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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 20H AGO

    Inflation en France : comment est-on passé de la flambée au calme plat ?

    Avec seulement +0,3 % sur un an en janvier, l’inflation française est quasiment nulle. Un contraste saisissant avec la flambée de 2022-2023. Reflux de l’énergie, importations moins chères, effet des taux : les raisons d’un net ralentissement. L’inflation est presque à l’arrêt en France. En janvier, les prix à la consommation n’ont progressé que de 0,3 % sur un an, selon l’INSEE. Ils ont même légèrement reculé par rapport à décembre. Un retournement spectaculaire si l’on se souvient de la fin 2022 et de l’année 2023, lorsque l’inflation dépassait les 6 %, un record depuis près de quarante ans. L’énergie, principal facteur du reflux La flambée provenait d’abord du choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Le prix du gaz européen avait été multiplié par dix. Le litre de sans-plomb dépassait les deux euros. Aujourd’hui, les prix de l’énergie reculent de 7,6 % sur un an. Un plein d’essence coûte en moyenne une vingtaine d’euros de moins qu’au pic de la crise. Les produits manufacturés participent aussi au ralentissement, portés par des importations à bas coût et un euro plus solide. Les hausses de taux de la Banque centrale européenne ont également freiné la demande. L’alimentation, en revanche, continue d’augmenter de 1,9 % sur un an — loin toutefois des hausses de 15 % enregistrées en 2023. Si cette accalmie soulage le pouvoir d’achat, elle pose aussi une question macroéconomique : une inflation trop faible peut peser sur la croissance et compliquer la tâche de la Banque centrale européenne, dont l’objectif reste fixé à 2 % pour l’ensemble de la zone euro.

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  2. 1D AGO

    En Inde, Emmanuel Macron compte signer des contrats en rafale

    Emmanuel Macron entame sa quatrième visite en Inde avec un objectif assumé : renforcer la présence économique française sur un marché en pleine expansion. Accompagné de plus de 110 dirigeants d’entreprises, le chef de l’État veut accélérer la dynamique bilatérale. Rafale, nucléaire, tech… Paris veut changer d’échelle sur un immense marché. Avec 1,4 milliard d’habitants et une croissance oscillant entre 6 et 7 %, l’Inde est en passe de devenir la quatrième puissance économique mondiale. Pourtant, les échanges commerciaux franco-indiens restent limités à environ 15 milliards d’euros par an, soit trois fois moins que ceux de l’Allemagne avec New Delhi. Près de 1 100 entreprises françaises sont implantées dans le pays, employant quelque 500 000 salariés. Une base solide, mais encore loin du potentiel du marché indien. Rafale, nucléaire et IA  Le dossier le plus spectaculaire concerne l’achat potentiel de 114 avions de combat Rafale, pour un montant estimé entre 30 et 40 milliards d’euros. Un protocole d’entente pourrait être signé lors de la visite, même si le contrat définitif reste à finaliser. Dans l’aéronautique, Airbus inaugure également une usine d’hélicoptères en Inde, illustration du programme "Make in India" voulu par Narendra Modi, qui impose une production locale croissante. Le nucléaire civil figure aussi à l’agenda, avec le projet de réacteurs porté par EDF, en discussion depuis plusieurs années. Enfin, la visite met l’accent sur la tech. L’année franco-indienne de l’innovation est lancée et le sommet sur l’intelligence artificielle se tient à New Delhi. Emmanuel Macron entend positionner la France comme un partenaire stratégique de l’Inde face aux États-Unis et à la Chine, notamment sur les données, le cloud et l’IA.

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  3. 2D AGO

    Uranium : le Niger ouvre la porte à un compromis avec la France

    Le général Abdourahamane Tiani a proposé de restituer à la France une partie de l’uranium détenu par la Somaïr. Un geste limité, mais politiquement stratégique, alors que Niamey peine à exporter sa production depuis la rupture avec Paris. Le ton a légèrement changé à Niamey. Le chef de la junte, Abdourahamane Tiani, a proposé de restituer à la France 63,4 % de 156,231 tonnes d’uranium, correspondant à la part détenue par Orano dans la Somaïr. Un geste symbolique dans un bras de fer engagé depuis le coup d’État de juillet 2023. Avant la rupture, le Niger figurait parmi les fournisseurs clés du parc nucléaire français, aux côtés du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et de la Namibie. Mais en juin 2025, Niamey nationalise la Somaïr. Paris saisit alors le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), qui demande provisoirement au Niger de ne pas vendre l’uranium contesté. Un stock bloqué et stratégique Au total, 1 500 tonnes seraient concernées, selon Orano. Problème : une partie du minerai est aujourd’hui entreposée à l’aéroport international de Niamey, faute de débouchés. Le Niger, pays enclavé, ne peut plus exporter via le Bénin ou le Togo dans un contexte diplomatique tendu. En proposant de restituer environ 95 tonnes à la France — soit une fraction du stock contesté — la junte envoie un signal. Au-delà du contentieux, l’enjeu est surtout économique : rouvrir des corridors d’exportation et transformer ses ressources en recettes, dans un pays isolé et sous pression budgétaire.

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  4. 6D AGO

    Le catalogue de Britney Spears vendu 200 millions de dollars : la musique, un actif financier ?

    Après Bruce Springsteen, Bob Dylan ou Justin Bieber, Britney Spears aurait cédé l’intégralité de son catalogue musical pour 200 millions de dollars. Une opération qui illustre la transformation des chansons en véritables actifs financiers, prisés par les majors… et désormais par les fonds d’investissement. Britney Spears aurait vendu l’ensemble de ses droits musicaux pour environ 200 millions de dollars fin décembre, selon TMZ. Une opération qui lui permet de dégager du cash, maintenant qu'elle n'est plus sous tutelle et qui s’inscrit surtout dans une tendance lourde de l’industrie. Depuis la pandémie de Covid-19, de nombreuses stars ont cédé leurs catalogues : Bruce Springsteen, Bob Dylan, Justin Bieber ou encore Katy Perry. Le record revient au groupe Queen, dont le catalogue a été cédé pour plus de 1,2 milliard de dollars. Une partie de celui des Beatles figure également parmi les plus chères transactions. Des chansons transformées en placements financiers Longtemps réservés aux maisons de disques comme Sony Music Entertainment ou Universal Music Group, ces rachats attirent désormais des fonds spécialisés tels que Primary Wave. Mais surtout, des géants de la finance comme BlackRock ou KKR se positionnent sur ce marché. Pourquoi un tel engouement ? Parce qu’un catalogue musical génère des revenus réguliers : streaming, diffusions radio, placements publicitaires ou synchronisations dans des séries sur Netflix. Un tube des années 1990 peut redevenir viral sur TikTok et produire des royalties pendant des décennies. Selon les projections de Goldman Sachs, le marché mondial de la musique pourrait presque doubler d’ici 2035. Les catalogues se valorisent souvent entre 15 et 25 fois leurs revenus annuels. Un investissement pas sans risque Certains particuliers peuvent y accéder indirectement via des actions ou des fonds spécialisés, devenant ainsi "co-propriétaires" d’un portefeuille de chansons. Mais le modèle reste dépendant des plateformes comme Spotify ou Amazon Music et de leurs algorithmes. Et certains artistes, parfois, regrettent leur choix : une fois vendus, les titres peuvent être utilisés sans leur contrôle. Plusieurs stars ont choisi de reprendre la main. Taylor Swift a ainsi déboursé entre 600 millions et un milliard de dollars pour récupérer ses droits, deux à trois fois le prix de vente. Le prix de son indépendance.

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  5. FEB 11

    Les Européens en réflexion face au "net déclin" de l'industrie européenne

    Réunis à Anvers avec plusieurs chefs d’État mercredi, plus de mille industriels européens pressent l’Union d’agir face à la Chine et aux États-Unis. Protection, simplification, financements : l’Europe cherche sa riposte. Les 27 participeront jeudi à un moment de réflexion dans un château de l'est de la Belgique. Plus de mille industriels européens sont réunis, mercredi 11 février, à Anvers aux côtés d’Emmanuel Macron et du chancelier allemand Friedrich Merz. Objectif : relancer une industrie prise en étau entre la Chine et les États-Unis. En vingt ans, la Chine est devenue la première puissance manufacturière mondiale, avec près de 30 % de la production globale, contre environ 15 % pour l’Union européenne. Pékin produit massivement à des coûts souvent 30 à 40 % inférieurs à ceux de l’Europe. Une industrie sous pression Le photovoltaïque européen a quasiment disparu en une décennie : 98 % des panneaux solaires sont désormais produits en Chine. Et le phénomène pourrait s’étendre à l’acier, à la chimie, aux batteries ou encore à l’automobile, préviennent deux rapports, l'un du Haut-Commissariat au Plan, en France, l'autre du cabinet Deloitte. L’Allemagne, pilier industriel du continent, a vu le poids de son industrie reculer de cinq points de PIB en dix ans. En parallèle, 240 000 emplois industriels ont disparu entre 2023 et 2024. Face à ce décrochage, les pistes divergent : préférence européenne dans certains marchés stratégiques, droits de douane ciblés, simplification réglementaire ou encore nouveaux emprunts communs. Le sommet des industriels à Anvers sera suivi jeudi d'une réunion informelle des 27 chefs d'États et de gouvernements de l'Union au château d'Alden Biesen, dans l'est de la Belgique. Un moment de réflexion pour trouver des solutions et le déclin.

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  6. FEB 10

    Cuba au bord de l’asphyxie : pénurie de carburant, vols perturbés et économie au ralenti

    L’île de Cuba traverse l’une des pires crises énergétiques de son histoire récente. Faute de carburant, le pays fonctionne au ralenti, avec des conséquences immédiates sur les transports, le tourisme et l’approvisionnement en biens essentiels. Depuis minuit, heure locale, les avions commerciaux qui atterrissent dans les aéroports cubains ne sont plus ravitaillés en kérosène. Air Canada a déjà annoncé la suspension de ses liaisons, d'autres compagnies comme Air France prévoient des escales techniques hors de l’île, rallongeant les trajets. Cette situation est le résultat d’une pénurie de carburant aggravée par un durcissement des sanctions américaines. Cuba, très dépendante de ses importations énergétiques, se retrouve aujourd’hui quasiment isolée. Choc En réponse, le gouvernement a déclenché un plan d’urgence : semaine de quatre jours dans le secteur public, rationnement strict du carburant réservé aux secteurs vitaux, réduction des transports interprovinciaux, suspension des opérations chirurgicales non urgentes et fermetures temporaires d’hôtels. Le choc est particulièrement violent pour le tourisme, l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays. À cela s’ajoutent des difficultés croissantes pour importer nourriture et médicaments, alors que Cuba dépend à 70 à 80 % de l’étranger pour son alimentation. Dans la population, un souvenir refait surface : celui de la “période spéciale” des années 1990, synonyme de pénuries extrêmes et de rationnement généralisé.

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  7. FEB 9

    Japon : les marchés saluent la victoire de Sanae Takaichi… malgré la dette

    Large victoire électorale, euphorie boursière et promesses de relance massive : la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi commence son mandat sous les applaudissements des marchés. Mais derrière l’enthousiasme, une question demeure : jusqu’où le Japon peut-il creuser sa dette ? L’euphorie a été immédiate sur les marchés japonais. Le Nikkei 225 a bondi de près de 4 % en clôture ce lundi, franchissant même pour la première fois le seuil symbolique des 57 000 points en séance. Un vote de confiance clair après la victoire écrasante de Sanae Takaichi, qui décroche les deux tiers des sièges à la Chambre basse. Risque financier en embuscade Issue de l’aile droite du Parti libéral-démocrate, la Première ministre revendique l’héritage de Shinzo Abe et de ses "Abenomics". Objectif affiché : soutenir le pouvoir d’achat, amortir le choc de l’inflation et relancer la croissance par la dépense publique. Au menu : baisses d’impôts ciblées, aides aux ménages, suspension temporaire de la taxe sur certains produits alimentaires, investissements massifs dans la tech, l’IA, l’énergie et la défense. Mais cette stratégie repose sur un pari risqué : une dette publique de 230 % du PIB, la plus élevée du monde développé. Jusqu’ici soutenable grâce à une dette largement détenue par des acteurs nationaux, elle devient plus fragile avec le retour de l’inflation et la remontée des taux de la Banque du Japon. Un équilibre délicat que les marchés pourraient tester plus durement dans les mois à venir.

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