comme Jean-Luc Vilmouth organisant un banquet dans les environs de Fukushima avec une communauté de survivants un an après les événements, depuis le Japon tel que l’éprouve Michaël Ferrier dans son ouvrage Fukushima, récit d’un désastre en passant par le prisme du cinéma, ou depuis La Hague ou Rokkasho autour des pollutions et autres risques sanitaires encourus par l’environnement et les populations, se pose « la question d’un monde durablement abîmé qui requiert de nous de nouvelles capacités d’attention et de présence au monde », comme le souligne Élise Domenach dans son ouvrage Le paradigme Fukushima au cinéma. Rencontre avec Clélia Zernik, Élise Domenach, Élodie Royer et Michaël Ferrier, modérée par Audrey Illouz.  En partenariat avec l’ENS Louis-Lumière et avec le soutien de l’Institut Universitaire de France. Crédit photo : © Jean-Luc Vilmouth, Lunch Time, 2014

    1hr 7min
  3. Penser le Présent avec Fabienne Dumont

    25 FEB

    Penser le Présent avec Fabienne Dumont

    Histoire de l’art et lutte des sexes est publié en 1978 par Françoise d’Eaubonne. Dans cet ouvrage, la pionnière de l’écoféminisme prend appui sur de nombreuses œuvres reconnues, canonisées, pour développer une lecture nourrie de ses convictions féministes. Son ton passionné, érudit et iconoclaste s’appuie sur les débats de son époque, en lien à une histoire sociale et marxiste de l’art et à de nombreuses disciplines, pour décrypter la position des femmes dans les représentations. Elle s’intéresse précisément à la position des artistes dans le champ de l’art, vis-à-vis de leurs commanditaires, de la morale sexuelle de leur époque (elle appartenait aussi au Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), etc. Nous reprendrons quelques exemples de cette autrice prolifique pour saisir ce plaisir à regarder et à analyser de manière différente, tout en précisant le parcours de Françoise d’Eaubonne. Rencontre modérée par Fabrice Bourlez et Madeleine Planeix-Crocker dans le cadre de la chaire Troubles, alliances et esthétiques. Fabienne Dumont est professeure d’histoire de l’art contemporain à l’université Jean-Monnet-Saint-Étienne et critique d’art, spécialiste des questions féministes, de genre et queer articulées à une perspective culturelle, sociale et politique.Parmi ses ouvrages : Des sorcières comme les autres – Artistes et féministes dans la France des années 1970 (PUR, 2014), l’anthologie La rébellion du Deuxième Sexe – L’histoire de l’art au crible des théories féministes anglo-américaines (1970-2000) (Les presses du réel, 2011), deux ouvrages collectifs au sujet de la postcolonialité en France et des travailleuses de Bretagne et d’ailleurs, deux ouvrages au sujet de Nil Yalter en 2019 (une monographie éditée par le MAC VAL et un livre d’entretien chez Manuella Éditions/Aware), un livre de regards d’artistes sur Alice Neel (ER Publishing) et la réédition augmentée de Françoise d’Eaubonne, Histoire de l’art et lutte des sexes [1978] aux Presses du réel en 2025. Jeudi 19 février 2026Amphithéâtre des Loges Crédits photo : © Droits réservés

    1hr 9min
  4. Collection parlée autour des Cascades d’Hokusai

    10 FEB

    Collection parlée autour des Cascades d’Hokusai

    Les collections des Beaux-Arts de Paris détiennent un tirage du célèbre cycle des huit gravures sur bois des Cascades de différentes provinces d’Hokusai. Réalisé autour de 1830, cet ensemble au caractère à la fois visionnaire et synthétique est un jalon essentiel de l’art japonais de l’époque Edo et au-delà, l'objet de multiples ramifications ou réinterprétations encore vivantes aujourd’hui. Au cours de cette « Collection parlée », conçue comme une rencontre sensible autour de l’œuvre, quatre spécialistes vont en proposer des lectures complémentaires ainsi qu'un éclairage contemporain. Sophie Basch, professeure de littérature française à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, évoque l’engouement pour l’art japonais dans les milieux artistiques parisiens de la fin du XIXᵉ siècle, en mettant notamment en lumière le rôle déterminant des Beaux-Arts de Paris lors de la grande exposition d’estampes japonaises de 1890. Giulia Longo, conservatrice des estampes et photographies aux Beaux-Arts de Paris, revient sur les circonstances de son entrée dans les collections en 1908. Marianne Simon-Oikawa, professeure d'Études japonaises à Paris Cité, évoque la figure d'Hokusai et Clélia Zernik, professeure de philosophie de l’art aux Beaux-Arts de Paris, en propose une mise en perspective contemporaine. Amphithéâtre d'Honneur Mardi 27 janvier 2026 Crédit photo : Katsushika Hokusai, Cascade de Kirifuri au mont Kurokami dans la province de Shimotsuke, gravure sur bois en couleur, vers 1833, Beaux-Arts de Paris, Est 4659

    1hr 17min
  5. Penser le Présent avec Gala Hernández López

    16/12/2025

    Penser le Présent avec Gala Hernández López

    L’artiste, cinéaste et chercheuse revient sur son approche du capitalisme computationnel et des nouveaux modes de subjectivation qu’il produit. Dans ses films, elle s’immerge dans des communautés numériques. Son premier film documentaire La mécanique des fluides est une enquête qui prend pour point de départ une lettre de suicide publiée par un incel (soit un célibataire involontaire) sur la plateforme Reddit avec pour titre « L’Amérique est responsable de ma mort ». Cette enquête se construit comme une dérive virtuelle sur Internet à la recherche de ses traces numériques. Dans le second volet de la trilogie, for here am i sitting in a tin can far above the world (2024), une femme rêve d’une future crise économique affectant le marché des cryptomonnaies alors que des milliers de personnes ont été cryogénisées, en attendant des temps meilleurs… Dans le dernier volet, +10k (2025), on suit Pol, 21 ans, qui rêve de vivre à Miami et de générer +10k par mois. Il assiste à des événements de développement personnel, suit des coachs en ligne et investit dans les cryptomonnaies. La rencontre sera modérée par Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle et Caroline Rambaud, artiste diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2025 et précédée de la projection d'un extrait du film Like moths to light (WIP).Amphithéâtre des LogesMardi 9 décembre 2025Crédits photos : © Julia Hendrickson

    1hr 9min

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En lien étroit avec l'actualité des grands noms de la création artistique et de la pensée contemporaine sont invités à dialoguer soit avec Alain Berland pour la programmation culturelle "Penser le Présent" soit dans le cadre des Chaires animées par des artistes, théoriciens ou professionnels aux Beaux-Arts de Paris.

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