Art-thérapie

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Radio Présence - Médias récents

Episodes

  1. Sep 27

    Cultivons nos sources jusqu'à débordement !

    En Ehpad la semaine dernière, je cherchais ma patiente Danielle. Danielle commetoutes les personnes atteintes d’Alzheimer, est fragile, désorientée, mais ce quifrappe quand on la croise, c’est son visage et son sourire, sur lesquels on lit entransparence son cœur doux comme du papier de soie.Quand j’arrive en début d’après-midi, je trouve habituellement Danielle assise dans lesalon sur un rayon de soleil, dodelinant du menton parmi ses copains d’âge, dans unroupillon bien mérité. Elle repère probablement mon arrivée à ma voix car il suffit queje fasse 2 pas vers elle pour qu’elle relève vers moi son regard bleu du ciel. Ellem’attend, elle sait que ma venue est synonyme de chant, et le chant c’est sonespace à elle, sa clé, son moment, un temps suspendu pendant lequel sa maladies’efface, une bulle pendant laquelle sa mémoire est active, vaillante, vive, relevée,généreuse.Danielle est passionnée de chansons, elle est une artiste à la mémoire truffée denotes, de croches et triolets, de silences et soupirs qui signifient la vie, vibrante demultiples mélodies et des paroles qui vont avec. Il y a la Danielle courbée,laborieuse, qui traine et tire sur le carrelage ses semelles qui semblent peser si lourd,le visage vers le sol, la démarche chaotique, les chutes fréquentes, Et il y a laDanielle qui chante, qui relève buste et visage, qui ouvre son gosier comme unoiseau de paradis et s’envole sur les portées de chansons de tous âges, en souriant,ouverte au monde, en respirant, oxygénée, et qui alors dit tout, qui communie avecles anges et les étoiles  !Après qu’elle ait chanté, elle reste dans cet état d’ouverture, quasi d’extase, encoreun moment, comme les flocons des boules à neige en lent suspens au-dessus dupaysage. Dans cet état, le cœur de Danielle est dans ses yeux, dans ses mains,dans ses bras, dans ses jambes. La ferveur musicale qui l’habite navigue dans soncorps comme une sève. Et Danielle partage et diffuse autour d’elle cette chaleurjoyeuse qui la porte.C’est dans cet élan que je l’ai vue la semaine dernière sortir de notre salle aprèsl’atelier chant, marcher, ou plutôt voguer à la rencontre des résidents les jambesvigoureuses et les talons soulevés, les embrasser un à un dans un geste pleind’amour. On aurait dit que chacun était son enfant, sa mère, son frère, son trésor.Elle les serrait dans ses p’t**s bras menus, les contemplait dans le profond de leurâme, son regard planté dans leurs yeux étonnés, elle les bécotait, leur caressait lescheveux avec tendresse, leur disait des mots doux, des mots tout en coton. Elledistribuait à pleines doses la joie dont elle débordait  ! Tellement émouvant  !Les amis, quel est-il notre outil de paradis à nous  ? La danse, la couture, la nature, lacuisine, la nage, la chasse aux papillons, la collection de cocottes en papier  ? Quelleest la source qui remplit nos réservoirs d’une sève si puissante qu’il nous estimpossible ensuite de ne pas la redistribuer  ? Cultivons-la cette source, pratiquons-la, que notre semaine en soit nourrie jusqu’à débordement  !

  2. Sep 23

    Notre cœur d'enfant !

    Je pédalais l’autre jour sur mon p’tit vélo électrique derrière un binôme très touchant.Une mère et son petit. Lui, calé à l’arrière dans son siège bébé, ne voyait que le dosde sa maman et pleurait à gros bouillons. Elle, activant énergiquement la pédaladepour rouler vers son but, ne comptant ou ne pouvant manifestement pas s’arrêterpour consoler son p’tit bonhomme, essayait de l’apaiser par des parolesrassurantes  : «  Allez courage mon coco, on y est bientôt, allez mon choux mimi onarrive, on arrive, on y est presque, c’est bientôt fini  » Mais le voyage durait, bien tropau goût du p’tit bouchon qui criait maintenant de toutes ses cordes. Si la scène étaitun dessin-animé on aurait vu à l’écran un gosier gigantesque avec la glotte del’enfant vibrant au fond de droite à gauche et des grands jets de larmes émergeantde chaque côté de sa p’tite bouille en rage.Pauvre choux  ! C’était la crise totale  ! Comme après plusieurs minutes de coups depédale toniques, il ne se calmait absolument pas, la maman a lâché le guidon de samain gauche pour farfouiller à l’arrière et se connecter à son fiston par un contact. Lamain serrait la cheville du p’tit, la gratouillait, la chatouillait, «  allez mimi choux,calme- toi, on arrive, on arrive  », et c’est là que dans un élan soudain, le mimi chouxhurlant s’est jeté sur la main disponible de maman, l’a empoigné un peu comme onse jette sur le gros lot du manège qu’on ne voudra plus lâcher, et s’est arrêté net decrier de pleurer d’enrager. Une coupure de son immédiate, le calme plat aprèsl’orage, comme si la mère avait débranché l’enfant et annulé la fonction voix. Plus uncri, plus de crise, le gosier refermé, la glotte rangée, c’était épatant de silencesoudain et de passage radical au calme. Une rupture nette d’état émotionnel  ! Là oùla voix et la parole n’ont pas suffi, le toucher a fait baume immédiatement calmant. Laprésence, le lien devaient être manifestés par le contact physique. Je suis là, tu n’espas seul, le petit avait besoin de le sentir par le toucher et de s’y accrocherconcrètement.J’ai vu dans cette petite scène animée une touchante analogie de chacun de nousportant à l’arrière de nos vies l’enfant qu’on a été, l’enfant tout choux en p’titesalopette à bretelles, une fossette au creux de la joue, riant aux éclats avec sescouettes au vent, mais aussi l’enfant agité, pleurant, impatient, en colère, notreenfant intérieur en besoin d’écoute, de réassurance, de compréhension, de motsdoux et de gestes de présence apaisants. Notre enfant intérieur en besoin actueld’amour et de sécurité.Nous n’avons peut-être plus nos couettes, nos fossettes et nos salopettes, mais lesfragilités liées à notre histoire d’enfant se réactivent au fil des évènements, de façonirrationnelle et instinctive, ne nous jugeons pas, accueillons-nous, consolons-nous,rassurons-nous, enveloppons cet enfant en besoin de tendresse. Comme cette mèreen pédalage sur son vélo, offrons-lui notre main, assurons-lui notre dispo. Viendral’instant où les traumas anciens réactivés par une peine d’aujourd’hui, serontapaisés, adoucis, réparés par la bienveillance que nous nous serons offerte !.Que votre semaine soit belle, pleine de consolation pour vos cœurs de bambins  !

  3. Sep 20

    Notre cœur d'enfant !

    Je pédalais l’autre jour sur mon p’tit vélo électrique derrière un binôme très touchant. Une mère et son petit. Lui, calé à l’arrière dans son siège bébé, ne voyait que le dos de sa maman et pleurait à gros bouillons. Elle, activant énergiquement la pédalade pour rouler vers son but, ne comptant ou ne pouvant manifestement pas s’arrêter pour consoler son p’tit bonhomme, essayait de l’apaiser par des paroles rassurantes : « Allez courage mon coco, on y est bientôt, allez mon choux mimi on arrive, on arrive, on y est presque, c’est bientôt fini » Mais le voyage durait, bien trop au goût du p’tit bouchon qui criait maintenant de toutes ses cordes. Si la scène était un dessin-animé on aurait vu à l’écran un gosier gigantesque avec la glotte de l’enfant vibrant au fond de droite à gauche et des grands jets de larmes émergeant de chaque côté de sa p’tite bouille en rage. Pauvre choux ! C’était la crise totale ! Comme après plusieurs minutes de coups de pédale toniques, il ne se calmait absolument pas, la maman a lâché le guidon de sa main gauche pour farfouiller à l’arrière et se connecter à son fiston par un contact. La main serrait la cheville du p’tit, la gratouillait, la chatouillait, « allez mimi choux, calme- toi, on arrive, on arrive », et c’est là que dans un élan soudain, le mimi choux hurlant s’est jeté sur la main disponible de maman, l’a empoigné un peu comme on se jette sur le gros lot du manège qu’on ne voudra plus lâcher, et s’est arrêté net de crier de pleurer d’enrager. Une coupure de son immédiate, le calme plat après l’orage, comme si la mère avait débranché l’enfant et annulé la fonction voix. Plus un cri, plus de crise, le gosier refermé, la glotte rangée, c’était épatant de silence soudain et de passage radical au calme. Une rupture nette d’état émotionnel ! Là où la voix et la parole n’ont pas suffi, le toucher a fait baume immédiatement calmant. La présence, le lien devaient être manifestés par le contact physique. Je suis là, tu n’es pas seul, le petit avait besoin de le sentir par le toucher et de s’y accrocher concrètement. J’ai vu dans cette petite scène animée une touchante analogie de chacun de nous portant à l’arrière de nos vies l’enfant qu’on a été, l’enfant tout choux en p’tite salopette à bretelles, une fossette au creux de la joue, riant aux éclats avec ses couettes au vent, mais aussi l’enfant agité, pleurant, impatient, en colère, notre enfant intérieur en besoin d’écoute, de réassurance, de compréhension, de mots doux et de gestes de présence apaisants. Notre enfant intérieur en besoin actuel d’amour et de sécurité. Nous n’avons peut-être plus nos couettes, nos fossettes et nos salopettes, mais les fragilités liées à notre histoire d’enfant se réactivent au fil des évènements, de façon irrationnelle et instinctive, ne nous jugeons pas, accueillons-nous, consolons-nous, rassurons-nous, enveloppons cet enfant en besoin de tendresse. Comme cette mère en pédalage sur son vélo, offrons-lui notre main, assurons-lui notre dispo. Viendra l’instant où les traumas anciens réactivés par une peine d’aujourd’hui, seront apaisés, adoucis, réparés par la bienveillance que nous nous serons offerte !. Que votre semaine soit belle, pleine de consolation pour vos cœurs de bambins !

  4. Sep 13

    Un cœur centenaire, un cœur de chair !

    Je vous espère en belle forme corps et cœur  !Dans l’un des centres Alzheimer où j’interviens en chant et danse-thérapie, je montedans les étages cueillir pour l’atelier mes résidents patients là où ils se trouvent,attablés affairés au petit dej, en séance marche avec le kiné, devant la télé volumemaxi rendormis bouche ouverte, dans leur salle de bain se maquillant avecapplication, ou postés dans un couloir attendant sans râler qu’un évènementsurvienne.Et il a lieu cet évènement  ! Car chaque rencontre retrouvaille en est un  ! Unévènement de tendresse, un étonnement réciproque, des dialogues improbables,des bras qui s’ouvrent et se plongent dans les miens, le ciel qui s’ouvre dans uninstant de lumière au cœur de ces fragilités !Ce matin, je navigue jusqu’au lit où Noël est allongé, tourné vers la fenêtre. A mavoix, il se retourne et me crie de sa voix chargée d’émotion comme s’il avait préparéun discours important «  ha mais vous voilà, justement je réfléchissais, faut que jevous dise, je trouve que vous êtes mieux que moi, mais comme je sais que vous medirez que c’est moi qui suis mieux que vous, alors j’ai conclu qu’on est tous les 2 lesmieux. On n’est pas mieux que les autres mais on est les mieux mieux parce qu’ons’entend bien et ça fait double mieux, voilà  ». Il m’en a bouché un coin Noël avec satirade jaillie du cœur. Quelle déclaration  !C’est incroyable l’amour que nos aïeux, nos centenaires, nos fragiles, peuvent êtrecapables de donner, de nommer, de distribuer alors qu’ils n’ont plus la force de selever, de manger seul, de se déplacer. Des êtres cachés dans des lieux dédiés à lafin de vie, des êtres épuisés mais dont les cœurs sont actifs, dont le pouvoir de fairedu bien, de dire des mots d’amour, de poser des regards de douceur, est entier. Parbribes peut-être, par instants ponctuels et brefs, mais puissants et profonds commedes jaillissements d’eau vive, comme des pépites de soleil et de feu  ! La chanced’être les réceptacles de ces paroles et de ces gestes venus du fond qui sont selonmoi de réels avant-goûts du ciel  !Les amis, on n’est pas tous déjà centenaires ou si fragiles qu’on soit placés dans desstructures de soin, mais on a tous un cœur de chair, et à tout âge, jusqu’à la fin duchemin, il rayonne notre cœur de chair et peut donner et partager le meilleur  !Que votre semaine soit belle de mots et de gestes d’amour  !

  5. Sep 1

    La tournée des guinguettes !

    En ce moment je fais la tournée des bars du coin, des resto, des guinguettes, des épiceries et boutiques en tous genres, pour déposer le CV de ma fille qui depuis Lille cherche un job à Toulouse ! Je toque aux vitrines, je débarque dans les bars avant leur ouverture officielle et j’y rencontre les cuistots, les serveurs, les managers, les stagiaires, les vendeurs de tous âges. Où que je sois allée, j’ai chaque fois été accueillie, avec chaleur, avec plaisir, avec curiosité, avec intérêt. Je n’ai croisé absolument personne qui me refoule ou s’agace, me dise qu’il n’a pas le temps, de repasser à un autre moment. Ça m’a touchée cette belle humanité. Et ils n’ont pas été simplement accueillants tous ces commerçants sympathiques, ils ont aussi, souvent, eu la parole abondante…On aurait dit qu’ils attendaient que quelqu’un passe pour se confier. Certains restaurateurs m’ont dit combien les temps sont durs, d’autres m’ont raconté des morceaux de leur parcours, de leurs débuts au comptoir, la brasserie familiale, mémé passait déjà l’éponge, des caissiers ont arrêté le tapis roulant pour prendre le temps d’écouter, de donner un conseil, de sourire entre 2 passages de poireaux et de chaussettes. Tous se sont intéressés à la candidature que je leur apportais, aux études de ma fille, à son profil, à ses goûts, par politesse sans doute, mais pas seulement, par goût de l’humain surtout, par passion de la transmission du savoir-faire, par intérêt pour une situation, par ouverture, par choix, par envie de dialoguer ! Oui, ça m’a touchée cette belle humanité. Aucun d’eux n’était obligée de stopper sa crème fouettée, sa compta, ou l’astiquage des verres à pied, pour se rendre dispo à une heure où le client n’est pas censé être là. Et tous ils l’ont fait, les uns avec humour et les autres avec gravité, ils ont rangé leur bic derrière l’oreille et se sont rendus attentifs, impliqués. Franchement, ça donnait envie de se mettre direct à la plonge dans les coulisses de leurs cuisines ! L’être humain a besoin d’un autre pour entrer en communication, de se relier, de parler, de s’épancher, de verbaliser, c’est dans sa nature profonde. Un taiseux se confiera plus rarement, plus lentement, oui, mais le besoin est là. L’humain cherche l’humain pour entrer en dialogue, on est sans cesse en quête d’une oreille attentive. Mon CV sous le bras, je cherchais ces oreilles. Une fois accueillie, je leur offrais les miennes. Ça s’appelle la rencontre, et chaque fois ça nous grandit ! Et c’est ce qui se passe en atelier art-thérapie, la rencontre de 2 humains : l’un, le patient a besoin d’exprimer, de moult façons créatives, la parole n’est pas seulement verbale, l’autre, thérapeute, ouvre ses écoutilles pour se faire réceptacle. 2 humains reliés dans un espace, qui grandissent l’un par l’autre. Nous avons une bouche pour dire, nous avons donc besoin des oreilles d’un autre. Nous avons des oreilles pour écouter, nous avons donc besoin qu’un autre dise. On est inséparables, c’est ce qui rend la vie belle ! tchin ! A la vôtre !

  6. Aug 30

    La joie du colza, du vert au jaune citron !

    Vous avez vu ces derniers jours comme le colza pousse  ? Je suis fascinée en cemoment par l’apparition du colza en fleur dans les champs qui nous entourent. Augré des routes qui montent et descendent, on est saisis par ces grandes étenduesjaune citron qui respirent la lumière et la joie. Ce jaune flashi qui s’étale sur deshectares, sous le soleil ou même sous l’orage, qu’est-ce que c’est vivifiant  ! A la vuede ces champs de fleurs, on a l’âme tout éclairé par ce jaune vif puissammenttonifiant  ! C’est fou comme l’œil nourri de beau apporte au corps tout entier unerecharge énergétique concrète, élargit le thorax, épanouit le buste, relève le menton,déclenche le sourire, décontracte les mâchoires  ! Une parcelle jaune pepsi vousapparait dans un tournant, et vous n’êtes plus le même pour la suite de la route  ! Unpeu de fluo en fleurs, et nous voilà ravigotés, allumés d’un soleil et d’une humeurnouvelles. L’émotion de joie provoquée par l’émerveillement nous dilate corps etcoeur  ! Avant que cette plante Brassica napus qu’est le colza joli n’allume la terre desa floraison jaune qui claque, les champs étaient verts. Un vert joli, oui, tendre, qui semêlait à celui du blé, mais pas aussi frappant que ce jaune éclatant qui vous sauteau cou de toute la force de sa luminosité  ! Et je me disais dans ma joiecontemplative, que ce passage du vert campagne au jaune généreux, c’estl’analogue de nos évolutions émotionnelles, de nos transformations psychiques au fildu processus thérapeutique  ! En atelier chant-thérapie, je constate que l’étatémotionnel des patients change, s’ouvre du sombre au lumineux, s’égaye, s’éclaire,se dilate  ! Les patients qui se mettent en mouvement sur du swing ou du rock, mêmeen fauteuils avec de fortes limites corporelles, qui ont le pied qui clape, la main quiondule, le cou qui dodeline, les coudent qui décollent, changent d’énergie, émettentde la lumière, éclairent l’espace  ! Il émane d’eux une onde nouvelle, une vibrationbien plus proche du soleil que de la pénombre. Ils arrivent vert sapin, ils repartentjaune citron. Le colza qui fleurit au Printemps, du vert au jaune pétard, et qui finitdans nos assiettes en bonne huile chargée d’Oméga-3, nous ravit les pupilles de sacouleur unique, tonique, chaude et pimpante. Nous aussi, nous cultivons noscouleurs intérieures quand nous chantons, dansons, poétisons. Nous ensoleillonsnotre psyché  ! Nul doute qu’après quelques séances de chant thérapeutique, de nosâmes heureuses couleront de bons Oméga protecteurs de nos systèmes nerveux  !

  7. Aug 27

    Humain donc ému, ému donc humain !

    Devant le Quai des savoirs à Toulouse, on lit en grand format cette phrase que jetrouve très juste  : je me sens humain quand je me sens ému. C’est Petite Poissonequi en est l’auteur, une street-artiste au cœur de poète qui a l’art de la phrasejoliment lumineuse. Ah l’émotion, le ressenti émotionnel, la vibration profonde denotre âme. Je me sens humain quand je me sens ému. Mais oui, c’est exactement cequ’expriment mes patients de tous âges en atelier chant et danse-thérapie. Despatients fatigués, malades, diminués, fragiles, qui disent retrouver la joie de se sentirvivants grâce aux émotions qu’ils traversent quand ils écoutent, chantent, bougent,poétisent et s’étonnent. L’écoute d’un morceau jazz, le partage oral d’un poèmetruffé de mots jolis et d’images lumineuses, la danse, très simple, mais libre sur unrock pepsi, le lâcher-prise dans le rire et l’inédit, génèrent des ressentis, desémotions, des enthousiasmes, des envies, des grains de folie, des frissons, despalpitations positives  ! Ces ressentis émotionnels de joie, de plaisir, d’étonnement,d’humour, de fierté, sont directement connectés à l’être profond. Mais oui, je ressensdonc je suis  ! Le travail de reconnexion à nos émotions, est un véritable processusd’humanisation, parce que l’émotion c’est la vie humaine depuis le point de départ.Nouveau-né on a crié, pleuré, senti l’air dans les poumons, le froid sur la peau, lachaleur du corps maternel, paternel, contre lequel on a été serrés, réchauffés,enveloppés  ! Je nais donc je sens, on est donc on ressent. Le travail de reconnexionà nos émotions est un processus d’individuation parce que le ressenti émotionnel estsingulier, unique  ; Chaque humain ressent la joie à sa façon, avec une intensité quilui est propre, des impacts corporels qui ne sont pas ceux d’un autre. Georgette a leventre qui la chatouille quand elle est attendrie, Paulette a le cœur qui palpite quandelle est étonnée, Bernadette a les mains moites quand elle a le trac  ! Je suis donc jesens, je me sens ému donc je suis. Tout le chemin thérapeutique consiste à retrouverle chemin de nos ressentis émotionnels quand ils ont été anesthésiés par lasouffrance, anéantis par les traumatismes, refoulés par les mécanismes de défense.Emotion vient du latin movere, du grec emotere, c’est mettre en mouvement, c’estune énergie en mouvement  ! L’émotion, ça bouge, ça remue, ça bouillonne, çaaugmente, ça s’apaise, ça s’intensifie, ça disparait, ça frissonne, ça pique, çachauffe, ça chatouille, ça tremble, ça tique, ça fout le vertige, la nausée, la courante,ça dynamise, ça dilate, ça ouvre, ça s’évapore, ça vit  !!! Qu’on se dise non émotif ouhyper-émotif, que les émotions nous passionnent ou qu’on les fuit, nous sommestous, nous petits humains, des réservoirs émotionnels sur pattes  ! Osons en frémir,en vibrer, en pâtir, en grandir  ! Que votre semaine soit belle, chargée d’énergie enmouvement, même assis dans un fauteuil moelleux  !

  8. Aug 26

    Du disco pour Jaja !

    Hier en atelier chant et danse-thérapie, j’ai été, une nouvelle fois, témoin de scènesde rêve. J’ai assisté à des moments magiques de lâcher-prise corporel de patients àbout de souffle ressuscités par la puissance de la musique. En Ehpad, sur unmorceau disco des années 70, Janine, qui crie dans les couloirs à qui veut bienl’entendre qu’elle veut être appelée de son surnom fétiche Jaja, que je trouve endébut d’atelier toute repliée sur des douleurs abdominales, a mis le feu dans la salle  !Mieux que Johnny je vous le dis  ! Au moment où je lance le morceau et enclenchemoi-même quelques mouvements, sobres en amplitude mais dynamiques etrythmés, je vois Jaja se déplier depuis le fond de son fauteuil, se dérouler, relever lebuste, le menton, tenir haut son visage comme allumé d’une énergie nouvelle, pétillerdes prunelles, sourire de toutes ses dents, et danser avec une détermination prochede la frénésie, assise oui, mais en mouvements de pied en cap, d’une façon toutsimplement fascinante  ! Cette musique pop, qui a je l’avoue dans son rythme un p’titcôté psychédélique, a littéralement appelé Jaja, l’a réveillée, rejointe au fond de sonrepli, a stimulé son réservoir énergétique avec une efficacité proche du miracle. Jajas’est relevée, s’est ouverte, s’est reconnectée à la source d’émotions positivesprofondes. On aurait dit que la sève jaillissait à nouveau, verticalisait Jaja, luiredonnant impulsion, envie, musculature, tonus, rire  ! Et Jaja n’était pas pour autantautarcique dans une bulle coupée du réel comme sous l’emprise de psychotropeshallucinogènes, non bien au contraire  ! Jaja incitait ses copains de groupe à entrerdans la danse  : Allez Simone, danse avec moi  ! Georgette, tu bouges  ? WouhouDenise, allez, danse, va-z-y  ! Elle était connectée en profondeur à son énergiepropre, au point d’en déborder, d’avoir besoin d’en faire profiter les copines, lesinviter à lâcher la vapeur, les embarquer dans sa joie. Et je peux vous assurer que saferveur, tellement belle et puissante, était radicalement contagieuse. Il a suffi d’uneimpulsion musicale, venue toucher dans le mille la sensibilité de Jaja, ce morceaudisco activant sûrement une mémoire émotionnelle hautement positive, pour activerle corps de Jaja avec une force fabuleuse, réveiller le désir abyssal de vie, et la fairecirculer dans le groupe comme une onde de choc  ! Nous thérapeutes, ne savons pasquel outil ira toucher au plus juste et au plus profond les mémoires de nos patients.Ce matin, c’est un morceau de Jazz, enveloppant comme du caramel chaud, qui estvenu embaumer le cœur d’une autre patiente, et l’a plongée dans un état deravissement totalement détendu. En atelier, on fait des choix oui, peu à peu mieuxciblés, à l’intuition et à l’observation, parce qu’on est à l’écoute, c’est notre boulot dethérapeute, mais on est bien conscients que ce qui advient en atelier dans lestréfonds psychiques, émotionnels et corporels de nos patients, nous échappe etnous invite à la contemplation, à une profonde humilité et à la gratitude. Merci Jaja  !!Si nous connaissons notre point sensible, celui qu’il est bon de nourrir à coups debelles musiques ou de douce voix Jazzy, qui vous fait décoller dans des dansesfrénétiques en vous donnant envie d’embarquer tous vos proches, plongeons -y sansretenue, sans bretelle et sans frein, car c’est la vie et elle est belle  !

  9. Aug 25

    La puissance d'un sourire !

    Ce matin, en atelier art-thérapie, atelier de chansons, de poésies, de danse libre, j’aiété éblouie par le sourire d’un patient Alzheimer, un sourire de lumière, un sourired’une clarté si profonde et si douce que j’ai été un instant comme en rêve, totalementinondée d’émotion. Certains instants de vie comme celui-là sont des allers-retours auciel, une trouée de paradis dans la nuit. Ces patients atteints de la maladied’Alzheimer souffrent des limites qui s’imposent, ils sont angoissés, perdus, épuisés,ils perdent la mémoire, les repères spatio-temporels, l’autonomie, le sommeil,l’appétit, du poids… Oui ils sont malades, mais avant tout et par-dessus tout, ils sont.Ils sont des êtres à l’existence riche et belle, douloureuse parfois mais passionnantesouvent, leur cœur est chargé d’un vécu unique à la profondeur insondable  : ils ontété charpentiers, experts, flics ou profs, ouvriers ou PDG, sportifs, artistes, ils ontaimé, donné, porté, traversé des mers et des déserts, ils sont riches d’émotionsmultiples, intenses, lourdes, vibrantes. Dans le sourire de cet homme ce matin, toutétait là  : sa vie entière, chargée d’amour, chargée de lumière, en un bloc, sans retoursur soi. Son sourire respirait l’amour, libre et large comme les ailes d’un aigle. Lesourire d’un enfant qui attend tout, qui espère tout et qui donne tout dans cetteattente  ! Radicalement pur, bouleversant. On était en fin d’atelier, embarquésensemble, le groupe de patients et moi, dans une gestuelle simple sur une musiquejoyeusement pepsi, après avoir poétisé, chanté, dialogué, ri aussi. Les barrières del’image, la retenue, l’inhibition légitime, les difficultés d’expression, ces limitesinhérentes à chacun et exacerbées par la maladie, avaient été traversées au fil del’heure, et dans un moment de danse libre, il y a eu ce sourire de paradis sur unvisage de conquérant, un sourire comme une éclaircie fulgurante, chargé de vieintense  ! Tellement fort  ! Au fond, être art-thérapeute, c’est être l’heureux réceptacledes merveilles que nous offrent nos patients, c’est vivre par eux des instants degrâce qui marquent le cœur durablement, c’est vibrer de leur lumière profonde. Ilsuffit pour ça de mettre à l’unisson nos cœurs d’enfants. Cet homme dans sonsourire ce matin a tout dit, tout donné, le plus beau, l’essentiel, ce qu’il est. Si nousavons des jambes et des bras, une mémoire vive, la langue bien pendue, desrepères stables, nous sommes chanceux, mais si nous nous offrons les uns auxautres des sourires aussi beaux que la lumière du soleil, comme celui qui m’aincendiée le cœur ce matin, alors nous sommes des rois  !

  10. Aug 24

    Le swing ça rajeunit !

    Depuis plusieurs mois je lindy-hop  ! Je pratique cette danse swing ultra joyeuse. Nos profs, c’est un couple sur les pistes comme dans la vie, totalement embarqué ensemble dans la passion du swing, un couple à l’énergie contagieuse, toujours pêchu. Fabuleux ce métier  ! En cours, on alterne les moments d’observation de leurs démo, qui sont des vrais sketchs, et les moments d’application pratique dans la répète des passes burlesques. La plupart de ces p’t**s exercices de lancers de guiboles, de kicks et de tournoiements, sont toniques voire carrément speeds. De temps en temps, entre 2 élans, j’aime bien observer les visages des autres, tous mes p’t**s copains de danse dans le feu de l’action, qui swinguent sur le Jazz à tours de bras, qui oscillent, balancent, pivotent…Qu’est-ce que c’est drôle de voir les regards allumés, les sourires élargis, toutes les dents qui rigolent, les joues qui rebondissent, les pifs qui coulent, les fous rires incontrôlables. C’est drôle, c’est hautement joyeux,et c’est instructif. Instructif de capter ces visages au cœur d’un lâcher-prise emporté par la musique, embarqué dans un mouvement corporel plein d’endorphine  ! Sans le savoir, ils sont à cet instant d’expression gestuelle libre et large, en plein cœur d’un bienfait art-thérapeutique de groupe  : dans un cadre dédié, dans un environnement choisi, stimulés par le couple de profs, ils expérimentent le lâcher-prise émotionnel et corporel, l’oubli de soi dans l’ouverture et le partage, le grain de folie de l’enfant qui ose, la force de la vie  ! Quand on regarde avec soin ces visages absorbés par le plaisir de la danse, on ne voit pas des trentenaires ou des cinquantenaires apprentis swinguers, on voit des enfants dans un tour de manège, qui s’évadent en voyage à dos de licorne et de poney rose, une bande de gamins déchaînés qui s’éclatent en cadence, complètement béats de la vie. Libérés du sérieux, des attachés cases et des tableaux Excel, les attitudes et les visages rajeunissent sous l’effet du rythme, les plis se détendent, les têtes s’éclairent d’un nouveau soleil  : Mary Poppins descendrait du plafond sous son parapluie les pieds en canard au beau milieu du groupe, ça ne nous étonnerait pas  ! C’est Récré A2 er Croque vacances. Quand on se lance et qu’on se lâche sur une piste de danse, on offre à notre corps une parenthèse qui sous ses airs anodins, porte des fruits tout simplement thérapeutiques  : allègement, libération, resourcement, stimulation du réservoir d’émotions positives, conscience de l’énergie vitale. Le retour à l’enfance et au rêve génère des signes physiques visibles, le rajeunissement se lit sur la peau du visage, plus naturellement qu’un lifting cervico facial  ! Ondulons, virevoltons, oscillons, pivotons, notre corps en portera les effets, et s’il n’est plus l’heure pour lui de ce genre de récré, il est encore possible de s’évader en pensée depuis le fond de son canapé sur une bonne musique swing, et de laisser l’imaginaire galoper sur une licorne  !

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