What DAF'ck

Widoowin Cross Asset Solutions

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.

  1. 5d ago

    🌟 La France a un incroyable talent

    Cette semaine, les marchés obligataires envoient un signal d'alarme aux quatre coins du globe. Le 10 ans américain atteint des sommets inédits depuis vingt ans, l'OAT frôle les 5,00% et le taux japonais franchit les 3,00% pour la première fois depuis 1996.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le PCE core annuel, indicateur privilégié par la Réserve fédérale, ressort à 3,00% contre 3,30% attendu par le consensus. Sur le papier, il s'agit d'une excellente surprise, sauf que le Bureau of Economic Analysis a choisi ce moment pour revoir sa méthode de calcul, à quelques semaines des midterms, un pur hasard du calendrier évidemment. L'inflation sous-jacente de juillet a ainsi été révisée à la baisse de 0,36 point, ce qui signifie que la totalité de la bonne nouvelle repose sur ce changement de méthode. Parallèlement, le taux à 10 ans a atteint 5,31% et celui à 30 ans 5,65%, des niveaux inédits depuis plus de vingt ans. De son côté, l'indice MOVE, véritable indice de la peur du marché obligataire comme l'est le VIX pour les actions, a doublé depuis le début de la guerre. Au-delà de ces chiffres, le problème de fond demeure, avec un conflit qui perdure et une Fed qui maintient une posture restrictive.Tant que cette situation persiste, et quelle que soit la méthode de calcul, ce sont les ménages américains qui subissent la hausse de l'inflation.   🇪🇺 Europe De l'autre côté de l'Atlantique, la dette française bat un nouveau record avec près de 3 600 milliards d'euros, soit 119% du PIB, un niveau inédit depuis 1946. Dans ce contexte, l'État, qui prévoit d'emprunter 340 milliards d'euros l'an prochain, doit se serrer la ceinture et réduire son budget 2027, de quoi freiner encore un peu plus une croissance déjà revue à la baisse il y a quelques semaines. Pour compléter le tableau, le pays subit de plein fouet la crise énergétique, avec une inflation qui bondit de 25% en passant de 2,40% à 3,00% sur un an en septembre. Sans surprise, l'OAT 10 ans grimpe à 4,91% et flirte désormais avec la barre des 5,00%. Elle pourrait encore monter si les tensions persistent, histoire de compléter le tableau. 🇨🇳🇯🇵 Asie Au Japon, l'IPC Tokyo core, indicateur privilégié par la Banque du Japon, est passé de 1,80% à 2,70% en septembre, soit la plus forte hausse de l'année. Malgré sa politique restrictive, l'institution s'inquiète de prix de l'énergie élevés, aux effets durables sur l'archipel. Dans ce contexte, les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée sur la dette japonaise, avec un taux de rendement à 10 ans qui a franchi la barre symbolique des 3,00%, une première depuis 1996. L'institution devra donc poursuivre le resserrement de sa politique monétaire afin de juguler l'inflation et de soutenir un yen toujours fragile. 🛢️ Matières premières  Côté matières premières, les exportations de brut du Golfe ont fortement rebondi en septembre pour atteindre près de 80% de leur niveau d'avant-guerre, portées par l'Arabie saoudite qui contourne en partie le détroit d'Ormuz. Toutefois, la zone reste sous tension avec de nouvelles attaques de pétroliers. Par ailleurs, le diesel atteint des records en Europe, les exportations de produits raffinés du Golfe restant au ralenti. De plus, la Russie a prolongé jusqu'au 31 octobre l'interdiction d'exporter du diesel, risquant d’accentuer les tensions sur l'offre mondiale.

    🌟 La France a un incroyable talent
  2. Sep 25

    👀 L’éléphant dans la pièce

    Cette semaine, le baril de pétrole se maintient autour des 100 dollars et les marchés digèrent les hausses de taux directeurs de la semaine dernière. Les taux souverains poursuivent leur progression, ce qui renchérit le coût de la dette pour les États déjà lourdement endettés, comme les États-Unis et la France.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, en relevant ses taux directeurs la semaine dernière, la Réserve fédérale a choisi de ne plus ignorer l'éléphant dans la pièce qu'est l'inflation. Kevin Warsh n'avait donc pas vraiment le choix, alors que Donald Trump exigeait des taux plus bas pour séduire les électeurs à quelques semaines des élections de mi-mandat. Le symbole politique est d'autant plus fort que le président de la Fed avait été choisi par la Maison Blanche précisément pour faire baisser les taux directeurs. Et ce n'est probablement qu'un début, puisque le dot plot de l’institution ainsi que l’accélération du taux souverain à 2 ans laissent entrevoir la poursuite du resserrement monétaire, avec une nouvelle hausse des taux de la Fed qui pourrait intervenir d'ici la fin de l'année.    Sur le plan géopolitique, Donald Trump a placé Téhéran face à une alternative entre un accord et « l'anéantissement » lors de l'Assemblée générale de l'ONU, avant d'annoncer la reprise du dialogue. Dans la foulée, le président américain a assuré que le prix du pétrole serait bientôt plus bas qu'avant, tout en attribuant la hausse du diesel au conflit entre la Russie et l'Ukraine. Une manière de se dédouaner, comme si la flambée du baril n'avait absolument rien à voir avec la guerre qu'il a lui-même déclenchée cette année. Or, depuis le début du conflit, l'inflation n'a cessé d'accélérer, entraînant dans son sillage les taux souverains américains. L'État, dont la dette dépasse déjà les 40 000 milliards de dollars, risque de payer toujours plus cher pour se refinancer, au risque de déclencher un véritable effet boule de neige.   🇪🇺 Europe En Europe, la mécanique est similaire, puisque l'inflation alimentée par la situation géopolitique a contraint la BCE à relever ses taux directeurs, poussant à leur tour les taux souverains à la hausse. La France y est particulièrement exposée, puisque la flambée du pétrole creuse son déficit commercial tandis que la hausse du coût de l'emprunt, avec une OAT 10 ans qui a brièvement touché les 4,70%, freine l'activité, faisant planer un risque de stagflation. L'exécutif a ainsi abaissé sa prévision de croissance à 0,50% pour 2026, contre 0,70% auparavant. Avec une dette publique attendue à 119% du PIB, le gouvernement prévoit 54 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027, en partie absorbées par la hausse des intérêts. Un effort nécessaire pour rassurer les agences de notation, mais qui limite la capacité de la France à emprunter pour soutenir sa croissance.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, la banque populaire de Chine a maintenu son taux préférentiel de prêt à un an à 3,00% pour le seizième mois consécutif, conformément aux attentes du marché. Ce statu quo traduit une marge de manœuvre limitée, alors que la crise immobilière continue de peser sur le crédit et la consommation. Sur le plan diplomatique, Xi Jinping effectue sa première visite d'État à Washington depuis 2015, et la trêve commerciale sino-américaine vient d'être prolongée jusqu'au 10 janvier. Les deux pays pourraient également s'entendre sur une baisse ciblée de leurs droits de douane. En revanche, aucune avancée majeure ne devrait voir le jour sur l'intelligence artificielle, chaque camp souhaitant conserver son levier, puisque Washington limite l'accès de la Chine aux puces les plus avancées de Nvidia tandis que Pékin contrôle l'approvisionnement en terres rares, indispensable à la fabrication de ces mêmes puces.   🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le baril de Brent évolue toujours autour des 100 dollars, l'Assemblée générale de l'ONU n'ayant débouché sur aucune avancée diplomatique au Moyen-Orient. Cette pression persistante sur l'énergie continue de pousser les taux souverains à la hausse de part et d'autre de l'Atlantique, et se répercute directement à la pompe, avec un diesel à des niveaux record. Or, la sortie de conflit tant attendue pourrait encore tarder, Donald Trump n'envisageant pas d'accord avant les élections de mi-mandat de novembre, au risque de maintenir les prix de l'énergie à des niveaux élevés à l'approche de l'hiver.

    👀 L’éléphant dans la pièce
  3. Sep 18

    🏃 Attrape-moi si tu peux

    Cette semaine, l'inflation concentre toute l'attention et confronte les banques centrales au même dilemme : contenir la hausse des prix sans étouffer la croissance. La Fed relève ainsi ses taux pour la première fois depuis 2023, face à un baril proche des 100 dollars, tandis que le rendement américain à 10 ans franchit brièvement la barre des 5,00%.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la Réserve fédérale a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, à l'unanimité, une première depuis 2023. Confrontée à un baril proche de 100 dollars, l'institution s'est retrouvée impuissante face à une inflation qui a nettement accéléré depuis le début du conflit, désormais au huitième mois. En cause, une aggravation des perturbations d'approvisionnement au Moyen-Orient, avec la fermeture par l'Arabie saoudite du pipeline critique East-West et le report des discussions sur l'avenir du détroit d'Ormuz. Ce choc pétrolier s'est propagé aux marchés obligataires, le rendement du 10 ans américain ayant brièvement dépassé 5,00% au cours de la semaine, du jamais-vu depuis plus de trois ans. Pour le président américain, qui exhortait la Fed à baisser ses taux, la pilule est difficile à avaler. Dans ce contexte, tant que le conflit se prolonge, l'inflation devrait continuer d'accélérer et les rendements obligataires avec elle, au risque de fragiliser durablement l’économie.    🇪🇺 Europe En Europe, une semaine après la décision de la BCE de relever ses taux directeurs, l'inflation accélère de nouveau. L'indice des prix à la consommation atteint 3,20% en août en rythme annuel, contre 2,90% le mois dernier. En revanche, l'IPC sous-jacent, qui exclut notamment l'énergie et l'alimentation, reste contenu à 2,40%, mettant en évidence le poids de la guerre dans la hausse des prix. Pour rappel, à la mi-2025, face à une croissance du PIB de 1,40% jugée trop faible, l'institution assouplissait sa politique pour soutenir l'activité. Aujourd'hui, avec des prévisions de croissance du PIB ramenées à 0,90% en rythme annuel pour 2026, elle a fait le choix de lutter contre la hausse des prix. On perçoit bien à quel point la banque centrale est prise en étau entre une croissance faible et une inflation qui accélère, et un resserrement supplémentaire ferait peser un vrai risque de récession sur l'économie. De l'autre côté de la Manche, la Banque d'Angleterre a laissé son taux directeur inchangé, alors que l'inflation a de nouveau accéléré, passant de 2,90% en juillet à 3,10% en août. L'institution se trouve dans une position délicate, puisque la hausse des prix, portée notamment par les services, reste trop élevée pour envisager une baisse des taux, tandis que l'économie apparaît trop fragile pour justifier un resserrement monétaire. Parallèlement, l'attention se porte désormais sur le budget attendu prochainement, qui devrait faire apparaître un déficit. Si des hausses de taxes sur la consommation devaient en découler, elles alimenteraient l'inflation et conforteraient l'institution dans une posture plus restrictive à moyen terme, au risque de freiner davantage une activité déjà affaiblie.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, les prix des logements neufs ont reculé de 3,00% en août, marquant ainsi le rythme de baisse le plus lent depuis le début de l'année. Lorsque les prix diminuent, les ménages se sentent moins riches et privilégient l'épargne plutôt que la consommation. Le pays traverse une crise profonde et durable de l'immobilier depuis 2022, ce qui alimente une spirale déflationniste, d'autant que ce secteur représente plus de 75% des actifs des ménages chinois. Cette crise devient un véritable frein à la croissance, alors que le PIB s'est dégradé du premier au second trimestre, passant de 5,00% à 4,30%. À quelques jours de la rencontre sino-américaine, cette crise fragilise Pékin, en plein bras de fer commercial avec Washington. Au pays du soleil levant, la Banque du Japon a relevé ses taux directeurs pour les porter à 1,25%, leur plus haut niveau depuis 1995. Cette décision s'inscrit dans un cycle de resserrement entamé en 2024, après trente ans de taux zéro ou négatifs. D'un côté, l'inflation est alimentée par la situation en Iran, dont le Japon dépend fortement pour son approvisionnement en pétrole. De l'autre, la faiblesse du yen renchérit le coût des importations et nourrit directement la hausse des prix. En relevant ses taux, l'institution cherche à exercer une pression double, en renforçant le yen et en freinant la consommation. Elle devrait donc conserver une posture restrictive encore à moyen terme, tant que ces pressions inflationnistes ne se seront pas dissipées.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, la guerre en Iran persiste depuis maintenant plus de 8 mois et le pétrole oscille toujours autour des 100$ le baril. Dans son dernier rapport, l'AIE prévoit une chute de la demande mondiale de pétrole sur la fin 2026, les prix élevés freinant mécaniquement la consommation. Le rétablissement complet des capacités pétrolières du Golfe, initialement envisagé en 2026, n'est désormais plus attendu avant 2027. Ce conflit qui s'éternise a fait basculer un choc inflationniste vers un risque stagflationniste, qui a confronté les banques centrales à un dilemme entre soutenir la croissance et contenir les prix. En prenant fin, le conflit permettrait la baisse des prix de l'énergie avec la reprise du trafic, et les taux longs, qui intègrent les anticipations d'inflation et de taux directeurs futurs, devraient reculer à moyen terme.

    🏃 Attrape-moi si tu peux
  4. Sep 11

    💿 2 Be 3,00%

    Cette semaine, la BCE a de nouveau relevé ses taux pour contenir une inflation presque entièrement alimentée par la guerre en Iran. Un pari risqué pour une économie européenne fragile, alors que les taux longs atteignent des niveaux historiques.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, l'économie américaine a créé 162 000 emplois en août, un chiffre bien supérieur aux 55 000 anticipés, avec un taux de chômage stable à 4,10%. Pour la Fed, qui poursuit un double mandat de plein emploi et de lutte contre l'inflation, ces données pourraient lui permettre de concentrer sa politique monétaire sur l'inflation, alors qu'elle s'apprête à décider de ses taux la semaine prochaine. Ces éléments ont entraîné l'ensemble du marché obligataire, avec un rendement à 30 ans qui frôle désormais les 5,36%. La dette publique américaine, qui dépasse les 40 000 milliards de dollars, pourrait quant à elle atteindre 50 000 milliards avant la fin de la décennie à mesure que les taux progressent.   🇪🇺 Europe En Europe, la Banque centrale a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, portant son taux de dépôt à 2,50%. Cette décision intervient alors que l'inflation en zone euro a atteint 3,30% en août, son plus haut niveau depuis trois ans. Toutefois, en observant le détail, on constate que l'énergie représente 1,35 point de ce total, si bien qu'en excluant cette composante, l'inflation ressort à 2,10%, un niveau proche de la cible de la BCE. Autrement dit, tout le surplus provient de la guerre en Iran. Pour rappel, le calcul de l'inflation compare les prix à ceux de la même période l'an dernier, ce qui signifie que si le baril se stabilise autour de 100 dollars, la contribution énergétique s'effacera d'elle-même dans douze mois. Par ailleurs, la politique monétaire met en moyenne douze mois à se transmettre, si bien que la BCE resserre aujourd'hui contre un choc qui aura disparu lorsque son action commencera à produire ses effets. L'institution s’est donc retrouvée dos au mur, contrainte de suivre son mandat de lutte contre l’inflation au risque de freiner une économie européenne déjà fragile. Dans ce contexte, cette décision a fait grimper les taux à nouveau, avec un OAT 10 ans qui frôle les 4,42%, un niveau jamais vu depuis 2008.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, les prix à la production chinois ont progressé de 3,80% sur un an en août. La guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont fortement fait grimper le coût des matières premières, qu'il s'agisse des métaux, des combustibles ou encore de l'énergie. Ce choc énergétique masque la déflation que connaissait le pays, alimentée par la crise immobilière et la faiblesse de la demande intérieure. Une faiblesse que confirment les prix à la consommation, en hausse de seulement 0,80% sur un an en août. Cette sortie de déflation est donc davantage subie que choisie, et il faudra voir si elle se poursuit une fois les tensions géopolitiques retombées.   🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le Brent est repassé au-dessus des 100 dollars le baril, porté par l'escalade des tensions au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Face à cette situation, l'OPEP+ a décidé de maintenir ses niveaux de production, après plusieurs hausses successives depuis le début de l'année. Cette décision intervient alors que les flux de pétrole dans la région sont fortement perturbés, faisant toujours peser un risque sur l'approvisionnement mondial. Parallèlement, le prix du gaz naturel a atteint près de 80 euros par mégawattheure, son plus haut niveau depuis début 2023, comme en témoigne le TTF néerlandais, référence pour le marché européen. Depuis juillet, le cours a quasiment doublé, porté également par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que par le faible niveau des stocks européens. À l'approche de l'hiver, la reprise de la demande liée au chauffage pourrait maintenir les prix du gaz à des niveaux élevés à moyen terme.

    💿 2 Be 3,00%
  5. Sep 4

    🔦 Ça va être taux noir

    Cette semaine, les taux montent partout à travers le monde, alors que l'intensification de la guerre en Ukraine et le regain de tensions autour de l'Iran ravivent le risque inflationniste et contraignent les banques centrales à durcir le ton.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le ton plus ferme de Kevin Warsh à Jackson Hole retient l'attention. Ce dernier a mis en garde contre une inflation qui accélère, l'indicateur PCE ressortant à 3,70%, soit près du double de la cible de 2,00%. Ses propos ont fait bondir la probabilité d'une hausse des taux le 16 septembre, qui n'était que de 36% une semaine plus tôt, avant qu'elle ne retombe à 50% après le discours plus accommodant de Christopher Waller, membre influent de l'institution. Du côté de l'emploi, le rapport ADP fait apparaître 38 000 créations de postes en août contre 47 000 attendues, le rythme le plus faible depuis janvier, avec 17 000 emplois détruits dans le secteur manufacturier, tandis que l'enquête JOLTS confirmait déjà ce ralentissement en juillet. La Réserve fédérale se retrouve donc prise en étau, car un durcissement de sa politique monétaire permettrait de contenir l'inflation, au risque de fragiliser une économie qui affiche déjà des signes de faiblesse.   🇪🇺 Europe Du côté du Vieux Continent, la guerre en Ukraine a pris de l'ampleur avec l'intensification des bombardements russes. En parallèle, l'inflation accélère en zone euro à 3,30% en rythme annuel, comme en témoignent l'IPC allemand et l'IPC français, en accélération respectivement à 2,90% et 2,40%. Face à ce constat, la Banque centrale européenne pourrait adopter un ton plus restrictif dans les semaines à venir. Du côté de la France, l’Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans a franchi le seuil des 4,20% et atteint désormais des niveaux qu'elle n'avait plus connus depuis 2008, à mesure que se rapproche le budget 2027. L'écart de taux avec le 10 ans allemand est revenu sur les points hauts observés en 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale. Parmi les 21 pays de la zone euro, aucun, pas même la Grèce ou la Bulgarie, ne se finance aussi cher que la France à cette échéance.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, la Banque du Japon s'apprête à relever ses taux directeurs pour faire face à une inflation en accélération et à un yen au plus bas. Par anticipation, le rendement de l'obligation souveraine japonaise à 10 ans a franchi les 3,00% pour la première fois depuis 1996. Cette flambée des taux pourrait, à terme, pousser les investisseurs japonais à rapatrier leurs capitaux placés à l'étranger, notamment ceux investis de l'autre côté du Pacifique. Pour rappel, le Japon est le premier détenteur de la dette souveraine américaine, si bien qu'un retrait massif ferait monter davantage ces rendements, alourdissant un peu plus le coût de la dette publique américaine.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, le regain de tensions entre l'Iran et les États-Unis fait grimper le pétrole, qui repasse au-dessus des 90 dollars le baril. La disparition d'un espoir d'accord à court terme et les risques inflationnistes qui en découlent poussent les rendements obligataires à la hausse partout dans le monde. Même si un accord se dessinait, la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz prendrait du temps, ce qui pèserait durablement sur l'économie mondiale.

    🔦 Ça va être taux noir
  6. Aug 28

    💸 Ça va pas la dette ?

    Cette semaine, l'inflation s'installe des deux côtés de l'Atlantique et propulse les rendements obligataires souverains vers de nouveaux sommets, le 30 ans américain atteignant 5,20%, son plus haut niveau depuis 2007. En arrière-plan, l'essor de l'IA, largement financé par la dette, fait peser une menace croissante sur l'équilibre économique mondial.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, l'indice PCE, mesure privilégiée par la Réserve fédérale, a progressé de 0,20% sur un mois en juillet, contre 0,10% attendu, tandis que sa hausse annuelle atteint 3,70%, légèrement au-dessus du consensus de 3,60%. Cette pression sur les prix pousse les rendements obligataires ainsi que le dollar à la hausse, avec un rendement pour l'obligation 30 ans à 5,20%, un record. Une inflation qui s'installe pourrait inciter la Fed à relever ses taux dès septembre afin de la contenir. On perçoit bien le revirement de politique monétaire, puisqu'il y a six mois le consensus tablait sur trois baisses de taux en 2026, alors qu'aujourd'hui on évoque une possible hausse, au risque de fragiliser durablement l'économie. En parallèle, l'essor de l'intelligence artificielle, largement financé par la dette, pourrait constituer un risque majeur. Pour couvrir leurs dépenses d'investissement colossales, les géants technologiques ont massivement recours aux marchés obligataires, au point de représenter 18% des émissions Investment Grade mondiales au premier semestre 2026, contre à peine 1,00% en 2024. Cet afflux d'obligations peine à être absorbé par les investisseurs et se fait au détriment des dettes d'État à long terme, désormais délaissées au profit de la dette liée à l'IA. Cette concurrence directe devrait s'intensifier, puisque les besoins de financement des entreprises comme des États ne cessent de croître. À terme, cette pression alimente la hausse des taux, avec les risques qu'elle fait peser sur le financement de l'économie mondiale.   🇪🇺 Europe En Europe, le dernier compte rendu de la BCE révèle une institution orientée vers un durcissement monétaire et méfiante face aux tensions énergétiques. L’institution est tiraillée entre un risque inflationniste persistant et une économie en perte de vitesse avec une croissance du PIB allemand ralentie à 0,30% contre 0,40% au premier trimestre. Dans ce contexte, un resserrement monétaire conjugué à une hausse des rendements obligataires risquerait de freiner une économie européenne déjà fragile.   🇨🇳🇯🇵 Asie  Au Japon, l'inflation a de nouveau accéléré en juillet pour atteindre 1,80%, portée par les prix des hydrocarbures et la faiblesse du yen. Les entreprises ont en effet répercuté la hausse des coûts d'importation, alimentée par la chute de la devise et par le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Dans ce contexte, la Banque du Japon s'apprête à relever ses taux dès le mois de septembre et pourrait même envisager des hausses plus agressives. Parallèlement, le rendement du 10 ans japonais s'est nettement rapproché du seuil des 3,00%, propulsé par ces chiffres d'inflation.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le Brent a baissé de près de 5 dollars cette semaine, de 93 à 88 dollars, après que les nouvelles sanctions américaines contre les partenaires commerciaux de l'Iran se sont révélées bien moins sévères qu'attendu. En parallèle, les négociations entre Oman et Téhéran ont abouti à un accord sur le partage des revenus du détroit, un signal positif qui pourrait progressivement ouvrir la voie à un retour à la normale du trafic maritime. Dans cette situation, l'étau pourrait se desserrer sur les prix de l'énergie et l'inflation mondiale. Le bitcoin s'établit autour de 80 000 dollars, pour la première fois depuis trois mois et signant sa meilleure performance mensuelle depuis novembre 2024 avec près de 30% de hausse en août. Cette dynamique s'explique en partie par la réunion organisée à la Maison-Blanche le 20 août, où étaient réunis les dirigeants du secteur crypto pour pousser le Congrès à adopter le Clarity Act, donnant enfin au marché le signal réglementaire qu'il attendait.

    💸 Ça va pas la dette ?
  7. Aug 21

    🤖 Harder, Better, Faster, Stronger

    Cette semaine, alors que la guerre dure depuis plus de six mois sans qu'aucun accord ne se profile, le détroit d'Ormuz reste fermé et le pétrole se maintient autour des 90 dollars le baril. En parallèle, la Chine s'illustre avec l'entrée en bourse spectaculaire d'Unitree, propulsant la robotique humanoïde sur le devant de la scène.    🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, le mémorandum d'entente de 60 jours a expiré le 17 août sans qu'un accord soit trouvé, aucune des deux parties ne souhaitant le prolonger. Le détroit d'Ormuz reste donc largement fermé, ce qui maintient les tensions. Donald Trump a menacé de bombarder Oman si le pays se mettait en travers d'un accord sur le passage des navires dans le détroit. De son côté, Téhéran envisage de viser certains pays du sud-est de l'Europe, voire les câbles sous-marins à fibre optique du détroit, qui transportent une part majeure du trafic Internet mondial. Ces tensions alimentent les anticipations d'inflation et poussent les rendements américains à la hausse, le 30 ans dépassant désormais 5,30%, son plus haut niveau depuis près de vingt ans. Dans le même temps, la dette publique américaine vient officiellement de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars et pourrait atteindre les 50 000 milliards avant la fin de la décennie à mesure que la hausse des rendements creuse le déficit. Par ailleurs, les marchés anticipent à 96% une hausse de 25 points de base des taux de la Réserve fédérale en 2026. Toutefois, les chances d'un relèvement des taux lors de la réunion de septembre se sont réduites à 65% d'après FedWatch. Ce recul s'explique par des chiffres d'inflation plus modérés que prévu aux États-Unis, avec un IPC ressorti à 3,40% en juillet, contre 3,50% le mois précédent. Fidèle à son mandat de lutte contre l'inflation, la Fed pourrait tout de même opter pour une hausse, alors que l'IPC demeure loin des 2,00% et que le conflit persiste.   🇪🇺 Europe  En Europe, le dernier bulletin économique de la BCE décrit une économie fortement dépendante de la situation en Iran. Plus les prix de l'énergie restent élevés durablement, plus ils risquent d'alimenter l'inflation. Dans ce contexte, les projections de juin anticipent une inflation à 3,00% en 2026, tandis que la croissance est revue en baisse à 0,80% pour 2026. Cette dynamique se confirme puisque l'IPC européen progresse de 10 points de base à 2,90% en juillet en rythme annuel. Dans le détail, la hausse des prix passe de 1,80 à 2,10% en France, et de 2,40 à 2,80% en Allemagne sur la même période. Cette accélération pourrait freiner durablement une économie déjà fragilisée par une croissance faible.  Parallèlement, dans le sillage de la guerre et des tensions sur la dette, les taux européens montent. En France, l'OAT à 10 ans franchit les 4,10 %, au plus haut depuis plusieurs décénies, ce qui rend le recours à la dette plus coûteux pour l'État.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, l'inflation a ralenti à 0,50% en juillet contre 1,00% en juin sur un an, atteignant son plus bas niveau depuis janvier. Ce recul s'explique par une grave crise immobilière qui dure depuis plus de cinq ans, et comme près de 70% du patrimoine des ménages repose sur l’immobilier, la chute des prix les appauvrit et les pousse à épargner plutôt qu'à dépenser. Face à cette situation, Pékin multiplie les subventions depuis mi-2024, sans parvenir à véritablement soutenir la consommation. Le géant asiatique reste ainsi confronté à des pressions déflationnistes persistantes qui pourraient fragiliser durablement l'économie chinoise. Parallèlement, Unitree, l'un des principaux fabricants mondiaux de robots humanoïdes basé à Hangzhou, vient de réaliser une entrée en bourse spectaculaire à Shanghai, ses actions bondissant de plus de 600% dès le premier jour de cotation, étant la première société de robotique humanoïde cotée en Chine. Fin juillet, la FCC américaine avait voté un bannissement des importations de robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers, citant nommément Unitree et AgiBot pour des raisons de sécurité nationale. Cette décision pourrait fragiliser l'entreprise, alors que plus de 40% de son chiffre d'affaires provient de l'étranger.   🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le prix du Brent dépasse à nouveau les 90 dollars le baril. L'Iran menace en effet d'adopter une position plus offensive dans le détroit d'Ormuz, tandis que Donald Trump a exclu toute prolongation de l'accord signé en juin. La crainte d'une perturbation du trafic dans ce point de passage stratégique fait ainsi peser un risque sérieux sur l'offre mondiale. Pour tenter d'apaiser ces tensions, l'OPEP relève une nouvelle fois ses quotas de production. L'AIE, de son côté, prévoit une baisse de la demande mondiale au deuxième trimestre, la hausse des prix des carburants pesant sur la consommation. Ces deux éléments réunis devraient normalement tirer les prix vers le bas. Mais tant que la prime géopolitique liée aux tensions dans la région reste présente, les prix restent orientés à la hausse.

    🤖 Harder, Better, Faster, Stronger
  8. Jul 24

    🥵 L'été sera taux

    Cette semaine, l'embrasement du conflit iranien continue de dicter la trajectoire des banques centrales. La BCE temporise à 2,25% en laissant la porte ouverte à une hausse en septembre, alors que l'OAT française franchit les 4,00% pour la première fois depuis 2009.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la nouvelle escalade des bombardements américains en Iran ravive les craintes d'une inflation durablement élevée. En l'espace de six mois, le consensus s'est totalement inversé, puisque les marchés qui anticipaient des baisses de taux en début d'année n'attendent désormais plus que des hausses, avec deux resserrements d'ici mars 2027. Pour Kevin Warsh, ces pressions inflationnistes ne devraient pas durer, ce qui pourrait justifier un statu quo lors de la réunion du FOMC la semaine prochaine. Toutefois, si le conflit au Moyen-Orient venait à s'intensifier davantage, la Réserve fédérale pourrait se retrouver contrainte de relever ses taux pour contenir l’inflation,  au risque de fragiliser durablement l'économie américaine.  Par ailleurs, Kevin Warsh voit dans l'intelligence artificielle un véritable levier pour l'économie américaine. Devant la commission bancaire du Sénat, il a reconnu que les investissements liés à cette technologie font monter les prix, tout en écartant un caractère inflationniste puisque cette variation est absorbée par une offre de plus en plus abondante. Ces gains pourraient avoir un réel impact positif sur l'économie et redonner à l'institution davantage de marge de manœuvre dans la conduite de sa politique monétaire.    🇪🇺 Europe   En zone euro, la Banque centrale européenne a maintenu son taux de référence inchangé à 2,25%. Cette décision intervient après la publication, la semaine dernière, d'un repli de l'inflation à 2,80% en juin sur un an, après 3,20% en mai. Dans ce contexte géopolitique tendu, l'institution laisserait la porte ouverte à une hausse des taux en septembre, en fonction de l'impact de l'escalade au Moyen-Orient sur les prix.  En France, l'OAT à 10 ans a franchi les 4,00% pour la première fois depuis 2009. Cette progression s'explique par plusieurs facteurs qui se cumulent, à commencer par des finances publiques toujours sous tension, avec un déficit élevé et une dette qui dépasse désormais 117% du PIB. Les besoins de financement de l'État continuent d'augmenter, alors que les investisseurs s'interrogent sur la capacité du gouvernement à ramener durablement les comptes publics vers les objectifs européens. À cette situation budgétaire s'ajoutent les incertitudes géopolitiques ainsi que les interrogations sur la croissance économique européenne, qui pourraient fragiliser davantage la trajectoire des taux français.    🇨🇳🇯🇵 Asie   Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a dévoilé un plan d'investissement de 2 000 milliards de dollars d'ici 2040 dans les secteurs stratégiques, après le plan de relance budgétaire de 135 milliards adopté en fin d'année dernière. Dans ce contexte, l'inflation dépasse la cible sans que la consommation ne suive, puisque la hausse des prix provient des coûts importés et pèse sur les salaires. La Banque du Japon remonte donc ses taux, au risque d'étouffer davantage l'activité, alors que ces mesures massivement financées par l'emprunt alourdissent une dette publique déjà colossale.    🛢️ Matières premières   Côté matières premières, le Brent est repassé autour des 100 dollars, un plus haut depuis six semaines, porté par un nouvel embrasement du conflit entre l'Iran et les États-Unis. Les dernières interventions montrent que la Maison Blanche souhaite maintenir la pression militaire sur Téhéran. Par ailleurs, le risque ne se limite plus au détroit d'Ormuz, puisque les rebelles houthistes ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, forçant plusieurs pétroliers à faire demi-tour pour éviter le détroit de Bab-el-Mandeb. Dans ce contexte, l'extension de la menace à un second point de passage stratégique inquiète particulièrement les marchés, car elle constitue une pression supplémentaire sur les prix de l'énergie.

    🥵 L'été sera taux

About

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.