La Voie est Libre

Marie Décole

Le podcast qui défriche la reconversion. reconversionenseignante.substack.com

Episodes

  1. Sep 23

    Vous courez, ou vous vous dispersez ?

    En juin, j’ai reçu deux enseignantes à quinze jours d’intervalle. Elles m’ont dit exactement la même chose : « je n’ai pas le temps. » La première était à cent pour cent devant ses classes, avec une direction d’école qu’on lui avait imposée en cours d’année, et une formation qu’elle suivait le soir. Elle a tenu l’année entière, à bout de souffle. La seconde menait trois projets de front. Aucun n’avançait. Elle ne manquait ni d’idées ni d’énergie. Même phrase. Deux problèmes. Julien Guéniat est organisologue. Deux livres chez Dunod, un blog suivi depuis dix ans, et un parcours qui est passé des chantiers à l’entrepreneuriat — avec plusieurs reconversions entre les deux. Il ne vous vendra pas une méthode de plus. Le message phare de cette interview Son principe tient en trois mots, dans cet ordre. Supprimer. La première question n’est pas « comment faire ça plus vite », c’est « est-ce que ça doit exister ». Le tableau de suivi que vous tenez à jour par conscience professionnelle et que personne n’a jamais ouvert. Le document que vous remplissez chaque année parce qu’on vous l’a demandé une fois, il y a quatre ans. Réduire, quand supprimer est impossible. Les appréciations de bulletin, vous ne pouvez pas ne pas les faire. Mais rien ne vous oblige à les réécrire intégralement, trois fois par an, pour chaque élève. Mesurer, en dernier recours seulement. Et c’est l’étape qu’on saute souvent, parce qu’on croit déjà savoir. Chronométrez une semaine. Pas pour juger : pour observer. Les copies, du moment où vous vous asseyez à celui où vous rangez. Les préparations. Les mails et les messages sur l’ENT, y compris les dix fois trois minutes éparpillées dans la journée. Le temps passé à chercher : où est ce document, quelle version est la bonne, qu’est-ce que j’avais fait l’an dernier pour cette séance… Ce que les gens découvrent dans cet exercice est rarement ce qu’ils attendaient. Beaucoup accusent les corrections et s’aperçoivent que ce sont les préparations qui pèsent. D’autres découvrent que la tâche la plus coûteuse n’est aucune de celles qu’ils auraient citées : c’est le temps de redémarrage. Chaque interruption ne coûte pas seulement sa durée, elle coûte aussi les minutes qu’il faut pour se remettre dedans. Julien a un test rapide pour ce dernier point. Vous avez une idée, là, maintenant : vous la notez où ? Si vous mettez plus de dix ou quinze secondes à répondre, ce n’est pas votre mémoire le problème, c’est votre système. Alors avant de chercher à gagner du temps, posez-vous la question : qu’est-ce qui vous prend, en réalité, le plus de temps chaque semaine ? Mesurer, ce n’est pas encore optimiser. C’est identifier le problème — et c’est déjà la moitié du travail. « Vous marchez avec un sac plein de cailloux depuis si longtemps que vous ne les sentez plus. L’idée n’est pas de marcher plus vite. C’est de vous arrêter et d’ouvrir le sac. » L’action à faire maintenant Pendant deux jours, écoutez-vous parler. Repérez vos toujours et vos jamais, quand ils sont suivis d’une plainte. « Je n’arrive jamais à m’y mettre le soir. » « Je suis toujours en retard sur mes corrections. » « Je ne retrouve jamais mes notes au moment du bulletin. » Chacune de ces phrases est la pointe d’un système qui a cessé de fonctionner. Pas un défaut de caractère. Un système dysfonctionnel (ou son absence). Si c’est trop difficile de pratiquer l’exercice sur vous, commencez par les autres — on repère bien plus facilement le “toujours” ou le “jamais” d’un collègue — puis retournez l’exercice sur vous. Prochaine étape pour avancer (vraiment) dans votre projet Il faut dire une chose que les méthodes d’organisation passent généralement sous silence. Quand on enseigne, la case « supprimer » est en grande partie verrouillée. Vos heures devant élèves ne se suppriment pas. Les copies arrivent, les conseils arrivent, les documents à remplir arrivent. Vous êtes seul dans votre classe : personne à qui transmettre, aucune marge à négocier. Ce qui vous reste, c’est ce que vous refaites toutes les semaines. Là, il y a de la matière à alléger et raccourcir le processus, pour ne pas recommencer d’une page blanche chaque semaine. C’est exactement ce qu’on travaille le 30 septembre : je vous apprends à créer votre assistant IA personnalisé avec Claude, pour cesser de repartir de zéro sur ce qui revient toutes les semaines. Et ce temps récupéré, pour quoi faire ? Plus de préparations, plus de corrections, plus d’implication ? Non. Pour l’investir dans un projet, une formation ou une passion qui vous tient vraiment à cœur (ou pour vous reposer). Comment s’inscrire ? Cliquez sur le bouton ci-dessous et complétez le formulaire. Vous recevrez le lien Zoom et un petit exercice de quelques minutes pour évaluer ce qui pourrait être récupéré. C’est votre audit anti-gaspi : dix minutes d’observation qui vous donneront un chiffre — le temps que vous pourriez récupérer chaque semaine, calculé sur vos propres durées. Cette masterclass, c’est le format que je réserve d’ordinaire chaque mois aux apprenants des parcours du Lab Pédagogique. Exceptionnellement, ce mois-ci, on l’ouvre à tous. → Je décide de reprendre la main sur mon temps > Marie Décole · Fondatrice — Le Lab Pédagogique This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com

  2. Sep 19

    J'aime toujours mon métier. Je pars quand même.

    Le jour de la rentrée, elle écrit sur ses réseaux : “Qu’est-ce que je fous chez moi ?” Sandrine Brou enseigne depuis 1994. Professeure des écoles, directrice d’école, et — sous le nom de Sobelle — un blog suivi depuis 2012 par des dizaines de milliers d’enseignants. Si vous avez eu des CP ou des CM2, il y a de bonnes chances que ses fiches soient passées dans votre classe. Le 1er juillet, elle a posé sa disponibilité. Elle n’a pas quitté un métier qu’elle n’aimait plus. Elle l’aime toujours. Elle est partie quand même. Le message phare de cet interview La corde qui craque. Le mot abandonner, qu’elle emploie trois fois de suite. La phrase d’une maman d’élève, au supermarché, qui la culpabilise … Et cette rentrée de septembre où sa boîte académique est restée étrangement vide. Pour Sandrine, c’est un crève-cœur de ne pas être en poste à la rentrée. Mais en même temps, un soulagement. “Je ne pouvais pas faire une rentrée de plus”, nous confie-t-elle. Son projet ? Emmener son expertise avec elle : ses ressources, sa façon de tenir une classe, pour continuer à construire des outils sur un autre terrain de jeu. L’entrepreneuriat. Elle a demandé une disponibilité, pas une démission. Pour se donner 2 ans de test sans pression. Si vous voulez comparer les quatre portes de sortie — disponibilité, démission, temps partiel, rupture conventionnelle — le détail est dans la Gazette du 16 septembre. L’action à faire maintenant Écrivez la liste de ce que vous croyez perdre si vous partez. Puis cochez ce qui pourraient être emporté ailleurs. Ce n’est pas ce que vous perdez qui vous retient. C’est que personne ne vous a jamais montré comment ce que vous avez construit en classe était transférable sur d’autres terrains professionnels. Prochaine étape pour avancer (vraiment) dans votre projet Parfois il n'est pas possible de partir tout de suite. Tout le monde n’est pas libre d’opter pour une disponibilité. Mais, si vous vous souhaitez quand même prendre du recul pour réfléchir à un avenir hors de votre classe, la première étape, c’est de vous dégager du temps dans l’agenda. Sortir un peu la tête de cette roue de hamster qui vous entraîne d’une rentrée à l’autre sans jamais vous laisser le temps d’explorer ailleurs. C’est exactement ce qu’on fait le 30 septembre prochain : je vous apprends à créer votre assistant avec Claude AI, pour arrêter de passer vos soirées sur des tâches qu’une machine fait aussi bien. Et surtout : récupérer ce temps… Pour plus d’école, de corrections, d’implication ? Non ! Pour l’investir enfin dans ce projet personnel ou cette recherche professionnelle qui vous tient vraiment à cœur. N’oubliez jamais : personne ne vous paie pour votre surinvestissement. Vous perdez tous les jours un peu plus de votre énergie et de votre santé. Et le plus précieux : votre temps de vie. Comment s’inscrire ? Il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous, compléter le formulaire, et vous recevrez lien du zoom et les premières étapes à compléter pour tirer profit de la masterclass. Attention, cette masterclass n’est pas un powerpoint à suivre… Vous ne repartirez pas avec des notes. Vous repartirez avec votre assistant IA construit. C’est le format pratique que je propose habituellement chaque mois aux apprenants en formation dans un des parcours du Lab Pédagogique. Exceptionnellement, le 30, on l’ouvre publiquement — une fois seulement, pour que vous puissiez vous aussi apprendre une compétence qui vous permettra d’améliorer la maîtrise de votre temps… et de votre avenir ! → Je décide de reprendre le pouvoir sur mon temps et mon projet à venir > L’interview vidéo de Sandrine est aussi disponible ici pour ceux qui préfèrent entendre ET voir : https://youtube.com/live/BgaRSYfLiOY La voie(x) est libre, écoutez-la. 😉 This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com

  3. Jul 29

    Trop sensible pour enseigner ? Ce que dit la science

    Bonjour, ici Marie. Si vous vous êtes déjà dit : « je suis trop sensible pour ce métier ». Cette édition est pour vous. “Le collège est, dans l’immense majorité des cas, le pire endroit pour un enseignant hautement sensible.” C’est Saverio Tomasella qui me l’a dit sans détour, dans cette interview. Fondateur de l’Observatoire de la sensibilité et docteur en psychologie clinique, Saverio Tomasella étudie ce tempérament depuis plus de 20 ans. Il est aussi l’auteur d’« Hypersensibles », d’« À fleur de peau » (plus de 110 000 exemplaires vendus chacun) et de « Lettre ouverte aux âmes sensibles qui veulent le rester ». D’abord, un point de vocabulaire qui change tout : on parle souvent d’« hypersensibilité », mais c’est une mauvaise traduction. Le préfixe « hyper » évoque un excès, presque une pathologie — c’est d’ailleurs le terme des notices de médicaments, sous « sauf hypersensibilité à l’un des composants ». Dr Tomasella préfère parler de « haute sensibilité » ou d’« ultrasensibilité » : une sensibilité supérieure à la moyenne, pas un trouble à corriger. Ce tempérament concernerait 20 à 30 % de la population — et, dans chaque classe, environ un élève sur trois. Il repose sur 5 caractéristiques repérables : * un traitement de l’information très approfondi (d’où ce sentiment de « n’avoir aucun filtre »), * une saturation plus rapide face aux stimulations — bruit, lumière, agitation —, * des émotions plus intenses et plus durables, * une attention fine à tout ce qui est non-verbal, * et la plus intéressante : une sensibilité à l’environnement. Concrètement, pour la classe : surtout ne pas chercher à s’endurcir. « C’est le programme qui va droit à l’échec », dit Tomasella — burn-out, parfois dépression, à la clé. À la place : des micro-pauses de respiration entre deux cours, un bouchon d’oreille les jours de bruit constant, une heure de sommeil en plus que la moyenne, moins d’excitants (café, sucre), et, quand c’est possible, choisir le niveau et l’établissement qui conviennent : le collège, en 4e-3e, est statistiquement le plus éprouvant pour les hautement sensibles. Le primaire et le lycée le sont moins (selon les conditions). Pour le reste, je vous laisse découvrir la perspective du Dr Tomasella dans l’épisode… J’ai accompagné une enseignante qui ouvrait chaque échange par la même phrase : « je crois que je ne suis juste pas faite pour ce métier. » Vingt-deux ans de collège, toujours les niveaux les plus difficiles, jamais choisis. En creusant, ce n’était pas l’enseignement qu’elle voulait quitter — c’était cet environnement précis, qu’elle n’avait jamais eu le droit d’interroger. C’est souvent là que ça bloque : comment savoir si c’est le poste qu’il faut changer, l’établissement, le niveau — ou le métier lui-même ? Tant qu’on n’a pas fait ce tri, on hésite entre tout garder en serrant les dents et tout quitter d’un coup. C’est exactement ce que ReBoot vous aide à démêler, en 3 phases : Reset, Redéfinition, Relance. Pour ne pas partir à l’aveuglette. Marie Décole · Fondatrice — Le Lab Pédagogique lelabpedagogique.com Vous voulez estimer votre propre degré de sensibilité ? Le test est disponible sur lasensibilite.com. Et pour bien profiter de vos vacances, j’ai créé un support à emporter, à annoter, pour trancher pendant que vous avez encore le temps de le faire calmement. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com

  4. 10/31/2024

    Je ne sais qu'enseigner.

    Bienvenue dans cette nouvelle édition de la Gazette ! Au programme cette semaine 🎙️ Identifiez ces compétences AVANT votre reconversion 📝 À télécharger : votre tableau de compétences “Je ne sais rien faire d’autre qu’enseigner”. Avouez que vous vous l’êtes déjà dit au moins une fois ! Si c’est le cas, ce premier épisode d’une série que j’ai intitulée “La voie est libre”, vous est dédié. Nous y verrons : * Les 2 types de compétences à identifier pour vous, * Quelles compétences valoriser et comment les transférer dans un autre domaine ? * Un exercice de coaching pour vous aider à vous lancer, surtout si vous avez pour projet de créer (ou dépoussiérer) votre C.V., postuler à des offres dans les prochaines semaines… * La chanson que vous allez fredonner et qui va dorénavant vous obséder à chaque fois que vous penserez à votre reconversion. 😊 À écouter (et chanter) au format podcast ou en vidéo en cliquant ici 👇🏻 Et si ce n’est pas déjà fait, vous pouvez : * Découvrir nos accompagnements à la reconversion * Prendre rdv sur ce lien pour échanger sur votre projet. 📝 Votre tableau de compétences Voici un mini guide qui complète parfaitement l’épisode du jour. Conçu pour vous aider à révéler les compétences que vous avez développées au fil de votre parcours d’enseignant et à les transformer en atouts pour votre reconversion. Vous pourrez le remplir étape par étape pour identifier vos forces et révéler tout le potentiel caché de votre expérience : * Faites l’inventaire de vos compétences (en utilisant nos grilles et l’épisode 1 de La Voie est Libre) * Répertoriez vos centres d’intérêt * Listez vos besoins, envies et contraintes Ce travail peut vous aider à (re)mettre en forme votre C.V., identifier des domaines potentiels de reconversion, repérer les compétences recherchées dans ces domaines que vous possédez déjà. Il vous manque des compétences ou vous avez besoin d’aide pour construire votre projet ? Découvrez nos accompagnements ici. Pour soutenir notre travail, abonnez-vous à la Gazette ou partagez-la autour de vous. En attendant, portez-vous bien et à la semaine prochaine ! This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com

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