What DAF'ck

Widoowin Cross Asset Solutions

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.

  1. 💼 Work hard, play hard

    1D AGO

    💼 Work hard, play hard

    Cette semaine, les chiffres de l'emploi américain déjouent les anticipations, alors que le chômage au Royaume-Uni a atteint des sommets. En parallèle, le Japon profite d'une bonne dynamique économique et le pétrole subit les tensions géopolitiques.    🇺🇸 États-Unis  Les États-Unis subissent une stagnation des ventes au détail au mois de décembre, qui s’explique par l’anticipation du Black Friday par les consommateurs. En revanche, le rapport sur l’emploi a largement déjoué le consensus en affichant 130 000 créations de postes en janvier, contre seulement 65 000 attendues, ramenant ainsi le taux de chômage à +4,30%. Ainsi, cette robustesse du marché de l'emploi pourrait favoriser un rebond de la consommation et garantir le maintien de la croissance économique au premier trimestre. En parallèle, l’indice des prix à la consommation n'a progressé que de +0,17% sur le mois, un rythme de progression nettement inférieur au consensus de +0,30%. Pourtant, janvier est traditionnellement le mois qui connaît les plus fortes hausses de prix. Par conséquent, ces chiffres pourraient confirmer que le pic inflationniste est définitivement franchi, et ainsi favoriser un assouplissement monétaire de la FED. Alphabet, la maison mère de Google, a réalisé une émission obligataire historique d'une maturité de 100 ans, versant un coupon annuel de +6,125%. Ce « Century Bond » témoigne de la volonté du géant de la Silicon Valley de verrouiller des liquidités sur le très long terme pour financer ses infrastructures d'intelligence artificielle et ses investissements énergétiques.    🇪🇺 Europe  Côté européen, la réunion de l’Eurogroupe dans le cadre du budget 2027 a mis l’accent sur trois points : le renforcement du rôle international de l’euro, la coordination des États membres face aux déséquilibres mondiaux et l’adoption des grandes orientations budgétaires européennes. Enfin, alors que le PIB de la zone euro a progressé, en ligne avec les attentes au quatrième trimestre 2025 à +0,30%, les ministres ont affiché leur volonté de soutenir des politiques pro croissance. Dans l’objectif d’accroître la résilience financière de l’UE, au vu du contexte géopolitique et économique toujours plus tendu. En France, l’inflation en rythme annuel a légèrement ralenti en janvier, s’établissant à +0,30% conformément aux attentes du marché. Ce niveau, très inférieur à la cible des +2,00%, fait peser un risque déflationniste dans l’hexagone. La BCE sera une fois de plus, confrontée à des pressions dovish (en faveur d'une baisse de taux) alors que les contrastes inflationnistes s'accentuent entre les pays européens. Au Royaume-Uni, le marché du travail se détériore nettement. Le taux de chômage atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans hors pandémie, tandis que la progression des salaires ralentit à nouveau. En parallèle, l’inflation recule à son plus bas niveau depuis mars 2025 à +3,00%, réduisant la pression sur les prix. Ce double signal, alliant affaiblissement de l’emploi et décélération de l’inflation, renforce les anticipations d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre dès le mois de mars, afin de soutenir une économie en perte de vitesse.     🇨🇳🇯🇵 Asie  Au Japon, l'économie se montre résiliente malgré un PIB, ressorti à +0,10% au quatrième trimestre 2025. En effet, la consommation des ménages a progressé de +1,30% sur un an, malgré l’impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat. L'investissement privé suit cette même dynamique avec +1,70% en rythme annuel. La confiance envers le gouvernement Takaichi pourrait se renforcer, alors que la première ministre annonce vouloir gouverner sans être pris en étau par la dette. Ces signaux encourageants ont permis au Yen de s’apprécier face au dollar, tandis que le Nikkei 225 fait cavalier seul et surperforme les indices mondiaux, avec une hausse de +7,00% sur le mois. De plus, les rendements des obligations d'État japonaises à long terme ont baissé, signalant un apaisement notable du marché obligataire à court terme. C'est un signal rassurant pour les acteurs de marché qui craignaient une fin anticipée du carry trade.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, le marché du pétrole fait face à un paradoxe depuis le début de l’année : une offre globale excédentaire, ainsi que des prix en hausse. En effet, le Brent affiche +16% depuis le 1er janvier. Cette tension s’explique par une offre réelle disponible plus restreinte, avec une part croissante des barils russes et iraniens exclus du marché pour de nombreux acheteurs. Les discussions récentes entre les États-Unis et l’Iran à Genève renforcent ces tensions, et accentuent les stocks de barils sous sanctions restant en mer, en attente d’acheteurs.

    5 min
  2. ☔ Nils balaye les doutes sur l'emploi​

    FEB 13

    ☔ Nils balaye les doutes sur l'emploi​

    Cette semaine, l’emploi américain reprend des couleurs, tandis que la montée des tensions autour du détroit d’Ormuz maintient une prime de risque sur le marché de l’énergie.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le marché du travail a surpris positivement en janvier avec des créations d’emplois nettement supérieures aux attentes et un taux de chômage en recul à 4,30%. Ces chiffres, salués par Donald Trump, confirment la résilience de l’économie américaine et pourraient permettre à la Fed de se concentrer sur la lutte contre une inflation toujours au-dessus de sa cible. Le Dow Jones inscrit un record historique à 50 000 points, tandis que la tech marque une pause après une longue phase de surperformance. La rotation vers des secteurs plus défensifs, comme l’industrie, suggère un apaisement de l’appétit pour le risque.     🇪🇺 Europe  En Europe, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a de nouveau appelé les dirigeants de l’Union européenne à prendre des mesures pour renforcer la souveraineté européenne face à une politique commerciale américaine imprévisible et à la hausse des importations chinoises. L’objectif est de tirer parti d’un environnement macroéconomique favorable afin de soutenir la croissance. En France, le taux de chômage atteint 7,90%, son plus haut niveau depuis 2021, nettement au-dessus des attentes. Cette dégradation du marché du travail pèse sur la consommation et freine la production. Cette situation pourrait donc fragiliser l’économie française au cours des prochains mois. Au Royaume-Uni, la croissance reste fragile avec un PIB en hausse de seulement 0,10% au quatrième trimestre 2025, après un contexte marqué par les menaces de droits de douane américains. Sur l’ensemble de l’année, l’activité progresse de 1,30%, mais l’inflation persistante pourrait conduire la banque centrale à adopter une politique monétaire plus restrictive. Dans ce contexte, l’institution a revu ses perspectives de croissance à la baisse, à 0,90% pour 2026.     🇨🇳🇯🇵 Asie  En Chine, la pression déflationniste s’installe dans la durée, avec des prix à la production négatifs depuis novembre 2022 et une inflation qui ralentit nettement. Cette dynamique reflète une demande intérieure toujours fragile et érode progressivement les marges des entreprises. Dans ce contexte, Pékin pourrait être amené à accentuer ses mesures de relance et à adopter une politique monétaire plus accommodante pour éviter un essoufflement durable de la croissance.    🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, les cours du pétrole sont orientés à la hausse, soutenus par l’aggravation de la crise politique en Iran. Les mouvements de contestation perturbent une partie des infrastructures, tandis que la montée des tensions avec les États-Unis ravive les inquiétudes autour du détroit d’Ormuz, un axe stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. En parallèle, la première cryptomonnaie peine à retrouver des couleurs après une valeur divisée par deux depuis le début de l'année. Ce sont près de 400 milliards de capitalisation envolés en l'espace d'un mois. Dans un contexte de forte volatilité, les acteurs de marché opèrent un rebalancement stratégique des valeurs refuges.

    4 min
  3. 🎛️ Veridis Statu quo

    FEB 6

    🎛️ Veridis Statu quo

    Cette semaine, l’indépendance historique de la Réserve fédérale est mise à l’épreuve, tandis que l’Europe maintient le statu quo monétaire.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le président américain a nommé l'ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh, à la tête de la banque centrale. Pour rappel, la Réserve fédérale est l'une des institutions économiques les plus influentes au monde, chargée de lutter contre l'inflation aux États-Unis tout en soutenant un niveau d'emploi maximal. La Fed est également le principal régulateur bancaire du pays. Ce choix est susceptible d'entraîner de profonds changements, et souligne le risque d'une ingérence croissante de la Maison Blanche  sur le futur de la politique monétaire, Kevin Warsh étant plutôt adepte d'une position dovish sur les taux. L'activité manufacturière américaine surprend positivement en renouant avec la croissance en janvier. L'indice PMI manufacturier de l'ISM repasse en zone d’expansion en janvier, au-delà des attentes du marché, à un niveau inédit depuis août 2022. Toutefois, cette amélioration reste fragile, les droits de douane à l’importation pesant sur les coûts des matières premières et perturbant les chaînes d’approvisionnement. Parallèlement, le rapport Jolts sur l’emploi fait état d’une baisse significative des nouvelles offres d’emplois en décembre, en dessous des attentes du marché, démontrant un marché du travail toujours en difficulté. Malgré une activité solide dans les services et l’industrie, les entreprises restent prudentes et privilégient les gains de productivité face aux incertitudes économiques et commerciales.    🇪🇺 Europe  En Europe, la BCE a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés. En effet, l’inflation européenne reste partagée entre une inflation headline, tout inclus, sous la cible avec +1,70% alors que la partie core, qui exclue énergie et alimentation, reste supérieure à +2,00%. Christine Lagarde a rappelé que ces chiffres sont conformes aux anticipations. La croissance plus robuste que prévu au quatrième trimestre avec +1,30% rassure le vieux continent. Néanmoins, la prochaine réunion de la BCE devra faire un choix entre privilégier la France avec une inflation très faible, ou bien l'Allemagne qui bénéficierait davantage d'une baisse des taux que sa voisine d'outre-Rhin. De l’autre côté de la Manche, la Banque d’Angleterre a également maintenu ses taux directeurs à leurs niveaux actuels. La bonne tenue du marché de l’emploi, avec un taux de chômage en très légère baisse sur le continent, a justifié cette position attentiste. Après une période marquée par des incertitudes sur la trajectoire des prix, cette normalisation de l’inflation pourrait permettre une politique monétaire plus lisible pour les mois à venir.     🇨🇳🇯🇵 Asie  Côté chinois, le yuan poursuit sa baisse face à l’euro, en recul de près de 22% depuis 2022, offrant un avantage concurrentiel majeur aux exportations chinoises. Pékin poursuit deux objectifs contradictoires : faire de sa devise un concurrent du dollar, tout en maintenant un contrôle strict des changes. De leur côté, les États-Unis dénoncent une forme de dumping monétaire et appellent à une appréciation plus rapide et ordonnée du yuan.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, l’Opep+ a décidé de maintenir sa production de pétrole inchangée en mars, maintenant une offre abondante sur le marché. Les prix du baril reculent également après les déclarations de Donald Trump évoquant des négociations avec l’Iran, réduisant ainsi les craintes d’une fermeture du détroit d’Ormuz.   Par ailleurs, les métaux précieux ont subi une forte correction, notamment l’or après la nomination de Kevin Warsh, qui laisse présager une appréciation du dollar à moyen terme.

    4 min
  4. Statu quo, FOR SURE ! 🕶️

    JAN 30

    Statu quo, FOR SURE ! 🕶️

    Cette semaine, la Réserve fédérale temporise, tandis que l’or enchaîne les records sur fond de tensions géopolitiques et d’incertitudes économiques.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs entre 3,50% et 3,75%, après trois baisses consécutives fin 2025. Dans son communiqué, l’institution estime que la croissance est suffisamment robuste, suggérant que l’économie n’a pas besoin de soutien supplémentaire. Cette décision devrait freiner la pression baissière sur le dollar mais pourrait aussi raviver les tensions entre l’institution et la Maison Blanche. En parallèle, la confiance des consommateurs recule en janvier et atteint son niveau le plus bas depuis plus de dix ans, principalement sous l’effet de la baisse du pouvoir d'achat. Cette baisse intervient dans un contexte marqué par la fin des subventions liées au programme Obamacare en décembre, qui a entraîné une hausse des primes d’assurance santé pour des millions d’américains. Si la pression sur le coût de la vie se maintient, elle pourrait peser dans les décisions de la Réserve fédérale en faveur d’une politique monétaire plus accommodante.     🇪🇺 Europe  De l’autre côté de l’Atlantique, la France a survécu à un vote de censure sur sa loi de finances 2026, ce qui contribue à stabiliser le cadre budgétaire. Cette situation a entraîné un apaisement sur les marchés obligataires, avec un resserrement du spread franco-allemand à son plus bas niveau depuis la dissolution de 2024, une dynamique qui pourrait se prolonger. Du côté de l’Allemagne, les perspectives économiques sont revues à la baisse, avec une croissance désormais attendue à 1,00% cette année contre 1,30% précédemment. Pour rappel, un fonds spécial de 500 milliards d’euros a été lancé en 2025 pour soutenir l’économie, mais seulement 24 milliards ont été déployés jusqu’à présent. La lenteur de sa mise en place limite son effet sur l’activité et ne suffira pas, à lui seul, à soutenir durablement la croissance.  Par ailleurs, l’Allemagne plaide pour une Europe à deux vitesses afin de faciliter les décisions et d’accélérer la mise en œuvre de politiques économiques communes. Un noyau dur des principales économies avancerait ensemble pour servir de moteur à l’Europe. Si cette dynamique fonctionne, elle pourrait renforcer la compétitivité européenne et réduire la dépendance face aux États-Unis et à la Chine.     🇨🇳🇯🇵 Asie  Au Japon, malgré une l’inflation qui a ralenti en décembre, les prix à la consommation restent au-dessus de la cible de 2,00% depuis près de 4 ans. La faiblesse du yen, les pénuries de main-d’œuvre et des hausses des coûts de production renforcent les pressions inflationnistes, ce qui devrait pousser la Banque du Japon à poursuivre son resserrement monétaire cette année. En parallèle, le gouvernement annonce des aides sur l’énergie, des baisses d’impôts et de nouvelles dépenses budgétaires afin de soutenir une consommation des ménages jugée trop faible. Néanmoins, ces mesures suscitent des interrogations, l’État japonais croule sous la dette et devra accroître ses emprunts dans un environnement de taux élevés.    🛢️ Matières premières  Par ailleurs, l’or atteint des niveaux historiques et dépasse désormais les 5200 dollars l’once, porté par les tensions géopolitiques, les achats massifs des banques centrales ainsi que par la dépréciation du dollar. Si les tensions persistent, les cours des métaux précieux pourraient continuer à en bénéficier. Du côté du pétrole, malgré une offre abondante, les prix progressent après les menaces de Donald Trump d’une possible intervention militaire en Iran qui pourrait perturber l'approvisionnement mondial. Cette escalade fait craindre une fermeture du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite plus de 20% du pétrole échangé dans le monde.

    4 min
  5. ⛓️ Taux de tensions

    JAN 23

    ⛓️ Taux de tensions

    Cette semaine, entre tensions géopolitiques persistantes et politiques monétaires à l’arrêt, les marchés naviguent à vue, partagés entre prudence et attente de nouveaux signaux macroéconomiques.     🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, l'indice PCE Core est conforme au consensus à +2,90%, encore loin de la cible des +2,00% d'inflation, tandis que les tensions sur l'emploi persistent. Dans ce contexte, selon l’outil FedWatch du CME, la probabilité d’un statu quo de la Réserve fédérale le 26 janvier atteint 95%. Ce statu quo, qui ne satisfait pas les « dovish » avec Donald Trump à leur tête, pourrait ranimer les craintes autour de l'indépendance de la FED. En effet, les tensions subsistent avec Jerome Powell alors que le limogeage d’un ancien membre du conseil des gouverneurs de la FED est remis en cause en audience cette semaine.   Sur le front géopolitique, les revirements de Donald Trump inquiètent. En effet, l’instauration puis l’annulation répétée de droits de douane illustrent une stratégie de pression de plus en plus assumée des États-Unis, alors que la question du Groenland revient au centre des discussions et alimente les tensions. Cette imprévisibilité, couplée à une violence verbale du président, isole Washington sur la scène internationale. En effet, au sommet de Davos qui se tient actuellement, la fragilité de l'alliance transatlantique n'a jamais été aussi marquée. Les États-Unis y apparaissent isolés face à une Europe exaspérée, qui pourrait souhaiter se détacher de son allié américain. Les réactions ne se font pas attendre, des fonds de pension suédois et danois commencent à vendre massivement les bons du trésor américain. Par conséquent, si le reste de l’Europe suit le pas, le continent pourrait disposer d’un levier de déstabilisation majeur, étant le premier créancier des États-Unis et donc un acteur clé de l’équilibre financier du pays de l’Oncle Sam.     🇪🇺 Europe  Côté européen, l’inflation de décembre ralentit à +1,90% sur un an. Un signal encourageant pour la BCE, malgré les perspectives incertaines face aux différends avec les États-Unis. La présidente de la Banque centrale se montre confiante quant à la politique monétaire actuelle et entrevoit des perspectives de croissance à la hausse pour l’année 2026.   Au Royaume-Uni, le contexte économique se détériore. La croissance du PIB reste fragile dans un environnement international tendu, tandis que le taux de chômage de novembre se maintient à +5,10%, son plus haut niveau depuis cinq ans. Dans le même temps, l’inflation repart légèrement à la hausse, à +3,40% en décembre après +3,20% en novembre, un chiffre supérieur aux attentes et éloigné de l’objectif de +2,00% de la Banque d’Angleterre. Il s’agit de la première accélération des prix depuis cinq mois, accentuant la pression sur la BOE. Pour la Banque d’Angleterre, l’équation se complique. La remontée de l’inflation réduit la marge de manœuvre monétaire, après une baisse de taux décidée en décembre, qui n’avait pas fait l’unanimité. Dans ce contexte, les marchés privilégient désormais un statu quo lors de la prochaine réunion du 5 février.     🇨🇳🇯🇵 Asie  En Asie, la banque populaire de Chine, maintient ses taux directeurs inchangés pour le 8ème mois consécutif. Pour rappel, le gouvernement a mis en place plusieurs plans d'aide à la consommation depuis la fin d’année dernière. Si la demande intérieure ne s’améliorait toujours pas, l'institution pourrait être amenée à adopter une politique monétaire plus accommodante. En parallèle, la croissance du PIB en 2025 atteint +4,40% ce qui inférieur aux attentes, mais néanmoins considérable. Si la Chine garde son statut d'usine du monde, ses exports pourront lui permettre de préserver une forte croissance sans demande intérieure, surtout depuis que le pays se spécialise dans les secteurs de hautes technologies.   Au Japon, la Banque Centrale a maintenu le statu quo comme le prévoyaient les marchés. Elle est aujourd’hui prise en étau puisque relever les taux ferait mécaniquement exploser le coût de la dette publique déjà proche de 260% du PIB, et accélérerait la contraction de la croissance. À l’inverse, baisser les taux relancerait une inflation non maîtrisée. Par conséquent, le Japon pourrait rester bloqué dans cette situation qui érode le pouvoir d'achat des ménages.     🛢️ Matières premières  Côté matières premières, l’or inscrit de nouveaux records, portés par les tensions géopolitiques autour du Groenland et les menaces tarifaires américaines, reflet d’un positionnement toujours prudent des investisseurs. À l’inverse, le pétrole recule, l’Agence internationale de l’énergie anticipant une surproduction mondiale au premier trimestre, un facteur qui devrait maintenir les prix du baril sous pression.

    5 min
  6. 💪 La loi du plus fort

    JAN 16

    💪 La loi du plus fort

    Cette semaine, les marchés ont été dominés par la montée des tensions géopolitiques, alors que les États-Unis réendossent leur rôle de gendarmes du monde.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, les créations d’emplois ralentissent nettement avec seulement 50 000 postes créés, bien en dessous des 73 000 attendus. Ce ralentissement est partiellement compensé par une baisse du taux de chômage, en recul de 0,10% en décembre. La dynamique des prix semble se stabiliser, avec une inflation sous-jacente en baisse et un indice des prix à la consommation stable au mois de décembre. Dans ce contexte, et conformément au Beige Book, l’ensemble de ces éléments pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à maintenir une politique monétaire accommodante ces prochains mois. Par ailleurs, la menace d'une poursuite au pénal de l'administration Trump contre Jerome Powell a relancé les interrogations sur l'indépendance de la banque centrale. Cette initiative a suscité des réactions de plusieurs dirigeants monétaires à travers le monde, dont la Banque centrale européenne et la Bank of England, qui ont exprimé leur soutien à Jerome Powell, dont le mandat s’achève en mai. L’enjeu dépasse largement sa carrière, si la politique monétaire ne dépend plus des données économiques mais de la pression politique, c’est la crédibilité des États-Unis qui est en jeu.   Après le Venezuela, l’administration Trump intensifie désormais sa pression sur le Groenland, devenu un enjeu stratégique majeur. Officiellement, Washington justifie cette posture par la nécessité de préserver la sécurité face à la Russie et à la Chine. En arrière-plan, cette justification dissimule des intérêts économiques liés aux terres rares, aux énergies et à son positionnement clé sur les routes maritimes. Dans cette situation, si les États-Unis continuent de jouer les gendarmes du monde, les relations avec l’Europe pourraient se tendre davantage, au risque de peser sur la stabilité économique.    🇪🇺 Europe    En France, le budget revient sur la table dans un climat politique tendu. Faute de majorité à l’Assemblée, le gouvernement n’arrive pas à faire voter le budget. Les débats sont marqués par des motions de censure et la menace d’un recours au 49.3 pour éviter le blocage. La place parisienne souffre depuis plusieurs mois d'une prime de risque sur le marché obligataire par rapport à ses homologues européens, qui devrait perdurer si la situation ne s’améliore pas. En décembre, l’inflation a légèrement ralenti, s’établissant à 0,80% sur un an, conformément aux attentes du marché. Dans ces conditions de prix de l’énergie orientés à la baisse, la désinflation pourrait se poursuivre au cours des prochains mois. Du côté de l’Allemagne, la production industrielle surprend positivement avec une hausse de 0,80% en novembre, enchaînant trois mois consécutifs de progression, une première depuis 2021. Dans ce contexte, la montée en puissance du secteur de l’armement soutiendra l’activité industrielle et contribuera à la croissance.     🇨🇳🇯🇵 Asie    À Taïwan, TSMC, leader mondial des fonderies de semi-conducteurs, a publié des résultats nettement supérieurs aux attentes, portés par l’engouement autour de l'IA. Pour rappel, la fonderie a une position unique grâce à sa capacité à produire des puces de petites tailles alliant très haute performance et faible consommation énergétique. Le fleuron taïwanais devrait stimuler l'appétit chinois pour récupérer l'île et accélérer sa course à l'IA. En Chine, la pression déflationniste s’installe dans la durée, avec des prix à la production négatifs depuis novembre 2022. Cette faiblesse traduit une demande intérieure toujours fragile et érode progressivement les marges des entreprises. Dans ce contexte, Pékin pourrait être amené à accentuer ses mesures de relance pour éviter un essoufflement durable de la croissance.    🛢️ Matières premières    Au Moyen-Orient, les tensions remontent autour de l’Iran. Donald Trump a évoqué un durcissement des droits de douane et n’a pas exclu une intervention militaire, ravivant le risque d’escalade dans la région. Sur les marchés, ces déclarations renforcent l’incertitude, en particulier sur l’énergie. Du côté du pétrole, les prix reculent alors que le marché anticipe un excès d’offre lié au retour progressif des compagnies pétrolières au Venezuela. Dans cette dynamique, les cours pourraient rester orientés à la baisse ces prochaines semaines. Concernant les métaux précieux, l'or stagne alors que l'argent, à l'inverse, profite de son utilisation massive dans l'industrie électronique, les panneaux solaires et l'armement. Cette forte demande pourrait s'accentuer avec les tensions géopolitiques et l’argent continuerait ainsi de s’apprécier.

    5 min
  7. 🪄 Expecto petroleum

    JAN 9

    🪄 Expecto petroleum

    Cette semaine, les tensions géopolitiques ravivent des inquiétudes sur la souveraineté des territoires et des ressources naturelles présentes, tandis que les banques centrales restent vigilantes face aux perspectives économiques de cette nouvelle année.    🇺🇸 États-Unis  Côté USA, l’enquête de l’ISM montre que l’activité manufacturière s’est contractée en décembre, pour la dixième fois consécutive. Les usines font face à une demande faible et à des coûts en hausse liés en partie aux tarifs douaniers. Parallèlement, le rapport Jolts sur l’emploi montre une baisse significative des nouvelles offres d’emplois en novembre, en dessous des attentes du marché, démontrant un marché du travail toujours en difficulté. Pour rappel, la Réserve Fédérale s’est engagée ces derniers mois dans une politique d’assouplissement monétaire pour soutenir l’emploi et l’activité. Et elle pourrait poursuivre cette orientation si les fragilités du marché du travail, couplées à la détérioration de l’activité industrielle persistent.   Néanmoins, le PIB du troisième trimestre est ressorti bien supérieur aux attentes à +4,30%, améliorant ainsi les perspectives économiques pour 2026, notamment les prévisions de croissance revues à la hausse dans la dernière enquête Bloomberg. Malgré un pouvoir d’achat sous pression, l’inflation est désormais mieux maîtrisée, ce qui ouvre la voie à un assouplissement monétaire progressif sans risquer de raviver la hausse des prix.    🇪🇺 Europe  Côté européen, l’inflation de décembre ralentit à +2,00% sur un an. Un signal encourageant pour Francfort, alors que la BCE avait relevé ses projections pour 2026 de 1,90 % à 2,20 % en raison d’une inflation des services (loyers, assurances, restauration) plus persistante que prévu. Si ce ralentissement offre une marge de manœuvre à la BCE, les perspectives restent incertaines face aux tensions géopolitiques et aux différends commerciaux mondiaux. Par ailleurs, en 2026, l’Agence France Trésor prévoit d’emprunter 310 milliards d’euros, un niveau record. Depuis 2007, la dette progresse bien plus vite que la richesse produite, tandis que la croissance reste faible, attendue à 0,9 % en 2025 selon la Banque de France. Cette dynamique de croissance pèse sur les recettes fiscales et renforce le recours à l’endettement pour financer les dépenses publiques. La charge des intérêts atteindrait ainsi 74 milliards d’euros en 2026, soit davantage que le budget de la défense.    🇨🇳🇯🇵 Asie  En Chine, face à la faiblesse persistante de la demande intérieure, les autorités ont débloqué cette semaine l'équivalent de 7,7 milliards d'euros de subventions pour soutenir la consommation et stabiliser la croissance. Toutefois, cette mesure pourrait s'avérer insuffisante sans être accompagnée de changements structurels qui favorisent la confiance des ménages chinois sur la durée et les incitent à consommer. Au Japon, le rendement obligataire à deux ans a atteint lundi 1,20 %, son plus haut niveau depuis 28 ans.  En parallèle, le rendement de l'obligation 10 ans continue d'augmenter, ce qui alourdit mécaniquement le coût de la dette. Par conséquent, le pays du soleil levant pourrait peiner à financer sa croissance par la dette pour la première fois.    🛢️ Matières premières  Côté matières premières, l’or noir vénézuélien, qui constitue les premières réserves mondiales de pétrole, se retrouve au cœur des tensions avec Washington. Si l'instabilité au Venezuela laisse craindre une appréciation des cours, l'abondance de l'offre avec une production en augmentation devrait toutefois contenir cette hausse. Donald Trump, qui ambitionne une baisse des prix de 30 %, maintient sa pression sur le marché mondial en instrumentalisant les réserves de Caracas.

    4 min
  8. 🎄 All I want for Christmas is...

    12/19/2025

    🎄 All I want for Christmas is...

    Cette semaine, les banques centrales posent les bases pour l’année 2026, tandis que les fragilités du marché du travail américain persistent.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, le marché du travail est toujours sous tension en cette fin d’année, avec un taux de chômage qui s’établit à 4,60%, au-dessus des attentes de la Réserve fédérale. Parallèlement, les chiffres des NFP font état de créations de postes, mais cette dynamique est insuffisante face à la destruction de 105 000 emplois au mois d’octobre. Pour rappel, la Fed s’est engagée ces derniers mois dans une politique d’assouplissement monétaire pour soutenir l’emploi et l’économie. Elle pourrait poursuivre cette orientation si les fragilités du marché du travail persistent.    Par ailleurs, la question de l’indépendance de la Réserve fédérale revient sur le devant de la scène à l’approche de la fin du mandat de Jerome Powell. Les noms de Kevin Warsh et de Kevin Hassett, tous deux proches de Donald Trump, sont régulièrement évoqués. Ils soutiennent une politique monétaire plus accommodante, conformément aux attentes de la Maison-Blanche. Si la Fed venait à dépendre du pouvoir politique, des décisions orientées vers le financement de la dette et le soutien de l’activité pourraient se faire au détriment de la stabilité des prix, avec à terme un risque de perte de crédibilité pour l’institution et pour le dollar.    Du côté de l’inflation, l’indice des prix à la consommation a ralenti à 2,70% en rythme annuel, loin des 3,10% attendus et du niveau de 3,00% observé précédemment. L’inflation est sous contrôle, ce qui laisse à la Fed davantage de marge pour poursuivre sa politique d’assouplissement.      🇪🇺 Europe  En Europe, la Banque centrale a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés pour la 5ème fois consécutive. Cette décision intervient dans un contexte où l’inflation en zone euro s’établit à 2,10% au mois de novembre, un niveau proche de la cible de l’institution. Le recul des prix de l’énergie devrait continuer à limiter les pressions inflationnistes dans les prochains mois.    De l’autre côté de la Manche, la Banque d’Angleterre a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, les portant à 3,75%. Le ralentissement de l’inflation à 3,20% a ouvert la voie à un assouplissement monétaire dont l’économie britannique avait besoin. Après une période marquée par une inflation persistante et une économie en perte de vitesse, cette décision pourrait améliorer les perspectives de croissance pour l’année prochaine.     🇨🇳🇯🇵 Asie  Du côté du pays du Soleil-Levant, la Banque du Japon a relevé ses taux directeurs de 25 points de base à 0,75%, une première depuis plus de trois décennies. Cette décision vise à contenir la hausse des prix et à ramener durablement l’inflation vers la cible de 2,00%. En revanche, dans un pays proche de la récession et lourdement endetté, ce resserrement monétaire pourrait freiner la croissance, alourdir le coût de la dette et réduire les marges de manœuvre budgétaires pour soutenir l’économie.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, le prix du baril poursuit sa baisse cette semaine. Les tensions géopolitiques persistantes ne suffisent plus à compenser une offre abondante des principaux producteurs, dans un contexte de demande atone au quatrième trimestre. En revanche, la révision à la baisse de la production américaine attendue pour 2026 par l’EIA pourrait, à terme, modifier l’équilibre du marché.

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