Psychologie – Nathalie Zajde

Chronique de Nathalie Zajde un mardi sur deux dans « RCJ Midi ».   Auteur et maître de conférences en psychologie à Paris VIII. Spécialiste des souffrances psychologiques des enfants cachés.  

  1. Sep 16

    Le Jardin des Finzi-Contini aujourd’hui

    À propos du livre : « Le jardin des Finzi-Contini » paru aux éditions FOLIO Combien d'années s'est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. En 1929, elle n'était guère plus qu'une enfant, une fillette de treize ans maigre et blonde avec de grands yeux clairs, magnétiques. Et moi j'étais un jeune garçon en culotte courte, très bourgeois et très vaniteux, qu'un petit ennui scolaire suffisait à jeter dans le désespoir le plus puéril. Nous nous regardions fixement l'un l'autre. Au-dessus d'elle, le ciel était bleu et compact un ciel chaud et déjà estival, sans le moindre nuage ; Rien ne pourrait le changer, ce ciel, et rien, effectivement, ne l'a changé, du moins dans le souvenir. Né à Bologne en 1916, Giorgio Bassani passe toute sa jeunesse à Ferrare, avant de faire ses études à Bologne avec Roberto Longhi, l'un des plus célèbres critiques d'art italiens. En 1943, il est incarcéré pour activités antifascistes. Poète, critique, directeur de collection aux Éditions Feltrinelli, son oeuvre romanesque, située dans les milieux de la bourgeoisie juive de Ferrare dont il est issu, décrit et analyse la complexité de la vie sociale et psychologique, notamment dans Le jardin des Finzi-Contini (1962), dont le succès a été amplifié par le film qu'en a tiré Vittorio De Sica en 1971. Il a publié plusieurs recueils de poèmes, un volume de ses principaux articles critiques et, en 1974, repris ses principaux romans pour constituer le cycle Le roman de Ferrare. Giorgio Bassani est mort à Rome en 2000. À propos du livre : « Signora Sarfatti » paru aux éditions l'antilope L’Italie de l’été 1947, sortie meurtrie de la Seconde Guerre mondiale et de la chute du fascisme, sert de toile de fond. Margherita Sarfatti – ancienne maîtresse de Mussolini – revient au domaine familial du Soldo après neuf ans d’exil. Elle y affronte les ombres du passé : la guerre a tout changé, des secrets de famille ressurgissent, et le souvenir de sa sœur déportée la hante. Le récit introspectif mêle poésie et douleur historique, interroge mémoire, culpabilité et le rôle de l’art face à la terrible barbarie, à travers une écriture riche en images (des vers de Paul Celan ou Umberto Saba y résonnent). Airoldi adopte un ton solennel et méditatif, entre réalisme historique et onirisme, pour dépeindre la renaissance d’une femme et d’une Italie meurtrie. Serge Airoldi est écrivain. Aux Éditions de l'Antilope, il a publié Si maintenant j’oublie mon île, portrait saisissant de Mike Brant. Son œuvre explore les figures confrontées aux secousses de l’Histoire et aux vertiges de la mémoire. Entre exigence documentaire et souffle lyrique, il développe une écriture attentive aux failles intimes, aux zones d’ombre et à la responsabilité individuelle face au passé.

  2. Jul 8

    Psychologie des orphelins et l’importance des photographies

    À propos du livre : « La rafle du billet vert » paru aux éditions Calmann-Lévy Il y a peu, le Mémorial de la Shoah acquiert 98 photos retrouvées par deux collectionneurs. Ce reportage inédit détaille les étapes de la première arrestation massive de Juifs à Paris, il y a quatre-vingt-cinq ans. Cette rafle du 14 mai 1941 est peu connue du grand public. C’est pourtant la première étape de l’entreprise d’élimination des Juifs dans la France de Vichy. Des hommes, originaires d’Europe de l’Est, reçoivent de la préfecture de police une convocation sous la forme d’un billet vert pour « examen de situation ». Ne se doutant de rien, plus de la moitié s’y rend. 3 747 hommes se présentent dans différents lieux (commissariats, casernes, gymnases) de Paris. Ils seront transférés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret) où ils resteront un an, avant d’être déportés à Auschwitz. Bouleversantes, les photos de cette souricière ainsi que de ses protagonistes : les officiels allemands, les policiers français, et les familles qui font leurs adieux. Troublantes aussi, quand on découvre qu’elles ont été prises par Harry Croner, photographe au service de la propagande nazie. Un témoignage précieux alors que les photographies de la « solution finale » en France sont quasi inexistantes. De la rafle du Vél d’Hiv, qui a emporté 13 000 personnes, il ne subsiste à ce jour qu’une seule image. Jean-Marc Dreyfus est historien spécialiste de la Shoah en France et en Europe de l’Ouest. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment L’Affaire Petiot et la Shoah, Grasset, 2025. Lior Lalieu est responsable du service photothèque et audiovisuel du Mémorial de la Shoah.

About

Chronique de Nathalie Zajde un mardi sur deux dans « RCJ Midi ».   Auteur et maître de conférences en psychologie à Paris VIII. Spécialiste des souffrances psychologiques des enfants cachés.  

More From RADIO RCJ

You Might Also Like