Légendes urbaines

Olivier Roy-Baillargeon

«Les automobilistes paient leur juste part pour financer les transports»… «Les municipalités québécoises sont dépendantes de la taxation foncière»… On lit et on entend souvent de tels lieux communs, mais est-ce bien vrai? C'est ici que «Légendes urbaines» entre en jeu! Voici le balado de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente de l’Université du Québec à Montréal. Chaque épisode part d’une idée reçue et tente d’en révéler les racines, de distinguer ce qui relève du mythe et de la réalité et de conclure en offrant une perspective plus éclairée sur le sujet.

  1. 12/15/2025

    13. «Il y a trop d’élu.e.s, au municipal»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre les rôles et responsabilités des élu.e.s du monde municipal, et, par la bande, leur nombre. D’abord, y en a-t-il trop?Autrement dit, la population pourrait-elle être aussi bien représentée, mais à moindre coût, si on réduisait le nombre d’élu.e.s aux conseils de ville et d’arrondissement?Le cas échéant, pourquoi le gouvernement du Québec ne réforme-t-il pas les instances municipales en ce sens?Sinon, pourquoi un nombre si élevé d’élu.e.s est-il justifié, au niveau municipal?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec François William Croteau, ancien maire de l’arrondissement montréalais de Rosemont–La-Petite-Patrie de 2009 à 2021, et partenaire de longue date de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente. Également détenteur d’une maîtrise en administration des affaires et d’un doctorat en études urbaines, il dispose donc d’une double perspective analytique, tant comme acteur que comme chercheur, sur les interactions entre les parties prenantes de la gouvernance urbaine et régionale dans le Grand Montréal. Il a fondé et dirige aujourd’hui l’Institut de la résilience et de l’innovation urbaine, qui a pour mission d’«accompagner les gouvernements de proximité et tous les acteurs des collectivités locales dans leurs stratégies visant à assurer l’avenir de leur territoire et de leurs activités face aux défis d’aujourd'hui et de demain». C’était donc la personne tout indiquée pour discuter du nombre d’élu.e.s qui animent le monde municipal, de leurs responsabilités, de l’adéquation de leurs interventions et, surtout, de leurs interactions avec la population qu’ils et elles représentent. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    40 min
  2. 11/17/2025

    12. «Les plans d’urbanisme ne se réalisent jamais»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre la pertinence des documents de planification et, au premier chef, des plans d’urbanisme. D’abord, est-ce juste une impression qui nous vient des médias et des campagnes électorales, ou avons-nous vraiment la fâcheuse habitude de ne pas mettre en œuvre les mesures-phares de ces plans?Si c’est bien le cas, pourquoi ces plans ne se réalisent-ils pas?Et, à la rigueur, même si ces plans ne se réalisent pas tel que prévu, est-ce vraiment un problème?Autrement dit, se pourrait-il que le processus de planification soit plus important que le plan qui en résulte?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Pascal Lacasse, urbaniste, chef de la Division des stratégies de mobilité durable à la Ville de Montréal, et partenaire de longue date de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente. Urbaniste de formation, il a œuvré depuis 25 ans d’abord pour le compte du ministère des Transports du Québec, de 2001 à 2018, avant de se joindre à l’équipe de la Ville de Montréal, comme chef de la Division de la planification des transports et de la mobilité, puis comme chef de la Division des plans et des politiques. L’équipe qu’il dirige aujourd’hui a pour mission de «développer la connaissance dans le domaine de la mobilité, de l’échelle du piéton jusqu’à celle de la métropole, en la traduisant en documents d’orientation pour soutenir la prise de décision, la planification et les interventions dans l’espace public». C’était donc la personne tout indiquée pour discuter de la capacité des municipalités du Québec à mettre en œuvre leurs plans d’urbanisme, et des obstacles potentiels aux succès de leurs démarches à cet égard. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    47 min
  3. 10/20/2025

    11. «L’espace public se dématérialise»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre les rapports sociaux dans l’espace public, qu’il soit physique ou numérique. D’abord, la prolifération des téléphones intelligents et des médias sociaux mène-t-elle inéluctablement à la dématérialisation de l’espace public?Ensuite, quel rôle se dessine pour le bon vieil espace public physique dans la facilitation et la régulation des interactions humaines, au cours des prochaines décennies?Enfin, comment devrons-nous adapter nos interventions sur l’espace public physique, pour en assurer la pertinence et l’adéquation, dans le contexte actuel de transformation?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Guillaume Éthier, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQÀM, et chercheur membre de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente. Sociologue de formation et détenteur d’un doctorat en études urbaines, il se spécialise sur les théories de la ville, la culture numérique et les rapports espace-société. Ses activités de recherche portent sur la conception et l’usage de l’espace public et, au croisement de ces deux préoccupations, sur les mutations de l’urbain et de la sociabilité à l’ère numérique. C’était donc la personne tout indiquée pour discuter de ce qu’il qualifie de «destin de la ville dans un contexte de report d’une grande partie de nos rapports sociaux à la sphère virtuelle». Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    54 min
  4. 06/16/2025

    10. «La transition socio-écologique relève de la science-fiction»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre la transition socio-écologique et la part de réalité et de fiction qu’elle renferme. D’abord, quelle forme prendra cette transition, si l’humanité ne parvient pas à s’entendre pour relever collectivement le défi de l’action climatique?Ensuite, quels sacrifices exigera cette transition, mais aussi quels gains en attendre, pour la population, les entreprises et les gouvernements?Enfin, et surtout, quel rôle ces différentes parties prenantes devraient-elles jouer dans la définition des chemins à prendre, pour réussir cette transition et façonner la société de demain à son image?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Franck Scherrer, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage et vice-recteur associé à la recherche et à l’innovation à l’Université de Montréal. Détenteur d’une maîtrise en géographie et d’un doctorat en urbanisme, il se spécialise sur les questions de l’action collective urbaine en matière de développement durable et de transition numérique et socio-écologique. Ses activités de recherche portent sur les nouvelles modalités de l’aménagement et de l’urbanisme comme la participation publique, la prospective territoriale et la conception urbaine innovante. C’était donc la personne tout indiquée pour discuter des nouveaux outils dont les gouvernements, les collectivités territoriales et les populations gagnent à se doter pour effectuer avec succès la transition socio-écologique qui les attend. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    49 min
  5. 05/12/2025

    9. «Le virage numérique rend les villes intelligentes»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre le concept même d’«intelligence urbaine». D’abord, s’il existe des villes intelligentes, existe-t-il aussi des villes stupides?Plus sérieusement, qu’est-ce qui fait qu’une ville est jugée «intelligente», ou non, par sa population?Quel est le rôle du numérique, des données massives et de l’intelligence artificielle dans la capacité des villes à répondre aux défis contemporains?Le développement de nouvelles solutions techniques et technologiques améliore-t-il l’intelligence et la résilience des villes?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Pauline Folcher, enseignante et chercheure en marketing et communication territoriale à l’Université de Montpellier, en France, et co-titulaire de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente à l’Institut Montpellier Management. Docteure en sciences de la gestion, Pauline se spécialise sur les questions de culture numérique, de communication sociétale, de relations publiques et de marketing territorial. Ses activités de recherche portent sur les comportements des consommateurs, les représentations citoyennes et ce qu’elle qualifie d’«intelligence urbaine vécue». C’était donc la personne tout indiquée pour discuter des évolutions récentes au sein des interactions entre les collectivités territoriales et leur population en matière de qualité de vie, d’engagement politique, de lien social et de résilience urbaine. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    41 min
  6. 04/14/2025

    8. «Les banlieues se densifient grâce au TOD»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre le lien entre l’aménagement du territoire et les habitudes de mobilité. Les efforts des régions métropolitaines pour densifier les abords des stations de transport collectif sont-ils couronnés de succès?Les aménagements qui en résultent sont-ils propices à la mobilité active?Réciproquement, qu’en est-il des efforts des régions métropolitaines pour doter les banlieues de transport collectif à forte capacité?L’ajout de ces équipements transforme-t-il les dynamiques de mobilité, dans ces banlieues?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Pierre Filion, professeur émérite en aménagement du territoire et du transport à l’École d’urbanisme de l’Université de Waterloo, en Ontario. Pierre est l’une des sommités internationales en matière de planification métropolitaine et d’articulation du transport et de l’urbanisme, connue dans le monde anglophone sous l’acronyme «TOD», pour transit-oriented development. Formé en journalisme, en science politique et en études urbaines, il est depuis maintenant 50 ans un observateur et un commentateur aguerri sur les questions d’aménagement et de design urbains, particulièrement quant à leur lien avec la mobilité durable. Ses activités de recherche portent sur les doctrines d’aménagement, les outils de planification urbaine et les stratégies de recentralisation des régions métropolitaines nord-américaines. C’était donc la personne tout indiquée pour discuter des conditions de succès des démarches des pouvoirs locaux et régionaux en matière de mobilité durable, de densification des banlieues et d’aménagement axé sur le transport collectif. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    44 min
  7. 03/11/2025

    7. «L’urbaniste est un technicien au service de la décision politique municipale»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions cruciales: Quel est le rôle de l’urbaniste québécois face à la prise de décisions quant au façonnement des milieux de vie?Comment la transition du gouvernement des villes à la gouvernance urbaine a-t-elle fait évoluer le rapport de l’urbaniste face aux élu.e.s et à la société civile?Et quels nouveaux rôles l’urbaniste sera-t-il appelé à jouer, pour aider la collectivité à relever les défis de notre époque?Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Gérard Beaudet, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal. Gérard est membre émérite de l'Ordre des urbanistes du Québec depuis 2010 et a reçu le prix Ernest-Cormier en 2021. Dans les années 1980 et 1990, il a travaillé pour Sotar, une firme d’aménagement régional, et amorcé une carrière universitaire en revenant à l’Institut d’urbanisme en 1989 à titre de professeur à demi-temps. Il s’intéresse particulièrement à l’histoire et à la théorie de l’urbanisme, à la morphologie urbaine et aux dynamiques de gouvernance entourant le développement urbain et immobilier. C’était donc la personne tout indiquée pour discuter du rôle de l’urbaniste dans la fabrique politique urbaine et de la manière dont il a évolué au cours des dernières décennies. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute!

    38 min
  8. 02/10/2025

    6. «Les municipalités québécoises sont dépendantes de la taxation foncière»

    Aujourd’hui, on va essayer de répondre à quelques questions essentielles pour comprendre l’action collective à l’échelle locale: Les municipalités québécoises sont-elles dépendantes de la taxation foncière? Sont-elles condamnées à croître, voire à s’étaler? Sinon, par quels autres moyens peuvent-elles financer leurs infrastructures et leurs services à la collectivité? Que font-elles, concrètement, en matière d’écofiscalité et de lutte contre l’étalement urbain? Pour voir plus clair dans tout ça, j’ai pris le temps d’en discuter avec Fanny Tremblay-Racicot, professeure en administration municipale et régionale à l’École nationale d’administration publique, à Québec, et directrice du Centre de recherche sur la gouvernance. Fanny est une jeune professeure dynamique, formée en science politique et en études urbaines, et très présente dans l’espace public sur les questions d’aménagement et de transport durables. Ses activités de recherche portent sur les réformes institutionnelles, les instruments de politique publique et les stratégies de gestion permettant d’atteindre des objectifs de développement urbain durable. C’était donc la personne tout indiquée pour discuter d’écofiscalité, et des pouvoirs des municipalités québécoises en matière de tarification, de taxation et d’instauration de redevances réglementaires. Voici donc notre conversation fascinante sur le sujet. Bonne écoute! *** ADDENDUM Rigoureuse comme on la connaît, Fanny a insisté pour que je vous précise que, à 23:13, elle dit «Avec le projet de loi 31 sur l’habitation…», alors qu’il s'agit plutôt du projet de loi n° 16, modifiant la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et d’autres dispositions, adopté en juin 2023. La loi 31 est la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d’habitation. Voyez que ce n’était pas une bien grosse erreur, hein?

    33 min

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«Les automobilistes paient leur juste part pour financer les transports»… «Les municipalités québécoises sont dépendantes de la taxation foncière»… On lit et on entend souvent de tels lieux communs, mais est-ce bien vrai? C'est ici que «Légendes urbaines» entre en jeu! Voici le balado de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente de l’Université du Québec à Montréal. Chaque épisode part d’une idée reçue et tente d’en révéler les racines, de distinguer ce qui relève du mythe et de la réalité et de conclure en offrant une perspective plus éclairée sur le sujet.