Voici le premier volet d’une conversation passionnante avec Romain Consiglio, anciennement conseiller en transition économique juste et durable à l’ONU, et maintenant conseiller "environnement" au service d’études de la CSC… Dans les multiples préoccupations qui font de ce monde un lieu d’inquiétude, au moins pour certains, il y en a trois en très bonne place : l’économie, les guerres et l’environnement. Ces thématiques sont étroitement liées et interactives ; durant les périodes de tensions entre états, le lien entre Défense et Finance devient flagrant, primordial. Il faut de l’argent pour acquérir des armes, nourrir les combattants et, parfois, faire accepter l’horreur aux civils. L’environnement, quant à lui, est une préoccupation assez récente… Quand c’est une préoccupation(!), car en temps de paix, le politique n’a, semble-t-il, pas encore intégré l’attention qu’il faudrait lui accorder, même dans des pays où 7 ministres différents sont sensés s’en occuper. Avant l’invention de la poudre, les guerres touchaient les belligérants et les populations des contrées attaquées. C'était déjà affreux. Actuellement, la dissuasion nucléaire est basée sur le fait que si un parti utilise la bombe atomique, il en subira lui-même les conséquences. Mais les autres armes modernes contiennent des produits qui, s’ils font du tort à l’ennemi visé, vont aussi, tôt ou tard, se retourner contre ceux qui les utilisent ainsi que contre la planète entière. Avant, on ne savait pas ; maintenant, les décideurs de guerre savent que quand un conflit éclate, il touche le monde entier. Tout est lié et nécessite une approche globale.