IISMM

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Créé en 1999, l'Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (UAR 2500, EHESS, CNRS) met en œuvre trois missions : - ouvrir un espace de collaborations et d'échanges entre chercheurs spécialisés dans l'étude du monde musulman - diffuser un enseignement et proposer un soutien aux jeunes chercheurs - contribuer à la diffusion des savoirs scientifiques sur l'Islam et le monde musulman Contact : Sophie Bilardello (CNRS, IISMM) Adresse : IISMM - EHESS, 54 Bd Raspail 75006 Paris

  1. Jun 4

    Syrie, une nouvelle donne régionale ? / B. Hourcade & J. Marcou

    Conférence publique du 21 mai 2026 - Episode #8 "Syrie, une nouvelle donne régionale ?" Bernard Hourcade (CNRS, CeRMI) et Jean Marcou (Sciences Po Grenoble – UGA) Modération : Philippe Pétriat (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne) Jean Marcou, politiste spécialiste de la Turquie et Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l’Iran, analysent l’évolution des relations de la Syrie avec la Turquie et l’Iran, de 1946 à nos jours. Dans un premier temps, Jean Marcou retrace la période allant de l’indépendance de la Syrie jusqu’aux années 1990. Durant cette période, la Syrie apparait comme le voisin le plus problématique de la Turquie. En effet, alors que la Turquie s’aligne sur le bloc occidental, la Syrie baasiste se rapproche de l’Union soviétique durant la guerre froide. Plusieurs différends aggravent cette rivalité : la question du Sandjak d’Alexandrette, le partage des ressources en eau du Tigre et de l’Euphrate et le soutien syrien au PKK kurde. Un rapprochement entre les deux pays s’opère dans les années 2000, après l’arrestation d’Abdullah Öcalan et la fin du soutien de la Syrie au PKK. Les relations diplomatiques et économiques connaissent un développement soutenu et cela jusqu’en 2011. Bernard Hourcade décrit les relations méfiantes que la Syrie entretient avec l’Iran, tourné à l’époque du Shah vers l’Occident. Dès la révolution islamique, la Syrie reconnaît le nouveau régime islamique afin de contrebalancer l’influence de l’Irak de Saddam Hussein au Moyen-Orient. Cette alliance se renforce durant la guerre Iran-Irak grâce à des partenariats militaires et stratégiques. Le soutien de la Syrie au Hezbollah contribue à son essor et renforce l’influence régionale de l’Iran. Malgré des intérêts communs contre Israël et l’extrémisme sunnite, certaines divergences idéologiques ont parfois fragilisé leur relation. La guerre en Syrie bouleverse profondément les équilibres régionaux. Les relations entre la Turquie et la Syrie entrent dans une période de forte hostilité en 2011, rompant avec la politique turque précédente du « zéro problème avec les voisins ». Après avoir tenté de jouer un rôle de médiateur auprès du régime de Bachar al-Assad, la Turquie soutient finalement les forces d’opposition. Son implication militaire s’accompagne parfois d’alliances controversées avec certains groupes djihadistes, notamment Hayat Tahrir al-Sham. Les tensions avec d’autres puissances, comme la Russie dans la région d’Idlib, illustrent la complexité du conflit. La frontière turco-syrienne devient une zone de conflit marquée par des affrontements entre différentes factions. La Turquie fait face à plusieurs défis : l’accueil massif de réfugiés syriens, les tensions économiques et sociales liées à leur intégration ainsi que la montée d’un discours anti-réfugiés. De plus, l’autonomie kurde du Rojava suscite des inquiétudes à Ankara en raison des liens des YPG avec le PKK. Depuis la chute du régime de Bachar al-Asad, la Turquie a renoué un dialogue dynamique avec la Syrie et des projets de coopération économique, énergétique et éducative sont lancés. Toutefois, Ankara maintient une présence militaire dans le nord de la Syrie au nom de la sécurité et de la stabilité régionales. Le retour des réfugiés syriens installés en Turquie depuis 2011 (près de 3 millions) et l’opposition à toute constitution d’une entité kurde autonome constituent toujours deux lignes directrices de la politique turque à l’égard de la Syrie. Quant à l’Iran, sa stratégie d’expansion régionale a échoué face aux attaques israéliennes après la chute du régime de Bachar Al-Assad – qui a compliqué les échanges avec le Hezbollah au Liban. L’Iran subit une défaite idéologique et une perte d'influence territoriale dans un contexte d'évolutions des alliances favorisant les puissances sunnites telle que l'Arabie saoudite. Captation : BULAC

    Syrie, une nouvelle donne régionale ? / B. Hourcade & J. Marcou
  2. Apr 30

    La Syrie se révolte / L. Ruiz de Elvira, S. Alhamed et Y. Hakoum

    Conférence publique du 2 avril 2026 - Épisode 7 "La Syrie se révolte"   Laura Ruiz de Elvira (IRD, Ceped, ISSHT, Tunisie),
 Sarah Alhamed (EHESS, CéSor) et 
Yahia Hakoum (EHESS, CéSor) La réponse violente du régime de Bachar Al-Assad face à ce mouvement pacifique pousse certains civils à prendre les armes pour défendre leurs communautés ; d’autres cependant choisirent des formes de résistance non armée, malgré les risques qu’ils encouraient. Avec l'intensification du conflit, de nombreux révolutionnaires s'investissent dans l'humanitaire jusqu'à en faire une activité professionnelle rémunérée depuis les zones libérées ou depuis l'étranger. Dans les zones contrôlées par le régime, l'engagement civil persiste, clandestinement via des actions humanitaires risquées. Les activités militantes se diversifient : conseils locaux, aide médicale aux blessés, soutien aux populations déplacées (ouverture d’école, initiatives culturelles, aide psychologique) ou encore création de médias alternatifs. La résilience des syriennes et des syriens est immense. Pour exemple, des conseils locaux sont établis pour gérer l'aide humanitaire durant le long siège de Douma commencé en 2013 après les frappes chimiques. Des tunnels sont creusés pour briser partiellement le blocus et permettre l'arrivée de médicaments et de nourriture. Aujourd’hui les défis de la reconstruction sont immenses. Le gouvernement provisoire fait face à un pays dévasté par 14 ans de violence et 50 ans de dictature. La destruction massive des infrastructures et le niveau élevé de pauvreté (90% sous le seuil de pauvreté) compliquent davantage les efforts de reconstruction. La question de la justice transitionnelle doit être intégrée dans toute discussion sur la reconstruction du pays en vue d'établir les responsabilités de chacun, et de permettre de faire face, un jour, à un tel héritage. Modération : Sophie Bilardello (CNRS, IISMM) Captation : BULAC

    La Syrie se révolte / L. Ruiz de Elvira,  S. Alhamed et  Y. Hakoum
  3. Mar 27

    Un printemps ottoman. La révolution jeune-turque de 1908 / Rencontre avec François Georgeon

    Atelier-rencontre avec François Georgeon autour de son ouvrage, Un printemps ottoman. La révolution jeune-turque de 1908. Paris, Les Belles Lettres, 2026 Discutant : Özgür Türesay (EPHE) Présentation : Philippe Pétriat (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, IISMM) Été 1908. Après des décennies d’un régime autocratique, l’Empire ottoman connaît soudain une vague de liberté sans précédent. Des chrétiens, des juifs et des musulmans s’embrassent dans les rues aux cris de « vive la liberté ! ». De multiples mobilisations populaires voient le jour, impliquant des jeunes, des femmes ou des ouvriers. La révolution jeune-turque est en marche. Elle est le résultat d’un coup de force organisé par des officiers de la IIIe armée de Macédoine qui, en menaçant de marcher sur Istanbul, ont contraint le sultan Abdülhamid II (1876-1909) à établir un régime parlementaire. Inspirée par les idées de patrie, de liberté, de justice et de progrès, l’action des Jeunes Turcs, patiemment préparée, déclenche une séquence d’événements déterminants pour l’avenir de la région, depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient : à la fête révolutionnaire et aux élections à la Chambre des députés, succèdent, dès 1909, une tentative de contre-révolution à Istanbul, une explosion de violences contre la communauté arménienne d’Adana, l’envoi en exil du sultan, puis la relance d’une révolution de plus en plus teintée d’illibéralisme. L’ouvrage de François Georgeon, synthèse de nombreuses années de recherches, livre la première étude en français sur cette révolution cruciale mais souvent oubliée. Il la replace dans le contexte historique global (guerre russo-japonaise de 1905, mouvements constitutionnalistes en Russie et en Iran, apogée de l’impérialisme européen, déchaînement des nationalismes) et en analyse les paradoxes : pourquoi cette révolution, qui avait suscité l’enthousiasme et levé tant d’espoirs a-t-elle débouché sur une série de drames : la dictature des Jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, les défaites dans la Première Guerre mondiale et, pour finir, l’effondrement de l’Empire ottoman ?

    Un printemps ottoman. La révolution jeune-turque de 1908 / Rencontre avec François Georgeon
  4. Mar 23

    Le nationalisme du Baas au clan Assad / Z. Majed et T. Pierret

    Arabisme et syrianité : le nationalisme du Baas au clan Assad - Épisode 6 - Conférence publique du 12 mars 2026 00:00 - Présentation du fonds Michel Seurat, par Didier Inowlocki, chargé de collections pour le domaine arabe à la BULAC 08:26 - Présentation des conférenciers 10:34 - Ziad Majed, Professeur (Université américaine de Paris) 51:26 - Thomas Pierret, Chargé de recherche (CNRS, IREMAM, Aix-Marseille Université) Dans une époque marquée par l’impact du colonialisme et les défis identitaires, le Parti Baas est un parti fondé relativement tardivement par rapport aux autres grands mouvements du nationalisme arabe. Officialisé à Damas en 1947 par Michel Aflaq et Salah al-din Bitar à Damas, il avait pour ambition l’unité politique du monde arabe et la justice sociale. Les idées du Parti socialiste d'Akram al-Hourani sont intégrées lors d'une fusion en 1953 et donnent au Baas sa base idéologique singulière, rurale et révolutionnaire, face au marxisme d'une part, et au nassérisme d'autre part. 
En 1958, l'union entre l'Égypte et la Syrie forme la République arabe unie, soutenue par les bassistes malgré leurs hésitations envers Nasser. Cette union s'effondre en 1961, entraînant une tentative des bassistes de se réorganiser comme alternative au nassérisme. 
Les coups d'Etat de 1963 puis de 1966 manifestent le rôle croissant des militaires au sein du parti et la division avec la branche irakienne (notamment sur la question de la Palestine). Le "néo-Baas" qui prend le pouvoir en 1966 est mené par l'aile militaire (H. al-Assad devient ministre de la Défense) et nationaliste syrienne, hostile à la direction historique du parti (qui est arrêtée ou part en exil) et soucieuse de modérer le programme socialiste. 
Ce mouvement nationaliste, laïc mais valorisant la culture arabe et l’islam comme héritage culturel, prônant la justice sociale et les nationalisations, deviendra lors de la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970, l’instrument d’un pouvoir personnel. Combinant culte de la personnalité, recrutement militaire des membres de sa communauté (alaouite) et multiplication des services de renseignements, Hafez al Assad assure un contrôle total sur la société syrienne.
Le régime écrase toute opposition comme à Hama en 1982 ou dans la prison de Palmyre. Malgré un discours socialiste, le système évolue vers la corruption et le clientélisme avec la mise en place de réseaux familiaux autour du clan Assad. Sur le plan international, la Syrie adopte une politique pragmatique : instrumentalisation de la cause palestinienne, troupes combattant sous drapeau américain lors de l'invasion du Koweït, accord avec l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis pour obtenir le contrôle du Liban après les accords de Taëf. En 2000, à la mort d’Hafez al-Assad, une modification constitutionnelle permet à son fils Bachar d'accéder à la présidence malgré son jeune âge (34 ans). Sous son règne, l'économie syrienne commence à se libéraliser avec de nouvelles privatisations et une nouvelle génération d'hommes d'affaires proches du régime ouvrant la voie à plus de corruption.
Le régime reste politiquement fermé et la révolte éclate en 2011. Modération : Philippe Pétriat (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, IISMM) Programmation : Sophie Bilardello (CNRS, IISMM) Captation : BULAC

    Le nationalisme du Baas au clan Assad / Z. Majed et T. Pierret
  5. Mar 19

    Syrie - Bilan de 14 ans de révolution et de guerre, défis de la reconstruction

    Rencontre-débat IISMM Ces rencontres ont trois objectifs : mieux connaître l'actualité des défis auxquels le pays est confronté, comprendre la façon dont les acteurs de la société civile syrienne envisagent l'avenir du pays, encourager et relancer les échanges avec ces acteurs et les chercheuses et chercheurs en Syrie et en France. Bilan de quatorze ans de révolution et de guerre, défis de la reconstruction - Le 14 janvier 2026 à l'EHESS La première rencontre a réuni Myriam Ababsa, géographe et urbaniste (Ifpo, CAREP Paris), Hamit Bozarslan, politiste et historien (EHESS, CETOBaC), Valentina Napolitano, sociologue (IRD, LPED, AMU) et Yassin al-Haj Saleh, auteur et intellectuel syrien. Après la présentation de leur ouvrage "Syrian Society in Revolution and War (2011–2024). Legacy and Transformations", Presses de l’Ifpo, 2025, Myriam Ababsa et Valentina Napolitano ont partagé leurs analyses avec Hamit Bozarslan et Yassin al-Haj Saleh sur le bilan des 14 années de révolution et de guerre. Combinant le regard d’une géographe, d’une sociologue, d’un politologue et d’un essayiste, cette rencontre permet de saisir les profondes transformations sociales, économiques et politiques qui ont parcouru la société syrienne au cours de ces 15 dernières années. Les questions confessionnelles et politiques, la régularisation des propriétés immobilières, le retour des réfugiés depuis la chute du régime de Bachar al-Assad sont autant de défis que la société syrienne doit relever. Comment rétablir le contrat social ? Modération : Philippe Pétriat (IISMM-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) Captation et montage : Philippe Kergraisse (EHESS) Programmation : Sophie Bilardello (CNRS, IISMM) Photo : Louai Barakat, CC BY-SA 4.0

    Syrie - Bilan de 14 ans de révolution et de guerre, défis de la reconstruction

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