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Chaque samedi retrouvez la lecture et le commentaire des textes liturgiques des célébrations dominicales.

  1. 4d ago

    Méditation de la Solennité de Tous les Saints : Une joie contagieuse, une espérance partagée…

    Références : (Ap 7, 2-4.9-14) ; (Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6) ; (1 Jn 3, 1-3) ; (Mt 5, 1-12a) Aujourd’hui, le Ciel est en fête et la terre se réjouit avec elle car la fête de tous les saints est comparable à un anniversaire géant, celui de la naissance au Ciel de tous les hommes et de toutes les femmes de partout et de tous les temps qui ont accompli pleinement leur humanité en partageant la gloire de notre Dieu. Car c’est bien cela la sainteté, c’est l’humanité complètement réalisée ; la créature se rapproche de son créateur, le serviteur rejoint son roi ; l’ombre humaine est étreinte dans la splendeur éternelle du Père. A ce moment précis, on comprend que le bien rendu n’a pas été vain ; que les combats menés n’ont pas été perdus ; que les larmes versées n’ont pas été oubliées ; rien de ce qui a été fait de vrai, de juste, de bon ; rien de tout cela n’a été perdu. Jésus avait dit à ses compagnons de fortune : « Je dispose pour vous du Royaume, comme mon père en a disposé pour moi. Vous mangerez et vous boirez à ma table dans mon Royaume et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël » (Lc 22, 29). Aujourd’hui la promesse s’accomplit. Si elle s’accomplit pour ceux qui ont mené le bon combat, elle ne s’accomplit pas seulement pour une petite poignée d’élites, perchées si haut que nous perdrions cœur à les regarder. Car la sainteté peut ressembler à un idéal tellement lointain, une lumière si inaccessible qu’elle échapperait aux communs des mortels. Ne dit-on pas d’ailleurs que seul Dieu est saint ? L’allégresse de ce jour est contagieuse, le Ciel est en fête et elle entraine la terre dans son exultation ; les saints sont célébrés mais ils veulent aussi recruter. Ils attendent des petits frères et des petites sœurs pour les agréger à la gloire de Dieu. Et il y a de la place. On parle d’un peuple immense que nul ne peut dénombrer. Dans son appel à la sainteté dans le monde actuel, le Pape François avait discerné une classe moyenne de saints à laquelle toi et moi, nous pouvons espérer appartenir comme lui appartiennent déjà les parents qui éduquent leurs enfants avec tant d’amour ; ceux qui peinent courageusement pour rapporter le pain quotidien à la maison ; ceux et celles qui servent les malades et les personnes âgées avec un sourire frais et obstiné.Le Père jésuite Justin Ilboudo nous conduit à la méditation des textes de la Solennité de Tous les Saints.

  2. Oct 24

    Méditation du 30e dimanche du TO A: l’Amour de Dieu et du prochain

    La Parole de Dieu de ce dimanche nous vient de trois sources: Le livre de l’Exode au chapitre 22 : 20-26, la première lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens au chapitre 1 : 5-10 et de l’évangile de Saint Matthieu 22 : 34-40. Et le thème qui traverse les trois références est le lien intrinsèque qui unit l’amour de Dieu et l’amour du prochain. L’un ne va sans l’autre car une séparation des deux fait le lit de l’idolâtrie. L’amour de Dieu sans l’amour du prochain est désincarné. Aimer le prochain sans l’enraciner dans l’adoration à Dieu fait germer des idoles. Dans le livre de l’Exode, Dieu ne fait pas mystère de son amour préférentiel pour l’immigré, la veuve et l’orphelin, puis le pauvre. Ces trois catégories de personnes sont les plus vulnérables pour qui Dieu se pose en défenseur plein de compassion. Malheur donc à celui qui opprimera l’immigré, accablera la veuve et l’orphelin, ou exploitera le pauvre. L’oreille de Dieu est très attentive à leurs cris de détresse et à leur souffrance. En tournant nos regards sur le monde aujourd’hui, nous nous rendons compte de l’actualité de ce message, car dans bien de pays, des gouvernants ont fait de la chasse aux immigrés leur fonds de commerce et le centre de leur politique. La course aux minerais rares provoque des souffrances inouïes dans les pays dont le sous-sol est rempli de ces ressources qui devraient garantir leur bien-être. Des millions d’hommes et de femmes n’ont pas accès aux soins de santé ou se retrouvent sans domicile dans leurs propres pays. Dieu n’est pas indifférent aux cris des opprimés, des accablés et des pauvres. Ce message doit être proclamé haut et fort. Il suscite de l’espérance. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul fait de l’imitation du Christ un gage pour le changement social. Selon lui, la mesure de notre conversion est l’amour et la défense des couches vulnérables de notre société. La situation des immigrés, des veuves et orphelins et celle des pauvres doit nous émouvoir autant qu’elle meut le cœur de Dieu. Nous ne pouvons être indifférents aux cris de nos frères et sœurs rejetés, écrasés, exploités. La prise de conscience des injustices dans notre monde doit nous mener à agir. La question du plus grand commandement dans l’évangile de Matthieu aujourd’hui résume l’essentiel de notre foi : «Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit… et aimer son prochain comme soi-même.» Le mot «prochain» en ce trentième dimanche du Temps Ordinaire est l’immigré qui se noie dans la Méditerranée ou est pourchassé sur les terres où il espérait trouver paix et prospérité, la veuve et l’orphelin sans défense, et le pauvre exploité jusqu’au sang. Le mot «comme soi-même» pousse l’effort plus loin. Cela peut aller jusqu’à accueillir dans nos maisons ceux-là mêmes que nos regards évitent dans les rues et à partager tout ce que nous avons avec les affamés. L’appel de Dieu aujourd’hui est radical. Il est destiné à nous déranger, chacun dans son état. Il y a toujours quelque chose à faire pour soulager la souffrance autour de nous. Il faut ouvrir nos yeux. Il faut ouvrir nos oreilles. Mais surtout il nous faut laisser nos cœurs se mouvoir. L’action vient de là.  Le père jésuite Jean Baptiste Ganza nous introduit à la méditation avec les textes du 30e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

  3. Oct 17

    Méditation du 29ème dimanche du TO A: «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu»

    L’Évangile d’aujourd’hui est souvent compris, d’une manière très réductrice, pour cautionner une certaine idée de la laïcité : l’Église ne se mêle pas de politique, et l’État ne s’occupe pas du religieux. Cette affirmation est en partie juste. Mais seulement en partie. Revenons au texte pour en extraire quelques points importants. Jésus traite ses interlocuteurs, Pharisiens et Hérodiens, mais surtout les premiers, les Pharisiens, d’hypocrites. Pourquoi ? Les Pharisiens sont ceux qui sont les grands fanatiques pour séparer les justes des pécheurs ; mais dans ce cas précis, ils sont les complices des Hérodiens ! Ensuite, ils ont en poche l’argent sale des Romains, contredisant ainsi leur prétention à être des «purs», refusant tout contact avec les étrangers – rappelons-nous comment ils vont refuser d’entrer chez Pilate pour le procès contre Jésus, afin de pouvoir manger la Pâque. Mais le plus important demeure l’interprétation de la conclusion de Jésus : «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu». Est-ce vraiment un appel à une religion se cachant dans la vie «privée», et à une séparation étanche du religieux d’avec le politique ? Ceux qui le comprennent ainsi se font une idée étroite et erronée de Dieu. Si l’expression «ce qui est à Dieu» se limite à la sacristie, alors nous n’avons qu’une image d’un faux dieu, d’une idole, d’un moins que rien. Car si Dieu existe, alors il est partout, tout est à Lui, rien ne lui échappe. «Ce qui est à Dieu» signifie donc TOUT. Il faut TOUT rendre à Dieu. Mais pour cela, nous devons éviter de tomber dans l’erreur inverse : à savoir, mettre tout sous l’autorité des religieux, surtout les religieux fanatiques, comme les régimes des ayatollahs ou celui de l’Inquisition. Changer de tyran n’est certainement pas respecter Dieu, ni ses créatures. Tout rendre à Dieu, c’est TOUT respecter comme étant les créatures de Dieu. Cela va du respect dû à la nature, aux cultures des peuples, aux personnes, à absolument TOUT. C’est bien à ce respect profond de la nature, de toute la création, à cause du Créateur, que l’Église nous appelle ces derniers temps, que ce soit pour un monde plus écologique et accueillant, ou pour une paix juste, durable et réelle entre les peuples. Ensemble, essayons vraiment de rendre à Dieu tout ce qui est à Dieu, en commençant par nous-mêmes. Oui, rendons à Dieu ce que nous avons, et surtout, ce que nous sommes.Le père jésuite Cheung Georges nous introduit à la méditation avec les textes du 29e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

  4. Oct 10

    Méditation du 28ème dimanche du TO A: «la multitude est appelée, mais les élus sont peu nombreux»

    Is 25, 6-9 – Ps 22 – Ph 4, 12-20 – Mt 22, 1-14 Oui, frères et sœurs, « la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux », et la parabole du roi qui célèbre les noces de son fils, que nous raconte aujourd’hui Jésus pour nous faire comprendre ce mystère, est claire. Le Royaume nous est offert, il est là, ouvert, devant nous. Le roi, c’est le Père céleste ; le fils, c’est le Christ qui veut célébrer ses noces avec son Eglise, faite d’hommes et de femmes qui auront cru en lui et auront pratiqué ces commandements ; les serviteurs envoyés par le roi pour appeler à la noce, ce sont les apôtres, tous les missionnaires et tous ceux qui sont confirmés, qualifiés pour annoncer ; les invités, c’est vous, c’est moi, ce sont tous ceux vers qui le message de l’Evangile est porté, jusqu’aux extrémités de la terre. Ce message, la multitude le reçoit, ou l’a reçu au cours de son éducation passée. Beaucoup le reçoivent, mais peu le prennent au sérieux. Etonnamment, la majorité des appelés ne veut pas venir à la fête, ils continuent leur vie comme si de rien n’était (le commerce, le travail ordinaire, la routine), comme si une invitation royale n’avait absolument aucune importance. Pour d’autres, ils la rejettent même, persécutant et tuant les envoyés, et pour eux, ce sera la catastrophe, car on ne peut se moquer éternellement du roi, c’est-à-dire de Celui qui nous a tout donné, et sans qui nous ne pouvons rien faire. Mais supposons plutôt que vous vouliez, d’une manière ou d’une autre, répondre à cet appel royal. Souvent, les gens considèrent que c’est difficile de répondre positivement, ou qu’ils ne savent pas comment faire, ou qu’ils n’en sont pas dignes. Mais personne n’est digne d’une invitation du roi des rois. Et ici, la parabole nous dit que ce n’est pas compliqué du tout de dire « oui » : toute personne, même sans éducation, ou ayant beaucoup de défauts, « les mauvais comme les bons » dit l’Evangile, peut avoir accès à la salle des noces royales. Il n’est pas demandé d’accuser réception par retour de courrier, de passer par beaucoup de contrôles… il suffit de vouloir revêtir le vêtement de noces, ce qui est normal pour se rendre à une fête. Quel est ce vêtement de noces ? C’est tout simplement vouloir aller aux noces, prendre le chemin qui y conduit : un pas suivi d’un autre pas. Notre salut, frères et sœurs, réside dans notre volonté, notre engagement à nous diriger vers le rendez-vous du roi. Cette volonté doit être, avant tout, ferme, elle doit rejeter tous les obstacles qui sont en nous ou qui pourraient se présenter sur le chemin – et ils s’en présenteront ! Ces obstacles, ce sont les péchés « qui nous entravent si bien », et les tentations. Mais encore une fois, l’appel est lancé, et nous l’avons entendu. Avec cet appel, nous est donnée la grâce, c’est-à-dire la force pour y répondre et pour rejeter les obstacles, pour poser un pas puis un autre, en direction du but qui nous est fixé. Et puis nous ne sommes pas seuls à marcher, nous pouvons toujours demander la direction à ceux qui connaissent la route, le soutien des uns et des autres, mais aussi de ceux qui sont déjà arrivés et qui nous attendent : eux aussi nous appellent et nous encouragent pour que nous ne rebroussions pas chemin, pour que nous ne perdions pas le cap, au contraire pour que nous nous maintenions joyeux dans cette marche vers le roi. « Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s'ouvrent dans leur cœur ! », dit le Psaume, « ils vont de hauteur en hauteur, ils se présentent devant Dieu à Sion » (Ps. 83).Le Père Jésuite Laurent Basanese nous introduit à la méditation avec les textes du 28e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

  5. Oct 7

    Méditation de la Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire

    Chers frères et sœurs, La paix du Christ ! En cette fête de la Bienheureuse Vierge Marie, l’Évangile nous conduit à Nazareth. Ce n’est pas Jérusalem, ce n’est pas le centre du pouvoir, ni un lieu où l’on s’attend à voir se produire quelque chose d’extraordinaire. Et pourtant, c’est là, dans la vie toute simple d’une jeune femme appelée Marie, que Dieu vient commencer quelque chose de nouveau. Cela nous rappelle une chose essentielle : Dieu vient nous rencontrer au cœur de notre vie ordinaire. Il peut nous rejoindre dans notre famille, dans notre travail, au milieu de nos projets, de nos responsabilités et de nos inquiétudes. Il vient parfois précisément lorsque notre vie ne se déroule pas comme nous l’avions prévu. C’est ce qui arrive à Marie : la parole de l’ange vient bouleverser ses projets et ouvrir devant elle un chemin qu’elle n’avait pas imaginé. Et que fait Marie ? Elle ne répond pas immédiatement. Elle est bouleversée, elle réfléchit et demande : « Comment cela va-t-il se faire ? » Voilà une femme de foi qui pose des questions à Dieu. C’est important pour nous. Avoir la foi ne signifie pas ne plus avoir de questions. La foi nous apprend plutôt à porter nos questions devant Dieu. Et nous en avons, des questions ! Un père ou une mère s’interroge sur l’avenir de ses enfants. Un jeune cherche sa route. Une personne cherche du travail. Une famille se demande comment faire face aux difficultés. Quelqu’un prie pour un malade. Un autre porte en silence une blessure que personne ne connaît. Peut-être même qu’un auditeur se demande en ce moment : Seigneur, où es-tu dans ce que je suis en train de vivre ? Marie nous apprend que nous pouvons poser cette question. Mais elle ne reste pas enfermée dans l’interrogation. Elle écoute, elle discerne et finalement elle fait confiance : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Marie ne connaît pourtant pas tout ce qui l’attend. Elle ne voit encore ni Bethléem, ni la fuite en Égypte, ni la croix. Elle ne connaît pas toute la route, mais elle connaît Celui à qui elle choisit de faire confiance. C’est peut-être cela, la foi : non pas connaître à l’avance toute la route, mais accepter de faire le prochain pas avec Dieu. Nous voudrions parfois que Dieu nous montre tout. Mais souvent, il nous donne assez de lumière pour faire un pas, puis un autre. L’ange dit alors à Marie : « Rien n’est impossible à Dieu. » Cela ne signifie pas que toutes nos difficultés vont disparaître ou que Dieu réalisera tous nos projets comme nous le souhaitons. Cela signifie que nous ne devons pas déclarer trop vite qu’une situation est sans avenir lorsque Dieu est encore à l’œuvre. Là où nous ne voyons plus de chemin, Dieu peut encore ouvrir un passage. Et pour accomplir son œuvre, Dieu demande le oui de Marie. Aujourd’hui encore, il veut passer par nos propres oui : le oui d’un parent qui reprend le dialogue avec son enfant ; d’un jeune qui choisit l’honnêteté ; de celui qui refuse la corruption ; de celle qui prend soin d’un malade ; de celui qui choisit de pardonner ; de celui qui, ayant reçu une responsabilité, choisit de servir. Alors, chers frères et sœurs, posons-nous simplement cette question : Quel est le oui que Dieu attend de moi aujourd’hui ? Un pardon à commencer ? Une décision à prendre ? Une personne vers laquelle faire un pas ? Une responsabilité à assumer ? Demandons à Marie de nous apprendre son chemin : écouter, discerner, faire confiance et avoir le courage de dire oui. Et lorsque nous avons peur, souvenons-nous : « Sois sans crainte. » Lorsque nous ne voyons plus de chemin, souvenons-nous : « Rien n’est impossible à Dieu. » Que Marie, femme de l’écoute, de la confiance et du oui, nous accompagne et nous apprenne à reconnaître Dieu au cœur de notre vie quotidienne. Amen.Le Père Jésuite Éric Goeh nous introduit à la méditation avec les textes mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire.

  6. Oct 3

    Méditation du 27ème dimanche du TO A: «le prophète annonce et annonce»

    Lectures: Is 5,1-7; Ps 79 (80),9-12,13-14,15-16a,19-20; Ph 4,6-9; Mt 21,33-43 La tradition prophétique dans la Bible a essentiellement deux fonctions, celle de dénoncer et celle d’annoncer. Dénoncer les injustices du peuple de Dieu, ses égarements, sa mauvaise conduite, pour le conduire à la conversion, et annoncer le salut de Dieu, sa consolation et la restauration de son peuple. Dans les lectures de ce dimanche, chers frères et sœurs, nous retrouvons ces deux dimensions prophétiques de la parole de Dieu : dénoncer et annoncer. 1)    Dénoncer Utilisant l’image ou la métaphore de la vigne du Seigneur pour parler du peuple d’Israel et des croyants, la première lecture tirée du livre du prophète Isaïe et l’évangile nous décrivent la déception, la désolation et le désarroi du Seigneur face à cette vigne dont il a pourtant entouré de beaucoup de soin et fait tout ce qui convenait pour qu’elle porte du bon fruit, des beaux et bons raisins. Cependant, le contraire est arrivé : «J’attendais de beaux raisins ; pourquoi en a-t-elle donner de mauvais ?» s’interroge le Seigneur. Il attendait de son peuple «le droit, et voici le crime, il en attendait la justice, et voici les cris». Le Seigneur, responsable et ami de la vigne, dénonce ainsi les abus de son peuple et de ceux à qui il a confié sa vigne. Dans son désarroi, il décide de sévir, de confier sa vigne, son royaume, à d’autres qui sauront porter des fruits, il décide d’abandonner cette vigne mauvaise, d’enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par des animaux, il décide de ne plus en prendre soin, de ne plus l’irriguer avec la pluie. Oui, sa déception est grande face à cette vigne et à ces vignerons mauvais. 2)    Annoncer Face à cette désolation et déception du maitre et ami de la vigne, le psalmiste fait élever sa supplique, sa prière : «Dieu de l’univers, reviens !» Ne nous abandonne pas malgré nos égarements, notre stérilité. «Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, protège-là, celle qu’a plantée ta main puissante». Et avec cette supplication qu’il élève au nom du peuple, le psalmiste promet la conversion : «Jamais plus nous n’irons loin de toi! Fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur, Dieu de l’univers, fais- nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés». Dans ce mouvement d’annonce sous forme de prière et de supplication, St Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte à nous enraciner dans le Christ pour porter des bons fruits, des fruits qui demeurent : «en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaitre à Dieu vos demandes (…) tout ce qui est vrai et noble, juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré…tout cela prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous».  Demandons alors au Seigneur, chers frères et sœurs, qu’en ce dimanche où nous méditons ces paroles prophétiques, nous nous disposions comme la vigne dont parle Jésus dans l’évangile selon st Jean au chapitre 15, à reconnaitre nos lieux de stérilité, nos égarements, ce qui nous empêche de porter des bons fruits, et que nous nous convertissions ! Et que ce retour au Seigneur de tout notre cœur nous enracine en Jésus la vraie vigne. En effet, c’est en nous attachant à lui, en mettant en pratique sa parole, que nous pourrons porter des bons fruits, des fruits qui demeurent et se manifestent dans la droiture de nos vies et notre engagement en faveur de la justice pour tous!  Amen!Le Père Jésuite Michel Kamanzi nous introduit à la méditation avec les textes du 27e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

  7. Sep 26

    Méditation du 26e dimanche du Temps ordinaire de l’année A

    Références : (Ez 18, 25-28); (Ps 24 (25), 4-5ab, 6-7, 8-9); (Ph 2, 1-11); (Mt 21, 28-32) Sur quelles routes nos vies se sont-elles engagées, ou vont-elles s’engager ? Les lectures de ce dimanche nous invitent à nous poser cette question non pas avec angoisse, mais avec confiance et résolution. Le prophète Ézéchiel nous délivre une parole forte. Si le juste se détourne de la justice, il marche vers la mort ; si le pécheur se repent et choisit de vivre avec droiture, il va vers la vie. À un moment de notre existence, il se peut que nous nous soyons rangés parmi ceux qu’Ézéchiel qualifie de « méchants ». Cependant notre parcours ne se réduit pas à ce stade : si nous nous convertissons, nous pouvons emprunter un chemin de vie. Inversement, nous courons vers le néant si, après avoir été tenus pour « justes » à un moment de notre parcours, nous nous tournons vers le mal. Dans notre itinéraire, rien n’est définitif, et jamais nous ne devrions désespérer de nous-mêmes ni des autres. Dans l’extrait de l’Evangile proclamé aujourd’hui, Jésus s’adresse aux grands prêtres et aux anciens du peuple. Son enseignement nous bouscule. Ce qui compte, ce ne sont pas nos paroles (comme celles de celui qui dit « Je ne veux pas travailler dans le champ de mon père » ou « Je vais travailler dans le champ de mon père »). Ce qui compte, ce sont nos actes : sommes-nous des enfants qui, en définitive, se rendent dans le champ de leur père pour y travailler, ou non ? Jésus poursuit sur un ton encore plus provocant : il annonce que ceux que l’on aurait pu tenir pour exclus et qui se convertissent — les publicains et les pécheurs — entreront les premiers dans le Royaume. Ce n’est pas l’apparence de la piété qui ouvre la porte du Royaume, mais la droiture du cœur : quel chemin suivons-nous ? Cette marche vers la vie ne se réduit pas au seul moment de notre conversion ; elle constitue le rythme même de notre existence. C’est là ce que l’apôtre Paul enseigne aux chrétiens de Philippes. Il les exhorte à vivre d’une manière différente du monde : rechercher l’unité plutôt que la division, rejeter les intrigues, fuir la vanité, estimer les autres comme supérieurs à eux-mêmes, ne pas être préoccupés par leurs propres intérêts. Et Paul ne s’arrête pas à ces recommandations pratiques, si utiles soient-elles : il appelle les Philippiens à adopter une attitude intérieure semblable à celle du Christ. Il utilise une expression très forte lorsqu’il les invite à « avoir les mêmes dispositions que celles du Christ » en contemplant le radical abaissement volontaire de Jésus – ce qui est appelé traditionnellement sa kénose. Le Fils de Dieu, loin de s’accrocher à son rang divin, s’est vidé de lui-même, prenant la condition de serviteur. Il a poussé l’amour jusqu’au bout, jusqu’à la croix ; et Dieu l’a exalté, lui donnant le Nom au-dessus de tout nom. Ainsi, au-delà des exhortations à entrer dans une saine vie communautaire (rechercher l’unité, éviter toute intrigue, ne pas se laisser posséder par la vanité, estimer les autres comme supérieurs à soi-même, ne pas être préoccupés par ses propres intérêts), Paul invite à entrer dans le même radical mouvement qu’a suivi le Christ. Il ne s’agit pas ici d’une morale extérieure, mais d’une transformation intérieure. Nous vider de tout égoïsme, nous détacher de nous-mêmes pour entrer dans une relation vivante avec Dieu, source de toute Vie. En effet, la vie chrétienne est une relation qui grandit, un don qui se partage, une grâce qui traverse notre quotidien à la suite du Christ. Prions donc pour que, quel que soit le moment de notre parcours où nous nous mettons vraiment à travailler dans le champ de notre Père céleste, nos cœurs battent à l’unisson de celui du Christ : humble, attentif, disponible, porté par l’amour qui se donne sans compter. Puissions-nous ainsi entrer de plus en plus profondément dans cette attitude de fond qui est celle de tout baptisé, plongé dans la mort et la résurrection du Christ.Le Père Jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les textes du 26e dimanche ordinaire Temps Ordinaire A.

  8. Sep 19

    Méditation du 25e dimanche TO A : comment Dieu nous aime-t-il ?

    Références : (Is 55, 6-9) ; (Ps 144 (145), 2-3, 8-9, 17-18) ; (Ph 1, 20c-24.27a) ; (Mt 20, 1-16) Frères et sœurs, En ce 25e dimanche du temps ordinaire A, je commencerai ce partage avec une question toute simple : comment Dieu nous aime-t-il ? Bien souvent, dans notre vie de tous les jours, nous raisonnons avec nos calculs d’hommes : « Tu as beaucoup travaillé, tu gagnes beaucoup. Tu es arrivé le premier, tu passes le premier. » C’est ce que nous appelons la justice distributive, le méritisme et le calcul : à chaque effort sa récompense, à chaque faute sa peine. C’est la logique du contrat. Mais ce dimanche, Dieu vient nous dire que son amour ne marche pas comme un commerce ou une facture. Et chacun des textes de ce jour nous l’explique à sa façon. Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous prévient avec douceur : Dieu ne pense pas comme nous. Sa façon de pardonner et d’aimer est bien plus grande et plus belle que tout ce que nous pouvons imaginer. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, dit-il. Nous pouvons bien le comprendre dans l’Évangile de ce jour (Matthieu 20). La parabole des ouvriers de la dernière heure, où le maître du domaine sort à toutes les heures : à la première, à la troisième, à la sixième, à la neuvième et même à la onzième heure. Pourquoi sort-il encore alors que la journée est presque finie ? Parce que son souci n’est pas d’optimiser sa production, mais de sauver des hommes du vide de l’oisiveté et de la précarité : « Pourquoi êtes-vous restés là toute la journée sans rien faire ? Et la réponse : « C’est que personne ne nous a embauchés. » La bonté du maître s’exprime dans le salaire payé à la fin de la journée : un denier pour tous. Le denier, ce n’est pas simplement une pièce de monnaie ; dans la théologie des Pères de l’Église, le denier représente la vie éternelle, le Salut, la communion avec Dieu. Or, le Salut ne se découpe pas en tranches. Dieu ne se donne pas à moitié. On ne peut pas recevoir la moitié de la vie éternelle sous prétexte qu’on est arrivé plus tard. Le drame des ouvriers de la première heure n’est pas d’avoir été lésés ; ils ont reçu exactement ce qui avait été convenu. Leur drame est d’avoir regardé leur frère avec un œil d’envie au lieu de réjouissance. « Ton regard est-il mauvais parce que moi je suis bon ? » La justice divine surpasse la justice humaine et l’accomplit dans la miséricorde. Le Psaume 144 nous rassure : la bonté du Seigneur est pour tous. Il est toujours proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité. C’est précisément cette logique de la grâce imméritée qui transfigure la vie de saint Paul dans sa lettre aux Philippiens. Écrivant depuis sa prison, Paul est libéré de tout calcul égoïste. Pour lui, la question n’est plus de comptabiliser ses mérites ou ses années de service pour le Christ. « Pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un gain. » Paul comprend que le véritable salaire de l’ouvrier de l’Évangile, c’est le Maître lui-même. S’il vit, c’est pour porter du fruit avec le Christ ; s’il meurt, c’est pour être pleinement uni à Lui. Pour notre vie aujourd’hui, ces textes nous invitent à sortir de la comparaison et de l’amertume. Nous sommes souvent tentés de juger le parcours spirituel ou moral des autres. Le Seigneur nous rappelle que sa grâce est un don gratuit. Ne soyons pas jaloux des conversions tardives ou de la bonté de Dieu envers ceux et celles que nous estimons "moins méritants". Menons une conduite digne de l’Évangile, nous dit Saint Paul. Ensemble, ouvrons nos cœurs : accueillons ce Dieu qui nous aime sans compter et apprenons à nous aimer les uns les autres sans jalousie. Amen.Le Père jésuite Serges Kusukama nous introduit à la méditation avec les textes du vingt-cinquième dimanche du TO – Année liturgique A.

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