En tête-à-tête

FRANCE 24

Des entretiens en tête-à-tête sans concessions avec des dirigeants, des personnalités, des voix alternatives. Découvrez les figures du monde culturel, de la politique, des activistes, des PDG. Ce sont celles et ceux qui façonnent notre monde. Le vendredi à 18 h 15 avec Marc Perelman.

  1. 1D AGO

    À Gaza, "un cessez-le-feu qui n'a que son nom" : Philippe Lazzarini, chef de l'UNRWA

    Dans un entretien accordé à France 24, le commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini affirme que le cessez-le-feu à Gaza ressemble "de plus en plus à un cessez-le-feu qui n'a que son nom". Selon lui, l'agence onusienne y reste opérationnelle avec près de 12 000 employés et 18 000 consultations médicales quotidiennes. S'exprimant sur France 24 en marge de la conférence de Munich sur la sécurité, Philippe Lazzarini affirme que le cessez-le-feu à Gaza "ressemble de plus en plus à un cessez-le-feu qui n'a que son nom". Entré en vigueur le 10 octobre 2025, ce cessez-le-feu entre le Hamas et Israël est régulièrement violé, et le Hamas, bien qu'affaibli, n'a pas désarmé. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués depuis. "Une centaine de milliers de personnes sont dans une situation nutritionnelle préoccupante", ajoute Philippe Lazzarini. Notre invité est persona non grata en Israël, qui a coupé tout lien avec l'UNRWA, et récemment détruit son siège à Jérusalem – accusant l'agence de complicité avec le Hamas. L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens se trouve aussi dans une situation financière précaire, notamment depuis la fin des contributions américaines.  Malgré ces défis, il affirme que l'UNRWA reste opérationnelle à Gaza avec "presque 12 000 employés", assurant "environ 18 000 consultations de santé primaire" quotidiennes, ainsi que l'accès à l'eau potable et un système éducatif pour plusieurs dizaines de milliers d'enfants. Le retour à une "scolarité normale va prendre beaucoup de temps", prévient Philippe Lazzarini, faisant état de "centaines de milliers d'enfants" dans les ruines de Gaza, "profondément traumatisés". "On prend le risque de perdre une génération", ajoute le chef de l'UNRWA. En Cisjordanie, une "annexion de facto" ? L'autre territoire palestinien, la Cisjordanie, vit une situation de "guerre silencieuse" restée "à l'ombre de l'attention" internationale, poursuit-il. Les récentes mesures israéliennes sur les terres et les zones palestiniennes constituent selon lui des développements qui "rapprochent de plus en plus à une situation d'annexion de facto". Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont condamné dans une déclaration commune mardi l'adoption par Israël de nouvelles mesures visant à "étendre (sa) présence illégale" en Cisjordanie occupée. À lire aussiONU : 85 États condamnent la volonté d'Israël d'"étendre sa présence" en Cisjordanie occupée Texte par Sophian Aubin

    13 min
  2. 3D AGO

    "Nous espérons pouvoir faire confiance à Kagamé", dit le conseiller pour l'Afrique de D. Trump

    Dans un entretien accordé à France 24, le conseiller spécial des États-Unis pour l'Afrique, Massad Boulos, déclare "espérer pouvoir" faire confiance au président rwandais Paul Kagame, après que "le M23 et le Rwanda" se sont emparés de la ville d'Uvira en République démocratique du Congo, regrettant une "violation grave" de l'accord de Washington signé en 2025. Massad Boulos, conseiller spécial pour l'Afrique de Donald Trump, s'est exprimé sur France 24 en marge de la conférence de Munich sur la sécurité. Il qualifie la prise de la ville d'Uvira – dans la région congolaise du Sud-Kivu – par le M23 de "violation grave" de l'accord de Washington, signé en 2025 entre le Rwanda et la RDC. Les États-Unis ont été "extrêmement déçus" par ces violences, même si les forces du M23 se sont depuis partiellement retirées de la ville, ajoute Massad Boulos, qui insiste sur le fait que l'accord de Washington n'était que "le point de départ" et que la paix dans la région "est un processus" qui "demande du temps". Également traitée par la diplomatie américaine en Afrique, la question du Sahara occidental. Les États-Unis ont récemment convoqué à Madrid des représentants du Maroc, de la Mauritanie, de l'Algérie et du Front Polisario pour des discussions sur ce territoire disputé depuis 50 ans. Le conseiller de Donald Trump confirme que Washington reconnaît le Sahara occidental comme territoire marocain, précisant que "la position des États-Unis est très claire". Il a néanmoins salué le rôle d'Alger, affirmant que "l'Algérie apporte une aide précieuse". Quelle que soit la solution trouvée, "elle devrait être acceptée par toutes les parties", conclut Massad Boulos.   Texte par Sophian Aubin   À voir aussi aussi Rwanda - RDC : l'accord de Washington est un "piège" tendu par Kagamé, selon Martin Fayulu

    13 min
  3. FEB 11

    Israël "utilise la carte de l'antisémitisme", dit l'experte onusienne Francesca Albanese

    Dans un entretien accordé à France 24, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits de l'Homme dans les territoires palestiniens dénonce l'utilisation de l'accusation d'antisémitisme par Israël contre ses critiques. Francesca Albanese affirme qu'il n'y a "pas de cessez-le-feu" à Gaza et qualifie les sanctions américaines dont elle fait l'objet d'"acte de persécution". Interrogée sur les accusations d'antisémitisme portées contre elle, Francesca Albanese affirme qu'Israël utilise "cette carte de l'antisémitisme qui marche très bien en Europe" pour discréditer ceux qui rappellent l'application du droit international. "Je ne me pose pas la question" du droit d'Israël à exister, explique-t-elle. "Israël existe, Israël est un membre de la communauté internationale qui ne reconnaît pas le droit à l'autodétermination d'un autre peuple, qui le garde sous occupation et sous oppression, et pour cela, il doit être jugé selon la loi", déclare-t-elle.  "Pas de cessez-le-feu" à Gaza À Gaza, un cessez-le-feu entre le Hamas et l'État hébreu est entré en vigueur le 10 octobre 2025, mais il est régulièrement violé par Israël. Plusieurs centaines de Palestiniens sont morts depuis. "Il n'y a pas de cessez-le-feu", tranche Francesca Albanese. Une nouvelle étape vient d'être franchie dans l'autre territoire palestinien, la Cisjordanie. Par une série de nouvelles mesures annoncées le 8 février, l'État hébreu y renforce son contrôle, et simplifie l’acquisition de terres par des Juifs israéliens. Des décisions qui "visent à avancer, accélérer le processus de conquête d'annexion, qui est clairement illégale". Le "manque d'action" de la communauté internationale est "choquant", commente Francesca Albanese. Interdite d'entrée sur le territoire américain, elle s'est vue imposer des sanctions par les États-Unis en juillet 2025. "Un acte de persécution" contre son travail, pourtant sous mandat de l'ONU, dénonce-t-elle.  NDLR : Après l'enregistrement de cet entretien, la France a demandé la démission de Francesca Albanese après des "propos outranciers et coupables" qu'elle aurait tenus lors d'une conférence samedi et dont il est question dans cette interview.  Texte par Sophian Aubin

    12 min
  4. JAN 20

    "Nous ne tirons pas sur nos enfants", affirme l'ambassadeur d'Iran en France

    Alors que l'Iran a été secoué par une vague inédite de manifestations pendant trois semaines, l'ambassadeur de la République islamique en France, Mohammad Amin Nejad, répond aux questions de France 24. Contestant le lourd bilan humain avancé par les ONG et l'agence de presse Reuters, il affirme que Téhéran ne tire pas sur ses "enfants", et dénonce un "complot" orchestré par des puissances étrangères. L'Iran vient d'être balayé par une nouvelle vague de contestation, débutée le 28 décembre 2025, à laquelle les autorités ont répondu par un "massacre sans précédent", selon Amnesty International, faisant état de tirs à balles réelles visant la tête et le torse de manifestants non armés. "Nous ne tirons pas sur nos enfants", répond l'ambassadeur iranien en France Mohammad Amin Nejad sur France 24. "Reuters fabrique des informations" L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) fait état de 4029 décès confirmés au vingt-troisième jour des manifestations nationales. Autre bilan, celui de l'agence de presse Reuters, qui affirme qu'un responsable du régime a confirmé qu'au moins 5000 personnes avaient trouvé la mort lors des manifestations, dont quelque 500 membres des forces de sécurité. Reuters "fabrique des informations", rétorque l'ambassadeur. Pour la première fois,  le 17 janvier, le Guide suprême iranien a pourtant confirmé la mort de "plusieurs milliers de personnes" lors des manifestations, en attribuant la responsabilité au président américain Donald Trump. "Nous sommes victimes d'un complot, d'une manipulation étrangère", conclut l'ambassadeur Mohammad Amin Nejad. Texte par Sophian Aubin

    13 min

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