Évangile du mercredi 3 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mc 12, 18-27) En ce temps-là, des sadducéens– ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection –vinrent trouver Jésus.Ils l’interrogeaient : « Maître, Moïse nous a prescrit :Si un homme a un frère qui meurten laissant une femme, mais aucun enfant,il doit épouser la veuvepour susciter une descendance à son frère. Il y avait sept frères ;le premier se maria,et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve,et mourut sans laisser de descendance.Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance.Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront,duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit :« N’êtes-vous pas en train de vous égarer,en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts,on ne prend ni femme ni mari,mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent,n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse,au récit du buisson ardent,comment Dieu lui a dit :Moi, je suis le Dieu d’Abraham,le Dieu d’Isaac,le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.Vous vous égarez complètement. » Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et Vincent La semaine dernière, la liturgie nous invitait à méditer l’incompréhension des fils de Zébédée devant l’annonce des souffrances du Messie. Aujourd’hui, c’est l’incompréhension des Sadducéens devant la résurrection des morts qui retient notre attention. La croix et la résurrection suscitent deux incompréhensions symétriques. Les Sadducéens, « ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection », inventent une histoire qui met en scène le malheur d’une femme, sept fois veuve, comme modèle d’une vie accablée par la mort. « À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » L’anecdote présentée à Jésus par les Sadducéens rappelle le Livre de Tobie qui raconte l'histoire de Sara, jeune fille mariée sept fois, et dont le démon Asmodée fit mourir tour à tour chacun de ses sept maris lors de la nuit de noces (Tb 3,8). Sept fois veuve… que la vie peut être violente ! L’amour s’écrase sept fois contre le mur de la mort… Dans cette anecdote, les Sadducéens se saisissent des éclats tranchants d’une vie brisée pour poser des limites à la fécondité et à la puissance de Dieu. Il est vrai qu’au regard de la corruption des tombeaux, la résurrection des morts est une proposition insensée. « Dieu est mort » (1) disait Nietzsche ou, ce qui revient au même, « la Mort est Dieu » (2). Pourtant, le Livre de Tobie ouvre une espérance. En effet, Tobie, accompagné par l'archange Raphaël, voyage jusqu'à la ville où habite Sara. Sur les conseils de l’ange, Tobie épouse Sara. Puis, le jeune homme —affrontant par amour le risque de la mort— suit les conseils de Raphaël qui parviennent à faire fuir le démon (Tb 8,3). Sara délivrée, Tobie vivant, le jeune couple se réjouit ! Le nom porté par l’ange Raphael signifie « Dieu guérit » : c’est le signe de l’intervention thérapeutique de Dieu dans le monde.