LangFM

Alexander Drechsel

A podcast about language and what people do with it: Conversations and stories with interpreters, translators, copywriters, and other fun professions and passions.

  1. Sign of the times III - France

    08/23/2018

    Sign of the times III - France

    Introduction: [00:00:15] Bonjour. Vous écoutez LangFM, le podcast sur les langues et les gens; ce que les gens font avec les langues et ce que les langues font avec les gens. Cette épisode est la troisième, et la dernière, dans une petite série à propos des langues des signes. J'ai commencé en Ecosse avec le professeur Jemina Napier et Graham Turner et l'histoire de la British Sign Language Scotland Act. Après, j'ai rencontré Laura Schwengber en Allemagne, où elle invite les sourds de vivre à la musique que, normalement, ils ne peuvent pas entendre. Et bien voilà, maintenant, on conclut la série en France avec Stéphane Barrère qui nous parle de son parcours personnel et de la vie d'hier et d'aujourd'hui des sourds en France. Bonne écoute. Stéphan: [00:01:00] Pendant dix années j'ai travaillé comme responsable de com soit en agence de pub soit au sein de grands groupes industriels qui bossait dans l'énergie où je m'occupais de la communication à l'international. Donc, ça n'a rien à voir. Puis au bout d'une dizaine d'années pour des raisons à la fois professionnelles et personnelles, je me suis arrêté. J'ai pu faire une pause dans ma vie professionnelle de deux ans. Donc je suis allé au Pôle emploi, qui est l'organisme en France qui gère les chômeurs et j'ai pris les catalogues de formation et j'ai trouvé ce métier d'interprète en langue des signes. Et je me suis dit : Ah, tiens, pourquoi pas ? Comme j'étais très naïf là-dessus je pensais qu'en trois mois le problème était réglé. C'est pas du tout le cas. [00:02:02] Comme j'ai un blog ou je traite de la langue des signes et de l'interprétation, je suis très souvent contacté par des personnes qui veulent devenir interprète en langue des signes qui me demandent comment faire. J'encourage les gens à le faire, je trouve c'est un métier merveilleux, mais ça se fait pas en un claquement de doigts. Parce qu'il faut savoir en France c'est que pour apprendre la langue des signes, t'as pas de cours publics. T'a pas la fac, t'as pas l'école, donc t'es obligé d'aller dans des associations. Une semaine d'apprentissage de la langue des signes, c'est entre 250 et 300 euros. Pour pouvoir espérer rentrer en première année d'interprétation en langue des signes d'interprétation, il faut au minimum 14 semaines de cours, je pense. Cela veut dire plus de 2500, 3000 euros de frais avant même de commencer à faire ta formation d'interprète elle-même, simplement pour apprendre la langue des signes. Donc moi, j'ai appris pendant un an et demi la langue des signes. Une semaine par mois de cours intensifs et puis parallèlement à ça il faut rencontrer des sourds. Et là c'est aussi une autre difficulté. Il n'existe pas de pays sourd. On ne peut pas faire des voyages linguistiques, on ne peut pas faire d'immersion pendant 6 mois, un an dans un pays, aller passer à New York. Donc il faut qu'on fasse la démarche. Il faut la pratiquer cette langue, il faut la pratiquer avec des locuteurs naturels qui sont des sourds. Soi même, il faut qu'on se bouge le cul et vraiment aller au contact de ces personnes sourdes. On ne va pas t'appeler pour te dire vient c'est à toi d'y aller. [00:03:56] Donc moi, ça a duré pendant un an et demi, par exemple, moi j'ai travaillé au sein d'une association qui s'appelait Tiers-Monde Sourd. En fait c'était pour aider des enfants sourds en Afrique. Et puis au bout d'un an et demi, je suis rentrée en première année l'interprétation en langue des signes. Au bout de cette première année l'interprétation en langue des signes j'ai fait une pause d'un an où j'ai recommencé à bouffer littéralement de la langue des signes m'en imprégner. Et là j'ai donné des cours en langue des signes auprès du public sourd pour ce qui était le monde du travail. Donc moi, tu vois, ça m'a pris à peu près six ans pour devenir interprète en langue des signes. [00:04:28] C'est amusant d'ailleurs parce que je me rappelle que de temps en temps il y a des enfants sourds ou même des jeunes adultes qui me demandent à moi : Ils me voient signer et ils me disent, ah, t'es sourd. Et je dis, ah, ben non, je ne suis pas sourd, je suis interprète, donc je ne peux pas être sourd si je suis interprète. Et en fait parce que pour, comme je le disais, la surdité, c'est pas ne pas entendre, la surdité c'est de signer. La surdité n'est pas conçue comme une déficience, c'est à dire un manque, la surdité, c'est pratiquer une langue des signes, s'inscrire dans une communauté, dans une culture sourde. [00:05:12] Pour reprendre les terminologies : On va parler pour des personnes sourdes, ce sont des personnes qui n'entendent pas. Alors, il y a des personnes qui sont nées sourdes, il y a des personnes qui sont devenues sourdes, il y a des personnes qui sont malentendantes en fonction du degré de surdité etc. Certaines vont utiliser la langue des signes et d'autres vont passer directement dans l'oral. C'est pour cela que par exemple la terminologie qu'on utilisait beaucoup au dix-neuvième siècle où on parlait de sourds-muets, elle a perduré, mais elle est assez mal acceptée aujourd'hui au sein de la communauté sourde, parce qu'elle renvoie d'abord à un passé. Et surtout, elle n'est pas vrai. Personnellement, je n'ai jamais rencontré un sourd-muet. Nous, justement en tant qu'interprète, quand quelqu'un nous demande, ah, vous, Monsieur comme il est sourd-muet... Nous, on va traduire, évidemment, Monsieur comme vous êtes sourd-muet... Et systématiquement, je le sais déjà au moment où je le traduis que je peux m'attendre à traduire une réaction assez violente de la part de la personne sourde qui va dire : "Mais non, je ne suis pas muet. Simplement, je suis sourd.". [00:06:25] Tous les sourds ont le système phonatoire qui fonctionne parfaitement. Donc, ils pourraient s'exprimer à l'oral, et d'ailleurs, certains sourds sont élevés dans l'éducation oraliste et parlent, et ne connaissent pas la langue des signes. La seule chose, c'est que ces personnes sourdes n'entendent pas leur voix, ne peuvent pas la contrôler. Et donc, pour beaucoup, ils savent que ça fait une voix bizarre, qu'on va se moquer d'eux. Donc, c'est pour ça qu'ils ne préfèrent pas l'utiliser. A côté de ça, il y a les entendants, ce sont des personnes comme toi, comme moi, qui entendons plus ou moins bien. En France, il y'a à peu près dix pour cent de la population qui a un problème avec l'audition. Mais dans ces 10%, évidemment, il y a toutes les personnes âgées qui sont devenues sourdes. Il y a aussi d'autres personnes qui peuvent être amenés à utiliser la langue des signes. Ce sont effectivement des personnes qui, par exemple, n'ont pas l'utilisation du langage. C'est par exemple les aphasiques, des personnes qui ont eu des traumatismes, des accidents de la route. On parle aussi pour des enfants qui sont par exemple autistes. On essaie de passer à la langue des signes pour essayer d'établir une communication avec eux. [00:07:35] Les langues des signes sont visuelles, c'est à dire que votre corps va avec le temps : ce qui se passe derrière toi, c'est le passé. Ce qui se passe à ton niveau, c'est le présent. Et ce qui va se passer devant toi, c'est le futur, par exemple. Et ça, dans toutes les langues des signes, c'est universel. On va également faire des emplacements, c'est à dire mettre des éléments à gauche, mettre des éléments à droite. Tout ça, on les retrouve dans toutes les langues des signes. La grande différence, ça va etre la configuration des signes, un peu comme le vocabulaire, en quelque sorte. C'est comme si toutes les langues vocales avaient la même grammaire et simplement le vocabulaire changeait. Comme on est comme dans une sorte de radio, je peux pas te faire des démonstrations de signes, mais par exemple, pour dire bonjour en langue des signes française, c'est la main à plat qui s'éloigne de la bouche. Pour dire bonjour en langue des signes chinoise, ce sont les deux index qui vont se faire face à face et qui vont se baisser. En fait, ça reprend un peu la position de la personne qui se baisse pour saluer. Et donc ça va très vite coller entre une personne sourde, par exemple, qui pratiquerait la langue des signes espagnole et une personne sourde qui parle la langue des signes japonaise, par exemple. En une journée, ils arriveraient à communiquer. [00:08:59] En France, il y'a la FNSF, la Fédération Nationale des Sourds de France, qui demande une reconnaissance mondiale des besoins des sourds et cette reconnaissance mondiale n'ait pu avoir lieu que parce que aujourd'hui, il y a une organisation mondiale des communautés sourdes qui leur permettent de porter leur paroles envers les institutions internationales. Moi, les collègues à l'international que je connais, en fait, je connais par l'EFSLI, donc l'Association Européenne des Interprètes en Langue des Signes, qui se réunit une fois par an. Au cours de ces réunions, de ce regroupement il y'a à peu près 150, 200 interprètes en langue des signes européens qui se réunissent donc cela permet d'échanger, de voir un peu comment ça se passe à gauche à droite. Mais voilà comme ça c'est assez léger, c'est très sympa à chaque fois et je passe un bon moment. Et c'est toujours bien de pouvoir quand même faire partie d'une communauté. On a quand même toujours les mêmes problématiques, que ce soit la reconnaissance du métier lui-même, sa protection, et puis la communauté sourde. [00:10:05] Pour faire un peu d'histoire parce qu'il faut savoir qu'en France et dans plusieurs pays européens à partir de 1880 (ce qu'on a appelé le Congrès de Milan) la langue des signes a été interdite. C'est là qu'on a décidé que, fin, 250 chercheurs se sont réunis à Milan et ont dit non. Il ne faut plus que les sourds pratiquent la langue des signes. Il faut qu'on les amène à la parol

    31 min
  2. Sign of the times II - Deutschland

    04/26/2018

    Sign of the times II - Deutschland

    [Musik: "Love, love, peace, peace"] Hallo, hier ist LangFM, der Podcast über Sprache und was man so alles damit anstellen kann. Ihr hört Folge 2 einer dreiteiligen Miniserie über das Gebärdensprachdolmetschen. Nachdem wir uns in der ersten Folge vor allem in Schottland umgeschaut haben, geht es diesmal nach Deutschland. [Musik: "Love, love, peace, peace"] Ich weiß nicht, wie’s euch geht, aber ich bin eigentlich kein großer Fan des Eurovision Song Contest. An den ESC 2016 in Stockholm aber kann ich mich noch ganz gut erinnern. Er war in vielerlei Hinsicht denkwürdig: Mit „Heroes“ hatte Vorjahressieger Måns Zelmerlöw die Großveranstaltung in seine schwedische Heimat geholt, die er zusammen mit Petra Mede auch selbst moderierte. Der Siegertitel der ukrainischen Sängerin Jamala war schon im Vorfeld politisch heftig umstritten. Und das Schlusslicht der Beiträge bildete einmal mehr: Deutschland. Ganz vorn dabei allerdings war Deutschland in Sachen Sprache und Inklusion. [Musik: "Love, love, peace, peace"] „Na ja den Eurovision Song Contest hatte ich zusammen mit zwei ganz großartigen Kollegen aus Hamburg gemacht. Die ganze Sendung ist so viereinhalb, fast fünf Stunde; es war der Wahnsinn. Es gab weltweit keinen einzigen zweiten Anbieter, der neben diesem Angebot aus Stockholm, die das in International Sign gemacht haben… Der NDR war der einzige Sender weltweit, der das nochmal mit einer nationalen Gebärdensprache, also einer tatsächlichen Sprache, nochmal angeboten hat. Das hat weltweit kein anderer Sender gemacht oder sich getraut.“ [Musik: Scott Holmes - "Positive and Fun"] Darf ich vorstellen? Die deutsche Gebärdensprachdolmetscherin Laura Schwengber. In Sachen Gebärdensprache und Musik in Deutschland ist Laura eine echte Koryphäe. Aber fangen wir mal am Anfang an. Laura ist Ossi, so wie ich. Sie kommt aus dem Spreewald. Aus Lübben, um ganz genau zu sein. „Ich bin Spreewälderin, ganz ursprünglich auch, ein Teil meines Herzens hängt da auch immer noch. Also ich hab da immer noch gute Freunde, Oma wohnt da noch. Der Spreewald ist immer so ein bisschen dabei und als echte Spreewälderin hat man halt auch immer so Sachen wie anständiges Mückenspray dabei. Ich komme aus Lübben und wir sind sehr stolz darauf, dass Lübben die Kreisstadt ist. Und wir haben ein paar ganz nette Sachen für Touris und da kann man auf jeden Fall mal hinfahren. Also viele von denen die irgendwie da noch wohnen, die fahren tatsächlich ganz selten in Urlaub sondern irgendwie ins nächste Dorf nebenan und nehmen sich da ein Zimmer, weil es einfach so schön ist da. Wenn das Wetter passt ist das echt großartig. Schönes Fleckchen Erde.“ Schon im Kindergarten ging Laura zur musikalischen Früherziehung, allerdings nicht unbedingt so gern: „weil die immer so gelegen war, dass ich aufstehen musste vom Mittagsschlaf, ganz unangenehm! Das geht gar nicht, liebe Musikschullehrer, macht das nicht!“ Aber Laura hat sich nicht abschrecken lassen und blieb dran. Sie spielte Instrumente, „Dann wollte ich unbedingt Saxofon spielen, aber das Saxofon war leider größer als ich, deswegen musste ich Blockflöte spielen.“ turnte, begann zu tanzen und wollte dann auch noch Gesangsunterricht nehmen. Aber da kam von ihren Eltern der Einspruch: „Kind, ich glaube es reicht, ich glaube, du singst mal unter der Dusche weiter. Und ich wollte das so unbedingt machen, dass ich gesagt, gar kein Problem: Dann suche ich mir halt einen Job. Und hatte dann noch'n Termin in der Woche mehr, aber dann konnte ich halt den Gesangsunterricht selber bezahlen.“ Bei so einer musisch geprägten Kindheit würde man einen klar vorgezeichneten Berufsweg erwarten. Zumindest ging es Laura so: „Es war so vorgezeichnet. Es war nach der Grundschule ganz klar: Ich gehe ans Gymnasium. Und es war nach dem Gymnasium total klar, ich mache Abitur. Es war auch völlig klar, dass Laura studieren geht. War aber andersherum auch klar, dass wenn ich in keinem meiner Instrumente so gut bin, dass ich's studieren kann, fällt es aus als Beruf. Geht nich. Ne Beamtentochter. Geht nicht. Also musste ich mir dann was anderes einfallen lassen quasi. Und bin dann echt lang gestrauchelt. Das war schon bestimmt 'n Jahr, so letztes Jahr Abiturphase, wo ich echt nicht wusste, wohin mit mir danach.“ Wie schön, wenn man bei so einer Durststrecke einen richtig guten Freund wie Edi hat! „Also nachdem ich dann so gar nicht wusste, was ich machen soll, habe ich sehr lange und oft mit meinem bis heute noch besten Freund gesprochen. Und Edi ist jetzt seit 15 Jahren ungefähr taub und blind, ist aber sehend und hörend geboren. Es war ein ganz gesundes Kind und ist ganz normal aufgewachsen und hat durch eine Erbkrankheit seinen Sehsinn und seinen Hörsinn verloren. Und gerade in der Zeit, in der das akut wurde, haben wir uns kennengelernt. Und weil das relativ schnell so war, dass es genervt hat, als wir gespielt haben, wir waren beide irgendwie acht und zwölf, also echt Kinder, haben wir einfach angefangen, uns so Sprachen auszudenken, irgendwelche Zeichen, Symbole für Buchstaben. Also ich habe ihm einmal auf dem Kopf auf den Kopf geklopft: das war der i-Punkt fürs I. Einmal Finger auf'n Mund war das M. Nase war das N. Und so Sachen, die man sich einfach leicht merken kann, und die irgendwie easy auszuführen sind. Und er war dann derjenige, der gesagt hat: Merkste eigentlich was?“ „Lern’ doch mal 'ne richtige Sprache“, schlug Edi vor. Genau das hat Laura dann auch gemacht. „Ich habe quasi ein Au-Pair-Jahr in Gehörlosistan gemacht.“ Richtig. In Berlin war Laura auf der Suche nach Kursen für Gebärdensprache fündig geworden. Aber die über 80 km von Lübben in die Hauptstadt will man ja nicht unbedingt zwei Mal täglich zurücklegen. Eine Wohnung musste her! „Da war ich dann zum Glück wirklich zur richtigen Zeit am richtigen Ort und habe eine Familie gefunden, die taube Eltern hat und hörende Kinder. Immer morgens hat mich die Mutter geweckt, und hat mir halt in Gebärdensprache erzählt, wann, wo, wie ich die Kinder abholen soll, wer welche Sachen machen muss und wer wohin gebracht werden muss. Und am Anfang war das immer so, oh Gott, oh Gott, kannst du das aufschreiben? Die war knallhart. 'Du bist hier zum Sprachenlernen, ich sage es noch mal. Ich erzähl dir das so lange, bis du's verstanden hast.' Und das hat am Anfang echt lange gedauert. Aber die war cool. Die waren echt auf Zack. Ja, so hab ich echt unheimlich schnell gelernt. Das war echt großartig.“ [Musik: Ryan Andersen - Sweet Life] Ein echter Sprung ins kalte Wasser. Mitten in Gehörlosistan. Dabei ist es für viele Hörende, die anfangen, deutsche Gebärdensprache zu lernen, gar nicht so einfach, Anschluss an die Community zu finden. Ist ja eigentlich auch klar: Als Hörende sind wir nämlich „gebärdensprachbehindert“. Das fängt schon dabei an, dass viele, mich eingeschlossen, gar nicht so gut Bescheid wissen über, nein, nicht Zeichensprache, sondern: Gebärdensprache. Daher an dieser Stelle ein kleiner Exkurs. Stichwort: Deutsche Gebärdensprache, kurz: DGS. Die Deutsche Gebärdensprache wird in Deutschland und Luxemburg von rund 80.000 Gehörlosen und etwa 120.000 Hörenden bzw. Schwerhörigen gesprochen. Die DGS gehört u.a. mit ihrem polnischen Pendant zur Familie der deutschen Gebärdensprachen und unterscheidet sich damit deutlich von der Deutschschweizer und der Österreichischen Gebärdensprache. Die gehören ihrerseits interessanterweise zur französischen Gebärdensprachfamilie. Eines hat die DGS aber mit so gut wie allen anderen Gebärdensprachen gemeinsam: die langjährige Unterdrückung. Über Oralismus habe ich ja in Folge 1 dieser LangFM-Miniserie schon einiges erzählt, bspw. über die Mailänder Konferenz. Gerade in den Schulen wurde das Gebärden zum Teil strengstens unterdrückt. Die Eltern wurden dazu gedrängt, mit ihren gehörlosen oder schwerhörigen Kindern nur in Lautsprache zu kommunizieren. In den letzten Jahrzehnten, und gerade seit dem Behindertengleichstellungsgesetz 2002, hat sich aber in Deutschland schon einiges getan. Zumindest offiziell ist die DGS als eigenständige Sprache anerkannt. Menschen mit Hör- bzw. Sprachbehinderungen haben das Recht, DGS, Gebärden oder sogenannte „andere geeignete Kommunikationshilfen“ zu verwenden. Das passiert dann bspw. bei Arztbesuchen. „Da hat 'ne gehörlose Frau 'nen ganz schönen Begriff dazu geprägt. Die hat gesagt, naja, eigentlich würfeln wir Gehörlose den ganzen Tag. Wir verlassen uns immer darauf, dass der Dolmetscher, dem wir heute unser Leben darlegen, weil er mit zum Arzt kommt, weil der meine Kinder kennt, weil der im Zweifel auch mal bei mir im Wohnzimmer sitzt, dass der morgen noch da ist. Keine Ahnung, weiß ich nicht, vielleicht hat der morgen Bock, was anderes zu machen. Und das ist dieses Würfeln, fand ich ein ganz schönes Bild dafür, dass das Vertrauen, das wir da genießen, unheimlich hoch ist, und dass man das sehr, sehr wertschätzen muss, damit sehr, sehr achtsam umgehen muss, das finde ich ganz wichtig.“ Aber Moment mal: Wie ist Laura jetzt vom Gebärdensprachlernen zum Dolmetschen gekommen? „Ich hab schon in den Kursen gedacht, ich habe total Bock irgendwas mit der Sprache zu arbeiten. Ich hatte großartige Lehrer, die waren irgendwie einfach gut drauf. Ich habe dann irgendwann angefangen, in der Gebärdensprachschule zu arbeiten, weil die Assistenten gesucht haben, die so ans Telefon gehen und mal irgendwie 'ne Email Korrektur lesen, Arbeitsassistent nennt man das. Weil Deutsch für viele Gehörlose eine Fremdsprache ist. Ich dachte irgendwann: Ich will in dieser Sprache arbeiten, aber nur Arbeitsassistenz war so ein Punkt, nee, hier möchte ich eigentlich nicht stehen bleiben. Ich war ja auch erst 21. Ich hatte ja an Ausbildung oder so noch nichts gemacht. Mir war klar, da kommt noch irgendwas.“

    27 min

Ratings & Reviews

About

A podcast about language and what people do with it: Conversations and stories with interpreters, translators, copywriters, and other fun professions and passions.