Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

  1. 1h ago

    Somalie: plus de cinq millions de personnes souffriront de la faim dans les prochains mois [1/3]

    En Somalie, il y a urgence : la crise de la malnutrition est devenue plus que critique. Selon la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, près de 5 millions et demi de personnes connaîtront la faim entre octobre et décembre. 35 ans de conflit et de déplacements de populations, les récentes crises climatiques et l’effondrement de l’aide humanitaire mettent aujourd’hui des vies somaliennes en danger.  De notre envoyée spéciale de retour de Kismayo, À l’hôpital central de Kismayo, capitale de l’État du Jubaland, dans le sud de la Somalie, des enfants sont venus consulter au centre de stabilisation. Soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge, il offre des soins d’urgence aux victimes de malnutrition. Ce jour-là, les patients ont entre 12 et 14 mois. Aucun ne pèse plus de 5 kilos. « Ici, c'est l'unité des soins intensifs. On a quatre patients. Tous souffrent de malnutrition aiguë, chacun avec des complications différentes, explique le Dr Abdulkarim Khayie. Cet enfant souffre de déshydratation. Celle-là a une pneumonie. Elle vient de la campagne de l'ouest de Kismayo. Quand elle est arrivée hier, elle était en grande souffrance. On lui a prescrit des soins d'urgence : oxygène, compléments alimentaires, antibiotiques. Si elle n'était pas arrivée, elle serait morte en six jours. » Selon la FAO, les zones rurales concentrent 62 % des cas de malnutrition. Pour leurs populations, l’accès aux soins est difficile. Les infrastructures de santé sont inexistantes. Les transports manquent. Mais surtout, il est quasi impossible d’obtenir l’autorisation des shebabs, groupe armé terroriste qui contrôle les campagnes. « J'ai marché pendant trois jours jusqu'à ce que je rencontre une voiture. J'ai dû m'enfuir. Les shebabs ne voulaient pas me laisser partir pour faire soigner ma fille, témoigne une maman qui préfère garder l’anonymat. Ils disent qu'on ne peut pas emmener les enfants, sinon le village va se vider. Alors ils nous forcent à rester. Ils m'ont envoyée à une pharmacie dans une zone qu'ils contrôlent. Là-bas, il n'y avait pas de médicaments. Alors je me suis enfuie dans la forêt et j'ai marché. » À lire aussiAprès trois décennies, l'ONU met fin à sa mission politique en Somalie « Je suis venue ici parce que je mourais de faim » Autre difficulté : les combats incessants. En ce moment dans le Jubaland, les troupes de l’État central mènent une offensive contre les shebabs. « Je suis venue ici parce que je mourais de faim. Mes enfants sont partis et m'ont laissée seule au village, dans la région de Jamaame. Je n'ai pas de ferme, je suis trop vieille pour travailler, confie Adna, la soixantaine, alors je dépendais de la générosité des voisins qui ont des petits lopins de terre, mais eux-mêmes ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins. Il y avait trop de combats, des avions, des bombardements qui ruinaient les terres. Les gens sont tous partis. » 433 000 enfants de moins de 5 ans souffriront de malnutrition aiguë sévère, dans les prochains mois, selon les Nations unies. Le plan de réponse humanitaire pour la Somalie pour 2026 n’a été financé qu’à hauteur de 15 %.  À lire aussiEn Somalie, les shebabs utilisent l'environnement pour renforcer leur pouvoir

  2. 1d ago

    À Ceuta, l'explosion des discours et des actes racistes contre les Marocains

    Après l'entrée de plus de 70 000 personnes en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole d'Afrique du Nord, les 30 et 31 juillet 2026, le racisme explose à Ceuta. Attisée par l’extrême droite, cette violence s’exprime ouvertement et plus spécifiquement envers les Marocains, alors qu’une grande partie de la population ceutienne est originaire du royaume. C’est cette société profondément fracturée qui a reçu en grande pompe le couple royal espagnol à la mi-octobre.  De notre correspondant de retour de Ceuta, Dans son discours de fin de visite, le mardi 13 octobre, le roi Felipe VI déclare devant la population et les autorités de Ceuta : « Vous démontrez par votre tradition et votre pratique quotidienne de la coexistence que vous transcendez les races, les langues et les religions, cela constitue une leçon précieuse. »  C’est là le cœur du roman national espagnol sur Ceuta qui serait exemplaire pour sa cohabitation religieuse entre islam, christianisme, judaïsme et même hindouisme. Elle est ainsi surnommée « la ville aux quatre cultures ». L’islam y est pratiqué par près de 43 % de la population. La grande majorité a la nationalité espagnole, mais trouve ses racines au Maroc. L’arrivée de plus de 70 000 personnes au milieu de l’été a fait voler en éclats le mythe de la cité harmonieuse. « Nous vivons dans un pays raciste, dénonce Aicha, 52 ans, qui est née et vit à Ceuta. Nos enfants hispano-marocains, quand ils sortent, on les agresse et après on te dit : "Ah désolé, on les a confondus avec des migrants." Mais pourquoi ils frappent les migrants ? Il n’y a aucune différence entre un migrant et mon fils. »  « Ce n’est pas possible de sortir frapper des jeunes Marocains, en disant : "Partons à la chasse au Moro", "Allons chasser les musulmans de Ceuta" !, poursuit, furieuse, cette native de l'enclave. Et nous, on supporte ça, mais eux, ils abusent. Imagine où en est arrivé ce pays. »  Un journaliste local agressé durant son travail, une adolescente de Ceuta prise à partie lors d’une manifestation… Leur point commun ? Ce sont des habitants racisés de Ceuta. Et c’est pour ça qu’ils ont été ciblés, à chaque fois assimilés à des migrants. À lire aussiCeuta: le dernier camp de migrants a été démantelé avant l'arrivée du roi d'Espagne Une crise qui révèle les fractures internes Amnesty International a publié un rapport fin septembre documentant l’explosion des actes racistes dans la ville et notamment un harcèlement quotidien commis par les militaires espagnols. « Finalement, il y a du positif là-dedans. Cette crise a montré que le monde dans lequel on vivait n’avait rien à voir avec la réalité d’une vraie cohabitation entre musulmans, juifs et chrétiens, pointe Mahmoud, un habitant. Ce n’est qu’un slogan, pour faire croire à l’extérieur, à l’Europe et à la société, que nous sommes une famille. »  L’extrême droite européenne est accusée d’alimenter les discours de haine. Lors de sa visite à Ceuta, le chef de Vox, le parti anti-immigration espagnol, a dénoncé « une invasion ». Un terme que les socialistes de Ceuta ont pointé du doigt. Il risque, selon eux, de fragiliser davantage la coexistence entre les différentes communautés de la ville. À écouter dans Grand reportageCrise migratoire à Ceuta, l'impossible cohabitation

  3. 2d ago

    Côte d'Ivoire: l'héritage du photographe Paul Kodjo dans son pays d'origine

    Le père de la photographie ivoirienne est exposé à Paris : après un passage à Arles cet été, les photos de Paul Kodjo arrivent au palais de Tokyo. Elles racontent la Côte d'Ivoire d'autrefois, le miracle économique et les soirées dansantes d'Abidjan, entre autres. L'exposition s'appelle « Photo-romance » et commence le 21 octobre. L'occasion de revenir sur l'héritage que Paul Kodjo a laissé dans son pays d'origine. C'est dans des magazines d'époque que l'on retrouve la trace des « photo-romans » de Paul Kodjo. Ce format semblable à une bande dessinée était publié régulièrement à partir des années 1970. « C'était le magazine culturel. Il était très populaire ! On l'appelait ID, pour Ivoire Dimanche », explique Ananias Léki-D**o, photographe. Il a recueilli les négatifs de Paul Kodjo avant son décès en 2021 et s'efforce depuis de les préserver. « À cette époque-là, Paul Kodjo, même s'il n'y avait pas forcément de possibilité d'exposition comme on peut l'entendre de nos jours, a eu la possibilité d'être vu », souligne le photographe. Aujourd'hui, l'exposition de ses clichés a lieu en France, mais ce n'est peut-être qu'un début. « Il serait bien que l'expo de Paul Kodjo soit vue en Côte d'Ivoire. Je ne peux pas vous dire quand, mais oui, on y réfléchit », ajoute-t-il.  Si les photos circulent, c'est grâce à leur conservation et leur numérisation qui a lieu dans l'atelier d'Ananias Léki-D**o à Bingerville, à côté d'Abidjan. Selon lui, ce travail permettra de faire connaitre le père de la photographie ivoirienne : « Des générations passées vont se souvenir du travail de Paul Kodjo et les plus jeunes vont découvrir Paul Kodjo. » À lire aussiGhana, Côte d'Ivoire, RDC et Algérie: l'Afrique des indépendances aux Rencontres de la photo à Arles Hermann Mobio est lui aussi photographe et travaille sur la numérisation depuis le début du projet. « En tant que jeune photographe, je peux dire que sur l'aspect technique, ça m'a permis de voir comment il affronte la lumière, comment il dompte, comment il gère la lumière dans sa photo... Ça m'a permis de voir aussi sa façon de cadrer », raconte-t-il.  Il n'est pas le seul à être inspiré par l'œuvre de Paul Kodjo. Jean-Luc Konkobo, photographe formé en architecture, voit en lui un modèle : « Il faisait des castings, Paul Kodjo repérait des personnes au Plateau, il dénichait des talents qui permettaient d'exprimer la vision de ce qu'il voulait. Et ça, c'est un truc qui va revenir énormément dans mon travail, vu qu'il s'agit de composition photographique. Il y a cette même recherche du personnage, de l'espace bâti pour créer un univers qui arrive à exprimer ce qu'on souhaite derrière. » Kodjo est donc une référence pour les connaisseurs, et pourra peut-être jouer un rôle d'historien d'une époque que la plupart des Ivoiriens n'ont pas connue.  À lire aussiAux Rencontres photographiques d'Arles, Paul Kodjo, l'inventeur du photoroman ivoirien

  4. 3d ago

    JOJ Dakar 2026: au Sénégal, les jeunes femmes aussi pratiquent la lutte, sport le plus populaire du pays [5/5]

    Samedi 31 octobre, s'ouvrent les premiers Jeux olympiques de la jeunesse sur le continent africain. Ce sera à Dakar où, pendant 15 jours, 2 700 athlètes de plus de 200 pays disputeront 25 disciplines en compétition officielle. Parmi les compétitions où le Sénégal est particulièrement attendu : la lutte, sport le plus populaire du pays. Si tout le monde connaît la lutte traditionnelle pratiquée par les hommes, il existe aussi une équipe nationale de femmes lutteuses. Pour ces JOJ, qui imposent la parité pour chacune des disciplines, quatre Sénégalaises de moins de 18 ans défendront donc les couleurs du Sénégal. Sur le sable et sous un soleil de plomb, ils sont 12 ce jour-là : six garçons et six filles, deux par deux, les genoux pliés, le haut du corps penché comme enlacés. Ils s'entraînent à la lutte de plage, dans les arènes nationales à Dakar. Elisabeth, du haut de ses 17 ans, vient d'entrer en seconde. Mais contrairement à ses camarades de classe en Casamance, elle n'a pas du tout la tête à sa rentrée scolaire cette année. « Ces JOJ, je ne pense rien qu'à ces JOJ. Je ne pense même plus à l'école, parce que si je pense aux JOJ et à l'école, il y a une partie qui va m'échapper. Moi, je préfère les JOJ. J'espère ramener une médaille d'or pour l'honneur du Sénégal », affirme Elisabeth Ebedo Diatta. Pour gagner, il faut faire tomber sa partenaire ou la faire sortir du terrain. La discipline olympique est assez proche de la lutte traditionnelle sénégalaise, le sport le plus populaire du pays. Mais pour Elisabeth, en short et maillot vert de la Fédération de lutte, membre de l'équipe nationale des cadets qui a décroché le bronze aux derniers championnats du monde en Égypte, plus que le sport, le plus dur, ce sont les clichés. « Certains disent que la fille ne doit pas pratiquer la lutte, car si elle pratique, elle va être comme un garçon, alors que ça c'est pas vrai, car moi, ça me fait du bien. Quand je pratique, ça me permet d'oublier certains soucis et d'éviter de me stresser », raconte la jeune athlète.  À lire aussiJOJ Dakar 2026: les ambitions de l'équipe ivoirienne de basket 3x3 [4/5] Isabelle Sambou, championne du monde en 2009, neuf fois médaillée d'or aux Championnats d'Afrique de lutte, est venue entraîner les jeunes athlètes sénégalaises. « Tout athlète souhaite aller aux Jeux olympiques, donc si tu as la chance de participer, il faut saisir cette chance et faire de ton mieux pour participer dignement et décrocher des médailles », les encourage Isabelle.  Celle qui a ouvert la voie à la lutte féminine au Sénégal, véritable icône, confirme la force de la misogynie, même si les mentalités commencent à changer. « Il y a toujours des critiques chez les femmes en tant que sportives, et peut-être encore plus pour la lutte. Maintenant, c'est mieux, mais avant, tu croisais quelqu'un, il rigolait jusqu'à tomber par terre : "Quoi, une fille qui fait de la lutte, hahaha !", raconte-t-elle. Mais moi, tu sais, j'aime la lutte. C'est ma passion, c'est mon sport, c'est moi qui ai choisi de faire la lutte à bas âge. C'est l'occasion pour le Sénégal de faire connaître à tout le pays que les filles peuvent pratiquer la lutte. » Car, pour l'heure, il n'y a qu'en Casamance que les femmes pratiquent ce sport, partie intégrant des traditions de l'ethnie diola. Dans une semaine, Elisabeth et trois autres lutteuses sénégalaises feront face à 44 athlètes femmes issues de 12 pays sur la plage de Saly. À lire aussiJOJ Dakar 2026: portrait d'Arno Yafunga, jeune judoka réfugié au Kenya [3/5]

  5. 4d ago

    JOJ Dakar 2026: les ambitions de l'équipe ivoirienne de basket 3x3 [4/5]

    Parmi les sept disciplines où la Côte d’Ivoire est engagée aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2026, on dénombre le basket 3x3, une pratique urbaine devenue discipline olympique à part entière. C'est en 2010 que le 3x3 a d'abord été adopté aux JOJ. Et il y figure toujours en bonne place. La Côte d'Ivoire, qui connaît une reviviscence de ses sélections jeunes en basket, s'empare aussi du basket 3x3. Rencontre avec l'équipe ivoirienne du 3x3 à Abidjan, avant le départ de celle-ci à Dakar. L'occasion d'observer la préparation et les ambitions de cette équipe ivoirienne aux premiers JOJ en Afrique. De notre correspondant à Abidjan, Les quatre « Éléphanteaux » du basket 3x3 ont été retenus à l'issue de diverses sessions de préparation entamées plusieurs mois auparavant à Abidjan. Mais déjà, en décembre 2025 en préambule, les jeunes Ivoiriens avaient décroché la médaille de bronze aux Jeux africains de la jeunesse en Angola. Mohamed Siby, 17 ans, était de cette aventure. Et il est l'un des quatre joueurs sélectionnés pour les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. « On a commencé la sélection avec la compétition en Angola. De retour en Côte d'Ivoire, on a commencé les préparations pour pouvoir garder les automatismes. On se préparait physiquement, mentalement. Le coach nous motivait et nous aussi. Nous avons un bon état d'esprit pour représenter la Côte d'Ivoire », explique-t-il. Un bel état d'esprit après un long marathon d'étalonnage, ponctué par le camp FIBA 3x3 des jeunes à Dakar. Pour le sélectionneur Ange Mian, le processus s'est décliné en trois séquences phares : « D'abord, une période de préparation physique et de sélection. Ensuite, la deuxième période, c'était purement de la technique et la connaissance du règlement. Et la troisième période, enfin, c'était technico-tactique. Plein feu en situation de match, gestion des 12 secondes, des 10 minutes -1 ou +2 etc. » À lire aussiJOJ Dakar 2026: portrait d'Arno Yafunga, jeune judoka réfugié au Kenya [3/5] Outre ces aspects physiques, techniques et tactiques, c'est l'ambition légitime d'une génération, sacrée championne d'Afrique U16 puis U18, qui porte ces jeunes talents. Samuel Kinda, international ivoirien de 16 ans, raconte : « Ça a demandé beaucoup de concentration, beaucoup d'énergie, beaucoup de QI, parce que le basket 3x3 est un sport avec beaucoup de rigueur, avec beaucoup d'intensité. On sait déjà qui on va affronter. On s'est préparé pour ça. Donc voilà, nous sommes prêts. » Prêts d'autant plus que ces jeunes basketteurs entrent dans l'histoire en devenant la première cohorte ivoirienne du 3x3 à des Jeux olympiques, fussent-ils ceux de la jeunesse. « C'est avec nous que ça commence pour les Jeux olympiques de la jeunesse. Donc moi et mes amis, on est vraiment motivés et déterminés pour représenter la Côte d'Ivoire. Et là, on va rendre fière la Côte d'Ivoire en revenant avec une médaille d'or », affirme Mohamed Siby. Des ambitions qui font écho aux attentes du sélectionneur Ange Mian, dont le but est de jouer les premiers rôles en procédant graduellement. « Mon premier objectif, c'est sortir des phases de poule, annonce-t-il. Parce que dans notre poule, nous sommes avec les Îles Salomon et l'Allemagne, qui est une très bonne nation de basket 3x3. Donc d'abord, je veux qu'on sorte de cette poule. Et puis, les objectifs vont se faire ensuite, match par match. Mais connaissant mes athlètes, on peut quand même jouer un peu le podium. » Ces athlètes Paul Adja, Quentin Ano, Khalil Issouf – tous 16 ans – et Mohamed Siby, 17 ans, ont déjà posé leurs valises à Dakar, où ils vont écumer le demi-terrain du Complexe de la Tour de l'Œuf à partir du 6 novembre. À lire aussiJOJ Dakar 2026: les Makis Ladies de Madagascar à l'assaut de la compétition de rugby à 7 [2/5]

  6. 5d ago

    JOJ Dakar 2026: portrait d'Arno Yafunga, jeune judoka réfugié au Kenya [3/5]

    Les Jeux olympiques de la jeunesse vont se tenir à Dakar, au Sénégal, du 31 octobre au 13 novembre. Ce sera la première épreuve olympique à se tenir sur le continent africain. Ce sera aussi la première fois qu’une équipe olympique de réfugiés participera aux Jeux de la jeunesse. Six jeunes athlètes originaires de différents pays d'Afrique, réfugiés au Kenya et en Ouganda, vont concourir en athlétisme, judo et taekwondo. Parmi eux, Arno Yafunga, jeune judoka, réfugié au Kenya. De notre correspondante à Nairobi, Les judokas affûtent leurs techniques de combat sur les tatamis de cette petite salle de judo de Nairobi. Parmi eux, Arno Yafunga, originaire de la République démocratique du Congo. Il  est arrivé au Kenya lorsqu'il était enfant. Aujourd'hui âgé de 15 ans, il participera aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar au sein de l'équipe des réfugiés, en judo, dans la catégorie des moins de 55 kilos. Il ne cache pas son ambition. « Je ne veux pas de médaille d'argent ou de bronze. Mon objectif est la médaille d'or, pour prouver qu'en tant que réfugiés, nous avons besoin de plus d'opportunités pour participer à des compétitions à l'étranger. J'ai failli pleurer quand j'ai appris que j'avais cette opportunité qui est immense pour moi. Je veux montrer qu'en tant que réfugiés, nous sommes capables d'accomplir de grandes choses », affirme-t-il. Son emploi du temps est strict : course à pied tôt le matin, école la journée, puis entraînement de judo le soir. Une passion pour ce sport de combat qu'il a hérité de son père. « Je voyais mon père aller au judo le matin. Ça m'a donné envie de pratiquer ce sport. Alors, je lui ai demandé de m'y emmener, car je voulais apprendre le judo, raconte-t-il. Ce sport m'éloigne des mauvaises fréquentations. Ici, à Nairobi, la vie peut être difficile. Il y a beaucoup de garçons qui peuvent vous entraîner à faire de mauvaises choses et vous attirer des ennuis. Dans le judo, c'est différent : on apprend le respect et le sens des responsabilités. Ça ne donne pas envie de se lier avec un tel groupe. » À lire aussiJOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5] Arno s'entraîne avec son père, Arnold, lui-même ceinture noire de judo. Ce Congolais dit avoir fui la RDC craignant pour sa vie et celle de ses proches. Il vit depuis plusieurs années en tant que réfugié au Kenya. « La vie de réfugié, c'est vraiment difficile. Si vous n'avez pas la carte ou bien le permis de travail, vous ne pouvez pas travailler ici. Et puis, les équipements de judo, c'est pas facile de les avoir comme ça. Il y en a beaucoup qui ont du talent mais ils ont des problèmes : des difficultés de documents ou des difficultés d'accès à des places pour s'entraîner. C'est un peu difficile », regrette-t-il. Arnold espère que la qualification de son fils aux Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar au Sénégal sera aussi source d'espoir pour sa communauté : « Être réfugié, n'est pas dire que c'est la fin. Un réfugié aussi à droit de rêver grand. Comme aujourd'hui Arno aussi est en train de rêver grand. Et nous espérons qu'il y aura de belles choses qui se passeront là-bas. » Comme Arnold et Arno, plus de 800 000 réfugiés et demandeurs d'asile vivent actuellement au Kenya selon des chiffres des Nations Unies. La moitié d'entre eux ont moins de 17 ans. À lire aussiJOJ Dakar 2026: les Makis Ladies de Madagascar à l'assaut de la compétition de rugby à 7 [2/5]

  7. 6d ago

    JOJ Dakar 2026: les Makis Ladies de Madagascar à l’assaut de la compétition de rugby à 7 [2/5]

    Elles vont représenter Madagascar lors de la compétition de rugby à 7 aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, les Makis Ladies achèvent cette semaine une préparation intense à Antananarivo, après avoir participé à un stage en Tunisie mi-octobre. Techniques de mêlée, de plaquage, stratégies d’attaque et de défense : si rien n’est laissé au hasard, c’est avant tout grâce à leur mental que ces jeunes sportives et leur coach disent vouloir faire la différence.  De notre correspondant à Antananarivo, La coach Dina Razafindratsara ne ménage pas ses douze joueuses. Sur le terrain à l’herbe jaunie du stade Maki d’Andohatapenaka, l’équipe enchaîne sous un soleil de plomb passes, plaquages et exercices de mêlées. « Les profils sont variés. Certaines évoluent dans des écoles de rugby depuis l’enfance, d’autres ont commencé il y a seulement deux ans, précise la coach. Elles ont passé des tests pour intégrer l’équipe. On a pris en compte leur taille, leur vitesse, leur technique et leur capacité intellectuelle à lire le jeu. » Le rugby à 7 demande explosivité et réactivité. La partie est courte, 14 minutes, le jeu, très intense. Sarika Raveloarisoa, 17 ans, porte fièrement le maillot des Makis aux couleurs malgaches : rouge, blanc et vert. « Ce que j’aime dans le rugby à 7, c’est qu’il y a plus d’espaces, d’intervalles où je peux me faufiler, explique-t-elle. Que ce soit pendant les entraînements ou à la maison, je me projette, je fais comme si j’étais déjà au Sénégal, et j’entretiens ma rage de vaincre. » Sport très populaire dans les bas quartiers de la capitale, le rugby attire 20 000 fans à chaque rencontre au stade Maki. « Ce que le rugby m’a appris, c’est la solidarité, le partage, l’amitié, confie Savanna Rakotonindrina, 16 ans, qui rêve de devenir joueuse professionnelle. Je suis honorée de représenter le pays dans une compétition internationale à l’étranger, je suis excitée d’y aller, j’ai hâte d’y être ! » À lire aussiLe Sénégal accueille les Jeux de la jeunesse, premier événement olympique en Afrique « Un état d’esprit de championnes ! » Au bord du terrain, Zo Andrianantenaina soigne l’une des joueuses, blessée après un violent choc. Cette kinésithérapeute est consciente que leurs conditions de préparation sont loin d’être optimales à quelques jours du décollage pour Dakar. « Ici, à Madagascar, les athlètes n’ont pas de vrais nutritionnistes qui les suivent. Mais on essaye de les conseiller sur ce qu’il faut manger ou faire pour avoir plus d’énergie. Le vrai problème, c’est le problème financier, souligne la kinésithérapeute. Toutes ces joueuses-là n’ont pas le même niveau de vie au quotidien, certaines ne mangent que deux fois par jour. Cela va provoquer des carences. Mais heureusement, notre point fort, c’est le mental ! » Ne rien lâcher, tout donner, c’est aussi le mot d’ordre de la coach dans son débrief après deux heures d’entraînement. « Quel est votre objectif aux Jeux olympiques ? Être championnes ? Alors, j’ose croire que vous avez un état d’esprit de championnes ! », s'exclame-t-elle. Les Makis Ladies affronteront la République tchèque, l’Espagne et les États-Unis en matchs de poule. À lire aussiJOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5]

  8. Oct 25

    JOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5]

    En République démocratique du Congo, Mervie Yembele, 16 ans, est l’un des neuf athlètes congolais sélectionnés pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar prévus du 31 octobre au 13 novembre. Sa discipline : l’escrime qu'il pratique au quotidien à Kinshasa. Les lames des escrimeurs s’entrechoquent dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Sur un terrain de sport en plein air, une poignée de jeunes, en tenue blanche, manient l’épée ou le fleuret. Parmi eux, Mervie Yembele. « Je m'entraine tous les matins de 8 h à 11 h ou 12 h, du lundi au samedi ; et le soir, mardi, jeudi et samedi », précise-t-il. Un programme chargé car à 16 ans, le jeune escrimeur se prépare à participer à ses premiers Jeux olympiques de la jeunesse. Son arme de prédilection : le sabre. « La façon de marquer par l'arme et tout, parade et tout. Avec toute cette rapidité dans une tierce de minutes, c'est vraiment chouette », explique-t-il. Pourtant, il y a quelques années encore, Mervie Yembele ne connaissait pas l’escrime. C’est en regardant les Jeux olympiques de Rio, au Brésil, en 2016, qu’il découvre cette discipline. « Il y a des gens qui se focalisent maintenant à la télé : "Il y a les Jeux olympiques, il y a les Jeux olympiques !" Je voyais des gens porter des tenues et des lames. Je me demandais : c'était quoi en fait ? Et je pensais que c'était seulement à l'extérieur du pays. Et du coup, après un moment, on a contacté mon maître en me disant que "non, ça existe aussi en RDC". Puis, j'ai adhéré à la Fédération », raconte-t-il. À lire aussiPourquoi les Jeux Olympiques de la Jeunesse ont-ils été créés ? Visage dissimulé derrière son masque, jambes fléchies en position de garde, le jeune athlète peaufine sa technique. Son objectif : décrocher une médaille aux Jeux olympiques de la jeunesse. « C'est vraiment un honneur pour moi de participer aux JOJ. La RDC ne compte pas de médaille olympique et du coup, aujourd'hui, je crois que c'est ma chance. Je dois saisir cette opportunité et ramener la toute première médaille olympique pour la République démocratique du Congo », affirme-t-il. Mais pour atteindre ce rêve, encore faut-il disposer des moyens nécessaires. Un défi pour ce jeune sportif congolais, comme l’explique Anaël Konga, vice-président de la Fédération congolaise d’escrime. « Les conditions d'entraînement sont vraiment médiocres. La fédération n'a pas de salle, nous n'avons pas de sponsors. On n'arrive pas vraiment à former suffisamment d'athlètes pour répondre aux besoins des compétitions. Le rendement sera assez difficile, mais comme le cœur y est. Alors on essaie de faire avec. » La Fédération congolaise d’escrime compte un peu plus d’une centaine de licenciés. À lire aussiJOJ Dakar 2026: ces jeux permettent de préparer les jeunes athlètes «aux exigences des standards du CIO»

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