Ce mois-ci, nous vous proposons un épisode exceptionnel, enregistré à des milliers de kilomètres de la France, en Indonésie. Nous y avons rencontré le général de division aérienne Julien Sabéné, chef de la mission Pégase 26. Ensemble, nous avons abordé les défis opérationnels et logistiques liés à ce déploiement aérien de longue portée et évoqué les premiers retours d’expérience. En fin d’interview, notre invité est également revenu sur les moments-clés de son parcours d’officier. Le général Julien Sabéné est aussi le commandant en second de la défense aérienne et des opérations aériennes ainsi qu’un pilote de chasse qui a à cœur de partager sa passion pour l’aéronautique : « Je dois tout à mes anciens, ceux qui m'ont montré la voie, et c'est normal de retransmettre à notre tour cet enthousiasme », résume-t-il. Il n’a donc pas été difficile de lui demander de nous raconter cette projection aérienne de 40 000 kilomètres parcourus par neuf appareils (quatre Rafale, trois MRTT Phénix et deux A400M Atlas) en près de 40 jours : « On vit ce qu'on rêve : découvrir des cultures à l'autre bout du monde, travailler main dans la main avec des gens qui ont un autre concept opérationnel, qui ont d'autres matériels ou le même que nous mais qui l'opèrent un peu différemment, je trouve cela très intéressant ».Cette mission, l’armée de l’Air et de l’Espace la conduit pour la septième fois : « Pourquoi on poursuit ? Parce que la capacité à déployer vite et loin un tel dispositif, ce n'est pas anodin. Cela demande un entraînement régulier. Pourquoi régulier ? Parce qu'on ne peut pas mettre toute l'armée de l’Air et de l’Espace à bord de Pégase, naturellement. Deux cent soixante-dix aviateurs, c'est une proportion réduite mais ces deux soixante-dix aviateurs, ils vont détenir une expérience, une expertise qu'ils vont partager après en rentrant dans leurs escadrons. C'est important car aujourd'hui, on vit dans un monde qui est particulièrement dangereux et qui est difficile à prédire » explique l’officier avant de poursuivre : « Je ramènerai à la fin de mon périple des souvenirs par dizaines et le sentiment que finalement, il y a quelque chose de commun entre tous ces aviateurs. Notre culture diffère, mais on se comprend. Je pense qu'il y a une passion qui est commune, mais on se comprend car nous sommes au service de nos concitoyens. On est chacun là pour défendre nos concitoyens. Mais à la fin, ensemble, on est quand même plus fort que tout seul. C'est une des leçons que j'avais déjà apprise mais qui se revérifie ». Des souvenirs qui s’ajouteront à de nombreux moments marquants comme son éjection de Mirage 2000 en février 2006 ou son rôle de Joint Mission Commander en avril 2018, lors de l'opération Hamilton. Vous voulez en savoir plus ? Ecoutez notre podcast ! Crédit photo : SGT Emmanuel Tseng-King Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard