Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin

Centre Le Pèlerin

Une méditation quotidienne vous est offerte tous les matins à partir de l'Évangile du jour par le Centre Le Pèlerin, spécialisé en accompagnement psychospirituel. Par cette prière du matin, prenez quelques minutes pour nourrir votre foi. Un temps d'intériorité qui éclaire toute la journée! Le Pèlerin offre de l'accompagnement spirituel ainsi qu'une formation en accompagnement depuis près de 25 ans à Montréal. Son approche d'intégration psychospirituelle permet de vivre une expérience spirituelle transformante et libératrice. Le Pèlerin: Le savoir intérieur qui transforme la vie.

  1. 11h ago

    Merveille sous nos yeux : la pierre rejetée devient la pierre d’angle ! – Évangile du jour et méditation du dimanche 4 octobre 2026

    Évangile du dimanche 4 octobre 2026 – 27ème dimanche du Temps Ordinaire « Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43) En ce temps-là,Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :    « Écoutez cette parabole :Un homme était propriétaire d’un domaine ;il planta une vigne,l’entoura d’une clôture,y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.Puis il loua cette vigne à des vignerons,et partit en voyage.    Quand arriva le temps des fruits,il envoya ses serviteurs auprès des vigneronspour se faire remettre le produit de sa vigne.    Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,frappèrent l’un,tuèrent l’autre,lapidèrent le troisième.    De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteursplus nombreux que les premiers ;mais on les traita de la même façon.    Finalement, il leur envoya son fils,en se disant :‘Ils respecteront mon fils.’    Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :‘Voici l’héritier :venez ! tuons-le,nous aurons son héritage !’    Ils se saisirent de lui,le jetèrent hors de la vigneet le tuèrent.    Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,que fera-t-il à ces vignerons ? »    On lui répond :« Ces misérables, il les fera périr misérablement.Il louera la vigne à d’autres vignerons,qui lui en remettront le produit en temps voulu. »    Jésus leur dit :« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :La pierre qu’ont rejetée les bâtisseursest devenue la pierre d’angle :c’est là l’œuvre du Seigneur,la merveille devant nos yeux !    Aussi, je vous le dis :Le royaume de Dieu vous sera enlevépour être donné à une nationqui lui fera produire ses fruits. » Un homme cogne à la porte d’une dame... Il a un bouquet de fleurs qu’il lui offre à cause de l’amour qu’il lui porte... Elle prend les fleurs et ferme la porte, laissant l’homme à l’extérieur, encore sous le choc de s’être vu refuser la possibilité de la relation dont les fleurs portaient le secret et l’espérance. Prendre l’objet donné... et être indifférent à celui qui nous le donne. Chosifier le réel, vouloir s’en accaparer et ne point voir l’Amour qui nous cherche. Prisonniers de la possessivité qui étouffe et musèle la voix de la vie, les vignerons deviennent sourds aux messagers qui les interpellent. Obnubilés par la convoitise des fruits, l’Amour de Dieu, qui les précède et veut faire alliance avec eux, se voit ignoré, par cet égoïsme qui n’a d’yeux que pour leurs intérêts propres. Aveugles de la Gratuité inscrite au cœur de leur vie, ils n’ont d’horizon que pour eux-mêmes. Mais le propriétaire ne se laisse pas vaincre... Il continue d’interpeller les vignerons à travers l’envoi répété de ses serviteurs. Sans compter, il met tout en œuvre pour cette vigne qui lui est précieuse : il la plante, l’entoure d’une clôture pour la protéger des prédateurs, il y creuse un pressoir pour qu’une fois la récolte mûre, tout soit déjà prêt pour la préparation du vin espéré. Il construit même une tour de garde, dans cette vigilance qui met tout en œuvre pour la protéger. De plus, il choisit de confier sa vigne à des vignerons : l’absence dans laquelle il entre, exprime la radicalité de cette confiance qu’il fait aux ouvriers de sa vigne. Son départ en voyage n’est pas signe de son désintérêt pour cette vigne préparée avec tant de soins. Ce voyage est lié à la confiance qu’il fait à ses vignerons : il prend au sérieux ces « choisis » pour le soin de sa vigne. À la grâce du Don s’ajoute la grâce de la confiance : le propriétaire les fait devenir collaborateurs de son agir créateur. Arrive le temps des fruits. Au don généreux et à la confiance sans réserve du propriétaire, voilà que les vignerons s’accaparent tous les fruits... Ils n’hésitent pas à maltraiter et tuer les serviteurs, qui leur sont pourtant envoyés dans l’espérance d’un don en réponse à l’infini gratuité dont ils sont les bénéficiaires.

  2. 1d ago

    Quand Dieu déplace ma joie – Évangile du jour et méditation du samedi 3 octobre 2026

    Évangile du samedi 3 octobre 2026 – 26ème Semaine du Temps Ordinaire « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux » (Lc 10, 17-24) En ce temps-là,    les 72 disciples que Jésus avait envoyésrevinrent tout joyeux, en disant :« Seigneur, même les démonsnous sont soumis en ton nom. »    Jésus leur dit :« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.    Voici que je vous ai donné le pouvoird’écraser serpents et scorpions,et sur toute la puissance de l’Ennemi :absolument rien ne pourra vous nuire.    Toutefois, ne vous réjouissez pasparce que les esprits vous sont soumis ;mais réjouissez-vousparce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »     À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint,et il dit :« Père, Seigneur du ciel et de la terre,je proclame ta louange :ce que tu as caché aux sages et aux savants,tu l’as révélé aux tout-petits.Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.    Tout m’a été remis par mon Père.Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ;et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Filset celui à qui le Fils veut le révéler. »     Puis il se tourna vers ses discipleset leur dit en particulier :« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !    Car, je vous le déclare :beaucoup de prophètes et de roisont voulu voir ce que vous-mêmes voyez,et ne l’ont pas vu,entendre ce que vous entendez,et ne l’ont pas entendu. » Les soixante-douze disciples reviennent de leur mission. Ils sont joyeux. Ils viennent de vivre quelque chose de grand : ce qu’ils ont annoncé s’est accompli. Des vies ont été touchées, le mal a reculé, et ils ont vu la puissance du nom de Jésus agir à travers eux. Ils s’exclament : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » On peut comprendre leur joie. Ils ont participé à l’œuvre de Dieu. Jésus accueille leur joie… mais… Il la déplace. « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » Pourquoi Jésus leur dit-il cela ? Peut-être parce qu’il existe un piège très subtil : même dans ce que nous faisons pour Dieu, nous pouvons peu à peu nous mettre au centre. Je sers, je donne de mon temps, je prie, j’aide, je prends des responsabilités, je suis disponible… et tout cela peut être réellement beau. Mais, sans même m’en rendre compte, je peux commencer à mesurer ma valeur à ce que je fais, à mes réussites… et perdre de vue l’essentiel : glorifier les dons et oublier le Donateur. Car même une vie très remplie pour Dieu peut devenir une vie où je n’ai plus le temps d’être avec Dieu, de Lui appartenir. Et Jésus vient doucement me rappeler : ce n’est pas ce que tu accomplis qui doit être le fondement de ta joie mais plutôt que ton nom est déjà connu de Dieu, qu’il est inscrit dans les cieux. « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré » ( Jr 1,5) Ton nom, ton identité profonde. Pas tes œuvres. Pas tes réussites. Pas tes mérites. Comme si j’entendais Jésus me dire :« Avant tout ce que tu peux faire pour Moi, laisse-Moi faire en toi. Avant de chercher à Me donner quelque chose, laisse-toi recevoir de Moi. Tu n’es pas aimé parce que tu fais. Tu fais parce que tu es aimé. » Méditation - Quand Dieu déplace ma joie

  3. 2d ago

    Si vous ne changez pas… – Évangile du jour et méditation du vendredi 2 octobre 2026

    No 26 – série 2026-2027Évangile du vendredi 2 octobre 2026 – 26ème Semaine du Temps Ordinaire « Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 1-5.10)           À ce moment là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :« Qui donc est le plus granddans le royaume des Cieux ? »  Alors Jésus appela un petit enfant ;il le plaça au milieu d’eux,  et il déclara :« Amen, je vous le dis :si vous ne changez paspour devenir comme les enfants,vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.  Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.  Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,il m’accueille, moi. »  Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,car, je vous le dis, leurs anges dans les cieuxvoient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. Le contexte culturel a bien changé depuis l’époque de Jésus, où les enfants n’étaient comptés pour rien. L’antiquité considérait le petit enfant (infans : celui qui ne parle pas) comme un être sans statut, improductif, et socialement insignifiant. Les récits de la multiplication des pains gardent une trace de cette perception, lorsque la foule y est comptée en « hommes », les femmes et les enfants n’étant pas pris en compte. «L’enfant-roi » n’a fait son apparition qu’ siècle dernier : pour mesurer l’impact de ces paroles fortes de Jésus, il peut être utile de prendre en compte ce décalage. Lorsque les disciples interrogent Jésus : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? », leur question relève d’une logique humaine de pouvoir, de comparaison et de mérite. La réponse du Christ désarme cette quête de prestige en plaçant au centre ce qui est méprisé ou tout simplement ignoré. Pour être entendu dans sa radicalité initiale, qui a choqué les contemporains du Christ, il nous faut peut-être aujourd’hui remplacer ce terme d’enfant par ceux que nous ne voyons pas, ou dont nous détournons le regard… : mendiants ou jeunes dealers qui hantent nos trottoirs, travailleurs de l’ombre de ces usines qui produisent à bas prix, populations en camps de réfugiés qui attendent une aide qui ne vient pas… Mais le texte évangélique pousse le paradoxe plus loin encore. Pour mesurer l’exigence de l’accueil inconditionnel auquel le Christ nous appelle, sortons de l’image d’Epinal de l’enfant candide et naïf et j’irai jusqu’à évoquer à ce même titre, au risque de vous choquer, les détenus incarcérés pour des crimes sexuels, surtout lorsque des enfants sont leurs victimes… Ce détournement de notre sensibilité spontanée choque nos critères moraux, et nous touchons ici au cœur même du mystère du salut. La logique évangélique ne repose pas sur une échelle de valeurs humaines, mais sur une révélation : chaque être humain est et demeure créature à l’image et à la ressemblance de Dieu, quelle que soit la gravité de ses actes ou de sa déchéance. Nous sommes face à un paradoxe similaire à celui des paroles de Jésus sur le pardon : pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois, c’est-à-dire à l’infini. Qui est le plus en besoin de ce salut que Jésus proclame ? Celui qui se sent en pôle position pour la première place dans le Royaume, ou celui qui se morfond dans sa cellule de prison, exclu même de la promenade en raison de la haine qu’il inspire aux autres détenus ? Oui, Jésus nous demande l’impossible : percevoir sa présence en ceux que nous rejetons en raison de leurs actes inacceptables. C’est le travail éprouvant, et parfois bien au-dessus de mes forces, auquel je suis confrontée dans la Maison d’Arrêt où je rencontre tous ceux qui le souhaitent. Que le multirécidiviste pour lequel aucun traitement n’aboutit, et que l’emprisonnement dégrade, puisse garder une face de lumière contemplant la face de  Dieu… voilà qui me bouscule dans mes évidences et me provoque à le confier et à me confier à la miséricorde de Dieu. Méditation - Si vous ne changez pas…

  4. 3d ago

    À portée de voix du Pasteur – Évangile du jour et méditation du jeudi 1 octobre 2026

    Évangile du jeudi 1 octobre 2026 – 26ème Semaine du Temps Ordinaire « Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12) En ce temps-là,parmi les disciples    le Seigneur en désigna encore 72,et il les envoya deux par deux, en avant de lui,en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.Il leur dit :« La moisson est abondante,mais les ouvriers sont peu nombreux.Priez donc le maître de la moissond’envoyer des ouvriers pour sa moisson.    Allez ! Voici que je vous envoiecomme des agneaux au milieu des loups.    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,et ne saluez personne en chemin.    Mais dans toute maison où vous entrerez,dites d’abord :“Paix à cette maison.”    S’il y a là un ami de la paix,votre paix ira reposer sur lui ;sinon, elle reviendra sur vous.    Restez dans cette maison,mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;car l’ouvrier mérite son salaire.Ne passez pas de maison en maison.    Dans toute ville où vous entrerezet où vous serez accueillis,mangez ce qui vous est présenté.    Guérissez les malades qui s’y trouventet dites-leur :“Le règne de Dieu s’est approché de vous.”    Mais dans toute ville où vous entrerezet où vous ne serez pas accueillis,allez sur les places et dites :    “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,nous l’enlevons pour vous la laisser.Toutefois, sachez-le :le règne de Dieu s’est approché.”    Je vous le déclare :au dernier jour,Sodome sera mieux traitée que cette ville. » Aujourd’hui, premier octobre, avec la Petite Thérèse, patronne de la mission, nous fêtons la part d’amour réservée aux « tout petits » (Lc 10,21-24). Au milieu des loups qui font trembler, nous célébrons ces âmes démunies comme des agneaux qui — dans les moments où elles ne maîtrisent plus rien — s’en remettent à Dieu seul. Le Seigneur ne réserve pas au groupe des douze apôtres la responsabilité de la mission. Jésus ouvre largement la mission à « soixante-douze » disciples, en référence au nombre des familles qui, après le Déluge, repeuplèrent la terre (Gn 10). Ce chiffre symbolique montre la fécondité de cette création neuve, lavée par les eaux du Déluge comme dans un  baptême. Dieu puise largement dans Son trésor et partage à pleines mains Son amour. Être en mission, c’est vivre, heureux d’aimer. La mission n’est pas un message à répandre, mais un amour à recevoir. Dieu rayonne dans Sa création comme un soleil qui se lève d’un coup et éclaire tout le paysage ! D’emblée, la mission se situe dans l’immense de vivre sous le ciel de Dieu. Commençant par une parabole, Jésus exprime un triste constat : la création du Père n’est pas reçue des hommes. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. » La création débordante de vie comme une « moisson abondante » ne trouve pas des « ouvriers » accueillants. Au contraire, chacun s’éparpille à la surface de lui-même et trouve des occupations qui éludent la célébration du don ! Au lieu de pressentir le créateur derrière la création, les hommes s’emparent du domaine qu’ils pillent. Les intérêts mesquins se recourbent vers la terre et les hommes oublient le ciel qui s’étale au-dessus de leur tête. Au lieu d’être une fête, l’existence devient, pour des hommes méfiants, une lutte pour la survie. Pour ces hommes sans dimension verticale, Dieu n’est plus un don vivant.     Comment rétablir les choses ? Jésus ne pense pas la mission comme un activisme. Il ne crie pas : « Faire ! Faire ! Faire ! » comme nous le répétons souvent épuisés, brûlés et perdus… Jésus ne dit pas : « Baissez les yeux vers la terre ». Mais, en tant que Fils, Il lève les yeux vers le Père et dit : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Pour le Fils, la vie s’accroche à la bienveillance d’un regard. Selon le refrain de la Genèse, tout découle du regard du Père qui « vit que cela était bon ».

  5. 4d ago

    Cesser d’enterrer ses morts – Évangile du jour et méditation du mercredi 30 septembre 2026

    Évangile du mercredi 30 septembre 2026 – 26ème Semaine du Temps Ordinaire « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 57-62) En ce temps-là,    en cours de route, un homme dit à Jésus :« Je te suivrai partout où tu iras. »    Jésus lui déclara :« Les renards ont des terriers,les oiseaux du ciel ont des nids ;mais le Fils de l’hommen’a pas d’endroit où reposer la tête. »     Il dit à un autre :« Suis-moi. »    L’homme répondit :« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »    Mais Jésus répliqua :« Laisse les morts enterrer leurs morts.Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »     Un autre encore lui dit :« Je te suivrai, Seigneur ;mais laisse-moi d’abord faire mes adieuxaux gens de ma maison. »    Jésus lui répondit :« Quiconque met la main à la charrue,puis regarde en arrière,n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » C'était il y a quelques étés déjà, la souffrance incarnée entrait dans ma vie, une vie sans histoire ni trop d’égratignures. Cette personne portait deux blessures qui ne se recouvraient pas l'une l'autre sans se contredire : petite enfant, elle avait été victime d'abus sexuel ; adolescente, elle s'était rendue coupable d'abus sexuels sur des enfants, des frères et soeur. Longtemps, cette personne n'avait été, à ses yeux comme à mon premier regard, qu’une étiquette criminelle posée sur la blessure plus ancienne qu'elle recouvrait sans l'effacer. Puis, un jour, le Christ en croix m’a visitée, aussi meurtri qu’en colère. À travers ce saisissement inattendu, je compris que cette personne ne devait plus vivre enfermée dans aucune des deux blessures : ni dans la victimisation qui l’enfouissait, ni dans les agressions commises qui l’ensevelissaient. Parce qu’elle était d’abord une enfant bien-aimée de Dieu, parce qu’elle était déjà sauvée malgré mes efforts et mes inquiétudes folles, elle était appelée à regarder devant, loin devant. Le Christ m’interpellait, sur le bois de sa croix, à cesser de lui rappeler qu’elle devait d’abord enterrer ses morts. Le Salut est devant, là tout près, le Salut c’était Lui. Trois hommes, sur la route, en ce jour d'évangile, portent eux aussi des morts qu'ils voudraient enterrer avant de se mettre en marche. L'un promet de suivre Jésus partout — mais Jésus lui répond qu'il n'a « nulle part où reposer la tête » (Lc 9, 58) : le suivre, c'est consentir à ne plus s'appuyer sur ce qui rassure. Au deuxième, à qui il demande de le suivre, l'homme réclame un délai : le temps d'enterrer son père. « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu » (Lc 9, 60). Un troisième encore veut d'abord dire adieu aux siens, et s'entend répondre que quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu (Lc 9, 62). Trois fois, la même exigence — non pas l'oubli de ce qui fut, mais le refus d'y demeurer enseveli au lieu de marcher. Cette personne accueillie par moi n'avait rien à prouver non plus, ni son innocence perdue depuis l'enfance, ni sa culpabilité qu'elle ne niait pas. Marcher, pour elle, ce n'était pas fuir ce qu'elle avait subi ni ce qu'elle avait fait — c'était cesser d'y chercher, jour après jour, une identité définitive qui l'empêchait d'avancer. N'est-ce pas la même main que, sur la charrue, il devait consentir à ne plus la tenir tournée vers l'arrière ? Car Celui qui appelle ne recule jamais : c'est le Père lui-même qui se tient devant, jamais derrière, et qui attire à lui non pas en effaçant ce qui fut, ni en dispensant la réparation qu'il restait à faire, mais en promettant qu'aucune personne n'est réductible au pire jour de sa vie. Le psaume de ce jour ose crier vers ce Père apparemment silencieux — « pourquoi caches-tu ta face ? » (Ps 87)

  6. 5d ago

    Le choix d’un cœur sans ruse – Évangile du jour et méditation du mardi 29 septembre 2026

    Évangile du mardi 29 septembre 2026 – Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges « Vous verrez les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 47-51) En ce temps-là,    lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui,il déclara à son sujet :« Voici vraiment un Israélite :il n’y a pas de ruse en lui. »    Nathanaël lui demande :« D’où me connais-tu ? »Jésus lui répond :« Avant que Philippe t’appelle,quand tu étais sous le figuier,je t’ai vu. »    Nathanaël lui dit :« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !C’est toi le roi d’Israël ! »    Jésus reprend :« Je te dis que je t’ai vu sous le figuier,et c’est pour cela que tu crois !Tu verras des choses plus grandes encore. »    Et il ajoute :« Amen, amen, je vous le dis :vous verrez le ciel ouvert,et les anges de Dieu monter et descendreau-dessus du Fils de l’homme. » Lorsque Jésus dit de Nathanaël « qu’il n’y a pas de ruse en lui », il faut bien comprendre le contexte et le sens qu’on donne alors à ce mot de « ruse ». En hébreux, la ruse exprime la tromperie, la trahison, la duplicité. Dans la mentalité grecque ce mot désigne l’astuce, mais dans le sens où la ruse représente une fausse sagesse, ou même un stratagème habile  pour pervertir la vérité. Jésus voit donc Nathanaël comme un homme honnête, vrai, et c’est probablement la raison pour laquelle Il se dévoile à lui comme le messie, le roi d’Israël, et le dialogue entre ces deux hommes est tout empreint de vérité. Jésus ose révéler à Nathanaël qu’il l’a vu sous le figuier, arbre sous lequel se trouvait Nathanaël sans que personne ne puisse le voir selon lui, et de plus qu’il le connaît. Pensant que c’est humainement impossible, cette révélation de Jésus appelle la foi de Nathanaël. Mais Jésus remet tout de suite les valeurs à leur juste place « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! ». La foi ne devrait pas être seulement corrélée à l’extraordinaire du fait concret advenu peu avant. Il est bien humain d’adhérer à Jésus en voyant ses dons extraordinaires, mais l’Evangile de Jean nous met en garde. L’extraordinaire, les miracles, ne sont pas la chose la plus importante pour celui qui veut suivre Jésus. Il demande la foi pure, qui va au-delà de tout, il affirme d’ailleurs « Tu verras des choses plus grandes encore. » Jésus déteste l’hypocrisie, la duplicité, il nous le fait comprendre à de nombreuses reprises lorsque nous voyons ses réactions dans le contact avec des groupes religieux qui tentent de le prendre au piège, des personnes qui sont sceptiques et qui ne sont pas ouvertes à la vérité. Mais cette fois Il se révèle, car il a trouvé un homme honnête. Le terme « Israélite » rappelle sans doute dans cette appellation l'histoire de Jacob dans l’Ancien Testament, qui avait lui aussi été « trompeur » si on se rappelle l’épisode avec son frère jumeau Esaü, à qui il a volé son droit d’ainesse, mais qui est devenu loyal après sa lutte avec Dieu, et Jésus présente en quelque sorte Nathanaël comme l'image accomplie de cet homme intègre, sans aucun artifice. Quel est donc le message que ce passage de l’Evangile de Saint Jean essaie de nous transmettre ? Ne serait-ce pas de valoriser l’ordinaire de la vie sans « ruse », sans tromperie, et de manière positive on pourrait encore dire « en toute honnêteté », ou ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui « en suivant notre conscience » à chaque instant. Jésus nous encourage à faire de l’ordinaire de  notre vie le chemin pour arriver à la véritable sainteté, faisant de chaque action un acte d’amour pour nos prochains. C’est sur cette base qu’il se révèlera toujours davantage à nous, nous illuminant de sa sagesse « … Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

  7. 6d ago

    Qui est le plus grand ? – Évangile du jour et méditation du lundi 28 septembre 2026

    Évangile du lundi 28 septembre 2026 – 26ème Semaine du Temps Ordinaire « Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » (Lc 9, 46-50) En ce temps-là,    une discussion survint entre les disciplespour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.    Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,prit un enfant, le plaça à côté de lui    et leur dit :« Celui qui accueille en mon nom cet enfant,il m’accueille, moi.Et celui qui m’accueilleaccueille celui qui m’a envoyé.En effet, le plus petit d’entre vous tous,c’est celui-là qui est grand. »     Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :« Maître, nous avons vu quelqu’unexpulser des démons en ton nom ;nous l’en avons empêché,car il ne marche pas à ta suite avec nous. »    Jésus lui répondit :« Ne l’en empêchez pas :qui n’est pas contre vous est pour vous. » Cette question des disciples peut sembler étonnante. Ils sont avec Jésus. Ils marchent à sa suite. Ils ont entendu son enseignement, Ils sont témoins de ses gestes, ils partagent sa vie. Et pourtant, au milieu de leur chemin avec lui, une préoccupation demeure : qui est le plus grand ? Que cherchent-ils vraiment ? Peut-être une place privilégiée, la reconnaissance, les honneurs la considération, le sentiment d'avoir plus de valeur que les autres.Ils veulent savoir qui compte davantage.  Et moi, quelle place est-ce que je cherche à occuper ? Ai-je besoin d'être reconnu pour ce que je fais ? D'être remercié (e) ?  Est-ce que je souffre lorsque quelqu'un d'autre reçoit l'attention que j'espérais ? Nous voulons que nos efforts soient remarqués. Nous voulons parfois être au premier rang, avoir raison, être celui ou celle dont on reconnaît le mérite. Et lorsque cette reconnaissance ne vient pas, quelque chose se passe en nous : de la frustration ? de la tristesse ? de la jalousie ? Un sentiment d'injustice ? Une envie de me retirer ? Prendre le temps de regarder honnêtement ce qui se passe en moi.  Non pour me condamner. Mais pour me connaître davantage sous le regard de Jésus aimant de Dieu. Jésus ne me juge pas : il regarde plus profondément ce qui me touche dans cette scène. Il connaît mon besoin de reconnaissance. Il connaît ce qui me blesse lorsque je ne suis pas valorisé (e). Il connaît mes comparaisons, mes attentes, mes frustrations. Il connaît même les pensées que je ne voudrais pas montrer aux autres. Et pourtant, son regard demeure un regard qui accueille. Je peux alors me tenir devant lui tel que je suis.  Je peux simplement demeurer là. Me laisser regarder. Écouter ce qui se passe intérieurement. Derrière le désir d'être le plus grand, Peut-être qu'il y a parfois, derrière notre besoin de reconnaissance, une question beaucoup plus profonde : Est-ce que je compte ? Est-ce que j'ai de la valeur ? Est-ce que je suis aimé (e) si personne ne me remarque ? Est-ce que j'ai ma place lorsque je ne réussis pas ? Nous cherchons parfois à être valorisés parce que nous espérons trouver dans le regard des autres une confirmation de notre propre valeur. Alors les honneurs deviennent importants. La réussite devient importante. La place que nous occupons devient importante. Et lorsque cette reconnaissance nous échappe, nous pouvons ressentir une douleur qui paraît parfois disproportionnée par rapport à l'événement. Contempler l’enfant « Jésus prend alors un enfant et le place auprès de lui ». Je m’arrête devant cette scène et je contemple cet enfant que Jésus choisit comme exemple pour ses disciples. Ils se demandaient qui était le plus grand. Jésus, lui, leur montre un enfant. Il les invite ainsi à changer de regard, à passer d’une logique de comparaison et de recherche de grandeur à une logique d’accueil, d’humilité et de service. Moi aussi, je peux me laisser enseigner par cette image. Qu’est-ce que Jésus veut faire naître en moi en me donnant cet enfant à contempler ?

  8. Sep 26

    Afin qu’à sa Liberté réponde la nôtre ! – Évangile du jour et méditation du dimanche 27 septembre 2026

    Évangile du dimanche 27 septembre 2026 – 26ème dimanche du Temps Ordinaire « S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32) En ce temps-là,Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :    « Quel est votre avis ?Un homme avait deux fils.Il vint trouver le premier et lui dit :‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’    Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.    Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière.Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’et il n’y alla pas.    Lequel des deux a fait la volonté du père ? »Ils lui répondent :« Le premier. » Jésus leur dit :« Amen, je vous le déclare :les publicains et les prostituéesvous précèdent dans le royaume de Dieu.    Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,et vous n’avez pas cru à sa parole ;mais les publicains et les prostituées y ont cru.Tandis que vous, après avoir vu cela,vous ne vous êtes même pas repentis plus tardpour croire à sa parole. » Quelle grâce que cette Parole qui vient inscrire un espace, une faille, dans la bonne conscience qui nous rend hermétique ou dans la conviction que nous sommes une cause perdue. Sans nous en rendre compte, nous avons parfois le réflexe de nous situer en « victime » des événements : nous expérimentons comme un poids notre histoire, notre hérédité, notre santé, les limites qui ont marqué notre vie, les conditions historiques ou politiques où nous nous trouvons, les maladies ou les accidents vécus, les conséquences de nos mauvais choix ou de nos erreurs. Nous avons l’impression que nous n’avons plus de marge de manœuvre. Nous sommes sur un « air d’aller » dont nous nous servons pour nous sécuriser ou nous condamner. Nous demeurons ainsi figés dans un immobilisme que nous justifions en disant que nous n’avons pas le choix. On poussera même la déresponsabilisation en exprimant que c’est le destin et que notre chemin est tracé d’avance. Ajoutons aussi que le monde moderne, les courants de pensée actuels, les mass média, tentent de nous faire croire que nous sommes conditionnés et comme définitivement enfermés par des déterminismes qui nous enlèvent toute responsabilité et toute liberté. Il est tellement avantageux de mettre nos échecs, nos déficiences au compte de la société, de notre tempérament, ou des autres... Jésus au contraire, nous ramène à notre responsabilité en nous répétant que les jeux ne sont jamais faits d’avance. Quel que soit notre passé, quels que soient nos refus précédents ou le capital de nos bonnes œuvres, Dieu nous interpelle à ne pas nous enfermer dans le passé ou encore dans l’équilibre que nous avons trouvé et qui nous rassure. Dieu ne nous voit pas figés mais en devenir. S’il est vrai qu’il y a des réalités que nous n’avons pas choisies et qui sont comme des co-locataires indésirables, il demeure que le Christ nous situe dans une réponse qu’Il attend de nous. Ainsi, Il réhabilite notre liberté en éveillant notre cœur à faire un choix, au cœur même du maintenant de nos vies. Il nous dévoile 2 postures où nous pouvons nous laisser piéger en abdiquant de notre liberté et de notre engagement au cœur du réel où nous sommes : nos bonnes réponses du passé ne sont pas une garantie, pas plus que nous sommes condamnés par les mauvaises réponses du passé. Les prophètes de l’absurde ou du nihilisme, ceux qui désespèrent de notre monde ou le condamnent, ceux qui sont découragés d’eux-mêmes ou se condamnent, témoignent que leur appui demeure sur eux-mêmes... et nous en sommes. Nous ne sommes pas mauvais pour autant... Nous sommes simplement prisonniers d’une liberté qui s’ignore. L’air devient toxique dans cet enfermement sur nous-mêmes.

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Une méditation quotidienne vous est offerte tous les matins à partir de l'Évangile du jour par le Centre Le Pèlerin, spécialisé en accompagnement psychospirituel. Par cette prière du matin, prenez quelques minutes pour nourrir votre foi. Un temps d'intériorité qui éclaire toute la journée! Le Pèlerin offre de l'accompagnement spirituel ainsi qu'une formation en accompagnement depuis près de 25 ans à Montréal. Son approche d'intégration psychospirituelle permet de vivre une expérience spirituelle transformante et libératrice. Le Pèlerin: Le savoir intérieur qui transforme la vie.