Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine - Jean-Luc Fournet

La papyrologie est vraiment née au XIXe siècle avec la découverte de dizaines de milliers de papyrus grecs, latins, coptes ou encore arabes sur le sol d'Egypte ; des trésors documentaires inestimables qui ne cessent d'enrichir, renouveler, voire bousculer notre connaissance de l'Antiquité et de mille ans d'histoire méditerranéenne. Cette science, encore jamais représentée au Collège de France, est aujourd'hui la science de l'Antiquité qui a le plus fort potentiel de renouvellement avec une masse incalculable de textes encore à éditer et à exhumer. Jean-Luc Fournet en est incontestablement l'un des chefs de file, représentant d'une nouvelle génération de papyrologues. Dans une approche aussi bien historique que paléographique, Jean-Luc Fournet s'emploie à faire parler ces textes (livres ou documents), témoins uniques de la civilisation gréco-romaine et de la transmission de son patrimoine culturel, de l'Egypte des premiers temps de la chrétienté mais aussi des interactions entre civilisations classiques et orientales, à une époque où les cultures et les religions se repensent et où s'élaborent les sources de la modernité.

  1. Jun 23

    Conférence - Petra Sijpesteijn : Attentes et écarts ; règles et variations

    Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2025-2026 Réparer les torts : justice et redressement en Égypte médiévale Conférence - Petra Sijpesteijn : Valeurs partagées Petra Sijpesteijn Professeure d'arabe à l'université de Leyde Résumé Dans une lettre du IXe siècle sur papyrus provenant de l'oasis du Fayoum, l'expéditeur écrivait : « Ḥasan m'a dit que tu avais mentionné que j'avais été impoli avec toi dans ma lettre. Mais mon impolitesse, venant de quelqu'un comme moi envers quelqu'un comme toi, est en réalité une marque d'affection. Et mes paroles ne visaient qu'à te rappeler tes droits et obligations. » Malheureusement, la lettre à laquelle le destinataire fait allusion auprès de Ḥasan ne nous est pas parvenue, et nous ne pouvons pas reconstituer précisément l'impolitesse à laquelle il fait référence. Ce passage attire cependant notre attention sur la complexité des règles et attentes entourant les appels et requêtes, et nous rappelle que ces règles étaient à la fois prévisibles et pourtant pas entièrement stables, reflétant le fait que les relations sociales qu'elles incarnaient étaient elles-mêmes à la fois fortement structurées et sujettes à négociation. Dans cette conférence conclusive, je mettrai en relation les lettres de pétition avec l'histoire du califat naissant, et en particulier avec le processus réussi de construction impériale au cours des premiers siècles de son existence. En partant de la signification de l'existence même de l'institution de l'appel, telle qu'elle se reflète dans les lettres de recours sur papyrus, j'analyserai les attentes sous-jacentes qui régissaient les échanges épistolaires dans l'Égypte islamique primitive, et ce que cela peut nous apprendre sur cette société. Biographie Petra Sijpesteijn est professeure d'arabe à l'université de Leyde. Elle a étudié l'histoire, la langue arabe et la papyrologie à Leyde, Cambridge, au Caire, à Damas et à Princeton. Ses travaux portent sur l'explication de la manière dont un empire islamique s'est développé à partir des grandes conquêtes arabes, en s'appuyant sur les structures et institutions existantes, et à côté et en réaction à celles-ci. En s'appuyant sur le vaste mais encore peu exploité corpus documentaire constitué de monnaies, de sceaux, d'inscriptions et surtout de papyrus rédigés dans les différentes langues en usage, elle s'intéresse tout particulièrement à l'interaction entre les politiques initiées par le pouvoir et la participation locale dans ce processus de formation. Elle est actuellement responsable scientifique (PI) d'un projet de cinq ans intitulé « Land, Space, Power: Landscapes of the Early Islamic Empire ». Petra est membre correspondante de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie autrichienne des sciences et de la British Academy. Elle est également membre scientifique élue de la Société royale hollandaise des sciences. Elle a occupé des postes de professeure invitée à l'American University in Cairo, à University College London au Qatar, à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, à l'université de Tunis et à la Bibliotheca Alexandrina.

  2. Jun 16

    Conférence - Petra Sijpesteijn : Valeurs partagées

    Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2025-2026 Réparer les torts : justice et redressement en Égypte médiévale Conférence - Petra Sijpesteijn : Valeurs partagées Petra Sijpesteijn Professeure d'arabe à l'université de Leyde Résumé Cette conférence se concentre sur le langage des lettres de pétition afin de reconstruire le système de valeurs sous-jacent. En comparant les arguments présentés, les valeurs invoquées, les attentes suscitées et les présupposés formulés dans les lettres – en somme, la rhétorique épistolaire de persuasion en vigueur – une analyse est proposée du code éthique et des principes moraux partagés que ces lettres mobilisent. Les caractéristiques rhétoriques communes des lettres ainsi que les valeurs morales et sociales partagées sont également examinées en lien avec les textes normatifs qui circulaient à l'époque, tout en évaluant simultanément la relation entre les débats théoriques et leurs applications pratiques. Biographie Petra Sijpesteijn est professeure d'arabe à l'université de Leyde. Elle a étudié l'histoire, la langue arabe et la papyrologie à Leyde, Cambridge, au Caire, à Damas et à Princeton. Ses travaux portent sur l'explication de la manière dont un empire islamique s'est développé à partir des grandes conquêtes arabes, en s'appuyant sur les structures et institutions existantes, et à côté et en réaction à celles-ci. En s'appuyant sur le vaste mais encore peu exploité corpus documentaire constitué de monnaies, de sceaux, d'inscriptions et surtout de papyrus rédigés dans les différentes langues en usage, elle s'intéresse tout particulièrement à l'interaction entre les politiques initiées par le pouvoir et la participation locale dans ce processus de formation. Elle est actuellement responsable scientifique (PI) d'un projet de cinq ans intitulé « Land, Space, Power: Landscapes of the Early Islamic Empire ». Petra est membre correspondante de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie autrichienne des sciences et de la British Academy. Elle est également membre scientifique élue de la Société royale hollandaise des sciences. Elle a occupé des postes de professeure invitée à l'American University in Cairo, à University College London au Qatar, à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, à l'université de Tunis et à la Bibliotheca Alexandrina.

  3. Jun 9

    Conférence - Petra Sijpesteijn : Des pétitions aux lettres : un système d'appel intégré

    Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2025-2026 Réparer les torts : justice et redressement en Égypte médiévale Conférence - Petra Sijpesteijn : Des pétitions aux lettres : un système d'appel intégré Petra Sijpesteijn Professeure d'arabe à l'université de Leyde Résumé Les pétitions arabes ont été étudiées comme un genre distinct, combinant des éléments diplomatiques (formules, mise en page, support, écriture) et un cadre moral (« cercle de justice »). Pourtant, les lettres de demande sur papyrus montrent que des requêtes polies, même en dehors des tribunaux, partageaient formats, formules et normes morales avec les pétitions officielles. Alors que les institutions imposaient des formats stricts pour les pétitions, les lettres de demande offraient plus de souplesse aux scribes pour adapter la forme au contexte. N'ayant pas de procédure rigide, ces lettres laissaient une plus grande place à la formulation, bien que des attentes normatives guident aussi leur contenu. Comme les pétitions officielles, ces lettres relèvent d'une « pratique sociale régie par des normes ». Reste à savoir comment les identifier comme corpus, les distinguer des lettres ordinaires, et les étudier aux côtés des pétitions adressées aux autorités. Biographie Petra Sijpesteijn est professeure d'arabe à l'université de Leyde. Elle a étudié l'histoire, la langue arabe et la papyrologie à Leyde, Cambridge, au Caire, à Damas et à Princeton. Ses travaux portent sur l'explication de la manière dont un empire islamique s'est développé à partir des grandes conquêtes arabes, en s'appuyant sur les structures et institutions existantes, et à côté et en réaction à celles-ci. En s'appuyant sur le vaste mais encore peu exploité corpus documentaire constitué de monnaies, de sceaux, d'inscriptions et surtout de papyrus rédigés dans les différentes langues en usage, elle s'intéresse tout particulièrement à l'interaction entre les politiques initiées par le pouvoir et la participation locale dans ce processus de formation. Elle est actuellement responsable scientifique (PI) d'un projet de cinq ans intitulé « Land, Space, Power: Landscapes of the Early Islamic Empire ». Petra est membre correspondante de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie autrichienne des sciences et de la British Academy. Elle est également membre scientifique élue de la Société royale hollandaise des sciences. Elle a occupé des postes de professeure invitée à l'American University in Cairo, à University College London au Qatar, à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, à l'université de Tunis et à la Bibliotheca Alexandrina.

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