Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle - Patrick Boucheron

Patrick Boucheron est né en 1965, à Paris. Après des études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris), il entre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985 et obtient l'agrégation d'histoire en 1988. C'est sous la direction de Pierre Toubert qu'il soutient en 1994 à l'université de Paris 1 sa thèse de doctorat d'histoire médiévale, publiée quatre ans plus tard sous le titre Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998 (Collection de l'EFR, 239). Maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l'Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l'université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l'aura et est élu professeur d'histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l'École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

  1. FEB 17

    07 - Lieux de pouvoir : Gouverner d'ailleurs

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 07 - Lieux de pouvoir : Gouverner d'ailleurs Résumé Depuis Plutarque, la littérature politique enseigne aux princes l'attitude à adopter entre l'offrande et le retrait, l'exposition publique et l'ombre du secret. Les lieux de pouvoir, dans leur architecture même, mettent à l'épreuve ces dilemmes. C'est le cas du palais d'Urbino, dont on analyse la distribution des espaces, depuis l'atrium jusqu'au studiolo. Mais tout cela suppose que les dirigeants acceptent de jouer le jeu. Que se passe-t-il lorsque ce n'est pas le cas, et qu'ils préfèrent se dérober au métier de régner ? Le cas de Louis XI permet de saisir cette tentation de l'échappée belle : elle ne consiste pas seulement à se ménager des retraits ou des résidences écartées, mais à envisager la possibilité de gouverner d'ailleurs, depuis un lieu imaginaire. Ce refuge peut être de beauté ou de folie, comme on le suggère en analysant le passage, dans le Trattato di architettura d'Antonio Averlino dit le Filarete, de la volonté d'édifier une ville idéale à la tentation de l'hétérotopie, qui inquiète davantage qu'elle ne console. Sommaire Entre l'ombre des arcana imperii et la lumière trop crue de la surexposition : la visibilité en clair-obscur de Périclès (Vincent Azoulay, Périclès. La démocratie athénienne à l'épreuve du grand homme, Paris, Armand Colin, 2010) Les Vies parallèles de Plutarque, ou la dialectique de l'offrande et du retrait Trajan, Plutarque et la veuve éplorée : portrait de l'empereur en miséricordieux (Priscille Aladjidi, « L'empereur Trajan : un modèle imaginaire de la charité royale dans les miroirs des princes de la fin du Moyen Âge » dans Anne-Hélène Allirot, Gilles Lecuppre et Lydwine Scordia dir., Royautés imaginaires (XIIe-XVIe siècles), Turnhout, Brepols, 2005) Les traductions latines de Plutarque à la Renaissance (Olivier Guerrier, Visages singuliers du Plutarque humaniste. Autour d'Amyot et de la réception des Moralia et des Vies à la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 2023) Le panthéon héroïque de Vespasiano da Bisticci Federico da Montefeltro inognito à Urbino L'architecture palatiale, ou l'impossible solitude du prince La falaise et l'atrium : Les deux faces du Palazzo ducale d'Urbino (Patrick Boucheron, De l'éloquence architecture. Milan, Mantoue, Urbino (1450-1520), B2, 2014) Les gradients de l'espace public : quand l'architecture des lieux de pouvoir freine, feinte et filtre « Ce que le studiolo princier a pour fonction de faire affleurer, c'est le mystère même de son intériorité, son aura d'inconnaissable » (Daniel Arasse, « Frédéric dans son cabinet : le studiolo d'Urbino », dans Le sujet dans le tableau. Essais d'iconographie analytique, Paris, Flammarion, 1997) Quand le roi Louis XI ne joue pas le jeu : chef et couvre-chef Les entrées royales négociées, ou évitées (Joël Blanchard, « Le spectacle du rite : les entrées royales », Revue historique, 305, 2003) L'effet-Lanterne, ou les échappées architecturales des princes qui faussent compagnie à la visibilité publique À Pienza, la ville idéale de Pie II Piccolomini Plus loin dans l'échappée belle : l'horizon utopique du désir princier Portrait d'Antonio Averlino, dit le Filaerete, en architecte contrarié Le Trattato di architecttura, ou l'érotisation de l'art de bâtir (Patrick Boucheron, « Fragments d'un dépit amoureux : Filarete, de la ville idéale à l'utopie », D'ailleurs. Revue de l'école régionale des beaux-arts de Besançon, 2010) De la Sforzinda à Gallisforma : la revanche d'un imaginaire débridée L'utopie console, l'hétérotopie inquiète : l'horizon foucaldien des lieux de pouvoir De Charles VI à Louis XI, la folie du roi, dernier refuge (Bernard Guenée, La Folie de Charles VI, roi Bien-Aimé, Paris, Perrin, 2004) La prison comme lieu de pouvoir ? Quand l'absence du roi renforce la présence de l'État.

    1h 4m
  2. FEB 10

    06 - Lieux de pouvoir : Comment prendre les bastilles ?

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 06 - Lieux de pouvoir : Comment prendre les bastilles ? Résumé Si l'on veut redonner chair à l'histoire des lieux de pouvoirs, et ne pas se contenter d'en cartographier de manière abstraite les relations symboliques, on doit s'attacher à décrire, en situation, les comportements qu'ils architecturent. Ceux des princes d'abord : Cola di Rienzo, à Rome, comme Filippo Maria Visconti, à Milan, adoptent des attitudes, des gestes et des manières d'habiter les lieux qui rendent crédible l'imputation de tyrannie. Ainsi peut-on envisager la façade d'un palais comme le visage autoritaire, ou menaçant, d'un ennemi politique. Cela engage une dynamique de qualification, de déqualification et de requalification des espaces – et c'est en suivant le devenir incertain du terme forum de l'Italie de la Renaissance à la régénération napoléonienne de ses structures de prestige que l'on saisit mieux la manière dont se construit, par la nomination des lieux, la construction sociale de leur efficace architecturale. C'est ainsi que certaines forteresses peuvent être, dès le XVe siècle, prises comme des bastilles. Dans ce cas, comme dans celui de la Bastille à Paris le 14 juillet 1789, c'est leur démantèlement qui les édifie comme lieu de mémoire. Sommaire Pour donner chair à l'histoire Contre la nécrose monumentale, « des espèces de niche » (Francis Ponge, « Notes pour un coquillage », dans Le Parti-pris des choses, 1942) Le secretum, ou l'art de secréter son lieu de pouvoir L'arco della pace et l'ordre napoléonien d'une Milan décongestionnée par la destruction des « bastions de l'ancienne tyrannie » Le foro Bonaparte de Giovanni Antonio Antolini, espace cérémoniel et utopie jacobine (Romain Buclon, « Du Foro Bonaparte de Milan au Quartier du roi de Rome de Paris. Continuités et divergences d'une utopie républicaine à une vision impériale », Mélanges de l'École française de Rome – Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, 125-2, 2013) « Un corps entier et parfait, que l'on ne pouvait pas laisser sans vie » (Giovanni Antonio Antolini, Descrizione del Foro Bonaparte, Milan, 1806) En 1493, du forum impossible de Milan à celui de Vigevano (Patrick Boucheron, « Hof, Stadt und öffentlicher Raum. Krieg der Zeichen und Streit um die Orte im Mailand des 15. Jahrhunderts », dans Werner Paravicini et Jörg Wettlaufer dir., Der Hof und die Stadt. Konfrontation, Koexistenz und Integration im Verhältnis von Hof und Stadt in Spätmittelalter und Früher Neuzeit, Halle an der Saale, 2004) Castello, Corte, platea : la ténacité topographique des noms de lieux de pouvoir Reconstituer l'emprise du quartiero visconteo : le paradoxe archéologique (Edoardo Rossetti, « In "contrata de Vicecomitibus". Il problema dei palazzi viscontei nel Trecento tra esercizio del potere e occupazione dello spazio urbano », dans Pier Nicola Pagliaea et Serena Romano, Modernamente antichi. Modelli, identità, tradizione nella Lombardia del Tre et Quattrocento, Rome, Viella, 2014) Les complexes palatiaux des hôtels princiers à Paris (Hélène Noizet, Boris Bove, Laurent Costa (dir.), Paris de parcelles en pixels, Presses universitaires de Vincennes – comité d'histoire de la Ville de Paris, Saint-Denis, Paris, 2013) La décennie 1420 à Milan, ou l'équilibre brisé Filippo Maria Visconti, prince redouté Pier Candido Decembrio et l'écriture de la tyrannie (Gary Ianziti, « The Life of the Last Visconti: A Study in Tyranny? », Renaissance Quaterly, 75-3, 2022) À Ségovie aussi, un roi architecturé par la peur (François Foronda, « Le prince, le palais et la ville : Ségovie ou le visage du tyran dans la Castille du XVe siècle », Revue historique, 627-3, 2003) Cola di Rienzo et les pathologies du pouvoir dans la chronique de l'Anonyme romain La chair est triste : envisager le tyran en regardant la façade de son palais En 1447 à Milan : le démantèlement ritualisé du Castello di Porta Giovia comme destruction d'utilité publique (Patrick Boucheron, Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, 1998, rééd. Points, 2023) D'autres bastilles, à Ancône notamment (Philippe Jansen, « Bastilles médiévales : les communes à l'assaut des forteresses princières », dans Patrick Boucheron et Jacques Chiffoleau (dir.), Religion et société urbaine au Moyen Âge. Études offertes à Jean-Louis Biget par ses anciens élèves, Paris, Publications de la Sorbonne, 2000) Inventer un lieu de mémoire en le détruisant : le citoyen Pierre-François Palloy et la destruction de la Bastille (Héloïse Bocher, Démolir la Bastille. L'édification d'un lieu de mémoire, Paris, Vendémiaire, 2012) Hubert Robert, 15 juillet 1789 : le jour d'après La destruction de la Bastille dans Un peuple et son roi (Pierre Schoeller, 2018) : quand s'ouvrent les perspectives « Tout était creux, puissance et statue » (Louis-Sébastien Mercier, Tableaux de Paris, cité par Bertrand Tillier, « La mort des statues. Imaginaires archaïques et usages politiques de l'iconoclasme », dans Emmanuel Fureix (dir.), Iconoclasme et révolutions, XVIIIe-XXIe siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2014).

    1h 3m
  3. FEB 3

    05 - Lieux de pouvoir : De l'art d'investir les lieux du passé

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 05 - Lieux de pouvoir : De l'art d'investir les lieux du passé Résumé Soient deux représentations graphiques de la ville de Milan et de ses lieux de pouvoir. La première, que l'on connaît sous la désignation fautive de « carte de Galvano Fiamma », a probablement été dessinée par Pietro Ghioldi dans la dernière décennie du XIVe siècle ; la seconde, due à Pietro del Massajo, donne à voir la place de la capitale lombarde dans La Géographie de Ptolémée dans les années 1470. Elle lisse les temporalités de la ville lorsque le schéma qui accompagne le récit de Fiamma en donne au contraire à voir les rémanences, les re-sémantisations et les réaffectations. C'est dans l'écart entre l'une et l'autre de ses représentations des passés de la ville que l'analyse prend place, afin de définir les règles formelles d'une configuration monumentale des lieux de pouvoir, jouant de trois variables : le temps, l'espace et l'usage social. Comment relancer un avenir politique en investissant les lieux de pouvoir des régimes anciens ? Dans le cas de l'Italie de la fin du Moyen Âge qui concentre ici l'attention, la question recoupe celle de l'insignorimento des lieux du pouvoir communal et de la mémoire civique, qui peuvent se dépolitisent à mesure qu'ils s'architecturent en s'embellissant. Sommaire Un dessin d'architecture sous l'œil d'un jeune homme : retour sur une feuille détachée de Léonard de Vinci Entre norma et speculum, la maquette d'architecture et la scène de dédicace L'affaire du Tiburio du Dôme de Milan en 1490 : la politisation des concours d'architecture Giorgio Vasari et le double événement architectural de la décision et de la mise en œuvre À quoi pense le jeune homme dessiné par Léonard dans (Windsor 12552) ? La pensosità d'Italo Calvino et la névrose monumentale d'Henry James La « phrase urbaine » (Jean-Christophe Bailly, 2013), ou l'art de réaffecter les traces de ce passé urbain au présent d'une nouvelle sémantique politique En ville, par l'urbanisme mais aussi par l'usage social, la mise en contemporanéité des temporalités disjointes (Bernard Lepetit et Denise Pumain dir., Temporalités urbaines, Paris, Anthropos, 1993) Lorsque le temps fait subir aux œuvres architecturales « des pertes, des récupérations, des substitutions de divers genres » (Umberto Eco, L'Œuvre ouverte, Paris, Seuil, 1962) Et pourtant, l'insistance topographique des lieux À Milan, l'insignorimento des lieux de pouvoir au temps d'Azzone Visconti (Louis Green, « Galvano Fiamma, Azzone Visconti and the revival of the classical theory of magnificence », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, 53, 1990) Galvano Fiamma, chroniqueur et théoricien du pouvoir (Paolo Tomea, « Per Galvano Fiamma », Italia medioevale e umanistica, 39, 1996) Au détour d'une chronique universelle, Marckalada, l'autre nom de l'Amérique (Paolo Chiesa, Marckalada: Quando l'America aveva un altro nome, Rome-Bari, Laterza, 2023) Ceci n'est pas un plan de Milan (Patrick Boucheron, « La carta di Milano di Galvano Fiamma/Pietro Ghioldi (fine XIV secolo) », dans Marco Folin dir., Rappresentare la città. Topografie urbane nell'Italia di antico regime, Reggio Emilia, Diabasis, 2010) De Bonvesin della Riva à Galvano Fiamma, un éloge civique par la mesure Traces, ruines, mémoire : les deux enceintes milanaises Inventer un avenir politique dans les ruines de Rome (Patrick Boucheron, « Dis-assembling the Civic Square », dans Ann Davidian et Laurent Jeanpierre dir., What Makes an Assembly? Stories, Experiences, Inquiries, Londres, Sternberg Press & Evens Foundation, 2022) Le theatrum civitatis, lieu d'instauration du pouvoir consulaire au XIIe siècle d'après Landulf le Jeune (Chris Wickham, Somnambules d'un nouveau monde. L'émergence des communes italiennes au XIIe siècle, Bruxelles, Zones sensibles, 2021) Broletto et Palatium : qualifications, requalifications Dans la cité pré-communale, l'évêque en son palais (Maureen Miller, The Bishop's Palace. Architecture & Authority in Medieval Italy, New York, Cornell UP, 2000) Quand l'espace civique se dépolitise en s'embellissant (Patrick Boucheron, « Politisation et dépolitisation d'un lieu commun. Remarques sur la notion de "bien commun" dans les villes d'Italie centro-septentrionale entre commune et seigneurie », dans Élodie Lecuppre-Desjardin et Anne-Laure Van Bruane dir., "De Bono Communi". Discours et pratique du Bien Commun dans les villes d'Europe occidentale (XIIIe-XVIe s.), Turnhout, Brepols, 2010) De la cité au territoire, un changement d'échelle dans l'ambition édilitaire Milan, 1470 : avec le plan de Pietro del Massaio, une nouvelle partie se joue (Patrick Boucheron, « Le passé, mais pas exactement. Mémoire urbaine et miroir princier à Milan au XVe siècle », dans Philippe Morel dir., Le Miroir et l'espace du prince dans l'art italien de la Renaissance, Rennes-Tours, PUR/PUFR, 2012).

    1h 6m
  4. JAN 27

    04 - Lieux de pouvoir : La distance : quand le pouvoir creuse l'écart

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 04 - Lieux de pouvoir : La distance : quand le pouvoir creuse l'écart Résumé Si l'architecture humaniste se définit moins, comme on a tenté de le montrer, par son rapport à l'antique que par son rapport à la rhétorique, alors on doit tâcher de définir l'éloquence architecturale des lieux de pouvoir. Celle-ci engage une anthropologie de l'habiter dans laquelle des dispositions et des incorporations répondent, ou non, à un geste architectural. On s'intéresse ici à un geste fondamental, sans doute le plus commun dans tout rapport de pouvoir : celui de prendre ses distances et de trouver la juste mesure de la séparation des corps. Creuser l'écart, c'est faire jouer une grammaire de la distance et de la défiance, mais qui a peur de qui ? À la table du pouvoir, lors des banquets comme des rituels d'intimidation diplomatique, tout est décidément affaire d'espacement et d'intervalle. De Milan à Moscou, en suivant notamment les pas de l'architecte Aristotele Fioravanti da Bologna qui, parmi d'autres architectes italiens, part dans le dernier tiers du Quattrocento bâtir le Kremlin, on cherche à définir la manière dont la distance protège, l'intervalle expose et le vide centralise. Sommaire Premier abri, premier monument Le tumulus « existe en s'entassant » (Tim Ingold, Faire. Anthropologie, archéologie, art et architecture, Paris, Dehors, 2017) Qu'est-ce qu'un événement architectural ? « Habiter, c'est enchaîner positions et gestes, et cela littéralement sans fin » (Benoît Goetz, Théorie des maisons. L'habitation, la surprise, Lagrasse, Verdier, 2011) Le geste architectural : lui répondre, ou pas Ceux « qui ont le don de transformer toute pièce où ils pénètrent » (Walter Benjamin) : défaire l'architecture en l'habitant L'admiration albertienne et la « pratique des attachements » (Pierre Caye, « Ce que peut l'architecture », dans Stéphane Bonzani dir., De l'invention en architecture, Paris, Classiques Garnier, 2024) « Déposer au centre » : Jean-Pierre Vernant et l'isonomie démocratique La « politesse grecque » : « n'être ni trop près ni trop loin, pour éviter de donner ou de recevoir des coups » (Gilles Deleuze, Périclès et Verdi. La philosophie de François Châtelet, Paris, Minuit, 1988) De l'art d'instaurer les justes distances : la proxémie d'Edward Hall Moscou, 7 février 2022 : une table blanche un peu trop longue Intimidation et distanciation sociale Distanciel/Présentiel : note sur une fausse symétrie Léonard de Vinci, la Cène et l'espacement du geste juste « Ne n'y aveit nul de forain » : la table ronde dans le Roman de Brut « Siège périlleux » et point de bascule dans la royauté arthurienne Lisibilité et hiérarchie : la solennité des écarts dans l'entrecolonnement des traités d'architecture Espacements et intervalles musicaux chez Palladio : une esthétique de l'expérience La distance protège, l'intervalle expose et le vide centralise Troisième Rome : un rituel d'approche des dignitaires de type byzantin à Moscou Deuxième Rome : Liutprand à Byzance en 949, ou l'effroi de la « très grande distance » (Marie-Emmanuelle Torres, « Silences et silenciations dans le rituel impérial byzantin (IXe-XIIe siècle) », Silence(s), 2024) Du kremnevka au Kremlin : distance, hauteur, clôture En 1917 : tabula rasa ou soviétisation de la citadelle ? (Fabien Bellat, « La soviétisation des Kremlins russes », Transversale. Histoire : architecture, paysage, urbain, 2019) Ivan III et les architectes italiens : Moscou capitale du XVe siècle Itinéraires d'Aristotele Fioravanti da Bologna Gualtiero Servullo à Ludovic le More le 19 novembre 1496 : Li faza uno castello e la similitudine di questo Milano (Anne-Laure Imbert, « Autour d'Aristotele Fioravanti : quelques ambassades de la Renaissance italienne à Moscou », Slavica occitania, 2002) Grammaire formelle de cette similitude : des « effets massifs de sens » (Gérard Labrot) Rocca contre inurbamento du palais princier : les précautions albertiennes (Patrick Boucheron, De l'éloquence architecturale. Milan, Mantoue, Urbino (1450-1520), Paris, B2, 2014) Généralités humanistes et précisions machiavéliennes : attention aux particolari Azzone Visconti, Galvano Fiamma et la formule de la magnificence Distance et défiance : drame en cinq actes (Patrick Boucheron, Le Pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, 1998, rééd. Points, 2023) Visiter les jardins de Versailles en suivant la voix souveraine ? Une sémantique de la persuasion architecturale contemporaine des lieux de pouvoir.

    1h 7m
  5. JAN 20

    03 - Lieux de pouvoir : « La beauté sauvera-t-elle le monde ? »

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 03 - Lieux de pouvoir : « La beauté sauvera-t-elle le monde ? » Résumé Partant en quête d'une archéologie de la croyance dostoïevskienne en la puissance salvatrice de l'émotion esthétique, on se propose de s'arrêter sur un « texte instaurateur » de la mystique politique de l'embellissement des lieux de pouvoirs au XVe siècle : le De re aedificatoria de Leon Battista Alberti (1452), qui affirme en son livre VI : « La beauté obtiendra, même de la part d'ennemis acharnés, qu'ils modèrent leurs courroux et consentent à la laisser inviolée ». L'architecture aurait donc le pouvoir de rendre les choses inviolables. Pour saisir la portée de cette espérance, il convient de rappeler les pouvoirs de l'ornamentum au Moyen Âge, mais aussi sa redéfinition au Quattrocento, dès lors que les arts visuels se réorientent en visant désormais la rhétorique de la persuasion. C'est dans cette perspective qu'on propose un portrait intellectuel de l'ambition humaniste d'Alberti, lisant en même temps l'autoportrait de l'artiste en acrobate dans la Vita Leonis Baptistae Albertis et ses « Entretiens sur la tranquillité de l'âme », le De aedificatoria et les tribulations de la laideur que met en scène la fable politique du Momus. Il en ressort une conception plus inquiète de la visée politique de l'art d'édifier des humanistes, qui n'a pas attendu Machiavel pour travailler à son propre déniaisement. Sommaire « Est-il vrai, prince, que vous avez dit un jour que la "beauté" sauverait le monde ? » : le prince Mychkine, Dostoïevski et la puissance salvatrice de l'émotion esthétique (Tzvetan Todorov, « "La beauté sauvera le monde" », Études théologiques et religieuses, 2007) Histoire d'un désenchantement : « Ennobli, exalté, oui. Mais qui a été sauvé ? » (Alexandre Soljenitsyne, Le Cri, 1972) Trop laid pour durer ? Retour sur le piège de la dorure La vitesse, l'architecture l'accident trumpiste (Paul Virilio, La fin du monde est un concept sans avenir, œuvres (1957-2010), Paris, Seuil, 2023) L'éloge de la force et la fin de la rhétorique (Louis Marin, Le récit est un piège, Paris, Minuit, 1975) La beauté enveloppante des « atmosphères de survie » (Peter Sloterdijk) « La beauté obtiendra, même de la part d'ennemis acharnés, qu'ils modèrent leurs courroux et consentent à la laisser inviolée » (Leon Battista Alberti, De re aedificatoria, VI, 2) Naissance d'une croyance politique (Patrick Boucheron, « Quelle beauté sauvera le monde ? Sur une fausse naïveté de Leon Battista Alberti », dans Sean L. Field, Marco Guida, Dominique Poirel dir., L'Épaisseur du temps. Mélanges offerts à Jacques Dalarun, Turnhout, Brepols, 2023) Le traité d'Alberti comme texte instaurateur de la pratique architecturale (Françoise Choay, La Règle et le Modèle. Sur la théorie de l'architecture et de l'urbanisme, Paris, Seuil, 1980) Le moment 1440-1520 fragilités politiques et ambitions culturelles (Richard Goldthwaite, Wealth and the Demand fort Art in Italy, 1300-1600, Baltimore, 1995) Alberti, exilé dans une famille d'exilés, et les Intercenales De l'art du placement : « Il prend toujours la couleur se trouvant dans la chose à propos de laquelle il écrit» (Cristoforo Landino) Vita Leonis Baptistae Albertis: (auto)portrait de l'artiste en acrobate « Oser l'ornement » (Jean Nouvel, Mes convictions, Paris, Flammarion, 2025) : l'ornemental et l'ornamentum « Quand me tourmentent et me tiennent éveillé les troubles de mon esprit » : les Profugiorum ab ærumna et la mélancolie d'Alberti L'architecture cosa mentale : les palais de la mémoire (Mary Carruthers, Machina memorialis. Méditation, rhétorique et fabrication des images au Moyen Âge, Paris, Gallimard, 2002) La finestra d'Alberti et les miracles de la peinture Ce que bâtir veut dire : lexique architectural et régimes politiques dans le De re aedifactoria (Patrick Boucheron, « Von Alberti zu Macchiavelli : die architektonischen Formen politischer Persuasion im Italien des Quattrocento »,Trivium, 2, 2008) Contre le « désir déréglé d'édifier » : les maisons qui débordent dans la Vita d'Alberti La grammaire des connotations architecturales et la déontologie de l'architecte Questi Signori di Romagna sono como signori dipinti (Marco Folin, « Sigismondo Pandolfo Malatesta, Pio II e il Tempio Malatestiano : la chiesa di San Francesco come manifesto politico », dans Antonio Paolucci et Salvatore Settis dir., Il Tempio Malatestiano a Rimini, Modène, 2011) « Les pauvres, ils ne se rendaient pas compte qu'ils se préparaient à être la proie de quiconque les attaquerait » : le déniaisement machiavélien Alberti critique d'Alberti : le Momus comme « défondation » du De re aedificatoria (Pierre Caye, « Sub tecta ingressi… Du pouvoir et de la dignité de l'homme chez Léon-Baptiste Alberti : du Momus au De re aedificatoria », dans La Dignité de l'homme, Paris, Classiques Garnier, 1995) « Mais maintenant que faire ? » : après les tribulations de la laideur, retour au décor.

    1h 8m
  6. JAN 13

    02 - Lieux de pouvoir : Des appropriations monarchitecturales

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 02 - Lieux de pouvoir : Des appropriations monarchitecturales Résumé Lever les yeux vers ce qui nous regarde : tel est le pouvoir des lieux de pouvoir. La réflexion théorique sur le locus médiéval permet d'enrichir cette anthropologie de l'autorité, qui incite ceux qui vivent à l'ombre de ce regard souverain à prétendre s'approcher de l'inaccessible. Mais c'est inévitablement le paradigme versaillais de la représentation louis-quatorzienne qui s'impose, aujourd'hui encore, à notre contemporain, puisque le pouvoir s'exerce ordinairement dans les anciens palais de la monarchie. Suivant les analyses de Louis Marin, on rappelle que dans la rhétorique classique, ces palais doivent édifier moralement ceux qui les ont bâtis : ils architecturent le monarque qui les a désirés, qui les habitent, les parcourent et les parlent. Or, nous vivons un point de bascule où le discours de la force ne s'embarrasse plus ni de rhétorique ni de cérémonial : en prenant des exemples récents d'appropriations monarchitecturales de l'espace, qui passent par la profanation symbolique des lieux de pouvoir ou la prédation de l'espace de la domination, on cherche à définir la manière dont le pouvoir tyrannique cherche à échapper à l'emprise des lieux. Sommaire In loco qui dicitur : espace, corps, langage, événement Retour sur les attendus d'une topologie du pouvoir et sur les caractéristiques de la spatialité médiévale Peut-on habiter les lieux sans se laisser habiter par eux ? (Étienne Helmer, Ici et là. Une philosophie des lieux, Verdier, 2019) S'approcher de l'inaccessible : proximité du divin et classement des personnes (Didier Méhu, « L'église comme "lieu", l'église comme "espace". Réflexions à partir de travaux récents en langue française », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 49, 2025) À Urbino, façade d'autorité et yeux du prince (Patrick Boucheron, De l'éloquence architecture. Milan, Mantoue, Urbino (1450-1520), B2, 2014) Un lieu de pouvoir est cela qui vous fait lever les yeux vers ce qui vous regarde « C'est la vie telle qu'on la mène au village au pied du château » (Walter Benjamin) Tenir à l'œil : l'empire des détails (Le Regard souverain : Les plans-reliefs dans les collections du palais des Beaux-Arts de Lille, 2019) Qu'est-ce qu'un point de bascule ? Trouver la bonne distance : retour sur les intentions et les précédents de ce cours De la peste à l'amour et de l'amour aux lieux : L'exercice de l'État, ou comment ne pas se laisser dévorer par un lieu de pouvoir ? À Washington, le 6 janvier 2021 et le 28 février 2025, deux profanations symboliques La Maison-Blanche et le Bureau ovale : lieu de mémoire et dispositif visuel L'appropriation « monarchitecturale » de l'espace (Louis Marin, « L'architecture du prince. Le lieu du pouvoir : Versailles », JTLA, University of Tokyo, 1989) Lieu de pouvoir et corps politique à « l'arrière-fond sombre du pouvoir » (Gilles Deleuze) « Il faut s'arrêter sur le haut des degrés pour considérer la situation des parterres » : quand le roi Louis XIV fait visiter ses jardins Les maître du récit et l'« assujettissement du visiteur spectateur dans une sorte d'obligation d'imitation de l'œil du Maître et de son regard » (Louis Marin) L'art de prendre le pouvoir sur le temps des autres (Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, 1997) Détruire la Maison-Blanche : prédation architecturale et consommation de l'espace Du Walk of fame des présidents américains aux portraits des doges à Venise : continuité de l'État et éclipse de la puissance Hic est locus Ser Marini Falieri decapitati pro criminibus : un effet de représentation Échapper au pouvoir des lieux : Mar-al-Lago, un horizon onirique de l'absolu du pouvoir « Poche de pouvoir » et exploitation de l'économie symbolique de la renommée Itinérance du pouvoir et diplomatie du golf dans un monde trumpisé À Turnberry, le 27 juillet 2025 : spectacle de la soumission et « vassalisation heureuse » « Nous n'irons pas à Canossa » : au XIe siècle, humiliation, pénitence, royauté davidique Quand les lieux de pouvoir portent la mémoire d'une histoire de la royauté pénitentielle (Gilbert Dagron, Empereur et prêtre. Essai sur le "césaropapisme" byzantin, Gallimard, 1996) « Le cérémonial donne le canevas, mais l'histoire brode dessus. Elle fait jurisprudence, elle a toujours le dernier mot ». Quel sera le dernier mot ? Dernière consolation : l'enlaidissement du pouvoir.

    1h 7m
  7. JAN 6

    01 - Lieux de pouvoir : Ce que peuvent les lieux

    Patrick Boucheron Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle Collège de France Année 2025-2026 01 - Lieux de pouvoir : Ce que peuvent les lieux Résumé Cette séance d'introduction générale à la sémantique politique des lieux de pouvoir au Moyen Âge prend la forme d'une interrogation sur la « mise en beauté » du pouvoir de Jean de Berry dans la première décennie du XVe siècle à travers la représentation de ses châteaux dans les Très Riches Heures du duc de Berry, et en particulier de celui de Mehun-sur-Yèvre, qui figure dans la représentation de la « Tentation du Christ ». Attentive à la fois à la nature dévotionnelle de la contemplation des Heures (puisqu'ici, le principal lieu de pouvoir est le livre lui-même), mais aussi aux détails de l'œuvre peinte qui, donnant à voir la possibilité d'un point de bascule dans l'excès de richesse et la démesure d'une aspiration à la beauté, on soutient une interprétation plus dramatique de l'œuvre, liée à la mélancolie du pouvoir et à l'expérience du vieillissement. Entre locus et iter, enracinement de la domination seigneuriale et hétérotopie des puissances imaginantes, c'est aussi l'occasion de définir les différents concepts de spatialité que l'on fera jouer durant l'ensemble du cours, le spatial turn propre à l'histoire médiévale étant ici mis à l'épreuve par une réflexion plus générale sur le rapport entre lieu et événement. Sommaire Un souvenir de conte de fées ? Ce qui nous attire là Jean de Berry et la « mise en beauté du pouvoir » (Françoise Autrand, Jean de Berry, Paris, 2000) Les assises du pouvoir : une politique de construction, « avec tant de soin et de dépense » (Chronique du religieux de Saint-Denis) Les Très Riches Heures, lieux de pouvoir (Mathieu Deldicque dir., Les Très Riches Heures du duc de Berry, catalogue de l'exposition organisée par le château de Chantilly du 7 juin au 5 octobre 2025, Château de Chantilly, 2025) Le château de Mehun-sur-Yèvre, « l'une des plus belles maisons du monde » (Froissart) Magnificence, fantaisie et inventaire du monde Chercher le point de bascule : le lion attend la chute de l'ours La nature ursine d'un pouvoir instable (Michel Pastoureau, L'Ours. Histoire d'un roi déchu, Paris, 2007) Devise, gisant, totem : Jean de Berry, prince des ours Une lecture mélancolique et inquiète du calendrier des Très Riches Heures (Inès Villela-Petit, « The Works and Days of John, Duke of Berry in his "Très Riches Heures" », Maelwael Van Lymborch Studies, 2025) En janvier, une fête princière menacée par la guerre qui rôde En décembre, l'hallali du vieux sanglier et la mort qui vient En mars, ce « brouillard de mer » qui plane au-dessus des tours du château Faire lieu et répondre à l'appel de l'ailleurs (Emmanuel Le Roy Ladurie et Jacques Le Goff, « Mélusine maternelle et défricheuse », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1971) La topolignée, ou comment nouer un nom, un lieu et une durée (Anita Guerreau-Jalabert, « La parenté dans l'Europe médiévale et moderne : à propos d'une synthèse récente », L'Homme, 1989) Lorsque nous n'y serons plus : feuilleter le calendrier des Très Riches Heures comme l'on parcourt une cérémonie des adieux « Toute architecture dérobe radicalement, en s'élevant, un lieu perdu » (Pascal Quignard, Les Heures heureuses, 2023) Retour à l'usage dévotionnel du manuscrit : Invocabit me et ego exaudiam eum La tentation du Christ (Luc, 4, 1-13) Le temps venra : lieu dit et moment donné Paysages de l'abondance : le lieu haut, le haut lieu et l'embarras de richesse La magnificence et l'inquiétude de la pure dépense (Paul Veyne, Le Pain et le Cirque. Sociologie historique d'un pluralisme politique, 1976) Enracinement, dislocation, duplication : la « mnémotopie » de Maurice Halbwachs dans La Topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte (Dominique Iogna-Prat, « Maurice Halbwachs ou la mnémotopie. "Textes topographiques" et inscription spatiale de la mémoire », Annales. Histoire, sciences sociales, 2011) Trois tentations en une, et un montage entre portraits ressemblants de portions d'espaces et « concepts de lieux » (Philippe Descola, Les Formes du visible, 2021) Nouvelle pensée de la spatialité et ancienne géographie vidalienne (Christian Jacob, « Spatial turn », dans Qu'est-ce qu'un lieu de savoir ?, OpenEdition Press, 2014) En histoire médiévale : l'espace avant le territoire (Florian Mazel et Magalie Watteaux, « Espace », dans Nouvelle Histoire du Moyen Âge, nouvelle édition, 2025) La réduction ad unicum de l'espace et l'unité de la storia albertienne (Hubert Damisch, L'Origine de la perspective, Paris, 1987, nouvelle édition, 2012) Le lieu, le corps et la « boîte locale » chez Giotto (Jean-Philippe Antoine, « Mémoire, lieux et invention spatiale dans la peinture italienne des XIIIe et XIVe siècles », Annales ESC, 48-6, 1993) Le lieu par excellence, le corps par excellence, l'événement par excellence : autour d'une nativité de Lorenzo Monaco (Giulia Puma, Les Nativités italiennes (1250-1450). Une histoire d'adoration, Rome, 2019) Locus et iter : le pouvoir de transformation des lieux (Didier Méhu, « Locus, transitus, peregrinatio. Remarques sur la spatialité des rapports sociaux dans l'Occident médiéval (XIe-XIIIe siècle) », dans Construction de l'espace au Moyen Âge : pratiques et représentations. Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (Mulhouse, 2006), Paris, 2007) Le lieu comme surface d'événements (Georges Perec, Lieux, Paris, 2022) Saint-Matthieu et l'Ange (Caravage, 1602), toujours au bord de basculer.

    1h 1m

About

Patrick Boucheron est né en 1965, à Paris. Après des études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris), il entre à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1985 et obtient l'agrégation d'histoire en 1988. C'est sous la direction de Pierre Toubert qu'il soutient en 1994 à l'université de Paris 1 sa thèse de doctorat d'histoire médiévale, publiée quatre ans plus tard sous le titre Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998 (Collection de l'EFR, 239). Maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l'Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l'université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l'aura et est élu professeur d'histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l'École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

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