L'oeil au clébard

BertrandMichaud

🤓Bertrand Michaud, 👨‍⚕️Vétérinaire praticien exclusif en Ophtalmologie👀à la Clinique Vétérinaire AnimaVet près de Genève interviewe tous les premiers jeudis du mois ses collègues ophtalmologues vétérinaires. Ensemble, ils échangent sur les principales affections qui peuvent toucher les yeux de nos compagnons🐶🐱🐰.  Un podcast mensuel📻 pour connaître les signes d’appels des maladies oculaires des chiens, chats et autres NAC afin de mieux les gérer au quotidien, que l’on soit propriétaire ou vétérinaire. Vous ne verrez plus jamais votre animal de la même façon après avoir écouté notre podcast sur ses yeux !

  1. Histoire de l'ophtalmologie vétérinaire

    12/23/2025 · BONUS

    Histoire de l'ophtalmologie vétérinaire

    Dans cet épisode spécial, L’Œil au Clébard remonte le temps pour retracer l’histoire de l’ophtalmologie, en croisant les regards de l’ophtalmologie humaine et vétérinaire. Aux côtés de Gilles Chaudieu, Jean-Pierre Jégou et Maxime Delbarre, Bertrand Michaud explore l’évolution d’une discipline née de la curiosité anatomique, structurée par la rigueur scientifique, et transformée par les révolutions technologiques. Des premières observations du fond d’œil rendues possibles par l’ophtalmoscope, jusqu’à la microchirurgie moderne, la phacoémulsification et l’intelligence artificielle, l’épisode met en lumière les parallèles constants entre médecine humaine et vétérinaire. Il rappelle le rôle fondamental du cheval dans les origines de l’ophtalmologie vétérinaire, l’influence décisive des pionniers français et internationaux, et la manière dont les avancées humaines ont été adaptées – parfois brillamment, parfois laborieusement – aux animaux. La discussion souligne aussi les échanges dans l’autre sens : le chien comme modèle génétique, la cyclosporine découverte en médecine vétérinaire avant de bénéficier à l’humain, et l’importance de la vision comparée pour comprendre l’œil dans toute sa diversité. Enfin, les intervenants ouvrent le débat sur l’avenir : génétique, IA, hyper-spécialisation, mais aussi responsabilité éthique du vétérinaire et place incontournable du praticien généraliste. Un épisode dense, vivant et éclairant, qui rappelle qu’avant d’être une spécialité ultra-technique, l’ophtalmologie reste avant tout une école de rigueur… et de curiosité.

    1h 8m
  2. L'oeil au galop

    06/05/2025

    L'oeil au galop

    Aujourd’hui on a vu avec Aurélie Sauvage que le cheval présente la particularité anatomique d’avoir un œil situé en position très latérale sur une tête largement mobile à l’extrémité d’une encolure qui l’est tout autant. Cet œil est exposé aux traumatismes, aux corps étrangers véhiculés dans l’air et aux autres agents physiques. La particularité de l’œil du cheval c’est qu’il manifeste souvent moins la douleur que d’autres espèces. Dans son exercice quotidien, tout praticien équin peut être confronté à des urgences ophtalmologiques avec une mise en danger de l’intégrité de l’œil ou de ses annexes, à des affections comme les kératites ou les uvéites, qui ont une incidence sur la perception visuelle du cheval et, par conséquent, sur ses aptitudes sportives voire sa vie. Le cas échéant, à la faveur d’une visite d’achat, il lui est aussi demandé de se prononcer sur des affections oculaires ou encore sur l’incidence visuelle d’une cataracte et son évolution dans le temps. L’examen ophtalmologique du cheval se fait le plus souvent chez le propriétaire, il est alors souvent difficile d’avoir les meilleures conditions d’exploration. Il est parfois nécessaire de recourir à la sédation ainsi qu’à des blocs oculo-palpébraux pour faciliter l’examen. Des prélèvements biologiques sont souvent réalisés étant donné l’importance d’atteintes fongiques, bactériennes et virales chez les équidés. L’œil présente aussi l’originalité de déclarer des symptômes similaires lors de bon nombre d’affections, qui sont tout aussi complexes que variées, avec des traitements médicaux et chirurgicaux à adapter. C’est ainsi qu’une cornée avec une forte concentration cellulaire peut être révélatrice d’un abcès stromal ou d’une kératite à médiation immune et on ne les gère pas du tout de la même manière. Dans le premier cas, le vétérinaire fait face à une urgence médicale et chirurgicale, dans le second, il s’agit d’une gestion au long cours avec des traitements qui varient selon qu’il s’agit d’une kératite épithéliale, stromale superficielle ou stromale profonde. Lors de traumatisme cornéens ou d’ulcération profonde des techniques chirurgicales similaires à celles utilisées chez les petits animaux de compagnie peuvent être proposées. Il est souvent nécessaire d’anesthésier totalement et le coucher ce qui n’est jamais une mince affaire dans ces espèces. L’uvéite est une affection redoutée chez le cheval en raison de son caractère récidivant et des risques important de perte de fonction de l’œil. De nombreux agents infectieux peuvent être à l’origine d’uvéite chez le cheval mais il semble que les leptospires couplés à des prédispositions génétiques sont les premiers facteurs de risque pour le passage à la chronicité lors d’uvéite récidivante. Différentes solutions chirurgicales ont été développées pour lutter contre ces uvéites comme la pose d’implants suprachoroïdiens de ciclosporine ainsi que l’injection intravitréenne de gentamicine à faible dose. C’est la fin de la saison 2 de l’oeil au clébard, j’espère que ces 20 épisodes auront pu aiguiser votre intérêt pour l’ophtalmologie vétérinaire.

    1h 5m
  3. Mon oeil sur les nerfs

    05/01/2025

    Mon oeil sur les nerfs

    Aujourd’hui on a vu avec le Dr Maud Debreuque que l’oeil est le seul organe de notre corps où le système nerveux et le système vasculaire sont observables car il est transparent. L’œil interagit énormément avec le système nerveux central : tout d’abord en tant que récepteur sensoriel via la rétine qui transforme la lumière en influx électrique cheminant ensuite via le nerf optique puis le chiasma jusqu’au cortex dans lequel l’image va se former. Mais l’œil est aussi innervé par quantité de nerfs périphériques dirigeant sa position dans l’axe, l’ouverture des paupières mais aussi un système nerveux dit autonome qui influence des automatismes comme la sécrétion lacrymale et la dilatation pupillaire. Au-delà des causes oculaires, les animaux peuvent devenir aveugle en raison de lésions nerveuses pouvant siéger à différents endroits sur le trajet des voies visuelles avec un pronostic variable selon l’étiologie. L’exploration fonctionnelle des voies visuelles est particulièrement délicate chez nos animaux car ils ne peuvent pas participer à l’examen comme les nous le ferions. Certains dispositifs comme l’électrorétinographie et la pupillométrie chromatique permettent d’apprécier l’état de fonctionnement de la rétine et des voies visuelles. Des examens d’imagerie comme l’IRM complètent l’examen neurologique et ophtalmologique afin de localiser et caractériser d’éventuelles lésions centrales. La motricité pupillaire est également un bon indicateur pour la neurolocalisation des lésions. Il faut retenir qu’une persistance normale des Réflexes Pupillaires Photomoteurs lors de perte de vision est évocatrice de lésions en aval du chiasma optique. Des atteintes du système nerveux autonome peuvent se caractériser par des anisocories : il s’agît de différences de diamètre pupillaire avec le plus souvent un myosis anisocorique constaté chez l’animal à l’obscurité lors de syndrome de Claude Bernard Horner. Dans cette pathologie, une paralysie du système orthosympathique entraîne un ensemble de manifestations oculaires : myosis, ptose de la paupière supérieure, enfoncement de l’œil dans l’orbite, procidence de la membrane nictitante voire rougeur oculaire dans certains cas. Une compression sur le très long trajet orthosympathique en est souvent la cause mais il n’est pas rare de conclure à une origine idiopathique. Une atteinte du système parasympathique pourra occasionner une sécheresse oculaire qui a la particularité d’être associée à une sécheresse nasale unilatérale. On se retrouve le mois prochain pour le dernier épisode de la saison 2 avec le Dr Aurélie Sauvage pour parler des particularités de l’ophtalmologie chez le cheval.

    1h 3m
  4. Les serpents aussi ont des lunettes

    04/03/2025

    Les serpents aussi ont des lunettes

    Aujourd’hui on a vu avec Lucas Flenghi qu’il y a près de 10 millions de nouveaux animaux de compagnie en France ainsi que des animaux de faune sauvage captifs ou non. Lucas peut être amené à soigner des espèces potentiellement dangereuses, il n’est pas rare de devoir sédater certains animaux pour mieux les examiner. Comme tous les vertébrés ils peuvent présenter les mêmes problèmes ophtalmologiques que nos carnivores domestiques : ulcères, conjonctivite, cataracte mais certaines espèces présentent plus souvent certaines pathologies oculaires voire des pathologies propres à leur espèce. Les furets présentent ainsi fréquemment des conjonctivites, cataracte et atrophie rétinienne. Le lapin est sans doute le NAC qui présente le plus de pathologies oculaires spécifiques : déjà il n’a qu’un seul point lacrymal, il n’est pas sensible à l’effet cycloplégique de l’atropine... dommage pour la douleur et sa glande lacrymale accessoire est une glande de harder et pas nictitante comme chez le chien et le chat. Il peut présenter des membranes conjonctivales épicornéennes qu’on ne retrouve chez aucun autre animal, des dacryocystites souvent associées à des abcès dentaires (n’oubliez pas de passer des radiographies dentaires aux lapins qui ont les yeux qui coulent), des ulcères atones comparables au bon vieux ulcère superficiel chronique de nos bouledogues et bien sûr des uvéites à encephalitozoon cuniculi qui répondent très bien au traitement chirurgical même lorsque de volumineux abcès sont présents en chambre antérieure. Les reptiles eux peuvent présenter des blépharites et conjonctivites dont une bien connue par hypovitaminose A chez la tortue. Les serpents eux n’ont pas de paupière mais ils ont une seconde membrane transparente en avant de la cornée qui s’appelle la lunette qui peut avoir du mal à tomber lors de la mue voire être le siège d’abcès. Les oiseaux présentent souvent des pathologies traumatiques ainsi que des atteintes infectieuses, parasitaires et nutritionnelles et peuvent eux aussi être atteints de cataracte ; La particularité de ces espèces est leur taille souvent plus faible que les chiens et les chats rendant l’application des traitements et la mise en place de moyens de protection beaucoup plus complexe. Les opérations se déroulent comme chez le chien et le chat, sous microscope opératoire mais l’anesthésie est plus complexe. Si vous voulez en savoir plus sur l’ophtalmologie des NAC achetez le Williams – Ophtalmology of Exotic Pets. https://www.wiley.com/en-us/Ophthalmology+of+Exotic+Pets-p-9781444330410 On se retrouve dans un mois pour parler de la neuro-ophtalologie avec le Maud Debreuque

    43 min
  5. Des poils dans l'oeil de nos poilus

    03/06/2025

    Des poils dans l'oeil de nos poilus

    Aujourd’hui on a vu avec Amandine Bessonnat que nos poilus peuvent avoir des poils qui les embêtent. Comme nous nos animaux ont des cils et ces derniers peuvent irriter l’œil lorsqu’ils poussent dans le mauvais sens. On distinguera le distichiasis qui est un cil qui pousse au travers des glandes de meibomius des cils ectopiques qui traversent la paupière et viennent irriter la cornée un peu comme le diamant d’un tourne disque. Parfois ce sont les poils du pli du nez qui viennent frotter contre l’œil, ce qui survient particulièrement dans de petites races à museau court qu’on appelle les brachycéphales comme le Shih Tzu par exemple. Il convient d’entretenir les poils régulièrement en les recoupant pour éviter qu’ils n’irritent la cornée. On pourra réaliser l’exérèse du pli du nez ou une canthoplastie médiale pour les cas les plus graves. Lors d’irritation chronique, il peut survenir une kératite par irritation qui s’accompagnera de douleur oculaire, d’une opacification de la cornée, de néovaisseaux, d’une pigmentation cornéenne voire d’ulcère cornéens surinfectés pouvant entraîner la perte de l’œil. Il faut donc être vigilant. Parfois ce sont les paupières qui s’enroulent sur elles même et qui entraîne un frottement : on parle d’entropion. Ce phénomène peut être congénital et doit être parfois corrigé dès les premiers mois de vie. Il est souvent lié à d’autres problèmes de conformation de l’œil et des annexes. Il peut également être observé après des traumatismes des paupières ou des interventions chirurgicales de ces dernières. La seule solution dans ce cas consiste à corriger la statique palpébrale par l’intermédiaire de la technique chirurgicale la plus adaptée et surtout celle que le chirurgien maîtrise le mieux. On se retrouve dans un mois avec le Dr Lucas Flenghi pour parler de l’ophtalmologie des nouveaux animaux de compagnie.

    39 min
  6. Quand tout bascule dans l'oeil

    02/06/2025

    Quand tout bascule dans l'oeil

    Aujourd’hui on a vu avec Cécile Briffod que la désinsertion du cristallin de ses fibres zonulaires est à l’origine d’une luxation du cristallin. Celle-ci survient soit consécutivement à une anomalie de développement de la zonule, soit à sa dégénérescence, soit à sa rupture traumatique (plus rarement). On parle de luxation au sens strict lorsque la désinsertion cristallinienne est complète, de subluxation lorsqu’elle est partielle. La plupart des subluxations se fait en direction ventrale et laisse alors apparaître un croissant aphaque dorsal. La luxation peut être primaire ou secondaire car consécutive à une autre affection oculaire qui prédispose à la rupture zonulaire comme les uvéites antérieure et moyenne, glaucome, synérèse vitréenne, traumatismes…). Elle pourra s’accompagner des signes cliniques observables suivants : -        Œdème cornéen stromal lié au frottement du cristallin sur l’endothélium cornéen ou au glaucome induit par l’appui du cristallin luxé sur l’angle irido-cornéen. -        Uvéite avec une inflammation marquée de l’iris et une chambre antérieure qui paraitra troublée -        les signes précoces de rupture zonulaire partielle sont un tremblement du cristallin (phacodonésis) et/ou de l’iris (iridodonésis) qui accompagne les mouvements du globe oculaire, ainsi que la présence de floculats vitréens en chambre antérieure (issue de vitré) -        la pression intraoculaire pourra être modifiée o   abaissée en cas d’uvéite antérieure ou moyenne o   élevée en cas de glaucome et d’uvéite hypertensive La plupart des races canines du groupe des Terriers sont prédisposées à la luxation primaire du cristallin. Un test génétique est disponible pour savoir si son chien est porteur de l’anomalie. Dans certaines races la luxation primaire du cristallin est décrite mais la mutation causale inconnue (Épagneul breton, Shar Pei…). Chez le chat, les luxations cristalliniennes sont très majoritairement post-inflammatoires ; la luxation primaire est sporadiquement décrite (Maine Coon, Européen) Le diagnostic de la luxation antérieure et de la subluxation du cristallin repose sur les éléments de l’examen clinique. L’œdème cornéen et l’inconfort du patient peuvent compliquer l’examen, l’échographie permet alors de confirmer le diagnostic. La présence de floculats vitréens en chambre antérieure permettra de suspecter une instabilité du cristallin liée à une fragilité zonulaire. Le traitement de la subluxation du cristallin pourra être médical (anti-inflammatoires et hypotenseurs topiques) mais plus souvent chirurgical par extraction du cristallin. Des complications de phacoexérèse telles que l’uvéite chronique, le décollement rétinien ou le glaucome ne sont pas rares. L’usage d’agents myotiques topiques (analogues des prostaglandines) pour l’œil controlatéral peut être utile afin de limiter le risque de déplacement du cristallin adelphe. Des contrôles réguliers sont la règle. On se retrouve dans un mois avec le Dr Amandine Besonnat qui nous expliquera pourquoi les poils de nos poilus peuvent être gênant pour leurs yeux.

    38 min
  7. Quand ça chauffe dans l'oeil

    01/02/2025

    Quand ça chauffe dans l'oeil

    Aujourd’hui on a vu avec Guillaume Payen que le tractus uvéal est composé de l’uvée antérieure et de l’uvée postérieure. Le terme uvéite désigne l’inflammation d’une de ces structures ou des deux à la fois on parle alors de panuvéite. La barrière hémato-oculaire s’interpose physiologiquement entre le sang circulant et les milieux oculaires on distingue la barrière hémato-aqueuse antérieure et la barrière hémato-rétinienne postérieure. Cela implique le traitement symptomatique précoce, intensif, sur une durée suffisante de toute uvéite antérieure aiguë, afin d’éviter que la rupture de la barrière hémato oculaire ne soit responsable de situations définitivement invalidantes avec des opacités cornéennes, une cataracte, un glaucome voire une dégénérescence rétinienne. Cliniquement les uvéites seront accompagnées de symptômes variables : blépharospasme et photophobie, hyperhémie conjonctivale ,épisclérale , chémosis et infiltration vasculaire kératique périphérique profonde. Lors de phase aiguë on pourra apprécier la présence d’un effet Tyndall, d’œdème cornéen, d’hypopion, hyphéma ainsi que des réflexes pupillaires photomoteurs incomplets. Parfois, des précipités blanchâtres seront observés dans le vitré antérieur lors de cyclite, des synéchies postérieures, une cataracte ou la luxation du cristallin fréquemment associée à un glaucome secondaire au stade chronique de l’uvéite. Lors d’uvéites postérieures on pourra observer un œdème rétinien, des décollements rétiniens bulleux et des hémorragies du fond d’œil en phase active de choriorétinite. Lors de l’évolution on pourra noter une hyper-réflexion du tapis en foyers plus ou moins nombreux et étendus, avec le plus souvent une migration pigmentaire au stade cicatriciel. La pression intraoculaire est abaissée lors d’uvéite. L’uvéite peut être uni- ou bilatérale. Dans ce dernier cas, l’origine systémique est plus probable. Déterminer la cause de l’uvéite est souvent incertain, la démarche diagnostique passe par le recueil minutieux de l’anamnèse, un examen clinique général complet assorti des examens complémentaires adaptés. Un examen oculaire bilatéral complet sera réalisé et complété par un bilan hémato-biochimique complet, un examen urinaire, des analyses sérologiques spécifiques et une recherche d’agents par PCR selon le contexte. Une uvéite peut connaître différentes origines : exogènes : traumatiques (plaies perforantes notamment) ; secondaires : à une kératite profonde; endogènes spécifiques avec des causes infectieuses qui peuvent être virales (FIV, Fel, PIF) ; bactériennes, parasitaires (leishmaniose, mycoplasmes : Bartonella spp., protozoaires : Toxoplama gondii, larva migrans : diptères, nématodes); fongiques (blastomycose, cryptococcose, coccidioïdose, histoplasmose) ; endogènes non spécifiques (infection de voisinage, infection génitale…) ; endogènes à médiation immunitaire : infections chroniques ou récidivantes (immunité de type III : PIF notamment), auto-immunitaires (cataracte phaco-induite) ; idiopathiques ; néoplasiques : primaires (mélanomes iriens, sarcomes, adénomes et adénocarcinomes ciliaires et iriens par ordre de fréquence décroissante), métastatiques (lymphosarcomes). La recherche étiologique de l’uvéite s’avère néanmoins infructueuse dans plus de 2/3 des cas selon les auteurs. Dans l’attente des résultats d’examens, il y a lieu de toujours contrôler très rapidement l’inflammation et stabiliser la barrière hémato-aqueuse : traitement antiinflammatoire non stéroïdien ou stéroïdien à chaque fois que ce dernier est possible, par voie topique et générale, assez longtemps pour éviter les conséquences invalidantes. Le recours à l’atropine est essentiel pour relâcher le spasme du muscle ciliaire. Lors d’uvéite postérieure ou de signes généraux ou nerveux centraux, une antibiothérapie systémique à base de clindamycine est indiquée. On conclue le plus souvent à une étiologie idopathique lors du diagnostic d’uvéite.   On se retrouve dans un mois avec le Dr Cécile Briffod qui nous parle de l’instabilité du cristallin.

    1h 10m
  8. Quand votre chat à la larme à l'oeil

    12/05/2024

    Quand votre chat à la larme à l'oeil

    Aujourd’hui on a vu avec Davy que les conjonctivites du chat ne sont pas simples à diagnostiquer et à traiter. Un examen oculaire rigoureux est nécessaire pour identifier la lésion initiale. Les chats peuvent rester toute leur vie porteurs de l'agent causal responsable de leur conjonctivite (comme par exemple l'herpès virus félin FHV-1) ou développer une immunité post-infectieuse trop brève et donc, à l'origine de rechutes et de réinfections fréquentes (exemple de la chlamydiose). La conjonctive forme une barrière protectrice entre l'environnement et le globe oculaire. Chez le chien comme chez le chat contrairement à l'Homme, elle est très peu exposée, ce qui nécessite une manipulation des paupières lorsqu'on veut examiner le tissu conjonctival. La conjonctive est fortement vascularisée, ce qui explique la couleur rouge dont elle se teinte lors d'irritation. Les conjonctivites se définissent comme des inflammations des conjonctives s'accompagnant d'un ou plusieurs autres symptômes qui ne sont pas spécifiques ; épiphora, chemosis, ulcération, hyperhémie, blépharospasme, kératinisation, pigmentation. L'évolution de l'affection après la mise en place d'un traitement spécifique ou la réalisation d’examens de laboratoire constituent des outils précieux pour le diagnostic. l'herpèsvirus FHV-1, responsable de la rhinotrachéite féline, est l'agent infectieux le plus souvent rencontré lors de conjonctivites félines infectieuses. La majorité des chats atteints guérissent sans séquelles mais certains pourront souffrir d'une conjonctivite chronique ou récurrente. Des ulcérations conjonctivales peuvent provoquer des adhésions cicatricielles conjonctivo-conjonctivales : on parle de symblépharon. Une atteinte de la cornée peut être associée à la conjonctivite lors de réactivation virale chez l'adulte. Elle se caractérise par des signes inflammatoires, une néovascularisation, un œdème et une infiltration cellulaire. Des ulcères dendritiques sont quasi pathognomiques d'une infection par l'herpèsvirus qui se propage le long des fibrilles nerveuses ramifiées. S'il atteint les couches stromales profondes, il peut provoquer la nécrose du stroma également appelée séquestre cornéen. Le traitement de l'herpèsvirose est un traitement de soutien : application d'un gel hydratant et lubrifiant, antibiotique en topique (pour lutter contre les surinfections bactériennes). On réserve les thérapeutiques antivirales locales ou systémiques aux cas les plus sévères avec atteinte respiratoire supérieure ou ulcères cornéens. Les antiviraux ne font que diminuer la charge virale, améliorant l'état clinique et réduisant l'excrétion virale mais n'éliminent pas le virus de l'organisme. Des conjonctivites bactériennes sont également possibles chez le chat : chlamydia felis et mycoplasma felis. Le traitement local repose sur l'application de pommade à base de chloramphénicol ou d’oxytétracycline. Même si leur traitement est souvent efficace, les rechutes sont fréquentes à son arrêt. On y associe un traitement général à base de doxycycline (tétracycline) (10 mg/kg/jour pendant 1 mois) ou d'amoxicilline chez les chatons pour éviter les éventuels effets secondaires des tétracyclines. Tous les chats en contact avec l'animal infecté devront être traités pour éviter le phénomène de réinfection à partir d'un porteur sain (réservoir). Des causes non infectieuses peuvent engendrer des conjonctivites comme l’entropion, l’agénésie palpébrale et certaines anomalies des annexes de l’œil. La conjonctivite éosinophilique peut être unilatérale ou bilatérale chez le chat, souvent accompagnée de kératite, et est fréquemment associée à la formation de nodules blancs ou de plaques en surface de la cornée. Le diagnostic repose sur l'aspect clinique caractéristique et la détection d'éosinophiles à la cytologie conjonctivale. Le traitement repose sur l’utilisation de corticostroïdes topiques ou avec des immunomodulateurs. En pratique, pour des raisons de coût, des examens complémentaires sont rarement entrepris lors de conjonctivites infectieuses félines : une application de pommade à base de chloramphénicol en première intention est toujours efficace quelle que soit la cause. S'il est un point à retenir chez le chat, c'est de ne jamais utiliser de pommade à base de corticoïdes en première intention à cause de la fréquence de l’herpèsvirose féline. On se retrouve dans un mois avec le Dr Guillaume Payen qui nous parlera d’un autre phénomène inflammatoire fréquent chez le chat : les uvéites.

    1h 4m

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