Gestionnaires en action Podcast

Les Affaires

Le balado Gestionnaires en action traite de l'actualité boursière avec différents gestionnaires de portefeuille.

  1. FEB 27

    Tarifs: une décision dont les effets en Bourse sont difficiles à mesurer

    GESTIONNAIRES EN ACTION. La Cour suprême des États-Unis a invalidé le 20 février dernier les tarifs réciproques imposés par le gouvernement Trump en avril 2025. Toutefois, concrètement, la décision de plus haut tribunal du pays aura peu d’effets en Bourse, estime Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital. «C’est une grosse défaite du gouvernement Trump aux États-Unis. L’attention des marchés était à deux endroits. La décision peut potentiellement enclencher un processus de remboursement des tarifs auprès de certaines entreprises. Deuxièmement, moins de tarifs, c'est quand même bon pour les entreprises qui exportent vers les États-Unis. Les marchés ont donc bien accueilli la nouvelle», résume-t-il. Les dirigeants de sociétés cotées en Bourse, Costco (COST, 986,74$US) et FedEx (FDX, 387,68$US) ont notamment annoncé leur intention de poursuivre le gouvernement américain pour obtenir un dédommagement. «À quel point les sociétés vont-elles vraiment être en mesure d'avoir un remboursement du gouvernement américain. Ça, c'est vraiment la grosse question à laquelle personne n’a encore de réponse. L’effet immédiat de la décision sur le déficit fiscal américain est très difficile à déterminer», opine Nicolas Vaugeois. Il ajoute que le montant que le gouvernement américain pourrait devoir rembourser dépasserait 100 milliards de dollars américains. Le gestionnaire de portefeuille soutient également que la décision aura peu d’effets au Canada, puisque près de 90% des produits fabriqués au pays sont déjà exemptés de tarifs grâce à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM). «La Bourse canadienne continue de bien performer depuis. Donc, c'est sûr que tout ce qui est exportation vers les États-Unis devrait bénéficier de la décision de la Cour suprême, mais je mettrais un petit bémol pour des industries spécifiques comme celles de l’automobile et de l’acier qui sont toujours sous le coup de tarifs et qui vont continuer d’éprouver des difficultés», dit-il. Selon lui, la performance des banques et du secteur aurifère vont continuer de soutenir le marché boursier canadien.   Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  2. FEB 20

    Défense: quelles entreprises bénéficieront de la stratégie industrielle canadienne?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le gouvernement fédéral a dévoilé le 17 février la première Stratégie industrielle de défense du Canada, qui contient une enveloppe totale de 500 milliards de dollars. Plusieurs grandes entreprises canadiennes cotées en Bourse pourraient profiter de ces sommes colossales, estime Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD. Selon elle, CAE (CAE, 40,67$), Bombardier (BBD.B, 275,84$) et MDA Space (39,00$) sont trois exemples de sociétés qui pourraient obtenir d'importants contrats à long terme. «CAE, c'est un leader en formation et en simulation. Si on modernise les forces armées, il faut donc former des pilotes, des spécialistes, des techniciens. Donc, généralement, le gouvernement canadien, quand il modernise, il donne des contrats de formation sur une longue période. On parle de revenus récurrents», explique-t-elle. Elle ajoute que la situation de Bombardier va aussi au-delà de la vente d'avions. «On parle également de la transformation des appareils pour des missions spéciales et de contrats de maintenance de 20 à 30 ans», dit-elle. Pour MDA Space, qui se spécialise dans la conception de satellites, Julie Hurtubise soutient que c'est le même concept. «Un satellite, ce n'est pas juste un objet dans l'espace, c'est un programme complet. Une conception, un lancement, des stations au sol, de la maintenance, des remplacements de pièces», énumère-t-elle. La stratégie permettra donc de bâtir des programmes à long terme qui soutiendront des entreprises canadiennes durant plusieurs décennies. Les titres de petite capitalisation ne seront pas en reste En plus des trois entreprises citées précédemment, Julie Hurtubise soutient que de nombreuses entreprises canadiennes de petite capitalisation pourront également obtenir leur part du gâteau. Les grosses entreprises remportent les gros contrats, mais elles ont besoin de fournisseurs spécialisés. «C'est souvent là que les sociétés de petite capitalisation entrent en jeu. Par exemple, Firan Technology (FTG, 17,66$) fabrique des composantes électroniques critiques pour l'aérospatiale et la défense. Ce ne sont pas des contrats visibles dans les manchettes, mais ce sont des pions importants dans la chaîne d'approvisionnement», raconte-t-elle. Elle cite également Kraken Robotics (PNG.V, 8,18$), qui développe des systèmes de sonars et de la robotique sous-marine. «Avec les défis liés à la surveillance maritime, notamment dans l'Arctique, ce sont des technologies qui sont essentielles», dit-elle. Que restera-t-il pour les sociétés américaines et non cotées? Julie Hurtubise est d’avis que la stratégie du premier ministre Mark Carney n'est pas anti-américaine, mais que son objectif est clair et vise une diminution de la dépendance trop élevée du Canada envers les États-Unis en matière de défense. «Une société américaine qui a une vraie présence ici, une usine, un centre d'ingénierie, des employés au Québec ou au Canada, pourra également bénéficier de nouveaux contrats. Par contre, au risque de me répéter, Ottawa veut d’abord miser sur des sociétés canadiennes», croit-elle. Plus globalement, la conseillère en placements soutient que la Stratégie industrielle de défense du Canada, si elle est bien exécutée, aura des effets positifs et positionnera le pays comme un fournisseur crédible auprès de ses alliés. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  3. FEB 13

    Bombardier : un avenir sous le signe de la diversification

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Bombardier a dévoilé de bons résultats financiers au quatrième trimestre de son exercice 2025, mais d’autres éléments positifs ont aussi retenu l’attention de Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. «Globalement, on parle de résultats solides, surtout cohérents avec ce qu'on appelle la transformation de Bombardier des dernières années. Au quatrième trimestre, les revenus ont atteint 3,69 milliards de dollars (G$US), ce qui représente une croissance de 19 % sur un an. La progression vient surtout des livraisons plus élevées des jets d'affaires, mais aussi d'un mix de produits favorables. Mais ce qui frappe le plus que la croissance des revenus, en fait, c'est l'amélioration de la rentabilité. Écoutez, le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) a atteint 658 millions de dollars (M$US)», résume-t-il. Selon lui, les résultats montrent que Bombardier ne fait pas que vendre des avions, elle génère aussi davantage de bénéfices par avion. Il retient trois éléments importants des résultats trimestriels. Bombardier a livré 64 avions au quatrième trimestre, comparativement à 57 l'année dernière. L'amélioration de la rentabilité avec un bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) qui passe à 486M$US, ce qui constitue une hausse de 37% sur un an. Cet élément indique que la restructuration des dernières années a porté ses fruits avec une meilleure discipline financière, une chaîne d'approvisionnement plus stable et une meilleure efficacité industrielle. Génération de liquidités avec des flux de trésorerie libres au quatrième trimestre qui ont dépassé 1G$US. Luc Girard note également la progression du carnet de commandes, qui a atteint 17,5G$US au 31 décembre, lui qui était de 14,4G$US un an auparavant. «C'est quand même une progression de 22% et ce chiffre-là, il est important pour deux raisons. Premièrement, il confirme que la demande pour les jets d'affaires demeure solide, malgré les taux d'intérêt plus élevés et l'incertitude économique mondiale. Deuxièmement, il vous donne une visibilité sur les livraisons futures et ça stabilise les attentes au niveau du marché», dit-il. Prévisions, tensions commerciales et division des services Pour l’exercice 2026, Bombardier vise plus de 10G$US, plus de 157 livraisons d'avions, un BAIIA supérieur à 1,625G$US et des flux de trésorerie libres entre 600M$US et 1G$US. «C'est sûr que les prévisions indiquent que la direction anticipe la poursuite de la croissance, mais avec une certaine prudence sur la génération des liquidités, ce qui reflète quand même un environnement économique encore incertain», soutient Luc Girard. Du côté des tensions commerciales avec les États-Unis, le gestionnaire de portefeuille estime qu’il s’agit du principal point d’interrogation en ce qui concerne le futur proche de Bombardier. «Toute discussion sur des tarifs ou des restrictions commerciales, ça va créer de la volatilité boursière. Mais il faut faire la distinction entre les déclarations et les politiques réelles. À ce stade-ci, on parle davantage d'un risque de perception que d'un effet opérationnel concret», juge-t-il. Luc Girard voit aussi d’un bon œil la bonne performance de la division des services, qui inclut entre autres la maintenance des appareils et le remplacement des pièces. «Ça génère des revenus récurrents et ça donne quand même des marges plus élevées que lorsqu'on vend initialement l'appareil. Plus la flotte installée par Bombardier augmentera, plus cette activité deviendra importante, ce qui rend l'entreprise moins dépendante dans le cycle des nouvelles commandes», explique-t-il. Il note aussi l’émergence des activités de Bombardier dans le secteur de la défense, qui réduisent la dépendance de l’entreprise aux cycles de l’aviation civile. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  4. FEB 6

    Bourse : le point sur Alphabet et sur Anthropic

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Alphabet a fait état de résultats financiers robustes au quatrième trimestre de son exercice 2025, mais les investisseurs s’inquiètent des gigantesques dépenses en capital que la direction prévoit effectuer en 2026. «Les résultats d’Alphabet (GOOGL, 331,25$US) ont été exceptionnels, surtout pour une entreprise de cette taille», résume François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital et actionnaire de longue date de la société spécialisée dans la recherche en ligne et les services infonuagiques. Globalement, l’entreprise a dévoilé un bénéfice net de 34,5 milliards de dollars américains (G$US) durant le trimestre, et des revenus de 113,8G$US. «On parle de plus de 400G$US de revenus en 2025. À ce niveau, une croissance de 18% des revenus sur un an est phénoménale», dit-il. Les marchés ont toutefois fait preuve de prudence devant la volonté de la direction de dépenser entre 175G$US et 185G$US cette année pour financer, notamment, l’avancement de ses services d’intelligence artificielle, qui passent par l’agent conversationnel Gemini.   Alphabet a les moyens de ses ambitions «Je pense que c'est difficile pour des gens, actionnaires ou non, de poser un jugement là-dessus. Alphabet ne va pas donner tous ses secrets, mais il faut voir quel est le réel objectif de ces gros investissements. La bonne nouvelle, c'est que la société a les moyens de payer 185G$US en un an, puisqu’elle génère plus de 200G$US annuellement en flux de trésorerie libres», explique l’investisseur. Il rappelle que Gemini a vu son nombre d’utilisateurs grimper à 750 millions sur une base mensuelle. «En un an, ils ont vraiment fait un travail extraordinaire parce que c'était une réelle menace. Quand ChatGPT est sorti il y a trois ans, Google a très bien réagi. Même le président d'OpenAI, Sam Altman, a reconnu que Gemini était une excellente application. Ça a probablement coûté très cher à développer, mais je pense que ça a préservé le cœur du modèle d’affaires de Google», raconte François Rochon. Ce dernier souligne qu’au dernier trimestre, la division de services infonuagiques Google Cloud a vu ses revenus progresser de 48% sur un an, pour atteindre 17,7G$US. «C’est une meilleure progression que pour les services concurrents AWS d’Amazon (AMZN, 222,69$US) ou Azure de Microsoft (MSFT, 393,67$US)», dit-il.   Le pavé dans la marre d’Anthropic Outre les résultats d’alphabet, la semaine a aussi été marquée par une mise à jour majeure de l’agent conversationnel Claude, conçu par Anthropic, qui améliore grandement sa capacité à effectuer des tâches de programmation, générer des analyses financières ou rédiger des documents légaux. Le secteur des technologies a reculé à la suite de cette annonce, un geste que François Rochon considère comme une «surréaction». «Il y a des entreprises qui ont vu leur titre baisser de 10% à 15% en une journée qui restent extrêmement solides, qui existent depuis des décennies et qui possèdent des avantages concurrentiels difficiles à déloger. Il n’y a pas de niveau d’irrationnalité qui ne peut pas être atteint. Ça fait partie du jeu, mais je pense que la réaction des marchés a été exagérée», dit-il. La mise à jour de Claude ne remet donc pas en question les investissements de Giverny Capital dans des entreprise comme Alphabet ou Meta Platforms (META, 670,21$US). Le titre d'Alphabet a terminé la séance du 5 février sur un léger recul de 1,79$US, ou de 0,54%, à 331,25$US. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  5. JAN 30

    Bourse: les risques d'une diminution de l'indépendance de la Réserve fédérale américaine

    GESTIONNAIRES EN ACTION. La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont choisi de ne pas toucher à leur taux directeur cette semaine. La suite est toutefois plus floue, surtout du côté américain, alors que la Fed se prépare au départ du président Jerome Powell, prévu en mai prochain. La décision de la Fed de garder son taux directeur stable entre 3,5% et 3,75% a d’ailleurs été prise à 10 contre deux. Parmi les deux dissidents, Stephen I. Miran et Christopher J. Waller auraient préféré une diminution du taux directeur d’un quart de point. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, estime qu’il ne faut pas trop s’inquiéter des deux dissidents, puisque Stephen I. Miran a été nommé à la Fed par Donald Trump en août dernier et que Christopher J. Waller aspire à remplacer Jerome Powell à la tête de la banque centrale américaine dans quatre mois. «Je pense que si on regarde dans l'ensemble, quand on lit le discours de la Fed, qu’il y a plutôt une volonté de maintenir les taux. La Fed a indiqué que le marché de l'emploi s'était amélioré par rapport à ses perspectives du mois de décembre, que l'économie aussi allait mieux. Donc, quand on regarde ça, il y a vraiment un changement de tendance au niveau de la Réserve fédérale pour peut-être reporter les baisses de taux d'intérêt», estime-t-il. Marc L’Écuyer ajoute que même si le prochain président de la banque centrale américaine est enclin à recommander des baisses de taux d’intérêt pour se conformer à la volonté du président Donald Trump, que la décision doit être prise à la majorité parmi tous les gouverneurs de la banque centrale. «L’arrivée d’un nouveau dirigeant est un risque, c'est certain. Oui, ça peut provoquer une diminution de l'indépendance de la Fed par rapport au pouvoir politique. Toutefois, ça ne veut pas dire que la Fed va perdre son indépendance simplement parce qu’elle a un nouveau président qui est nommé par Donad Trump», tempère-t-il. Il concède toutefois que Cote 100 est une entreprise qui investit dans des entreprises en ayant des objectifs à long terme et préfère les pays où la banque centrale est indépendante. «Si à un moment donné, vraiment, on voit que l'indépendance de la Réserve fédérale américaine est compromise. Oui, ça pourrait peut-être remettre en question nos décisions d'investir aux États-Unis», affirme-t-il. Le principal risque d’une diminution de l’indépendance de la Fed serait, selon lui, que des baisses de taux trop agressives fassent rebondir l’inflation, ce qui serait un élément fort négatif pour la croissance économique des États-Unis. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  6. JAN 23

    Bourse : attention aux fonds obligataires

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Après trois années de bons rendements boursiers, les investisseurs qui souhaiteraient augmenter la portion obligataire de leur portefeuille en misant sur des FNB ou des fonds communs doivent auparavant porter une grande attention à ce qu’il y a sous le capot. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, reconnaît que le marché obligataire peut servir d’outil pour tempérer les ardeurs du gouvernement américain, puisque la dette atteint 38 billions de dollars américains, soit l’équivalent de 38 000 milliards de dollars américains. «Tout est lié, puisque 30% de cette dette est détenue par des investisseurs étrangers, notamment le Japon, le Royaume-Uni, la Chine et… le Canada! Si tous ces pays décidaient de vendre leurs titres de dette en même temps, il serait plus coûteux pour les États-Unis de refinancer leur dette», explique-t-il, estimant que le pays a besoin de ses partenaires commerciaux, qu’il le veuille ou non. Du côté des investisseurs individuels, après trois années de bons rendements boursiers malgré les multiples tensions géopolitiques qui ont émergé en cours de route, le moment pourrait être bien choisi pour procéder à un rééquilibrage de certains portefeuilles. «Dans certains portefeuilles, on pourrait voir un certain déséquilibre en faveur des actions, puisque cette catégorie d’actifs a très bien performé ces dernières années. Par contre, ce qu'il faut savoir, c'est que la règle d'or en investissement, c'est que l'actualité financière ne devrait jamais dicter l'allocation d’actifs de notre portefeuille», explique Vincent Fournier. Selon lui, chaque individu doit faire ses choix selon ses objectifs à long terme, ce qui implique de ne pas se laisser influencer par l’actualité.   Des fonds de titres obligataires peu avantageux Selon lui, les investisseurs qui décideraient d’augmenter la portion de titres à revenu fixe dans leur portefeuille doivent d’abord bien évaluer les véhicules qu’ils choisiront. «On parle beaucoup des avantages des fonds négociés en Bourse (FNB) pour les actions et on aurait tendance à penser que c'est la même chose du côté des FNB ou des fonds communs de titres à revenus fixes. Il faut faire attention parce que l'investissement indiciel de titres à revenu fixe  investissent généralement 75% de leur actif sous gestion dans des titres d'obligations fédérales et provinciales, qui sont les outils qui donnent le taux d'intérêt le plus faible au Canada», affirme-t-il. À son avis, les obligations de sociétés, qui offrent des rendements plus élevés, permettent de contourner ce problème. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  7. JAN 16

    Bourse : de la doctrine Monroe à la doctrine Donroe

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le voyage de Mark Carney en Chine peut réchauffer les relations diplomatiques avec le Canada, mais cela pourrait soulever l’ire de Washington. «Le Canada a besoin de diversifier ses marchés d'exportation et nos partenaires économiques. Donc, c'est naturel de vouloir penser à la Chine», explique Sébastien Mc Mahon, vice-président, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs. Selon lui, il est important de rétablir les relations Canada-Chine, qui s’étaient passablement détériorées sous le règne de Justin Trudeau. «Si on veut s'affranchir de la relation avec les États-Unis et diversifier nos marchés, il faut penser à l'Europe et à l'Asie», plaide-t-il. Un premier pas Il précise qu’il faudra encore plusieurs rencontres entre les dirigeants canadiens et chinois avant que des retombées économiques tangibles profitent aux marchés boursiers du pays. «Au début, on va parler probablement des tarifs sur les voitures électriques chinoises. Bien sûr, l'Ontario ne veut pas qu'on fasse le sacrifice là-dessus. Toutefois, la Saskatchewan et le Manitoba aimeraient qu'on diminue les tarifs sur les autos électriques pour pouvoir, en retour, ramener les ventes de produits agricoles en Chine», dit-il. Sébastien Mc Mahon ne peut passer sous silence que le périple chinois de Mark Carney survient alors que les États-Unis vont de l’avant avec la doctrine Donroe, qui s’inspire de la doctrine Monroe, établie en… 1823! Selon la doctrine Monroe, les États-Unis devaient s'opposer à toute tentative de colonialisme européen en Amérique. Aujourd'hui, la doctrine Donroe repose sur le contrôle accru des États-Unis sur les Amériques au détriment de la Chine et de la Russie. «La stratégie de sécurité des États-Unis qui a été publiée au mois de novembre dernier, est basée sur l'idéologie américaine comme quoi la cour arrière des États-Unis, ce sont les Amériques. Il y avait un enjeu au Venezuela, il y en a un à Cuba, il y en a un au Nicaragua, qui sont plus alignés avec la Russie», explique-t-il, ajoutant que le problème, selon lui, est que le gouvernement de Donald Trump est allé écrire noir sur blanc que les États-Unis devraient faire tout en leur pouvoir pour repousser les sociétés étrangères qui investissent dans les Amériques. «Donc là, on passe d’une stratégie de sécurité à une autre qui est plus économique. La Chine a investi massivement en Amérique du Sud au cours des 20 dernières années. De vouloir repousser les entreprises chinoises à l'extérieur du continent pourrait provoquer de grandes frictions géopolitiques», affirme-t-il. Le stratège ne serait donc pas surpris que Washington voit d’un mauvais œil le voyage du premier ministre du Canada en Chine. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  8. JAN 9

    Venezuela: un frein de 100 milliards de dollars américains

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le sujet qui retient l'attention en Bourse en ce début d'année est l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, survenue dans la nuit du 2 au 3 janvier, et son extradition aux États-Unis. Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital, constate que cette arrestation a pour le moment eu un effet négatif sur le secteur canadien de l’énergie, en recul de 2% depuis le début de l’année, alors que l’indice S&P/TSX est en progression de 1,25%. «La raison derrière ça, c'est le fait que le Venezuela pourrait potentiellement recommencer à exporter son pétrole vers les États-Unis, même s’il y a un important bémol. Le Venezuela produit actuellement un million de barils de pétrole par jour. Si on retourne à leur sommet, en 1997, ils en produisant 3,3 millions. Donc oui, il y a de la capacité d'augmenter leur production puis d'exporter leur pétrole», raconte-t-il. Il précise toutefois que les installations pétrolières du pays sont désuètes et que selon les premières estimations, les remettre à niveau coûterait au minimum 100 milliards de dollars américains. «La taille des investissements constitue un frein important, sans oublier qu’il n’y a pas eu de changement de régime au Venezuela, puisque Delcy Rodriguez, qui était le bras droit de Nicolas Maduro, est à présent au pouvoir», dit-il. Selon lui, il faudra que le gouvernement local vote des lois ou des garanties pour que les investissements étrangers commencent à affluer au pays, pour éviter que des expropriations aient lieu comme ce fut le cas sous les règnes de Hugo Chavez et de Nicolas Maduro. Sans oublier que le prix du baril de pétrole se négocie toujours à moins de 60$US, ce qui rend tout investissement plus difficile à rentabiliser. «À ce prix, très peu vont vouloir s'engager au Venezuela. L’économie mondiale produit actuellement 1 million de barils de pétrole de plus qu’elle n’en consomme chaque jour. Si jamais le pays voulait ouvrir les vannes, l’offre augmenterait d’autant et pourrait pousser les prix encore plus bas», soutient Nicolas Vaugeois. Il entrevoit donc que le prix de l’or noir devrait rester proche de ses niveaux actuels cette année ou potentiellement baisser. Outre la situation au Venezuela, les marchés financiers ne doivent pas perdre de vue que la situation de l’emploi sera critique aux États-Unis. «Les données sur la capacité des ménages américains à rembourser les paiements sur leur compte de carte de crédit ou les prêts auto seront à surveiller», note-t-il. Les marchés surveillent aussi le jugement à venir de la Cour suprême des États-Unis sur la légalité des tarifs douaniers imposés par le gouvernement Trump depuis un an. «Si l’imposition des tarifs est jugée illégale, le gouvernement pourrait devoir rembourser les entreprises qui ont été affectées par ces derniers. Plusieurs sociétés sont déjà prêtes à lancer des poursuites», affirme-t-il. L’autre dossier majeur sera la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique.   *Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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