Le Jardin - podcast littéraire

François-Xavier ROBERT

Entrez dans la peau des autrices et des auteurs avec ce podcast littéraire et culturel.Qu'est-ce qui motive une écrivaine ou un écrivain ? D'où leur vient cette force d'écrire ? C’est quoi écrire un livre, un roman : on fait comment ? Comment se crée un style ? Quel est la journée de travail type d'un auteur ?  D’où viennent les idées ? S’il te plaît… dessine-moi un écrivain !Ici, il s’agit de sortir du mythe du génie créateur, du démiurge pris de soudaines crises d’inspiration, pour s’intéresser aux savoirs et savoir-faire de l’honnête artisan. De la femme ou de l'homme à sa table de travail, à son bureau, qui écrit à la main ou sur son ordinateur, dans un calepin ou sur son téléphone... Artisan au sens le plus noble du terme : “Nous considérons l'artisanat comme une des formes exemplaires de l'activité humaine.” - Simone de Beauvoir (1908-1986), La Force de l'âge, Gallimard. “À l'œuvre, on connaît l'artisan.” - Jean de la Fontaine (1621-1695), Fables - le Frelon et les Mouches à miel. Partons ensemble à la rencontre des autrices et des auteurs, des poètes, des essayistes, des gens de plume, des gens de lettres, des romanciers. Jonathan Coe, Nicole Dennis-Benn, Aurélien Bellanger, Ryoko Sekiguchi, Romain Slocombe, Catherine Cusset, Philippe Grimbert, Hajar Azell, Akira Mizubayashi...ces autrices et auteurs ont déjà partagé leur passion de l’écriture avec vous dans le podcast littéraire “Le Jardin”, lancé en avril 2021. Ce podcast se classe aujourd’hui dans le top cinq des podcasts natifs francophones dédiés à la littérature et aux livres.“Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ?” - Rainer Maria Rilke (1875-1926), Les roses.Si vous aussi vous êtes animé par la passion d’écrire et de lire, amoureux de la littérature et de l’écriture, ce podcast est fait pour vous. Bonne écoute !

  1. Contre le backlash anti-woke : trois romans pour comprendre les violences faites aux femmes

    Jun 28

    Contre le backlash anti-woke : trois romans pour comprendre les violences faites aux femmes

    Féminicides, violences faites aux femmes et littérature, je vous présente trois romans pour “rester éveillés”. Avec les autrices Patricia Melo (Brésil) et Dahlia de la Cerda (Mexique), je vous propose en effet un épisode sur le féminisme, la colère et la puissance de la littérature. Il m’a été inspiré par la lecture successive de trois magnifiques romans : Celles qu'on tue, Patrícia Melo, traduction d’Elodie Dupau, 2023, Éditions Buchet/Chastel (puis 2024 chez 10/18 pour la version poche) Mexico Médée, Dahlia de la Cerda, traduction de Lise Belperron, 2026, Éditions du sous-sol (pas encore paru en poche) Chiennes de garde, Dahlia de la Cerda, traduction de Lise Belperron, 2024, Éditions du sous-sol (puis 2025 chez Points en poche) En introduction de cette épisode, vous entendez un très court extrait de la chanson Master Teacher d’Erykah Badu : https://youtu.be/Dieo6bp4zQw?si=-m2FsPTgDdr1wVEe  Vers la 7e minute, vous pouvez entendre un très court extrait de la chanson d’Eddy de Pretto, Kid : https://youtu.be/XfbM3LD0D9Q?si=xW7L7h71xlg--nw1 Enfin vers la 13e minute, vous découvrez un extrait de la chanson Ni Miedo Ni Piedad du rappeur mexicain Eme Malafe, les paroles de cette chanson sont traduites dans Mexico Médée : https://youtu.be/uemD1_C9u7o?si=NHLWsZ30pjAVL2ZK  En vignette d'illustration du podcast, j'ai repris l'idée des éditions du sous-sol avec une image inspirée par la grande photographe mexicaine Graciela Iturbide (née le 16 mai 1942 à Mexico). Je vous lis plusieurs extraits au cours du podcast. En voici un, situé pages 157 et 158 de l’édition de poche du livre de Patricia Melo paru chez 10/18 : « La Femme aux Pierres Vertes reprend : - C'est un fait que les hommes ont des élans d'agressivité, nous en avons tous, mais les hommes, eh bien, ils sont... hum... pense à un réservoir d'agressivité : chaque fois que les hommes reçoivent un non, chaque fois que quelqu'un (et surtout quelqu'une) leur désobéit, chaque fois qu'ils bataillent dans les bouchons, qu'ils perdent les élections, qu'ils perdent la face, qu'ils perdent un pari, un jeu, de l'argent, chaque fois qu'ils prennent une cuite, qu'ils sont réprimés, qu'ils ratent quelque chose, qu'ils ne bandent pas, que nous rions d'eux, qu'ils sont rejetés, leur réservoir se remplit un peu plus. Et s'ils se prennent un nouveau savon de leur chef, si leur équipe perd encore le championnat, si leur monnaie perd de la valeur, si la voiture de devant leur fait une queue de poisson, si leur ami reçoit une augmentation, eh bien, tout ce sentiment de contrariété jette de l'huile sur le feu, toute cette énergie s'accumule dans le réservoir d'agressivité, qui se remplit, se remplit, et déborde d'agressivité contenue, et cette agressivité doit périodiquement être déchargée, pour ne pas faire exploser le réservoir ou même le tuer d'une attaque cardiaque. Alors vient la décharge. Les vannes s'ouvrent. Et toute cette fange tombe sur qui ? Sur les femmes. Tuer des femmes est la soupape de sécurité de la mono-haine des protomachos. Bien sûr que je parle d'une façon générale. Une partie des protomachos déverse sa fange sur les homosexuels, les immigrés, les transgenres, les Noirs, les pauvres, mais la majorité, la grande majorité, concentre toute sa haine sur les femmes. Le protomacho est mono-agressif. C'est pour cette raison qu'ils ont été bannis de notre paradis. Alors que notre haine sert à beaucoup de choses. Nous sommes ici pour en parler : que faisons-nous de notre haine ? » Extrait de Chiennes de garde, tiré des pages 66 et 67 de l’édition parue chez Points en poche, dans une traduction de Lise Belperron : « Tu te rends vite compte qu'on ne progresse qu'en foutant le bordel. Pas beaucoup, mais quand même. Tu captes que le gars de la rue d'en face braque des banques et conduit déjà un pick-up ou que le voisin pickpocket s'est acheté son écran plat ou que le gamin qui bosse comme tueur à gages porte des baskets de marque. Et tu compares ça aux gonzesses, jeunes ou vieilles, qui même en bossant du lever au coucher du soleil à l'usine ou dans les beaux quartiers pour nettoyer la m***e des riches, même en passant leurs journées à vendre des donuts, n'arrivent pas à s'en sortir. Tu compares ce que gagne un voyou avec ce que tu gagnes toi en te crevant au boulot, et je te jure, pour de vrai, chéri, ça donne envie de ruer dans les brancards, de choper la vie par la peau du cou, de prendre des risques. Moi je n'arrêtais pas de penser : "Et si j'allais sauter des palissades avec mon frère, et si je me mettais avec le Tongolo pour braquer des banques ?" Ça me donnait envie. Je fantasmais, je fantasmais à l'idée de faire des conneries et m'acheter mes propres affaires : des Vans avec des lacets impeccables, des saucisses et des cochonneries plein le frigo. Je ne sais pas, que des conneries. Jusqu'au jour où le désespoir m'est tombé dessus, derrière la nuque, tellement la faim nous tordait le ventre. Alors j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai volé son couteau à mon frangin. Je l'ai aiguisé avant d'aller dans la rue. Je me suis vouée au Diable, parce que dans ce genre d'affaires, tu peux pas compter sur Dieu. J'ai sauté dans un bus, je suis descendue, j'ai parcouru plusieurs rues, je suis arrivée dans un quartier rempli de bars et j'ai cherché un enfoiré de petit bourge trouillard avec une tête de crétin pour lui extorquer son fric, son fric qui venait sûrement de l'exploitation de gens de mon quartier. J'en ai trouvé un tout couillon bourré comme un coing, et je lui ai dit: "Continue à marcher, bâtard. Fais pas le malin, ou je te plante deux trois fois dans le cul, fils de pute. Donne-moi ton portable, ton portefeuille, tes baskets, bâtard; tous tes bijoux, pédé. Fais gaffe, joue pas au con." Je l'ai complètement dépouillé. Cinq mille pesos en deux minutes, mon gars. J'suis bien une meuf de mon quartier, quoi. » En introduction, je parle du concept "woke" et je lis une traduction du très beau texte de Martin Luther King tiré d'un discours prononcé en juin 1965, à l'université Oberlin dans l’Ohio. Voici ici la version originale : "All I'm saying is simply this: that all mankind is tied together; all life is interrelated, and we are all caught in an inescapable network of mutuality, tied in a single garment of destiny. Whatever affects one directly, affects all indirectly. For some strange reason I can never be what I ought to be until you are what you ought to be. And you can never be what you ought to be until I am what I ought to be - this is the interrelated structure of reality. John Donne caught it years ago and placed it in graphic terms:  No man is an Island, entire of itself; every man is a piece of the continent, a part of the main...  And then he goes on toward the end to say: any man's death diminishes me, because I am involved in mankind; and therefore never send to know for whom the bell tolls; it tolls for thee.  And by believing this, by living out this fact, we will be able to remain awake through a great revolution." 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    26 min
  2. “Mais qu’est-ce que c’était que la mer ?” : Goliarda Sapienza, L’Art de la joie, et quatre autres livres

    May 20

    “Mais qu’est-ce que c’était que la mer ?” : Goliarda Sapienza, L’Art de la joie, et quatre autres livres

    “Mais qu’est-ce que c’était que la mer ?”  Le titre de cet épisode est une courte citation tirée du tout premier chapitre de L’Art de la Joie, le chef-d’œuvre de l’autrice italienne Goliarda Sapienza. Tout l’épisode est dédiée à cette écrivaine de génie. Écoutez jusqu’à la fin pour profiter de la lecture des extraits de livre ! La force de l’écriture de Goliarda Sapienza tient à son mélange rare de liberté, d’intensité psychologique et de vitalité sensuelle. Elle écrit sans morale imposée, sans idéologie rigide, avec une franchise presque physique sur le désir, la douleur, la folie, la politique et le rapport au corps. Ce qui la rend unique, c’est aussi sa voix : à la fois très cultivée et instinctive, capable de passer de la violence à la tendresse, de la lucidité politique à une grande sensualité, et un amour de la vie. Son écriture donne souvent l’impression d’une vérité vécue plutôt que d’une littérature « fabriquée » : elle transforme ses blessures personnelles et son expérience de marginale en une langue très vivante, charnelle et indocile. Je parle dans cet épisode de cinq livres en particulier, tous traduits par Nathalie Castagné et tous disponibles en édition de poche chez Le Tripode :  Rendez-vous à PositanoL’Art de la JoieLettre OuverteL’Université de RebibbiaMoi, Jean GabinAu tout début du podcast vous entendez un court extrait de la chanson “Le Ragazze di Porta Venezia” par M¥SS KETA, que vous pouvez écouter ici : https://youtu.be/kKZM9mQUkpI?si=WbM1d0fpW9XHwm25  Juste après, vous découvrez la voix de Goliarda Sapienza lors d’une interview télévisée sur son expérience carcérale : https://youtu.be/KMh-1NVk-8g?is=PmhcxgqFuX0bk8UD  Dans cet extrait, elle dit que l’on ne fait véritablement connaissance avec son pays qu’en trois lieux : en prison, à l’hôpital et à l’asile psychiatrique ! Bonne écoute et belles lectures ! Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    48 min
  3. Apr 10

    Pulsions de vie : Le Roman de Murat, une discussion entre Yann Bergheaud et Marc Besse, animée par Clément Bénech

    J’adore l'œuvre de Jean-Louis Murat. Je connais bien sa musique. Mais je ne m’étais jamais interrogé sur le genre musical dans lequel on pourrait “classer” cette musique.  Et bien c’est le blues ! Un blues nourri de multiples influences. Un blues qui n’est pas une imitation. Un “blues français”. Inimitable, à fleur de peau, exigeant. Comme son auteur, compositeur, interprète. Un troubadour qui nous a quitté trop tôt et trop brutalement en 2023. Cette révélation, je la dois à Yann Bergheaud, fils de Jean-Louis Murat, qui avec la collaboration de Marc Besse, a publié aux éditions Albin Michel, la très belle biographie intitulée : “Le Roman de Murat”. Yann Bergheaud est enseignant à l’université Jean Moulin, à Lyon. Il a fondé l’Institut Jean-Louis Murat. Marc Besse, journaliste aux Inrockuptibles, est chroniqueur rock et auteur de la biographie “Bashung(s)”. La rencontre a lieu dans la librairie de Sandrine Babu, L’Instant, à Paris - 15e arrondissement. Elle est animée par Clément Bénech, écrivain, journaliste… et grand fan de l’oeuvre de Jean-Louis Murat, bien sûr.  Alors dit-on “muratien” ou “muratophile” ? Vous le saurez en écoutant cette discussion passionnante ! En introduction du podcast vous entendez un court montage sonore constitué de quatre chansons signées Jean-Louis Murat, dont deux préférées par les auteurs, l’une par un membre du public, et la quatrième pour faire un zoom sur l’album méconnu “​​​​Madame Deshoulières”. La chanson de Dolorès (L’Irrégulière), Live in Dolorès, 1998Fort Alamo, Dolorès, 1996L’Au-delà, Le Moujik et sa femme, 2002Bobo, Madame Deshoulières, 2001Je vous invite également à réécouter l’épisode du 11 juin 2023 consacré à Jean-Louis Murat, mon hommage personnel, suite à sa disparition :  https://lejardin-podcast.buzzsprout.com/1756912/episodes/12994745 À bientôt ! Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    1h 15m
  4. Ceux qui ne sont rien : rencontre avec Élodie Dupau, traductrice du livre de Patrícia Melo

    Mar 20

    Ceux qui ne sont rien : rencontre avec Élodie Dupau, traductrice du livre de Patrícia Melo

    Élodie Dupau est traductrice littéraire de poésies, romans, nouvelles, contes, albums jeunesse et essais, tous écrits par des auteurs portugais ou brésiliens. J’ai souhaité discuter avec elle de son travail sur le livre de Patrícia Melo : Ceux qui ne sont rien, paru aux éditions Buchet-Chastel. Dans cet entretien, Élodie Dupau nous révèle les obstacles et les défis rencontrés lors de la traduction d’un tel monument. Elle nous fait, entre autres surprises, découvrir une crypto-langue, une langue secrète employée par les personnes transgenres au Brésil : le Bajubá.  Elle lit également cinq extraits tirés du livre Ceux qui ne sont rien (pages 98 ; 103 ; 111 ; 170 et 384). Ce livre de l’autrice brésilienne Patrícia Melo a été comparé aux Misérables de Victor Hugo par son ampleur et par sa description quasi sociologique des gens contraints de vivre “à la rue”, à même la rue. C’est un livre passionnant rythmé par la musique brésilienne et les péripéties d’une galerie de personnages hauts en couleur et très attachants. Bonne lecture ! Sélection de chansons citées dans le livre Taki Taki, DJ Snake en featuring avec Selena Gomez, Cardi B et OzunaBrado de Xangô, Tião CasemiroSkunk, MatuêMãe, EmicidaJorge da Capadócia, Caetano Veloso, Jorge Ben Jor (court extrait dans ce podcast)Deixa a vida me levar, Zeca PagodinhoUm beijo, MC Xuxú (court extrait dans ce podcast)Ain’t Got No, I Got Life, Nina Simone (court extrait dans ce podcast)Autres livres évoqués lors de la discussion Celles qu’on tue, Patrícia MeloIl y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente, Caio Fernando AbreuContos novos, Mário de AndradeUn dernier extrait pour vous donner envie de lire le livre « Est-ce que je dois faire demi tour ? se demanda-t-il en tournant de nouveau à gauche, dans une ruelle avec davantage de commerces, tous fermés. « A vendre », « Bail à céder », « A louer », disaient les pancartes sur les façades. Il dut passer deux autres gros pâtés d'immeubles avant de voir de la lumière chez un coiffeur, dont la porte était entrouverte. Il entra essoufflé, sans même savoir ce qu'il disait, le garçon qui le reçut en resta pétrifié, croyant à un braquage, et Chilves ne savait pas quoi faire, il criait au secours, devant le tableau qui affichait au mur le menu des coupes de cheveux : dégradé, surfeur, aérodynamique, pagodeiro, militaire, mulet-tressé, et soudain entra dans le salon, venu de l'arrière-boutique, un monsieur âgé, alarmé par les cris, « Jéssica va avoir le bébé », criait Chilves, « le bébé va naître », et l'homme, selon ce qu'il passa le reste de sa vie à raconter à ses amis et clients, comprit « tout de suite que c'était pas un tour de voyou ni un braquage », prit calmement une serviette, un rasoir de barbier et son téléphone portable, puis suivit Chilves, aussi vite que son age le lui permettait, tournant à droite et à gauche, tout en essayant de joindre les secours par téléphone. » Ceux qui ne sont rien, Patrícia Melo Extrait p. 329 Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    41 min
  5. Le cheval oblitéré : chanson hommage à Yayoi Kusama

    Feb 4

    Le cheval oblitéré : chanson hommage à Yayoi Kusama

    J’ai écrit cette chanson en hommage à Yayoi Kusama, artiste japonaise que j’admire depuis de nombreuses années. Yayoi Kusama est l'une des plus grandes artistes du siècle, devenue icône pop à la faveur de ses collaborations avec de grandes marques et à la marchandisation accrue de ses créations sous forme de produits de papeteries, de licences variées… J’ai découvert son œuvre au Japon dans sa ville de naissance puis à Tokyo dans les musées mais aussi grâce à un super documentaire diffusé au cinéma d’art et essai de Shibuya. Bientôt centenaire elle a survécu à une autre géante - traversée, elle aussi, par ses obsessions : la franco-américaine Louise Bourgeois.  J’espère que vous aimerez cette chanson dont voici les paroles : La vie rêvée de Yayoi, C'est une vie avec des pois. Traverse l’océan et vois : L’Amérique. C’est joli ! Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi Troque tes cheveux noir de jais Pour une perruque rose bonbon. Que le fantôme du potiron, Hante ton art à jamais. Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi Des reflets infinis se déploient, Sous ta frange nette d'enfant sage. Peins des portes sur les nuages. Chasse le désespoir. Quel exploit ! Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi A l’ombre d'une fleur gigantesque, Tu oublies de penser au suicide, À tes peurs, à la folie et au vide, Dans un délire cauchemardesque. Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi Sur la route de Shinano, Tu réécris ton enfance. Une vie pop, sans souffrance, Où grandit ton beau mécano. Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi Poinçonneuse des obsessions, Tu dessines ta vérité. Il réclame ton cheval oblitéré : Plus d'amour, de vie et de passion. Kusama mama mama mama Kusama mama mama mama Yayoi youpi youpi youpi Yayoi youpi youpi youpi Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    3 min
  6. Mes classiques LGBTQIA+ : Wilde, Proust, Yourcenar, Woolf, Gide, Genet, Mishima, etc.

    Feb 1

    Mes classiques LGBTQIA+ : Wilde, Proust, Yourcenar, Woolf, Gide, Genet, Mishima, etc.

    Dans cet épisode, je vous parle d’une sélection d’auteurs et de livres LGBTQIA+, gay, queer, spécialement importants pour moi. Une sélection qui remonte loin dans le temps mais qui s’arrête au début des années 90, et je vous explique pourquoi dans le podcast. Pour illustrer mon propos, je vous propose en introduction une définition du concept "queer" due à Bell Hooks que j'ai trouvée dans le livre The short story of queer art, signé Dawn Hoskin : « être queer, ce n'est pas une question de sexualité (même si cela peut en être une dimension), mais plutôt une question d'identité, celle d'un individu en désaccord avec son environnement, qui doit inventer, créer et trouver un endroit où il peut s'exprimer, s'épanouir et vivre. » Bonne écoute ! MA SÉLECTION  Les Antiques Homère (750–700 av. J.-C.) : Iliade Platon (c. 427 – c. 347 av. J.-C.) : Le Banquet, vers 385–370 av. J.-C. Les Précurseurs Walt Whitman (1819-1892) : Leaves of Grass (Feuilles d’herbe, 1855) Oscar Wilde (1854–1900) : Le Portrait de Dorian Gray, 1890 André Gide (1869–1951) : Corydon, 1924–1925 Marcel Proust (1871–1922) : À la recherche du temps perdu, 1913–1927 E. M. Forster (1879–1970) : Maurice, écrit en 1913–14, publié en 1971 Virginia Woolf (1882 – 1941) : Orlando, 1928 Jean Cocteau (1889–1963) : Le Livre blanc, 1928 Marguerite Yourcenar (1903–1987) : Mémoires d’Hadrien, 1951 Jean Genet (1910–1986) : Journal du voleur, 1949 Pier Paolo Pasolini (1922-1975) : Anthologie parue chez Points James Baldwin (1924–1987) : Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni, 1956) Yukio Mishima (1925–1970) : Confessions d’un masque, 1949  Les auteurs “BEAT” William S. Burroughs (1914–1997) : Naked Lunch (Le Festin nu, 1959) Jack Kerouac (1922–1969) : On the Road (Sur la route, 1957) Allen Ginsberg (1926–1997) : Howl, 1956 Les Contemporains  Bai Xianyong (1937-) : Garçons de cristal, 1983 Andrew Holleran (1944– ) : Dancer from the Dance (Le Danseur de Manhattan, 1978)  Armistead Maupin (1944– ) : Tales of the City (Les Chroniques de San Francisco, 1978‑2024), adaptée en série TV en 2019 Le montage sonore au tout début du podcast met en avant de très courts extraits de musique pop pour rendre hommage à des icônes gay des années 70 jusqu’au années 90. Vous reconnaîtrez : Jimmy Somerville et Bronski Beat avec Smalltown Boy, version remixée par Arnaud Rebotini qu’on trouve dans la bande originale du film 120 battements par minute de Robin Campillo ; Madonna avec Vogue et son légendaire “Strike a pose” ; Mylène Farmer et Sans Contrefaçon ; Queen avec I Want to Break Free ; Donna Summer et Barbara Streisand avec No More Tears (Enough is Enough) ; et enfin, Dalida avec Mourir sur Scène. Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    56 min
  7. Dans la fiction, dans l’invention : rencontre avec Karim Kattan, auteur de L’Éden à l’aube - Prix Hors-Concours 2025

    Jan 6

    Dans la fiction, dans l’invention : rencontre avec Karim Kattan, auteur de L’Éden à l’aube - Prix Hors-Concours 2025

    Karim Kattan est né à Jérusalem, mais il a grandi à Bethléem, une ville de jardins ! Dans cet épisode, l’auteur d’origine palestinienne, nous apprend qu’un des mots arabes pour désigner un jardin est : al bustan, le nom d’un jardin de paradis, d’un éden. Et c’est pour son dernier roman L’Éden à l’aube que je le reçois justement. Ce magnifique roman vient d’être couronné par le Prix Hors-Concours 2025, après un très beau parcours en librairie et dans le cœur des critiques. Il s'agit d'une histoire d’amour à Jérusalem entre deux hommes, deux Palestiniens : Gabriel et Isaac. Pendant notre conversation, l'auteur a réalisé que tous ses titres avaient un jardin comme horizon... prédestination ? Préliminaires pour un verger futur, recueil de nouvelles, éditions Elyzad, 2017.Le Palais des deux collines, roman, éditions Elyzad, 2021. L'Éden à l'aube, roman, éditions Elyzad, 2024. Hortus Conclusus, recueil de poésie, éditions L'Extrême Contemporain, 2025.J'avais déjà lu des extraits de L’Éden à l’aube dans un précédent épisode du podcast disponible ici : https://www.buzzsprout.com/1756912/episodes/16924308 Extrait du Cantique des Cantiques (important pour l’auteur) :  Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ;  Il y a sous ta langue du miel et du lait,  Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban.  Tu es un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée,  Une source fermée, une fontaine scellée. Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents,  Les troënes avec le nard. Conseil lecture de Karim Kattan Le Danseur de Manhattan, Andrew HolleranKarim Kattan écrit beaucoup en écoutant de la musique, il a même animé une radio sur laquelle il diffusait tard dans la nuit des morceaux très doux, très “ambient”. Voici trois morceaux (parmi de très nombreux) qui ont compté pour l'écriture de L’Éden à l’aube et que vous allez retrouver dans le podcast : Impossible Island de Gaussian Curve  https://www.youtube.com/watch?v=-cM3QrFmgqoL'album Origin Myths de Bobby Lee https://tompkinssquare.bandcamp.com/album/origin-mythsQuarry Rave de Pye Corner Audio  https://pyecorneraudio.bandcamp.com/track/quarry-raveImage de l’épisode : ​​Hortus conclusus et Fons signatus, enluminure conservée à la Bibliothèque Meermanno Koninklijke de La Haye. Contact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    44 min
  8. Une vie édifiante : l’œuvre autobiographique de Maya Angelou

    12/16/2025

    Une vie édifiante : l’œuvre autobiographique de Maya Angelou

    J’ai dévoré les sept tomes de l’œuvre autobiographique de Maya Angelou.  Née Marguerite Johnson en 1928 à Saint-Louis et décédée en 2014, Maya est le nom qu’elle s’est choisi pour développer sa carrière d’artiste. C’était le petit nom que lui avait donné son frère chéri quand ils étaient tous deux enfants. Maya Angelou est une romancière, une poète, une dramaturge, une essayiste, une actrice, une scénariste, une productrice, une documentariste, une professeure d'université. Mais elle fut aussi danseuse, chanteuse et même prostituée comme on l’apprendra dans l’un des tout premiers tomes de sa biographie. Mais elle est peut-être et avant tout une militante, tour à tour pacifiste aux côtés de Martin Luther King, puis plus activiste - inspirée par Malcom X. C’est un personnage clé du mouvement américain des droits civiques. Sur les 7 tomes de son œuvre autobiographique, 6 ont été traduits en français et existent aujourd’hui en édition de poche au Livre de Poche : Je sais pourquoi chante l'oiseau en cageRassemblez-vous en mon nomChanter, swinguer, faire la bringue comme à NoëlTant que je serai noireUn Billet d'avion pour l'AfriqueUne chanson jetée au ciel (Traduction littérale) : Non traduit ou non publié en FranceDeux versions en français : Maman & Moi & Maman ou Lady BUne vie édifiante à la fois particulièrement instructive sur l’époque, sur le combat pour les droits civiques aux États-Unis, pour comprendre la vie des afro-américains dans un état ségrégationniste, pour saisir la richesse de l’après-guerre où la lutte pour les droits individuels rejoint celle plus vaste des peuples à se gouverner eux-mêmes à travers la décolonisation et enfin une période où les arts sont florissants de l’explosion du jazz, au premier opéra afro-américain Porgy and Bess, en passant par la danse ou le théâtre la première dès la pièce  les Nègres de Genet, jouée par des afro-américains.  Une vie édifiante aussi dans le sens d’une vie vertueuse. Pas au sens contraint et réduit, pas une vertu de catéchisme, mais au sens de la vertu des anciens : une vie bonne, une vie pleine, dans laquelle se trouvent réalisées toutes les possibilités que l’on porte en soi, comme être vivant, comme être humain, et comme individu singulier. Et aussi une vie menée tambour battant avec des valeurs fortement ancrées en soi. Une volonté qui triomphe des épreuves nombreuses, une forme d’optimisme et de croyance inébranlable pour défendre sa position et assurer la vie de son fils.  Une vie à dire la vérité : s’il est une vertu pour reprendre le thème précédent caractéristique de Maya Angelou c’est bien la franchise, la bonne foi. Dire ce que l’on pense, ce que l’on fait (y compris sur ce n’est pas glorieux), la vérité même si elle n’est pas agréable à entendre. Enfin elle ne s’apitoie jamais sur son sort. Quel que soit l’épreuve qui se dresse sur son chemin, le deuil passe et elle agit. Elle arrive à se sortir de toutes les situations aussi difficiles soient elles par l’action, en empruntant un autre chemin ou en revenant au chant et à la danse. Extraits et citations musicales  George Gershwin, Porgy and Bess, Arr. et dir : André PrévinCourt extrait d’une conférence publique de Maya AngelouAbbey Lincoln et Max Roach, Freedom DayMaya chantant du calypso, Run JoeBillie Holiday, Strange FruitDella Reese, Blue SkiesContact Envoyez un e-mail à : fxrparis@gmail.comPage Facebook : https://www.facebook.com/LeJardinPodcastMerci d'écouter le podcast littéraire Le Jardin !

    39 min

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Entrez dans la peau des autrices et des auteurs avec ce podcast littéraire et culturel.Qu'est-ce qui motive une écrivaine ou un écrivain ? D'où leur vient cette force d'écrire ? C’est quoi écrire un livre, un roman : on fait comment ? Comment se crée un style ? Quel est la journée de travail type d'un auteur ?  D’où viennent les idées ? S’il te plaît… dessine-moi un écrivain !Ici, il s’agit de sortir du mythe du génie créateur, du démiurge pris de soudaines crises d’inspiration, pour s’intéresser aux savoirs et savoir-faire de l’honnête artisan. De la femme ou de l'homme à sa table de travail, à son bureau, qui écrit à la main ou sur son ordinateur, dans un calepin ou sur son téléphone... Artisan au sens le plus noble du terme : “Nous considérons l'artisanat comme une des formes exemplaires de l'activité humaine.” - Simone de Beauvoir (1908-1986), La Force de l'âge, Gallimard. “À l'œuvre, on connaît l'artisan.” - Jean de la Fontaine (1621-1695), Fables - le Frelon et les Mouches à miel. Partons ensemble à la rencontre des autrices et des auteurs, des poètes, des essayistes, des gens de plume, des gens de lettres, des romanciers. Jonathan Coe, Nicole Dennis-Benn, Aurélien Bellanger, Ryoko Sekiguchi, Romain Slocombe, Catherine Cusset, Philippe Grimbert, Hajar Azell, Akira Mizubayashi...ces autrices et auteurs ont déjà partagé leur passion de l’écriture avec vous dans le podcast littéraire “Le Jardin”, lancé en avril 2021. Ce podcast se classe aujourd’hui dans le top cinq des podcasts natifs francophones dédiés à la littérature et aux livres.“Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ?” - Rainer Maria Rilke (1875-1926), Les roses.Si vous aussi vous êtes animé par la passion d’écrire et de lire, amoureux de la littérature et de l’écriture, ce podcast est fait pour vous. Bonne écoute !

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