“L’argument du rêve”Exposition en duo d’Amie Barouh et de Chloé Quenumà la Fondation Pernod Ricard, Parisdu 17 février au 18 avril 2026 Entretien avec Elodie Royer,commissaire d’exposition indépendante, et commissaire de l’exposition,par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 16 février 2026, durée 14’01, © FranceFineArt. https://francefineart.com/2026/02/18/3689_l-argument-du-reve_fondation-pernod-ricard/ Communiqué de presse Commissariat : Elodie Royer, commissaire d’exposition indépendante Exposition en duo d’Amie Barouh et de Chloé Quenum avec la participation de Mohamed Amer Meziane Introduction par Elodie Royer, Commissaire de l’exposition Très tôt l’humanité s’est pensée dans ses rêves. Il s’agit du lien vital, du récit dans la constitution d’une conscience collective, d’une communauté. Que raconter pour accepter d’être ensemble ? Des songes, précisément. Anne Dufourmantelle, Intelligence du rêve, 2012, Editions Payot. Cette exposition prend comme point de départ une hypothèse, celle de re-convoquer aujourd’hui le rêve pour ce qu’il peut raconter de nos modes d’existence, de relation et de représentation. Si nos rythmes de vie contemporains, souvent dé-corrélés de l’imaginaire, nous éloignent de nos rêves et de ce qu’ils déposent en nous (des présences et des présages, des êtres vivants et des fantômes, des lumières et des sensations), on pourrait tout autant affirmer qu’ils ne nous quittent jamais : ils nous veillent, faisant dialoguer le réel, avec d’autres lieux ou temporalités. Mais davantage qu’un lieu-refuge, poétique et doux, qui serait à l’abri du réel, le rêve – dans un ensemble d’oeuvres spécialement produites pour cette exposition – surgit tel un espace traversé de tensions, de violences et de désirs, où peuvent également se jouer certains enjeux contemporains, politiques et collectifs. Quelle place accordons-nous à nos nuits, avec ou sans sommeil, là où nos sens s’ouvrent à d’autres formes de connaissance ? À ce temps du repos, en marge de l’accélération continue d’une société, toujours plus connectée et fragmentée ? À cet espace du rêve, comme lieu où s’élaborent autrement nos vies éveillées, et leur magie ? L’argument du rêve s’inscrit ainsi dans un double mouvement, à la fois physique et réflexif, en rassemblant à la fois deux artistes, Amie Barouh et Chloé Quenum, et un philosophe, Mohamed Amer Meziane, avec pour trait commun de mobiliser de façon critique cet espace onirique dans leurs pratiques. Dans une mise en dialogue et en espace inédite et immersive, chacun·e à sa manière semble ainsi y convoquer le rêve, tel un argument, non pour déceler ce qu’il comporte de réel ou d’illusion, mais bel et bien pour sa capacité à dépasser de telles séparations, en partie héritées de la pensée occidentale, et à créer d’autres formes d’interactions. À travers une installation vidéo immersive entremêlant ses propres images à celles d’une archive vidéo initiée et réunie par un activiste rom albanais, Gim Furtuna, Amie Barouh recompose un rêve. À partir de ces images d’auteurs inconnus et de sa propre histoire, celui-ci se déploie physiquement dans un montage fait de collages et de surimpressions, où les temporalités se chevauchent, les lieux se multiplient, les sons s’enchevêtrent, l’ensemble guidé par une voix interprétant ce songe, à la fois personnel et collectif. Faisant également appel à nos sens par une intervention lumineuse et sonore qui vient étirer le temps, Chloé Quenum déploie un nouvel ensemble de sculptures et d’images animées autour de l’architecture du sommeil et de la matérialité du rêve – l’appui-tête, parfois nommé « support de rêve », y est ici par exemple convoqué sous différentes formes, en tant qu’objet ou signe d’un certain rapport à l’invisible. [...] Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.