Les Fables de La Fontaine

Comédie-Française

Intégrale des Fables de La Fontaine, lues par la troupe de la Comédie-Française. Collection dirigée par Christian Gonon. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Episodes

  1. Anne Kessler dit La Mort et le Malheureux, suivi de La Mort et le Bûcheron

    07/12/2021

    Anne Kessler dit La Mort et le Malheureux, suivi de La Mort et le Bûcheron

    Acheter l'intégrale des Fables de La Fontaine : https://achat.podcasts.comedie-francaise.fr Un Malheureux appelait tous les jours La mort à son secours. O mort, lui disait-il, que tu me sembles belle ! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. La Mort crut, en venant, l'obliger en effet. Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre. Que vois-je! cria-t-il, ôtez-moi cet objet ; Qu'il est hideux ! que sa rencontre Me cause d'horreur et d'effroi ! N'approche pas, ô mort ; ô mort, retire-toi. Mécénas fut un galant homme : Il a dit quelque part : Qu'on me rende impotent, Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme Je vive, c'est assez, je suis plus que content. Ne viens jamais, ô mort ; on t'en dit tout autant. La Mort et le Bucheron Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et jamais de repos. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier, et la corvée Lui font d'un malheureux la peinture achevée. Il appelle la mort, elle vient sans tarder, Lui demande ce qu'il faut faire C'est, dit-il, afin de m'aider A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes. Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    3 min
  2. Benjamin Lavernhe dit Le Rat et l'Éléphant

    07/12/2021

    Benjamin Lavernhe dit Le Rat et l'Éléphant

    Acheter l'intégrale des Fables de La Fontaine : https://achat.podcasts.comedie-francaise.fr Se croire un personnage est fort commun en France : On y fait l’homme d’importance, Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois. C’est proprement le mal français. La sotte vanité nous est particulière. Les Espagnols sont vains, mais d’une autre manière : Leur orgueil me semble, en un mot, Beaucoup plus fou, mais pas si sot. Donnons quelque image du nôtre Qui sans doute en vaut bien un autre. Un Rat des plus petits voyait un Éléphant Des plus gros, et raillait le marcher un peu lent De la bête de haut parage, Qui marchait à gros équipage. Sur l’animal à triple étage Une sultane de renom, Son Chien, son Chat et sa Guenon, Son Perroquet, sa Vieille et toute sa maison, S’en allait en pèlerinage. Le Rat s’étonnait que les gens Fussent touchés de voir cette pesante masse : « Comme si d’occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants ! Mais qu’admirez-vous tant en lui, vous autres hommes ? Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants ? Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes, D’un grain moins que les éléphants. » Il en aurait dit davantage ; Mais le Chat, sortant de sa cage, Lui fit voir en moins d’un instant Qu’un rat n’est pas un éléphant. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    2 min
  3. Alexandre Pavloff dit Le Lion et le Moucheron

    07/12/2021

    Alexandre Pavloff dit Le Lion et le Moucheron

    Acheter l'intégrale des Fables de La Fontaine : https://achat.podcasts.comedie-francaise.fr "Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre! " C'est en ces mots que le Lion Parlait un jour au Moucheron. L'autre lui déclara la guerre. "Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi Me fasse peur ni me soucie ? Un boeuf est plus puissant que toi : Je le mène à ma fantaisie. " A peine il achevait ces mots Que lui-même il sonna la charge, Fut le Trompette et le Héros. Dans l'abord il se met au large ; Puis prend son temps, fond sur le cou Du Lion, qu'il rend presque fou. Le quadrupède écume, et son oeil étincelle ; Il rugit ; on se cache, on tremble à l'environ ; Et cette alarme universelle Est l'ouvrage d'un Moucheron. Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle : Tantôt pique l'échine, et tantôt le museau, Tantôt entre au fond du naseau. La rage alors se trouve à son faîte montée. L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir Qu'il n'est griffe ni dent en la bête irritée Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir. Le malheureux Lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, Bat l'air, qui n'en peut mais ; et sa fureur extrême Le fatigue, l'abat : le voilà sur les dents. L'insecte du combat se retire avec gloire : Comme il sonna la charge, il sonne la victoire, Va partout l'annoncer, et rencontre en chemin L'embuscade d'une araignée ; Il y rencontre aussi sa fin. Quelle chose par là nous peut être enseignée ? J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis Les plus à craindre sont souvent les plus petits ; L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire, Qui périt pour la moindre affaire. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  4. Marina Hands dit Le Chêne et le Roseau

    07/12/2021

    Marina Hands dit Le Chêne et le Roseau

    Acheter l'intégrale des Fables de La Fontaine : https://achat.podcasts.comedie-francaise.fr Le Chêne un jour dit au Roseau : Vous avez bien sujet d’accuser la Nature. Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d’aventure Fait rider la face de l’eau Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front au Caucase pareil, Non content d’arrêter les rayons du Soleil, Brave l’effort de la tempête. Tout vous est Aquilon ; tout me semble Zéphyr. Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage Dont je couvre le voisinage ; Vous n’auriez pas tant à souffrir ; Je vous défendrais de l’orage : Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des Royaumes du vent. La Nature envers vous me semble bien injuste. Votre compassion, lui répondit l’Arbuste, Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu’à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos : Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots, Du bout de l’horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs. L’Arbre tient bon, le Roseau plie ; Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu’il déracine Celui de qui la tête au Ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    2 min
  5. Denis Podalydès dit L'avare qui a perdu son trésor

    07/12/2021

    Denis Podalydès dit L'avare qui a perdu son trésor

    Acheter l'intégrale des Fables de La Fontaine : https://achat.podcasts.comedie-francaise.fr L'usage seulement fait la possession. Je demande à ces gens de qui la passion Est d'entasser toujours, mettre somme sur somme, Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme. Diogène là-bas est aussi riche qu'eux, Et l'avare ici-haut comme lui vit en gueux. L'homme au trésor caché qu'Esope nous propose, Servira d'exemple à la chose. Ce malheureux attendait, Pour jouir de son bien, une seconde vie ; Ne possédait pas l'or, mais l'or le possédait. Il avait dans la terre une somme enfouie, Son coeur avec, n'ayant autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit, Et rendre sa chevance à lui-même sacrée. Qu'il allât ou qu'il vînt, qu'il bût ou qu'il mangeât, On l'eût pris de bien court, à moins qu'il ne songeât A l'endroit où gisait cette somme enterrée. Il y fit tant de tours qu'un Fossoyeur le vit, Se douta du dépôt, l'enleva sans rien dire. Notre avare, un beau jour ne trouva que le nid. Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire. Il se tourmente, il se déchire. Un passant lui demande à quel sujet ses cris. C'est mon trésor que l'on m'a pris. Votre trésor ? où pris ? Tout joignant cette pierre. Eh sommes-nous en temps de guerre Pour l'apporter si loin ? N'eussiez-vous pas mieux fait De le laisser chez vous en votre cabinet, Que de le changer de demeure ? Vous auriez pu sans peine y puiser à toute heure. A toute heure, bons Dieux ! ne tient-il qu'à cela ? L'argent vient-il comme il s'en va ? Je n'y touchais jamais. Dites-moi donc, de grâce, Reprit l'autre, pourquoi vous vous affligez tant, Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent : Mettez une pierre à la place, Elle vous vaudra tout autant. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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