Psychiatrie Internationale

Dr Michaël Sikorav

Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre www.psychiatrieinternationale.com

  1. 5d ago

    Hors AMM chez l’enfant : quand les familles sont bloquées

    Je reviens sur la prescription hors AMM chez l’enfant et l’adolescent avec l’association Bicycle. Les questions partent des difficultés rencontrées par les familles autour des troubles de l’humeur et de la bipolarité : qu’est-ce qu’il y a derrière l’autorisation de mise sur le marché, et comment se situer quand la prise en charge est bloquée par des considérations administratives ? Diagnostic et traitements : les questions des familles On aborde les questions du diagnostic, des effets indésirables et la place de la pharmacologie chez les mineurs. Lithium, neuroleptiques et antidépresseurs peuvent s’utiliser dans cette population, avec des spécificités qui ne doivent pas être ignorées. Je précise ici et dans l’entretien que je ne fais pas de pédopsychiatrie. Je réponds à partir de ma pratique, avec un biais de sélection évident : les patients qui viennent me voir sont en situation d’échec thérapeutique, souvent depuis longtemps. Dans ce contexte, le doute a plus de place que la certitude. Recommandations et continuité des soins On termine avec les problématiques autour des recommandations, de la formation médicale continue et la peur des sanctions qui en découlent. Les familles demandent comment garder un suivi quand on est arrivé au bout des options « conventionnelles ». À lire aussi – hors AMM et bipolarité chez l’enfant * Hors AMM en pédopsychiatrie : risques et traitements * Bipolarité chez l’enfant : TDAH, diagnostic et lithium Points de vigilance scientifique Je reste derrière ma formulation sur le Tercian. Il existe au moins un essai randomisé publié sur la cyamémazine dans le sevrage alcoolique... chez les adultes. Cet essai ne porte pas sur le traitement du trouble bipolaire de l’enfant. Pour l’AMM, j’ai aussi trop simplifié le circuit. En procédure centralisée, l’EMA évalue le dossier et la Commission européenne accorde ou refuse l’autorisation. En France, la HAS évalue notamment l’intérêt clinique en vue du remboursement ; elle ne délivre pas l’AMM. En théorie, l’autorisation repose sur l’évaluation du bénéfice/risques pas seulement sur le décompte de deux études positives. Les résultats négatifs doivent aussi être transmis. La FDA est probablement un peu plus laxe que ses équivalents européens. Sources scientifiques – hors AMM et bipolarité chez l’enfant * Bipolar disorder: assessment and management – Trouble bipolaire : évaluation et prise en chargeNICE, CG185, 2014, recommandations en ligne consultées en 2026. Le diagnostic chez les jeunes repose sur un suivi longitudinal spécialisé avec les parents. Ce sont des recommandations britanniques qui ne définissent pas les AMM françaises. * Lithium in the Acute Treatment of Bipolar I Disorder: A Double-Blind, Placebo-Controlled Study – Lithium dans le traitement aigu du trouble bipolaire de type I : essai en double aveugle contre placeboPediatrics, 2015. Chez 81 jeunes de 7 à 17 ans présentant un épisode maniaque ou mixte, le lithium réduit davantage les symptômes maniaques que le placebo sur huit semaines. Petit effectif, suivi court et cet essai ne prouve pas un bénéfice pour toute forme d’irritabilité, ni pour le traitement au long cours. * A randomized controlled trial of risperidone, lithium, or divalproex sodium for initial treatment of bipolar I disorder, manic or mixed phase, in children and adolescents – Essai randomisé comparant rispéridone, lithium et divalproate dans le traitement initial des épisodes maniaques ou mixtes du trouble bipolaire de type I chez les jeunesArchives of General Psychiatry, 2012. Dans TEAM, 279 jeunes de 6 à 15 ans sont suivis huit semaines : la réponse est plus fréquente sous rispéridone qu’avec les autres molécules – avec davantage de prise de poids et d’élévation de la prolactine. Un papier classique qui a ses problèmes : la population est très sélectionnée et il n’y a pas de placebo (entre autres). * Systematic Review and Network Meta-Analysis: Efficacy and Safety of Antipsychotics vs Antiepileptics or Lithium for Acute Mania in Children and Adolescents – Revue systématique et méta-analyse en réseau : efficacité et tolérance des antipsychotiques comparés aux antiépileptiques ou au lithium dans la manie aiguë des jeunesJournal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 2025, mise en ligne en 2024. Dix-huit essais, 2 844 participants, durée moyenne de 5,4 semaines : les antipsychotiques de deuxième génération sont globalement plus efficaces sur la phase maniaque mais exposent aux effets secondaires qu’on connaît bien. Ces résultats ne donnent pas d’indication pour le traitement au long cours. * Double-blind study of cyamemazine and diazepam in the alcohol withdrawal syndrome – Étude en double aveugle de la cyamémazine et du diazépam dans le syndrome de sevrage alcooliqueHuman Psychopharmacology, 2005. Essai randomisé chez 89 patients alcoolodépendants déjà cité. * Les prescriptions et délivrances hors AMM à l’officineOrdre national des pharmaciens, mise à jour du 29 janvier 2026. Rappel du cadre français : en dehors d’un cadre de prescription compassionnelle, absence d’alternative médicamenteuse appropriée disposant d’une AMM, recours jugé indispensable au regard des connaissances médicales avérées, information du patient et motivation au dossier. Une prescription hors AMM n’est pas une prescription sans cadre. * Frequently asked questions – Questions fréquentes sur l’Agence européenne des médicamentsAgence européenne des médicaments, page institutionnelle consultée en 2026. En procédure centralisée, l’EMA évalue les médicaments et la Commission européenne décide de l’autorisation. D’autres procédures d’AMM existent : ce circuit ne s’applique pas à tous les médicaments. * Médicaments : une évaluation rigoureuse et scientifique par la HASHaute Autorité de santé, 2018. Explique le service médical rendu et l’amélioration du service médical rendu, utilisés pour le remboursement et la négociation du prix. Cette évaluation est distincte de l’AMM. * Points to consider on application with 1. meta-analyses; 2. one pivotal study – Points à considérer pour une demande fondée sur des méta-analyses ou sur une seule étude pivotEMA/CPMP, 2001. Document méthodologique expliquant qu’il n’existe pas d’exigence formelle universelle de deux études pivots et précisant les conditions d’un dossier fondé sur une seule étude, qui nuance mon propos. This is a public episode. 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  2. Oct 19

    Vivre en couple avec un trouble bipolaire

    Comment vivre en couple avec un bipolaire ? Clara, ma femme (qui est aussi psychiatre) répond aux questions sur notre rencontre, les périodes difficiles et ce qu’on a appris à faire à deux. Notre histoire était semée d’embûches, mais cette relation est ce qui m’est arrivé de mieux. Repérer les rechutes sans voir la maladie partout Sommeil, irritabilité, achats inhabituels : Clara nous donne les signes d’alerte sur mon état – qu’elle remarque parfois avant moi. Elle revient aussi sur les phases dépressives, les limites de mon avis sur la question et la place du conjoint dans le suivi ; que ce soit lors des consultations ou de façon plus large. Si le conjoint n’est pas inclus, il n’y a pas de salut (à mon avis). Poser des limites en gardant une vie de couple Malheureusement, les médicaments ne règlent pas toutes les difficultés d’un couple. On aborde aussi la question du TDAH, des oublis, des tâches à la maison (ménagères ou administratives), des enfants et des limites sur lesquelles on s’est mis d’accord. La DBT (thérapie dialectique et comportementale, voir ma prochaine formation sur le sujet) nous a aidés à mieux traverser certains désaccords, sans supprimer tous les problèmes – ni faire de notre fonctionnement une recette miracle pour les autres. Mais notre vie est très différente depuis la DBT. À lire aussi – Trouble bipolaire et vie de couple * Ma femme psychiatre peut-elle suivre ma bipolarité ? * Trouble bipolaire : diagnostic, symptômes et traitements Sources scientifiques – Trouble bipolaire et vie de couple * Experiences of informal caregivers supporting individuals diagnosed with bipolar disorder: a systematic review and thematic synthesis – Expériences des proches aidant une personne atteinte de trouble bipolaireInternational Journal of Bipolar Disorders, 2025. Quatorze articles qualitatifs décrivent les besoins et difficultés des proches ; ils ne donnent pas un pronostic universel de couple. * Psychological interventions for caregivers of people with bipolar disorder: A systematic review and meta-analysis – Interventions psychologiques pour les aidants de personnes atteintes de trouble bipolaireJournal of Affective Disorders, 2018. Un bénéfice à court terme sur le fardeau est possible ; les études sont petites, hétérogènes et le maintien de cet effet reste incertain. * Risk of mental illness in offspring of parents with schizophrenia, bipolar disorder, and major depressive disorder: a meta-analysis of family high-risk studies – Risque de troubles psychiatriques chez les enfants de parents atteints de troubles psychiatriques sévèresSchizophrenia Bulletin, 2014. Le risque familial est augmenté et dépasse le seul diagnostic parental. La statistique ne s’applique pas à l’individu, comme on dit. * Creativity in bipolar disorder: a systematic review – Créativité dans le trouble bipolaireTrends in Psychiatry and Psychotherapy, 2022. Cette revue me donne raison et ne confirme pas une créativité supérieure chez les malades. Comme d’habitude, les mesures et les plans d’étude sont hétérogènes. Mais il n’y a pas un papier qui me fera changer d’avis : la maladie prend parfois sans donner en retour. * The long-term course of cognition in bipolar disorder: a systematic review and meta-analysis of patient-control differences in test-score changes – Évolution cognitive à long terme dans le trouble bipolairePsychological Medicine, 2022. Les comparaisons longitudinales ne mettent pas en évidence de déclin qui serait présent de façon systématique, mais ça n’exclut pas des sous-groupes à risque. * A systematic review on the effectiveness of dialectical behavior therapy for improving mood symptoms in bipolar disorders – Efficacité de la thérapie comportementale dialectique sur les symptômes thymiques du trouble bipolaireInternational Journal of Bipolar Disorders, 2023. Comme d’habitude avec les psychothérapies, rien de très concluant ne sort de cette méta-analyse. * Dialectical Behavior Therapy for Adolescents With Bipolar Disorder: A Randomized Clinical Trial – Thérapie comportementale dialectique chez les adolescents atteints de trouble bipolaireJAMA Psychiatry, 2024. Un essai randomisé qui soutient un bénéfice sur les tentatives de suicide chez les adolescents. C’est toujours bon à prendre. * Mortality Among US Physicians and Other Health Care Workers – Mortalité des médecins et des autres professionnels de santé aux États-UnisJAMA Internal Medicine, 2025. Hah ! J’avais raison. Ne dites pas ça à Clara : l’étude observe une mortalité plus faible chez les médecins. * The Manic Idea Creator? A Review and Meta-Analysis of the Relationship between Bipolar Disorder and Creative Cognitive Potential – Trouble bipolaire et potentiel de pensée créativeInternational Journal of Environmental Research and Public Health, 2023. Treize études, 1 857 participants : association globale très faible avec la pensée divergente (d = 0,11) ; états cliniques, mesures hétérogènes, papier catastrophique à mon avis. * Cognitive Decline and Illness Progression in Bipolar Disorder – Déclin cognitif et progression du trouble bipolaireAdvances in Therapy, 2026. Autre papier sur la cognition. Les associations entre la gravité de la maladie et la cognition sont plus visibles en transversal ; plusieurs suivis ne montrent pas de déclin relatif aux témoins. Résultats mixtes, sans prédiction individuelle, on n’est pas plus avancés. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  3. Oct 15

    TDAH, Ritaline et amphétamines : pourquoi garder le doute

    Dans cet entretien, je parle du TDAH, de son diagnostic et de ses traitements. Ritaline, Concerta, amphétamines : qu’est-ce qui change entre ces médicaments ? Et qu’est-ce qu’une amélioration sous traitement permet vraiment de conclure ? Comment poser un diagnostic de TDAH ? On part de situations concrètes : l’attention, l’impulsivité, l’inhibition et les difficultés du quotidien. Je discute les questionnaires de dépistage, les diagnostics qui peuvent se ressembler et la place que prend parfois l’étiquette TDAH dans la façon de raconter sa vie. Ritaline, Concerta et amphétamines : effets et incertitudes On compare les formes de méthylphénidate et la lisdexamphétamine, puis on parle de l’efficacité, de la durée d’action et des risques des psychostimulants. Je raconte aussi mon expérience personnelle. Les points qui demandent une nuance scientifique sont repris séparément plus bas. Au programme du podcast 00:00 – Présentation et liens personnels avec les traitements 01:20 – Qu’est-ce que le TDAH ? Attention, inhibition et fonctions exécutives 06:20 – Comment mon TDAH se manifeste au quotidien 08:01 – Où placer la limite entre personnalité et trouble ? 10:14 – Une amélioration sous Ritaline confirme-t-elle le diagnostic ? 14:31 – Surdiagnostic ou meilleur repérage du TDAH ? 15:59 – Diagnostic, identité et neurodivergence 20:48 – Comment discuter un diagnostic incertain ? 23:39 – Efficacité des traitements : qui évalue et sur quelle durée ? 25:12 – Ritaline, Concerta, Medikinet et Quasym : quelles différences ? 26:38 – Le méthylphénidate est-il une amphétamine ? 27:34 – Xurta et lisdexamphétamine : de quoi parle-t-on ? 32:24 – Que peut-on conclure d’un questionnaire ASRS ? 33:40 – Quels diagnostics rechercher avant de prescrire ? 38:17 – Introduction du traitement et durée de l’effet 44:24 – TDAH, responsabilité et explications de nos difficultés 50:14 – Franc-parler, tempérament et communication médicale 59:18 – Garder le doute sur le diagnostic et le traitement Pour poursuivre sur le blog Retrouvez les articles du dossier TDAH : diagnostic, Ritaline et autres traitements, ainsi que l’article consacré à la bipolarité chez l’enfant et à sa confusion possible avec le TDAH. Point de vigilance scientifique Le ton de l’entretien est volontairement direct. Plusieurs formulations méritent d’être précisées. Ces réserves complètent l’échange ; elles ne sont pas des corrections ajoutées à la transcription. Un questionnaire ne suffit pas à poser le diagnostic. Le bilan clinique recommandé porte notamment sur l’histoire développementale, le retentissement et les autres troubles possibles. Une réponse favorable au méthylphénidate ne remplace pas ce bilan. L’étude souvent citée sur les faux positifs de l’ASRS estime une valeur prédictive positive d’environ 11,5 % dans deux échantillons de population générale, à partir d’une prévalence supposée. Elle n’établit pas que 95 % des résultats positifs sont faux dans toutes les consultations. Un résultat négatif ne permet pas non plus d’exclure le TDAH avec certitude. Dire qu’on ne sait rien de l’efficacité des traitements serait excessif. La méta-analyse de 113 essais chez l’adulte retrouve un bénéfice à court terme des stimulants et de l’atomoxétine sur les symptômes. Les résultats dépendent des critères et des évaluateurs. Les données sur la qualité de vie et sur les effets prolongés restent plus limitées. Les risques cardiovasculaires ne se résument ni à une innocuité démontrée, ni à un infarctus prévisible chez une personne. Une étude suédoise sur l’exposition prolongée retrouve une association avec certaines maladies cardiovasculaires, surtout l’hypertension et les maladies artérielles. Son caractère observationnel limite l’interprétation causale. La méta-analyse de 2022, présentée plus bas, ne retrouvait pas d’augmentation statistiquement significative du risque global, sans pouvoir exclure une augmentation modeste. Le risque psychiatrique dépend du contexte. Une cohorte d’adolescents et de jeunes adultes retrouve davantage d’épisodes psychotiques sous amphétamines que sous méthylphénidate. Chez les adultes ayant un trouble bipolaire, l’étude suédoise de 2017 appelle à la prudence avec le méthylphénidate sans thymorégulateur. Ces résultats ne démontrent pas que le traitement multiplie par dix l’aggravation progressive d’une bipolarité chez l’enfant. La réplication française de 2026, citée plus bas, montre aussi les limites de ces comparaisons observationnelles. L’absence de test biologique utilisable pour un diagnostic individuel ne signifie pas l’absence de résultats biologiques. La méga-analyse ENIGMA observe de petites différences moyennes de volumes cérébraux, surtout chez l’enfant. Ces différences de groupe ne permettent pas de classer une personne comme TDAH ou non TDAH à partir d’une IRM. Xurta contient de la lisdexamphétamine, un précurseur de la dexamphétamine. Ce n’est pas de la méthamphétamine. Le résumé officiel des caractéristiques du produit précise les indications, la surveillance et les précautions. Les prix et conditions de prise en charge évoqués à l’oral dépendent de la date de l’enregistrement. Les exemples de doses et de rythmes de prise dans cet entretien ne constituent pas une prescription à reproduire. La phrase selon laquelle le méthylphénidate ne fonctionnerait pas chez une personne consommant du cannabis est trop générale. Une synthèse des données et controverses du TDAH adulte rappelle la complexité des comorbidités et de leur traitement. La consommation de substances doit être évaluée, sans en déduire une inefficacité systématique. Le passage sur Parkinson est un raisonnement personnel, pas une estimation du risque sous quétiapine. Une revue sur le parkinsonisme médicamenteux distingue ce syndrome de la maladie de Parkinson et souligne les différences entre antipsychotiques. Le chiffre d’« une chance sur deux » cité dans l’échange est hypothétique. Enfin, les différences moyennes de personnalité entre femmes et hommes ne permettent pas de prédire le fonctionnement d’une personne ni son rapport au diagnostic. Une méta-analyse des différences de personnalité ne valide pas, à elle seule, le lien avancé entre névrosisme et adhésion à un diagnostic. La valeur précise de 0,41 évoquée dans l’entretien n’est pas rattachée ici à une source identifiée. Sources scientifiques – pour aller plus loin Risk of Cardiovascular Diseases Associated With Medications Used in Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: A Systematic Review and Meta-analysis – Risque de maladies cardiovasculaires associé aux médicaments utilisés dans le TDAH : revue systématique et méta-analyseJAMA Network Open, 2022. Pas d’augmentation statistiquement significative du risque global dans cette synthèse observationnelle. L’hétérogénéité et le recul souvent court ne permettent pas d’écarter certains risques. Methylphenidate and manic relapse in bipolar disorders: A replication study in a nationwide claims database – Méthylphénidate et rechute maniaque dans les troubles bipolaires : une réplication à partir d’une base nationale de remboursementJournal of Psychopharmacology, 2026. Réplication française : les résultats varient selon la dose, le thymorégulateur et la méthode. Le signal sans thymorégulateur disparaît dans l’analyse case-crossover, ce qui limite les conclusions causales. ADHD drug treatment and risk of suicidal behaviours, substance misuse, accidental injuries, transport accidents, and criminality: emulation of target trials – Traitement médicamenteux du TDAH et risques de comportements suicidaires, mésusage de substances, blessures, accidents de transport et criminalité : émulation d’essais ciblesBMJ, 2025. Associations favorables sur plusieurs événements à deux ans, sans réduction significative des premières blessures accidentelles. Une émulation d’essai reste observationnelle : sélection et facteurs de confusion résiduels sont possibles. Comparative efficacy and tolerability of medications for attention-deficit hyperactivity disorder in children, adolescents, and adults: a systematic review and network meta-analysis – Efficacité et tolérance comparées des médicaments du TDAH chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte : revue systématique et méta-analyse en réseauThe Lancet Psychiatry, 2018. Comparaison utile des traitements à court terme selon l’âge. Les résultats ne constituent pas une hiérarchie universelle valable pour chaque patient ni une preuve de sécurité à long terme. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

    TDAH, Ritaline et amphétamines : pourquoi garder le doute
  4. Oct 9

    Les effets indésirables de la psychothérapie

    La psychothérapie peut aider. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est toujours nécessaire, ni qu’elle est sans risque. Dans cette vidéo, je discute ses effets indésirables possibles et la place qu’on lui donne aujourd’hui. Psychothérapie, validation et changement de comportement Est-ce qu’une thérapie vous aide à changer, ou est-ce qu’elle ne fait que vous donner raison ? Je parle de validation, de responsabilité et de névrosisme, à partir de situations cliniques et de mon expérience. Ce sont des observations à discuter, pas une démonstration que toutes les thérapies se valent ou font du mal. Mais c’est une position qu’on n’entend pas ailleurs, et j’ai du mal à savoir pourquoi. Quand la thérapie prétend améliorer tout le monde sans aucun effet secondaire, alors elle rejoint le rang des produits miracles vendus par les charlatans. Autodiagnostic, dépistage et limites des soins Je reviens aussi sur les diagnostics diffusés sur les réseaux sociaux, le dépistage des idées suicidaires et ses enjeux, et l’effort qui est fait pour supprimer le concept de symptômes fonctionnels. Avec une question qui traverse toute la vidéo : quand est-ce qu’intervenir aide, et quand est-ce qu’on risque d’entretenir le problème – ou d’en déclencher de nouveaux ? À lire aussi – psychothérapie et pratique clinique * Psychothérapie : soutenir sans intervenir à tout prix * Psychothérapie : ce que j’ai appris en thérapie Point de vigilance scientifique Les effets indésirables des psychothérapies existent, mais ils sont encore mal recueillis. Un événement observé pendant une thérapie n’est pas forcément causé par elle. Dans la dépression, les essais renseignant l’aggravation montrent plutôt une réduction de ce risque par rapport aux groupes témoins. Les données ne montrent pas que la psychothérapie augmente généralement le névrosisme. Elles montrent en moyenne une amélioration de la stabilité émotionnelle. Certaines interventions structurées ont aussi un intérêt préventif dans le trouble bipolaire, et des bénéfices dans le trouble borderline. Le problème, c’est que ces thérapies sont très différentes du gloubi-boulga qu’on voit en pratique. Consulter un psychologue ne prouve pas l’existence d’une maladie mentale. Les associations entre troubles mentaux et divorce ne permettent pas de prédire la durée d’un couple à partir du fait qu’une personne suit une thérapie – mais diffèrent d’un trouble à l’autre. Les études ont beaucoup de mal à capturer toutes les nuances de ces situations. Repérer davantage d’idées suicidaires ne démontre pas que le dépistage les provoque. Leur prédiction individuelle reste limitée, mais des interventions de prévention évaluées existent. ED-SAFE 2 teste un programme comprenant un plan de sécurité, pas le dépistage seul. L’étude sur le screening citée dans la vidéo est ici. La fibromyalgie et les symptômes fonctionnels sont réels. Ils ne doivent pas être assimilés à une maladie inventée ou à de la simulation. Les opioïdes forts ne sont pas recommandés dans la fibromyalgie, mais on en voit souvent en pratique. Les études sur les tics fonctionnels liés aux réseaux ne prouvent (évidemment) pas que tous les symptômes de ce type sont provoqués par Internet. Mais ils nous rappellent que la prudence est de mise et qu’on ne peut pas ignorer les phénomènes de contagion sociale. Le masking fait l’objet de recherches et de critiques méthodologiques. Les définitions et la validité des outils restent discutées. Certains diront que de le présenter comme un concept sans aucun sens scientifique va plus loin que ce que permettent les données. Je répondrai qu’une montagne de données fragiles ne suffit pas à valider un concept. Deux formulations de la vidéo doivent être précisées : la protection recherchée avec le méthylphénidate dans le trouble bipolaire concerne un thymorégulateur, pas un antidépresseur. Les hommes meurent davantage par suicide, mais les tentatives déclarées et hospitalisations pour gestes auto-infligés concernent plus souvent les femmes. Le choix d’un antidépresseur reste individualisé, y compris quand on souhaite éviter la paroxétine en première intention – mais il n’y a pas de situation où la paroxétine est une bonne idée dans ce contexte. Sources scientifiques – pour aller plus loin * Patient experience of negative effects of psychological treatment: results of a national survey – Expérience des effets négatifs des traitements psychologiques rapportée par les patients : résultats d’une enquête nationaleThe British Journal of Psychiatry, 2016. Sur 14 587 répondants, 5,2 % rapportent des effets négatifs durables. Enquête déclarative avec une forte non-réponse : ce chiffre ne mesure pas un risque causal universel. * Negative Effects of Psychological Treatments: An Exploratory Factor Analysis of the Negative Effects Questionnaire for Monitoring and Reporting Adverse and Unwanted Events – Effets négatifs des traitements psychologiques : analyse factorielle exploratoire du questionnaire de suivi des événements indésirables et non souhaitésPLOS ONE, 2016. Développement d’un questionnaire auprès de 653 participants qui explore les symptômes, la dépendance et la perte d’espoir avec les psychothérapies. * Assessment of suicidality in trials of psychological interventions for depression: a meta-analysis – Évaluation de la suicidalité dans les essais d’interventions psychologiques contre la dépression : méta-analyseThe Lancet Psychiatry, 2024. Seuls 45 des 469 essais examinés évaluent un indicateur suicidaire. Un petit bénéfice est observé après le traitement, sans résultat concluant au suivi. * Suicidal Ideation and Suicide Attempts After Direct or Indirect Psychotherapy: A Systematic Review and Meta-Analysis – Idées suicidaires et tentatives de suicide après une psychothérapie directe ou indirecte : revue systématique et méta-analyseJAMA Psychiatry, 2025 (en ligne en 2024). Cette synthèse de 147 essais trouve des bénéfices sur les idées suicidaires et les tentatives de suicide. Certains résultats perdent leur significativité après correction du biais de publication. Ce papier n’évalue pas le dépistage seul ni une baisse des décès par suicide. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  5. Oct 6

    Médicaments, psychothérapie et diagnostics

    On part d’une question simple : pourquoi parle-t-on si facilement des médicaments, et si peu de ce qui se passe dans la relation et en psychothérapie ? Dans ce live, on prend les questions comme elles viennent, sans faire semblant qu’une seule réponse marche pour tout le monde. Les médicaments ne règlent pas tout On parle de communication avec les proches, du choix d’un psychologue, et de ce qu’on attend concrètement d’une thérapie. On parle aussi des limites d’une approche centrée uniquement sur les molécules. Prescrire et diagnostiquer dans la vraie vie On passe ensuite aux psychotropes, à leurs effets indésirables, à la prise de poids sous quétiapine, puis au diagnostic du TDAH. Ce sont des questions cliniques, avec des décisions qui dépendent du contexte et de la personne. À lire aussi * Ce que j’ai appris en thérapie – Sur le travail relationnel que les médicaments ne remplacent pas. * Metformine et antipsychotiques : les études clés – Les essais et recommandations évoqués quand on parle de prise de poids. Point de vigilance scientifique Une psychothérapie peut s’accompagner d’effets indésirables, mais cela ne signifie pas qu’elle augmente globalement le risque d’aggravation : dans les essais sur la dépression, le risque de détérioration était plus faible que dans les groupes contrôles. La prise de poids sous quétiapine peut survenir à faible dose ; dire qu’elle est totalement indépendante de la dose va au-delà des données disponibles. La metformine a un effet moyen sur la prise de poids liée aux antipsychotiques, sans justifier une prescription systématique à partir de cette seule discussion. Sources scientifiques – psychothérapie et prise de poids sous antipsychotiques * Adverse events in psychotherapy randomized controlled trials: A systematic review – Événements indésirables dans les essais randomisés de psychothérapie : revue systématique.Les événements indésirables sont insuffisamment et inégalement mesurés. Leur lien causal avec la psychothérapie reste souvent incertain. * Negative effects of psychotherapies for adult depression: A meta-analysis of deterioration rates – Effets négatifs des psychothérapies de la dépression adulte : méta-analyse des taux de détérioration.La détérioration était moins fréquente sous psychothérapie que dans les groupes contrôles, même si peu d’essais la rapportaient. * Antipsychotic-Induced Weight Gain: Dose-Response Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials – Prise de poids induite par les antipsychotiques : méta-analyse dose-réponse des essais randomisés.Pour la quétiapine, la courbe estimée varie avec la dose entre 75 et 1 200 mg/j ; ces essais ne permettent pas de conclure spécifiquement pour 25 mg/j. * The Optimal Dosage and Duration of Metformin for Prevention and Treatment of Antipsychotic-Induced Weight Gain: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis – Dose et durée optimales de la metformine pour prévenir et traiter la prise de poids induite par les antipsychotiques : revue systématique et méta-analyse actualisée.La différence moyenne avec le placebo était d’environ 3,3 kg dans 20 essais ; les participants étudiés avaient une schizophrénie et un suivi limité. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  6. Sep 29

    Pourquoi la bipolarité de l’enfant passe pour un TDAH

    Des difficultés attentionnelles, une irritabilité, une hyperactivité motrice ou une dépression ne veulent pas forcément dire qu’on a affaire à un TDAH – ni à un trouble bipolaire. C’est vrai chez les mineurs comme chez les adultes. La vidéo s’attaque à un problème que les cliniciens voient tous les jours en pratique :Comment faire la part des choses entre trouble de l’humeur et TDAH sans transformer le doute en certitude, que ce soit d’un côté ou de l’autre ? L’importance de la trajectoire Les symptômes ne suffisent pas pour faire le diagnostic. Il on a plusieurs validateurs externes : la chronologie le caractère épisodique ou permanent des symptômes l’évolution longitudinale du sommeil et de l’énergie les antécédents familiaux le fonctionnement entre les épisodes Il y en a d’autres, mais cette dimension temporelle supplémentaire explique pourquoi deux tableaux proches à un instant donné peuvent terminer sur des décisions pratiques qui n’ont rien à voir. Traiter sans fabriquer une fausse certitude La question se complique quand on arrive à l’étape de la prescription. Fluoxétine, méthylphénidate, lithium, lamotrigine, quétiapine ou aripiprazole ne sont pas efficaces sur les épisodes de la même façon et ne reposent pas sur le même niveau de preuve – chez l’adulte non plus, d’ailleurs. La vidéo montre mon raisonnement, ses limites, ses dangers (car il y en a), et l’importance des parents quand le suivi compte autant que le choix initial. Le temps fait le diagnostic. À lire aussi – diagnostic différentiel et traitements TDAH ou bipolaire ? Comment faire le diagnostic TDAH et trouble bipolaire : traitement This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

    Pourquoi la bipolarité de l’enfant passe pour un TDAH
  7. Sep 27

    Une journée au cabinet

    Une journée au cabinet de psychiatrie, en vrac. Je raconte mes consultations de la journée, des choix de traitements et les questions du direct – de la grossesse et du tabac aux TOC, au TDAH, à la rTMS en passant par le post-partum. J’ai modifié les détails qui pourraient permettre d’identifier les patients. Si vous vous reconnaissez, ça n’est pas vous.Enfin, le rappel habituel : ce sont des situations cliniques discutées avec le grand public. Je ne prétends pas donner des règles générales ni des conseils individuels. Ce qui se joue en consultation Grossesse, tabac, alcool, TOC, TDAH, douleurs polymorphes : les comorbidités sont la règle, et les situations ne rentrent jamais dans une seule case. Je parle des patients que j’ai vus et des questions que ça me pose. Traitements et effets indésirables Je parle comme toujours des psychotropes – je reste avant tout un prescripteur. Ici, on discute de la varénicline, de la rispéridone, du lithium et de la venlafaxine. On parle aussi de surveillance, d’effets indésirables et de la difficulté de choisir quand on n’a pas d’études pour nous aider. Les questions du direct On termine avec la rTMS, l’allaitement, le post-partum et la NAC. Certaines réponses sont spontanées. Je garde les nuances et les vérifications scientifiques à part, ci-dessous, sans réécrire ce qui a été dit dans la vidéo. Abonnez-vous à Psychiatrie Internationale pour recevoir les articles gratuits. S’abonner à l’édition complète Vous lisez l’édition gratuite de Psychiatrie Internationale. Accédez aux articles, vidéos, discussions et lives réservés aux abonnés payants. Vous avez accès à l’édition complète de Psychiatrie Internationale. Merci pour votre confiance et votre soutien. N’oubliez pas la formation de thérapie comportementale dialectique le 19 novembre ! À lire aussi – lithium et rTMS * Lithium les erreurs d’une fiche destinée aux patients * Veille scientifique : rTMS, suicide et pharmacogénomique Point de vigilance scientifique Ma réserve sur la rTMS ne signifie pas qu’aucun essai ne trouve de bénéfice : une méta-analyse d’essais contrôlés contre stimulation simulée rapporte un effet dans certaines dépressions résistantes. Les protocoles et les patients étudiés varient énormément d’une étude à l’autre.L’analyse d’EAGLES ne montre pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques avec la varénicline chez les participants atteints de troubles psychiatriques ; elle porte surtout sur des patients cliniquement stables et n’aborde pas la question chez ceux qui ont un trouble actuel lié à l’usage de substances.À l’inverse, l’essai randomisé sur la NAC n’a pas montré de réduction globale de la consommation de cocaïne chez les personnes qui en consommaient encore et le signal chez les sujets déjà abstinents était exploratoire.Sur la dépression du post-partum, il faut distinguer le dépistage universel par questionnaire à seuil – que déconseille la recommandation canadienne – des ressources françaises qui présentent l’EPDS comme une aide au diagnostic ou à l’évaluation de la sévérité. Enfin, j’ai un biais personnel contre le dépistage de la dépression du post-partum si c’est pour ne rien faire derrière. J’en ai parlé dans mon bouquin. Littérature scientifique – varénicline, rTMS et N-acétylcystéine * Neuropsychiatric Safety and Efficacy of Varenicline, Bupropion, and Nicotine Patch in Smokers With Psychotic, Anxiety, and Mood Disorders in the EAGLES Trial – Sécurité neuropsychiatrique et efficacité de la varénicline, du bupropion et des patchs nicotiniques chez des fumeurs présentant des troubles psychotiques, anxieux ou de l’humeur dans l’essai EAGLES.Une analyse secondaire qui ne trouve pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques sous varénicline ou bupropion dans la cohorte psychiatrique. En pratique, c’est plus nuancé à mon avis – on en a déjà parlé. * Efficacy of repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) adjunctive therapy for major depressive disorder (MDD) after two antidepressant treatment failures: meta-analysis of randomized sham-controlled trials – Efficacité de la rTMS en traitement d’appoint de la dépression majeure après l’échec de deux antidépresseurs : méta-analyse d’essais randomisés contrôlés contre stimulation simulée.Plus de réponses et de rémissions avec la stimulation active. Ce résultat concerne les protocoles et les populations inclus ; ça ne dit rien sur l’ensemble des indications et les autres modalités de la rTMS. * A double-blind placebo-controlled trial of N-acetylcysteine in the treatment of cocaine dependence – Essai en double aveugle contrôlé contre placebo de la N-acétylcystéine dans la dépendance à la cocaïne.Le résultat principal est négatif chez les participants qui consommaient encore de la cocaïne. Le signal de prévention de la rechute chez les personnes déjà abstinentes provient d’un sous-groupe exploratoire ; autrement dit, ça pèse pas lourd. À lire aussi – abonnés payants : Effet placebo, sertraline et grossesse This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  8. Sep 24

    Dépression : généraliste contre psychiatre

    Un confrère généraliste est venu au cabinet. La question de départ est simple : comment présenter la dépression aux patients sans les noyer sous les informations ? Et comment choisir un traitement sans données pour se guider ? D’une explication simple à une vraie prescription On compare notre vision des antidépresseurs et des anxiolytiques. La discussion passe aussi par la sertraline, l’agomélatine, la paroxétine, le lithium et les benzodiazépines. Le désaccord porte surtout sur les effets indésirables, la façon d’expliquer les risques et le suivi. Savoir prescrire et orienter La seconde partie parle des limites concrètes. Quand adresser au psychiatre ? Que faire des recommandations qui ne parlent pas des patients devant nous ? Et que reste-t-il de l’expérience clinique quand les patients et les médecins interrogent l’IA avant la consultation ? Mes conseils aux généralistes On termine avec ce que je pense essentiel pour la prise en charge de la dépression en médecine générale. J’espère que ça sera bien pris. À lire aussi – antidépresseurs et décision clinique * Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer * Antidépresseurs et sevrage ce que l’on sait vraiment Point de vigilance scientifique Plusieurs phrases de la conversation sont volontairement tranchées. Elles ne doivent pas être lues comme des conclusions générales. Les antidépresseurs ont un bénéfice moyen supérieur au placebo chez l’adulte – un bénéfice modeste et hétérogène, mais qui est bien présent. Chez l’adolescent, les données sont plus fragiles, sans justifier la formule « aucun antidépresseur ne marche ». La paroxétine cumule des problèmes de tolérance et de sevrage, mais elle n’est pas la moins efficace. Littérature scientifique – antidépresseurs, sevrage et soins primaires * Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis – Efficacité et acceptabilité comparées de 21 antidépresseurs dans le traitement aigu du trouble dépressif majeur chez l’adulte : revue systématique et méta-analyse en réseau.Cette synthèse de 522 essais conclut que les 21 antidépresseurs étudiés font mieux que le placebo à court terme. Les différences moyennes entre molécules restent plus petites et la certitude va de modérée à très faible. Une méta-analyse qui a fait le tour du monde en étant très mal interprétée. * Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primaires.Dans ANTLER, la rechute à un an concernait 39 % du groupe maintien et 56 % du groupe arrêt. Les symptômes de sevrage compliquent l’interprétation des aggravations précoces. Une autre étude sur le sujet vient de sortir, c’est dans les articles en préparation. * Incidence of antidepressant discontinuation symptoms: a systematic review and meta-analysis – Incidence des symptômes d’arrêt des antidépresseurs : revue systématique et méta-analyse.En prenant en compte la part du placebo, les symptômes de sevrage attribuables à l’antidépresseur sont autour de 15 %, avec une hétérogénéité marquée et des formes sévères plus rares. * Restoring Study 329: efficacy and harms of paroxetine and imipramine in treatment of major depression in adolescence – Restauration de l’étude 329 : efficacité et risques de la paroxétine et de l’imipramine dans la dépression majeure de l’adolescent.La réanalyse des données ne retrouve pas d’avantage de la paroxétine ou de l’imipramine sur le placebo pour les critères préspécifiés et met en évidence des dommages sous-déclarés dans la publication initiale. Un papier classique. * A systematic review of agomelatine-induced liver injury – Revue systématique des atteintes hépatiques induites par l’agomélatine.L’agomélatine est associée à un signal hépatique supérieur au placebo et à plusieurs comparateurs. Son usage impose le calendrier de surveillance hépatique prévu dans le résumé des caractéristiques du produit. * Meta-Analysis of Placebo Response in Adult Antidepressant Trials – Méta-analyse de la réponse placebo dans les essais d’antidépresseurs chez l’adulte.Une grande partie de l’amélioration observée dans les bras actifs existe aussi dans les groupes placebo. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre www.psychiatrieinternationale.com

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