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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 1D AGO

    La France lance le chantier de son futur porte-avions

    Emmanuel Macron se rend mercredi sur le site de Naval Group à Indret, près de Nantes, pour officialiser le lancement du futur porte-avions français. Un projet stratégique, militaire mais aussi industriel, appelé à remplacer le Charles-de-Gaulle à l’horizon 2038. C’est un chantier hors norme qui s’ouvre pour l’industrie française. En déplacement à Indret, près de Nantes, Emmanuel Macron doit dévoiler le nom du futur porte-avions de la Marine nationale et lancer officiellement sa construction. Baptisé jusqu’ici PANG (Porte-avions de nouvelle génération), le navire s’annonce comme le plus grand jamais construit en Europe : 310 mètres de long, 78 000 tonnes à pleine charge, soit près du double du Charles-de-Gaulle. Doté d’une propulsion nucléaire, il pourra atteindre 27 nœuds et embarquer une trentaine d’avions de combat, des drones et des hélicoptères. Il sera surtout équipé de catapultes électromagnétiques et de systèmes de combat largement numérisés. Un projet industriel colossal Derrière l’enjeu militaire, c’est toute une filière qui est mobilisée. Le coût du programme est estimé entre 10 et 15 milliards d’euros. Naval Group pilotera le projet, avec les Chantiers de l’Atlantique pour la coque et TechnicAtome pour le nucléaire. Autour d’eux, près de 800 entreprises, dont une large majorité de PME françaises. Au total, ce sont environ 15 000 emplois qui seront mobilisés d'ici 2038, date d'entrée en service du navire. Un investissement massif, critiqué par certains syndicats, mais défendu par l’exécutif comme essentiel à la souveraineté et à la base industrielle de défense française.

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  2. 2D AGO

    Engrais, denrées alimentaires et médicaments bloqués aux portes du détroit d’Ormuz

    Environ un tiers de l'engrais transporté par voie maritime dans le monde transite habituellement par le détroit d'Ormuz. Ces intrants agricoles sont produits en grande partie avec du gaz présent en grande quantité dans la région, faisant des pays du Golfe de grands producteurs. L'urée, engrais azoté le plus riche du marché principalement produit par l'Iran, le Qatar, Oman et l'Arabie saoudite, se trouve aujourd’hui en panne de clients.  Certaines denrées alimentaires passent aussi par le détroit d’Ormuz et elles sont critiques pour les pays du Golfe qui importent jusqu'à 85 % de leurs besoins alimentaires. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le Programme alimentaire mondial de l'ONU redoute que 45 millions de personnes se retrouvent bientôt en insécurité alimentaire. La hausse générale des prix rendrait certaines denrées inaccessibles aux pays les plus pauvres comme le Soudan, qui importe 80 % de son blé et où la famine est déjà présente après trois ans de conflit.  Enfin, de nombreux produits pharmaceutiques sont également bloqués dans le détroit d’Ormuz ou par la fermeture des espaces aériens du Golfe. Dans quelques semaines, les pharmacies risquent de se retrouver en pénurie de génériques. L’Inde, première productrice mondiale, a vu le tarif des expéditions aériennes de médicaments vers l’Europe augmenter avec le prix du pétrole.

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  3. 2D AGO

    Fujaïrah ciblé : la stratégie iranienne du chaos économique

    En frappant Fujairah, l’Iran ne vise pas seulement une infrastructure pétrolière. Téhéran cherche à bloquer les rares alternatives au détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial. Une stratégie de pression maximale sur les marchés énergétiques. En s’attaquant à Fujairah, l’Iran franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de déstabilisation économique du Golfe. Situé au sud-est du détroit d’Ormuz, cet émirat joue un rôle clé : il permet d’exporter du pétrole sans passer par ce point de passage ultra-stratégique. Grâce à un oléoduc reliant les champs d’Abou Dhabi au terminal de Fujairah, les Émirats arabes unis peuvent y acheminer jusqu’à 1,5 million de barils par jour, voire 1,8 million à pleine capacité, soit près de la moitié de leur production. La suspension des chargements annoncée par ADNOC illustre l’impact immédiat de ces frappes. Un verrouillage progressif des routes pétrolières Au-delà d’Ormuz, l’objectif semble clair : neutraliser toutes les voies alternatives. La seule autre option majeure passe par l’Arabie saoudite, avec le terminal de Yanbu, en mer Rouge. Mais ses capacités restent limitées à court terme, et la zone est elle aussi fragilisée par les tensions sécuritaires. Résultat : le Golfe se transforme progressivement en goulot d’étranglement énergétique, avec des conséquences directes sur les prix du pétrole, repartis à la hausse.

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  4. MAR 12

    Les banques, au cœur de la guerre dans le Golfe

    Après les menaces des Gardiens de la révolution visant des banques et entreprises occidentales dans le Golfe, plusieurs institutions financières internationales ont décidé de fermer temporairement leurs bureaux ou de placer leurs employés en télétravail par mesure de sécurité. Plusieurs grandes institutions financières internationales prennent des mesures de précaution dans le Golfe après les menaces iraniennes de frapper des cibles économiques occidentales, notamment à Dubaï et Abou Dhabi. Le cabinet de conseil PwC a décidé de fermer temporairement plusieurs bureaux dans la région, notamment à Dubaï, Doha, Koweït City et en Arabie saoudite. Deloitte a pris des mesures similaires pour ses équipes basées aux Émirats. Côté bancaire, la banque américaine Citigroup a évacué en urgence une partie de ses bureaux régionaux, tandis que la britannique Standard Chartered a renforcé ses dispositifs de sécurité. Les grandes banques françaises sont elles aussi très présentes dans la région. BNP Paribas, qui compte environ 500 employés dans le Golfe, ainsi que Natixis, Crédit Agricole ou encore Société Générale, ont placé une partie de leurs équipes en télétravail. Hub financier stratégique Ces précautions illustrent l’importance économique de la région. Dubaï est aujourd’hui le principal hub financier du Moyen-Orient avec plus de 8 000 entreprises financières enregistrées. Le secteur financier y génère plus de 70 milliards de dollars de revenus, soit environ 12 à 13 % du PIB de l’émirat. Plus largement, dans les six pays du Conseil de coopération du Golfe, les actifs financiers représentent plus de 3 000 milliards de dollars.

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  5. MAR 11

    Pétrole, carburants... quelles stratégies pour se préparer à un choc énergétique ?

    Alors que le détroit d’Ormuz est paralysé et que 20 % du pétrole mondial transite habituellement par cette voie stratégique, plusieurs pays se préparent à un choc énergétique. L'Agence internationale de l'énergie envisage une libération massive de réserves stratégiques, tandis que certains États commencent déjà à rationner le carburant. Selon le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie pourrait libérer une quantité record de pétrole issue des réserves stratégiques de ses 32 États membres. Une décision doit être prise à l'unanimité. Si elle est adoptée, ce serait seulement la troisième fois dans l'histoire après la guerre du Golfe en 1991 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, lorsque 182 millions de barils avaient été injectés sur les marchés. Les stocks stratégiques représentent environ 1,2 milliard de barils, soit l'équivalent de quatre mois de consommation pour les pays concernés. En Asie, la crainte de pénuries La fermeture du détroit d'Ormuz inquiète particulièrement l'Asie, destination principale du pétrole qui transite par ce passage stratégique. Plus d'un tiers de ces flux vont vers la Chine, 15 % vers l'Inde, 12 % vers la Corée du Sud et 11 % vers le Japon. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient et pétrole : "On assiste à la plus grave crise énergétique" Dans plusieurs pays émergents, très dépendants des importations, des mesures d'urgence ont déjà été prises : rationnement du carburant au Bangladesh et en Birmanie, télétravail et semaine de quatre jours pour les fonctionnaires aux Philippines. En Europe, l'inquiétude porte surtout sur les prix. Certains pays plafonnent déjà les tarifs ou réduisent les taxes, tandis qu'en France le gouvernement privilégie pour l'instant les contrôles sur les distributeurs.

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