Faites entrer l'écriture

Anne Savelli

25 minutes chaque 25 du mois pour "parler écriture" à partir de mon expérience d'écrivaine publiée depuis quinze ans et d'animatrice d'ateliers d'écriture. Les épisodes sont créés, au départ, pour mes abonnés Patreon (https://www.patreon.com/AnneSavelli). Ils passent en public au bout de trois mois.

  1. Chez Actes Sud, à Arles

    JAN 29

    Chez Actes Sud, à Arles

    Je vous convie ce mois-ci à un voyage express à Arles, où je me suis rendue pour rencontrer les représentants d'Actes Sud, chargés de faire connaître les livres de la prochaine rentrée littéraire du groupe auprès des libraires. Après le voyage en train, le premier jour a été consacré à la visite d'une exposition et à la soirée réunissant, au sein de la maison d'édition, les auteurs, éditeurs et "représ" ; le second, à la présentation que j'ai faite de Bruits, le matin, et à la visite d'une seconde expo, avant le retour à Paris (et un concert d'anthologie). Je suis partie sans savoir ce que je rapporterai pour ce podcast. Je n'étais sûre que d'une chose : ce que j'espérais faire à l'origine (un épisode sur le métier de représentant) n'aurait pas lieu, du moins pour le moment. J'ai eu la chance, par contre, d'arriver en plein festival de la photographie. Ces 48 heures ont donc oscillé entre mise en scène de soi (portrait photo, présentation de son livre) et rencontres. Pour cet épisode, j'ai utilisé des extraits d'un reportage de France 3 Provence Alpes Côte d'Azur sur la 56e édition du festival et d'une rencontre avec les galeristes Marion et Philippe Jacquier, dont j'ai visité l'exposition Eloge de la photographie anonyme. J'ai également "volé" quelques paroles de visiteurs adressées à moi (qu'ils me pardonnent s'ils m'écoutent un jour) et emprunté un peu d'un concert de Kyoto Jazz Massive, le groupe vu au New morning. Le texte que je lis, Coeur de cible, de Cécile Portier, fait partie d'une série appelée Dans le viseur que vous pouvez retrouver sur son site. Enfin, le générique est toujours de Jean-Marc Montera et les bruitages, soit de moi, soit de la Sonothèque. Et tiens, pour finir, un peu de ma collection de photos anonymes, que je viens à peine de retrouver ! (J'aurais presque envie de la reprendre...)

    26 min
  2. Les épreuves

    12/27/2025

    Les épreuves

    Après avoir réalisé durant deux ans le podcast Lire le bruit, qui racontait, chaque mois, l'avancée de mon roman à paraître, Bruits ; après lui avoir consacré également plusieurs épisodes ici-même (#9, Le syndrome de la page pourrie, #15 et #20, Des journées entières à écrire, #22 Envoyer son manuscrit en lecture), voici venu le temps de parler de la relecture des épreuves corrigées. Qu'est-ce qui se produit, en soi, quand un ou une inconnu.e vous fait soudain des dizaines de remarques, vous pose des questions parfois inattendues, ne comprend pas telle ou telle expression ? Les épreuves corrigées, ce n'est pas seulement une version "décoquillée" de son texte, oh non, ce serait trop simple. C'est un espace nouveau, un dialogue à instaurer avec quelqu'un dont on ne sait pas s'il aime ou non ce qu'on a écrit mais qui, en professionnel, est là pour vous aider à l'améliorer. Dans cet épisode, je parle également de la réception du manuscrit par Claro, mon éditeur chez Inculte, parce que nous en étions restés, il y a quelques mois, à ce questionnement : le manuscrit allait-il être accepté ? (Bon, a posteriori, le suspense n'est pas insoutenable, mais enfin, ce fut aventureux !) Une précision : les éditions Inculte ont été rachetées par Actes Sud en 2015 sous le nom exact de Inculte / Dernière marge. L'écrivain et traducteur Claro en est le directeur éditorial. Le reste (contrat, maquette, corrections, couverture, diffusion, distribution...) est pris en charge par les éditions Actes Sud, raison pour laquelle je cite souvent ce groupe dans mon épisode. Lectures Extraits de Les Artistes ont-ils vraiment le droit de manger ?, Collectif, éditions Monstrograph, en téléchargement gratuit ici, tout comme les autres livres de la maison. Extrait de la lecture audio intégrale du Chef d'oeuvre inconnu, d'Honoré de Balzac, par François Bon, que vous pouvez retrouver ici par exemple. Musiques La musique du générique, tout comme celle qui ponctue mes instants de panique et de tergiversation, est de Jean-Marc Montera, guitariste bruitiste qui a contribué au site Bruits. L'extrait de la Chanson d'un jour d'été est tiré du film Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (Je ne l'avais pas encore cité en deux ans de podcast, incroyable !) Et c'est Demy qu'on entend lancer le tournage d'une scène. Bruitages Toujours issus de la Sonothèque et la BBC, que je remercie. La photo a été prise par mes soins au Centre Georges Pompidou peu de temps avant sa fermeture, au niveau de l'ancienne BPI.

    37 min
  3. En résidence à l'Arc de Triomphe, avec Maud Thiria

    11/26/2025

    En résidence à l'Arc de Triomphe, avec Maud Thiria

    Quelle drôle d'idée, pour parler résidence d'écriture, que de choisir le lieu le moins intuitif qui soit. L'Arc de Triomphe accueillerait des poètes, vraiment ? Victor Hugo ne serait pas le seul à pouvoir être associé au monument ? Tout a commencé, l'an dernier, par l'accueil d'une première poétesse, Gabrielle Althen, durant un mois, commande de texte à l'appui, opération renouvelée depuis. On ne peut pas dire que l'information soit immédiatement visible sur le site officiel. Vous pouvez la trouver ici, néanmoins, sous la rubrique "insolite" - eh oui. Je l'avais, de mon côté, complètement oubliée, quand j'ai vu, cette année, surgir le nom de Maud Thiria. Maud est déjà apparue brièvement dans le quatrième épisode de ce podcast, "Au Marché de la poésie". Elle y parlait alors vieilles pierres, falaises, blockhaus, Normandie, obsessions qu'elle évoque également ici avec humour. Ce que je n'ai pas eu la place de raconter, dans l'épisode : le fait que nous nous soyons retrouvées, après cet entretien, quasiment seules dans le bâtiment, évacué par surprise pendant que nous discutions dans la salle qui lui servait de bureau, pour un hommage annuel rendu aux pompiers de Paris - les agents d'accueil eux-mêmes n'étaient pas au courant de l'arrivée du ministre de l'Intérieur. Durant quelques instants, nous avons déambulé sur la terrasse déserte, au soleil, la ville à nos pieds, événement inattendu que je n'ai pas enregistré mais qui nous a bien amusées. Pour réaliser cet épisode, outre l'entretien mené avec Maud Thiria dans son bureau, (soufflerie incluse, impossible de faire autrement, désolée...), qui a également lu un extrait d'un de ses textes, Blockhaus, j'ai utilisé : un reportage de 1979 où l'on entend Philippe Gildas, sur Antenne 2, évoquer l'histoire de l'Arc de Triomphe un reportage de France 24 sur l'empaquetage de l'Arc par Christo et Jeanne-Claude en 2021 une interprétation de Falaise au ventre par les étudiants du SUC (Service Université Culture) de la faculté de Lettres Clermont-Ferrand (où, hasard, j'ai tourné "Avoir 20 ans et vouloir devenir écrivain"), enregistrement monté par Marie-Sylviane Buzin. Maud n'avait jamais entendu cette lecture, ce fut l'occasion de la lui faire découvrir. Un passage d'une vidéo de France Culture sur la naissance du MLF à l'Arc de Triomphe Une lecture que j'ai faite de Des errantes pour la rubrique L'aiR Lu de L'aiR Nu Je hurle mais tu ne m'entends pas, lecture pour les femmes afghanes a été organisée à la Maison de la poésie par Maud Thiria, avec le concourt de Séverine Daucourt, en 2021. Bruitages : la Sonothèque et moi-même. Générique : Jean-Marc Montera

    29 min
  4. Le projet Jacqueline

    10/29/2025

    Le projet Jacqueline

    (Où il est question d'une vie de quartier, de sa mémoire, de ce qu'on dit ou non, de ce qui est en train disparaître et qu'on retient encore.) Bonjour à toutes et à tous, Et merci de continuer à me soutenir sur Patreon ! Voici un épisode un peu plus long que d'habitude, mais que je n'ai pu réduire davantage, tant il contient d'éléments qui m'intéressent, et que j'espère faire entendre lors de futurs projets menés par L'aiR Nu. Vous allez y découvrir Jacqueline Hézon, qui fut ma voisine du 4e étage. Jacqueline était, pour reprendre une expression souvent utilisée par Thomas Clerc dans Paris, Musée du XXIe siècle, une "figure locale" du quartier Bolivar, près des Buttes-Chaumont, lieu où elle a grandi et qu'elle n'a jamais vraiment quitté. A un moment, elle raconte qu'elle a vécu, lorsqu'elle travaillait à l'hôpital Bichat, dans les 17e et 18e arrondissements, mais, comme vous l'entendrez, elle revenait tout de même quotidiennement dans ce quartier du 19e que nous avons partagé - raison pour laquelle, au demeurant, elle n'a jamais passé le concours d'infirmière et n'a donc jamais gagné sa vie comme elle l'aurait pu. J'ai monté cet épisode en utilisant une version de travail que j'ai retrouvée, qui devait servir de point d'appui pour un projet de L'aiR Nu. Je n'ai pas cherché à la transformer (ma voix est lointaine quand je pose les questions, par exemple) mais je n'ai évidemment sélectionné que certains passages. De la trentaine de minutes "d'épuisement de l'avenue Simon Bolivar" évoquée à un moment dans l'épisode, j'espère tout de même faire quelque chose prochainement. Qui dit épuisement d'un lieu dit Georges Perec, bien sûr. De fait, tous les extraits de textes lus sont tirés du chapitre "Le quartier" d'Espaces d'espaces. J'évoque par ailleurs La Femme au petit renard de Violette Leduc. Les extraits musicaux, eux, sont tirés des films L'Homme de Rio de Philippe de Broca (1964) (bande originale de Georges Delerue) et de L'Eté en pente douce de Gérard Krawczyk (1987) (bande originale de Roland Vincent). Quant à la musique du générique, elle est toujours de Jean-Marc Montera. Les bruitages sont issus de la Sonothèque, de la BBC et de ma petite collection personnelle. Bonne écoute !

    32 min
  5. Oloé minuscule : comment écrire dans un tout petit espace, avec Antonin Crenn

    09/25/2025

    Oloé minuscule : comment écrire dans un tout petit espace, avec Antonin Crenn

    C’est avec grand plaisir que je vous invite à découvrir le très petit oloé (ou "chambre à soi") d’Antonin Crenn, auteur dont j’avais déjà un peu parlé dans l’épisode 23 tourné au Festival du livre de Paris. Plaisir, oui, car j’ai été très contente d’avoir, avec lui, une conversation qui a largement débordé celle de ce podcast, mais dont j’ai gardé, je crois, l’essence : ce que le lieu fait à l’écriture. J’ai enregistré Antonin la veille d’apprendre que j’allais perdre mon propre espace de vie et de travail, mon bail n’étant pas renouvelé — ce que je savais en effectuant le montage, par contre. Sur le moment, j’ai eu peur que cette nouvelle ne parasite l’épisode, et puis non. La sortie de ce 24e épisode signe les deux ans de ma page Patreon, aventure qui est devenue importante, pour moi. Un immense merci à celles et ceux qui continuent de me soutenir et même, maintenant, s’impliquent dans mes projets in situ. Je vous en suis très reconnaissante. (Si ce n’est pas encore le cas, rejoignez-nous, bien sûr !) Dans cet épisode, vous entendrez : le début de L’Épaisseur du trait, roman d’Antonin Crenn paru chez publie.net Un extrait de Pas un ange, mais quasi, recueil des textes qu’Antonin Crenn a fait paraître sur son site à l’automne et l’hiver 2023-2024, selon un procédé d’édition original qui vaudra bien que je l’interroge à nouveau, un de ces jours Un extrait d’un texte inédit, Étant donné une chambre, lu par l’auteur Enfin, il est mention, à un moment, de Rue des batailles, roman à paraître chez Actes sud, dont on attend la date de parution avec impatience. La musique est toujours de Jean-Marc Montera et les bruitages, soit de moi, soit de la Sonothèque. Merci encore à Antonin de m’avoir reçue chez lui. (Photo de Sophie Loubaton prise à la médiathèque de Villetaneuse avec le bureau dont il est question dans l’épisode.)

    26 min
  6. En signature au Salon du livre

    07/27/2025

    En signature au Salon du livre

    Les épisodes de ce podcast se succèdent sans se suivre nécessairement, à première écoute... Le mois dernier, j'évoquais le fait d'envoyer son manuscrit en lecture, et nous voilà déjà en dédicace au Salon du livre (pardon, au Festival du livre de Paris) sous la verrière du Grand Palais ! Pourquoi ? C'est tout simple : les temporalités des ouvrages se croisent. Ainsi ai-je écrit Lier les lieux, élargir l'espace (tout comme La Boucle impossible, d'ailleurs, et d'autres avant eux) alors que j'avais déjà entamé Bruits depuis un moment. Du Grand Palais, vous l'entendrez, il sera plus d'une fois question. Une fois repérée, je me suis amusée au montage avec cette petite fixette que je fais sur ce lieu, en allant chercher, pour en prendre des extraits : un reportage de l'ORTF sur les travaux au Grand Palais en 1966 une présentation de (E)motions, installation cinématographique de Wim Wenders qui a eu lieu en 2019 mais aussi un reel Instagram de Blast sur la manifestation menée par des éditeurs indépendants, qui souhaitent "déborder Bolloré" Extraits lus de : L'Incendie du Hilton, de François Bon, paru en 2009 chez Albin-Michel (le salon du livre dont il est alors question est celui de Montréal) Trajet Perec, de Thierry Bodin-Hullin, par l'auteur sur son stand (merci à lui !) je lis également un extrait du tract présent sur la page d'accueil du site Déborder Bolloré La musique est toujours de Jean-Marc Montera et les bruitages de la Sonothèque. Bonne écoute !

    25 min
  7. La chercheuse de décors

    06/04/2025

    La chercheuse de décors

    Bienvenue dans une vie d'aventure ! Difficile d'en rester strictement aux 25 minutes que je propose, d'habitude, pour Faites entrer l'écriture , tant ce que m'a raconté Martine, ma voisine et ancienne repéreuse de décors de cinéma, m'a paru dense (attention : immersion !). Comment choisit-on un décor pour une scène de film, en suivant quels critères, en frappant à quelles portes ? Qu'est-ce que c'est que ce drôle de métier, "repéreur" ? Comment y arrive-t-on ? Ce sont quelques unes des questions que je lui ai posées, réalisant par cela un souhait que j'avais formé dès le départ, quand j'ai entamé cette série de podcasts : "parler écriture", bien sûr, mais également creuser certaines thématiques à l'oeuvre dans mes livres. La question du décor en fait partie, c'est pourquoi, en clin d'oeil à Décor Daguerre, on peut entendre un très court extrait des Plages d'Agnès, d'Agnès Varda, et une petite lecture de Décor Lafayette (début du chapitre consacré au quartier Louis Blanc), livre épuisé, précédemment publié chez Inculte. Cela posé, sachez qu'apparaissent également dans cet épisode des passages des bandes-annonces de Amour, de Michael Haneke et du Roi des Aulnes, de Volker Schlöndorff, ainsi des extraits musicaux de In the Mood for Love, de Wong Kar-wai.   Je lis également le début de Un livre blanc, de Philippe Vasset, paru chez Fayard. (La photo a été prise par Martine rue Lafayette, bien sûr.)

    29 min

About

25 minutes chaque 25 du mois pour "parler écriture" à partir de mon expérience d'écrivaine publiée depuis quinze ans et d'animatrice d'ateliers d'écriture. Les épisodes sont créés, au départ, pour mes abonnés Patreon (https://www.patreon.com/AnneSavelli). Ils passent en public au bout de trois mois.