Abandon des traitements anticancéreux en oncologie pédiatrique : quand les familles arrivent au bout de leurs ressourcesEn RDC, plus d’un enfant sur deux suivi pour un cancer aux Cliniques universitaires de Lubumbashi abandonne son traitement. Derrière ce chiffre alarmant, il n’y a pas seulement un refus de soins, mais souvent une combinaison de pauvreté, de distance, de croyances, de manque d’information et de fragilités du système de santé. Hubert reçoit Andy Mukendi, médecin, auteur et fondateur d’une association engagée dans l’accompagnement psychologique et social des enfants atteints de cancer dans le sud-est de la RDC. À partir de son étude menée entre 2021 et 2025, Andy explique ce que recouvre réellement l’abandon thérapeutique : l’interruption d’un traitement potentiellement curatif pendant au moins quatre semaines pour des raisons non médicales. Vous découvrirez notamment : pourquoi 58,4 % des enfants étudiés, soit 66 patients sur 113, ont abandonné leur traitement ;comment les frais de transport, d’hébergement, d’alimentation et de médicaments peuvent rendre les soins impossibles à poursuivre ;pourquoi le rétinoblastome représente 63,72 % des cas de l’échantillon, sans que cela permette de conclure qu’il est le cancer le plus abandonné ;comment les croyances religieuses et culturelles, la médecine traditionnelle et la perception du cancer comme une malédiction influencent les décisions familiales ;le rôle essentiel des psychologues, des agents communautaires et des navigateurs de patients pour maintenir le contact avec les familles ;pourquoi une maison d’accueil, des unités satellites et des relances téléphoniques ou à domicile pourraient prévenir certains abandons ;ce qui arrive lorsque le traitement est repris tardivement, après la progression de la maladie. Andy raconte également l’histoire bouleversante d’une adolescente de 16 ans atteinte d’un cancer du poignet, dont la famille a refusé une intervention médicale radicale après avoir été influencée par une croyance religieuse. Un témoignage qui montre, avec une force particulière, comment le manque d’information et l’absence d’accompagnement peuvent modifier le destin d’un enfant. L’épisode aborde aussi les conséquences psychologiques de la maladie et du décès sur les parents et la fratrie, les limites de l’offre de soins en RDC, les évacuations nécessaires vers Kinshasa, la Zambie, la Tanzanie ou le Kenya, ainsi que la responsabilité collective des autorités, des professionnels de santé, des communautés et des leaders religieux.Le message d’Andy aux parents est clair : un diagnostic de cancer n’est pas nécessairement une condamnation. Si les difficultés financières, géographiques ou sociales rendent le traitement impossible, il faut en parler à l’équipe médicale plutôt que disparaître. Comprendre l’abandon thérapeutique, c’est aussi comprendre comment mieux l’empêcher.