Retrouver l’interview d’Aurélie Stadelmann qui est graphiste au sein de son agence qu’elle à elle-même créée. Vous découvrirez comment elle a réussi à passer du statut d’emploi à entrepreneuse, ainsi que les obstacles qu’elle a réussi à surmonter. Mickaël Cailleau : Bonjour Aurélie, bienvenue dans ce podcast. Nous allons passer un petit moment ensemble pour découvrir qui tu es, ce que tu fais dans la vie, afin de partager ton expérience avec nos auditeurs. Aurélie, je te laisse la parole pour te présenter. Aurélie Stadelmann : Merci Mickaël, merci de m’accueillir pour ce podcast. En quelques mots, je suis Aurélie Stadelmann, à la tête d’une agence de communication appelée Ascom. J’ai 39 ans, bientôt 40, et je suis basée près de Poitiers, près du Futuroscope. Mickaël Cailleau : Ça permet de situer Poitiers pour ceux qui ne connaissent pas. Tu as dit que tu faisais de la communication ? Aurélie Stadelmann : Oui, je suis graphiste et je gère une agence de communication. J’accompagne les entreprises, les créateurs d’entreprise dans le développement de leurs supports de communication, de l’identité visuelle aux panneaux publicitaires. Je fournis un service global, de la conception à la livraison du produit fini, en travaillant avec des imprimeurs pour des projets spécifiques, comme la pose d’enseignes ou de vitrophanies. Mes clients n’ont qu’un seul interlocuteur, moi. Mickaël Cailleau : C’est plus simple pour eux. Comment peuvent-ils te contacter ? Aurélie Stadelmann : J’ai un site internet www.agenceascom.fr et je suis sur différents réseaux sociaux comme LinkedIn, Instagram, et Facebook. On peut me retrouver facilement sous le nom Agence Ascom. Mickaël Cailleau : Comment es-tu devenue entrepreneuse ? Aurélie Stadelmann : J’ai commencé à travailler à 18 ans dans l’animation culturelle et sportive, mais je voulais être prof de sport. Les études et le métier ne me convenaient pas, alors j’ai fait divers petits boulots. À 22 ans, une opportunité de poste de vendeuse s’est présentée dans un magasin qui ouvrait en 2007, Saturne, où nous nous sommes connus. J’ai gravi les échelons jusqu’à devenir responsable du rayon jeux vidéo, mais après le rachat par Boulanger, mon poste n’existait plus et je me suis retrouvée à décharger les camions. J’ai fait un bilan de compétences, ce qui m’a permis de découvrir une nouvelle voie et de me lancer dans le graphisme. Mickaël Cailleau : Comment s’est passée ta formation ? Aurélie Stadelmann : J’ai trouvé une formation adaptée à mes besoins dans une agence de communication locale. C’était des formations en petits groupes, ce qui m’a permis d’avoir un enseignement individualisé et une sensibilisation artistique essentielle pour un graphiste. Aurélie Stadelmann : Puis vers l’âge de 22 ans, je me suis dit qu’il fallait peut-être que je me pose et que je me demande ce que je vais faire. Il y a eu une opportunité de poste de vendeuse dans un magasin qui a ouvert ses portes en 2007, Saturne, où nous nous sommes connus, Michel. C’était un magasin d’électroménager, hi-fi, vidéo avec un concept allemand, des prix très cassés qui embêtaient beaucoup la concurrence. Je n’étais pas du tout dans ce milieu-là, pas du tout dans le commerce. Le directeur cherchait plus des personnalités que des compétences, il m’a embauchée au rayon photo. Je n’y connaissais absolument rien, mais il m’a dit que ce n’était pas grave, que je me formerais sur le tas. Je me suis formée sur le tas, j’ai appris beaucoup de choses, mais j’ai très vite migré vers le rayon jeux vidéo et DVD, qui est plus mon univers, étant joueuse de retro-gaming, notamment sur Super Nintendo. Là, je me suis plus éclatée, j’ai gravi les échelons et je suis devenue responsable du rayon jeux vidéo. Mickaël Cailleau : D’accord. Aurélie Stadelmann : Puis, du jour au lendemain, on a appris que Saturne allait être acheté par Boulanger. On ne savait pas trop à quelle sauce on allait être mangé. Mon poste n’avait pas de correspondance chez Boulanger, ils ne gèrent pas trop les jeux vidéo et DVD. Je me suis retrouvée en réserve à décharger les camions et je suis devenue employée libre-service. Je mettais les produits en rayon et j’allais les chercher pour les vendeurs. Je ne gérais plus rien, j’étais exécutante. Au début, je me suis dit que c’était un nouveau métier, pourquoi pas, mais plus ça allait, moins ça allait. J’ai changé de magasin, me rapprochant du Futuroscope, mais il n’y a pas eu d’évolution. J’ai commencé à manifester mon mécontentement et la directrice m’a proposé de faire un bilan de compétences, ce que j’ai accepté. Mickaël Cailleau : D’accord. Aurélie Stadelmann : Ce bilan a été un gros levier pour moi. J’étais arrivée au bout du bout chez Boulanger, ça a été une période assez compliquée, mais le bilan de compétences a été hyper important pour moi. Quand on fait un bilan de compétences, c’est un gros travail sur soi. Ce n’est pas juste répondre à des questions et cocher des cases. On fait toute une ligne de vie, les événements marquants de sa vie, et ce qu’on veut. Ce bilan m’a apporté personnellement énormément. Aujourd’hui, je remercie la directrice de me l’avoir proposé parce que, ne sachant pas ce que je voulais faire, ça m’a vraiment apporté. Mickaël Cailleau : D’accord, ça t’a ouvert de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. Aurélie Stadelmann : Voilà. Mickaël Cailleau : D’accord, donc pour résumer, tu travaillais à Saturne, à Poitiers, où nous nous sommes connus. Suite au rachat par Boulanger, le système et la philosophie de travail ont changé. Comme tu l’as dit, ton métier n’avait plus de correspondance chez Boulanger, donc ils t’ont fait changer de poste avec ton accord. Tu as essayé, ça n’a pas collé, ils t’ont fait changer de magasin, mais toujours chez Boulanger. Aurélie Stadelmann : Oui, voilà. Mickaël Cailleau : Mais ça n’a toujours pas débloqué, les valeurs ne te correspondaient pas. Aurélie Stadelmann : Oui, ce n’étaient pas les mêmes valeurs. C’était très hiérarchisé, on dépendait beaucoup d’une centrale d’achat et de fournisseurs déjà présents. Chez Saturne, on pouvait accueillir n’importe quel fournisseur en magasin, on avait une vraie relation et on vendait les produits que l’on voulait. Il n’y avait pas de commission, le mode de vente était totalement différent. Chez Boulanger, les valeurs ne me correspondaient plus, je ne m’y retrouvais plus. Mickaël Cailleau : Ça a touché tes valeurs profondes. Combien de temps as-tu mis à te dire que ça n’allait pas, à tenter, jusqu’au moment où tu as décidé de faire un bilan de compétences ? Aurélie Stadelmann : Ça a été long. Saturne a ouvert en 2007, racheté en 2009 ou 2010, je ne sais plus exactement. Je crois que c’était 2009. Je suis restée 3 ans chez Saturne et bien trop longtemps chez Boulanger, environ 2 ans. J’ai fait mon bilan de compétences en 2012, donc 2-3 ans en tout. Mickaël Cailleau : Qu’est-ce qui t’a permis de tenir le coup et de te dire qu’il fallait te lancer ? Aurélie Stadelmann : J’avais un collègue en réserve, avec qui je m’entendais très bien. Lui aussi était au bout du rouleau, on se soutenait mutuellement. Il y avait aussi d’autres collègues avec qui j’avais plaisir à passer du temps. On se dit toujours qu’on va tenter, mais je n’avais aucune perspective derrière. Si Saturne existait encore, peut-être que j’y serais encore, car c’était plus une famille qu’une entreprise. Les valeurs étaient bonnes. Chez Boulanger, on nous promet des choses, mais quand elles ne viennent pas, il faut arrêter. Mais il faut de l’argent pour vivre, et quand on n’a aucune idée de ce qu’on veut faire, c’est terrible. Aurélie Stadelmann : Donc oui, je pense que c’est un peu tout ça qui m’a permis de tenir. Mickaël Cailleau : D’accord, donc là tu as fait ton bilan de compétences ? Aurélie Stadelmann : Oui, voilà. Mickaël Cailleau : Qui t’a amené à de nouvelles perspectives et débouché sur le métier de graphiste. Aurélie Stadelmann : Tout à fait. Mickaël Cailleau : D’accord, et donc après ce bilan de compétences, quelles étaient les prochaines étapes ? Aurélie Stadelmann : Alors, il a fallu que je trouve une formation. Près de Poitiers, ce n’était pas évident. Je ne voulais pas aller dans les grandes villes, c’est plus contraignant. Il y avait un organisme de formation qui proposait des formations, mais c’était soit pour être metteur en page, soit pour le web, et moi je voulais les deux. J’ai continué à chercher et j’ai trouvé une agence de com qui faisait des formations individualisées. On était deux ou trois par formation, ce qui était super. Le directeur de l’agence avait une formation artistique, ce qui était important, car beaucoup de graphistes ont une formation artistique, ce que je n’avais pas du tout. Mickaël Cailleau : Tu le savais avant de choisir cette formation ? Aurélie Stadelmann : Oui, heureusement. C’était la seule agence à proximité. Aujourd’hui, il y a peut-être d’autres organismes, mais à l’époque, il n’y en avait pas. Mickaël Cailleau : D’accord, donc tu as sauté sur l’occasion. Aurélie Stadelmann : Oui, et je n’ai pas regretté. C’était vraiment individualisé. L’autre organisme proposait des formations avec 15-20 personnes, donc le prof ne pouvait pas toujours être disponible. Là, nous étions trois, avec des cours théoriques le matin et de la pratique l’après-midi, chacun avec notre PC