Je réponds à 24 questions laissées par les abonnés. On parle du TDAH, du trouble borderline, de bipolarité et de ce qui se passe quand un traitement aide, qu’il ne suffit pas ou qu’il devient difficile à supporter. * Quel neuroleptique peut-on associer au méthylphénidate ? * À quelles doses peut-on associer un neuroleptique et du méthylphénidate ? * Quel est votre avis sur l’iode en santé mentale ? * Traiter l’apnée du sommeil peut-il améliorer l’état mental ? * Quelle stratégie envisager pour une dépression chronique lorsque les ISRS n’améliorent pas la dysphorie et aggravent l’anhédonie ? * Quels signes surveiller chez un jeune adulte ayant des antécédents familiaux de trouble bipolaire ? * Où en sont les connaissances sur le trouble de la personnalité borderline ? * Quelles options thérapeutiques existent pour le trouble borderline ? * Comment la thérapie comportementale dialectique peut-elle aider ? * Peut-on regrouper les articles sur les statistiques dans un dossier accessible depuis la page d’accueil du blog ? * Ritaline ou Concerta : lequel choisir pour une patiente ayant un TDAH, sous quétiapine, avec une humeur stable ? * Quel est le risque de dyskinésie tardive avec quétiapine 200 mg et Tercian 25 mg ? * Faut-il craindre un allongement du QT avec une ordonnance associant tirzépatide, Seroplex, Concerta et Laroxyl ? * Cette ordonnance pose-t-elle d’autres problèmes que le risque d’allongement du QT ? * Le Tentin peut-il être une option lorsque les autres traitements du TDAH n’ont pas fonctionné ? * Quel est votre retour de terrain sur le Tentin ? * Par quoi remplacer la paroxétine en cas de bouche sèche et de prise de poids, avec de l’olanzapine et de la lamotrigine associées ? * Pourquoi vouloir calmer l’énergie et la créativité débordantes d’une personne ayant un trouble bipolaire de type 2 ? * Peut-on passer à 5 mg de paroxétine par jour en fractionnant le comprimé, si sa forme le permet ? * Pour réduire la paroxétine, vaut-il mieux prendre 10 mg un jour sur deux ou 5 mg tous les jours ? * Autour de la ménopause, faut-il envisager un traitement hormonal ou de l’escitalopram face à une anxiété persistante ? * Une décompensation après un sevrage brutal d’antidépresseurs indique-t-elle forcément une bipolarité, ou peut-elle être liée au traitement et à son arrêt ? * Comment expliquer un trouble panique après une baisse du lithium et la difficulté à remonter la dose ? * Quelles alternatives envisager lorsque le méthylphénidate provoque de l’anxiété et empêche d’atteindre une dose efficace ? À lire aussi – TDAH et trouble borderline * Ritaline : TDAH, troubles de l’humeur et suivi * Trouble borderline : pourquoi je conseille la thérapie dialectique Point de vigilance scientifique Tentin contient de la dexamphétamine. Concerta LP 18 mg contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate : l’enveloppe visible dans les selles ne ramène pas la dose à 15 mg pour tout le monde, c’est une approximation. Le méthylphénidate agit principalement sur la dopamine et la noradrénaline, pas comme un inhibiteur de la recapture de la sérotonine. L’ordonnance avec escitalopram et amitriptyline mérite une précision plus sérieuse. Le RCP de l’escitalopram contre-indique l’association avec les médicaments qui allongent le QT, dont les tricycliques. Le warning ne concerne normalement que le citalopram, mais la notice européenne a décidé d’étendre ça à l’escitalopram, sans aucune raison. La réponse orale ne doit donc pas être prise comme une validation de cette association, même avec un ECG normal. La fluvoxamine augmente aussi l’exposition à l’olanzapine ; le RCP prévoit une adaptation, pas une interdiction générale. Les psychothérapies du trouble borderline ont des résultats encourageants, mais leur certitude varie selon ce qu’on mesure. Une absence de différence nette entre thérapies ne prouve pas leur équivalence. Les données ne permettent pas non plus de dire que les soins psychiatriques généraux aggravent forcément le trouble de façon formelle. Un essai comparant mentalisation et prise en charge structurée montre une amélioration dans les deux groupes, avec des différences selon les critères. L’adversité pendant l’enfance est associée au trouble borderline. Cela ne permet pas de conclure que chaque personne a subi un traumatisme, ni que le traumatisme n’a aucun rôle causal. La méta-analyse seule ne tranche pas cette question, et ça va être difficile de le faire. Traiter une apnée du sommeil peut améliorer des symptômes dépressifs, sans effet systématique. Une synthèse trouve un effet moyen modeste ; deux essais contre traitement simulé ne retrouvent pas de bénéfice moyen à 12 semaines. Ce n’est pas un traitement universel de la dépression ou de l’anxiété. Les données sur psychostimulants et psychose dépendent de la population et du traitement associé. L’étude chez les 13–25 ans retrouve davantage de psychoses sous amphétamines que sous méthylphénidate. Une autre cohorte de personnes ayant un trouble psychotique, traitées aussi par antipsychotique, ne retrouve pas une hausse des hospitalisations. Ces observations ne démontrent ni une sécurité absolue ni l’intérêt d’ajouter un antipsychotique de routine. Il existe des options recommandées après une réponse insuffisante à un ISRS. L’arrêt de la paroxétine, de la venlafaxine ou du lithium demande aussi une stratégie individualisée. Le passage à 27:07 comporte une formulation contradictoire sur les prises un jour sur deux ; il ne faut pas l’utiliser comme protocole. La règle orale « jamais un jour sur deux » a notamment une exception possible avec la fluoxétine dans les recommandations NICE. Autour de la ménopause, les recommandations distinguent symptômes dépressifs associés aux symptômes hormonaux et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal est une option dans certaines situations ; il ne devient pas automatiquement la première réponse à toute anxiété ou dépression. Ne changez pas un traitement sur la base d’une réponse destinée à une autre personne. Sources scientifiques – psychotropes et psychothérapies * Psychological therapies for people with borderline personality disorder – Psychothérapies pour les personnes ayant un trouble de la personnalité borderlineCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. Un bénéfice moyen sur la sévérité des symptômes, avec une certitude variable selon le critère. Ne démontre pas que toutes les thérapies sont équivalentes. * A Randomized-Controlled Trial of Mentalization-Based Treatment Compared With Structured Case Management for Borderline Personality Disorder in a Mainstream Public Health Service – Essai randomisé de mentalisation comparée à une prise en charge structurée du trouble borderline dans un service publicFrontiers in Psychiatry, 2020. Les deux groupes s’améliorent ; les résultats diffèrent selon le type de passage à l’acte. Une prise en charge structurée non spécialisée n’est pas forcément nocive. * Childhood adversity and borderline personality disorder – Adversité pendant l’enfance et trouble borderlineActa Psychiatrica Scandinavica, 2020. Association avec l’adversité, sensible au type de comparaison et aux biais rétrospectifs. Un traumatisme n’est ni une condition nécessaire ni une cause établie par cette seule analyse. * Effects of continuous positive airway pressure on depression and anxiety symptoms in patients with obstructive sleep apnoea: results from the sleep apnoea cardiovascular Endpoint randomised trial and meta-analysis – Effets de la pression positive continue sur la dépression et l’anxiété dans l’apnée du sommeilEClinicalMedicine, 2019. Effet moyen modeste sur les symptômes dépressifs ; aucun effet clair sur l’anxiété. La population SAVE avait aussi une maladie cardiovasculaire. * Does CPAP treat depressive symptoms in individuals with OSA? An analysis of two 12-week randomized sham CPAP-controlled trials – La pression positive traite-t-elle les symptômes dépressifs dans l’apnée du sommeilSleep Medicine, 2020. Aucune différence moyenne sur la dépression à 12 semaines face au traitement simulé. Contre-exemple à un bénéfice systématique. * Treatment with psychostimulants and atomoxetine in people with psychotic disorders: reassessing the risk of clinical deterioration in a real-world setting – Psychostimulants et atomoxétine dans les troubles psychotiques en conditions réellesThe British Journal of Psychiatry, 2024. Pas de hausse observée des hospitalisations dans cette population traitée aussi par antipsychotique. Étude observationnelle : ni garantie de sécurité ni justification d’une association de routine. * Psychosis with Methylphenidate or Amphetamine in Patients with ADHD – Psychose sous méthylphénidate ou amphétamine chez des patients ayant un TDAHNew England Journal of Medicine, 2019. Risque observé plus élevé avec les amphétamines chez les 13–25 ans. Le résultat concerne la psychose et ne mesure pas tous les effets à long terme. * Risk factors for early recurrence after discontinuing lithium in bipolar disorder – Facteurs de récidive précoce après l’arrêt du lithium dans le trouble bipolaireBipolar Disorders, 2022. Un arrêt rapide est associé à une récidive plus précoce. L’étude ne permet pas d’attribuer un épisode précis d’anxiété à une réduction de dose. * TENTIN 5 mg, comprimé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur TentinBase de données publique des médicaments, 2026. Contient du sulfate de dexamphétamine. Le confondre avec le dexméthylphénidate est une erreur de molécule. RCP du 11 mai 2026 ; indication pédiatrique précise après réponse insuffisante au méthylp