La Pause géopolitique

Anne Battistoni, Major-Prépa

La Pause géopolitique est un podcast qui permet de prendre du recul sur les grands événements géopolitiques contemporains. À partir d'un événement d'actualité, ce podcast propose de mobiliser des concepts de géopolitique pour donner des clés de compréhension sur le monde qui nous entoure. La Pause géopolitique est animée par Anne Battistoni, ancienne professeur de géopolitique en classe préparatoire, et proposé par Major-Prépa, le site de référence des étudiants en prépa économique et commerciale.

  1. 5D AGO

    Atlantiste et Européen : le dilemme polonais

    Je vous propose aujourd’hui de revenir en Europe, notre continent qui, depuis février 2022, vit partiellement au rythme de la guerre. Une guerre qui, par sa durée, peut se comparer à la Première guerre mondiale, une guerre de tranchée aussi dont la ligne de front ne bouge que marginalement au profit des Russes. V. Poutine, nous l’avons vu dans notre précédent podcast consacré à la guerre de l’information, mène contre l’Union européenne et l’Otan une guerre hybride, notre ennemi est identifié et déclaré. Certes, quelques rares pays au sein de l’OTAN comme de l’UE, La Hongrie au premier chef, considèrent qu’il faudrait mieux chercher un arrangement avec la Russie, mais il s’agit bien de cas isolés. C’est dans cet environnement que les Européens doivent faire face depuis un an à un allié et partenaire qui inquiète. Quelle garantie de sécurité représentent désormais les Etats-Unis pour les pays de l’OTAN ? Plus les mois passent, plus les attaques de Trump se multiplient et plus des voix s’élèvent en Europe pour inciter nos dirigeants à admettre l’inéluctable : notre lien privilégié avec les Etats-Unis n’est plus. L’Europe doit acter la rupture et en tirer les conséquences. C’est dans ce contexte et après avoir proposé en avril dernier un numéro sur la sécurité européenne que je vous emmène aujourd’hui en Pologne. Très hostile à la Russie, pays de la ligne de front, c’est-à-dire ayant frontière commune avec elle, nous y reviendrons, ce pays fait reposer sa sécurité sur trois piliers extérieurs : son appartenance à l’UE, son appartenance à l’OTAN enfin sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Que deviennent ces assurances à l’heure des critiques incessantes et répétées de l’administration Trump contre les Européens ? Autrement dit comment peut-on toujours être résolument atlantiste dans le désordre international généré par D. Trump ? Or la réponse à cette question impacte l’avenir de la Pologne mais aussi de l’UE.

    49 min
  2. 07/01/2025

    Géopolitique des pôles

    Même éloignées de nous, les régions polaires nous concernent tous. Un seul exemple : début 2025, la banque internationale de Svalbard annonçait avoir reçu plus de semences que jamais en 2024. De quoi s’agit-il ? Svalbard est un archipel, le plus septentrional de la Norvège, à 1300 km au nord du cercle polaire arctique, son île la plus connue est l’ile du Spitzberg. Là, dans une ancienne mine de charbon a été créée en 2008 la réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine, qui conserve à – 18° en permanence un échantillon des graines de toutes les cultures vivrières de la planète afin de préserver la diversité génétique de notre terre. Une sorte d’arche de Noé de la biodiversité en quelque sorte. Alors que la FAO estime que les 3/4 des variétés de légumes domestiques ont été perdues depuis les années 1990 à cause de la monoculture, les banques de semences tentent d’empêcher que d’autres variétés soient perdues à jamais, notamment du fait des évolutions climatiques. Ainsi, sur l’année 2024, la chambre forte mondiale du Svalbard a reçu 65 000 échantillons de semences, un record. Il existe certes des banques nationales ou régionales de semences mais la toundra arctique offre un climat idéal et sûr pour le stockage, c’est une sorte de sauvegarde supplémentaire pour toutes leurs collections et une garantie pour notre futur. Aussi plongeons-nous, un peu, dans ces océans glacés. Sont-ils vraiment des objets géopolitiques, c’est-à-dire des territoires au cœur de rivalités de puissance ? Qu’est ce qui les rend si attractifs ? Quelle est ici l’incidence des effets du dérèglement climatique ?

    43 min
  3. 04/26/2025

    Quelle sécurité pour l’Europe, hier, aujourd’hui et demain ?

    Que devient la sécurité de notre continent ? Vivre en sécurité, c’est connaître une situation dans laquelle nous ne sommes exposés à aucun danger, à aucun risque ou menace. Comprise ainsi, la notion de sécurité dépasse la simple protection de la violence exercée par d’autres Etats. La sécurité humaine inclut, rappelle l’ONU, des composantes alimentaires, sanitaires, environnementales, économiques, etc. Mais aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les menaces géopolitiques qui affectent l’Europe dans laquelle nous vivons, une Europe démocratique et libérale, centrée sur l’Union Européenne. Cette Europe connaît depuis 1945 une situation de paix. La construction européenne, rassemblant toujours plus de membres, a contribué à nous faire ressentir comme une évidence l’impossibilité d’une agression par un autre État. L’Union Européenne, l’UE est le bon élève du multilatéralisme, attachée à la notion de sécurité collective assurée par l’ONU dont les membres s’engagent, rappelons-le, à ne pas recourir à la force contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique d’un autre État. L’Union Européenne s’était bien dotée, par le traité de Maastricht en 1992, d’une PESC, politique étrangère et de sécurité commune ; celle-ci fut renforcée lors du traité de Lisbonne en 2007 qui comporte une clause d’assistance mutuelle en cas d’agression mais le rôle politique et sécuritaire de l’UE est , nous y reviendrons, limité par l’unanimité requise pour les décisions et les faibles moyens de la Politique de Sécurité et de Défense commune. Dans ce contexte, la protection offerte par l’alliance atlantique, donc les Etats-Unis était et est l’alpha et l’oméga de notre sécurité, et ce même si deux puissances – la Grande Bretagne et la France- se dotèrent dès 1951 et 1960 de l’arme nucléaire. Or toute cette architecture est renversée par le constat que désormais l’allié américain n’est plus fiable. Notre environnement est devenu instable, imprévisible tandis qu’à l’intérieur la tornade du trumpisme encourage la mouvance national-populiste. Le politologue américain Fareed Zakaria l’explique clairement : « Donald Trump rompt brutalement avec le système international tel qu’il existe depuis 8 décennies…Il est en train de recréer un vieux monde, celui de la realpolitik du XIXe siècle, où le système international était défini par les ambitions et les intérêts des plus grandes puissances. Aujourd’hui, cela voudrait dire les Etats-Unis, la Chine et la Russie mais en exagérant la force de cette dernière. La démocratie, le droit international, la liberté passent au second plan. Seule compte la puissance. » Ce constat est terrible pour beaucoup d’Européens : mais cette rupture transatlantique est-elle complètement inattendue alors que la tendance lourde est au désengagement des Etats-Unis depuis le début du siècle ? Doit-on et peut-on faire son deuil de la protection des Etats-Unis alors que l’Europe ne semble pas avoir les moyens d’assurer sa propre sécurité ? mais d’abord pourquoi faut-il se préoccuper de notre sécurité : quelles sont les menaces dont nous devons nous prémunir ? Saurons-nous être unis ou les divisions en notre sein condamnent-t-elles nos capacités ? Bref, sommes-nous en sécurité ?

    46 min

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La Pause géopolitique est un podcast qui permet de prendre du recul sur les grands événements géopolitiques contemporains. À partir d'un événement d'actualité, ce podcast propose de mobiliser des concepts de géopolitique pour donner des clés de compréhension sur le monde qui nous entoure. La Pause géopolitique est animée par Anne Battistoni, ancienne professeur de géopolitique en classe préparatoire, et proposé par Major-Prépa, le site de référence des étudiants en prépa économique et commerciale.

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