🎙Po Na Biso

Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo

Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui résume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualité en République démocratique du Congo. Présenté tour à tour par les membres d'Ebuteli à la manière d’un message vocal de WhatsApp, sans artifice ni habillage, ce podcast se veut proche de ses auditeurs à qui il apporte des éclairages succincts sur les enjeux sociaux, politiques, économiques et sécuritaires en RD Congo. Vous pouvez écouter « Po Na Biso » sous forme de podcast disponible sur Spotify, Deezer, Soundcloud, Apple Podcasts ou sur votre application d’écoute préférée, voire via vos enceintes et autres assistants vocaux intelligents.  Il est surtout possible de recevoir l’audio de « Po Na Biso » directement sur WhatsApp si vous vous êtes inscrit sur le fil WhatsApp du GEC et d'Ebuteli. Sinon, il suffit d’envoyer  « GEC » ou « Ebuteli » via WhatsApp au +243 894 110 542. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. Doha, Washington, Luanda…  D’où viendra la paix ?

    EPISODE 1

    Doha, Washington, Luanda… D’où viendra la paix ?

    Cette semaine, le président Tshisekedi a effectué deux visites à Luanda où il a eu des entretiens avec son homologue angolais. Une nouvelle initiative de paix est-elle en gestation sous l'égide de l'Angola ? Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 9 janvier 2026. Je suis Fred Bauma, directeur exécutif d’Ebuteli.  L’année 2025 s’est terminée sur un sentiment contrarié. Alors que la grandiloquente cérémonie de signature des accords de paix entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis d’Amérique à Washington faisait naître les espoirs d’une fin de guerre, la réalité du terrain   est rapidement  venue rappeler la profondeur de l’enlisement violent du conflit. Les lignes de front ont brutalement contredit les promesses diplomatiques. Uvira, capitale de refuge de la province du Sud-Kivu et importante frontière commerciale avec le Burundi, tombait entre les mains des rebelles. L’armée congolaise, une nouvelle fois, a été forcée de reculer. De même que les Wazalendo, qui faisaient la loi dans la cité. Et le Burundi, fragile plus que jamais, a fini par retirer une partie de ses troupes déployées en RDC. La guerre semblait alors s'approcher de la province du Tanganyika dans l’ex-Katanga. Un point de non-retour qu’il conviendrait d’éviter.  Les réactions verbales n’ont pas tardé. Et elles ont été aussi fortes les unes que les autres. Les USA, par la bouche du représentant permanent aux Nations Unies et du secrétaire d’État, ont condamné le Rwanda et enjoint le M23 de se retirer d’Uvira. L’Union européenne, la Belgique, la France, l’Angleterre ont aussi critiqué cette attaque. Et évidemment, pour le gouvernement congolais, il s’agit d’un énième acte d’agression rwandaise. Sous pression, l’AFC/M23 a annoncé se retirer d’Uvira, tout en demandant le déploiement d’une force neutre. Un mois plus tard, selon plusieurs sources, la ville d’Uvira est toujours sous le contrôle de la rébellion, et les actions de la communauté internationale se font toujours attendre. La chute d’Uvira a confirmé plusieurs failles que la progression du M23 n’a cessé de révéler.  D’une part, elle cristallise l’incapacité persistante du gouvernement congolais à résoudre cette crise militairement. D’autre part,  elle montre aussi les limites des processus de paix en cours, ainsi que des mécanismes de suivi qui en découlent. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  2. Les États-Unis sont-ils encore un partenaire fiable pour la RDC ?

    EPISODE 3

    Les États-Unis sont-ils encore un partenaire fiable pour la RDC ?

    Au cours de la semaine passée, deux événements aux significations contradictoires pour la relation entre la RDC et les États-Unis se sont produits. D’un côté, les rebelles de l’AFC-M23 se sont retirés de la ville d’Uvira après les pressions, au moins verbales, des États-Unis. De l’autre, Washington a décidé de suspendre toute possibilité d’immigration aux États-Unis pour les Congolais, au même titre que 75 autres nationalités. À l’heure où les Etats-Unis multiplient les violations du droit international, sont-ils encore un partenaire fiable pour la RDC ? Bonjour et bienvenu dans le 3e épisode de la saison 6 de Po Na Biso la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la crédibilité des États-Unis comme partenaire clé de la RDC. Lorsque Donald Trump est revenu au pouvoir, en janvier 2025, l’idée de forger un partenariat stratégique avec lui semblait cohérente pour Kinshasa. Quoi qu’on pense de lui, il est à la tête de la première puissance militaire et économique mondiale et dispose de moyens de pression réels contre le Rwanda. Par ailleurs, dans sa rivalité avec la Chine et sa volonté de grandeur des États-Unis, il ne pouvait que s’intéresser aux ressources minières dont dispose la RDC.   L’année 2025 n’a pas vu les États-Unis exercer des pressions décisives sur le Rwanda, dont les troupes sont toujours présentes dans l’Est de la RDC, mais quelques signes encourageants se sont manifestés : Washington s’est impliqué dans la crise, notamment par l’intermédiaire de Massad Boulos, et ses pressions semblent avoir contribué à obtenir le retrait de l’AFC-M23 et des troupes rwandaises de Walikale-centre en mars. Surtout, les États-Unis sont devenus des médiateurs actifs entre la RDC et le Rwanda, jusqu’à la signature des accords de Washington, le 4 décembre dernier. Dans le cadre de cette relation, la RDC a semblé faire des concessions importantes, avec notamment la signature d’un accord de partenariat stratégique, qui donne la priorité aux entreprises américaines sur une part des ressources congolaises. Depuis, selon Reuters, la RDC a remis à Washington une liste d’actifs pour lesquels les États-Unis auront un droit de  préemption, dont des gisements d’or, de lithium, de cuivre, de cobalt et de manganèse. La Gécamines a par ailleurs annoncé la livraison de 100 000 tonnes de cuivre aux États-Unis. La RDC a-t-elle obtenu des gains à la hauteur de ces concessions ? L’AFC-M23 et l’armée rwandaise ont pris la ville d’Uvira le 10 décembre, soit six jours après la signature des accords de Washington, portant atteinte à la crédibilité du processus. Le secrétaire d’État Marco Rubio a publiquement condamné une « violation claire » des accords de paix par le Rwanda, et l’ambassadeur auprès des Nations-Unies Mike Waltz a affirmé que Washington utiliserait « les outils à sa disposition » contre ceux qui sabotent le processus de paix. Mais aucune nouvelle sanction n’a été actée à ce jour à l’égard du Rwanda, pourtant vulnérable en raison notamment de sa dépendance aux financements de la Banque mondiale et au flux de touristes. Sous l’administration Trump, le processus de décision semble être devenu particulièrement lent et chaotique. Mais le M23 s’est malgré tout retiré d’Uvira le 16 janvier pour se repositionner à 30 kilomètres. Était-ce la conséquence des menaces des États-Unis ? Une autre hypothèse serait qu’il s’agit d’un repositionnement stratégique de sa part, pour renforcer d’autres fronts.   Lire la suite sur le site www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  3. Avec le M23, les offensives aériennes s'intensifient, les processus de paix toujours sans effet

    EPISODE 5

    Avec le M23, les offensives aériennes s'intensifient, les processus de paix toujours sans effet

    Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, alors que reprenaient timidement les négociations entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais dans le cadre du processus de Doha, l'aéroport international de Bangboka, dans la ville de Kisangani, a été cible d’une attaque par drones kamikaze, revendiquée par la rébellion de l’AFC/M23, elle visait, selon les rebelles, le centre de commandement des drones de l'armée congolaise. Dans ce 5e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet d'actualité congolaise, nous décortiquons le décalage persistant entre les initiatives diplomatique-s et la poursuite du conflit sur le terrain. Je suis Henry-Pacifique Mayala, coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Nous sommes le vendredi 6 février 2026. Bonjour, Le gouvernement provincial de la Tshopo, dans son communiqué du 3 février, a annoncé la neutralisation de huit drones kamikazes et précisé qu’aucun dégât humain ou matériel n’avait été enregistré. L’attaque aurait été interceptée et neutralisée grâce au système de défense antiaérienne opéré par des contractants privés turcs, déployés pour la protection de l’un des principaux et du plus récemment rénové aéroport de la RDC. Une deuxième tentative a été signalée au début de l’après-midi du 5 février ; l’engin aurait été abattu sans faire de dégâts par les FARDC et leurs alliés, selon des sources sécuritaires. Ces offensives aériennes sont intervenues au même moment que la timide reprise des négociations et la signature des termes de référence du comité conjoint de vérification des violations du cessez-le-feu à Doha. De la même manière,  les offensives de la rébellion de l’AFC/ M23 sur la ville d’Uvira sont survenus peu après l'entérinement de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda. Quelques mois plus tôt, le 15 octobre, des drones des FARDC avaient ciblé et détruit une partie des installations de la mine d’or de Twangiza, au Sud-Kivu, deux jours seulement après la signature du mécanisme de vérification du cessez-le-feu entre la RDC et l'AFC-M23.  Le ciblage d’un aéroport ou d’autres infrastructures stratégiques aussi éloignées de la zone d’influence de l’AFC/M23 est un fait inédit, tout comme la revendication explicite de ces attaques par la rébellion. Selon les analyses d’experts en la matière, les débris retrouvés sur le lieu correspondent à des drones Baykar Yiha-III, de fabrication Turque. Ce type de drones disposeraient d’une autonomie limitée à environ 120 minutes, avec un rayon d’action n’excédant pas 120 km. Ces caractéristiques suggèrent que ces drones n’ont pu être lancés qu’à partir d’un  périmètre relativement proche, et en tout cas pas depuis la zone contrôlée par l’AFC-M23, trop éloignée. La rébellion de l’AFC/M23, qui avait récupéré un important arsenal militaire lors de la prise de Goma et de Bukavu au début de l'année 2025, n’avait jusque-là pas revendiqué l’usage  de capacités aériennes, en particulier de drones kamikazes. Ce n’est que  récemment, lors de l’offensive de décembre 2025 sur la ville d’Uvira, que de tels moyens auraient été mobilisés. Ceci pose la question de leur provenance, alors que l’AFC-M23, sous sanctions, ne peut théoriquement pas acquérir ce type de matériel.  Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  4. La RDC peut-elle éviter une nouvelle dépendance de son secteur minier ?

    EPISODE 6

    La RDC peut-elle éviter une nouvelle dépendance de son secteur minier ?

    La semaine passée, une série de signaux a donné l’impression d’un basculement du secteur minier congolais vers l’axe américain. Chemaf, Glencore, Ivanhoe, et même la Gécamines, ont tous pris ou annoncé des décisions allant dans ce sens. Cela a suscité des lectures contrastées, certaines alarmistes, d’autres triomphalistes. Mais, au fond, qu’est-ce que cela pourrait changer pour la RDC ? Bonjour et bienvenue dans ce 6e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse chaque semaine un sujet d’actualité congolaise. Je suis Jacques Mukena, chercheur principal au pilier gouvernance à l’Institut Ebuteli. Nous sommes le vendredi 13 février 2026. Ces signaux soulèvent plusieurs questions. Premièrement, pourquoi cette accélération maintenant ? Si l’accord de partenariat stratégique avec et les États-Unis en est le point de départ, le facteur le plus déterminant se situe probablement du côté américain. L’urgence, pour les États-Unis, n’est pas seulement de sécuriser l’accès à certains minerais, elle est aussi de réduire le monopole de la Chine sur les chaînes de valeur des minerais critiques. Aux États-Unis, le discours sur ces minerais ne se limite plus à la transition énergétique, il est désormais fortement lié aux enjeux de sécurité nationale et de défense. Deuxième question, celle de la dépendance du côté congolais. Pour l’instant, le risque n’est pas un remplacement d’une dépendance par une autre mais plutôt superposition de dépendance si rien ne change dans la structure du secteur. Aujourd’hui, la dépendance vis-à-vis de la Chine est profonde. Pékin est présent sur une part importante des actifs miniers, pèse sur les volumes exportés, et domine surtout le raffinage et la transformation. Une grande partie du cobalt congolais est par exemple exportée sous forme semi-raffinée vers la Chine, où elle est transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment les précurseurs pour batteries. La relation qui pourrait se construire avec les États-Unis reste, elle, incertaine. Tout dépendra des choix du gouvernement congolais. Si le partenariat ne débouche pas sur des investissements dans la transformation locale avant exportation, le pays risque de reproduire, avec un autre acteur, les mêmes mécanismes de vulnérabilité. Troisième question, la souveraineté. La RDC est-elle en train de brader ses minerais ? Cette question récurrente dépend surtout de la manière dont ce partenariat sera mis en œuvre côté congolais, notamment de qui décidera, comment, et pour quel but. L’accord signé prévoit un droit de première offre au profit d’acteurs américains pour les projets inscrits dans une réserve stratégique d’actifs. Concrètement, lorsqu’un projet est proposé, des entités américaines disposent d’un délai pour soumettre une proposition et, si elles le font, bénéficient ensuite d’une période de négociation exclusive. En cas de non-intérêt, l’opportunité pourrait ensuite être proposée à d’autres partenaires proches de Washington. Cela réduirait de facto la place d’acteurs extérieurs à ce cercle, notamment la Chine et, plus largement, des acteurs non alignés sur les États-Unis. Lire la suite sur www.ebuteli.org Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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