Culture Pixelle

Radio Grenouille

Culture Pixelle – Le podcast qui interroge l’impact du numérique dans la culture une aventure portée par Marie Picard et emmanuel vergès. Chaque semaine, 30 minutes de conversation avec un·e invité·e de choix pour explorer ensemble l’impact du numérique dans nos pratiques culturelles, médiatique et créatives. Ici, le numérique n’est pas seulement une affaire de technologies, ce n’est pas que capitaliste, polluant, addictif… mais c’est aussi coopératif, créatif et démocratique. Culture Pixelle est un espace d’échanges pour partager des expériences, faire de la veille, réfléchir de manière critique et politique et prendre une longueur d’avance. Le pari : vous faire faire un pas de côté pour mieux comprendre la puissance et les limites de ces outils, et imaginer ensemble de nouveaux usages. 📻 En direct : chaque jeudi du mois à 17h30 sur Radio Grenouille 88.8 et en web radio 🔁 En rediffusion : le mercredi à 13h 🎧 En podcast : à écouter et binger sur toutes les plateformes et sur Instagram

  1. HACE 4 DÍAS

    Culture Pixelle #47 - Reclaim the future, avec Mieke Renders et Laura Camacho

    Cette semaine, Culture Pixelle est en anglais, parce que La Friche Belle de Mai accueille la 101e rencontre de Trans-Europe Halles, réseau européen de centres culturels dans des friches industrielles, fondé en 1983, aujourd'hui présent dans 43 pays. Le thème de cette édition : Imagine Within Limits pour questionner ce que l’on peut faire quand les modèles s'effondrent, les ressources se raréfient, et que la planète nous envoie ses signaux d'alarme depuis bien longtemps ? Autour des micros, Mieke Renders, déléguée générale de Trans-Europe Halles, et future responsable de la Capitale Européenne de la Culture 2029 à Kiruna en Laponie, et Laura Camacho, facilitatrice de transformation artistique sur le projet CTM — Cultural Transformation Movement. Deux voix, deux géographies et deux manières d’agir pour une même conviction : transformer, oui, mais ensemble ! « They are creating bubbles of hope, bubbles of a new imagined future that is very interdisciplinary, transdisciplinary… They reinvent their communities, their neighborhoods, their cities, by seeing a potential in these abandoned, once thriving factories or places. » L'image des “bulles d'espoir” de Mieke pour définir les centres culturels en friches, illustre qu’ils ne sont pas des refuges mais des laboratoires de réinvention collective, des espaces safe pour agir et penser. Des lieux naissent du militantisme et se professionnalisent dans le chaos, pour finir par changer le regard d'une ville sur elle-même. Ce qui était rebut industriel devient ressource commune. Ce mouvement-là, c'est l'histoire même de la Friche Belle de Mai, et de tant d’autres friches à Marseille ! « Who is owning that future? Historically, who has done science fiction globally? From Western societies. And if we don't own that future, then the dynamics of silencing would be repeated. » Et dans cette réinvention, on parle beaucoup d’imaginaires, de récit. Laura porte un travail prospectif avec des artistes, en posant au coeur de cette réflexion, non pas seulement les formes, mais surtout qui les porte. L'Afrofuturisme, le futurisme arabe, les imaginaires du Sud global, ne sont pas des curiosités exotiques, ce sont des  actes de résistance épistémique. Si les futurs sont toujours imaginés depuis les mêmes centres, les mêmes cultures, les mêmes privilèges, alors la transformation reste esthétique. Pas politique. Changer le présent, c'est d'abord contester qui a le droit de rêver l'avenir. « What we have to shift is the context, and not the community. » Dans les débats sur la représentation et l'inclusion, on demande souvent aux communautés marginalisées de s'adapter, de faire un effort, de rentrer dans le cadre. Laura inverse le raisonnement : c'est le cadre qui doit bouger. Chaque personne, artiste, actrice ou acteur culturel, habitante d'une friche, possède une agentivité, petite ou grande. Le projet CTM part de là : non pas changer les gens, mais changer les conditions dans lesquelles ils peuvent agir. Changer les conditions c’est peut etre envisager les lieux culturels comme des quatrième lieux. Mieke nous a partagé ce concept qui lui est important. Après le travail, le foyer, et le tiers-lieu, ce Quatrième lieu est celui où l'on ne vient  plus consommer que de la culture mais où la culture fait émerger un sens commun, là où les religions s'effacent, là où les liens se refont différemment, dans de nouvelles conditions, là où les friches se réinventent. Pas un programme ou un dispositif. Mais peut-être la prochaine étape pour les centres culturels : devenir des lieux où l'on refait monde, ensemble, à nos propres mesures.

    31 min
  2. 23 ABR

    Culture Pixelle #46 - Réapprendre la démocratie à l'ère des plateformes, avec Olivier Schulbaum

    Il y a deux semaines, on recevait dans Culture Pixelle, Olivier Schulbaum, directeur stratégique de la Fondation Platoniq, basée entre Barcelone et Palma de Majorque. On se connaît avec Olivier depuis longtemps, où Platoniq gravait des CD de musique libre et installait un émetteur FM dans une Burn Station à la Friche Belle de Mai pour discuter des droits d’auteurs, de la circulation des oeuvres et de la régulation des échanges sur Internet. Vingt ans plus tard, la question posée n'a pas changé, mais elle s'est déplacée : comment les outils numériques peuvent-ils servir la démocratie plutôt que chercher à l’automatiser ? Platoniq, c'est un projet singulier et inédit : un label devenu laboratoire de cultures et de numérique, qui développe des outils pour incarner les idéaux collectifs, coopé”ratifs et participatifs de l’Internet. Ils et elles ont développé Goteo, plateforme de crowdfunding solidaire et citoyen ou Decidim, plateforme de coopération et de participation citoyenne déployées dans plus de 400 villes. Et maintenant Platoniq développe, sur ces bases, une école de la créativité et de la démocratie. Parce que la participation ne se décrète pas dans du code, elle se construit dans des personnes, des territoires, des cultures, et des dynamiques de politique locale. « Ce qu'on traite vraiment maintenant, c'est un peu comment réapprendre la démocratie à l'ère des plateformes. » Pas reconstruire. Pas inventer. Réapprendre. La démocratie n'a pas disparu, mais elle a été transformée en protocole, confiée à des interfaces publiques comme privées qui optimisent l'engagement plutôt que la délibération. Le travail de l’équipe de Platoniq cherche à démontrer qu’une même infrastructure numérique peut produire des effets radicalement opposés selon qui la conçoit, avec qui, et depuis quel terrain. « La créativité doit s'appliquer sur absolument toutes les phases des processus démocratiques. » Les assemblées citoyennes produisent des recommandations, les décideurs les « technifient », et tout le côté émotionnel, la motivation, la légitimité construite collectivement, s'évaporent. Platoniq ne fait pas de beaux ateliers participatifs, mais conçoit pour cela l'https://platoniq.net/es/projects/escuelab/, pensée pour les 16–29 ans, qui articule délibération, théâtre législatif, badges de compétences pour se former aux compétences démocratiques.  « Dans le futur, vu la menace de l'IA sur le travail intellectuel, c'est le moment idéal pour développer des capacités d'imagination sur les démocraties. » L'IA automatise le travail cognitif de masse. Ce qui résiste à l'automatisation, ce qui ne peut pas être délégué à une machine, c'est précisément la capacité à délibérer ensemble, à construire du commun, à imaginer d'autres formes de gouvernance. C'est maintenant qu'il faut former à ça. Pas dans dix ans, quand les bifurcations seront déjà figées.

    31 min
  3. 8 ABR

    Culture Pixelle #45 - Se retrousser les manches avec Chloé Sondervorst

    Cette semaine dans Culture Pixelle, nous recevions Chloé Sondervorst, réalisatrice à Radio-Canada, chroniqueuse et conférencière. À la croisée du journalisme, de la médiation et des cultures numériques, elle explore depuis plusieurs années les usages de l’intelligence artificielle — avec une approche qui résonne beaucoup avec Culture Pixelle : aborder les impacts culturels des outils dans nos sociétés, nos quotidiens, nos métiers … une approche profondément incarnée sur différents terrains médiatiques : médias publics, conférences, mais aussi et surtout les réseaux sociaux — notamment TikTok — qu’elle utilise comme un véritable espace de dialogue et d’élaboration commune pour accompagner à se forger un regard critique sur le numérique. Un espace pour construire, avec celles et ceux qui écoutent, scrollent, likent, repostent, commentent … des nouveaux savoirs sur ces objets, leurs intentions et leurs usages.  Car pour Chloé, comprendre la technologie, c’est d’abord accepter une forme de tension : « J’essaie de trouver un équilibre entre la perspective critique, les questions qu’on pose et la curiosité… cette tension est constitutive de notre rapport à la technologie. » Une posture précieuse à l’heure où les outils numériques s’imposent dans nos vies. Ni fascination naïve, ni rejet systématique : mais un effort constant pour tenir ensemble complexité et accessibilité. Dans cet équilibre, les plateformes deviennent alors des terrains d’action. Non pas seulement des espaces de diffusion, mais des lieux à investir, à détourner, à réinterpréter. « Le défi, c’est de sentir ce qui va pouvoir être amplifié, et d’en profiter comme un cheval de Troie pour amener des questions critiques. » Une stratégie qui consiste à utiliser les logiques mêmes des algorithmes pour ouvrir des brèches dans les récits dominants. Une stratégie pour essayer de rendre découvrable d’autres récits. Car derrière les usages, la réalité est que l’intelligence artificielle n’est pas neutre. Elle s’inscrit dans des rapports de pouvoir, économiques, politiques, géopolitiques. « L’IA s’inscrit dans des structures de pouvoir… elle peut renforcer des déséquilibres en concentrant du pouvoir dans les mains de certains. » Dès lors, la question n’est plus seulement technologique. Elle devient profondément politique : qui conçoit ces outils, pour quels usages, et au service de qui ? Loin d’un discours fataliste, l’épisode ouvre aussi une perspective : celle de l’action. Individuelle et collective. « On a beaucoup plus de pouvoir que ce qu’on pense parfois… il faut être partie prenante. » Se retrousser les manches, donc. Expérimenter, comprendre, discuter, détourner. Refuser la seule condition de spectateur dont l’attention a été capté par le design des applis  face à des transformations qui nous concernent toutes et tous. Un épisode pour reprendre la main sur les récits et les usages que la technologie participe à produire et diffuser.

    30 min
  4. 24 MAR

    Culture Pixelle #44 - Quand les langues résistent aux plateformes avec Juliette Minvieille et Vincenç Javaloyès

    Cette semaine dans Culture Pixelle, nous étions en direct de Babel Music XP à Marseille, hub méditerranéen des musiques du mondes. À cette occasion, nous recevions Juliette Minvielle, artiste et musicienne, et Vincenç Javaloyès, de l’Office public de la langue occitane, l’OPLO. L’occasion de revenir à Culture Pixelle sur un de nos dada : la place des langues minoritaires dans les politiques culturelles, et ce que les infrastructures numériques globalisées nous permettent de faire comme pas de côté sur ces questions ! « Tous les outils technologiques, tous les algorithmes, toutes les plateformes sont configurés pour les langues dominantes. » Derrière l’apparente neutralité du numérique, se joue une hiérarchie des langues, des cultures, des récits que l’on a décrypté avec Vincenç Javaloyès. Mais en même temps, il n’y a jamais eu autant de diversité culturelles et linguistiques en ligne, des blogs 2.0 à wikipédia en passant par les réseaux sociaux. Le travail des institutions, comme l’OPLO, et des créateurs consiste à chercher à garantir des espaces d’existence. Car une langue ne survit pas seulement dans les livres ou les écoles — elle vit dans les usages, dans les interactions, dans les espaces où elle devient naturelle. « Pour qu’une langue soit parlée, il ne faut pas juste la connaître, il faut être dans des espaces sociaux où c’est normal de la parler. » Et aujourd’hui, ces espaces sont aussi numériques. Les réseaux sociaux, les plateformes, les outils de diffusion deviennent des lieux où les langues peuvent circuler, se transformer, toucher de nouveaux publics — bien au-delà de leur territoire d’origine. Juliette Minvielle incarne cette autre voie : celle d’une création située, incarnée, non revendicative mais profondément engagée. « Je suis dans une implication, je ne suis pas dans une revendication. » Juliette qui investit Instagram et autres plateformes pour faire vivre, diffuser, partager un musique qui réactualise la langue occitane dans notre modernité digitale. Avec elle, dans un monde numérique standardisé, les langues minoritaires ne résistent pas seulement — elles inventent d’autres manières de faire monde, d’autres manières de créer du commun. A découvrir le travail des geeks du Congrès de la Langue Occitane, Lo Congrès, pour alimenter en occitan les bases en ligne et de l’IA ! Et le dernier clip de Juliette Minvieille pour annoncer La Passem, une course linguistique et festive en territoire de Gascogne.

    30 min
  5. 13 MAR

    Culture Pixelle #43 - Observer le présent pour ouvrir les futurs avec Alexia Mathieu

    Dans ce nouvel épisode de Culture Pixelle, nous recevions Alexia Mathieu, chercheuse en expérience utilisateur et responsable du Master Media Design à la HEAD la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève. Une conversation qui questionne le lien entre design et transformations numériques ? Et ce qui, dans le design, pour nous accompagner à cheminer vers des futurs alternatifs Pour Alexia Mathieu, le design n’est pas seulement une affaire d’interface ou d’esthétique. C’est d’abord une pratique d’observation du monde. Une manière de regarder les gestes ordinaires, les habitudes invisibles, les usages quotidiens pour y repérer les transformations en cours. « Pour moi, ce qui est au cœur de tout ça, c’est l’observation : comment on observe les personnes, comment on les interroge sur des habitudes, des choses qu’elles ne savent pas forcément qu’elles font tous les jours. » Observer les micro-gestes du quotidien, comprendre les usages, écouter les contradictions : c’est à partir de ce terrain que peuvent émerger de nouvelles formes d’interaction avec la technologie. Un design qui ne part pas des machines, mais des vies. Mais dans la réalité, le design est pris dans des structures économiques et industrielles très puissantes.  « Le design est fondamentalement capitaliste, mais je pense qu’on peut amener d’autres manières de faire dans le design. » Faire autrement, c’est ouvrir prendre le design comme un observatoire lui-même à l’articulation d’autres disciplines, d’autres imaginaires — la science-fiction, les sciences sociales, les pratiques artistiques — et situé, au coeur de de contextes concrets où les technologies prennent forme, où les outils sont utilisés. A ce stade, nous avons évoqué le parcours et les travaux de Nicolas Nova, qui avait oeuvré dans ce même département et avait initié cette idée du design comme pratique de futurs possibles. « L’idée n’est pas de prédire le futur, mais de proposer des alternatives pour décider ou non d’aller vers ce futur-là. » Une phrase qui résonne particulièrement avec l’esprit de Culture Pixelle et de nos récentes expériences à l’Ososphère à Strasbourg où nous avons ouvert un espace de dialogue avec le futur. Les transformations technologiques actuelles ne transforment pas seulement nos outils et nos conditions de production : elles transforment en profondeur nos capacités et nos possibilités de produire des récits, de partager des imaginaires, et de reconcevoir nos manières de vivre ensemble. Le rôle du design — comme celui de l’art — sera peut-être justement de rendre visibles les bifurcations possibles. Les derniers travaux d’Alexia portent sur le textile dans les jeux vidéos. Un espace pour habiller le jeu et jouer le vêtement ! Un épisode à écouter pour prendre le numérique comme une matière à observer, raconter et réinventer.

    30 min
  6. 12 MAR

    Culture Pixelle #42 - Le futur n’est pas technologique, il est artistique, avec Thierry Danet

    Cette semaine dans Culture Pixelle, nous recevions Thierry Danet, directeur du festival Ososphere et président de La Laiterie. Depuis Strasbourg, il fabrique depuis plus de vingt ans un projet singulier : croiser musiques électroniques, arts numériques, urbanisme et récit territorial. Il a exploré différents lieu de la ville, les a ré-ouvert à la ville disent certains. Aujourd’hui, il se reconcentre sur le quartier de la Gare avec la réhabilitation de la Laiterie. Il a engagé, avec cette édition du festival, une conversation avec le futur pour nous conduire tout tranquillement, et avec souffle et sens, vers demain !   Ososphère n’est pas simplement un festival. C’est une manière d’habiter la ville autrement. Investir des friches, ouvrir des lieux inattendus — du port du Rhin à la gare — et créer des espaces temporaires où la technologie devient sensible, collective, expérimentale. À l’origine du projet, une intuition simple : les transformations technologiques ne peuvent pas être comprises uniquement par les ingénieurs ou les politiques. Elles nécessitent d’autres regards. Et qui mieux que les artistes qui ont participé à fonder ces technologies, pour nous éveiller.  « À un moment, on va avoir bien besoin des artistes pour nous donner des clés de perception sur le monde dans lequel on vit. » Depuis ses débuts dans les années 2000, Ososphère nous accompagne dans une société “en régime numérique” en invitant les artistes à explorer ses imaginaires, ses tensions et ses promesses, directement dans la ville. « On voulait inventer une forme qui vienne s’intercaler dans la ville et réagir en temps réel à notre perception de cette évolution. » À Strasbourg, ville-carrefour au cœur de l’Europe, ce dialogue entre art, territoire et technologies prend une dimension particulière. Le festival devient alors un laboratoire urbain : un moyen d’explorer les transformations de la ville avant même que les projets d’aménagement ne les figent. Mais pour Thierry Danet, ce travail artistique se joue aussi dans un rapport subtil aux institutions. Ni complètement à l’extérieur, ni totalement intégré. « Nous sommes un artefact dans ces systèmes, et on espère que le fait d’y rester va faire évoluer ces systèmes. » Les festivals, les artistes et les lieux culturels peuvent agir comme des artefacts dans la ville, des objets sensibles capables de déplacer les imaginaires collectifs.

    31 min
  7. 20 FEB

    Culture Pixelle #41 - L’éthique comme infrastructure avec Thomas Jacobsen d'Infomaniak

    Cette semaine dans le live de Culture Pixelle, nous recevons Thomas Jacobsen, directeur communication et marketing d’Infomaniak, hébergeur éthique et écologique basé à Genève. À Radio Grenouille, on les connait bien : toutes les datas de la radio sont chez eux. Cet échange était donc une deuxième plongée dans le back-office du web mondial, après notre épisode consacré aux data centers marseillais. Et cette fois-ci, cap sur la Suisse. Infomaniak, c’est une histoire presque artisanale : celle d’un club informatique passionné devenu l’un des grands hébergeurs européens du web, du cloud et de l’IA. Une trajectoire qui raconte aussi une autre manière de penser le numérique : locale, durable, souveraine. « Aujourd’hui, ce qui est fondamental, ce n’est pas de décrire de belles phrases, mais d’en avoir les moyens pour les garantir. » Pour Thomas Jacobsen, la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit. Maîtrise juridique, logicielle, infrastructurelle. Indépendance vis-à-vis d’investisseurs extérieurs. Data centers conçus pour se passer de climatisation. Revalorisation énergétique. Une éthique qui s’incarne dans des choix techniques. La Suisse serait-elle le centre du monde numérique ? Le web naît au CERN au début des années 90. Les anciens abris atomiques deviennent des data centers. Les universités lancent aujourd’hui des modèles d’IA ouverts, souverains et écologiques. Thomas poursuit  : il n’y a pas de fatalité culturelle, mais des décisions. « Le challenge, c’est de rester fidèle à soi-même, de ne pas être tenté de faire plus d’argent facilement au prix de nos valeurs. » Dans un contexte géopolitique tendu, où les infrastructures numériques sont massivement monopolistique soit par des Etats ou des entreprises, la question devient stratégique. Les entreprises choisissent d’abord la fiabilité. Mais de plus en plus, la souveraineté questionne l’Europe. Et face à la course mondiale à l’IA, aux robots humanoïdes et aux modèles toujours plus puissants, Thomas nous pointe : La question fondamentale, c’est : qu’est-ce que ça va apporter à l’humain ? Et de conclure :  Ralentir, reprendre la main, reconnecter technologie et collectif. Un épisode pour se questionner sur à qui confions-nous nos données et notre futur numérique. Comprendre que ce qu’il y a derrière nos emails, nos podcasts, nos clouds est politique, et que nous avons le choix d’un numérique humain et durable.

    29 min
  8. 13 FEB

    Culture Pixelle #40 - Quand le code fait société avec Douglas Stanley

    « On ne peut pas designer des systèmes numériques sans designer en même temps des rapports de pouvoir. » Dans ce nouvel épisode de Culture Pixelle, nous recevons Douglas Edric Stanley, artiste, designer et théoricien, pour une discussion autour du design algorithmique, du jeu et des enjeux politiques du numérique. Pour Douglas, la création n’est pas un commentaire extérieur sur la technologie : c’est un moyen d’y entrer pleinement, de l’éprouver et d’en révéler les impensés. « Une des manières les plus intéressantes de poser des questions sur la technologie, c’est l’enchantement de la création. » Face aux discours de neutralité technique, il rappelle une évidence souvent occultée : toute interface, tout algorithme, tout système numérique organise des rapports de force — qu’on le veuille ou non. « On ne peut pas designer des systèmes numériques sans designer en même temps des rapports de pouvoir. » Dans ce contexte, le jeu devient un outil central. Non comme divertissement, mais comme espace d’expérimentation collective, capable de rendre sensibles des mécanismes politiques complexes. « Le jeu est fondamentalement pédagogique : quand on joue, on expérimente, on comprend, on se met dans la peau d’un autre. » Un épisode précieux pour penser le numérique autrement : comme un terrain de création, de conflit, mais aussi de réappropriation démocratique.

    31 min

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Culture Pixelle – Le podcast qui interroge l’impact du numérique dans la culture une aventure portée par Marie Picard et emmanuel vergès. Chaque semaine, 30 minutes de conversation avec un·e invité·e de choix pour explorer ensemble l’impact du numérique dans nos pratiques culturelles, médiatique et créatives. Ici, le numérique n’est pas seulement une affaire de technologies, ce n’est pas que capitaliste, polluant, addictif… mais c’est aussi coopératif, créatif et démocratique. Culture Pixelle est un espace d’échanges pour partager des expériences, faire de la veille, réfléchir de manière critique et politique et prendre une longueur d’avance. Le pari : vous faire faire un pas de côté pour mieux comprendre la puissance et les limites de ces outils, et imaginer ensemble de nouveaux usages. 📻 En direct : chaque jeudi du mois à 17h30 sur Radio Grenouille 88.8 et en web radio 🔁 En rediffusion : le mercredi à 13h 🎧 En podcast : à écouter et binger sur toutes les plateformes et sur Instagram