En juin, j’ai reçu deux enseignantes à quinze jours d’intervalle. Elles m’ont dit exactement la même chose : « je n’ai pas le temps. » La première était à cent pour cent devant ses classes, avec une direction d’école qu’on lui avait imposée en cours d’année, et une formation qu’elle suivait le soir. Elle a tenu l’année entière, à bout de souffle. La seconde menait trois projets de front. Aucun n’avançait. Elle ne manquait ni d’idées ni d’énergie. Même phrase. Deux problèmes. Julien Guéniat est organisologue. Deux livres chez Dunod, un blog suivi depuis dix ans, et un parcours qui est passé des chantiers à l’entrepreneuriat — avec plusieurs reconversions entre les deux. Il ne vous vendra pas une méthode de plus. Le message phare de cette interview Son principe tient en trois mots, dans cet ordre. Supprimer. La première question n’est pas « comment faire ça plus vite », c’est « est-ce que ça doit exister ». Le tableau de suivi que vous tenez à jour par conscience professionnelle et que personne n’a jamais ouvert. Le document que vous remplissez chaque année parce qu’on vous l’a demandé une fois, il y a quatre ans. Réduire, quand supprimer est impossible. Les appréciations de bulletin, vous ne pouvez pas ne pas les faire. Mais rien ne vous oblige à les réécrire intégralement, trois fois par an, pour chaque élève. Mesurer, en dernier recours seulement. Et c’est l’étape qu’on saute souvent, parce qu’on croit déjà savoir. Chronométrez une semaine. Pas pour juger : pour observer. Les copies, du moment où vous vous asseyez à celui où vous rangez. Les préparations. Les mails et les messages sur l’ENT, y compris les dix fois trois minutes éparpillées dans la journée. Le temps passé à chercher : où est ce document, quelle version est la bonne, qu’est-ce que j’avais fait l’an dernier pour cette séance… Ce que les gens découvrent dans cet exercice est rarement ce qu’ils attendaient. Beaucoup accusent les corrections et s’aperçoivent que ce sont les préparations qui pèsent. D’autres découvrent que la tâche la plus coûteuse n’est aucune de celles qu’ils auraient citées : c’est le temps de redémarrage. Chaque interruption ne coûte pas seulement sa durée, elle coûte aussi les minutes qu’il faut pour se remettre dedans. Julien a un test rapide pour ce dernier point. Vous avez une idée, là, maintenant : vous la notez où ? Si vous mettez plus de dix ou quinze secondes à répondre, ce n’est pas votre mémoire le problème, c’est votre système. Alors avant de chercher à gagner du temps, posez-vous la question : qu’est-ce qui vous prend, en réalité, le plus de temps chaque semaine ? Mesurer, ce n’est pas encore optimiser. C’est identifier le problème — et c’est déjà la moitié du travail. « Vous marchez avec un sac plein de cailloux depuis si longtemps que vous ne les sentez plus. L’idée n’est pas de marcher plus vite. C’est de vous arrêter et d’ouvrir le sac. » L’action à faire maintenant Pendant deux jours, écoutez-vous parler. Repérez vos toujours et vos jamais, quand ils sont suivis d’une plainte. « Je n’arrive jamais à m’y mettre le soir. » « Je suis toujours en retard sur mes corrections. » « Je ne retrouve jamais mes notes au moment du bulletin. » Chacune de ces phrases est la pointe d’un système qui a cessé de fonctionner. Pas un défaut de caractère. Un système dysfonctionnel (ou son absence). Si c’est trop difficile de pratiquer l’exercice sur vous, commencez par les autres — on repère bien plus facilement le “toujours” ou le “jamais” d’un collègue — puis retournez l’exercice sur vous. Prochaine étape pour avancer (vraiment) dans votre projet Il faut dire une chose que les méthodes d’organisation passent généralement sous silence. Quand on enseigne, la case « supprimer » est en grande partie verrouillée. Vos heures devant élèves ne se suppriment pas. Les copies arrivent, les conseils arrivent, les documents à remplir arrivent. Vous êtes seul dans votre classe : personne à qui transmettre, aucune marge à négocier. Ce qui vous reste, c’est ce que vous refaites toutes les semaines. Là, il y a de la matière à alléger et raccourcir le processus, pour ne pas recommencer d’une page blanche chaque semaine. C’est exactement ce qu’on travaille le 30 septembre : je vous apprends à créer votre assistant IA personnalisé avec Claude, pour cesser de repartir de zéro sur ce qui revient toutes les semaines. Et ce temps récupéré, pour quoi faire ? Plus de préparations, plus de corrections, plus d’implication ? Non. Pour l’investir dans un projet, une formation ou une passion qui vous tient vraiment à cœur (ou pour vous reposer). Comment s’inscrire ? Cliquez sur le bouton ci-dessous et complétez le formulaire. Vous recevrez le lien Zoom et un petit exercice de quelques minutes pour évaluer ce qui pourrait être récupéré. C’est votre audit anti-gaspi : dix minutes d’observation qui vous donneront un chiffre — le temps que vous pourriez récupérer chaque semaine, calculé sur vos propres durées. Cette masterclass, c’est le format que je réserve d’ordinaire chaque mois aux apprenants des parcours du Lab Pédagogique. Exceptionnellement, ce mois-ci, on l’ouvre à tous. → Je décide de reprendre la main sur mon temps > Marie Décole · Fondatrice — Le Lab Pédagogique This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com