La Story Nostalgie

Nostalgie Belgique

Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps. Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels. Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui vous feront revivre les vibrations du rock des seventies, l'effervescence des eighties, et bien plus encore. Brice Depasse vous fait redécouvrir des albums cultes, des sessions d’enregistrement mémorables, et les concerts qui ont marqué toute une génération. Que vous soyez fan des ballades de Jean-Jacques Goldman, des envolées vocales de Céline Dion, ou des shows spectaculaires de Robbie Williams, "La Story Nostalgie" est votre passeport pour un voyage musical inoubliable. Laissez-vous emporter par les récits fascinants sur des artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, France Gall, Michel Sardou, et Blondie, tout en explorant les liens entre musique et cinéma, des bandes originales aux collaborations légendaires. Ce podcast vous fait revivre l’esprit de Woodstock, les folles tournées, et les sessions d'enregistrement qui ont donné naissance à des albums de légende. Que vous soyez un nostalgique des seventies ou un amoureux des eighties, "La Story Nostalgie" est le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de musique. Branchez vos écouteurs et laissez Brice Depasse vous raconter ses histoires inédites.

  1. Pourquoi Téléphone et The Police n’ont pas fait comme les Rolling Stones

    2D AGO

    Pourquoi Téléphone et The Police n’ont pas fait comme les Rolling Stones

    Milieu des années 80, The Police est devenu le plus grand groupe rock au monde, et Téléphone, celui de la francophonie. Pour nous en Belgique, c’est pareil, ça ne fait aucune différence, on les adore. Ça fait sept ans déjà qu’ils sont là, avec nous. Ah, nous ne sommes plus les mêmes qu’à l’époque de Roxanne ou La bombe humaine. On est des grands hommes maintenant. Mais eux, on voudrait qu’ils ne nous quittent jamais. On a un contrat. Ils doivent nous maintenir en vie, en contact avec ce qui nous a éblouis quand on avait 13-15 ans ! Mais ce n’est pas à ça que songe Louis Bertignac, l’autre voix de téléphone quand il branche sa guitare, en répète ou récemment, en studio. Ben oui je joue fort, comme toujours. Qu’est-ce qui lui prend, Jean-Louis ? Il a oublié quand on se faisait saigner les doigts sur les cordes ou quoi ? Parfois, quand ça bloque, Jean-Louis pense aux autres. Pas par jalousie, hein, noon, par comparaison. Pour se rappeler pourquoi il fait ça. Et alors qu’ils se prennent la tête avec Jean-Louis et Corinne sur comment doit sonner Téléphone en 1986, une question lui traverse l’esprit : comment font les Rolling Stones ? Ils se supportent à peine depuis des années, on le sait. Ils se sont trahis, engueulés, quittés, retrouvés. Ils ont fait des carrières solo, des procès, des interviews assassines. Et pourtant, à plus de quarante piges, ils montent sur scène, ils jouent, et ça tient. Ne dites pas que c’est parce qu’ils s’aiment. Mais parce qu’ils ont décidé que le groupe passait avant tout. Jean-Louis cherche autre chose. Une musique plus claire, plus pop, plus française. Je le respecte pour ça, c’est pas le problème. Mais moi, je ne veux pas devenir un groupe qui s’explique lors d’interminables soirées qui se terminent la tête à l’envers et le cendrier plein. Je veux un groupe qui déborde, qui dérape, le rock, pour moi, c’est ça. Les Stones ont pigé un truc que nous, on n’a peut-être pas envie d’accepter : tu peux ne plus te comprendre, ne plus te ressembler, ne plus te parler et continuer quand même, parce que le nom du groupe est devenu plus grand que les humeurs et les ambitions de chacun. La différence avec les Stones, c’est peut-être ça. Eux ont accepté de jouer un rôle. Nous, on a toujours voulu être vrais. Louis repose la guitare. Il comprend soudain que la vraie question n’est pas comment ils font. Mais est-ce qu’on a envie de faire pareil ? De l’autre côté de la Manche, c’est pareil pour Sting qui est aux abonnés absents comme ses deux complices de Police. Je devrais dire ses anciens complices de Police. Et si Téléphone va en guise d’adieu, offrir un 45 Tours mélancolique dans lequel les quatre musiciens ne pourront pas tous se reconnaître, Police publiera un cover d’un ancien hit dans lequel nous, on aura de la peine à retrouver leur folle et furieuse folie d’être jeune et leur joie d’être ensemble.

    3 min
  2. 1986: Téléphone, quand la musique sonnait… mais que le cœur n’y était plus

    3D AGO

    1986: Téléphone, quand la musique sonnait… mais que le cœur n’y était plus

    Si 1986 a été une nouvelle année formidable au firmament de la musique pop, c’est aussi celle où on a appris qu’on avait perdu en chemin les groupes Téléphone et The Police. Avouez que, malgré l'incroyable foisonnement créatif de l’époque, ça faisait beaucoup pour leurs fans. Surtout pour ceux qui étaient fans des deux, et croyez-moi, en Belgique, il y en avait. Mais comme je vous l’ai raconté, nous aurions été bien étonnés d’être dans la pièce avec eux, lors des derniers instants. Dans leur tête, même. C’est vrai, imaginez Jean-Louis Aubert, au milieu des années 80… “Je me lève avec une chanson en tête, comme toujours. C’est idiot mais c’est comme ça que je mesure si ça va encore. J’attrape ma guitare, je gratte deux accords, je note une phrase sur un bout de papier. Le problème, ce n’est pas d’écrire. Le problème, c’est de savoir pour qui. Téléphone existe encore officiellement. Officieusement, ça fait un moment que le courant ne passe plus. Les malentendus sont permanents, nos attentes ne se rejoignent plus. J’arrive en studio. Louis est déjà là. Il joue fort, il envoie, il occupe l’espace comme d’hab. Corinne est en retrait, concentrée, trop peut-être, comme toujours. Quant à Richard, il tape, solide et fidèle, mais je crois qu’il en a marre d’être le lien entre nous tous. On parle d’un nouvel album, enfin, on va essayer. Je propose un morceau, pas une idée aboutie, non, juste une direction, Louis joue dessus immédiatement mais il joue contre, pas avec. J’arrête, je dis qu’il faut qu’on respire un coup. Les autres ne disent rien, Richard regarde sa montre. Ce silence-là, je le connais, c’est celui de la dernière tournée dans les loges, quand on arrivait chacun de notre côté. Les concerts étaient bons parce qu’on est devenus des pros mais plus personne n’avait envie de rester après, de prolonger la fête. Avant on parlait de tout, de rien, de conneries et surtout de musique. Aujourd’hui, chacun reste sur son territoire. Moi, je protège le mien, c’est-à-dire l’idée que Téléphone doit encore signifier quelque chose. Et là, je commence à comprendre que je suis peut-être le seul. Alors on réessaie après la pause, ça sonne. Ouais, objectivement, ça sonne. C’est du travail bien fait, mais il y manque l’essentiel : la joie. Je range ma guitare plus tôt que prévu, on va boire un verre pour en parler au bistrot d’à côté. Je sors avec cette sensation étrange que tout fonctionne mais que plus rien ne circule. Mes autres chansons ? Est-ce que je vais oser leur dire ce qui me fait le plus peur ? Que je ne peux pas les amener car le groupe ne saura pas ou ne voudra plus les jouer. Elles ne leur appartiennent plus.”

    3 min
  3. The Police : au sommet… et déjà séparés

    4D AGO

    The Police : au sommet… et déjà séparés

    Même si rien n’a pu assombrir cette brillante année 1986, on a quand même morflé une paire de fois avec la disparition des groupes Téléphone et The Police. On leur en a voulu de se séparer. Ils n’avaient pas le droit, pas vrai ? C’était moche de leur part de ne pas penser à nous, de croire qu’on allait dire Ah bon ? Pas grave, on achètera leurs disques solos. Non, nous, ce qu’on aimait c’est ce qu’ils dégageaient ensemble, la musique qui en sortait. On ne pensait pas à eux, évidemment, à ce qu’ils vivaient. Tenez, si on se mettait le temps d’une journée dans la peau de Stewart Copeland, le batteur de Police ? Et le fondateur, le leader du groupe, on l’oublie. Et pas en 86, non, car tout a commencé à se lézarder déjà trois ans auparavant, lors de l’enregistrement de l’album Synchronicity. “Ce matin, je me suis levé tôt, mais pas aussi tôt que Sting. Nous sommes dans les Caraïbes, face à une mer turquoise, sous les palmiers, mais il est déjà au studio quand j’y arrive. On ne se dit plus bonjour, on communique à travers les ingénieurs du son et les assistants. Sting a déjà tout décidé pour ce nouveau morceau. Quant à Andy, il enregistre ses guitares à part. A midi, plus personne ne mange ensemble. Chacun disparaît de son côté. Alors j’essaie d’exister là où il reste de la place, je reste avec les ingénieurs, on parle de micros, de sons, de prises alternatives. C’est plus commode que d’évoquer le reste, on bosse mieux quand on évite les sujets dangereux. L’après-midi, on tente une nouvelle prise, puis Sting demande que je ne joue pas sur cette version, histoire de “voir ce que ça donne”. Je sais très bien ce que ça veut dire. Je sors de la cabine de prise de son, j’écoute derrière la vitre. Le morceau fonctionne sans moi et ça me fait mal. En fin de journée, Andy arrive, on échange trois mots, pas sur la musique, hein, la météo. Il place sa guitare sur la bande et je rentre seul. Et le lendemain ce sera pareil. Et le jour d’après aussi. Le plus terrible dans l’histoire, c’est que l’album sera énorme. Le plus gros succès que nous ayons jamais connu, ce qui n’est pas peu dire. Dans la presse, je lirai que nous sommes au sommet. Mais au sommet de quoi ? Je ne sais qu’une chose : un groupe capable de faire un disque pareil sans se parler n’est plus un groupe de rock. L’histoire est finie mais cela ne s’entendra que sur cette nouvelle version d’un tube du temps où on se marrait vraiment et qu’on a réenregistré juste avant notre rupture, en juillet 86. Ma clavicule me faisait souffrir. Quel idiot de me l’être pétée en jouant au polo. Résultat : je ne joue pas comme je devrais, comme je l’entends dans ma tête. On me parle de boîtes à rythme, de solutions, alors je râle, ce groupe s’est construit sur l’énergie rock et là, on me demande de devenir optionnel. Alors je donne le maximum mais c’est moins fort.

    4 min
  4. Téléphone & The Police : la fin trop rapide des années 80

    5D AGO

    Téléphone & The Police : la fin trop rapide des années 80

    On a beau, à raison, encenser les années 80, ceux et celles qui les ont vécues  savent qu’on a aussi paumé pas mal de nos héros en cours de route. Il y a eu des disparitions, on ne va pas les énumérer, on nous les rappelle régulièrement, mais surtout des séparations. Car si on n’y a pas tous fait gaffe sur le coup, se disant comme avec les Beatles qu’on allait y gagner, avec les carrières solos ça ferait plus de disques, force est de constater que ces groupes qui ne durent que le temps d’une jeunesse, d’une adolescence, ont laissé un goût de trop peu. Et dans le registre de ceux dont on apprécierait aujourd’hui avoir deux ou trois albums de plus à écouter et réécouter, il y a Téléphone et The Police. Vous saviez qu’ils se sont formés et séparés à quelques semaines d’intervalle. Avouez que comme coïncidence, c’est quand même troublant, non ? Fin 76, début 1977, ces Français et Brittons sont tout sauf des punks mais ils s’engouffrent joyeusement dans ce mouvement qui traduit alors ce qui colle le plus à leur jeunesse. Et c’est parce qu’ils sont dans les deux cas des musiciens chevronnés, passionnés, qu’ils vont aussi rapidement prendre leurs distances et ouvrir leurs horizons. Un peu trop d’ailleurs et c’est là que des dissensions vont apparaître entre les membres. C’est une époque où on sort un album par an, au moins, alors c’est vrai qu’entre 1977 et 1984, Police et Téléphone vont livrer chacun de leur côté cinq albums de chansons originales qui seront de plus en plus sophistiqués. La seule vraie différence entre les deux groupes, ce sont les racines jazz de Sting et Andy Summers, c’est vrai. Mais quel parallèle entre ces deux monstres, l’un français, l’autre britannique. Leur autre point commun, c’est la Belgique, notre petit pays, surtout si on en retient que sa partie francophone, où ils ont connu un succès phénoménal. C’est vrai, qui n’a pas chanté Roxanne, qui n’a pas eu quelque chose en lui qui ne tourne pas rond ? Alors en cette année 1986, on a pris le dernier single de Téléphone et de Police pour ce qu’ils étaient : leur nouveau disque, aucun des deux groupes n’ayant signifié spécifiquement qu’ils se séparaient, du moins pas tout de suite. Sans doute avaient-ils du mal à se l’avouer eux-mêmes, qu’il était temps de voler de leurs propres ailes, qu’on ne s’amusait plus ensemble, que le groupe n’était désormais plus aussi grand que toutes les individualités réunies ou simplement qu’on ne jouait plus la même musique. On change. Les seuls dindons de la farce, c’était nous, le public. On aurait aimé que la magie du temps passé à attendre leurs nouveaux disques, leur prochain concert, dans notre chambre avec les posters accrochés aux murs soit prolongée encore d’un ou deux tours, que toute cette histoire n’ait pas été juste une illusion.

    3 min
  5. Love Story: Bob Dylan & Suze, l’hiver où tout a commencé

    FEB 20

    Love Story: Bob Dylan & Suze, l’hiver où tout a commencé

    La pochette de l’album The Freewheelin' Bob Dylan est aujourd’hui une des images les plus iconiques des années 60. On y voit deux jeunes gens qui marchent bras dessus bras dessous dans une rue enneigée de New York, serrés l’un contre l’autre pour résister au froid. Et on grelotte avec eux, c’est vrai, mais ce qu’on ne peut pas louper, c’est la lumière qui se dégage leur sourire. Une lumière dont on devine, bien évidemment, l’origine : l’amour et la jeunesse, le monde est à leurs pieds. Quand il la rencontre, Bob a vingt ans, pas vraiment d’adresse, et est financièrement raide. Il dort chez des gens sur des canapés, parfois par terre, traîne toute la journée à Greenwich Village, joue dans les petites salles pour le chapeau et vit avec une guitare, un harmonica, un carnet et l’idée obstinée que quelque chose va arriver. Suzanne Rotolo, c’est son nom, est plus jeune que lui, mais plus stable. Elle a un toit, un vrai travail, comme disaient les parents à l’époque, mais aussi des idées politiques et une curiosité immense. Quand Dylan arrive chez elle, il a vite fait de poser tout ce qu’il possède. Suze lui fait à manger : une soupe et des pâtes, rien d’extraordinaire, sauf que pour lui, ça compte énormément. Bob reste. Il parle beaucoup, écrit tout le temps, vit comme si chaque jour était décisif. Suze écoute, l’emmène au théâtre, aux manifestations, lui fait écouter autre chose que du folk. Ils marchent beaucoup, surtout le soir, parce que rester dehors ne coûte rien. Ils s’aiment fort, se disputent aussi. Bob peut être dur, absorbé par son art. La photo de cette pochette d’album qui va se vendre par millions, est prise en plein hiver 1963, dans Jones Street, à Manhattan. Il fait très froid et ils n’ont pas vraiment ce qu’il faut pour s’en protéger. Dylan n’est pas encore une voix mythique, c’est un garçon qui tient debout parce qu’une jeune femme marche à son bras. Vous devriez voir cette autre photo prise un instant plus tard, quand il l’embrasse, et elle fermant les yeux, le visage collé à son épaule à en mourir, c’est bouleversant. Quand l’album sort, et qu’on se met à entendre Blowin’ in the wind partout, les choses vont changer, c’est vrai. Bob va devenir Dylan. Suze, elle, va s’effacer peu à peu. Mais pour l’éternité, il reste cette image : avant la légende, un hiver, deux manteaux trop fins, et un amour en guise de soleil. Avant d’être une pochette mythique, The Freewheelin’ Bob Dylan est le souvenir d’un hiver new-yorkais, d’un artiste en attente de reconnaissance, et d’une jeune femme formidable qui l’a aidé à tenir le temps que sa voix trouve sa place. Alors on reste figé, comme cette photo que des milliers et des milliers de couples sont allés reproduire depuis dans Jones street. La vieille camionnette Volkswagen n’est plus garée sur la gauche de la rue mais le vent d’amour et de cette jeunesse insolente y souffle toujours. Rien ne pourra le faire tomber, pas même le ciel.

    4 min
  6. Love Story: Bono & Ali, l’histoire d’amour née le jour où U2 est né

    FEB 19

    Love Story: Bono & Ali, l’histoire d’amour née le jour où U2 est né

    Ce 25 septembre 1976, c’est une histoire d’adolescents que je vais vous raconter, une vraie, que l’on pourrait situer quelque part entre La Boum et un film social britannique. Elle se passe à Dublin, à deux rues du port, dans une école secondaire un peu trop grande pour ceux qui la fréquentent. Et rien qu’en citant le nom de la ville, vous avez deviné déjà qui vont en être les héros, pas vrai ? Début d’année scolaire à Mount Temple, nous y retrouvons Paul Hewson, gamin du nord de la ville, orphelin de mère depuis l’enfance, élevé avec son frère par un père débordé. À la maison, ils forment un trio de mecs qui bricolent comme ils peuvent. Mais dans une Irlande ultra catholique des années 70, grandir sans femmes autour de soi ne donne pas le mode d’emploi pour comprendre les filles. Or Paul en a une en tête. Il l’a remarquée trois ans plus tôt, le jour de son arrivée dans l’école. Nouveau, un peu perdu, il avait demandé son chemin dans un couloir à deux filles avaient ri et étaient parties sans répondre. L’une d’elles s’appelait Alison Stewart. Ali. Depuis ce jour-là, Paul est amoureux à distance. Et puis ce 25 septembre, voilà qu’il tombe sur une petite annonce punaisée aux valves de l’établissement : Batteur cherche musiciens pour former un groupe. Le batteur s’appelle Larry Mullen. Paul le connaît de vue. Larry est un gars qui a de l’allure, une réputation, et surtout une copine superbe. L’après-midi même, Paul se retrouve dans la cuisine des parents Mullen, avec une poignée d’autres garçons, serrés les uns contre les autres. Dans la pièce surchauffée, Larry tape comme un forcené. Il a déjà trouvé son style avec la grosse caisse qui cogne dans le ventre et la une caisse claire qui claque. Il y a aussi un certain Adam Clayton à la basse, et surtout les frères Evans, des types un peu étranges, capables de fabriquer leurs propres guitares et, paraît-il, de faire exploser une cabane de jardin avec leurs expériences de chimie amusante. À la fin de la journée, quelque chose est né. Le groupe n’a pas encore de nom, mais il existe déjà. Ce sera bientôt U2. Pour Paul, c’est une révélation. Mais il y a un problème. Le plus jeune des frères Evans, Dave, futur The Edge, tourne lui aussi autour d’Ali. Et Paul le sent : s’il attend, il va perdre la partie. Alors il fait ce qu’il n’a jamais appris à faire. Il se lance et se déclare. Sans savoir comment ça marche, et donc, sans certitude de ne pas se prendre un râteau, le cauchemar des adolescents. Mais Ali dit oui. C’est le début d’une histoire qui commence bien avant la gloire, avant le Bono charismatique, avant les albums, les clips, les tournées, le triomphe. Elle commence avec un adolescent un peu paumé, une fille qu’il observe de loin et une décision prise à temps. Depuis ce jour-là, il y a un demi-siècle à présent, Paul et Ali Hewson ne se sont plus quittés. Et pendant que le monde apprenait à connaître Bono, lui savait déjà exactement qui il était, et avec qui il voulait avancer.

    4 min
  7. Love Story: Vanessa Paradis & Johnny Depp, le coup de foudre en deux temps

    FEB 18

    Love Story: Vanessa Paradis & Johnny Depp, le coup de foudre en deux temps

    On a lu partout que Vanessa Paradis et Johnny Depp s’étaient rencontrés par hasard. La formule est jolie mais elle n’est pas exacte. L’histoire commence un soir à New York, dans une boîte de nuit où Vanessa accompagne son compagnon de l’époque, Lenny Kravitz. J’emploie le mot « accompagner » à dessein, car ces soirées-là ne sont jamais vraiment les siennes. Où qu’ils aillent, leur arrivée, ou plutôt celle de Lenny, déclenche une foule de regards, de mains tendues, de prénoms répétés à voix haute. Lenny présente, serre des mains, sourit, et puis le même scénario se répète sans cesse. Et là, au milieu de cette mécanique bien huilée, brusquement, une poignée de main différente. Une décharge. Vanessa lève les yeux et reconnaît Johnny Depp, verre dans la main gauche, Kate Moss accrochée à son bras. La foudre lui tombe dessus. Lui, en revanche, ne semble même pas l’avoir vue. Depuis Edward aux mains d'argent, Johnny Depp est devenu, pour beaucoup, l’homme le plus désirable de la planète. Vanessa n’est pas différente des autres. Durant les mois qui suivent, elle reste sur ce moment suspendu, elle en parle à ses amies. Mais rêver ne suffit pas. Vanessa est à nouveau célibataire, Johnny ne l’est pas. Et l’histoire pourrait s’arrêter là. Sauf que deux ans plus tard, elle apprend la séparation de Johnny Depp et Kate Moss. Et là, quelque chose s’enclenche. Vanessa aime les contes de fées, c’est sûr, mais elle sait aussi que les princesses trop passives finissent seules. Si elle ne s’aide pas elle-même, le ciel ne fera rien pour elle. Et le temps presse : un homme comme Johnny Depp ne reste jamais longtemps célibataire. Elle tente donc tout ce qui est possible. Elle se présente au casting du prochain film de Roman Polanski, prête à accepter un rôle secondaire, n’importe lequel, simplement pour être sur le même plateau que lui. Elle n’est pas retenue. Alors elle se fait inviter à une soirée très fermée où Johnny doit être présent. Mais il annule à la dernière minute. Heureusement, le cinéma est un monde en mouvement. Des tournages amènent en effet tout ce petit monde à Paris. Il y aura bien une occasion. Une occasion qui arrive, presque par surprise : Vanessa se retrouve en effet invitée à un dîner donné par Johnny Depp pour quelques amis. Mais qui l’a mise sur la liste ? Mystère. Ils se sont échangé trois mots, deux ans plus tôt, et pourtant elle est là. Quand Johnny entre dans la salle, il ne voit d’abord qu’un dos, à quelques mètres de lui, découvert par un décolleté vertigineux. Puis la femme se retourne, l’aperçoit, c’est Vanessa Paradis qui s’avance vers lui sans hésiter. Ce que Vanessa ignore encore, c’est que Johnny l’avait bien remarquée ce fameux soir à New York. Simplement, il n’avait jamais imaginé qu’elle ait été, elle aussi, frappée par le même coup de foudre. Johnny est un timide maladif, il déteste les mondanités, ne sait jamais où se poser, encore moins comment demander à quelqu’un de s’asseoir près de lui. Heureusement, d’autres ont compris. On les installe côte à côte. Et pour la première fois, Vanessa parle longuement avec un homme qui ne la regarde ni comme une icône, ni comme un trophée, elle est simplement elle-même. Même si l’on connaît la suite, il faut bien l’admettre : cette histoire-là est belle.

    4 min
  8. Love Story: 1967, la danse qui a tout changé pour Paul McCartney

    FEB 17

    Love Story: 1967, la danse qui a tout changé pour Paul McCartney

    Au printemps 1967, les Beatles dominent le monde. Leur nouvel album Sgt. Pepper qui va une nouvelle fois le révolutionner est dans les tuyaux, la machine de génies tourne à plein régime. Mais sentimentalement, Paul McCartney est ailleurs, coincé dans un entre-deux inconfortable. Officiellement il est fiancé à l’actrice Jane Asher, la petite fiancée des Britanniques. Officieusement, leur histoire est figée, encombrée de silences et de va-et-vient, et Paul repousse depuis des semaines une conversation qu’il sait inévitable. Il vit depuis quelque temps une liaison secrète avec une jeune femme célibataire, Francie Schwartz, dont personne n’entendra jamais parler : une relation faite de rendez-vous discrets dans la peur permanente des médias. Francie tient à sa liberté, refuse toute idée de mariage, et Paul, pour la première fois, sent qu’il commence à vouloir une vie plus simple, plus stable, au milieu de ce tourbillon de succès. Ce soir-là, il sort seul, dans un club du centre de Londres. Il observe plus qu’il ne participe. Il connaît les lieux, les regards, les façons de s’approcher de lui. Et puis il remarque une jeune femme qui circule librement, un appareil photo en bandoulière. Elle s’appelle Linda Eastman. Américaine. Photographe. Du moins, c’est ce qu’elle dit. Quand elle lui parle, elle ne fait pas semblant de ne pas savoir qui il est, mais elle ne s’en sert pas non plus. Paul hésite une fraction de seconde avant de répondre. Avec elle, il ne sait pas très bien quel rôle jouer. Alors il n’en joue aucun, il est juste Paul. Soudain, le DJ lance un disque que personne ne connaît encore vraiment : A Whiter Shade of Pale. La salle ralentit. Paul tend la main. Ils vont sur la piste. Un slow. Paul sait qu’il est en train de faire quelque chose qu’il ne pourra pas expliquer facilement s’il rentre chez lui très tard. Ils dansent sans parler. Linda ne se colle pas, ne recule pas non plus. Paul sent le regard des autres, sait qu’on peut le reconnaître, qu’un détail peut circuler, qu’une photo peut exister. Mais il reste quand même. À la fin du morceau, il traverse la piste pour demander au DJ ce qu’il vient de passer. Il veut le nom. Lui seul saint pourquoi. Quand il revient, ils parlent encore. Pas des Beatles, ni de sa vie publique. Ils parlent des villes, des avions, de la fatigue, de ce que ça fait de vivre toujours ailleurs. Linda écoute sans relancer, sans orienter. Paul parle plus qu’il ne l’aurait  soupçonné. La soirée se termine. Paul regarde l’heure. Il sait qu’en rentrant, il devra répondre à des questions. Il sait aussi qu’il ne pourra pas raconter cette soirée comme une simple sortie. Il accompagne Linda jusqu’à la porte. Ils échangent peu de mots. Pas de promesse. Pas de rendez-vous fixé. Juste un regard un peu plus long que les autres. Quand Paul se retrouve seul dans la rue, il comprend une chose très précise : s’il n’a encore rien commis d’irréparable, il sait déjà qu’il vient de se compliquer la vie. Mais il ne regrette rien.

    4 min

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps. Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels. Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui vous feront revivre les vibrations du rock des seventies, l'effervescence des eighties, et bien plus encore. Brice Depasse vous fait redécouvrir des albums cultes, des sessions d’enregistrement mémorables, et les concerts qui ont marqué toute une génération. Que vous soyez fan des ballades de Jean-Jacques Goldman, des envolées vocales de Céline Dion, ou des shows spectaculaires de Robbie Williams, "La Story Nostalgie" est votre passeport pour un voyage musical inoubliable. Laissez-vous emporter par les récits fascinants sur des artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, France Gall, Michel Sardou, et Blondie, tout en explorant les liens entre musique et cinéma, des bandes originales aux collaborations légendaires. Ce podcast vous fait revivre l’esprit de Woodstock, les folles tournées, et les sessions d'enregistrement qui ont donné naissance à des albums de légende. Que vous soyez un nostalgique des seventies ou un amoureux des eighties, "La Story Nostalgie" est le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de musique. Branchez vos écouteurs et laissez Brice Depasse vous raconter ses histoires inédites.

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