Les Bonnes Ondes | Le Maroc en sons et en récits

LES BONNES ONDES

Les Bonnes Ondes, le Maroc en sons et en récits. Studio indépendant basé à Casablanca, nous produisons des podcasts documentaires, des récits et des entretiens sur le Maroc et le monde, en français, en darija et en arabe. Nos séries En Roue Livres : le podcast littéraire de Loubna Serraj. Romans, essais, BD et entretiens avec les auteurs.Silence Plateau | صمت البلاطو : une enquête sur la précarité et les violences dans les tournages au Maroc.Siyaq : l'histoire sociale du Maroc racontée à travers ses objets et ses rituels, avec Rim Affaya.Raisonne : les compositrices oubliées de l'histoire de la musique, avec Ilona Dip.Bluetooth Connected et Live Music & Talk : rencontres avec des artistes et des musiciens.Glissa Culturelle : les industries culturelles et créatives au Maroc.Dima Dayma : une série écologique un peu folle, sur la folie des hommes.Et des documentaires sonores sur la migration, l'eau, l'égalité, la santé mentale ou l'apprentissage de la darija, des créations sonores d'auteur comme FASSL | فصل de Mehdi El Kindi ou Des bruits de soi, ainsi que des captations du festival Amwaj. Tous nos podcasts : lesbonnesondes.ma Les Bonnes Ondes is an independent Moroccan podcast studio based in Casablanca, telling human stories and social realities through documentary and narrative audio. Les Bonnes Ondes استوديو بودكاست مغربي مستقل في الدار البيضاء، يحكي القصص الإنسانية والواقع الاجتماعي عبر السرد الصوتي والوثائقي.

  1. 6d ago

    Et si un simple hasard pouvait créer quatre vies différentes ? | 4 3 2 1, Paul Auster

    « À la source de ce roman, il y a une question : Et si les choses s'étaient passées autrement ? » Pour ce deuxième épisode de la saison 3, En Roue Livres rend hommage au regretté Paul Auster. Loubna Serraj vous embarque dans le vertige narratif de 4 3 2 1 (Éditions Actes Sud, traduit par Gérard Meudal), l'œuvre monumentale et testamentaire de l'écrivain américain. Imaginez une vie. Puis, imaginez que cette même vie prenne quatre trajectoires différentes, à cause de minuscules détails, de simples hasards ou de bifurcations imprévues. C'est le tour de force de 4 3 2 1. À travers son personnage, Archie Ferguson (né en 1947), Paul Auster ne raconte pas une, mais quatre existences parallèles, qui s'entrecroisent et se répondent au fil des chapitres. Dans cet épisode, nous explorerons : La mécanique du hasard : Comment un simple changement de nom (de Reznikoff à Ferguson, à la douane d'Ellis Island) peut bouleverser le destin d'une famille sur plusieurs générations.La fresque de l'Amérique : Les quatre Ferguson traversent l'histoire tumultueuse des États-Unis (la guerre du Vietnam, l'assassinat de JFK, les émeutes raciales) offrant une radiographie fascinante de la société américaine des années 60 et 70.La passion de l'auteur : Le lien profond entre Auster et ses personnages, à travers l'amour du baseball, du cinéma de la Nouvelle Vague, et surtout, le pouvoir salvateur de l'écriture.Avec 4 3 2 1, Paul Auster nous offre une méditation bouleversante sur les "et si" qui hantent nos vies et sur l'infinie fragilité de nos destins. Retrouvez En Roue Livres : Ce podcast est une production du studio Les Bonnes Ondes. Écoutez-nous sur notre site lesbonnesondes.ma et sur toutes les plateformes de streaming : Spotify, Apple Podcasts, et plus encore. Un podcast de Loubna Serraj Réalisation : Hamza Nouhi Production : Les Bonnes Ondes  À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous et laissez-nous 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma

    Et si un simple hasard pouvait créer quatre vies différentes ? | 4 3 2 1, Paul Auster
  2. Oct 27

    Comment les balayeuses s'imposent-elles dans les rues de Casablanca ? | Siyaq

    Pour ce second épisode de Siyaq, Rim Affaya reçoit Leila Bouasria. Leila Bouasria est professeure en sociologie à l'Université Hassan II (Aïn Chock) et chercheuse spécialisée dans les identités sociales et les différenciations socio-anthropologiques. Elle retrace la trajectoire et le quotidien des femmes balayeuses de rue à Casablanca. Ce métier, massivement investi par des femmes suite à la privatisation de la gestion des déchets au début des années 2000, révèle comment ces travailleuses négocient leur présence et leur légitimité dans un espace public urbain historiquement codé au masculin. Points abordés dans cet épisode : L'intégration par la privatisation : L'arrivée de ces travailleuses, souvent mères célibataires, divorcées ou veuves, coïncide avec la délégation du nettoyage urbain à des sociétés privées dans une logique managériale d'optimisation et de rentabilité.Tactiques de survie et respectabilité : Face aux contrôles et à l'hostilité de la rue, ces femmes déploient des stratégies d'adaptation, en adoptant par exemple des postures perçues comme masculines ou en utilisant un registre familial pour désamorcer les conflits et forcer le respect. Le prolongement du travail domestique : La naturalisation de cette profession est parfois revendiquée par les travailleuses elles-mêmes, certaines affirmant nettoyer l'espace urbain avec le même soin qu'elles accorderaient à leur propre maison.L'intermédiation informelle : L'analyse se penche également sur le rôle des courtiers (les "smasriya") dans le placement des domestiques, soulignant comment ils utilisent le vocabulaire du service rendu pour légitimer leur activité et esquiver l'étiquette de marchandisation.Les mutations du féminisme marocain : L'échange met en perspective ces réalités avec l'évolution des luttes pour l'égalité au Maroc, soulignant le passage d'un féminisme institutionnel classique à de nouvelles formes d'actions portées par les jeunes générations en dehors des cadres associatifs traditionnels.Production : Les Bonnes Ondes Réalisation : Yasmine Mahjoubi Écoutez l'épisode complet et toutes nos séries : https://lesbonnesondes.ma Recevez nos prochains épisodes par e-mail : https://lesbonnesondes.ma/media.html#newsletter Abonnez-vous à la chaîne : https://www.youtube.com/@LESBONNESONDES?sub_confirmation=1

    Comment les balayeuses s'imposent-elles dans les rues de Casablanca ? | Siyaq
  3. Oct 22

    Hind Bensari : Filmer le réel pour changer les mentalités | Les Rencontres du Lutetia

    Dans ce nouvel épisode du podcast Les Rencontres du Lutetia, Lamia Bengelloun reçoit la réalisatrice marocaine Hind Bensari. Au fil de cette conversation, Hind Bensari revient sur son parcours atypique et sa vision du cinéma documentaire. Diplômée en économie politique à Édimbourg et à la London School of Economics (LSE), elle a d'abord débuté une carrière dans la finance avant que la crise de 2009 ne raccourcisse cette expérience. C'est lors du Printemps arabe en 2011 qu'elle réalise l'importance des mouvements populaires et décide d'utiliser l'audiovisuel pour lancer des débats de société et donner la parole à ceux que l'on voit trop peu. Au programme de cet épisode : Ses débuts avec "475 : Trêve de silence" : Hind Bensari explique comment ce projet est né suite aux protestations entourant le suicide d'Amina Filali. Ce documentaire, réalisé sous forme de micro-trottoir et financé par crowdfunding, visait à questionner la perception du viol et des femmes par la société marocaine. Diffusé sur la chaîne 2M, le film a touché 2 millions de téléspectateurs et a participé au débat ayant mené à l'abrogation de la loi sur le mariage des violeurs avec leurs victimes.La consécration avec "We Could Be Heroes" : Son premier long-métrage documentaire suit Azzedine Nouiri, champion et recordman paralympique marocain du lancer de poids, ainsi que son protégé Youssef. La réalisatrice raconte avoir voulu dénoncer le manque de soutien de l'État envers les athlètes paralympiques par rapport aux sportifs valides. L'impact du film a d'ailleurs contribué à faire évoluer la politique du ministère des Sports, qui a aligné les primes des athlètes paralympiques sur celles des autres sportifs à partir des Jeux de Tokyo en 2020.Son nouveau projet "Out of School" (La cour des grands) : Actuellement en post-production, ce documentaire explore la problématique du décrochage scolaire au Maroc. La réalisatrice partage son expérience de tournage sur quatre ans, en suivant des enfants de leurs 10 à 14 ans, et évoque la complexité de filmer des adolescents en pleine période de rébellion.L'éthique et la réalisation : Hind Bensari se confie sur la difficulté de filmer le réel et d'imposer une caméra dans le quotidien des gens.Elle aborde l'importance cruciale de bâtir une relation de confiance avec ses personnages, tout en comparant la difficulté de filmer des inconnus face à celle, encore plus grande, de filmer sa propre famille. Écoutez l'épisode complet pour plonger dans les coulisses de la création documentaire ! N'hésitez pas à vous abonner pour ne manquer aucune rencontre et à nous laisser un avis si l'épisode vous a plu. À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous et laissez-nous 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma

    Hind Bensari : Filmer le réel pour changer les mentalités | Les Rencontres du Lutetia
  4. Oct 15

    Peut-on abandonner ses enfants ? | Les Abandonneuses, Begoña Gómez Urzaiz

    « Quelle sorte de mère abandonne son enfant ? Une mère de la pire espèce, sans aucun doute. Car une femme abandonne ses enfants quand un homme les quitte. » Pour l'ouverture de sa troisième saison, En Roue Livres frappe fort en s'attaquant au tabou le plus indicible de la maternité : l'abandon. Loubna Serraj vous invite à plonger dans l'essai de la journaliste espagnole Begoña Gómez Urzaiz, Les Abandonneuses (Éditions Stock, traduit par Anne Plantagenet). À travers cette réflexion puissante, l'autrice décortique un double standard de notre société. Pourquoi le départ d'un père est-il banalisé, voire attendu, tandis que celui d'une mère est jugé contre-nature, pathologique et irrémissible ? Dans cet épisode, nous analysons les témoignages et parcours de ces "abandonneuses" : des femmes venues de milieux précaires, contraintes par la survie, aux figures célèbres (comme Ingrid Bergman ou la Prix Nobel Doris Lessing) qui ont choisi l'art ou leur liberté au détriment de leur rôle de mère. Nous abordons également : Le mythe de la "gentille mauvaise mère" : Cette injonction contemporaine des réseaux sociaux (mom influencers) qui feint l'imperfection pour mieux renforcer la "turbo-maternité" et l'écrasante charge mentale.La culpabilisation systématique : Comment la psychanalyse a historiquement pathologisé les mères, les rendant responsables de tous les maux de leurs enfants (de la mère "réfrigérateur" à la mère "trop fusionnelle").Le droit au "Et si..." : Pourquoi s'interroger sur une vie sans enfants reste la pensée la plus inavouable pour une femme aujourd'hui.Un épisode dérangeant, nécessaire et résolument féministe, qui pose cette question : la société veut-elle vraiment le bien des enfants, ou exige-t-elle simplement que les mères souffrent et se sacrifient ? Bonne écoute ! Retrouvez En Roue Livres : Ce podcast est une production du studio Les Bonnes Ondes. Écoutez-nous sur notre site lesbonnesondes.ma et sur toutes les plateformes de streaming : Spotify, Apple Podcasts, et plus encore. Un podcast de Loubna Serraj Réalisation : Hamza Nouhi Production : Les Bonnes Ondes  À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous et laissez-nous 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma

    Peut-on abandonner ses enfants ? | Les Abandonneuses, Begoña Gómez Urzaiz
  5. Oct 12

    فصل / FASSL

    Fassl (saison, séparation, fracture) est un carnet de bord sonore viscéral qui plonge dans une Méditerranée faite de frictions. Loin du mirage des discours officiels sur le "multilinguisme inné", cette création de 12 minutes explore le contraste violent entre des ondes sonores qui circulent librement et des jeunesses dont les corps restent bloqués par des frontières invisibles et des visas. S'appuyant sur le concept du « droit à l'opacité » d'Édouard Glissant, Fassl est un refus de rendre nos réalités vécues parfaitement transparentes, pédagogiques et facilement consommables. Le darija, le français et l'anglais s'y entrechoquent au milieu d'archives de rue et d'interférences. Une errance radiophonique qui vous invite à écouter la frontière plutôt qu'à l'expliquer. Ne cherchez pas à tout comprendre : laissez le sens se construire par l'expérience de l'opacité. Une production Les Bonnes Ondes, réalisée par Mehdi El Kindi. .فَصْل" عبارة عن مذكرات صوتية تغوص بنا في حوض متوسطي مبني على الاحتكاك" بعيداً عن وهم الخطابات الرسمية حول التعدد اللغوي الفطري، يستكشف هذا العمل الصوتي التناقض العنيف بين الموجات الصوتية التي تعبر الحدود بحرية، وأجساد الشباب المحاصرة بالحدود غير المرئية وتأشيرات العبور بالاستناد إلى مفهوم "الحق في الغموض" للمفكر إدوار غليسان، يُعد هذا العمل رفضاً صريحاً لجعل واقعنا المعاش شفافاً ومستهلكاً بسهولة. هنا تتصادم الدارجة المغربية، الفرنسية، والإنجليزية وسط أرشيفات من الشارع وتداخلات إذاعية .إنها رحلة تدعوك للاستماع إلى الحدود بدلاً من شرحها. لا تحاول فهم كل شيء: دع المعنى يتشكل من خلال تجربة الغموض نفسها Envie de participer à nos prochaines rencontres IRL, ateliers ou être tenu au courant de nos nouvelles sorties ? Pour ne pas que l'algorithme nous sépare, rejoignez la communauté et inscrivez-vous à notre newsletter sur : lesbonnesondes.ma À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous, commentez et laissez 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma

    فصل / FASSL
  6. Oct 5

    Amwaj | Cadavre exquis sonore : L'eau, la Seine et autres digressions (Atelier Porte Voix)

    Quel est le point commun entre le vol d'un martin-pêcheur, une envie irrépressible d'aller aux toilettes et le refus catégorique de se baigner dans la Seine ? Dans cette capsule sonore inédite, nous vous partageons le résultat brut de notre "atelier cadavre exquis" organisé au Point Éphémère, à Paris. Le principe de ce jeu collectif est simple : construire une chaîne de pensées vocales où chaque participant réagit spontanément à l'audio de la personne précédente. Pour cette session, le thème de départ était l'eau. Ce qui commence comme une réflexion poétique sur le bruit d'une rivière et la force à la fois vitale et dévastatrice de la nature, se transforme rapidement en une délicieuse digression collective. Entre ceux qui avouent au micro n'avoir absolument rien compris aux règles de l'exercice, et ceux qui en profitent pour faire de magnifiques déclarations d'amitié inattendues, nous avons décidé de ne rien couper. Un collage sonore sans filtre, drôle et poétique, qui capture l'essence même de nos ateliers de création : la spontanéité. Envie de participer à nos prochaines rencontres IRL et ateliers ? Pour ne pas que l'algorithme nous sépare, rejoignez la communauté et inscrivez-vous à notre newsletter sur : lesbonnesondes.ma Un atelier produit par le studio Les Bonnes Ondes et animé par Yasmine Mahjoubi. À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous, commentez et laissez 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma

    Amwaj | Cadavre exquis sonore : L'eau, la Seine et autres digressions (Atelier Porte Voix)
  7. Oct 1

    Talk | Les machines peuvent-elles sauver nos traditions ? (Oum, Guedra Guedra et Fayçal Larouchi)

    Enregistré en public au Point Éphémère, à l'occasion de la journée Porte Voix : Festival Amwaj x Les Bonnes Ondes , ce talk explore la rencontre entre musiques électroniques et traditions ancestrales. Christophe Payet (Sonique, Arte Radio) réunit trois artistes majeurs pour comprendre comment les machines et les pratiques sonores contemporaines deviennent les nouveaux gardiens de la mémoire culturelle. Au-delà du simple "sampling", cet échange pose une question fondamentale : comment transmettre l'âme et le contexte d'un héritage sonore jusque sur un dancefloor ? Fayçal Lahrouchi (artiste sonore et co-fondateur de l'association A.M.E.) explique comment le manque d'archives sonores marocaines l'a poussé à collecter lui-même les musiques amazighes. Il questionne également l'héritage des captations sonores coloniales, notamment à travers ses recherches sur les fonds du musée du quai Branly. Oum (musicienne, auteure, compositrice et interprète) aborde la tradition par le prisme de la transmission orale, intégrant des mots et expressions spécifiques de Marrakech dans ses textes pour les sauvegarder. Elle confie également son récent virage vers la production sur Ableton pour explorer de nouvelles profondeurs émotionnelles. Abdellah M. Hassak, alias Guedra Guedra (producteur et artiste sonore), raconte comment il transforme des archives physiques achetées au kilo en partitions musicales. Il livre aussi sa vision du dialogue complexe entre la rigidité des technologies occidentales et les rythmiques vivantes des musiques traditionnelles. À propos du Studio Les Bonnes Ondes Ce podcast est une production originale du Studio Les Bonnes Ondes, basé à Casablanca. Nous sommes le premier studio indépendant de podcasts au Maroc dédié au documentaire sonore et au récit immersif. Nous explorons la société, la culture et la mémoire collective à travers des créations audio engagées. 🎧 Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous, commentez et laissez 5 étoiles ⭐ sur Apple Podcasts et Spotify pour soutenir la création indépendante. Suivez-nous : 🌐 Site web : www.lesbonnesondes.ma Chapitrage de l'épisode (Timecodes) 00:00 - 01:41 : Introduction du panel et présentation des trois invités. 01:41 - 13:26 : Qu'est-ce qu'une musique traditionnelle ? Le rapport intime et parfois décalé de chaque artiste à son patrimoine. 13:26 - 25:22 : L'urgence de collecter les archives sonores face à la rupture des modes de transmission classiques. 25:22 - 36:02 : La pratique du terrain : utiliser la technologie (téléphones, micros) pour créer sa propre matière d'archive et documenter les codes musicaux. 36:02 - 49:28 : Transmettre le contexte : la sauvegarde du langage oral et la transformation d'anciens journaux marocains des années 40 en partitions MIDI. 49:28 - 58:53 : Les enjeux de pouvoir : repenser les archives coloniales et la question du consentement lors des captations historiques. 58:53 - 67:30 : Le rapport aux machines : comment les outils électroniques permettent de servir l'identité organique d'une artiste. 67:30 - 69:55 : Questions du public : se définir comme artiste, messager ou incarnation de la tradition.

    Talk | Les machines peuvent-elles sauver nos traditions ? (Oum, Guedra Guedra et Fayçal Larouchi)
  8. Sep 28

    Travailleuses invisibles | Les métiers de la discrimination au Maroc

    Et si la majorité des travailleuses que vous croisez chaque jour n'existaient pas sur le papier ? Au Maroc, les statistiques officielles dressent un portrait figé : le taux d'activité des femmes stagne douloureusement autour de 19 %, signifiant que quatre femmes sur cinq en âge de travailler seraient inactives, sagement cantonnées à leur foyer. Pourtant, il suffit de regarder autour de soi pour constater que la réalité du terrain est tout autre. Dans nos villes, les femmes sont partout : derrière les comptoirs, dans les restaurants, chargées du nettoyage dans les bureaux ou arpentant les couloirs des avions. Ces données officielles ne mesurent en réalité qu'une seule facette de l'économie : celle du travail déclaré. Adapté de l'ouvrage collectif Travailleuses invisibles, les métiers de la discrimination au Maroc, publié par la maison d'édition En toutes lettres dans sa collection « Enquêtes », ce podcast propose une plongée saisissante dans le paradoxe de la ville. Fruit d'une collaboration avec le studio de production Les Bonnes Ondes, cet épisode cherche à comprendre un phénomène profondément troublant : pourquoi l'omniprésence des femmes en milieu urbain n'est-elle pas synonyme d'émancipation, mais se traduit-elle bien souvent par un simple déplacement de la précarité ? Présenté par Hicham Houdaïfa, directeur de la collection, cet épisode lève le voile sur deux univers professionnels que tout oppose en apparence, mais qui partagent une même mécanique d'invisibilisation : Le mirage du ciel : Grâce au travail de la chercheuse en sociologie Oumaima Jmad, initié lors du programme Openchabab, découvrez l'envers du décor du métier fantasmé d'hôtesse de l'air. Dans ce secteur hyper-structuré aux contrats solides, les femmes subissent ce que la chercheuse nomme « l'invisibilité dans la surexposition ». Soumises à des critères de recrutement drastiques (avoir moins de 27 ans, mesurer au minimum 1 mètre 60), elles endurent l'épreuve traumatisante de la balance, poussant certaines à des troubles alimentaires graves pour conserver leur poste. Leurs corps deviennent des vitrines pour la compagnie, contraintes de porter des tenues moulantes et des talons hauts, tandis que l'on exige de leurs collègues masculins qu'ils inspirent « le respect et la confiance ». Un prestige de façade qui masque un épuisement professionnel intense et un harcèlement banalisé.Les ténèbres de la nuit urbaine : L'enquête nous emmène ensuite dans l'informel le plus total, au cœur des bars populaires et des cabarets du centre-ville de Casablanca. Des milliers de mères célibataires, fuyant souvent le rejet familial, y gagnent leur vie comme barmaids, serveuses ou entraîneuses. Pour avoir le droit d'y travailler, elles doivent fournir des documents pour une autorisation policière qui, comble de l'ironie, ne leur confère aucun statut légal ni carte professionnelle. Sans couverture médicale ni contrat, elles subissent une pression infernale : leur rémunération dépend directement du nombre de capsules de bière qu'elles parviennent à faire consommer, au détriment de leur propre santé et de leur dignité.Pour éclairer ces récits poignants, incarnés par Yasmine Mahjoubi pour protéger l'anonymat des témoins, la sociologue et experte en politiques publiques Zoubida Reghay analyse l'échec des politiques gouvernementales et le manque de protection sociale. Ce podcast démontre avec force que cette précarité, pénalisant lourdement les carrières féminines, n'est pas un accident économique, mais bien un choix d'organisation dicté par des normes sociales implacables. Un podcast soutenu par l'Institut Français du Maroc, pour ramener le débat public sur des réalités que la société préfère ignorer.

    Travailleuses invisibles | Les métiers de la discrimination au Maroc

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