Biodiversité et écosystèmes (2024-2025) - Franck Courchamp

Collège de France

Franck Courchamp est directeur de recherche au CNRS. Il dirige à l'université Paris-Saclay une équipe de recherche sur la dynamique de la biodiversité et les impacts des activités humaines sur les écosystèmes et les espèces. Il s'est spécialisé dans l'étude des espèces exotiques envahissantes, c'est-à-dire celles introduites dans un milieu hors de leur aire de distribution naturelle et dont l'intégration finit par altérer tout un écosystème. Un terrain de recherche qui prend de plus en plus d'ampleur à l'heure du réchauffement climatique et dont les répercussions sur l'économie et les sociétés restent encore sous-évaluées. Il est invité à occuper pour l'année 2024-2025 la chaire Biodiversité et écosystèmes, qui bénéficie du soutien de la Fondation Jean-François de Clermont-Tonnerre.

  1. 06/30/2025

    Séminaire - Loïc Fel : La science des invasions et la culture

    Franck Courchamp Collège de France Biodiversité et écosystèmes (2024-2025) Année 2024-2025 Séminaire - Loïc Fel : La science des invasions et la culture Résumé Les sciences humaines permettent d'interroger les portées politiques, sémiologiques, fonctionnelles et de représentations, ainsi que leurs incidences sur la perception et la gestion des invasions biologiques. Que ce soit dans l'art contemporain ou dans les médias, ces biais d'énonciation et de perceptions sont une clé de compréhension aux impacts très concrets et très politiques. Loïc Fel Loïc Fel, est docteur en philosophie de l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Ses recherches en épistémologie des sciences visent à définir les changements de perception et d'esthétique de la nature induits par le développement de l'écologie scientifique. Résumées dans l'essai L'Esthétique verte (Champs Vallon, 2009), ses recherches continuent de faire l'objet de publications comme Art et Écologie (éditions Palette, 2021). Convaincu que la philosophie ne peut se résumer à la recherche, et doit être mise en œuvre, il est cofondateur de COAL, coalition pour l'art et le développement durable depuis 2008, avec notamment un prix annuel international, et quatre programmes de recherche Europe Créative, cofondateur d'Influence for good depuis 2017, agence de stratégie dédiée aux acteurs de l'aménagement du territoire et à la transition des industries.

    28 min
  2. 06/23/2025

    Séminaire - Boris Leroy : Comment les invasions biologiques redessinent la géographie de la biodiversité des poissons d'eau douce

    Franck Courchamp Collège de France Biodiversité et écosystèmes (2024-2025) Année 2024-2025 Séminaire - Boris Leroy : Comment les invasions biologiques redessinent la géographie de la biodiversité des poissons d'eau douce Boris Leroy Maître de conférences du Muséum, Muséum national d'histoire naturelle Résumé Les faunes de poissons d'eau douce ont évolué en isolement sur différents continents durant des millions d'années, créant ainsi des régions biogéographiques distinctes aux compositions spécifiques. Les poissons d'eau douce sont le seul groupe de vertébrés pour lequel les régions sont composées quasi exclusivement d'espèces endémiques, c'est-à-dire d'espèces qui n'existent naturellement que dans une seule région. Cet endémisme extrême souligne à la fois les fortes contraintes à la dispersion pour les poissons d'eau douce et leur grande vulnérabilité face aux bouleversements causés par les activités humaines. Récemment, les humains ont modifié l'histoire biogéographique de la Terre en multipliant les voies d'introduction d'espèces non indigènes et en favorisant l'extinction locale d'espèces. Dans ce séminaire, nous étudierons ces bouleversements et leurs conséquences avec un voyage à travers le temps dans le passé, depuis le présent, et un coup d'œil dans le futur. Nous remonterons 250 millions d'années en arrière pour comprendre comment la tectonique des plaques a formé les régions biogéographiques naturelles. Ensuite, nous verrons les raisons pour lesquelles les sociétés humaines modifient massivement les répartitions naturelles des poissons, aboutissant au phénomène des invasions biologiques et ses conséquences dramatiques. Enfin, nous verrons comment ces introductions ont redessiné la géographie de la biodiversité des poissons d'eau douce. Nous prendrons alors le temps de réfléchir aux conséquences, sur le très long terme, de nos actions en l'espace de quelques dizaines d'années. Boris Leroy Boris Leroy est maître de conférences du Muséum dans le Laboratoire de biologie des organismes et des écosystèmes aquatiques, coresponsable de l'équipe AQUATREND. Il étudie la géographie de la biodiversité (« biogéographie ») aquatique. Il essaie de comprendre comment la biodiversité aquatique est distribuée géographiquement, et qu'est-ce qui explique cette distribution : climat, environnement, histoire. Il s'intéresse à l'altération de la distribution géographique naturelle de la biodiversité par les changements globaux (changements climatiques, espèces exotiques envahissantes, destruction d'habitat). Il fait également de la recherche sur les méthodes utilisées en écologie, biogéographie et macroécologie, et met ces travaux à disposition par la publication de logiciels libres. Il est très impliqué dans l'expertise en appui aux politiques publiques, par exemple dans l'IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), ou en appui aux décideurs nationaux ou internationaux (e.g. Terres australes et antarctiques françaises, Accord relatif aux pêches dans le Sud de l'océan Indien).

    51 min
  3. 06/16/2025

    Séminaire - Guillaume Latombe : La science des invasions et la conservation

    Franck Courchamp Collège de France Biodiversité et écosystèmes (2024-2025) Année 2024-2025 Séminaire - Guillaume Latombe : La science des invasions et la conservation Guillaume Latombe Lecturer, University of Edinburgh Résumé Pourquoi conserver la nature ? Cette question est loin d'être simple. Si l'on peut dater les premières initiatives de conservation à l'échelle nationale au XVIIe siècle, centrées initialement sur la gestion forestière, les méthodes et les motivations derrière la conservation de la nature ont profondément évolué. Aujourd'hui, plusieurs courants de pensée coexistent, et parfois s'opposent, dans ce domaine. Et ce n'est que récemment que les invasions biologiques ont été prises en compte dans les stratégies de conservation. Lors de ce séminaire, je vous proposerai un tour d'horizon des différentes approches de conservation existant dans le monde occidental, ainsi que de leurs principes pratiques ou philosophiques sous-jacents. Cela nous permettra ensuite de mieux comprendre la place des invasions biologiques dans ces différentes perspectives. Enfin, je vous exposerai les stratégies employées pour contrôler ou éradiquer une espèce envahissante lorsque cela est jugé nécessaire. Guillaume Latombe Guillaume Latombe est lecturer (maître de conférences) en biologie des changements environnementaux à l'Institut d'écologie et d'évolution de l'université d'Édimbourg. Il est écologue et modélisateur, et ses travaux portent principalement sur la science des invasions, la conservation, la macro-écologie et l'écologie des communautés. Initialement formé en tant qu'ingénieur, il détient un diplôme d'ingénieur de l'ENSIEG, Grenoble, et un M.Eng en apprentissage automatique de l'École de technologie supérieure de Montréal, au Canada. Après avoir étudié la science cognitive avec les primates pendant un an à l'université de Barcelone, il a réalisé un doctorat à l'université de Montréal, travaillant sur la modélisation des mouvements animaux, en se concentrant sur les caribous, les orignaux et les loups. Avant de venir à Édimbourg, Guillaume Latombe était chercheur postdoctoral à l'université de Vienne, en Autriche, dans le groupe Bioinvasions où il a travaillé sur le projet AlienScenarios. Ce projet visait à évaluer l'éventail des futurs plausibles des invasions biologiques pour le XXIe siècle à différentes échelles spatiales et pour un éventail de groupes taxonomiques. Guillaume Latombe était également précédemment affilié au groupe de biomathématiques et au Centre d'excellence pour la biologie des invasions à l'université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, ainsi qu'au groupe de recherche McGeoch à l'université Monash, en Australie.

    53 min
  4. 06/02/2025

    Séminaire - Céline Bellard : La science des invasions et la biodiversité

    Franck Courchamp Collège de France Biodiversité et écosystèmes (2024-2025) Année 2024-2025 Séminaire - Céline Bellard : La science des invasions et la biodiversité Céline Bellard Chargée de recherche, CNRS Résumé Les invasions biologiques représentent l'une des principales menaces pour la biodiversité. De nombreuses études ont démontré les effets néfastes des invasions biologiques dans les extinctions d'espèces, en particulier chez les espèces insulaires. Cependant, la biodiversité ne se limite pas uniquement au nombre d'espèces présentes : elle se mesure également à travers différentes dimensions, notamment taxonomique, fonctionnelle et phylogénétique. Ce séminaire abordera les conséquences des invasions biologiques sur ces différentes dimensions à travers des exemples concrets de perturbations écologiques pour différents groupes tels que les oiseaux, les mammifères, les poissons ou encore les reptiles et les amphibiens. Nous verrons comment l'analyse des profils écologiques des espèces envahissantes, ainsi que ceux des espèces vulnérables, permet de mieux comprendre les mécanismes qui expliquent le succès des espèces exotiques envahissantes, notamment au sein des écosystèmes insulaires. Une approche intégrée des différentes dimensions de la biodiversité permettra d'orienter les décisions en matière de priorisation et de gestion des invasions biologiques. Grâce aux nouvelles approches développées au sein de notre groupe de recherche, nous présenterons de nouveaux indicateurs spatiaux et spécifiques aux espèces, qui sont à la fois opérationnels et transférables à l'échelle française. Céline Bellard Céline Bellard est chargée de recherche en écologie au CNRS et à l'Université Paris-Saclay. Elle étudie les conséquences des changements globaux sur la biodiversité et en particulier des invasions biologiques. Ses travaux portent tout particulièrement sur les écosystèmes insulaires et ils visent à étudier la vulnérabilité de la biodiversité à travers les dimensions fonctionnelles et phylogénétiques. Ses travaux sont régulièrement repris dans des rapports internationaux, comme ceux du GIEC et de l'IPBES, et aident à établir des priorités de conservation et d'informer les décideurs.

    47 min

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Franck Courchamp est directeur de recherche au CNRS. Il dirige à l'université Paris-Saclay une équipe de recherche sur la dynamique de la biodiversité et les impacts des activités humaines sur les écosystèmes et les espèces. Il s'est spécialisé dans l'étude des espèces exotiques envahissantes, c'est-à-dire celles introduites dans un milieu hors de leur aire de distribution naturelle et dont l'intégration finit par altérer tout un écosystème. Un terrain de recherche qui prend de plus en plus d'ampleur à l'heure du réchauffement climatique et dont les répercussions sur l'économie et les sociétés restent encore sous-évaluées. Il est invité à occuper pour l'année 2024-2025 la chaire Biodiversité et écosystèmes, qui bénéficie du soutien de la Fondation Jean-François de Clermont-Tonnerre.