Planisphère géopolitique et stratégique

Diploweb

L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.

  1. 4D AGO

    Le Sahel, espace de confrontation informationnelle ? Avec S. Mihoubi

    Voici quelques années, la France était un acteur géopolitique important au Sahel. Puis la France a été contrainte de laisser la place à d’autres acteurs. Cette éviction s’est notamment faite au moyen d’une lutte informationnelle qui a diffusé des récits géopolitiques défavorables à Paris. Pour comprendre comment le Sahel est devenu un espace de confrontation informationnelle, Planisphère a la joie de recevoir Selma Mihoubi. S. Mihoubi, docteure en géopolitique de Sorbonne Université. Consultante spécialisée en influence informationnelle. S. Mihoubi partage au micro de Planisphère son expertise des dynamiques informationnelles à l’œuvre au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise. Lire la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Extrait de la synthèse "Longtemps zone d’influence prioritaire de la France, le Sahel est devenu en quelques années un espace central de confrontation informationnelle. La perte d’influence française, les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger comme l’arrivée de nouveaux acteurs étrangers ont profondément reconfiguré le paysage médiatique et géopolitique de la région. Selma Mihoubi, docteure en géopolitique et spécialiste de l’influence informationnelle, éclaire les mécanismes de diffusion des récits, les rivalités médiatiques et les stratégies d’acteurs qui transforment l’espace public sahélien. Son analyse met en évidence la complexité d’un environnement où se croisent désinformation locale, propagande étrangère et fragilité structurelle des systèmes médiatiques. Selma Mihoubi conteste l’idée selon laquelle la désinformation au Sahel serait essentiellement importée par des acteurs étrangers, en particulier russes. Selon elle, cette vision occulte la responsabilité et l’activité propres des acteurs locaux : autorités politiques, groupes sociaux ou communautaires, organisations sous-régionales. La désinformation circule souvent en lien direct avec les dynamiques internes, les tensions politiques, les crises sécuritaires et les récits historiques déjà présents. Ignorer cette dimension revient à méconnaître les logiques sociales et politiques qui façonnent la réception des discours. (...) Plusieurs facteurs fragilisent structurellement l’espace informationnel sahélien : faible développement économique, faiblesse des infrastructures médiatiques, contexte de guerre contre les groupes djihadistes, dépendance historique aux médias étrangers. Ces vulnérabilités attirent des acteurs cherchant à influencer les perceptions locales. Par ailleurs, l’héritage colonial et postcolonial, notamment avec la France, continue de structurer les imaginaires et offre un terreau fertile à des narratifs hostiles. L’accès dominant des agences de presse occidentales accentue aussi les inégalités dans la production d’information. (...) Les régimes militaires sahéliens ont accru leur contrôle sur les médias publics et privés. Intimidations, arrestations de journalistes, restrictions de diffusion : ces pratiques renforcent l’autocensure et limitent les discours critiques. Les autorités cherchent à uniformiser les narratifs et à empêcher toute remise en cause de leur légitimité. Sur les réseaux sociaux, une multiplication de comptes, authentiques ou non, pro-AES et pro-russes accompagne cette stratégie, relayant des discours hostiles à la France et valorisant les nouvelles alliances. (...) La France tente aujourd’hui de redéployer sa présence informationnelle. En 2025, France Médias Monde a lancé ZOA, une plateforme 100 % numérique et panafricaine basée au Sénégal, à Dakar. Son ambition est d’adopter un ton plus jeune et d’intégrer davantage de journalistes locaux, répondant aux critiques sur la distance culturelle entre les médias français et les publics africains. (...)" Lire ⁠la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Cette émission a été enregistrée le 08/12/2025 et diffusée le 17/02/2026

    26 min
  2. 6D AGO

    Pourquoi l’Arctique devient-il stratégique ? Avec J. Bachelier

    Longtemps relégué à la périphérie des préoccupations stratégiques, l’Arctique a bénéficié d’une forme d’« exception polaire » tacite, garantissant à la région une stabilité relative. Cet espace, perçu comme marginal, scientifique et coopératif, semblait durablement éloigné des grandes rivalités de puissance. Pourtant, dès 2017, la Revue stratégiquedu ministère des Armées identifiait déjà l’Arctique comme un possible « espace de confrontation ». L’évolution récente du contexte international lui a donné raison. La relance de la guerre russe en Ukraine en 2022 a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques et mis fin à l’exception arctique. En juillet 2025, la France publiait sa Stratégie de défense pour l’Arctique. Quelques mois plus tard, en janvier 2026, le président des États-Unis réaffirmait sa volonté de prendre, d’une manière ou d’une autre, le contrôle du Groenland, suscitant un moment de fortes tensions, y compris entre alliés au sein de l’OTAN. Pourquoi l’Arctique est-il devenu un espace stratégique à part entière, et comment la France entend-elle y jouer son rôle ? Pour le savoir, Planisphère reçoit à son micro Jérémy Bachelier. Podcast et synthèse rédigée. Jérémy Bachelier, Capitaine de frégate, officier d’active de la Marine nationale. Il occupe actuellement les fonctions d’expert aéro-maritime au sein de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), au titre desquelles il a travaillé à la préparation de la stratégie française de défense pour l’Arctique, publiée en juillet 2025. Il s’exprime en son nom propre. Cette émission a été enregistrée le 27/01/2026 et diffusée le 10/02/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Extrait de la synthèse rédigée " (...) Depuis plus de quarante ans, cet espace connaît une transformation environnementale rapide et profonde. Les données satellitaires disponibles depuis 1979 attestent d’une réduction de la superficie de la banquise de 10 à 12 % par décennie, ainsi que d’une perte moyenne d’épaisseur d’environ 30 cm par décennie. Ces évolutions modifient radicalement les usages de la région, en rendant accessibles des espaces jusqu’alors inexploitables, tant pour les activités économiques que pour l’accès aux ressources énergétiques et minières. Historiquement, la gouvernance de l’Arctique reposait sur une logique de coopération, notamment au sein du Conseil de l’Arctique, centré sur les enjeux environnementaux et scientifiques. Le changement climatique a profondément bouleversé cet équilibre. L’ouverture progressive de routes maritimes et l’accès à des ressources stratégiques ont transformé l’Arctique en nouvel espace de compétition entre puissances. (...) Pour la France, l’Arctique fait pleinement partie de sa profondeur stratégique, indissociable de la sécurité euro-atlantique. La Stratégie française de défense pour l’Arctique, publiée en juillet 2025, identifie quatre enjeux prioritaires. Le premier est celui de la sécurité collective. En tant que membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la France considère que toute agression contre un État nordique aurait des conséquences directes sur l’ensemble de ces organisations. Le deuxième enjeu concerne la liberté d’action, qu’il s’agisse de navigation, de survol ou d’accès aux espaces communs. La France entend préserver sa capacité à opérer librement, tant sur le plan commercial que militaire. Le troisième enjeu porte sur la sécurisation des ressources. L’Arctique recèle un potentiel important en hydrocarbures, minerais stratégiques et métaux critiques. La France souhaite éviter toute situation de dépendance ou de fait accompli, en sécurisant les chaînes d’exploitation et de transport. Le quatrième enjeu porte sur la protection des biens et des personnes. (...) " Voir ⁠la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com⁠

    26 min
  3. FEB 4

    Quelle présence russe en Afrique ? Avec C. Marin

    Quelle est la réalité de la présence russe en Afrique ? S’agit-il d’une nouveauté ou d’un retour réinventé ? Quelles sont ses formes et … ses limites ? Pour comprendre au mieux la présence russe en Afrique, Pierre Verluise reçoit au micro de Planisphère Cécile Marin, docteure en histoire contemporaine de l’INALCO. Claire, précise, nuancée. Podcast et extrait de la synthèse rédigée. Cécile Marin, docteure en histoire contemporaine, Enseignante en histoire à Sciences Po au sein du programme Europe/Afrique. C. Marin y anime le séminaire "Histoire et géopolitique de la présence russe en Afrique". Cette émission a été enregistrée le 3/11/2025 et diffusée le 3/02/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée.   Extrait de la synthèse rédigée. "La présence russe en Afrique suscite de plus en plus d’attention dans un contexte où les puissances occidentales, notamment la France, semblent en retrait sur le continent. Pour autant, cette influence russe, si elle paraît récente et vigoureuse, s’inscrit dans une histoire longue, marquée par les héritages soviétiques et les recompositions géopolitiques post-Guerre froide. Cécile Marin nous propose une lecture nuancée de cette présence, en soulignant à la fois ses continuités, ses transformations et ses limites structurelles. (...) L’isolement de la Russie après l’annexion illégale de la Crimée en 2014 l’a poussée à chercher de nouveaux partenaires, notamment en Afrique. Sa doctrine de politique étrangère de 2023 consacre pour la première fois un chapitre entier au continent africain, signe de son importance stratégique. Cette diplomatie s’exprime par l’organisation de sommets Russie-Afrique (Sotchi 2019, Saint-Pétersbourg 2023), la réouverture d’ambassades et de multiples forums multilatéraux ou régionaux. Ces rencontres très médiatisées visent à mettre en scène un rapprochement entre Moscou et les États africains. Les dirigeants africains trouvent dans ce partenariat une alternative narrative : la Russie se présente comme une puissance non coloniale, en opposition à l’Occident. Ce discours anticolonial, bien que paradoxal pour un "ancien" empire, séduit certains régimes en quête de légitimité face à leurs opinions publiques. (...) La principale dimension de la présence russe en Afrique est sécuritaire. Profitant du retrait français au Sahel, la Russie s’appuie sur des sociétés paramilitaires, notamment le groupe Wagner, puis Africa Corps après 2023. Ces forces soutiennent des régimes fragiles (Mali, Centrafrique, Niger) dans leurs luttes contre les groupes armés et deviennent un outil d’influence politique. Wagner ne s’est pas limité au mercenariat : le groupe a mené  une guerre informationnelle, diffusant une propagande pro-russe et anti-occidentale via les réseaux sociaux, des campagnes de désinformation et des médias affiliés. Cette influence numérique et psychologique exploite les ressentiments postcoloniaux et contribue à remodeler les perceptions locales : la Russie y apparaît comme le partenaire libérateur face à l’Occident déclinant. La Russie a développé un écosystème médiatique offensif en Afrique. Après l’interdiction de Russia Today et Sputnik en Europe, ces médias ont recentré leurs activités sur le continent africain, avec la création de Sputnik Afrique en 2022. Ces médias diffusent massivement du contenu en français et en anglais, parfois relayé gratuitement par des chaînes locales africaines grâce à des accords de partenariat. En parallèle, la Russie mène des campagnes numériques sophistiquées, souvent appuyées par des IA génératives, comme l’a révélé le service français Viginum. Face à cela, l’Europe et la France ont tardé à réagir, concédant un retard stratégique dans la bataille des récits. (...) La présence russe en Afrique est donc une réalité plurielle, plus politique et symbolique qu’économique. (...)" Voir sur ⁠Diploweb.com la synthèse rédigée complète.⁠

    26 min
  4. JAN 28

    Existe-t-il une géopolitique du sable ? Avec J. Bueb

    Avez-vous déjà fait des pâtés de sable ? Et vous êtes-vous déjà demandé s’il est possible de faire une géopolitique du sable ? Parce qu’il s’agit d’un matériaux clé de la mondialisation, Planisphère pose la question à Julien Bueb , Docteur en économie de l’environnement. Il vient de publier « Géopolitique du sable » aux éditions Le Cavalier bleu. Cette émission a été enregistrée le 29/09/2025 et diffusée le 28/01/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée complète Extrait de la synthèse rédigée "Le sable souvent associé à l’image des plages et des déserts, est en réalité l’une des ressources les plus stratégiques de notre époque. Matériau le plus consommé après l’air et l’eau, il est indispensable à la construction, aux technologies modernes et à de nombreuses industries. Dans son ouvrage « Géopolitique du sable », Julien Bueb explore les dimensions environnementales, économiques, sociales et géopolitiques de cette ressource en apparence banale mais essentielle à la mondialisation. Le sable est massivement utilisé dans le BTP (béton, voiries, ballast, autoroutes), mais aussi dans le verre, les fioles médicales, la fibre optique ou encore la fracturation hydraulique. Chaque être humain consomme en moyenne 18 kilos de sable par jour. Cette demande colossale, bien supérieure à celle des métaux rares, met sous pression une ressource pourtant considérée comme abondante. L’extraction du sable entraîne de nombreux impacts écologiques : . Pollution de l’eau et de l’air, contamination aux métaux lourds. . Affaissements de terrains et destruction d’écosystèmes. . Érosion côtière et disparition de plages, accentuées par les prélèvements marins. . Salinisation des nappes phréatiques, mettant en danger l’accès à l’eau potable et l’agriculture. La moitié de la population mondiale vivant en zone côtière est directement exposée à ces risques, aggravés par le changement climatique. Sur le plan social, ces pressions créent de nouvelles vulnérabilités pour les populations locales. La rareté et les réglementations croissantes favorisent l’émergence de réseaux illégaux. Les mafias du sable prospèrent, notamment en Inde, où elles vont jusqu’à pratiquer la corruption et parfois l’assassinat. La demande croissante des marchés émergents alimente ce trafic mondial et contribue à un système parallèle de fourniture pour les besoins du BTP. Le sable ne fait pas directement l’objet de conquêtes territoriales, mais il sert d’auxiliaire stratégique. En mer de Chine méridionale, Pékin utilise le sable pour poldériser des récifs et construire des bases, renforçant ses revendications territoriales. De même, en draguant du sable près des îles taïwanaises, la Chine fragilise les territoires voisins tout en exploitant les ressources halieutiques. Singapour illustre la puissance du sable comme outil de croissance : l’État insulaire a agrandi son territoire grâce à des importations massives, entraînant la disparition d’îles indonésiennes. Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont bâti leur stratégie de soft power touristique (Palm Islands, hôtels de luxe) grâce à l’importation de sable australien, le sable désertique étant inadapté à la construction. (...) Julien Bueb envisage trois scénarios pour l'avenir: «  Business as usual  » : la consommation continue de croître (jusqu’à 60 milliards de tonnes par an en 2050), aggravant les désastres écologiques et sociaux. La croissance verte : parier sur la technologie pour réduire l’empreinte matérielle, mais cette solution reste largement insuffisante. La sobriété : repenser nos modes de consommation et de production, réduire la demande et interroger nos besoins réels, en intégrant une nouvelle manière « d’habiter la Terre »." Lire ⁠la synthèse rédigée complète⁠

    24 min
  5. JAN 21

    Trump II. Quoi de neuf ? JB. Velut et C. Renault

    Voici « Trump II, quoi de neuf ? » Deuxième partie, avec Jean-Baptiste Velut et Clément Renault. La puissance américaine sous Trump II se durcit, mais se fragilise. L’arsenalisation du commerce et la politisation du renseignement traduisent moins une stratégie cohérente de domination qu’une réaction défensive face à un monde devenu multipolaire. À court terme, ces choix peuvent produire des effets de contrainte. À long terme, ils accélèrent la perte de leadership des États-Unis, au profit d’acteurs plus constants et plus lisibles, au premier rang desquels la Chine, tout en poussant les Européens à repenser leur autonomie stratégique. Podcast et synthèse rédigée. Jean-Baptiste Velut, Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle, spécialiste de la politique commerciale et des relations État-marché aux Etats-Unis. Clément Renault, Chercheur “Renseignement, guerre et stratégie” à l’IRSEM et enseignant à Sciences-Po, spécialiste du renseignement. Propos enregistrés lors d’une conférence publique le 5/11/2025 ; radiodiffusés le 20/01/2026. Les partenaires de cette conférence : Diploweb.com, ENC, IRSEM, Radio Notre-Dame et RCF, OPEXAM, Politique Américaine et le Centre géopolitique. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse. Lire la synthèse rédigée du podcast Extrait de la synthèse. 1e partie – Jean-Baptiste Velut "Jean-Baptiste Velut définit l’arsenalisation de la politique commerciale comme l’instrumentalisation assumée de l’économie à des fins stratégiques et politiques. Droits de douane, restrictions à l’exportation ou sanctions deviennent des leviers de pression diplomatique. S’il rappelle que les liens entre commerce et sécurité ne sont pas nouveaux, notamment durant la Guerre froide, il souligne que leur usage est aujourd’hui beaucoup plus frontal, décomplexé et politisé, s’inscrivant dans une logique de géoéconomie assumée. La principale nouveauté du second mandat de Trump réside dans ce que Peter Feaver appelle le transactionnalisme nu. Les mesures commerciales ne servent plus uniquement à obtenir des concessions économiques ou stratégiques, mais deviennent des outils punitifs personnalisés, utilisés pour sanctionner des partenaires en désaccord avec les positions politiques ou personnelles du président des Etats-Unis. Des alliés traditionnels comme le Canada, le Brésil ou l’Union européenne se retrouvent ainsi ciblés, parfois pour des motifs sans lien direct avec le commerce, ce qui rompt avec les pratiques diplomatiques classiques. (...)" 2e partie – Clément Renault "Selon Clément Renault, le second mandat de Trump marque une politisation profonde et multiforme du renseignement. Celle-ci se manifeste par :. l’usage sélectif ou détourné des évaluations fournies par les services,.la réorientation idéologique des priorités de l’ensemble de la communauté du renseignement,.et l’exploitation des services à des fins politiques personnelles.Les priorités sécuritaires sont de plus en plus indexées sur les enjeux de politique intérieure (immigration clandestine, trafic de drogues, etc. ), au détriment de menaces stratégiques de long terme. (...) Face à l’incertitude générée par Trump II, Clément Renault observe une intensification des coopérations de renseignement entre États européens, en dehors du cadre institutionnel de l’Union européenne. Ces coopérations ad hoc, bilatérales ou multilatérales, permettent de compenser partiellement la fragilisation du lien transatlantique. Toutefois, l’idée d’un service de renseignement européen intégré demeure, à ce stade, irréaliste." Lire ⁠la synthèse rédigée du podcast⁠

    26 min
  6. JAN 13

    Trump II. Quoi de neuf ? Avec E. Chelle et D. Cadier.

    Nous sommes chaque semaine bousculés par une actualité internationale disruptive. Manifestement, le monde n’est plus comme avant. Mais comment le comprendre ? Voici un an, Donald Trump faisait son retour à la Maison Blanche. Plus dur avec ses alliés européens qu’avec des régimes autoritaires, les Etats-Unis contribuent à rebattre les cartes. Alors, la puissance américaine est-elle devenue prédatrice ou en péril ? A l’approche de l’anniversaire du retour de D. Trump nous vous proposons deux émissions à partir des propos des experts rassemblés lors d’une conférence publique, le 5 novembre 2025, à l’ENC Blomet (Paris). Voici, Trump II, quoi de neuf. Première partie avec Élisa Chelle puis David Cadier.  Propos enregistrés lors d’une conférence publique le 5/11/2025 ; radiodiffusés le 13/11/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée Extrait de la synthèse "Pour Élisa Chelle, on ne peut interpréter la politique étrangère de Donald Trump qu’en tenant compte des fractures internes au Parti républicain. Celui-ci se compose à la fois d’un courant isolationniste, hostile aux interventions extérieures coûteuses depuis les attentats du 11 septembre et d’un courant interventionniste, souvent nourri d’une vision idéologique et religieuse de la mission américaine dans le monde. Trump n’ayant aucun intérêt politique à trancher entre ces deux factions, il adopte une position fluctuante, qui lui permet de conserver le soutien des uns comme des autres. Les revirements apparents sont donc moins des incohérences que le résultat d’une stratégie d’équilibriste. Trump privilégie une diplomatie du Verbe, où l’annonce publique, la menace et la provocation priment souvent sur l’action concrète. Les ultimatums spectaculaires, les déclarations contradictoires et les improvisations calculées créent un climat de tension permanente qui lui permet d’afficher une posture de fermeté sans engager immédiatement des moyens militaires. Cette communication agressive sert autant à rassurer sa base politique qu’à déstabiliser ses interlocuteurs, tout en minimisant les risques et les coûts pour les États-Unis. La diplomatie devient alors un théâtre où se joue la puissance plus qu’elle ne s’exerce matériellement. (...) David Cadier s’intéresse ensuite à la politique américaine à l’égard de la guerre en Ukraine. Les positions de D. Trump sont marquées par les revirements, les annonces improvisées et les déclarations à effet médiatique. Cette imprévisibilité nourrit la confusion parmi les alliés européens, qui ne savent plus comment anticiper l’évolution de la politique américaine. Le rapport aux partenaires devient dès lors anxiogène car la cohérence stratégique semble céder la place au calcul politique immédiat. Malgré cette apparente instabilité, il est possible d’identifier des constantes. Trump cherche d’abord à obtenir un accord de paix, ou plus exactement un « deal », dont la valeur réside surtout dans sa capacité à renforcer son image personnelle. Il souhaite ensuite réduire la responsabilité sécuritaire américaine en Europe, en transférant davantage de charges aux États européens. Enfin, il ambitionne de normaliser les relations avec la Russie, dans une logique pragmatique plutôt que normative. L’important n’est pas la cohérence, mais l’efficacité perçue. David Cadier insiste sur le fait que l’administration Trump adopte une lecture différente de celle des Européens : la guerre n’est pas seulement l’expression d’un impérialisme russe, mais un engrenage stratégique comparable à celui de 1914. Par ailleurs, les États-Unis tendent à réorienter leurs priorités vers d’autres régions du monde. L’Europe cesse d’être un centre stratégique majeur, ce qui confirme un mouvement de fond engagé depuis plusieurs années. (...)" Voir la suite sur ⁠Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée⁠

    26 min
  7. JAN 7

    Que peut nous apprendre le lauréat du GP de l’Académie du renseignement ? Y. Zolets

    Le roman peut-il nous éclairer sur le monde secret du renseignement ? Oui, quand il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement. Le Grand Prix Œuvre de création - mention « Fiction » 2025 a été décerné à Yann Zolets pour son roman intitulé « Le Petit caporal », paru aux éditions La Manufacture du livre. Cet ouvrage - qui se lit avec beaucoup de plaisir - débute par cet avertissement au lecteur : « Dans ce roman, les vérités se mêleront à la fiction et à l’imagination pour veiller à la sérénité et à la tranquillité de nos espions. » L’auteur de cet ouvrage, « Le Petit caporal » signe sous le pseudonyme de Yann Zolets.  L’auteur de ce roman, « Le Petit caporal » signe au éditions La manufacture du livre sous le pseudonyme de Yann Zolets. Il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement (2025). Il a servi 16 ans au sein de la Marine nationale française. Il a parcouru l’espace post-soviétique pendant une dizaine d’années. Il appartient au monde du renseignement français.  Cette émission a été enregistrée le 22/12/2026 et diffusée le 6/01/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée. Extrait de la synthèse rédigée : "Le renseignement constitue un univers discret, souvent fantasmé, dont la réalité demeure largement inaccessible au grand public. Pourtant, la littérature peut offrir une voie d’accès privilégiée à ce monde secret, à condition qu’elle soit documentée et empreinte de crédibilité. Le roman « Le Petit Caporal », signé sous pseudonyme par Yann Zolets, lauréat du Grand Prix de l’Académie du Renseignement 2025 – mention Fiction, s’inscrit précisément dans cette perspective. Ancien officier de la Marine nationale et familier des milieux du renseignement, l’auteur livre un récit où la fiction s’entrelace avec la vérité, tout en respectant la confidentialité nécessaire aux services. À travers son œuvre et ses propos, il explore le rôle des clandestins, l’évolution géopolitique contemporaine et la tension entre vérité et raison d’État. Au cœur du roman et de l’entretien se trouve la figure du clandestin, parfois appelé « taupe » ou « illégal ». Ces agents d’exception doivent adopter une nouvelle identité culturelle et linguistique, tirant un trait définitif sur leur vie passée. Leur mission consiste à s’insérer durablement dans une société étrangère pour développer des réseaux de sources ou faciliter les opérations d’autres espions. Cette existence se caractérise par une préparation longue, exigeante et par un effacement total de soi, au service de l’État. Si tous les grands services de renseignement ont recours à des clandestins, la Russie demeure historiquement la plus expérimentée en la matière. Des opérations menées aux États-Unis ou en Europe, parfois inspiratrices de séries comme « The Americans », illustrent ce savoir-faire. Aujourd’hui, les méthodes évoluent, notamment par l’utilisation de diasporas pour contourner les contrôles. Toutefois, la pratique reste largement répandue au sein des grandes puissances. La décision de livrer des informations à une puissance étrangère répond rarement à une cause unique. Les Anglo-Saxons résument ces leviers sous l’acronyme MICE : Money (argent), Ideology (idéologie), Compromise(compromission), Ego. La trahison constitue toujours une rupture morale profonde, souvent liée à des circonstances personnelles critiques plutôt qu’à une conviction paisible et durable. Le développement de la biométrie, des traces numériques et de la surveillance globale complique considérablement l’activité clandestine. Il devient de plus en plus difficile de créer une identité totalement artificielle. Les services privilégient désormais davantage le recrutement local plutôt que l’infiltration classique d’agents étrangers, tant les risques techniques et opérationnels se sont accrus. (...)" Lire sur Diploweb la suite de la synthèse rédigée⁠.

    26 min
  8. JAN 2

    La guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Avec C. Gloaguen

    Quelles sont les perspectives stratégiques ? Dès juillet 2025, le Secrétaire général de l’OTAN nous a averti du risque d’une coordination entre la Russie et la Chine pouvant mener à des conflits simultanés en Europe et en Asie. Et le 5 novembre 2025 le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon a pointé la Russie comme notre principale menace. La Russie, dit le CEMA, "peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent" et tester les limites françaises et européennes "d’ici 3 à 4 ans", avec un risque de "choc" plus violent. Alors, la guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Pour en parler, Pierre Verluise reçoit Cyril Gloaguen au micro de Planisphère. Cyril Gloaguen, ancien attaché naval et militaire en Russie et au Turkménistan, ancien collaborateur des Nations Unies en Abkhazie/Géorgie. Docteur en géopolitique (IFG, Paris VIII). Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse  https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html Extrait de la synthèse rédigée: "Invité de l’émission Planisphère, Cyril Gloaguen analyse la dégradation de l’équilibre stratégique mondial et les risques de conflit entre la Russie et l’Europe. Son propos s’inscrit dans le contexte des alertes récentes du secrétaire général de l’OTAN et du chef d’État-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, qui considèrent la Russie comme la principale menace et évoquent la possibilité de tensions majeures d’ici quelques années. Pour Cyril Gloaguen, le désordre international, la fragilité européenne et la stratégie offensive de la Russie composent un tableau particulièrement préoccupant. Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente. Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente. (...)" Lire toute la synthèse rédigée à l’adresse  https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html

    26 min

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