Is 25, 6-9 – Ps 22 – Ph 4, 12-20 – Mt 22, 1-14 Oui, frères et sœurs, « la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux », et la parabole du roi qui célèbre les noces de son fils, que nous raconte aujourd’hui Jésus pour nous faire comprendre ce mystère, est claire. Le Royaume nous est offert, il est là, ouvert, devant nous. Le roi, c’est le Père céleste ; le fils, c’est le Christ qui veut célébrer ses noces avec son Eglise, faite d’hommes et de femmes qui auront cru en lui et auront pratiqué ces commandements ; les serviteurs envoyés par le roi pour appeler à la noce, ce sont les apôtres, tous les missionnaires et tous ceux qui sont confirmés, qualifiés pour annoncer ; les invités, c’est vous, c’est moi, ce sont tous ceux vers qui le message de l’Evangile est porté, jusqu’aux extrémités de la terre. Ce message, la multitude le reçoit, ou l’a reçu au cours de son éducation passée. Beaucoup le reçoivent, mais peu le prennent au sérieux. Etonnamment, la majorité des appelés ne veut pas venir à la fête, ils continuent leur vie comme si de rien n’était (le commerce, le travail ordinaire, la routine), comme si une invitation royale n’avait absolument aucune importance. Pour d’autres, ils la rejettent même, persécutant et tuant les envoyés, et pour eux, ce sera la catastrophe, car on ne peut se moquer éternellement du roi, c’est-à-dire de Celui qui nous a tout donné, et sans qui nous ne pouvons rien faire. Mais supposons plutôt que vous vouliez, d’une manière ou d’une autre, répondre à cet appel royal. Souvent, les gens considèrent que c’est difficile de répondre positivement, ou qu’ils ne savent pas comment faire, ou qu’ils n’en sont pas dignes. Mais personne n’est digne d’une invitation du roi des rois. Et ici, la parabole nous dit que ce n’est pas compliqué du tout de dire « oui » : toute personne, même sans éducation, ou ayant beaucoup de défauts, « les mauvais comme les bons » dit l’Evangile, peut avoir accès à la salle des noces royales. Il n’est pas demandé d’accuser réception par retour de courrier, de passer par beaucoup de contrôles… il suffit de vouloir revêtir le vêtement de noces, ce qui est normal pour se rendre à une fête. Quel est ce vêtement de noces ? C’est tout simplement vouloir aller aux noces, prendre le chemin qui y conduit : un pas suivi d’un autre pas. Notre salut, frères et sœurs, réside dans notre volonté, notre engagement à nous diriger vers le rendez-vous du roi. Cette volonté doit être, avant tout, ferme, elle doit rejeter tous les obstacles qui sont en nous ou qui pourraient se présenter sur le chemin – et ils s’en présenteront ! Ces obstacles, ce sont les péchés « qui nous entravent si bien », et les tentations. Mais encore une fois, l’appel est lancé, et nous l’avons entendu. Avec cet appel, nous est donnée la grâce, c’est-à-dire la force pour y répondre et pour rejeter les obstacles, pour poser un pas puis un autre, en direction du but qui nous est fixé. Et puis nous ne sommes pas seuls à marcher, nous pouvons toujours demander la direction à ceux qui connaissent la route, le soutien des uns et des autres, mais aussi de ceux qui sont déjà arrivés et qui nous attendent : eux aussi nous appellent et nous encouragent pour que nous ne rebroussions pas chemin, pour que nous ne perdions pas le cap, au contraire pour que nous nous maintenions joyeux dans cette marche vers le roi. « Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s'ouvrent dans leur cœur ! », dit le Psaume, « ils vont de hauteur en hauteur, ils se présentent devant Dieu à Sion » (Ps. 83).Le Père Jésuite Laurent Basanese nous introduit à la méditation avec les textes du 28e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.