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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 2d ago

    Budget 2027 : le gouvernement face à l’équation des 54 milliards

    Dernier budget de l'ère Macron, le projet de loi de finances et celui de financement de la Sécurité sociale s’ouvrent dans un contexte tendu : déficit en hausse, dette record et absence de majorité à l’Assemblée. Le gouvernement vise 5 % de déficit en 2027, au prix de 54 milliards d’euros d’efforts. La France devait ramener son déficit public à 5 % du PIB en 2026. L’objectif est désormais repoussé à 2027 : le déficit devrait atteindre 5,4 % cette année. Pour tenir sa nouvelle cible, le gouvernement estime nécessaires 54 milliards d’euros d’efforts. Mais il lui faudra aussi convaincre une Assemblée sans majorité, alors que les débats budgétaires commencent le 13 octobre.  À lire aussiBudget 2027 : le gouvernement dévoile son projet, sous la pression des marchés L’exécutif mise principalement sur des économies, tout en promettant la stabilité fiscale. Les collectivités, les entreprises et la Sécurité sociale sont concernées par l’effort, dont les modalités doivent être précisées dans le budget. L'œil attentif des marchés La tâche s’annonce politiquement délicate : les Français subissent déjà une nouvelle accélération des prix. En septembre, l’inflation a atteint 3 % sur un an, selon l’estimation provisoire de l’Insee. Selon les calculs de l’Institut français de l’économie, une famille de deux adultes et deux enfants a perdu 1 200 euros de pouvoir d’achat depuis 2024.  Les marchés et les agences de notation surveillent, eux aussi, la trajectoire budgétaire française. Fin juin, la dette publique atteignait 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB. Les taux français à dix ans ont atteint un sommet inédit depuis la crise financière de 2008. Chaque hausse du coût d’emprunt alourdit la facture des intérêts et réduit les marges de l’État.

  2. 3d ago

    Javier Milei en opération séduction à Paris

    Le président argentin Javier Milei est à Paris pour défendre son bilan et attirer les investisseurs européens. Si sa thérapie de choc a permis de faire chuter l'inflation et de rétablir les comptes publics, la reprise économique s'essouffle et la pauvreté repart à la hausse. Javier Milei entame une visite de trois jours à Paris, à un peu plus d'un an de la prochaine présidentielle argentine. Le chef de l'État participe à l'Argentina Week, un forum destiné à promouvoir les secteurs clés du pays auprès des investisseurs européens. Après une première édition à New York, Buenos Aires veut mettre en avant son énergie, ses mines, son agriculture et ses nouvelles technologies. Javier Milei défend surtout les résultats de sa thérapie de choc, marquée par une réduction massive des dépenses publiques. L'inflation annuelle, qui avait frôlé 300 % en 2024, est retombée à 33,5 %, tandis que les comptes publics sont revenus dans le vert et la dette publique a fortement diminué. Le coût social de la thérapie de choc Après deux années de récession, l'économie argentine a rebondi de plus de 4 % en 2025, mais cette reprise perd désormais de son élan. Le PIB a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent et l'activité a chuté de 2,9 % en juillet sur un mois. La pauvreté repart également à la hausse : près d'un Argentin sur trois vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Dans le même temps, le pouvoir ouvre davantage le pays aux capitaux étrangers, notamment en supprimant les restrictions à l'achat de terres rurales. Symbole de la baisse du pouvoir d'achat : la consommation de viande bovine, véritable institution nationale, est tombée à son plus bas niveau depuis vingt ans.

  3. 5d ago

    Visite du pape en France : les hôtels font le plein, les retombées restent à mesurer

    La visite de Léon XIV dope les réservations à Metz et à Lourdes. À Paris, l’activité hôtelière progresse aussi, mais l’effet du pape reste difficile à isoler. Aucun bilan consolidé ne permet encore de mesurer les retombées économiques de ces quatre jours pour le moment. À Metz, où le pape achève sa visite en France ce lundi, plus de neuf hébergements sur dix affichaient complet dimanche et lundi 28 septembre. Les réservations ont débordé jusqu’à Sarrebourg, à plus d’une heure de route. Certains hôtels ont aussi fortement augmenté leurs tarifs, selon L’Est Républicain, sans que cela traduise une hausse généralisée. Pour les professionnels, l’affluence représente un surcroît d’activité concentré sur quelques jours. La ville espère également profiter de la visibilité internationale pour attirer de futurs visiteurs. À Lourdes, les hôtels et résidences de tourisme étaient occupés à 96 % samedi, soit 21 points de plus qu’un an auparavant, selon le cabinet MKG. Tarbes et Pau ont également accueilli des visiteurs venus pour l’occasion.  À Paris, le taux d’occupation des hôtels et résidences de tourisme a progressé de 4 % vendredi par rapport au même jour de 2025, selon MKG. Les prix moyens affichés sur Kayak étaient eux aussi en hausse, mais l’effet de la visite est difficile à distinguer de celui des concerts de Céline Dion.  Près de 27 millions d'euros payés par l'Église Le gouvernement a évoqué plusieurs centaines de millions d’euros de retombées potentielles. Mais il n’existe pas encore de bilan consolidé pour confirmer cette estimation. Et le nombre de participants ne correspond pas nécessairement à autant de touristes ayant dormi à l’hôtel : beaucoup sont venus pour la journée ou ont été hébergés par des proches ou des paroisses. La facture, elle, est déjà en partie connue. L’Église a annoncé un budget d’organisation de 27 millions d’euros, financé principalement par les dons et le mécénat. La sécurité est assurée par les forces de l’ordre. À Metz, la ville a prévu 500 000 euros pour l’événement, dont 250 000 euros pour des équipements, notamment des écrans géants. Cette dépense a été contestée au nom de la laïcité ; le tribunal administratif a rejeté le recours en urgence. La Moselle relève d’un régime local des cultes hérité du Concordat. Pour les hôtels, restaurants et commerces des villes étapes, la visite aura donc constitué un coup d’accélérateur ponctuel. Reste à savoir si cette visibilité se traduira, dans les prochains mois, par de nouvelles visites.

  4. Sep 24

    Xi Jinping à Washington : l’IA au menu, la rivalité sous la table

    Donald Trump reçoit Xi Jinping lors d’un dîner d'État réunissant les principaux patrons américains de la tech et de la finance. Derrière les fastes de la Maison Blanche se joue une bataille pour le contrôle de l’intelligence artificielle mondiale. Pour ce dîner d'État en l'honneur de Xi Jinping, Donald Trump a invité presque toute la puissance technologique américaine : Sam Altman, Jensen Huang, Sundar Pichai, Satya Nadella, Mark Zuckerberg, Elon Musk ou encore Jeff Bezos. À leurs côtés, les financiers de cette course à plusieurs milliers de milliards de dollars, dont Jamie Dimon, patron de JP Morgan, et Jane Fraser, directrice générale de Citigroup. Mais aucun grand patron chinois de la tech n’est annoncé. Autre absent remarqué : Dario Amodei, fondateur d’Anthropic, devenu le chef de file des partisans d’un ralentissement de l’IA. Face à lui, les "accélérationnistes", comme Jensen Huang ou Mark Zuckerberg, refusent de lever le pied. Donald Trump les soutient : ralentir offrirait, selon lui, un boulevard à la Chine. Une rivalité sous la table Pékin réduit pourtant rapidement son retard grâce à DeepSeek, Qwen, Kimi ou MiniMax, des modèles performants, moins coûteux et souvent plus ouverts. Washington accuse plusieurs groupes chinois d’avoir utilisé les réponses de modèles américains pour entraîner les leurs, une pratique appelée "distillation" ; Pékin dément. Malgré cette bataille, les deux puissances préparent un dialogue sur les risques de l’IA et restent économiquement interdépendantes. La Chine veut préserver son accès aux puces américaines, tandis que les États-Unis dépendent largement des terres rares et des aimants transformés en Chine. Trump et Xi partageront donc la même table et chercheront à éviter la rupture. Mais certainement pas à suivre la même recette.

  5. Sep 23

    Sanctions américaines : l’Iran menacé de blocus aérien

    Les États-Unis veulent isoler le secteur aérien iranien du reste du monde. Une offensive spectaculaire contre le régime mais dont les premières victimes pourraient être les 93 millions d’Iraniens. Les États-Unis ont ajouté 27 compagnies aériennes iraniennes à leur liste noire. Elles rejoignent notamment Mahan Air et Iran Air, déjà sanctionnées. Depuis le mercredi 23 septembre, toute entreprise qui leur fournit du carburant, des services aéroportuaires, de la maintenance ou commercialise leurs billets risque d’être exclue du système financier en dollars. Les effets se font déjà sentir : environ un tiers des vols à destination de l’Iran auraient été annulés et Mahan Air a suspendu ses liaisons vers Istanbul, Ankara et Mascate. Mais l’isolement n’est pas encore total : la Chine et la Russie refusent d’appliquer les sanctions américaines et certains vols vers Guangzhou ou Moscou sont maintenus. À voir aussiIran - États-Unis : un dialogue direct entre les deux pays ? Une population prise en étau Avant la guerre, les aéroports iraniens accueillaient environ 35 millions de passagers par an, essentiellement sur des vols intérieurs. Pour les étudiants, les artistes, les chercheurs ou les entrepreneurs, voyager devrait désormais devenir beaucoup plus difficile et plus coûteux. Baptisée "Operation Economic Outcast", l’offensive américaine cible également l’or, les cryptomonnaies, les technologies et le transport maritime. Washington accuse certaines compagnies iraniennes d’avoir acheminé des armes, de l’argent et des combattants pour les Gardiens de la révolution et leurs alliés. À voir aussiIran : Amnesty International accuse Téhéran de crimes contre l'humanité Mais la population iranienne subit déjà une inflation de 84 % sur un an, un chômage officiel supérieur à 9 % et une récession attendue de plus de 5 %. Après la répression sanglante des manifestations de janvier, le pays a également connu un black-out numérique de près de trois mois. Pendant que les Iraniens s’appauvrissent, les Gardiens de la révolution renforcent leur emprise sur le pétrole, le commerce et les réseaux de contrebande. Washington étrangle l’économie, le régime refuse de céder et la population encaisse.

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