Defcast

Ministère des Armées

🎙️ Defcast est le podcast du ministère des Armées. Une fois par mois, nous vous proposons de partir à la rencontre des femmes et des hommes qui font battre le cœur du monde de la défense. Ils vous raconteront leurs parcours, le métier qui les passionne et reviendront sur les missions qui les ont profondément marqués. 🪖

  1. Sep 22

    Comment est né le régiment de cyberdéfense ?

    C’est un bâtisseur que nous recevons ce mois-ci. Premier chef de corps historique du régiment de cyberdéfense, le plus jeune régiment de l'armée de Terre, le colonel Jean-François Caverne a rendu son commandement cet été. Dans cet entretien, il revient sur les défis liés à la création de cette nouvelle unité, évoque son goût de la transmission et nous explique pourquoi il a choisi de rester au sein des forces bien au-delà de son premier contrat de cinq ans. La voix est posée, le regard bienveillant. Le colonel Jean-François Caverne incarne ce que l’on pourrait appeler une force tranquille. Et c’est peut-être cette qualité ajoutée à son intérêt pour les nouvelles technologies qui l’a orienté vers la formation, dès ses débuts au sein de l’armée de Terre : « Tout ce que j'avais pu apprendre au sein de mon école d'ingénieur, lors de mes stages, lors de ma première expérience professionnelle dans le privé, je l’ai transféré avec conviction à mes frères d'armes, à mes camarades sous-officiers, officiers venus de tous les horizons. Cette transmission de compétences m'a extrêmement satisfait et m'a apporté énormément », se remémore-t-il. Une humanité qui va le suivre tout au long de sa carrière jusqu’à son défi le plus ambitieux. En janvier 2025, il devient le premier chef de corps du régiment de cyberdéfense. « On est parti de zéro. Nous n’avons pas créé un régiment en utilisant les traditions d'une unité ayant existé. On a dû imaginer un drapeau, un emblème, créer un fanion et une devise. La construction de notre identité a permis de fédérer nos cybercombattantes et nos cybercombattants », explique l’officier.La principale mission du régiment consiste à protéger, défendre et durcir la surface numérique des forces armées :  « Si je devais prendre une image, je prendrais l'image de l'ingénieur militaire Vauban. En ce qui concerne la protection, il faut bâtir les remparts les plus imprenables possible. Nous avons des experts pour cela. Ensuite, nous devons défendre ces remparts. Là, il nous faut les meilleures sentinelles possibles. Et enfin, nous avons des équipes spécialisées en durcissement. Ils vont tester nos propres défenses, corriger les vulnérabilités ou zones de faiblesse pour rendre ces remparts les plus imprenables possible » résume-il. Vous voulez en savoir plus ? Ecoutez notre podcast ! Crédit photo : SGT Victor François  Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard

    Comment est né le régiment de cyberdéfense ?
  2. Aug 24

    Traductrice embarquée, elle choisit de devenir greffier militaire

    Le métier de greffier militaire, elle ne le connaissait pas, il y a encore quelques années. Aujourd’hui, l’adjudant-chef Alexia, l’endosse avec fierté. Cette sous-officier a construit sa carrière au fil des rencontres et des opportunités. Elle a tout d’abord œuvré pendant sept ans, en tant que traductrice en langue arabe à bord du mythique Transall Gabriel. Une vie au cœur de l’action qu’elle a quittée pour rejoindre la justice militaire. C’est ce pari fou qu’elle nous raconte. Une personne entière, sincère et d'une grande fidélité en amitié, c'est ainsi que la décrivent ses collègues. Et après trente minutes d’interview, difficile de dire le contraire. L’adjudant-chef Alexia est une femme passionnée qui sait vous embarquer. Son engagement au sein de l’institution n’est pas une vocation mais plutôt un heureux hasard : « Je termine mes études, je me dis bon ‘Je suis diplômée de traduction en anglais et en espagnol mais c'est un peu le tout-venant de la traduction’. Cependant, lors de mon stage de fin d'études, on m'indique que les armées recrutent des traducteurs alors je décide de me rendre dans un Cirfa et c'est un recruteur de l'armée de l'Air et de l’Espace qui ouvre la porte. Il me dit: ‘ Oui, on recrute des traducteurs, mais nous, on cherche des traducteurs en langue arabe. Ah bah très bien, mais moi, je ne parle pas arabe. Ce n’est pas grave, l'armée va vous l'apprendre’ . C'est comme ça que je deviens interceptrice-traductrice de langue arabe dans l'armée de l'Air et de l’Espace » se souvient-elle. Après sa formation, elle rejoint l’escadron électronique aéroporté 1/54 Dunkerque sur Transall Gabriel, un avion qui fait du renseignement électromagnétique. Cette affectation la fait vivre au rythme des opérations : « Au Sahel, un de nos vols a notamment permis d'identifier plusieurs dirigeants de l'État islamique » explique Alexia. Après sept années intenses, la jeune femme arrive à la fin d'un cycle et décide de se lancer dans une nouvelle aventure. Elle tente alors l’examen d’admission pour accéder à la formation des greffiers militaires. Un cursus exigeant qu’elle réussit et qui la conduit au parquet national antiterroriste. Ce premier poste la remet au centre de l’action et ne fait que la conforter dans son choix. Vous voulez en savoir plus ? Ecoutez notre podcast ! Crédit photo : sergent-chef Christian Hamilcaro  Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard

    Traductrice embarquée, elle choisit de devenir greffier militaire
  3. Jul 13

    Proche et Moyen-Orient : un pilote d'hélicoptère Tigre face aux drones

    Ce mois-ci, nous nous sommes rendus au 1er régiment d’hélicoptères de combat à Phalsbourg afin d’échanger avec le capitaine Melchior. Chef de patrouille sur hélicoptère Tigre, il a récemment été déployé au Proche et Moyen-Orient pour participer à la défense anti-drones des pays du Golfe. Il nous raconte les coulisses de son départ en opération extérieure et surtout sa première destruction de drone au canon de 30mm. Un baptême du feu dont il se souviendra longtemps. « Le déclenchement de l'alerte a été particulier. Je partais faire le convoyage d'un hélicoptère pour un acte de maintenance. J'étais dans le bureau de mon chef lorsque j'ai entendu un coup de téléphone de son supérieur qui l'appelait pour commencer à travailler sur une désignation d'équipage à destination du Proche et Moyen Orient. L’objectif : faire de la lutte anti-drones. J’ai eu tout de suite les oreilles qui se sont aiguisées », se souvient le capitaine Melchior. En quelques jours, l’officier se retrouve ainsi projeté en opération pour réaliser une mission que l’Aviation légère de l’armée de Terre (Alat) n’avait jusqu’alors jamais effectuée. « La différence avec les autres théâtres sur lesquels l’Alat a été engagée, c'est le fait d’opérer dans un contexte interalliés, interarmées avec beaucoup d'aéronefs et beaucoup de vecteurs en l'air », explique-t-il. Les missions se déroulaient de nuit, duraient entre 2h30 et 3h30 et ont abouti à la destruction de plusieurs drones. « Pourquoi le Tigre a été rapidement désigné pour partir ? Le canon de 30 mm qui se trouve à l'avant posséde une conduite de tir Air-Air, c'est-à-dire que tous les calculateurs dans la machine prennent en compte à la fois le déplacement de l'hélicoptère et le déplacement de la cible pour permettre de faire un point visé, point touché. C'est vraiment un armement qui est très adapté pour des cibles aériennes » précise -t-il. Aujourd’hui, le capitaine a à cœur de partager son expériences avec les autres équipages de son unité et de relever de nouveaux défis : « La dronisation, c'est vraiment le challenge sur lequel l’Alat travaille, que ce soit pour avoir des drones ailiers ou des drones que l'on puisse lancer depuis les hélicoptères afin d’en faire des munitions, des drones leurres qui nous permettent de simuler la signature de plusieurs hélicoptères ». Vous voulez en savoir plus ? Ecoutez notre podcast ! Crédit photo : Sergent Rémy Yu-Kai Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard

    Proche et Moyen-Orient : un pilote d'hélicoptère Tigre face aux drones
  4. Jun 9

    La mission de recherche et sauvetage au combat décryptée

    En avril dernier, le sauvetage spectaculaire d’un militaire américain dont l’avion avait été abattu en Iran, faisait la Une des JT. Le grand public ne le sait peut-être pas mais la mission de recherche et sauvetage au combat, est un savoir-faire développé par les aviateurs français depuis plus de 20 ans. Officier renseignement et spécialiste du domaine, la commandant Julie est la commandant en second du Centre de Formation à la Survie et au Sauvetage. Dans ce podcast, elle nous présente cette unité atypique. Issue de la filière renseignement, l'aviatrice a commencé sa carrière au sein de l'escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées : « J'y ai passé un peu plus de cinq ans et c’est tout naturellement, que je me suis un peu spécialisée dans la mission de recherche et sauvetage au combat, la Resco. Pendant cette période, j’ai eu la chance, de travailler dans un cadre interarmées et interalliés. C'était passionnant et cela m'a permis de cumuler une somme d'expériences opérationnelles très intéressantes et variées ». Elle s'ouvre ensuite à d'autres opportunités et va même pouvoir oeuvrer à bord des avions légers de surveillance et de reconnaissance. Après avoir réussi le concours de l'École de guerre, l’officier souhaite rejoindre le Centre de formation à la survie et au sauvetage, une unité experte de l'armée de l'Air et de l'Espace dont l’objectif principal consiste à former les personnels navigants de l'armée de l'Air et de l'Espace, mais également, ceux de la Marine nationale et de l'armée de Terre, à pouvoir survivre, s'évader, résister et s'extraire en cas d’éjection ou de crash en territoire hostile. Un savoir-faire qui évolue avec le contexte stratégique. « C'est un domaine extrêmement dynamique. Depuis 2022, il y a une vraie conscience de la part des nations de devoir entraîner le personnel militaire en situation de capture. Quand je dis entraîner, c'est entraîner à survivre en cas de captivité, autant sur l'aspect préparation physique que psychologique. On adapte donc nos formations en fonction du contexte, on explique par exemple à nos stagiaires comment se soustraire d'une menace drone, d'une menace mine ou IED (Improvised Explosive Device ou engin explosif improvisé). Avec l'ensemble des nations, nous avons un réseau partagé entre écoles de survie qui est assez développé. Cela nous permet de réfléchir à l’évolution de nos domaines d'expertise », souligne notre invitée. Des exercices encadrés par l’EPRC (European Personal Recovery Center) sont d’ailleurs organisés annuellement afin d’utiliser les procédures de l'Otan et de les standardiser. « Effectivement, on s'entraîne tous ensemble, toutefois, la France détient une capacité à mener de manière autonome cette mission », précise-t-elle, ce qui en fait une nation experte du domaine. La suite ? C'est à écouter dans le podcast. Crédit photo : Caporal Léa Junca Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard

    La mission de recherche et sauvetage au combat décryptée

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